Archéologie et pédologie : essai de reconnaissance des territoires d'exploitation autour des sites néolithiques - article ; n°10 ; vol.85, pg 390-411

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1988 - Volume 85 - Numéro 10 - Pages 390-411
RESUME Sur un territoire centré autour d'un site donné, la détermination d'unités pédologiques au sein des unités physiographiques rencontrées permet d'estimer les potentialités d'exploitation par les hommes du Néolithique. Dans les cas examinés dans cette étude, les paléoagriculteurs se sont généralement installés en limite de plusieurs zones de potentiel. Apparaissent comme constants un point d'eau associé à un milieu hydromorphe et des sols légers et faciles à défricher et à travailler. La forte anthropisation actuelle est une gêne pour l'interprétation et constitue une des limites de la méthode. Mots-clés : Territoire d'exploitation, unités physiographiques, unités pédologiques, zones de potentialité, Néolithique, anthropisation des milieux.
22 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1988
Lecture(s) : 49
Nombre de pages : 23
Voir plus Voir moins

Nathalie Coste
Jean Guilaine
Jean-Claude Revel
Archéologie et pédologie : essai de reconnaissance des
territoires d'exploitation autour des sites néolithiques
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1988, tome 85, N. 10-12. pp. 390-411.
Résumé
RESUME Sur un territoire centré autour d'un site donné, la détermination d'unités pédologiques au sein des unités
physiographiques rencontrées permet d'estimer les potentialités d'exploitation par les hommes du Néolithique. Dans les cas
examinés dans cette étude, les paléoagriculteurs se sont généralement installés en limite de plusieurs zones de potentiel.
Apparaissent comme constants un point d'eau associé à un milieu hydromorphe et des sols légers et faciles à défricher et à
travailler. La forte anthropisation actuelle est une gêne pour l'interprétation et constitue une des limites de la méthode. Mots-clés :
Territoire d'exploitation, unités physiographiques, unités pédologiques, zones de potentialité, Néolithique, anthropisation des
milieux.
Citer ce document / Cite this document :
Coste Nathalie, Guilaine Jean, Revel Jean-Claude. Archéologie et pédologie : essai de reconnaissance des territoires
d'exploitation autour des sites néolithiques. In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1988, tome 85, N. 10-12. pp. 390-
411.
doi : 10.3406/bspf.1988.9866
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1988_hos_85_10_9866390
Archéologie et pédologie :
essai Je reconnaissance
des territoires d'exploitation
autour des sites néolithiques
par Nathalie Coste, Jean Guilaine, Jean-Claude Revel
économiques et socio-culturels primitifs. Pour tenter
RESUME d'appréhender le mode de vie des premières populat
ions sédentaires, d'autres approches ont été sollici
tées dans le but de tenter une étude de reconstitution
de l'environnement autour des établissements huSur un territoire centré autour d'un site donné, la mains. Des disciplines variées comme la palynologie, détermination d'unités pédologiques au sein des la malacologie, l'anthracologie, la carpologie, etc. unités physiographiques rencontrées permet d'est permettent aujourd'hui de mieux replacer l'habitat imer les potentialités d'exploitation par les hommes néolithique dans son cadre naturel. En outre, l'intrdu Néolithique. Dans les cas examinés dans cette oduction de la géomorphologie et de la pédologie étude, les paléoagriculteurs se sont généralement constitue une approche qui intègre la notion de installés en limite de plusieurs zones de potentiel. territoire d'exploitation. Apparaissent comme constants un point d'eau asso
cié à un milieu hydromorphe et des sols légers et Cette notion a été discutée pour la première fois faciles à défricher et à travailler. La forte anthropisa- par Higgs et Vita Finzi (1972) qui ont défini, pour tion actuelle est une gêne pour l'interprétation et chaque habitat paléo-agricole, la probabilité d'un constitue une des limites de la méthode. territoire circulaire entourant l'établissement hu
Mots-clés : Territoire d'exploitation, unités physio main. Un cercle de 5 km de rayon (distance parcou
graphiques, unités pédologiques, zones de potential rue en une heure de marche environ) correspondrait,
pour ces auteurs, au territoire utilisé pour l'agriculité, Néolithique, anthropisation des milieux.
ture, alors que le domaine de chasse et de cueillette
s'étendrait jusqu'à quelque 10 km de l'habitat. Or, la
localisation d'un site à la jonction de plusieurs unités
physiographiques permet une exploitation diversifiée
/ - INTRODUCTION et les ressources que contiennent ces unités peuvent
fournir d'utiles renseignements sur le mode de vie
des occupants. Pourtant, ces auteurs, en donnant une
ébauche de classification d'utilisation des milieux en Dans le passé, les recherches archéologiques quatre groupes seulement, limitent les possibilités de étaient à peu près uniquement axées sur l'étude des comparaison. sites d'habitat préhistorique et des matériaux qui en
étaient issus. Ces approches ont notamment donné Jarman, Bailey, Jarman (1982) étudient plus partune idée du caractère de l'occupation du sol, permis iculièrement la période-clé qu'est le début du Néolil'établissement d'une classification des phases de thique avec l'installation des économies sédentaires fréquentation des sites, chronologie précisée par la et agricoles, le développement des techniques suite grâce aux datations 14C, puis aux datations 14C d'exploitation et l'utilisation des différents types de corrigées pour les six derniers millénaires. sols. Tout en reprenant les délimitations de territoire
de Higgs et Vita Finzi, Jarman et al. concentrent la Depuis plusieurs années les archéologues se préoc
majorité de l'activité agricole dans une zone accessi- cupent davantage de la compréhension des systèmes 391
ble en dix minutes de marche au maximum qui peut ner des zones proches considérées actuellement
être représentée par un cercle de 1 km de rayon. La comme stériles et improductives. En effet, d'une part
zone de 1 à 5 km reste exploitée de manière les critères subjectifs imposés par le niveau dé
sporadique et clairsemée et, avec celle allant de 5 à civilisation actuel ne sont pas toujours compatibles
10 km, constitue le territoire de chasse et de cueil avec ceux existant au Néolithique et, d'autre part, les
lette. Le raccourcissement de la distance séparant les milieux ont pu être modifiés en quelques millénaires,
zones d'exploitation du site proposé par Jarman et al. soit par des causes naturelles, soit le plus souvent,
(1982) tient au fait que les récoltes devaient toutes sous l'effet de l'anthropisation.
être transportées à dos d'homme jusqu'au lieu d'ha
bitation.
2 - Protocole de l'étude Dans l'analyse des systèmes agricoles néolithiques,
ces auteurs fournissent des arguments tendant à
prouver que les hommes de cette époque avaient une
très bonne connaissance de leur environnement (éco La première étape de l'étude du territoire d'exploi
logie locale, potentiel des sols...) et donc que leur tation est l'examen précis de l'environnement géolo
installation sur un site était raisonnée. gique, topographique et écologique du site à l'aide de
cartes et de photographies aériennes. Il en résulte des Cette notion de territoire et de classe peut être ensembles homogènes au point de vue des formataffinée davantage en employant, outre l'outil géo ions géologiques, du relief et de la végétation qui morphologique, les méthodes utilisées en pédologie. constituent des unités physiographiques. De petites L'étude des sols entourant le site archéologique variations dans une même unité peuvent introduire apporte une meilleure caractérisation du territoire des sous-unités. d'exploitation agricole et permet d'émettre des hypo
thèses sur l'utilisation de ces sols au Néolithique. Le Dans un deuxième temps, le recours au terrain
but de l'étude qui va suivre est de proposer une permet de vérifier l'homogénéité de ces unités (ou de
méthode qui, à partir d'une cartographie physiogra- modifier si nécessaire leur extension et leur défini
phique et pédologique dans un territoire dont la tion) et de déterminer pour chacune d'entre elles le
forme est adaptée au site, permet de supposer quels ou les sols qu'elles contiennent et leurs caractéristi
étaient les différents milieux et quelles étaient leurs ques. La détermination de ces unités pédologiques
exploitations dans les différents cas étudiés. L'apport aboutit à la réalisation d'une carte des sols actuels.
des autres sciences amène bien sûr des précisions
importantes. a. Influence de l'anthropisation
Par comparaison entre les différents sites étudiés
ou pourra entrevoir les critères de choix des lieux de La reconnaissance des unités physiographiques et
première installation des économies sédentaires agri pédologiques est considérablement gênée par
coles. l'anthropisation. En effet, les hommes ont, à toutes
les époques, diversement occupé ou aménagé
l'espace, il y a donc eu des transformations import
antes au gré du temps.
Actuellement l'impact humain sur l'environne
ment apparaît de façon flagrante : extension des // - METHODE
villes, aménagement de terrassements importants, de
carrières, de gravières, de routes et d'autoroutes, etc.
Les campagnes ont également subi une pression
1 - Délimitation du territoire humaine considérable bien que moins spectaculaire.
Les forêts qui, sans doute, couvraient une large
partie de l'Europe depuis le début de l'Holocène, ont
Si l'on se réfère aux travaux de Jarman et al. subi la première action de l'homme néolithique à
travers les défrichements qui ont dès lors modifié le (1982), l'aire étudiée sera un cercle de 1 km de rayon
centré sur le site archéologique. Cependant, la situa paysage (1). Actuellement, dans les types d'agricul
tion de chaque site amène le plus souvent des ture primitive, ce processus consiste dans l'abattage
modifications de ces limites : extension du rayon du des plus gros arbres qui sèchent sur le sol. Ensuite, le
cercle du fait de la proximité d'un rivage pour feu est mis et l'ensemble du couvert végétal brûle, y
conserver la même surface exploitable, déformation compris le sous-bois sur pied. La culture se fait alors
du terroir en raison de sa localisation dans une vallée en mettant quelques graines en terre à l'aide d'un
montagnarde, etc. Toutefois, si l'extension de la zone bâton fouisseur entre les troncs calcinés. Dans les
étudiée permet une connaissance des territoires de régions où les climats sont agressifs, l'érosion sur les
chasse et de cueillette, on ne négligera pas sols nus peut être considérable. Une telle érosion 392
pendant des siècles ou des millénaires détruit com légèrement marqués par l'anthropisation (disparition
plètement le sol et lorsque celui-ci se retrouve en de l'horizon Al, recouvrement de l'horizon Al par
une faible colluvion...) ils seront utilisés comme inculture car trop pauvre, la végétation spontanée, le
micro-relief et les sols eux-mêmes sont totalement taxons dans la cartographie et l'extrapolation à la
nature de ces sols au Néolithique sera facilitée. transformés et ne reflètent pas le milieu originel.
Lorsque l'on travaille à ces échelles de temps, on Souvent, pour limiter les effets de l'érosion, des
doit tenir compte des variations climatiques. Leur aménagements ont été conduits comme les terrasses
existence est prouvée à l'échelle du globe, notamsur les pentes des régions caillouteuses, travail qui
ment par les études palynologiques et elles peuvent implique un remaniement complet des profils pédo
modifier sensiblement le milieu naturel. La destruclogiques. Le bocage avec talus est l'équivalent des
tion naturelle même partielle de la couverture végétterrasses dans les zones marneuses. Il est réalisé en
ale va entraîner une accélération de l'érosion tout provoquant une abrasion des terres au sommet de la
comme le défrichement. Donc, la conjonction de ces parcelle et une accumulation à la base, comme en ont
phénomènes climatiques et de l'anthropisation pose fait la démonstration Gachon (1939) dans le Livra-
un problème car il n'est pas possible d'évaluer la part dois, Richter (1965) dans l'Odenwald, Brunet (1957)
de responsabilité de chacun de ces facteurs dans dans le Terrefort toulousain. Dans cette dernière
l'évolution de l'environnement. Cependant, il peut y région, Revel et al. (1985) ont montré que 4,2 mil
avoir localement interaction. En effet, l'anthropisalions de mètres cubes de terre ont été enlevés des
tion pourrait être la cause de petites variations parties hautes et stockés en fond de vallon dans le
climatiques. Par exemple, la destruction de la forêt bassin versant de 692 hectares seulement, et ceci en
augmente la vitesse du vent au niveau du sol et dix siècles de culture. Les troncatures atteignent
diminue le degré hygrométrique de l'air, elle aug1,08 m en moyenne sur 57 % de la surface et le
mente donc l'évapotranspiration. recouvrement 1,47 m sur 36 % de l'aire. Seuls 7 %
des sols sont intacts.
b. Les études de terrain Lorsque l'érosion par ruissellement provoque l'ap
parition de nappes de gravats, l'épierrement est
La détermination des unités pédologiques par devenu une pratique courante en région méditerra description systématique des profils des sols caracténéenne et le paysage s'est couvert de murets de ristiques est essentiellement effectuée sur le terrain à clôture en pierres sèches. D'autres types d'aménage l'aide de critères précis. ments ont transformé les paysages, notamment le
drainage et l'assèchement dans les zones maréca L'échantillonnage à l'aide de la tarière permet
geuses (Capestang, Hérault) ou l'irrigation dans les l'observation du profil jusqu'à 1,30 m environ et,
régions arides. Ces quelques exemples ne constituent chaque fois que cela est possible, à partir de fosses,
pas une liste exhaustive des aménagements mais, sur on détermine pour chaque horizon :
le terrain, il importe d'en rechercher tous les indices — l'épaisseur, car ils sont un fil directeur pour tenter de reconstituer
l'environnement passé. Dans cette démarche, le — la texture et la proportion d'éléments grossiers,
pédologue ne pourra intégrer que l'ensemble des — la teneur en calcaire par effervescence HC1 à aménagements et des données dont il dispose. Autre
froid, ment dit, s'il peut tenter de reconstituer le paysage
avant l'anthropisation, cela paraît beaucoup plus — la teinte (Munsell Soil Color Chart),
difficile à un moment donné de l'évolution protohis — la structure, torique et historique.
— les traits pédologiques, Donc, l'approche de la nature du sol il y a 7 000
— la longueur et la densité des racines quand elles ans au moins à partir de la reconnaissance actuelle
peut être sujette à caution si l'on ne fait pas rentrer existent.
en ligne de compte l'intensité du facteur anthropi- La pédologie moderne utilise des méthodes très que. Ceci est particulièrement important lorsque l'on sophistiquées permettant d'analyser le sol de manière estime la hauteur d'une troncature ou l'épaisseur très fine. Cependant, dans le cadre de cette étude, d'un recouvrement afin de retrouver le sol d'origine. l'utilisation de telles techniques n'est pas justifiée. Cependant, il est possible d'éviter cette démarche en
recherchant toujours dans les zones étudiées les sols
les plus évolués (ou les moins anthropisés) qui seront с Potentialité des sols au Néolithique
alors utilisés comme pédons de référence. En effet,
Le stade final de cette étude est l'approche de la dans une unité pédologique homogène, il y a de
grandes chances de trouver une station où les sols ont potentialité des sols lors de l'occupation du site. La
été préservés. Même si les sols références sont notion de potentialité est importante et a varié au 393
par le rajeunissement superficiel des profils pédologicours du temps. Ainsi, des sols considérés il y a
quelques années comme improductifs ont à l'heure ques mais les parties profondes gardent la marque
actuelle des rendements quelquefois exceptionnels à d'une évolution poussée.
la suite de la généralisation des aménagements (irr Pour les sols moins vieux, qui n'ont pas atteint leur igation, drainage). Donc, pour déterminer la potent équilibre et dont l'évolution a donc été de courte ialité des sols au Néolithique, on doit essayer de durée, les caractères et propriétés ont sans doute tenir compte des techniques culturales employées. changé en 7 000 ans car ils évoluent rapidement dans On considérera que les techniques primitives du le temps. Les vitesses d'évolution étant inconnues brûlis, du bâton fouisseur et de la houe étaient les (elles sont souvent variables selon les conditions seuls moyens de mise en culture. Les potentialités stationnelles), il est difficile de retrouver les caractédes sols au Néolithique seront donc estimées en ristiques des sols il y a 7 000 ans. Une étroite fonction de ces techniques. collaboration entre archéologues et pédologues est
Sans être précis, on peut supposer que les hommes un moyen d'affiner, pour un site donné, les vitesses
du Néolithique préféreront des sois profonds car les de pédogenèse. Par exemple, le creusement puis le
réserves en eau pour les plantes cultivées seront comblement d'une sépulture remanie et mélange
mieux assurées. Avec un bâton fouisseur, la texture souvent l'ensemble des horizons du profil, on est
et la structure ne sont sans doute pas des critères donc ramené à la roche-mère intacte ou à un
matériau très voisin. La tombe étant souvent bien primordiaux mais le travail à la houe est facilité dans
les sols légers, c'est-à-dire dans les sols sableux ou datée, il est possible d'évaluer la vitesse de phéno
présentant une bonne structure grenue (rendzines, mènes de pedogenese par comparaison du profil avec
sols fersiallitiques). La pente ne devrait pas être un les sols non remaniés se trouvant alentour. L'extra
critère de choix bien que, d'une manière générale, polation aux caractères des sols au moment de
comme on le verra dans les exemples traités ensuite, l'occupation humaine peut ainsi être plus précise.
les premiers agriculteurs aient préféré les zones de Les sols les plus jeunes se sont formés après la plaine ou de plateaux. Il est vrai que naturellement dernière glaciation (sols holocènes) sur des matéles sols sont d'autant plus profonds que la pente est riaux ne dérivant pas d'une anthropisation (éboulis, faible. alluvions récentes...). C'est le cas des sols observés,
Donc, si la pédologie permet d'estimer la potential surtout en zone de montagne ; ils datent du début de
ité des sols, elle n'est pas suffisante pour reconstituer l'Holocène (amorce de la reforestation ?) et ils sont
le paléoenvironnement. Pour arriver à ce but, il faut donc peu ou pas évolués. La matière organique est
incorporée à la matière minérale souvent cryoclasti- utiliser, conjointement aux résultats obtenus, l'ap
port d'autres disciplines telles que la palynologie, que (jusqu'aux limons fins : > 2 microns) produite
l'anthracologie, la malacologie... qui permettront de pendant la période glaciaire. Il y a 7 000 ans ils
retrouver les paléopaysages. étaient encore plus squelettiques et les éboulis et les
alluvions n'étaient pas loin d'être encore fonctionnDe plus, dans un sol poly cyclique par exemple, els. chacune des pédogénèses successives peut se mar
quer et subsister dans les traits pédologiques et la La complexité de l'extrapolation aux sols existant
microstructure. L'étude de ces phénomènes permet au Néolithique montre donc la nécessité de faire
d'établir une succession d'événements sans pour appel à d'autres sources d'information que la pédolog
autant les caler dans une chronologie absolue. Le ie, quand elles existent, pour tenter de reconstituer
pédologue qui a pu établir une relative le paléoenvironnement.
doit donc faire appel à des observations autres que
les études de sol s. s. pour envisager l'établissement
d'une chronologie absolue. Ces études sont longues,
souvent difficiles car tous les sols n'enregistrent pas /// - LES SITES ARCHÉOLOGIQUES ÉTUDIÉS
toutes les variations.
En ce qui concerne l'époque étudiée ici (environ
7 000 à 4 000 ans BP), les variations climatiques L'échantillonnage des sites servant à tester la
restent faibles et il est difficile de reconnaître deux ou méthode évoquée ci-dessus répond à plusieurs préoc
plusieurs cycles sur une durée si courte. cupations :
— il s'agit d'abord de prendre en considération un Pour les sols anciens à l'échelle pédologique, qui
n'évoluent plus que lentement, les cycles anciens nombre minimum de sites correspondant à un certain
peuvent être visibles ou non mais cela n'a pas éventail chronologique. Nous désirons en effet, dans
d'importance car les caractères et propriétés de ces un premier temps, étudier des gisements d'époques
sols n'auront pas évolué entre 7 000 BP et l'actuel. différentes afin de juger des parallèles ou des
Les remaniements anthropiques s'expriment alors nuances que ces sites peuvent présenter entre eux. 394
Les cinq sites retenus (fig. 1) sont :
— un habitat du Néolithique ancien à poterie
imprimée (Torre Sabea) vers 7 500-7 000 BP ;
— un abri fréquenté au Néolithique ancien
(Balma Margineda) vers 7 000-5 500 BP ;
— un abri stratifié fréquenté peu ou prou sans
interruption du Néolithique ancien jusqu'au Chalco-
lithique, voire au-delà (Font-Juvénal) ;
— un habitat chasséen (Néolithique moyen) de
plein air, réoccupé au Vérazien (Néolithique final-
Chalcolithique) (Aussières) vers 5 500-4 000 BP ;
— un enclos très probablement lié à un habitat du Fig. 1 - Localisation des sites étudiés. 1 : Aussières ; 2 : Médor ; 3 : Torre Chalcolithique à campaniformes pyrénéens (Médor) Sabea ; 4 : Balma Margineda ; 5 : Font-Juvénal
vers 4 000 BP.
Cette liste rassemble donc des sites étages dans le
temps d'environ 7 500 à 4 000 BP, chacun correspon piémont, établis en Bas-Languedoc narbonnais, à dant à un stade chrono-culturel bien défini, à l'excep basse altitude (respectivement 70 m et 40 m) et
tion de l'abri de Font-Juvénal dans la stratigraphie s'ouvrant l'un sur un bassin alluvial, l'autre sur une duquel toutes les étapes évoquées sont représentées. plaine. Enfin l'abri de Font-Juvénal, en Languedoc
centro-occidental, est un auvent de bas de versant, — Les exemples choisis ont, certes, valeur ponct
ouvert dans une vallée creusée sur la retombée de la uelle. Notre choix s'est aussi porté sur des sites de
Montagne Noire, vers le couloir de l'Aude, à l'altnature et sans doute aussi de statuts différents. Torre
itude de 170 m. Sabea et Aussières sont des habitats de plein air.
Médor est un enclos vraisemblablement lié à un Chaque site sera brièvement présenté au plan habitat. La Balma Margineda est un abri de mont archéologique et écologique avant que n'en soient
agne dont on peut penser que la fréquentation a été exposés les principaux résultats pédologiques. épisodique. Font-Juvénal est aussi un abri fréquenté
Nous avons choisi de détailler plus particulièrsans interruption entre 6 500 et 4 000 BP sans doute
ement l'étude du site de Médor car il est le plus récent dans le cadre de déplacements saisonniers mais aussi
(3e millénaire). En effet, on peut penser qu'il n'y a de fréquentations plus stables. Nous reviendrons, cas
pas (ou peu) eu de variations climatiques pouvant par cas, sur ces notions.
perturber l'environnement naturel. Toutes les modif— Une autre préoccupation réside dans la sélec ications sont donc purement anthropiques, les effets tion de gisements implantés dans des milieux écologi naturels étant minimisés. ques diversifiés. Il est certain que les processus de
Le fait que Médor soit un site récent n'implique néolithisation, et notamment l'élimination de la forêt
pas toutefois que le milieu ait été moins perturbé par pour créer des espaces cultivés ou des terres de
l'homme. Une intense anthropisation sur une courte pacage, ont vraisemblablement présenté des carac
période peut avoir davantage d'effet qu'une faible tères différents selon les milieux considérés. Le choix
pression exercée sur une longue durée. Le Terrefort dans l'implantation même des sites occupés, la durée
toulousain, comparativement aux forêts sur les ande la fréquentation humaine sur chaque lieu, enfin
ciennes terrasses voisines des grandes rivières, en est les agressions que les premiers groupes agricoles font
un exemple flagrant (cf. II, 2, a). subir à leur environnement sont étroitement condi
tionnés par les données écologiques (sol, végétation, Les quatre autres études seront exposées de maclimat, etc.). On a donc cherché à présenter dans nière plus synthétique, le but étant surtout de mettre
cette première étude des gisements inscrits dans des en évidence les points communs et les différences environnements fondamentalement différents. existant entre plusieurs zones d'implantation de so
L'absence de sites d'habitat côtier dans le Cardial ciétés néolithiques. français nous a contraints à prendre un exemple
italien à céramique impressa ■: Torre Sabea, actuell
ement site de bord de mer, dans le golfe de Tarente. A
A - Le site de Médor à Ornais ons (Aude) l'opposé l'abri de la Balma Margineda, en Andorre,
peut être considéré comme un site de haute mont
agne : ouvert à l'altitude de 970 m, il est encadré de
Le site de Médor à Ornaisons, dans le couloir de massifs dépassant fréquemment 2 500 m. Les sites de
plein air d'Aussières et de Médor sont des habitats de l'Aude, au Nord du massif des Corbières, se trouve à 395
mi-hauteur d'un piémont qui s'appuie au Sud-Est sur 1 . Les unités physiographiques :
des collines calcaires allongées suivant un axe Ouest-
Nord-Ouest - Est-Sud-Est. Au Nord-Ouest coule L'examen des cartes topographiques, géologiques,
l'Orbieu dans sa plaine alluviale et à l'Ouest son des photographies aériennes et du terrain, permet de
affluent l'Aussou. Le versant sud des collines cal dénombrer quatre unités physiographiques.
caires est entaillé par le ruisseau de Monge qui — Unité A : première terrasse de l'Orbieu et de emprunte un couloir constitué de marnes et poudin- l'Aussou. gues du Sénono-Turonien.
— Unité В : deuxième et troisième terrasses de
Implanté en partie basse de versant (x = 43°1Г ; l'Orbieu, deuxième terrasse de l'Aussou. y = 2°50' ; z = 40 m), la position topographique du
— Unité С : le piémont du coteau calcaire du site évoque celle du site d'Aussières ainsi que la
Pech et le bassin versant du ruisseau de Monge. localisation d'autres habitats néolithiques du Nar-
bonnais. — Unité D : le coteau calcaire du Pech.
Les recherches archéologiques ont mis ici en Au sein de ces unités physiographiques, douze
évidence la présence d'un fossé très arasé, orienté unités pédologiques ont été reconnues.
grossièrement Est-Ouest et qui a pu être étudié sur
une distance de 70 m de long. Ce fossé est comblé par 2. Les unités pédologiques (fig. 2) : des détritus divers dont de la faune, et principale
ment, de la céramique. Celle-ci se rattache exclusiv Par souci de concision, pour chacune des unités, ement au faciès pyrénéen de la civilisation campani- seuls seront indiqués, d'après la C.P.C.S. (2), les forme (avec vases à décor incisé, estampé ou orné au
peigne). La céramique d'accompagnement est pré
sente. Ces vestiges de comblement sont vraisembla
blement à rattacher à un habitat voisin.
Les analyses palynologiques indiquent alors un
couvert arboréen peu important avec espèces de
différents milieux (humide, tempéré, méditerranéen)
traduisant assez bien l'éventail écologique des envi
rons du site depuis les rives de l'Aussou (à 300 m du
gisement) jusqu'au massif sec et calcaire du Pech
(Ch. Leroyer). L'analyse anthracologique montre la
dominance des chênes, verts ou pubescents : 60 %
des arbres reconnus ; les premiers étaient sans doute
localisés sur les massifs calcaires tandis que les chênes
pubescents devaient encore se maintenir dans les
dépressions (J.-L. Vernet). La présence de cultures
est notamment attestée par les graines de céréales
utilisées comme dégraissants dans la pâte des cérami
ques : orge polystique ou escourgeon {Hordeum
vulgare), amidonnier {Triticum dicoccum) (M. -P.
Ruas). La malacologie montre à la fois la présence
d'un couvert arbustif ou arboré et d'un milieu plus
ouvert (J. André).
Ajoutons que le site a été régulièrement réoccupé.
A l'Age du Bronze final deux grandes fosses, comb
lées ultérieurement de détritus, sont probablement
liées à des activités d'extraction d'argile nécessaire à
un habitat voisin ; après usage, les fosses ont été
transformées en dépotoirs. Vers la fin de l'Antiquité
des fosses et silos ont été creusés sur le même lieu.
L'une de ces fosses recelait, au milieu d'un mobilier
Fig. 2 - Les unités pédologiques. 1 : Sol brut d'apport alluvial ; 2 : Sol brun archéologique de comblement, les restes de nomb calcaire ou sol brun calcique recarbonaté ; 3 : Sol brun lessivé ; 4 : Sol reuses espèces végétales, sauvages ou cultivées, qui brun calcaire ou sol brun calcique recarbonaté ; 5 : Sol sur colluvions
fersiallitiques et sol fersiallitique squelettique ; 6 : Sol brun calcique à Bca donnent une excellente image du paysage « anthro-
encroûté ; 7 : Colluvions calcaires sur sol lessivé ; 8 : Rendzine ; 9 : Sol pisé » de la campagne narbonnaise à la fin de brut d'érosion sur marnes gypseuses ; 10 : Sol colluvial calcaire non
l'Antiquité (M. -P. Ruas). différencié ; 11 : Lithosols et lambeaux de sols fersiallitiques. 396
— Unité 4 : caractères qui nous paraissent majeurs dans les choix
des paramètres des hommes du Chalcolithique. Deuxième terrasse de l'Aussou. 0-30 cm : texture
sableuse, astructural particulaire, calcaire. A partir — Unité 1 :
de 30 cm : accumulation du calcaire sous forme de
Cette unité est constituée par la première terrasse calcins. C'est soit un sol brun calcaire, soit un sol
de l'Orbieu et de l'Aussou (terrasse la plus basse brun calcique recarbonaté par la mise en culture.
donc la plus récente). C'est un sol brut d'apport
Au Chalcolithique, le sol de cette unité était soit alluvial non différencié, épais de 120 cm, de texture
un sol brut d'apport alluvial, soit un sol brun calcaire sablo-argileuse, astructural particulaire, calcaire.
peu différencié. Absence de pseudomycélium (fin dépôt calcaire des
pores tubulaires).
— Unité 5 : La présence de nombreux débris végétaux sur tout
le profil à partir de 20 cm permet de penser que cette Partie supérieure du piémont du relief. Cette unité
unité a pu être occupée par des marécages au comprend deux types de sols :
Chalcolithique. • Sol sur colluvions fersiallitiques (sol rouge médi
— Sous-unité 2a : terranéen ou terra rossa). 0-60 m : texture argileuse,
structure grumeleuse, calcaire. Ce sol est actuellDeuxième terrasse de l'Orbieu en rive gauche (rive ement très perturbé, de nombreux blocs calcaires sont concave). Il s'agit d'un sol brun calcique recarbonaté remontés jusqu'à la surface. Au Chalcolithique ce sol par les pratiques culturales ou un sol brun calcaire à devait être fersiallitique, moins calcaire et argileux forte différenciation de calcaire. 0-70 cm : texture mais avec une bonne structure grumeleuse. argileuse, structure polyédrique angulaire, peu cal
caire ; 70-120 cm : argileux, polyédrique angulaire, • Sol fersiallitique squelettique en continuité avec
très calcaire (nombreux granules d'accumulation et les éperons constituant la rive droite des thalwegs qui
entaillent le piémont. 0-20 cm : texture argileuse, pseudomycélium) .
structure grenue. Au Chalcolithique, ce sol devait
— Sous-unité 2b : être fersiallitique, probablement plus épais.
Deuxième terrasse de l'Orbieu en rive droite (rive
— Unité 6 : convexe). Sol semblable au précédent mais de tex
ture sablo-argileuse et astructurale particulaire. Partie inférieure du piémont du relief. Cette unité
est constituée de deux types de sols : Les sols de ces deux sous-unités, au Chalcolithi
que, devaient être moins différenciés au point de vue • Sur l'ensemble de la partie inférieure du piécalcaire, c'est-à-dire soit un sol brut d'apport alluvial, mont. Sol brun calcique en Bca encroûté avec des soit un sol brun calcaire peu différencié. matériaux provenant des vieilles terrasses de
l'Orbieu mélangés avec des colluvions. 0-30 cm : Ap. — Sous-unité 3a :
Texture sableuse, astructural particulaire. 30-60 cm :
Troisième terrasse de l'Orbieu en rive gauche (rive texture sablo-argileuse, astructural particulaire. 60-
concave). 0-30 cm : horizon remanié. Texture li- 80 cm : Bca : encroûtement de galets calcaires.
mono-sableuse, astructurale particulaire, nombreux
Au Chalcolithique ce sol pouvait être identique galets calcaires. 30-60 cm : horizon d'accumulation
bien que moins calcaire. de l'argile. Texture argileuse, structure massive,
galets calcaires. 60-120 cm : horizon • Au débouché des thalwegs se trouve un sol plus du calcaire. Sol brun lessivé avec un horizon argilique argileux du fait de l'apport par les ruisseaux des Bt et un horizon d'accumulation du calcaire Bca produits de l'érosion des sols fersiallitiques amont. formant un encroûtement, ayant donc eu une longue Ce sol est cependant de même type que le précédent. évolution. La mise en culture a provoqué la recarbo-
natation. — Unité 7 :
— Sous-unité 3b : C'est une unité de transition : sur le sol lessivé de
l'unité 3 s'étendent de minces colluvions calcaires Troisième terrasse de l'Orbieu en rive droite (rive
issues de l'unité 6. convexe). Sol semblable à celui de la sous-unité 2a
mais de texture sablo-argileuse et astructural particul Au Chalcolithique, cette unité était probablement aire. comprise dans l'unité 3. Les colluvions étant sans
Les sols de ces deux unités pouvaient être identi doute anthropiques, il y a un déplacement vers l'aval
ques au Chalcolithique mais ils n'étaient pas recarbo- de la limite des unités 6 et 3, avec formation d'une
natés. zone de transition. 397
trouvent des sols bruts d'érosion qui pouvaient être — Unité 8 :
identiques lors de l'occupation du site. Cette unité se situe au Sud du relief. Sol squeletti-
que de type rendzine (sol rocheux à fragments et — Unité 11 :
cailloux calcaires sur roche-mère calcaire). 0-30 cm :
Partie interne du relief. Lithosol avec remplissage texture argilo-sableuse, structure grenue, nombreux des fentes du karst par des matériaux fersiallitiques. cailloux calcaires.
Au Chalcolithique, le sol était soit identique soit, s'il
Au Chalcolithique ce sol pouvait être identique y a eu peu érosion depuis, la couverture pédologique
quoique plus épais. était plus épaisse et plus continue. Cette seconde
hypothèse est cependant peu probable car les — Unité 9 : grandes phases d'érosion datent des Wiirm III et IV
Flanc sud du relief. Sol brut d'érosion sur marnes (23 000 et 14 000 ans) et les études annexes montrent
gypseuses. 0-30 cm : texture argileuse, astructural. déjà l'existence d'une végétation de garrigue qui était
probablement moins dégradée à l'époque d'occupatAu Chalcolithique, ce sol pouvait être identique et
ion du site. si ce n'est pas le cas, la nature du sol de l'époque ne
peut être déterminée. La végétation pouvait être Les caractères principaux des sols de ces unités
particulière, adaptée aux terrains gypseux. sont résumés dans le tableau 1 (fig. 3).
— Unité 10 : 3. Classes de potentiel (fig. 4) :
Bassin versant du ruisseau de Monge. Cette unité
Les unités pédologiques peuvent être regroupées complexe comporte trois types de sols :
selon des critères d'épaisseur, de structure, de tex• Dans les fonds de vallons. Sol colluvial calcaire ture et de position dans l'environnement. Cette
non différencié. 0-30 cm : texture sablo-argileuse, démarche permet de définir 5 classes de potentiel
astructural. 30-150 cm : texture argilo-sableuse, rares quant à l'utilisation des sols par les hommes du
éléments grossiers, astructural. Chalcolithique.
Ce sol pouvait être moins épais au Chalcolithique. — Les sols de la première terrasse de l'Orbieu et
• Les versants portent deux types de sols suivant de l'Aussou ne présentent pas de signe d'évolution,
ils sont sableux, astructuraux et contiennent beaula lithologie : sur poudingues on trouve des lithosols
et quelques rendzines qui devaient être des rendzines coup de débris végétaux. Il est donc possible que des
marécages aient existé dans cette zone. plus épaisses au Chalcolithique ; sur marnes se
Unités Profondeur Texture Structure Couleur Calcaire Observations
pédologiques
1 1,2 m Sabloargileu3e Astructural 10YR 4/4 Teneur Sol brut d'apport alluvial
jaune brun faible
2 а 1,2 m Argileuse à Polyédrique 10YR4/4 Teneur Sol brun calcaire ou
b sabloargileuse jaune brun faible зо1 bruncalcique recarbonaté
3 а 1 m Argil osa ble use Massive 2,5 YR 6/4 Bca Sol brun lessivé
b 1 m Sabloargi1eu3e Astructural brun rouge
4 0,7 m Sableuse Aetructural Cca Sol brun calcaire ou
sol brun calcique recarbonaté (calcins)
5 0,6 m Argileuse Grumeleuse Calcaire Sol sur colluvions fersiallitiques
0,2 m Grenue sol fersiallitique squelettique
6 0,8 m ЭаЫеизе Astructural 2,5 YR 4/4 Bca Sol brun calcique à Bca encroûté
brun rouge
7 Colluvions calcaires (is3ue3de 6) sur
sol Ie33ivé (3)
8 0,3 m Argil osa ble use Grenue 10YR5/8 Calcaire Rendzine
brun jaune
9 0,3 m Argileuse Massive Sol brut d"éro3ion sur marnes дурзеизез
10 1,5 m Argilo3ableuse A3tructural 10YR5/6 Calcaire Sol colluvial calcaire non différencié
brun jaune
11 Lithosols et matériaux fersiallitiques
dans les fentes du karst
Fig. 3 - Tableau 1 : Caractéristiques des sols des différentes unités pédologiques du territoire de Médor. :

;
:
:
;
:
;
398
4. Comparaison des données pédologiques avec les
autres études (fig. 5) :
Les données malacologiques, anthracologiques et
palynologiques reflètent l'existence de deux grandes
zones nettement distinctes : d'une part la plaine
alluviale de l'Orbieu et de l'Aussou (unités physio-
graphiques A et B) et d'autre part le Pech calcaire
(unités physiographiques С et D). Depuis le Chalcol
ithique jusqu'à l'Antiquité tardive on assiste, dans la
première zone, à la disparition progressive de la forêt
de chêne caducifolié et son remplacement par les
cultures. Dans la seconde zone, la garrigue à chêne
vert subit une lente dégradation. La reconstitution du
paysage ancien ne peut concerner que l'environne
ment existant avant l'intervention de l'homme, il est
impossible de reconnaître les différentes étapes de
6e l'exploitation siècles de notre des sols ère. au Cependant, Bronze final il et est aux sûr 5e que et
l'aménagement en terrasses visible en particulier
dans l'unité 8 est postérieur au Chalcolithique et au
Bronze final (sur ce sujet, Guilaine, sous presse).
Les 5 classes de potentiel présumé des sols au
Chalcolithique et leur exploitation possible sont :
— Les marécages ont pu être utilisés comme
Fig. Pâturages bois. 4 - Les classes ou bois de ; potentiel y : Mise présumé en culture au ; Néolithique, ô : Pâturages a ; : Marécages e : Parcours ; (3 ou : réserves de roseaux, carex, etc.
— Les sols argileux pouvaient être utilisés au
Chalcolithique comme zones de pâturages ou de
bois, le travail du sol étant, sur ces terres, pénible.
— Les sols sableux étaient, à l'intérieur de la zone — Les sols des unités 2a, 3a et 5 dans une moindre
étudiée, les plus favorables à la mise en culture. Ils mesure (car le sol de cette unité présente une
structure grumeleuse) ont une texture argileuse qui
peut rendre le sol assez difficile à travailler, tout au Unités Unités Potentiel presume Physiographiques Pédologiques Néolithique moins avec les techniques utilisées à l'époque.
1 a A — Les sols des unités 2b, 3b, 4, 6 et 7 sont sableux,
peu structurés, relativement profonds, drainants, 2a sains et adaptés à la céréaliculture. Ils sont d'autant л plus faciles à travailler que les pentes sont nulles ou В 2b -" ' faibles. & 3a. 3tr — У fci 4 y — Les sols variés présents dans le bassin de 5
Monge (unités 8, 9 et 10) ont en commun une texture 6
à dominante argileuse. Ce bassin devait servir de С * zone de pâturage et de parcours. La situation géogra 8 d 9 phique du bassin par rapport à Médor, de l'autre côté 10 de la crête du Pech, explique aussi le regroupement
des unités qui le constituent. Cette zone paraît donc
11 D d'accès moins facile que les autres parties du terri
toire, hypothèse renforcée par l'absence de données
sur ce bassin dans les études faites sur et autour du Fig. 5 - Tableau 2 : Relations entre unités physiographiques, unités pédologisite archéologique. ques et classes de potentiel au Néolithique.
— Les lithosols constituant l'unité 11 étaient pro Unités physiographiques : A première terrasse de l'Orbieu et de l'Aussou
В deuxième et troisième terrasses de l'Orbieu, deuxième terrasse de bablement déjà les mêmes au Chalcolithique, il est l'Aussou С piémont du Pech calcaire et bassin versant du ruisseau de donc possible de penser que la partie interne du Pech Monge D coteau calcaire du Pech.
n'était pas cultivée. Unités pédologiques et classes de potentiel : voir légende des figures 2 et 3.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.