Alfred Lacroix (1863-1948), pharmacien, minéralogiste, volcanologue - article ; n°320 ; vol.86, pg 421-426

De
Revue d'histoire de la pharmacie - Année 1998 - Volume 86 - Numéro 320 - Pages 421-426
François, Antoine, Alfred Lacroix (Mâcon, 1863 - Paris, 1948), Chemist, Mineralogist, Volcanologist
His grandfather and his father were chemists in Mâcon. It was then natural for him to adopt such profession. After his studies at the Superior School of Chemistry of Paris (École supérieure de pharmacie de Paris), he passed as a first class chemist on december the seventh 1887. His passion for mineralogy, displayed since his youngest years, leads him to frequent scientists specialized in the earth's science, amongst who is Ferdinand Fouqué, from the College of France (Collège de France), whom he used to accompany in his travels through the world between 1888 - the year when he parted from his pharmacy - and 1902.
This very year, the eight of may, the terrifying eruption of the « montagne Pelée », on the isle of « la Martinique », annihilated in few minutes the town and the port of Saint-Pierre, leaving only two survivors. He sejourned there a second time, in august 1902 after the second eruption. A. Lacroix explained, for the first time, phenomena he designated as « nuées ardentes ». His knowledge in volcanology and mineralogy made him an expert who has been sollicitated to observe various volcanos through out the world.
Amongst his principal writings are the Treaty of mineralogy (5 vol.), the 2 volumes of his conclusions about his observations of the « montagne Pelée », and one about the « Piton de la Fournaise », to which must be added more than 650 notes and communications. Great officer of the « Légion d'Honneur », the chemist Alfred Lacroix, professor at the Museum of natural history since the first of april 1893, carried on the fonction of perpetual secretary of the Academy of Sciences during 34 years.
Son grand-père et son père étaient pharmaciens à Mâcon. Il est donc tout naturel qu'il adopte la même profession. Après ses études à l'École supérieure de pharmacie de Paris, il est reçu pharmacien de première classe le 7 décembre 1887. Sa passion pour la minéralogie, manifestée dès son plus jeune âge, le conduit à fréquenter les savants spécialisés en sciences de la Terre, dont Ferdinand Fouqué, du Collège de France, qu'il accompagne dans ses voyages dans le monde entre 1888 - année où il se sépare de la pharmacie - et 1902.
Cette année-là, le 8 mai, l'éruption terrifiante de la montagne Pelée, à la Martinique, anéantit en quelques minutes la ville et le port de Saint-Pierre, ne laissant que deux survivants. Il est alors envoyé en mission à Saint-Pierre pour étudier cette éruption. Il y séjourne une seconde fois, en août 1802, après la deuxième éruption. A. Lacroix explique pour la première fois les phénomènes qu'il désigne par « nuées ardentes ».
Ses connaissances en volcanologie et en minéralogie en font un expert qui sera sollicité pour observer de nombreux volcans nationaux et internationaux.
Parmi ses principaux ouvrages, citons le Traité de minéralogie(5 vol.), les 2 volumes sur les conclusions de ses observations de la montagne Pelée, celui sur le Piton de la Fournaise... auxquels il faut ajouter plus de 650 notes et communications.
Grand officier de la Légion d'Honneur, le pharmacien Alfred Lacroix, professeur au Muséum d'histoire naturelle depuis le 1er avril 1893, a exercé la délicate fonction de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences pendant 34 ans. festée dès son plus jeune âge, le conduit à fréquenter les savants spécialisés en sciences de la Terre, dont Ferdinand Fouqué, du Collège de France, qu'il accompagne dans ses voyages dans le monde entre 1888 - année où il se sépare de la pharmacie - et 1902.
Cette année-là, le 8 mai, l'éruption terrifiante de la montagne Pelée, à la Martinique, anéantit en quelques minutes la ville et le port de Saint-Pierre, ne laissant que deux survivants. Il est alors envoyé en mission à Saint-Pierre pour étudier cette éruption. Il y séjourne une seconde fois, en août 1802, après la deuxième éruption. A. Lacroix explique pour la première fois les phénomènes qu'il désigne par « nuées ardentes ».
Ses connaissances en volcanologie et en minéralogie en font un expert qui sera sollicité pour observer de nombreux volcans nationaux et internationaux.
Parmi ses principaux ouvrages, citons le Traité de minéralogie(5 vol.), les 2 volumes sur les conclusions de ses observations de la montagne Pelée, celui sur le Piton de la Fournaise... auxquels il faut ajouter plus de 650 notes et communications.
Grand officier de la Légion d'Honneur, le pharmacien Alfred Lacroix, professeur au Muséum d'histoire naturelle depuis le 1er avril 1893, a exercé la délicate fonction de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences pendant 34 ans.
6 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1998
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Marcel Chaigneau
Alfred Lacroix (1863-1948), pharmacien, minéralogiste,
volcanologue
In: Revue d'histoire de la pharmacie, 86e année, N. 320, 1998. pp. 421-426.
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Chaigneau Marcel. Alfred Lacroix (1863-1948), pharmacien, minéralogiste, volcanologue. In: Revue d'histoire de la pharmacie,
86e année, N. 320, 1998. pp. 421-426.
doi : 10.3406/pharm.1998.4703
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1998_num_86_320_4703Abstract
François, Antoine, Alfred Lacroix (Mâcon, 1863 - Paris, 1948), Chemist, Mineralogist, Volcanologist
His grandfather and his father were chemists in Mâcon. It was then natural for him to adopt such
profession. After his studies at the Superior School of Chemistry of Paris (École supérieure de
pharmacie de Paris), he passed as a first class chemist on december the seventh 1887. His passion for
mineralogy, displayed since his youngest years, leads him to frequent scientists specialized in the
earth's science, amongst who is Ferdinand Fouqué, from the College of France (Collège de France),
whom he used to accompany in his travels through the world between 1888 - the year when he parted
from his pharmacy - and 1902.
This very year, the eight of may, the terrifying eruption of the « montagne Pelée », on the isle of « la
Martinique », annihilated in few minutes the town and the port of Saint-Pierre, leaving only two
survivors. He sejourned there a second time, in august 1902 after the second eruption. A. Lacroix
explained, for the first time, phenomena he designated as « nuées ardentes ». His knowledge in
volcanology and mineralogy made him an expert who has been sollicitated to observe various volcanos
through out the world.
Amongst his principal writings are the Treaty of mineralogy (5 vol.), the 2 volumes of his conclusions
about his observations of the « montagne Pelée », and one about the « Piton de la Fournaise », to
which must be added more than 650 notes and communications. Great officer of the « Légion
d'Honneur », the chemist Alfred Lacroix, professor at the Museum of natural history since the first of
april 1893, carried on the fonction of perpetual secretary of the Academy of Sciences during 34 years.
Résumé
Son grand-père et son père étaient pharmaciens à Mâcon. Il est donc tout naturel qu'il adopte la même
profession. Après ses études à l'École supérieure de pharmacie de Paris, il est reçu pharmacien de
première classe le 7 décembre 1887. Sa passion pour la minéralogie, manifestée dès son plus jeune
âge, le conduit à fréquenter les savants spécialisés en sciences de la Terre, dont Ferdinand Fouqué, du
Collège de France, qu'il accompagne dans ses voyages dans le monde entre 1888 - année où il se
sépare de la pharmacie - et 1902.
Cette année-là, le 8 mai, l'éruption terrifiante de la montagne Pelée, à la Martinique, anéantit en
quelques minutes la ville et le port de Saint-Pierre, ne laissant que deux survivants. Il est alors envoyé
en mission à Saint-Pierre pour étudier cette éruption. Il y séjourne une seconde fois, en août 1802,
après la deuxième éruption. A. Lacroix explique pour la première fois les phénomènes qu'il désigne par
« nuées ardentes ».
Ses connaissances en volcanologie et en minéralogie en font un expert qui sera sollicité pour observer
de nombreux volcans nationaux et internationaux.
Parmi ses principaux ouvrages, citons le Traité de minéralogie(5 vol.), les 2 volumes sur les conclusions
de ses observations de la montagne Pelée, celui sur le Piton de la Fournaise... auxquels il faut ajouter
plus de 650 notes et communications.
Grand officier de la Légion d'Honneur, le pharmacien Alfred Lacroix, professeur au Muséum d'histoire
naturelle depuis le 1er avril 1893, a exercé la délicate fonction de secrétaire perpétuel de l'Académie
des sciences pendant 34 ans. festée dès son plus jeune âge, le conduit à fréquenter les savants
spécialisés en sciences de la Terre, dont Ferdinand Fouqué, du Collège de France, qu'il accompagne
dans ses voyages dans le monde entre 1888 - année où il se sépare de la pharmacie - et 1902.
Cette année-là, le 8 mai, l'éruption terrifiante de la montagne Pelée, à la Martinique, anéantit en
quelques minutes la ville et le port de Saint-Pierre, ne laissant que deux survivants. Il est alors envoyé
en mission à Saint-Pierre pour étudier cette éruption. Il y séjourne une seconde fois, en août 1802,
après la deuxième éruption. A. Lacroix explique pour la première fois les phénomènes qu'il désigne par
« nuées ardentes ».
Ses connaissances en volcanologie et en minéralogie en font un expert qui sera sollicité pour observer
de nombreux volcans nationaux et internationaux.
Parmi ses principaux ouvrages, citons le Traité de minéralogie(5 vol.), les 2 volumes sur les conclusions
de ses observations de la montagne Pelée, celui sur le Piton de la Fournaise... auxquels il faut ajouter
plus de 650 notes et communications.
Grand officier de la Légion d'Honneur, le pharmacien Alfred Lacroix, professeur au Muséum d'histoirenaturelle depuis le 1er avril 1893, a exercé la délicate fonction de secrétaire perpétuel de l'Académie
des sciences pendant 34 ans.421
ALFRED LACROIX (1863-1948)
PHARMACIEN, MINÉRALOGISTE,
VOLCANOLOGUE
par Marcel Chaigneau *
Né à Mâcon le 4 février 1863, François, Antoine, Alfred Lacroix appart
enait à une famille de pharmaciens. Son grand-père, Tony, et son père,
Francisque, avaient fait leurs études pharmaceutiques à Paris. Tony avait
suivi les cours du pharmacien VauqueUn, au Muséum, dont il était devenu le
préparateur, puis était revenu à Mâcon pour ouvrir une pharmacie. Cette offi
cine comprenait un vaste local dont les parois étaient garnies de collections
diverses de sciences naturelles. Le père d'Alfred préférait étudier la bota
nique au grand air.
Dès sa plus tendre enfance, Alfred se plaisait auprès de son grand-père.
Les échantillons accumulés dans les vitrines contribuèrent certainement à
faire jaillir en lui cette flamme du grand collectionneur qu'il entretiendra
toute sa vie. Très tôt, il lit les ouvrages d'Hauy et il emploie ses vacances à
faire de grandes excursions à travers le Charolais, l'Autunois ou
l'Auvergne, au cours desquelles il prélève quantité de roches, de minéraux
et de fossiles.
Il n'a que seize ans quand il publie son premier travail dans la Feuille
des jeunes naturalistes, sur du fettbol, un minéral argileux. Deux ans plus
tard, alors qu'il est en classe de philosophie, il est admis dans la Société de
minéralogie de Paris. Il publie alors un mémoire sur la mélanite de
Lantigné.
Reçu bachelier es lettres et es sciences, il fait son stage en pharmacie à
Mâcon pendant deux ans, tout en poursuivant ses recherches en minéralogie.
* 14 avenue Jacques-Jézéquel, 92170 Vanves.
REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE, XLVI, N° 320, 4e TRIM. 1998, 421-426. 422 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
En octobre 1883, il s'inscrit à l'École supérieure de pharmacie de Paris.
De là, il prend contact avec le laboratoire d'Alfred Des Cloizeaux, au
Muséum, et assiste au cours de Ferdinand Fouqué au Collège de France.
C'est dans le laboratoire de ce savant qu'il s'initie aux méthodes micro
scopiques nouvellement appliquées en minéralogie. Il fréquente aussi l'e
nseignement de Friedel à la Sorbonne et celui de Mollard à l'École des
mines.
En 1884, Fouqué lui propose de l'accompagner en voyage d'étude en
Ecosse pendant les mois d'août et de septembre. Pour Alfred Lacroix, c'est
le premier d'une longue série de voyages lointains. L'année suivante, nou
veau voyage sur les côtes de Norvège et en Suède. En passant à
Stockholm, il étudie les riches collections de Berzelius. En 1887, c'est
l'Italie du Nord, l'île d'Elbe et la Sardaigne qui font l'objet de ses études
sur le terrain. De toutes ces campagnes, il rapporte de nombreux échant
illons qui enrichissent les collections du Collège de France et du
Muséum.
C'est alors que Fouqué lui pose la question capitale : « Veut-il tenir une
pharmacie ou s'adonner exclusivement à la minéralogie ? » « J'avais
compris », écrit Lacroix dans ses notes personnelles.
Le 7 décembre 1887, il est reçu pharmacien de première classe alors qu'il
est nommé préparateur au Collège de France chez son maître Fouqué. S'il
abandonne définitivement la pharmacie d'officine, il conserve des relations
très étroites avec ses confrères et sera élu, le 3 décembre 1929, membre asso
cié de la Société de pharmacie de Paris, devenue Académie nationale de
pharmacie. " Travaillez « en Je crois paix, encore mon ami, entendre sans ses autre paroles souci émouvantes, que vos recherches. dit Lacroix Les ;
années que vous passez ici sont précieuses, elles seront les meilleures de
votre vie. " »
Le 11 mai 1889, Lacroix est reçu docteur es sciences. Le 6 juin suivant, il
épouse Catherine, fille aînée de Fouqué.
Le 1er avril 1893, il succède à Des Cloizeaux au Muséum d'histoire natur
elle. Âgé de trente ans à peine, il occupe alors la chaire de minéralogie
illustrée par Daubenton, Dolomieu, Haiiy, Alexandre Brongniart,
Dufrenoy. Pendant 43 ans, il dirigea cette chaire avec éclat et fera du labo
ratoire de minéralogie du Muséum, un centre de recherches de grand rayon
nement.
Sa retraite, en 1936, n'arrête pas son activité mais la perte de son épouse,
en 1939, l'affecte profondément. Il meurt à Paris le 12 mars 1948 dans sa 86e
année. ALFRED LACROIX 423
Son uvre ;
Agé de vingt ans à son arrivée à Paris, U est pris en affection par trois
grands minéralogistes : Alfred Des Cloizeaux, Ferdinand Fouqué et Auguste
Michel-Lévy. Il a ses entrées dans leurs laboratoires et est ainsi au courant de
leurs préoccupations scientifiques, différentes pour chacun d'eux mais comp
lémentaires.
Un autre facteur dans sa vie est celui des nombreux voyages qu'il peut
entreprendre dans les diverses parties du monde, ce qui devient fondamental
pour ses recherches.
En 1888, il visite le Canada, les États-Unis : côte atlantique, région des
grands lacs, Montagnes Rocheuses, parc de Yellowstone, Colorado. En 1891,
il parcourt la Suisse et l'Allemagne ; en 1893, le Vésuve ; en 1898, la Grèce,
l'Asie mineure, le Santorin où Fouqué était venu trente ans plus tôt pour étu
dier une éruption sous-marine.
Et nous arrivons à un moment crucial : le 8 mai 1902, le vieux volcan
assoupi de la Martinique, la montagne Pelée, entre en éruption, anéantit en
quelques minutes la ville et le port de Saint-Pierre, ne laissant que deux sur
vivants sur une population de 28 000 personnes.
Ce phénomène terrifiant, inconnu jusqu'alors, entraîne l'Académie des
sciences et le ministère des Colonies à envoyer Lacroix pour diriger une mis
sion d'étude. Cette mission travaille sur place du 23 juin au 1er août. Pendant
son retour à Paris, une deuxième éruption meurtrière se produit le 30 août.
Le ministère des Colonies demande à Lacroix d'accomplir une deuxième
mission. Il sera sur place du 1er octobre au 15 mars 1903.
Ces deux voyages à la Martinique lui permettent de faire des observations
exceptionnelles sur ce type de volcanisme. Il pourra compléter ses connais
sances en la matière en assistant aux éruptions du Vésuve en 1906, de l'Etna
en 1908 et du Piton de la Fournaise en 1911.
À partir de 1914, début de la Première Guerre mondiale, ses recherches se
concentrent dans son laboratoire du Muséum. Mais ses voyages reprennent à
partir de 1922 en Italie et en 1926 à Tokyo.
Au cours de ce dernier, il visite le Japon, la Corée, la Mandchourie, la
Chine, le désert de Gobi et l'Indochine. En 1929, il parcourt la Malaisie, les
Indes néerlandaises et la Somalie.
On comprend que Lacroix réunisse ainsi une masse de documents. Ses
publications scientifiques, malgré ses absences prolongées, ne cessent de
témoigner de son activité. De la première note parue en 1879 à la dernière
portant le numéro 665, elles constituent une liste impressionnante. En 1902,
par exemple, 12 notes paraissent sur l'éruption de la montagne Pelée. REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE 424
En plus de cette multitude de notes et mémoires, on lui doit d'importants
ouvrages : 14 volumes consacrés à la minéralogie et à la volcanologie ; la
minéralogie de la France en 5 volumes, complétée d'un sixième volume par
son successeur J. Orcel, la minéralogie de Madagascar en 3 tomes, la belle
monographie sur la montagne Pelée en 2 tomes et celle concernant le Piton
de la Fournaise dans l'île de La Réunion.
D'autre part, il écrit sur la vie et les recherches de grands naturalistes fran
çais en consacrant deux volumes à Dolomieu. On lui doit encore l'idée de
faire un inventaire général des périodiques scientifiques des bibliothèques
parisiennes.
Alfred Lacroix établit un équilibre entre des méthodes d'investigations
cristallographiques, optiques et chimiques. Il considère le minéral comme
un composé « ayant sa raison d'être dans la nature et dont l'étude doit tenir
compte des conditions du milieu dans lequel il s'est formé ». Il replace les
minéraux dans les roches qui les abritent et il tente de rapprocher minéral
ogie, pétrographie et géologie pour comprendre leur genèse et leur évolut
ion.
Avec Alfred Lacroix, la minéralogie s'anime et devient un des plus pas
sionnants chapitres de l'histoire de la Terre. « Les minéraux sont les clés qui
ouvrent les trésors cachés de l'histoire géologique. »
Il a décrit un grand nombre de minéraux et de types géologiques nou
veaux. En 1933, le pétrographie Trôger le classait en tête avec 85 types
veaux de roches éruptives.
La visite de Madagascar est, pour lui, un enchantement. Il parcourt lent
ement la région des pierres précieuses et découvre de superbes gisements de
graphite, de titane, de corindon, zircon, uranium. Il signale donc, en 1908,
l'existence dans cette île de minéraux radioactifs nouveaux, ce qui sera très
utile ultérieurement. Il en a profité pour visiter les volcans éteints de l'île et
pour étudier la latérite, cette curieuse terre rouge argileuse. La moisson des
observations concernant cette mission est réunie en trois volumes et de
nombreuses notes et conférences. L'étude des roches de cette île est comp
létée par celle des météorites, des tectiques dont les indigènes font des
amulettes qu'ils appellent « boules de lune » ou encore « excréments
d'étoiles ».
Il est normal pour un tel naturaliste - dont le but ultime est la compréhens
ion de la genèse des minéraux - que le métamorphisme représente le point
essentiel de ses théories. Selon lui, les roches sédimentaires représentent les
feuillets d'un grand livre où l'histoire du globe a laissé son empreinte. À part
ir de ces roches et des roches volcaniques, il arrive à définir la genèse des ALFRED LACROIX 425
roches métamorphiques. Selon lui, le bel exemple des phénomènes endo-
morphes est celui du granit et de ses transformations ultérieures avec format
ion de diorite...
Le métamorphisme des roches éruptives le conduit à l'étude de leurs
enclaves, domaine d'une grande richesse, dont les résultats sont rassemblés
dans un ouvrage et lui permettent d'établir une classification en tenant compte
des paramètres magmatiques imaginés par Michel-Lévy et d'expliquer alors
la formation de plusieurs types lithologiques.
D'autre part, l'examen des roches et des minéraux fondus par la nuée
ardente de la montagne Pelée lui sert de guide pour entreprendre des syn
thèses de minéraux au laboratoire.
La conclusion la plus importante d'Alfred Lacroix au sujet de l'anéanti
ssement de Saint-Pierre est la description du mode d'éruption appelé « phé
nomène des nuées ardentes ». Donc, la mise en évidence d'une différence
fondamentale avec l'ensevelissement progressif de Pompéi. Ses observations
ont permis de comprendre l'origine des montagnes sans cratère - dôme
arrondi et pic aigu - dont la genèse était encore une énigme.
Il est évident que Lacroix a largement bénéficié de ses études pharmac
eutiques pour la mise au point de ses travaux analytiques. Cela, dans des
disciplines qui l'ont placé au premier rang des spécialistes en sciences de la
Terre.
Le retentissement de ses recherches fut considérable et les honneurs
lui sont venus de toutes parts. Il était grand officier de la Légion
d'Honneur, membre des plus célèbres académies scientifiques du monde,
docteur honoris causa des grandes universités, titulaire des médailles les
plus renommées.
Entré à l'Académie des sciences à 41 ans, il en devient le secrétaire per
pétuel dix ans plus tard et le demeurera pendant 34 années où il se révélera
un eminent administrateur.
Bibliographie
R. Courrier, Notice historique sur Alfred Lacroix, Paris, Institut de France, 1948, 127
pages.
Ch. Bedel, in SHP, 1948, p. 345-346.
RÉSUMÉ
François, Antoine, Alfred Lacroix (Mâcon, 1863-Paris, 1948), pharmacien, minéralogiste,
volcanologue - Son grand-père et son père étaient pharmaciens à Mâcon. D est donc tout naturel
qu'il adopte la même profession. Après ses études à l'École supérieure de pharmacie de Paris, il
est reçu pharmacien de première classe le 7 décembre 1887. Sa passion pour la minéralogie, mani- 426 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
festée dès son plus jeune âge, le conduit à fréquenter les savants spécialisés en sciences de la Terre,
dont Ferdinand Fouqué, du Collège de France, qu'il accompagne dans ses voyages dans le monde
entre 1888 - année où il se sépare de la pharmacie - et 1902.
Cette année-là, le 8 mai, l'éruption terrifiante de la montagne Pelée, à la Martinique, anéantit en
quelques minutes la ville et le port de Saint-Pierre, ne laissant que deux survivants. Il est alors
envoyé en mission à Saint-Pierre pour étudier cette éruption. Il y séjourne une seconde fois, en
août 1802, après la deuxième éruption. A. Lacroix explique pour la première fois les phénomènes
qu'il désigne par « nuées ardentes ».
Ses connaissances en volcanologie et en minéralogie en font un expert qui sera sollicité pour
observer de nombreux volcans nationaux et internationaux.
Parmi ses principaux ouvrages, citons le Traité de minéralogie (5 vol.), les 2 volumes sur les
conclusions de ses observations de la montagne Pelée, celui sur le Piton de la Fournaise... aux
quels il faut ajouter plus de 650 notes et communications.
Grand officier de la Légion d'Honneur, le pharmacien Alfred Lacroix, professeur au Muséum
d'histoire naturelle depuis le 1er avril 1893, a exercé la délicate fonction de secrétaire perpétuel de
l'Académie des sciences pendant 34 ans.
Summary
François, Antoine, Alfred Lacroix (Mâcon, 1863 - Paris, 1948), Chemist, Mineralogist,
Volcanologist - His grandfather and his father were chemists in Mâcon. It was then natural for him
to adopt such profession. After his studies at the Superior Schooll of Chemistry of Paris (École
supérieure de pharmacie de Paris), he passed as a first class chemist on december the seventh
1887. His passion for mineralogy, displayed since his youngest years, leads him to frequent scient
ists specialized in the earth's science, amongst who is Ferdinand Fouqué, from the College of
France (Collège de France), whom he used to accompany in his travels through the world between
1888 - the year when he parted from his pharmacy - and 1902.
This very year, the eight of may, the terrifying eruption of the « montagne Pelée », on the isle of
« la Martinique », annihilated in few minutes the town and the port of Saint-Pierre, leaving only
two survivors. He sejourned there a second time, in august 1902 after the second eruption. A.
Lacroix explained, for the first time, phenomena he designated as « nuées ardentes ».
His knowledge in volcanology and mineralogy made him an expert who has been sollicitated to
observe various volcanos through out the world.
Amongst his principal writings are the treaty of mineralogy (5 vol.), the 2 volumes of his conclu
sions about his observations of the « montagne Pelée », and one about the « Piton de la
Fournaise », to which must be added more than 650 notes and communications.
Great officer of the « Légion d'Honneur », the chemist Alfred Lacroix, professor at the Museum
of natural history since the first of april 1893, carried on the fonction of perpetual secretary of the
Academy of Sciences during 34 years.
MOTS-CLÉS
Lacroix (Alfred), volcanologie, minéralogie, Fouqué (Ferdinand), montagne Pelée.

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