Aspects de La Tène moyenne dans le Bassin Parisien - article ; n°1 ; vol.73, pg 457-484

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1976 - Volume 73 - Numéro 1 - Pages 457-484
28 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1976
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Alain Duval
Aspects de La Tène moyenne dans le Bassin Parisien
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1976, tome 73, N. 1. pp. 457-484.
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Duval Alain. Aspects de La Tène moyenne dans le Bassin Parisien. In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1976,
tome 73, N. 1. pp. 457-484.
doi : 10.3406/bspf.1976.8403
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1976_hos_73_1_8403Bulletin de hi .Société préhistorique française, tome 73, l!)7(i, Ktudes et Travaux
Aspects de la Tène Moyenne
dans le Bassin Parisien
par Alain Du val
Contrairement aux apparences, le Bassin Pari de la fibule dont le pied, jusque-là libre, est
sien est peut-être une région mal connue à l'âge désormais attaché sur l'arc par une bague. Enfin
du Fer. Dans l'étude qui va suivre, par Bassin l'art Celtique, qui ne sera pas abordé ici, a
Parisien nous entendons, d'une façon commode, également sa part dans la chronologie typo
une zone correspondant grosso modo à la Cham logique.
pagne (y compris le Sénonais et la Brie), au Gâti- Il nous semble, et sans affirmer que dans le nais, à l'Ile-de-France, et aux pays constituant premier domaine évoqué la théorie de la rupture l'actuelle région de Picardie (fig. 1). Hallstatt - Tène — qui ne nous intéresse pas
directement ici — et celle de l'arrivée des Région mal connue, ce n'est un paradoxe qu'à
Belges — évoquée rapidement infra — nous première vue. En effet, en présentant les choses
satisfassent, que c'est surtout le deuxième point d'une façon simplifiée, nous sommes en pré
qui est à revoir. D'une part des erreurs de datasence d'un certain nombre de « flashes » : en
tion d'objets sont toujours possibles : ainsi bien Champagne apparaîtrait, en rupture avec le
des épées avec croisière en accolade ne sont pas Hallstatt final (Joffroy, 1973) une civilisation
antérieures au Г" siècle avant J.-C. D'autre part à nouvelle, caractérisée par certains objets (fibules,
force de vouloir mettre en place une chronologie agrafes de ceinture) et décors. Cette civi
toujours plus fine (par exemple dans les fibules), lisation, à qui on a donné le nom de Marnien,
il y a danger de substituer la méthode de la connaît son apogée pendant les deux premières
recherche, que représente l'établissement de phases de la Tène I, alors qu'à la fin de cette
séquences, à la finalité de celle-ci : la chronolpériode, elle arrive dans son déclin (Bretz-
ogie typologique doit être une commodité de Mahler, 1968). L'unité de la Champagne éclate,
travail, non une fin en soi. peut-être sous les coups d'envahisseurs, les Bel
ges porteurs de l'urne à piédestal qui, à la
Tène II, submergent la Gaule septentrionale
(Hawkes et Dunning, 1930). Ces derniers sub
sistent en tant qu'entité à la Tène III et tout ou Nous avons donc été amené, dans le cadre
précis du thème qui est abordé, à voir s'il n'y partie de leur territoire forme « l'Empire » des
Ambiani, avant qu'à la fin de cette période l'on avait pas une autre réflexion possible, à la fois
arrive à la disposition des tribus telle qu'on peut méthodologique et plus directement archéolo
gique. On ne trouvera pas ici un tableau tout l'interpréter de César ou de sources postérieures.
fait ni une synthèse (provisoirement) définitive, Une deuxième façon d'aborder le problème se mais quelques directions de travail. Cette place sous un angle typologique : après une réflexion s'est nourrie de quatre interrogations : phase homogène, la Tène I (concept implicit
ement repris par D. Bretz-Mahler — Bretz-Mahler, 1. S'il y a déclin du Marnien, comment se
1971 — puisque l'auteur « trie » les nécropoles fait-il que certains objets attribués à la Tène Ib
pour les intégrer à ses ensembles de la Tène I, se retrouvent encore à la période suivante, comme
ou au contraire les rejeter comme étant posté la fibule de Dux ? « On doit remarquer cepen
rieures), des changements radicaux à la Tène II dant que, selon J. Filip, la fibule de Dux aurait
amènent la raréfaction de la céramique funé eu une longue carrière puisqu'elle couvrirait en
raire, des nouveautés dans l'armement : appa Europe Moyenne tout le IIP siècle » (Bretz-
rition de l'umbo de bouclier, de la bêlière et Mahler, 1968, p. 5). Pourquoi « la présence d'ob
de la grande épée avec croisière en accolade, des jets de la Tène Ib n'est -[elle] pas rare dans des
nouveautés enfin dans la parure : transformation lombes qui contiennent des bijoux de la Tène le »
457 :
Fig. 1. — - Région étudiée et nécropoles citées dans le texte. Villes repères : So = Soissons. R — Reims. T = Troyes. S = Sens. О = Orléans. P = Paris. A = Amiens. — Nécropoles : 1 : Ménil-Annelles ; 2 : Liry, La Hourgnotte (Ardennes) ; 3 : Bétheniville, Le Fer-à-Cheval ; 4 : Caurel ; 5 : Witry-les-Reims ; La Voie Cariât ; 6 : Cernon-sur-Coole ; 7 : Normée, La Tempête ; 8 : Fère-Champenoise, faubourg de Connantre et la fin d'Ecury ; 9 : Gourgançon, Saint-Mard et La Cor- billière (Marne) ; 10 : Barbuise-Courtavant ; 11 : Nogent, Beaulieu (Aube) ; 12 : Lailly ; 13 : Rebourseaux, l'Epinette ; 14 : Villeperrot, Le Haut des Longues (Yonne) ; 15 : Gravon ; 16 : Larchant (Seine-et-Marne) ; 17 : Bromeilles, Main- ville (Loiret) ; 18 : St-Maur-les-Fossés (Val-de-Marne) ; 19 La Garenne-Colombes, Nanterre (Hauts-de-Seine) ; 20 : Attichy ; 21 : Verneuil-en-Halatte ; 22 : Breuil-le-Sec, Le Bois ; 23 : Gournay-sur-Aronde, Saint-Maur ; 24 : Mory- Montcrux (Oise) ; 25 : Allonville (Somme).
458 ? D'où vient la céramique funéraire du (ibid.)
Nord de la Champagne à cette dernière période ?
Remarquons enfin que certaines nécropoles de
la Marne commencent bien à la fin de la Tène I
pour se poursuivre dans la première moitié de
la Tène II : la Tempête à Normée (Marne) (Bris-
son et Hatt, 1969), Connantre à Fère-Champe-
noise (Marne) (Brisson, Hatt et Roualet, 1970),
le Fer-à-Cheval à Bétheniville (Marne) (Dupuis,
1932), La Hourgnotte à Liry (Ardennes) (Duval,
1971-2).
2. Quels sont les rapports de la Champagne
avec les zones périphériques, notamment au Nord,
à l'Ouest, au Sud ? L'absence de publications,
la rareté relative du matériel métallique, n'ont-
elles pas fait négliger ces zones, tout aussi « laté-
niennes » que la Marne au IIP siècle avant
J.-C. ? Le « Marnien » n'a-t-il pas étouffé tout
ce qui n'était pas champenois (et ce d'ailleurs
depuis la Tène la : au début de cette période,
les modèles de la céramique champenoise sou
vent présentés ne sont-ils pas originaires de
l'Aisne, alors que l'abondance des vases et la
rareté des fibules ici, le phénomène inverse là, Fig. la attribués 2. Marne — Carte aux (2) à tribus superposée la Tène citées la par des et la régions César. Tène Ib, de l'Aisne et des territoires (1) et de pourrait correspondre à un décalage chronolo
gique, si léger soit-il) ?
3. Qu'existe-t-il entre une protohistoire tradi Les quelques propositions que nous faisons tionnelle, c'est-à-dire celle qui se fonde sur des ici ne sont possibles que grâce à des travaux fossiles directeurs métalliques et une « anté- nouveaux : inventaires systématiques, publicahistoire » à partir du IIe siècle avant J.-C, où l'on tions récentes, fouilles récentes ou en cours. dispose de textes, de disciplines annexes nou D'ailleurs, sauf exception, pour les deux chavelles comme la numismatique, où l'on extrapole pitres qui vont suivre, nous nous sommes servis à partir de la documentation du « Gallo-romain » des travaux dernièrement parus. précoce ? Nous pouvons à ce propos remarquer
qu'une carte superposée des zones avec sites de
la Tène I dans l'Aisne (d'après Lobjois, 1971)
et du début de la Tène I dans la Marne (d'après
Bretz-Mahler, 1971), et des territoires théorique I. — UN MOBILIER COMMUN ment attribuables aux tribus gauloises du Bassin A L'ENSEMBLE DE LA REGION Parisien, montre une absence de coïncidence
(fig. 2). Si certaines nécropoles semblent bien typiques
de la Tène II, St-Maur-les-Fossés (Val-de-Marne) 4. Pourquoi certaines inadéquations de mobil (Maître, 1888), Allonville (Somme) (Ferdière et iers sont-elles difficiles à comprendre, selon les alii, 1973) d'autres, nombreuses, et en partidatations traditionnelles ? Ainsi, dans la tombe culier en Champagne et dans le Sénonais sont de Larchant (Seine-et-Marne) (Lantier, 1927), une incontestablement « à cheval » sur la fin de la épée avec fourreau du style de Waldalgesheim Tène I et le début de la Tène II ; parmi les plus se trouve associée à un vase piédouche qui ne récemment publiées on peut citer Liry, La Hourgpeut être antérieur à la fin de la Tène I. A Gravon notte (Ardennes) (Duval, 1971-72), Fère-Champ(Seine-et-Marne) (Scherer et Mordant, 1971), un enoise, Connantre (Brisson, Hatt, Roualet, 1970), torque à motifs ternaires est associé avec des Normée, La Tempête (Brisson et Hatt, 1969) éléments de la Tène le. A Fère-Champenoise, (Marne), Gravon (Seine-et-Marne) (Scherer et faubourg de Connantre (Marne) (Brisson, Hatt Mordant, 1971), Bromeilles (Loiret) (Lejour et et Roualet, 1970), une tombe avec torques à Pompée, 1972). Ces nécropoles correspondent, motifs ternaires est fort justement datée par les si l'on veut utiliser une terminologie un peu auteurs de la Tène le. A Breuil-le-Sec (Oise) stricte, à la Tène le et à la Tène Ha. D'une (fouilles en cours, M. Degenne et A. Duval), des façon commode, nous adopterons les séquences fibules en fer de la Tène II, du type Saint-Maur- chronologiques suivantes : les-Fossés, accompagnent dans des sépultures
Tène le 325-250 av. J.-C. des vases généralement attribués à la Tène I.
Certaines fibules de Dux sont associées à des Tène Ha 250-180 av. J.-C. objets de la fin de la Tène ancienne, ou au moins Tène lib 180-110 av. J.-C. se trouvent dans des nécropoles dont la première
phase d'occupation n'est pas antérieure à cette Elles ne sont indiquées ici qu'à titre provisoire.
période (fig. 3 et 8, n° 2). Nous faisons finir la Tène I à une date tradition-
459 "
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 3. — 1 : Gravon (Seine-et-Marne), sépulture 25, d'après Scherer et Mordant ; 2 : Fère-Champenoise (Marne), faubourg de C.onnantre, enclos IV, sépulture 36, d'après Brisson, Hatt, Roualet - Bronze, sauf fibules (fer).
nelle, alors que nous introduisons une coupure fibules en bronze très décorées (fig. 4, n° 1),
au milieu de la Tène II pour les raisons exposées en fer à arc cambré et renflé (cf. la tombe
dans cet article même ; cette période est donc importante n° 2). Il est de intéressant Dietikon de 8) noter (Wyss, que 1958) les petites (fig. 4, divisée en deux phases que nous avons faites
équivalentes, sous réserve de précisions à venir. fibules en bronze à pied attaché sur l'arc ne sont
que de trois types, tous trois présents dans la Les nécropoles que nous évoquons sont donc,
tombe n" 74 de Jonchery (fig. 15). Il paraît évigrosso modo, du IIIe siècle avant J.-C, qui semble
dent que la petite fibule de la Tène II est une bien correspondre à la période moyenne de la
fibule qui n'est jamais moulée, peu ciselée et Tène dans notre pays. réalisée avec une économie de moyens maximale. Dans tous ces ensembles se trouve un fond
mobilier commun, dont nous livrons quelques
exemples ici (sans introduire les séquences chro 2. Ceinture et agrafes de ceinture.
nologiques qui pourraient être indiquées, au On trouve des agrafes en bronze à double moins pour certaines séries). anneau et crochet (fig. 4, n° 3), des agrafes du
même type, mais zoomorphes (fig. 5, n° 1). Un
A. — La Parure. type un peu récent est formé d'un anneau carré
muni d'un crochet à bouton (fig. 10, n° 1). Les
1. Fibules. ceintures proprement dites sont à anneaux de
Les plus anciennes sont les fibules de Dux, bronze, n° 3 et fig. reliés 5, n° par 1) ou des bien lanières soudés de par cuir des parties (fig. 4, dans leur phase tardive (fig. 8, n" 2), les fibules intermédiaires en bronze (fig. 5, n° 2). Les traces morphologiquement de la Tène le selon Viollier
d'émaillage ne sont pas rares. (fig. 6, n" 1) ; puis on trouve des fibules à pied
attaché sur l'arc, d'abord de petites fibules en
bronze (fig. 4, n° 3 ; fig. 6, n" 3 ; fig. 13 ; fig. 15), «'}. Bracelets. puis des fibules en bronze de grande taille alors
que les en fer du même modèle connaissent Nous ne pouvons donner un répertoire comp
peut-être la même évolution (fig. 4, n 4) ; toute let, mais citons entre autre des bracelets à
nodosités, plats intérieurement (fig. 5, n° 2) ou fois des fibules à pied libre continuent d'exister :
460 Fig. 4. — 1 : Fère-Champenoise (Marne), faubourg de Connanfre, enclos III, sépulture 29, d'après „ Brisson, Hatt, Roualet (a, b, bronze ; c, fer) ; 2 : Dietikon (Suisse), sépulture 8, d'après Wyss (fer) ; 3 : Liry (Ard demies), La Hourgnotte, sépulture 6 (bronze) ; 4 : idem, sépulture 11 (fer). Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 5. — 1 : Liry (Ardennes), La Hourgnotte, sépulture 23 (a, bronze ; b, fer ; c, céramique) ; 2 : Fère Champenoise (Marne), faubourg de Connantre, enclos V, sépulture 47, d'après Brisson, Hatt, Roualet (bronze sauf partie de la chaîne, fer).
462 '.
Illustration non autorisée à la diffusion
g"™ Л La impuis ICI*. ~ Tempête, ; á o Barbmse-Courtavant : sépulture Menil-Annelles 25, d'après (Ardennes), (Aube), Brisson d'après Le et Montant Hatt Piette (les de bracelets ; l'Obit, 2 : Bétheniville sépulture étaient accompagnés 4, (Marne), d'après Le Flouest de Fer-à-Cheval, 28 anneaux) et Stead : sépulture ; 4 1, : Normée 3 et 4 10, : bronze (Marne) d'après ; "
и" 4), certains, complexes, godroimés (fig. 6, 2. Anneaux de suspension.
n" 3). Des bracelets sont de style baroque (fig. 6, On les trouve par deux ou trois, en connexion munis de 3 ou 4 nodosités espacées sur une
avec l'épée. Ils sont de diamètre assez grand, en tige mince (fig. 6, n 1 ; iig. 15), et qui renfer fer. On peut rencontrer aussi des anneaux plus ment, parfois, une perle d'émail. Indiquons petits, creux, faits de deux parties rapportées, en encore les derniers bracelets serpent i formes, à bronze, plus rarement en fer (Rebourseaux, œillets (fig. 3, n" 2 ; fig. 15), à décors en anneaux
Yonne, Du val et Mordant, à paraître ; Gravon, de ciseaux (fig. 8, n" 2). Les bracelets filiformes
Val-de-Marne, tombes 4 et 27), voire des anneaux ne sont pas rares, des bracelets massifs, ouverts en bronze semblables à ceux des chaînes de ceinou fermés (fig. 4, n" 1 ; fig. 6, n" 4 et fig. 13)
ture (ainsi à St-Maur-les-Fossés, Val-de-Marne, sont fréquents. Tous ceux-là sont en bronze. Des sépulture 2, Maître 1888, ou Fère-Champenoise, bracelets de section assez importante, en fer, Connantre, sépulture 63, fîg. 10, n" 1). ouverts, quelquefois avec légers tampons se
rencontrent (fig. 6, n° 2). Les bracelets en schiste Des anneaux de suspension peuvent être en
et en lignite sont présents dès le début de cette relation avec une chaîne tressée, qui n'est pas
n° 3). époque (fig. 10, n° 2). à proprement parler une bélière (fig. 16,
On trouve aussi des grandes chaînes, appelées
« chaînes de ceinture » avec anneaux et tiges de 4. Torques. fer légèrement courbées (fig. 8).
Les torques de cette époque sont difficiles à
définir, en l'absence notamment des études de 3. Bélières. structure qui n'ont pas encore été faites. Tout
Elles se trouvent d'une façon assez systématun domaine de travail combinant l'observation
ique dans les nécropoles de la série que nous fine des techniques de fabrication et de décor,
étudions et dont elles forment une des caracles analyses métallographiques, les radiogra
téristiques. On les rencontre à la fois en bronze phies, reste à défricher. On ne peut pour l'ins
et en fer. On ne saurait dire jusqu'ici si les tant suggérer que quelques indications : les
bélières en fer (fig. 9), qui sont torsadées, sont torques pluripartites sont courants, les tampons
antérieures aux bélières en bronze dont les élsont assez souvent, puis systématiquement rap
éments, moulés, imitent une torsade (fig. 7, n° 2). portés, on s'oriente à la fois vers des modèles à
décor moulé d'une exubérance baroque et vers
une simplification des formes avec absence de 4. Boucliers.
décor.
Les boucliers, en bois, étaient renforcés d'élLes torques à motifs ternaires (Favret et Prieur, éments en fer. On retrouve ainsi les pourtours, ou
cornières qui les entouraient (fig. 7, n° 2 ; fig. 9). nos 1950) 1 et sont 2). typiques On trouve de également la phase initiale des torques (fig. 3, à
Les umbos sont des éléments bien connus. Il tampons « campaniformes » rapportés sur une semble que ce soient les umbos en deux parties « soie » prolongeant la tige, avec décor retra qui apparaissent d'abord (fig. 8), sans doute avant vaillé à la main permettant de dissimuler ce le début de la Tène II stricto sensu ; puis se renrapport. Les tiges de ces torques sont de section contrent les umbos ovoïdes allongés sans ailettes ronde ou carrée (fig. 13). Cette section se retrouve (fig. 9) ou à ailettes courtes, et les umbos à dans des torques à petits tampons pleins (fig. 6, ailettes larges, plus ou moins ovoïdes. Ces ailettes n° 1). Ces derniers sont fréquents dans des peuvent être arrondies (fig. 7, n° 2), rectangultorques de petite dimension (fig. 7, n° 1). aires (fig. 10, n" 1) ou trapézoïdales. Les umbos
à ailettes larges perdurent jusqu'à la Tène III,
B. — L'Armement. sauf peut-être pour ceux à ailettes trapézoïdales.
1. Epées.
5. Pointes de lance. La définition typologique des épées de cette
Ce que nous avons énoncé sur les épées, et période n'est pas encore résolue. Tout un aspect
technique reste à étudier, à la façon dont Todo- sur le plan technique, et sur celui de la typo
logie analytique, est également vrai pour les rovic (Todorovic, 1955) a procédé pour la Youg
oslavie. Cette étude devrait s'accompagner d'un pointes de lance, peut-être davantage encore :
programme de restauration, pour ces objets objets plus humbles, de forme plus immédiate
découverts naturellement corrodés, permettant ment identifiable, on n'a jusqu'ici pas cherché
d'établir une typologie analytique et d'observer à connaître leur structure et leur mode de
marques et décors éventuels. On voit donc que la fabrication, comme on n'a mis en exergue que
taille des épées, l'évolution de la bouterolle (qui les exemples « monstrueux » : pointes de lon
reste parfois très ajourée, ainsi celle de l'épée gueur démesurée, ou de formes exceptionnelles
de la tombe 3 de la Corbillière à Gourgançon, (fers flammés, échancrés). On n'avancera ici que
quelques types, définis bien trop sommairement : Brisson et Loppin, 1938, mais qui semble effect
ivement tendre vers un type non ajouré), l'évo modèles à fer galbé (ainsi à Fère-Champenoise,
lution du pontet, la forme de la lame même faubourg de Connantre) (fig. 10, n° 1) ; modèles
constituent un domaine de travail qui reste à longs et larges (Cernon-sur-Coole, Normée, La
mettre en chantier (fig. 7 ; fig. 8 ; fig. 10, n° 1). Tempête sépulture 17) (fig. 8), (Gravon sépulture
464 Fig. masrnlirc masculine. 7. — Liry (Ardennes), La Ilourgnotte, sépulture double n» 3 (a : bronze, b : fer). 1 : sépulture féminine ; 2 : sépulture
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