À propos d'une représentation de centaure - article ; n°1 ; vol.53, pg 117-128

De
Bulletin de correspondance hellénique - Année 1929 - Volume 53 - Numéro 1 - Pages 117-128
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1929
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J. Demargne
À propos d'une représentation de centaure
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 53, 1929. pp. 117-128.
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Demargne J. À propos d'une représentation de centaure. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 53, 1929. pp. 117-
128.
doi : 10.3406/bch.1929.2901
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1929_num_53_1_2901PROPOS: D'I» REPRÉSENTATION DE: CENTAURE' Ai
La pierre gravée dont on trouvera ici une reproduction (fîg.l)
a été achetée par Joseph Demargne: vers 1900; très- probable
ment en Crète, comme celles qu'ildonna au Louvre en 1911 (1).
Elle est en calcédoine opaque, , d'un blanc ; grisâtre ; allongée
en forme d'amande et percée dans le sens de la longueur, elle:
8.* Le dos n'est pas; régulièrement conmesure 22 mm. X 16 χ
vexe, mais· creusé sur les ^ bords de sillons profonds (fig. 2):
Des traits incisés décorent les côtés ; un autre; sur la face prin
cipale, suit le contour de la pierre et forme un cadre a la repré-
Fig. 1. — Pierre gravie rrétoise.
sentation ι suivante :ιιηκ centaure galope · vers ; la *. gauche, en
même temps qu'il regarde derrière lui ; la poitrine se présente
de? face,, et, lai toteider profil à droite, en.*· un mouvement de
torsion complet. La tête est traitée à la faconde l'art archaïque :
(1) Elles ont été publiées par M. Delaporte, Musée du Louvre, . Catalogue des
cylindres orientaux, I, pi. 58 et 59; :
1 8 f PIERRE : DEMARGNE 1
courte barbe pointue, nez dans le prolongement du front, lon
gues tresses flottant dans le cou. Le:bras droit;. plié'' au coude,\
est ramené vers * la tête, et la mainfermée serre une pierre \.
l'autre main, au bout du bras gauche allongé, tient une branche:
d'arbre. Des pattes, trop grêles· pour le corps,. celles» d'arrière
prennent! appuis sur le; soU tandis que; les 'deux autres; sont:
vigoureusement lancées en avant. Le centaure fuit;, blessé "au?
ventre que;sillonnentl des' plis profonds, as l'endroit où^s'en-
fonceune flèche. Une cavité hémisphérique, qui en relief donner
une? boule,' décore le champisous l'animal (fig. 3).
On a là une -figurée très connue dans: l'art-; archaïque,, tout
spécialement par la série des intailles trouvées àMilo ; MfBaur,
ig. -· — Coupe et vue perspective de la pierre.
dans l'ouvrage qu'il a consacré aux centaures (1), a dressé une;
listede ces pierres : ce sont les numéros 8 à* 12 et 214> de son;
catalogue (2). Nous (donnons ici(fig. 4) unulessin du n* 9^ qui5
se trouve àParis," au* Cabinet des médailles, et que Baur.ne
fait que décrire (3).. C'est' une pierre déforme lenticulaire, en
steatite* d'un^vert; très· pâle;, le centaure, toujours; barbu, ne
porte pas d'armes et va vers là droite ; il > regarde derrière lui ;
levant ses deuximains;.. paumes ouvertes, en un geste: de sup
plication ; l'avant-train fléchit, la;bête doit: être blessée? et va>
tomber. Sur toutes: ces· pierres, la nôtre comprise, le même;
type se répète avec quelques variantes : le centaure - va \ tantôt -
vers la droite et tantôt vers lagauche ; il est désarmé, ou bien*
armé d'une branche d'arbre, parfois aussi d'une pierre ; oubien"
(1) Centaurs in ancient art. The archaic period, Berlin, 1912..
(2) Baur donne la bibliographie: ajouter pour le n° 12 : H.'.B.*.. Walters, Cata
logue of the engraved gems in the British museum; 1926» n· 173:
(3) Bibliothèque nationale, Invj n° 6252Λ ;
propos > d'une représentation de centaure 119 a
il a jeté cette branche que l'on voit représentée dans le champ.
Nous indiquerons plus loin à· quel ensemble on; peut, ratta
cher ces figures- isolées. Sauf": le mi0' 214"? de Haur; tous ces-
centaures ont un avant-train· de cheval,1 et seulement le buste *
de l'homme.
On date généralement du % vu'1 siècle; la renaissance de- la .=
glyptique à Milo (1), comme aussi- le; développement du style?
orientalisant\ dans les Cyclades. Toutefois, certaines pierres
descendent sans doute:un peu plus bas. Non pas, commele
suggère M. Walters (2);, qu'on doive: reculer systématiquement
Fi<r. 3. — Dessin d'après empreinte (1 : i).
jusqu'au vie siècle l'apparition du centaure à quatre jambes de
cheval ; il est difficile de dissocier ainsi la série des pierres des
îles. Mais une technique plus avancée,, certains détails dans
le traitement de la figure peuvent autoriser une? date plus tar
dive; . Ainsi, sur telle pierre :(3)| le centaure a le nez camus du
Silène; cette influence- d'un type % sur l'autre, ne f peu t; guère
s'être exercée avant? le vie siècle: Des raisons de;cet ordre per
mettent d'attribuer notre pierre gravée à la fin du vne siècle ou
au début du vie.\ Nous avons noté, en la décrivant, différents
traits que l'on retrouve couramment dans l'art de cette époque;:
c'est- peut-être aux centaures dm vase. François (4), que le >
nôtre ressemble le plus : môme traitement du visage etde * la:
(1) Furtwângler, Antike Gemmen, III,. p. 68 sq.; Walters, υ. I., XXVIII-XXIX.
(2) Ibid., ρ· 23, note 1.
(3) Baur, n<> 10; cf. Rossbach, Arch. Zeit:, 1883, p. :J34, note 46.
(4) Furtwftn^leri Grieckische VasenmalereiH pi. Xllli :
120- PIERRE DEMARGNEi
chevelure, même, position du torse, même; finesse des pattes,,
eniim mouvements analogues de l'avant-train projeté en avant,
des ; bras aussi ,; brandissant pierres et branches.. L'étude dé la
technique permet les· mêmes conclusions; que; celle du;style..
Alors quedoutes les pierres de* Milo; ou* à· peu près, sont em
steatite; matière molle, facileà travailler, mais qui ne permets
de donner; àt la·, gravure ni s précision, .ni s finesse; celle-ci est;
en calcédoine,, comme; beaucoup; de? pierres* gravées dm
vie siècle (1). Au lieu d'un travail sommaire,, fait uniquement à*
la main (2),' la calcédoine a réclame; l'usage* du foret, que Ton .
Fig. 4. — Pierre graven de la Bibliothèque nationale (2 I i ).
manie soit avec un archet; soit peut-être. aut touret; et .auquel ;
on doit; une gravure; profonde etï délicate (3): Le foret,*, ainsi'
manœuvré parmi-procédé mécanique, creuse des cavités hémis
phériques » très régulières; .on les- constate sur· notre pierre à
la tête; au poitrail et à la croupe, sans oublier celle qui meuble?
lechamp, comme' sur- beaucoup- de? gemmes de cette épo
que^). Le? travail: aiété; achevé avec un? soin extrême : on
remarquera avec quelle finesse le graveur a- indiqué,- par des \
(1) Furtwângler, Antike Gemmen, III; pp. 78, 92.,
(2) Ibid., Ill, p. 70-71.
(3) Sur la technique des pierres gravées, cf. Bliimner, Technologie und iTermi-
nologie der Gewerbe und Kûnsie bei Griechen und Romern, r III,' 279! sqq. ; Furt
wângler, Antike Gemmen, III, 397 sqq.
(4) Furtwângler, o. l.\ , p. 711 Le; trait incisé : qui^; encadre la représentation
n'apparaît aussi qu'au vi· siècle : ibid., p. 91. ■
;
,
PROPOS ϋ'ϋΝΕ < REPRÉSENTATION . DE CENTAURE : 121» A
incisions,, les plis ; du ventre, les; tresses de la chevelure, avec;
quelle > minutie ; ilï a traité la branche ; d'arbre · et , la ? queue de ;
l'animal; Surtout,' malgré des conventions et des - maladresses,
dans le mouvement de?la bête par exemple, il a su donner au ι
centaure une vigueur d'allure qu'on trouve irarementt à' cette ;
époque. Seuls peut-être les artistes crétois des vne et vie- siècles,,
encore* si; imparfaitement! connus, possédaient^ ce; don >. du;
naturel· et de la vie. Ml Poulsen a, montré 'leur habileté "dans?
le travail du bronze,· lorsqu'il a publié la m/iredeRethymno(l) ;;
et l'on sait avec quelle vivacité est traitée; sur un*fragment de
plat de Praisos (2), la lutte entre Héraklès et* le vieillard de lai
mer ; une pierre de Milo nous * montre le même sujet exécuté :
de façon beaucoup plus primitive (3)i Nous ne pouvons malheu
reusement* affirmer l'origine. crétoise de notre' pierre ;; si elle;
vient -réellement l de'Crète, . pn a" un exemple' de1 plusîdela
supériorité des ateliers de l'île sur. ceux des Gyclades à l'époque;
archaïque..
On» ne doit pas considérer le centaure ainsi? représenté sur
les. pierres des îles comme une figure isolée etipurement déco
rative : les armes qu'il1 brandit^ les regards qu'ilv jette derrière
lui, la flèche qui'l'a blessé îauv ventre,. tous· ces > détails, nous-
prouvent: que nous avons ici -un thème de lutte, contre un
adversaire armé de l'arc. On sait: que le combat avec les
Lapithes n'apparaît dans l'art qu'au vie siècle (4) ; ceux-ci d'ail
leurs ontiTarmement de l'hoplite, ils se battent avec la pique..
Nous avons ici une représentation abrégée du combat d'Héra-
(1) Ath; Mitt,\ 1906, p. 390-1 ; cf.f Poulsen, Der Orient und die t frûhgriechisehe ·
Kunst, p. 161..
X.' p. 148 sqq, pi; 3 ; cf. Pfuhl, Malerei und Zeichnung der: (2) Hopkinson, BSA;
Griechen, I, p. 102.
(3) Walters, o;l., n· 212. Le rapprochement a été fait par Poulsen, A th. Milt.,
1906, p. 383; note l:
(4) Sur le vase François; dans la littérature, ci: Iliade, 1, 263-9 ; Odyssée, XXI,"
295-304 ; Bouclier d'/ZercM/e, .178-190., Ce-dernier ouvrage est contemporain du
vase François ; cf.Mazon, Hésiode (Collection G. Budé), p. 124.'. <
1 22 PIERRE DEMARGNE
klès archer: contre la* troupe sauvage des Centaures? quiî se =
défendent avec des pierres et des branches. Cette: légende,
remonte certainement très haut ; môme l'enlèvement de Déjà-
nire (1) ou la réception du héros chez Pholos et la bagarre qui
s'ensuivit ne sont que des épisodes inventés après coup; pour
donner à* la bataille ; une raison, valable. Dans l'étal· le plus-
simple de, la légende, Héraklès, d'ordinaire agenouillé, tire de
l'arc, pendant que les centaures s'en fuient ; certains sont déjà
tombés.' Telle devait être la scène figurée sur le coffre deKypse-
1 os (2) ; telle - nous» la. montrent,, par, exemple, la plaque de.
bronze d'Olympie; (3) et un lécy the; proto-corinthien (4). Sur
une- curieuse- pierre· gravéea de la: Bibliothèque nationale,,
publiée par Perrot(5), on voit de même un; personnage tirant
une flèche contre- un centaure qui de ses, deux* mains ν levées;
tient, encore des branches: d'arbre : devant, la bête, une gre
nouille ne doit servir qu'à meubler le champ (6). Le traitement,
tout géométrique encore des figures, la grossièretés de ι la gra
vure (7),. la forme même de la pierre (8) nous autorisent à faire ?
(1)11 apparaît d'ailleurs dès * le vu* siècle : Waldstein, „ Argive Heraeum, II,\
pi. 67, 3 et p. 161 sqq. ; Dugas, Délos.Les vases de l'Héraion,n0 43," pp. 27-8 et
pi. XI, LVII et LXIIi;
(2) Pausanias,.V, 19," 9 ; cf. von Ma.ssow, Alh.Mitt., 1916,' -.pp. r 101-102 et pi. I;
ce coffre aurait été dédié à la fin du vu* siècle ou au début du vr3.
IV,' pp. 100-101 et pi. XXXVIII. (3) Olympia,
(4) Baur, η·226 ; Furtwàngler, Arch. Zeit., 1883, p. 153 sqq. et pi. X, 1.
(5) Histoire de l'art, IX, p. 4 ; pi. I,; 1 ; II, 8, 20 ; une quatrième face n'est pas
reproduite, elle n'est décorée que par des chevrons. Perrot. donne cette pierre
comme venant de Cnossos ; l'inventaire de la Β. Ν. porte seulement « pierre des-
îles ».
(6) La; grenouille -passait!. pour avoir une valeur apotropaïque,. cf.- Frânkel,
Jahrb., 1, 1886, p. 52; Sur l'un des petits côtés de la pierre, on retrouve le même
homme sans doute que sur la face principale ; de sa main part une ligne en zig
zag qui représente probablement: un serpent, comme le suggérait Perrot. Il se
pourrait qu'on eût, sur le même cachet, deux épisodes de lutte contre des monst
res : le serpent ainsi grossièrement figuré par un zig-zag apparaît sur'un.sca- -
rabée de Crète entre les mains d'un démon à deux têtes de taureau (Furtwàngler,
o. L, III, p. 100, fig. 68) et l'on sait que la destruction des serpents faisait partie,
de la légende d'Héraklès comme de celle d'Apollon. .
(7) La pierre est simplement égratignée avec une pointe de fer. Cf." Diet., ant..
V, p. 1110 (art. Sculptura).
(8) Cette forme rectangulaire ne se trouve guère en Grèce qu'à l'époque géo·4 .
PROPOS D'UNE ï REPRÉSENTATION DE CENTAURE '. 1 23 1· A
remonter au \ viue. siècle; le thème du combat de ■: l'archer, contre
le centaure. C'est à la' même époque, soit à la fin du style géo
métrique, qu'appartiennent les plus anciennes dès représenta
tions isolées de centaures, terres cuites ou;petits; bronzes (1) ;
à ce moment aussi apparaissent en Grèce les premières influen- ■
ces< orientales (2) et -il est naturel de* mettre? les deux faits en
liaison;. Du, reste, ce problème d'origine, . qui ; se ; pose c à propos
des divers motifs de l'art archaïque, est ici simplifié,- en ce sens*
que nous pouvons écarter, aisément? l'hypothèse, d'une*survi-
vance mycénienne ; l'art préhellénique ne nous abaissé aucune
représentation de centaure; sinon, sur une pierre: à trois faces
de là fin», du Minoent ancien; unefigure* trop> énigmatiqueï et
trop isolée aussi! pour être prise en considération (3) ; parmi les
monstres des cachets de Zakro, aucun ne rappelle ni n'annonce
le type dm centaure.. D'ailleurs, dans lav glyptique8 archaïque?
des îles, l'héritage du passé mycénien demeure '· fort limité ;: Isa
forme même des, pierres gravées,, lenticulaires ou glandulaires
pour. la* plupart (4),. a pu se1 maintenir en Crète comme dans;
les Cyclades ; mêm e l'activité s artistique - a dû ;y renaître plus '■
vite qu'ailleurs (o); Mais l'essentiel du répertoire est; nouveau^
et; vient- d'Orient : pour; quelques: poulpesou* dauphins (6),,.
combien de chevaux ailés dont on ι a montré aisément l'origine-
asiatique (7) ! Il "paraît probable: qu'on^doive? également cher
cher en? Asie1 le «prototype du f centaure grec.
métrique. Par exemple Waldstein, Λπ^'υβ Heraeum, II* ρ ; 348-9 ;;Furtwângler,
o. L, III, p. 62, fig.. 49Λ
(1) La coupe du Dipylon (Baur, n° 4) ne remonte certainement pas au ix· siècle,-.
mais seulement au1 viiie. .
(2) Poulsen, Der Orient...., p. 108«sqq. .
(3) Evans, Cretan pictographs, p., 76, fig. 69 ·= Scripta Afinoa, I, p. 11, fig. 5 b.
Il η y a aucune ·. raisons de . considérer cette pierre comme . importée ·. d'O rient,
ainsi que le suggère Baur (o. l. p. 1). La forme prismatique est courante en Crète,
et les autres motifs se retrouvent sur les pierres de cette époque. .
III,' p. 70. (4) Furtwângler, o. /:,
III* p. 68-9Λ (5) Ibid.';
(6) Par ex. Rossbach, Arch. Zeit., 1883, pi. XVI, 15 (l'autre face ' porte le -cen
taure déjà mentionné)..
(7) L. Malten* Jahrb.\ 1925* p; 143 sqq. ■
.
PIERRE «DEMARGNEl
Le centaure apparaît ! en -effet; en i Babylonie;» sur une.? em
preinte d'époque cassite (xive siècle) (l),,et sur. un ι koudourrou ï
(borne) ; un peu plus tardif (fin du ».xni·. siècle) (2) ; : dans * le pre
mier cas, il est ailé et tire de l'arc; dans l'autre," c'est aussi un
archer ailé, mais avec deux têtes, l'une d'homme et: l'autre de:
licorne (?),\eUune;' queue dev scorpion ; ilïs'apparente ainsi 'à1*
l'homme-scorpion que.Ton voit sur un autre' /wndourrou (3) et
paraît avoir joué un rôle; prophylactique; Une? série de* cylin
dres assyriens nous montrent; sinon des* centaures, au. moins;
dès monstres ailés à têtes d'hommes et a corps de bêtes (souvent
aussi avec des queues de scorpions), tirant de l'arc contre des î
bêtes fantastiques (4). Il'est- d'ailleurs; malaisé de tirer parti!
de ces représentations dont on ne connaît ni la date î exacte,, nu
la signification; il* se; pourrait; même qu'elles fussent! posté
rieures aux premiers, centaures grecs (o). On ι reconnaîtra .que;
tous ces monstres asiatiques, babyloniens ou» assyriens, n'évo
quent que d'assez loin les plus anciens types helléniques. Ceux-
ci n'ont plus rien de la complication fantastique des premiers ;
à part deux exemples de bêtes ailées (6), le centaure grec appar
aît dès le début simplifié,, humanisé si; l'on, peut dire,, comme?
un homme à-qui l'on: a* ajouté un arrière-train* de cheval ? (7)...
Surtout; rien n'annonce en Asie; le: rôle 'qu'il aura: dans* la
légende grecque ; le centaure; dans l'imagerie asiatique, est lui-
XIV," (1) p. Baur, 15) n* : époque 3 (Clay, de Babylonian Kurigalzu.. expedition Je dois ce of renseignement, the , University :: comme of Pennsylvania, le suivant, ,.
à l'obligeance de M.' L. . Delaporte.
(2) Baur n° 2 = Perrot, Histoire de Vart, III, p. 604, fig. 412; Époque de Melis-
hipak.
(3) Ward, Seal cylinders of. Western Asia,' p. 391; fig. 1287.
(4) Ibid:, p. 209-210 ; cf : surtout les fig. 631, 632, 633.'.
(3) Mais il est probable qu'elles dérivent de représentations antérieures. ,
(6) Coupe du Dipylon {Ath:.Mitt:;A$9$; p. -.113 -fig;. 10 = Baur, n° 4) ; tesson ·
rhodien géométrique, BCH, 1912, p. 502, fig. 10; dans l'art étrusque, n°s 285, 289,;
303 de Baur. »
(7) Baur a voulu montrer que l'autre ? type (qui n'a de l'homme que le 'buste)
était antérieur; il ne prévaut en > réalité que sur les pierres des îles et avec l'art i
attique du \vi* siècle ; sur le bandeau d'or de Corinthe (Baur n° 5), il est malaisé*
de distinguer les deux types. :
.
A> PROPOS r D'UNE ; REPRÉSENTATION * DE CENTAURE î 125 ;
même: archer et'se mesure avec des bêtes hybrides comme lui ;,:
peut-être représente-t-ii; quelque: dieu ou quelque héros (l).La*
mythologie hellénique, toutîeir atténuant le « caractère ï mons
trueux de la figure, ne nous ( lemontre plus que comme une?
bête des montagnes > (2), faisant la chasse aux daims et aui petit'
gibier dont il; se nourrit (3) ou? se défendant1 contre les héros ε
avec les armes les, plus simples, pi-erres et branches; d'arbre.
Ii< semble: queï les? premiers: artistes grecs se soient inspirés
d'œuvres asiatiques," sans en comprendre le sens, à moins que
celles-ci ne leuraientété accessibles que par des intermédiaires,
déjà infidèles eux-mêmes:,
Par quelle voie se sont: faits ces; emprunts artistiques aux
peuples orientaux, c'est ce qu'on ne peut*. encore fixer avec pré
cision pour le type du centaure. On a pensé : à ; l'art hittite (4),
qui certainement a exercé une grande influence sur l'archaïsme
grec ; mais, . si? les bêtes hybrides y foisonnent, le centaure -y*
manque complètement. Chypre;, en tout cas, ai joué; un rôle;
important dans la diffusion du type: A' propos dei la· coupedu?
Dipylon que nous avons mentionnée et qui nous montre un cen
taure ailé, tout à fait asiatique d'allure,. B.s Schweitzer souligne;
l'influence qu'ont s eue sur- l'art géométrique; les coupes chy
priotes en métal (S) : par elles, quelle qu'en soit l'origine, beau
coup de motifs orientaux ont été introduits en·. Grèce '(6).-· Aux:
centaures de terre cuite trouvés s h Chypre en? grandi nombre;,
d'autres s'apparentent qui* proviennent du continent» grec (7) ;:
(1) D'après *Ward, o. f., p. 209, on- aurait dans ~ ces î scènes îles variantes , du χ
combat entre Bel et le dragon.
(2) Iliade, I, 268. ,
(3) Cf. une plaque d'or· de Rhodes :t (Baur, n° 221 = Salzmann, Nécropole de ;
Camiros; pi. 1) ; un bol béotien (Baur, n° 211 = Boehlau, Jahrb., II, p. 39, pi. IV) ;
une terre cuite de Chypre (Ohnefalsch-Richter, Kypros, pi. CIV, 6). Plus tard;
Pholos et Chiron seront représentés avec le produit de leur chasse.
(4) Poulsen, Der Orient..., p. 107.
(5) Ath.Mitt., 1918; p. 149.,
(6) Poulsen, Der Orient..., p. 20, sqq. ; cf. en dernier lieu, sur' cette question.
Karo, Ath; Mitt., 1920,, pp. 150-155..
(7) Cf.' Winter, Typen der figUrlichen Terrakotten, U p.· 36, fig. 1 et p. 15, fig. 8.

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