La pharmacie et l'art. Ombres et couleurs ottomanes - article ; n°335 ; vol.90, pg 379-386

De
Revue d'histoire de la pharmacie - Année 2002 - Volume 90 - Numéro 335 - Pages 379-386
Karagöz est à la fois le nom du théâtre d'ombres turc et celui du héros principal : il signifie « Oeil noir ». Autrefois, ce théâtre était de toutes les grandes occasions et festivités : naissances, circoncisions, mariages, veillées d'hiver, mois du Ramadan. La taille des figurines colorées se situe généralement dans les 25/35 cm. Les sketches s'inspirent surtout de la vie quotidienne de la capitale Istanbul et des grandes villes anatoliennes. Dans la pièce qui nous intéresse ici, Karagöz est à la fois pharmacien et médecin, métier pour lequel il n'a pas été préparé ! Il officie de façon fort originale et les conseils qu'il donne aux clients sont des plus extravagants ! Nous noterons l'importance du vocabulaire français.
Pharmacy and Art. Turkish's shadows and colors.
Karagöz is the name of the turkish shadow theater and in the same time the name of the principal hero : it means « black eye ». This burlesque show was performed on great occasions, such as births, circumcisions, weddings, and also during the winter evenings and the month of Ramadan. The size of puppets, in camel hide, is generally 25/35 cm. Sketches are inspired by daily life in big anatolian cities and in Istanbul. In this play, Karagöz is both pharmacist and doctor, a job for which he is not at all qualified. Of course, the farce is embroiderd around his extravagant speeches and acts when different people come in the pharmacy. We notice the importance of the french vocabulary.
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 2002
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Michèle Nicolas
La pharmacie et l'art. Ombres et couleurs ottomanes
In: Revue d'histoire de la pharmacie, 90e année, N. 335, 2002. pp. 379-386.
Résumé
Karagöz est à la fois le nom du théâtre d'ombres turc et celui du héros principal : il signifie « Oeil noir ». Autrefois, ce théâtre était
de toutes les grandes occasions et festivités : naissances, circoncisions, mariages, veillées d'hiver, mois du Ramadan. La taille
des figurines colorées se situe généralement dans les 25/35 cm. Les sketches s'inspirent surtout de la vie quotidienne de la
capitale Istanbul et des grandes villes anatoliennes. Dans la pièce qui nous intéresse ici, Karagöz est à la fois pharmacien et
médecin, métier pour lequel il n'a pas été préparé ! Il officie de façon fort originale et les conseils qu'il donne aux clients sont des
plus extravagants ! Nous noterons l'importance du vocabulaire français.
Abstract
Pharmacy and Art. Turkish's shadows and colors.
Karagöz is the name of the turkish shadow theater and in the same time the name of the principal hero : it means « black eye ».
This burlesque show was performed on great occasions, such as births, circumcisions, weddings, and also during the winter
evenings and the month of Ramadan. The size of puppets, in camel hide, is generally 25/35 cm. Sketches are inspired by daily
life in big anatolian cities and in Istanbul. In this play, Karagöz is both pharmacist and doctor, a job for which he is not at all
qualified. Of course, the farce is embroiderd around his extravagant speeches and acts when different people come in the
pharmacy. We notice the importance of the french vocabulary.
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Nicolas Michèle. La pharmacie et l'art. Ombres et couleurs ottomanes. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 90e année, N. 335,
2002. pp. 379-386.
doi : 10.3406/pharm.2002.5394
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_2002_num_90_335_5394379
La pharmacie et l'art
L
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Ombres et couleurs C
ir
R
N ottomanes
w
par Michèle Nicolas *
Le Théâtre d'ombres turc est appelé du nom de son héros principal
Karagôz, littéralement « il noir ». Ce
spectacle burlesque, bravant les
contraintes par son esprit satirique et parfois
tragique, enchanta petits et grands pendant plu
sieurs siècles. Les montreurs se produi
saient surtout lors des fêtes religieuses,
pendant le mois de Ramadan, pour
les circoncisions, les mariages et
les veillées d'hiver.
Dans ce répertoire de farces quel
quefois bruyantes s'opposent les deux
personnages principaux : Karagôz
(avec son franc parler, malin et ingé
nieux) et Hacivat (faux érudit maniéré,
flatteur, calculateur, qui s'exprime dans une
langue fleurie, truffée de mots savants).
- £ ^F t ^W
I I / V I Karagôz
s
Communication présentée au 35e Congrès international d'histoire de la pharmacie, à Luceme (septembre 2001)
* 93-95 avenue du Général-Leclerc, 75014 Paris
REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE, L, N° 335, 3eTRTM. 2002, 379-386. REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE 380
Autour d'eux une kyrielle de comparses, aux traits caractéristiques et
caricaturés à l'extrême : le fils à papa bourreau des curs ; l'opiomane avec
sa pipe ; le nain un peu simplet ; l'ivrogne, fier à bras et justicier bouffon ;
le brave, défenseur des opprimés et des malheureux ; le voyou, à la
démarche chaloupée ; et des femmes, généralement bavardes et querel
leuses. Sont également représentées les diverses ethnies et minorités étran
gères qui peuplaient le vaste Empire ottoman. À chaque personnage corres
pondent une nationalité et une profession bien précises, et les traits de carac
tères tellement colportés dans l'opinion publique qu'ils en sont devenus
presque légendaires.
Coll. M. Nicolas
C'est une succession de quiproquos, exagérations, calembours, grosses
plaisanteries et expressions à double sens. Le texte est ouvert à l'improvisat
ion. Le montreur peut donc enjoliver le canevas traditionnel selon sa fantais
ie, son imagination et l'actualité du moment.
Les figurines sont découpées dans de la peau de chameau rendue trans
lucide par lavage, grattage, polissage et recouverte ensuite de teintures végét
ales. Le montreur, qui est en même temps imitateur, chanteur et bruiteur, les
manipule à l'aide de baguettes horizontales enfoncées dans des trous de fixa
tion. L'écran est un rectangle de toile blanche sur lequel la lumière d'une
lampe reporte les ombres des silhouettes colorées.
Il existe une soixantaine de pièces environ. La plupart d'entre elles, inspi
rées de la vie quotidienne de la capitale et des villes d' Anatolie, décrivent les
murs et coutumes, les métiers et les préoccupations de l'époque. Quelques-
unes reprennent les thèmes des contes et légendes.
Au XIXe siècle, Karagôz devient le héros du bassin méditerranéen dans les
pays musulmans.
Ce théâtre apparaît dans les notes de voyages des auteurs occidentaux,
généralement frappés par la verve - et quelquefois l'immoralité - du spect
acle. Jean Thévenot (en 1656), Gérard de Nerval (en 1843), Théophile
Gautier (en 1854), Pierre Loti (en 1879), Charles d'Agostino (en 1911)
avaient été impressionnés par les spectacles auxquels ils avaient assisté. s
ET COULEURS OTTOMANES 381 OMBRES
La pièce La Pharmacie (Eczane) a été présentée le 21 août 1903 par le
Maître d'Ombres HayaU Memduh. Elle est également intitulée Karagôz
médecin, celui-ci tenant à la fois le rôle du pharmacien et celui du médecin.
En effet, pendant la période ottomane, l'officine était à la fois pharmacie et
cabinet de consultation où le médecin recevait les patients dans la boutique
ou à l'étage, pratique qui sera abolie officiellement en 1928. C'est également
à l'officine que se faisait le contrôle des produits alimentaires demandé par
la municipalité.
Pharmaciens et médecins étaient le plus souvent d'origine étrangère, ou
bien appartenaient aux minorités chrétienne (arméniens, grecs) et juive de
l'Empire ottoman. Aussi Karagôz s'invente-t-il un patronyme arménien en
-yan : Monsieur Shebboyan (sebboy = giroflée), Monsieur Kïrlangiçyan
(kïrlangiç = hirondelle), ou encore Monsieur Parisyan (= de Paris).
La pharmacie turque était très influencée par la science pharmaceutique
française :
- nombre de pharmaciens étrangers avaient étudié à Paris ;
- l'enseignement était dispensé en français dans les Écoles de phar
macie, notamment à l'École impériale militaire de médecine et de
macie ;
- la fameuse Revue médico-pharmaceutique était également rédigée dans
cette langue ;
- les étiquettes, les noms des produits, les ordonnances étaient rédigées
en français ;
- on se référait à la Pharmacopée française et au Dorvault. .
À ce propos, un court passage :
, Hacivat ; - Moi, j'ai commencé par apprendre par cur tout ce qui a trait à la
[ médecine. Et pour ce qui est du français* j*ai commencé par le b-a-ba.
; Karagôz : - Comment, c*eM lôut î Woà Je tuii allé jusqw à Paris, mon vieux.
Hacivat t - Alors te m Mî * Jlp»^^^-; y.; -%
Karagôz t - Tout jwâte. ".-.'*:* V^f^Sï^:^^":
diplômé./** ;%\f*-: r*!*; '/:¦ " -* Hacivat : - Tu es donc "*ïf v". .'*;: ". \
Karagôz : - Tout à fait, et tout ce tp'l y a de plus diplomatique, et par
débrouillardise. *.--
Karagôz clame bien haut que son officine, bien que modeste en dimension
puisque « grande comme la paume de la main », est renommée et que
« un homme intelligent devient pharmacien en deux ans » ce qui, d'après ses
propos, semblerait être son cas. 382 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
Hacivat l'interroge et lui dispense quelques conseils pratiques avant l'ouverture
de l'officine : - Quand un client se présente, tu l'interroges sur ce qu'il ressent,
puis tu prends son pouls. Si le cur bat vite, cela signifie que la température est
anormalement élevée.
Que fais-tu alors ? .. -,-..
Karagôz : - Je réduis les braises et je ferme le couvercle du poêle.
Hacivat : - Cesse de dire des bêtises. Tu prends la main du patient dans la tien
ne et tu cherches le pouls. Parfois il bat fort, parfois il bat faiblement. Tiens,
tends-moi ta main [. . .] Mon Dieu, il bat d'une façon très saccadée.
Karagôz : - Eh là, est-ce que j'ai un télépaphe dans le bras ?
Entre les deux héros principaux, c'est une joute oratoire où chacun veut épat
er l'autre. Hacivat utilise un langage fleuri de mots arabes et persans auquel
Karagôz ne comprend rien. Par exemple, pour un mal de dents : vecâ-i dendân,
pour des rhumatismes : rih-i tayyâr.
C'est aussi l'occasion de jeux de mots amusants . Par exemple, en français :
entre salep (salep) et alopécie (alopesi), entre acide phénique (asitfenik) et scé-
nique (senik), entre acide carbonique (asit karbonik) et harmonique (armonik) ;
et en turc : entre nabïz, « le pouls », et kabïz, « constipé » ; iskarlatin, « scar
latine », et mantin, « étoffe de soie » ; kinin « quinine », et miskin, « galeux »,
etc.
Hacivat : - Dans cette bouteille bleue, il y a du sulfate de quinine, et dans celle-
là une solution d'acide carbonique.
Karagôz : - Harmonique ! Qu'est-ce qu'il peut bien avoir de si harmonique là-
dedans ? Tout ça va bien distraire les malades ! \
Hacivat : - Regarde, voici de F acide phénique.
Karagôz : - De mieux en mieux, voilà du scénique maintenant ï
Les deux compères conseillent allègrement la clientèle :
- contre les douleurs : antimoine + jaune d'uf + alcool à brûler ;
- pour les troubles de la vision : une bouteille de cognac ;
- en cas de calculs biliaires : poser 5 à 10 sangsues près du foie ;
- sur les plaies : apposer des escargots écrasés ;
- sur les engelures, crevasses et irritations : du henné ;
- pour les parasites de l'intestin : une tasse d'alcool à jeun le matin.
Ils affichent avec ostentation leur connaissance de la langue fransez :
- pour les formes médicamenteuses : ampul, bol, enjeksiyon, granul ou granule,
ïksir, kapsiil, kase, losyon, pastil, pomad, siringa (seringue), solusyon, tablet ; OMBRES ET COULEURS OTTOMANES 383
- pour les produits chimiques : antimon, oksit ou oksid dantimon, asit ou
asidfenik, asit ou asid karbonik, klorat ou kilorat do potas, suif at dô kinin,
toksik vejeto, toksik minero ;
- pour les affections et maladies : alerji, anjin dô puvatrin, astim (asth
me), bronsit, difteii, ekzema ou ekzama, flebit, fistiil, gastrit, gaz, grip, guatr,
iskarlatin, kangren, kalkul biliyer, kanser, kanser dô lestoma, kolera, kolit,
koriza, kramp, lombago, maladdi dô kôr, manapoz, nefrit, prostat, romatizma,
spasm, siroz dôfuva, siyatik, tansiyon, tifo, varikosel, varis, iilser.
Vont se succéder derrière la toile blanche - en cinq courtes scènes - plu
sieurs personnages :
- le galant Çelebi et sa fiancée (Zenne), pétris de snobisme occidental,
qui entrent et saluent élégamment d'un « Bonsuvar Môsyô le médecin-
pharmacien Karagôz ». Ce dernier est en train de préparer une thériaque
pour le moins étonnante... et détonnante, puisqu'il écrase soigneusement
dans un mortier du chlorate de potasse, un produit explosif. La dame, de
santé fragile, se plaint d'évanouissements répétés. Karagôz, afin de faire un
diagnostic plus sûr, lui parle de « consulter » (en turc vizit ou vizita etmek
signifie « avoir des relations intimes ») et il se vante des nombreux
diplômes qu'il a obtenus (en turc le mot diplom et le verbe diplemek signi
fient également « avoir des relations intimes »), d'où l'affolement de la
dame et de son fiancé, et bien entendu les jeux de mots et les quiproquos
qui s'en suivent...
Scène de l'officine. 384 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
On assiste alors à des joutes oratoires où fuse une série d' expressions fran
çaises retransmises phonétiquement. Le galant pense que sa fiancée a une
grave « maladi dô kôr ». Quant à lui, ce serait plutôt une anjin dô puvatrin,
une siroz dô fuva, un kalkiil biliyer, ou peut-être un kanser dô lestomat.
Quand la dame avoue « avoir de la fièvre trois fois par jour au moins » et le
monsieur « se consumer toute une nuit », Karagôz leur conseille « d'arroser
le tout pour que l'incendie s'éteigne » (scène 2) ;
- l'Européen ou Levantin (Frenk), surnommé « le Français d'eau
douce », parce que cette société levantine avait coutume de se rendre aux
eaux douces d'Asie, un lieu arboré au bord d'une rivière, pour pique-niquer
et se détendre. Il entre en scène accompagné d'un air d'opéra et s'exprime
dans un mélange curieux d'italien et de français pour expliquer qu'il est
atteint d'« una malady a » :
Le client : - « bone sera sinyora, parolata in italyano ? »
Le pharmacien : * « vapini iyo ton kapisko turko » (=* « va bene io non capisco
' *" * * .*\\;"W. ;/;>*,-»- - *. iltureo»), ,
Le client : - « ay parle vu la langfranse » ( = « parlez-vous la langue française »)
Le pharmacien ; » « viy môsyô, je parle boku mu yô ko vu » ( = « oui monsieur,
je parle beaucoup mieux que vous ») (scène 4) ;
- des voisins et un vieux monsieur atteints de koriza, sont stupéfaits du
diagnostic de Karagôz qui leur parle de esek nezlesi, c'est-à-dire « un rhume
d'âne », alors qu'ils sont des êtres humains ;
- un client se plaint de ballonnements, après avoir sans doute abusé de
haricots grains en salade (hors-d' uvre très apprécié en Turquie) : Karagôz
étant donné le vacarme, compare son ventre a un çingene dugunti, c'est-à-dire
« un mariage de gitans » ;
- le voyou du quartier (Kulhanbeyi) vient demander conseil parce qu'il a
de la fièvre : en turc a tes signifie à la fois « fièvre » et « feu ». Ici, c'est un
jeu de mot et un clin d'il à l'activité de ce personnage surnommé « le sieur
de la cendre » : en effet, quand les mauvais garçons du quartier se conduis
aient mal et faisaient du tort à autrui, pour les punir et leur donner une
leçon, on les obligeait à vider les cendres du hammam, ce qui était un travail
fort pénible ;
- l'ivrogne se réjouit à la vue des nombreux flacons mais ne comprend
goutte au libellé des étiquettes.
Le décor - ou les éléments du décor - peut varier dans les détails selon
l'imagination et le savoir-faire du montreur dans l'élaboration de cet élément. ET COULEURS OTTOMANES 385 OMBRES
On connaît deux beaux décors pour la pièce
La Pharmacie :
1) un comptoir orné de deux étagères
de pots ;
2) Karagôz et Hacivat en train de
préparer une thériaque au-dessus
d'un grand feu, avec de chaque côté
des personnages très attentifs à leur *
besogne.
L'apothicairerie.
Bibliographie
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D' Agosttno, « Karagheuz », in Mercure de France, n° 48, Paris, 1938.
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C. Kudret, Karagôz, 3 volumes, Istanbul, Bilgi Yayïnevi, 1968, 1969, 1970.
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Hambourg, 1987.
M. Nicolas, « Karagôz : le théâtre d'ombre turc d'hier à aujourd'hui. Aperçu historique », in
Quaderni di StudiArabi, 5-6, Venise, Casa Editrice Armena, 1988.
H. Rttter, Karagôz tiirkische Schattenspiele, 3 volumes, Hanovre 1923, Istanbul 1941,
Wiesbaden 1953.
S. E. Styavusgil, Karagôz : son histoire, ses personnages, son esprit mystique, Istanbul, Maarif
matbaasï, 1977.
J. Thévenot, Voyage du Levant, Paris, Maspero [Coll. FM/La découverte], 2 volumes,
1980. 386 REVUE D'HISTOIRE DE LA PHARMACIE
RÉSUMÉ
La pharmacie et l'art. Ombres et couleurs ottomanes - Karagôz est à la fois le nom du théâtre
d'ombres turc et celui du héros principal : il signifie « il noir ». Autrefois, ce théâtre était de toutes
les grandes occasions et festivités : naissances, circoncisions, mariages, veillées d'hiver, mois du
Ramadan. La taille des figurines colorées se situe généralement dans les 25/35 cm. Les sketches
s'inspirent surtout de la vie quotidienne de la capitale Istanbul et des grandes villes anatoliennes.
Dans la pièce qui nous intéresse ici, Karagôz est à la fois pharmacien et médecin, métier pour
lequel il n'a pas été préparé ! Il officie de façon fort originale et les conseils qu'il donne aux clients
sont des plus extravagants ! Nous noterons l'importance du vocabulaire français.
Summary
Pharmacy and Art. Turkish's shadows and colors - Karagôz is the name of the turkish shadow
theater and in the same time the name of the principal hero : it means « black eye ». This burlesque
show was performed on great occasions, such as births, circumcisions, weddings, and also during
the winter evenings and the month of Ramadan. The size of puppets, in camel hide, is generally
25/35 cm. Sketches are inspired by daily life in big anatolian cities and in Istanbul. In this play,
Karagôz is both pharmacist and doctor, a job for which he is not at all qualified. Of course, the farce
is embroiderd around his extravagant speeches and acts when different people come in the phar
macy. We notice the importance of the french vocabulary.
Mots-clés
Théâtre d'ombres, Karagôz, silhouettes colorées, satire, quiproquos, officine, vocabulaire français.

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