Chypre et Lyon 1964-1994. Coopération en archéologie : Bilan et perspectives - article ; n°1 ; vol.25, pg 15-28

De
Travaux de la Maison de l'Orient méditerranéen - Année 1996 - Volume 25 - Numéro 1 - Pages 15-28
Archaeological research cooperation between Cyprus and Lyon was established 30 years ago by V. Karageorghis and J. Pouilloux. This was accomplished in two phases. From 1964 until the war in 1974, French from the Courby Institute and Cypriot archaeologists collaborated on excavations carried out at Salamis in order to clarify certain aspects of that city, which was often the metropolis of Cyprus for over 17 centuries (11th century BC - 8th century AD). The period 1974-1994 witnessed the development of new French programs – excavations at Amathus, Khirokitia, Kition-Bamboula, and ethno-archaeological studies (pottery workshops, traditional villages...) – under the auspices of the Maison de l'Orient’s Center of Cypriot Archaeology at the Courby Institute, ER 17-CRA (CNRS), GREMMO (CNRS), in collaboration with the French Archaeological School at Athens and the Department of Oriental Antiquities of the Louvre, as well as with the programs of the Department of Antiquities of Cyprus.
During this period, research work (theses) on the archaeology and history of Cyprus was sent to the University of Lyon 2, by both Cyprus and Lyon researchers. With the founding of the new University of Cyprus, we are entering into a new phase of scientific cooperation, which will take its place in a wide international arena.
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 28 décembre 2011
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Madame Marguerite Yon
Chypre et Lyon 1964-1994. Coopération en archéologie : Bilan
et perspectives
In: Chypre hier et aujourd’hui entre Orient et Occident. Actes du colloque tenu à Nicosie, 1994, Université de Chypre
et Université Lumière Lyon 2. Lyon : Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, 1996. pp. 15-28.
(Travaux de la Maison de l'Orient méditerranéen)
Abstract
Archaeological research cooperation between Cyprus and Lyon was established 30 years ago by V. Karageorghis and J.
Pouilloux. This was accomplished in two phases. From 1964 until the war in 1974, French from the Courby Institute and Cypriot
archaeologists collaborated on excavations carried out at Salamis in order to clarify certain aspects of that city, which was often
the metropolis of Cyprus for over 17 centuries (11th century BC - 8th century AD). The period 1974-1994 witnessed the
development of new French programs – excavations at Amathus, Khirokitia, Kition-Bamboula, and ethno-archaeological studies
(pottery workshops, traditional villages...) – under the auspices of the Maison de l'Orient’s Center of Cypriot Archaeology at the
Courby Institute, ER 17-CRA (CNRS), GREMMO (CNRS), in collaboration with the French Archaeological School at Athens and
the Department of Oriental Antiquities of the Louvre, as well as with the programs of the Department of Antiquities of Cyprus.
During this period, research work (theses) on the archaeology and history of Cyprus was sent to the University of Lyon 2, by both
Cyprus and Lyon researchers. With the founding of the new University of Cyprus, we are entering into a new phase of scientific
cooperation, which will take its place in a wide international arena.
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Yon Marguerite. Chypre et Lyon 1964-1994. Coopération en archéologie : Bilan et perspectives. In: Chypre hier et aujourd’hui
entre Orient et Occident. Actes du colloque tenu à Nicosie, 1994, Université de Chypre et Université Lumière Lyon 2. Lyon :
Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, 1996. pp. 15-28. (Travaux de la Maison de l'Orient méditerranéen)
http://www.persee.fr/web/ouvrages/home/prescript/article/mom_1274-6525_1996_act_25_1_1813Chypre hier et aujourd'hui
TMO 25, Lyon 1996
CHYPRE ET LYON 1964-1994
Coopération en archéologie. Bilan et Perspectives
Marguerite YON
ABSTRACT
Archaeological research cooperation between Cyprus and Lyon was established 30
years ago by V. Karageorghis and J. Pouilloux. This was accomplished in two phases.
From 1964 until the war in 1974, French from the Courby Institute and Cypriot
archeologists collaborated on excavations carried out at Salamis in order to clarify
certain aspects of that city, which was often the metropolis of Cyprus for over 17
centuries (11th century BC - 8th century AD). The period 1974-1994 witnessed the
development of new French programs - excavations at Amathus, Khirokitia, Kition-
Bamboula, and ethno- archaeological studies (pottery workshops, traditional
villages...) - under the auspices of the Maison de l'Orient1 s Center of Cypriot
Archaeology at the Courby Institute, ER 17-CRA (CNRS), GREMMO (CNRS), in
collaboration with the French Archaeological School at Athens and the Department of
Oriental Antiquities of the Louvre, as well as with the programs of the of
Antiquities of Cyprus.
During this period, research work (theses) on the archaeology and history of
Cyprus was sent to the University of Lyon 2, by both Cyprus and Lyon researchers.
With the founding of the new University of Cyprus, we are entering into a new phase
of scientific cooperation, which will take its place in a wide international arena.
Depuis longtemps, des équipes archéologiques de la Maison de l'Orient (CNRS-
Université Lumière-Lyon 2) poursuivent des programmes de recherche en histoire,
archéologie et ethnoarchéologie de Chypre. La coopération scientifique avec Chypre existe
depuis 30 ans cette année, sous des noms divers, et à travers des vicissitudes
administratives qui n'ont pas modifié l'essentiel de son esprit. Elle s'est développée en
particulier dans le Centre d'Archéologie Chypriote rattaché à l'Institut F. -Courby, et
bénéficie d'une collaboration régulière avec le Département des Antiquités Orientales qui
abrite les antiquités chypriotes du Musée du Louvre.
Rappel historique
La longue coopération archéologique chypro-lyonnaise de ces trente dernières années
comporte deux phases, dont le tournant est marqué par l'invasion qui en 1974 a abouti à
la partition de l'île, et à l'occupation de la partie nord ; mais cette rupture n'a pas
interrompu les liens qui la constituaient. L'essentiel des résultats des travaux de terrain a :
16 M. YON
été signalé avec ceux des autres travaux français dans le volume Kinyras, que nous avons
publié en 1993 aux éditions de la Maison de l'Orient, avec le soutien financier de la
Fondation A. G. Leventis l.
Phase 1964-1974 : Institut Fernand-Courby
La première phase commence en 1964. Cette année-là le Directeur des Antiquités de
Chypre, Vassos Karageorghis, proposa à Jean Pouilloux, professeur de langue et
d'épigraphie grecques à l'Université de Lyon, de reprendre, au nom de l'Institut F.-Courby,
l'exploration du grand site urbain antique de Salamine, situé sur la côte orientale de l'île à
10 km au nord de Famagouste (Fig. 1). Le projet, fondé sur le principe de la coopération
scientifique entre Français et Chypriotes, était soutenu financièrement par le Ministère
français des Affaires Étrangères (Commission consultative des Fouilles et recherches
archéologiques à l'Étranger). Après une mission exploratoire en 1964 avec Jean Jehasse,
Jean Pouilloux entreprit une première campagne en 1965 avec la co-direction scientifique
de Georges Roux ; puis j'ai pris la responsabilité de la mission en 1972.
On sait que Salamine, dont la vie s'étend sur plus d'un millénaire et demi
(approximativement du XIe s. av. J.-C. au VIIe s. après), a été longtemps la métropole de
l'île dans l'antiquité, et elle a tenu une place de premier plan dans l'histoire telle que nous
la rapportent les historiens anciens de la tradition classique 2. Mais le site était immense :
l'agglomération urbaine s'étendait sur plusieurs kilomètres le long de la côte, et dans la
plaine à l'ouest derrière la ville se trouvaient les nécropoles (Fig. 2).
L'étude historique de la ville et du royaume a été entreprise selon un partage
géographique des zones à explorer : le Département des Antiquités de Chypre assurait la
fouille de la nécropole (celle qui a fourni en particulier les grandes tombes royales de
l'époque archaïque (= ca VIII-VIIe s.) 3 ; il fouillait également les spectaculaires monuments
romains situés au nord de l'agglomération antique : gymnase, théâtre, stade, etc. Quant à
lui, l'Institut F.-Courby de l'Université de Lyon avait à sa charge la fouille de la ville elle-
même, c'est-à-dire un espace de plusieurs kilomètres carrés, situé dans la forêt de pins et
de mimosas le long de la mer. C'est là que nous avons travaillé 10 ans.
Dans ces projets, V. Karageorghis et J. Pouilloux voyaient aussi la possibilité de
faire de Salamine un centre de formation archéologique international. Pour sa part, le
Département des Antiquités de Chypre a pendant plusieurs années organisé à Salamine
des stages où sont passés de nombreux archéologues de toutes nationalités, dont certains
par la suite sont revenus à Chypre comme directeurs de missions archéologiques. Du côté
français, la mission de formation a été assurée sous une forme un peu différente, avec des
stages individuels grâce à l'immersion dans une équipe archéologique en activité : la
mission française a ainsi vu passer comme stagiaires de nombreux étudiants (français,
mais aussi anglais, belges, grecs, libanais, etc.), dont plusieurs ont ensuite eux aussi pris
des responsabilités d'enseignement et de recherche dans des universités françaises et
étrangères.
Kinyras, L'archéologie française à Chypre I French Archaeology in Cyprus, TMO 22, Lyon
1993. 254 pages, édition bilingue [français / anglais] .
Les témoignages de la littérature antique ont été rassemblés dans le volume Salamine X :
Testimonia 1 (voir note 9), paru en 1978. Pour un bilan des fouilles françaises à
(avec bibliographie de la mission), voir M. Yon, in Kinyras 1993 (ici note 1), p. 139-158, et
G. Roux, ibid., p. 195-204.
Publié V. Karageorghis, Excavations in the Necropolis of Salamis, I-IV, Nicosie 1967-1978 ;
cf. du même auteur, Salamis, Londres 1976. CHYPRE-LYON 1964-1994 17
Sur le site de la ville de Salamine, la mission française a commencé à mettre au jour
quelques aspects de ce qui a été une capitale pendant plus de quinze siècles. Les plus
anciens témoignages découverts antérieurement sur le site, notamment par une mission
anglaise en 1890, ne remontaient guère avant le IXe ou le VIIIe s. av. J.-C, malgré les
traditions littéraires qui en rattachaient les origines à la Guerre de Troie - Salamine étant
réputée avoir été fondée à Chypre par le héros Teucros, fils de Télamon et frère d'Ajax. Or,
dès la campagne de 1965, un sondage dans la ville, et surtout la découverte d'une riche
tombe (dite Tombe I) 4, ont attesté la réalité de l'existence de la ville au moins dès le
XIe s., remontant ainsi de près de trois siècles l'histoire du site telle qu'on la connaissait
jusque-là.
Les ascendances grecques affirmées par la tradition littéraire apparaissent
clairement dans le mobilier qui accompagne les défunts ; mais on y voit aussi, étroitement
mêlée, la marque des traditions du Levant. C'est ce qui transparaît, dans la Tombe I par
exemple, à travers les formes ou les décors de la céramique sortant d'ateliers locaux qui
caractérise cette période. Les amphores, les calathos, les coupes à pied, dérivent des
traditions de la céramique mycénienne, de même que les principes de l'organisation
décorative. En revanche, les formes de gourdes, de bouteilles, de jarres commerciales, de
même que certains éléments du décor, trahissent une indéniable parenté orientale. L'art
nouveau de la céramique qui tient étroitement à ses origines diverses est symbolisé par le
motif du bouquetin en silhouette sombre peint sur un calathos : il est parent à la fois des
traditions techniques et iconographiques de la céramique de Syrie et de celles de Crète à la
même époque. C'est ce qu'indique aussi l'ensemble des bijoux d'or, où le médaillon solaire,
oriental, voisine avec les rosettes de la tradition grecque, occidentale. Cette parenté
multiple est précisément ce par quoi se constitue alors une nouvelle culture originale
chypriote.
La suite des fouilles de Salamine illustre clairement cette richesse culturelle.
Salamine est de toutes les cités de Chypre celle qui est le plus marquée par ses liens avec
le monde grec, et en particulier avec Athènes 5 à qui la relie une parenté mythique (c'est ce
que répètent les poètes et les historiens antiques) ; la marque grecque sur la ville est
évidente en particulier à la fin de l'archaïsme et tout au long de l'époque classique : la
fouille a livré des objets importés de Grèce, voire d'Athènes même, ou fabriqués à Salamine
par des artistes élevés à l'école des sculpteurs grecs.
Mais le lien le plus fort avec Athènes est attesté par les textes. Le roi Évagoras de
Salamine, à qui Isocrate consacre un discours, était citoyen athénien et ami de Conon
d'Athènes ; et sa statue a figuré pendant plusieurs siècles sur l'agora d'Athènes, entre celle
de Conon et celle de son fils : le visiteur pouvait encore les voir à l'époque de Pausanias 6.
La ville reste encore à fouiller, et l'on n'a pas encore pu reconnaître les niveaux
d'époque géométrique, archaïque et classique (du Xe au IVe s.), même si les résultats de
sondages et la découverte d'objets significatifs attestent l'existence d'une occupation de ces
périodes. En revanche, on a exploré plusieurs monuments importants des époques
suivantes.
4. Salamine II (voir note 9).
5. Voir dans ce colloque la communication de E. Raptou, p. 56-58.
6. Cf. M. Yon, Salamine X, Testimonia 1, n° 249 (Démosthène, XII, 10) ; n° 250 (Pausanias,
1,3,2). 18 M. YON
Pour l'époque hellénistique et romaine, le plus notable est le « temple de Zeus » 7,
dont les auteurs anciens (Tacite, Ammien Marcellin) disent que c'était l'un des trois
temples majeurs de l'île à l'époque romaine bénéficiant du droit d'asile. Consacré au culte
de Zeus, il abritait aussi celui des empereurs, ainsi que l'attestent plusieurs inscriptions,
et la fouille a permis d'y retrouver la tête d'une statue en bronze de l'empereur Claude.
A l'époque byzantine Salamine, qui a été re-fondée à partir du IVe s. sous le nom de
« Constantia », est le siège de la puissante église autocéphale de Chypre. Le monumental
ensemble basilical de la Campanopetra 8, fouillé par la mission française (voir Fig. 2),
témoigne de cette période de splendeur, avec ses deux atriums et sa vaste cour pour
accueillir les pèlerinages, et les restes d'un riche décor de marbre et de mosaïques dans la
basilique et les bâtiments annexes.
Les événements de 1974 ont interrompu le progrès de cette entreprise sur le terrain.
Mais les acquis scientifiques de 10 années d'activités continues à Salamine étaient déjà
considérables, et il reste encore à faire pour en exploiter tous les aspects.
De nombreux articles et rapports ont paru dans des revues ou volumes collectifs. Un
colloque international CNRS, tenu à Lyon en 1978, avait été consacré au bilan des travaux
récents sur le site 9. Le programme de publication dans la série Salamine de Chypre du
Centre d'Archéologie chypriote lyonnais se poursuit : de 1969 à ce jour, quatorze volumes
ont paru, dont six depuis l'arrêt des fouilles en 1974 ; un autre est sous presse 10. On
trouvera une bibliographie complète des travaux publiés (à la date de 1993) dans le
volume Kinyras n.
Phase 1974-1994 : Maison de VOrient
Les années 1974-1976 sont des années charnières, pour des raisons très diverses et
sans rapport les unes avec les autres. A Chypre, 1974 est la date cruciale de la partition
de l'île : rien ne sera plus comme avant. A Lyon, 1975 est l'année de la création de la
Maison de l'Orient.
A cette époque les chercheurs français, en accord avec le Département des Antiquités
de Chypre, mettent sur pied trois nouveaux projets de missions archéologiques :
Amathonte, Khirokitia et Kition-Bamboula, qui constituent encore actuellement l'essentiel
des activités archéologiques françaises dans l'île. La Maison de l'Orient se trouve
impliquée à des titres divers dans ces entreprises.
7. G. Argoud, O. Callot, B. Helly, « Le temple de Zeus à Salamine », RDAC 1975, p. 198-204 ;
cf. M. Yon, «Zeus de Salamine», Recherches sur l'Histoire des Religions de l'Antiquité
classique, Paris 1980, p. 85-103.
8. Cf. G. Roux, in Kinyras 1993 (ici note 1), p. 122-141 ; Salamine XV, à paraître (voir note 10).
9. Actes du colloque international CNRS « Salamine de Chypre, histoire et archéologie. Etat des
recherches », Lyon 1978, éd. CNRS, Paris 1980.
10. Salamine de Chypre I-XIV, Diffusion de Boccard, Paris 1969-1994 : I, T. Oziol & J. Pouilloux,
Les lampes, 1969 ; II, M. Yon, La tombe T. I, 1971 ; III, Y. Calvet, Les timbres amphoriques,
1972 ; IV, Anthologie salaminienne, 1973 ; V, M. Yon, Un dépôt de sculptures archaïques,
1974 ; VI, M.-J. Chavane, Les petits objets, 1975 ; VIII, L. Jehasse, La céramique à vernis
noir, 1978 ; IX, C. Diederichs, Céramiques hellénistiques, romaines et byzantines, 1980 ; X,
M.-J. Chavane et M. Yon, Testimonia 1, 1978 ; XI, G. Argoud, O. Callot & B. Helly, Une
résidence byzantine (V« Huilerie »), 1980; XII, T. Monloup, Figurines de terre cuite de
tradition archaïque, 1984 ; XIII, J. Pouilloux, P. Roesch & J. Marcillet-Jaubert, Testimonia
2, Corpus épigraphique , 1987 ; XIV, T. Monloup, Un sanctuaire de la Grande Déesse, 1994.
En préparation : XV, G. Roux, La basilique de la Campanopetra, à paraître.
11. M. Yon, in Kinyras 1993 (ici note 1), p. 155-158. CHYPRE-LYON 1964-1994 19
La Maison de l Orient
L'existence de la Maison de l'Orient, qui rassemble des équipes et instituts de
recherche, est fondée sur un accord entre l'Université Lumière-Lyon 2 et le CNRS. Là
encore on retrouve le nom de Jean Pouilloux son fondateur : il en a eu l'idée, et il a mené la
réalisation à son terme. Dès son origine la Maison de l'Orient est fortement liée à Chypre.
Dans le projet présenté au début des années 70 au Ministère français, la cellule de base
autour de laquelle s'est organisée la fédération des équipes de recherches a été l'Institut
F.-Courby.
On rappellera que les équipes qui constituent la Maison de l'Orient sont des équipes
autonomes, aux spécialités très diverses, et les activités de la Maison de l'Orient
s'adressent à une vaste zone qui s'étend aujourd'hui dans l'espace de l'Espagne au
Bengladesh, et dans le temps des phases géologiques du Quaternaire jusqu'aux périodes
contemporaines ; mais en majorité la Maison de l'Orient s'occupe d'une zone située en
Méditerranée orientale, dans laquelle Chypre occupe une position centrale.
Un des symboles très fort en est l'oiseau chypriote qui a été choisi pour représenter
la Maison de l'Orient, traité de manières diverses selon les artistes : c'est ainsi qu'une
grande sculpture de Denis Morog, dans une version architecturale de béton, orne la façade
du bâtiment universitaire de la Maison de l'Orient, au 7 de la rue Raulin à Lyon (Fig. 3).
Cet oiseau est emprunté au décor d'un vase chypriote du VIIe s. av. J.-C, conservé au
Cyprus Museum de Nicosie. On connaît d'autres vases ornés d'oiseaux de la main du
même peintre 12, en particulier une cruche conservée au musée du Louvre, et une cruche-
tonneau au Musée des Beaux- Arts du Palais Saint-Pierre à Lyon (Fig. 4). Si j'y insiste, ce
n'est pas seulement pour l'anecdote ; mais parce que ce motif est un réel symbole
d'identification.
Missions de fouilles françaises depuis 1974
Dès 1975, l'École Française d'Archéologie d'Athènes mettait en place, sous la
direction de P. Aupert, une nouvelle mission sur le site de l'acropole d'Amathonte ; j'ai pris
part cette année-là à la mise en route du projet archéologique, avec la responsabilité d'un
chantier près du rempart de la ville. A la date de 1994, d'autres participants à la fouille
d'Amathonte exercent des responsabilités au sein de la Maison de l'Orient, soit comme
enseignant à l'Université Lumière-Lyon 2 (M. -F. Boussac : Institut F.-Courby), soit
chercheur au CNRS (M.-C. Hellmann, Bureau d'Architecture Antique).
Depuis ses débuts il y a vingt ans, la mission de l'École Française a poursuivi des
recherches de très grand intérêt, en fouillant notamment le sommet de l'acropole (temple
d'Aphrodite, basilique paléochrétienne), le port (fouille sous-marine), les restes de remparts
au nord et au sud de la ville, les magasins de ce qui était peut-être le palais royal de
l'époque classique, et elle a amassé des quantités considérables de matériel céramique 13.
La Maison de l'Orient a établi des programmes de recherches en collaboration avec l'équipe
d'Amathonte. En particulier, sous l'impulsion de J.-F. Salles (pour Kition) et de F. Alabe
(pour Amathonte), a été mis sur pied un programme d'études de la céramique de Chypre à
l'époque hellénistique 14, appuyé sur des analyses du Laboratoire de Céramologie (ERA 3-
CNRS) de la Maison de l'Orient dirigé par M. Picon. Ce programme actuellement en cours
comporte également une collaboration avec les fouilles chypriotes de Kourion, en accord
12. Cf. notre notice « A propos d'oiseau », La Lettre de la Maison de l'Orient, η ° 3, 1991, p. 6-7.
13. Voir l'état de la question présenté par A. Hermary, in Kinyras 1993 (ici note 1), p. 167-193.
14. Sur cette question, voir récemment J.-F. Salles, Kition-Bamboula IV, Les niveaux
hellénistiques, 1994. 20 M. YON
avec le Directeur des Antiquités, D. Christou, ainsi qu'avec les fouilles polonaises de
Paphos dirigées par W. Dazsewski. Des négociations sont en cours pour établir d'autres
collaborations avec des céramologues spécialistes de régions voisines - Alexandrie et
Egypte ptolémaïque, ou Levant séleucide, par exemple -, afin de replacer ainsi les
traditions culturelles et techniques de l'île dans l'ensemble du monde hellénistique et
romain de Méditerranée orientale.
Il faut mentionner aussi le site de Khirokitia, que fouille depuis 1975 avec un grand
succès la mission dirigée par A. Le Brun. L'équipe est surtout parisienne, c'est pourquoi je
n'en détaillerai pas ici les résultats 15, mais depuis plusieurs années le projet a été
rattaché académiquement en France à l'équipe de préhistoire orientale (ER 17 du CRA) de
la Maison de l'Orient, que dirigeait J. Cauvin.
Fouilles de Kition-Bamboula
Depuis 1976, le Centre d'archéologie chypriote de l'Institut F.-Courby est
responsable de fouilles à Larnaca, dans l'ancienne Kition (Fig. 5), sur le site dit
Bamboula - c'est-à-dire « la colline » en dialecte chypriote. Ce projet fait partie d'un
ensemble d'études d'histoire et d'archéologie en collaboration avec le Département des
Antiquités de Chypre, et il a pris la suite de l'accord qui existait pour le site de Salamine.
Outre de nombreux articles et rapports, un proramme de publication est en cours 16 :
quatre volumes ont paru de 1982 à 1994, d'autres volumes sont en préparation.
La ville antique de Kition, qui fut comme Salamine la capitale d'un des royaumes
chypriotes, est recouverte par la ville moderne de Larnaca. On sait le succès des recherches
qu'a menées V. Karageorghis pendant près de vingt années au nord de la ville (quartier de
Kathari), où il a fouillé à partir de 1959 un ensemble de temples de l'âge du Bronze Récent
(XIIIe s.), puis de l'époque phénicienne (à partir du IXe s. av. J.-C). Mais le travail qui
reste à faire est énorme. Et depuis une vingtaine d'années on se trouve devant une
situation d'urgence.
Comme on le sait, les effets conjugués de l'invasion du nord de l'île en 1974 et de la
guerre du Liban ont eu sur le sud de l'île des conséquences économiques difficiles à évaluer.
En particulier ils ont provoqué à Larnaca, dont la population a connu en une dizaine
d'années une augmentation de 25% et un enrichissement spectaculaire 17, un
développement immobilier sans précédent : et il est évident que des immeubles de 5 ou 6
étages ont besoin de fondations profondes, surtout dans un sol instable comme l'est celui
de Larnaca, où la nappe phréatique est très haute. Ces constructions récentes ne laissent
rien subsister des restes archéologiques dont elles prennent la place.
En 1975, le Directeur des Antiquités nous a proposé de reprendre la fouille du site
de Bamboula qui avait déjà par le passé livré beaucoup de documents et d'informations,
mais qui était alors abandonné. Après avoir dégagé au cours des années 1976-1990 les
15. Pour un état de la question : A. Le Brun, in Kinyras 1993 (ici note 1), p. 55-80.
16. Voir l'état de la et la bibliographie complète : Y. Calvet, in Kinyras 1993 (ici
note 1), p. 107-138 ; cf. M. Yon, Κιτιον. Ανασκαφές στην πόλη και στο λιμάνι (1976-1993),
Bank of Cyprus ed., Nicosie, 1994. Série Kition-Bamboula, éditions ERC, Paris, I-IV, 1982-
1994 : I, Y. Calvet, Les timbres amphoriques, 1982 ; II, J.-F. Salles, Les égouts de la ville
classique, 1983 ; III, M. Yon et A. Caubet, Le sondage LN 13, 1985 ; J.-F. Salles et alii, Les
niveaux hellénistiques, 1994.
17. Sur le développement économique et démographique de la zone sud de Chypre après 1974,
voir dans ce volume la contribution d'E. Kolodny, p. 7-50. CHYPRE-LYON 1964-1994 21
vestiges des sanctuaires des dieux phéniciens Melqart et d'Astarté (IXe-IVe s.), nous avons
commencé en 1988 l'exploration du port de guerre du IVe s. av. J.-C, qui est actuellement
en cours.
Il faut redire que Kition occupe une place à part dans l'histoire de Chypre au Ier
millénaire avant notre ère. Si Salamine se voulait « la plus grecque des villes de Chypre »,
Kition a été pendant plusieurs siècles la capitale d'un royaume phénicien, lié en particulier
à Tyr que l'on considérait comme sa « métropole ». C'est ce que rapportent les auteurs de la
tradition littéraire classique, et les nombreuses inscriptions qu'on y a trouvées depuis deux
siècles montrent que, du VIIIe au IIIe s. avant notre ère, la langue parlée et écrite à Kition
était le phénicien. Cependant lorsqu'ils étaient hors de l'île, les Kitiens se reconnaissaient
comme « Chypro-phéniciens ». On constate en effet qu'ils portaient un double nom : ainsi,
dans une épitaphe trouvée à Rhodes, et écrite en deux langues, le défunt s'appelle en grec
Ηρακλείδης Κιτιεΰς (Héraleidès de Kition), et en phénicien Abd-Melqart (le dieu Melqart
étant l'équivalent de l'Héraklès grec). Les monnaies de Kition ainsi que les documents
épigraphiques font connaître aux Ve et IVe s. des rois aux noms phéniciens : Baalmilk,
Milkyaton, Pumayyaton..., et à la même époque, les inscriptions trouvées à Larnaca-Kition
et dans la région rendent compte de la présence d'une société de langue phénicienne qui
possède les biens et exerce le pouvoir.
Mais ce caractère n'est pas incompatible avec l'appartenance à une culture chypriote
spécifique, qui prend son bien en Grèce, en Egypte, en Phénicie : c'est ainsi que certaines
des représentations qu'on trouve dans les sanctuaires sont proches de celles que l'on trouve
à Tyr (figurines de terre cuite de la déesse tyrienne enceinte), tandis que d'autres sont les
descendantes des traditions locales, d'autres encore franchement de style grec.
On en a un très bon exemple de la diversité de ces caractères culturels au VIe s. avec
des figurines de terre cuite d'un type original : ce sont de petits ex-voto qui reproduisent en
miniature les grands chapiteaux-stèles sculptés dans le calcaire, représentant la déesse de
Chypre sous les traits de la divinité égyptienne Hathor, dont deux avaient été trouvés
précisément à Bamboula au siècle dernier (le site d'Amathonte en a également fourni).
Mais ensuite, au cours de l'époque classique, l'art grec exerce son influence sur toutes les
productions des ateliers de sculpteurs et de coroplastie, à Kition comme dans le reste de la
Méditerranée orientale.
En bref, les inscriptions en phénicien donnent à la déesse le nom d'Astarté, le
schéma de représentation se réfère à l'Egypte, la sculpture présente les canons de l'art
grec... Mais en définitive, le motif et l'utilisation qu'on en fait sont proprement chypriotes :
la divinité est toujours celle que l'on appelle « la Grande déesse de Chypre » (désignée dans
les documents en grec comme Aphrodite, en phénicien comme Astarté).
A l'époque classique, les sanctuaires de Bamboula étaient immédiatement voisins
du port de guerre que nous avons découvert et identifié il y a quelques années, et qui est
l'objet de la fouille actuelle (Fig. 6). On a déjà dégagé en partie les restes de grands
hangars, construits à la fin du Ve s. ou au début du IVe s. et composés de travées
parallèles abritant des rampes en pente vers le bassin du port ; sur ces rampes, on tirait
les trières de la marine royale, pour les faire sécher et les entretenir. Il ne faut pas oublier
que, au témoignage des auteurs anciens (Hérodote, Diodore...), les flottes chypriotes et
phéniciennes jouaient un rôle essentiel dans les conflits qui opposaient Perses et Grecs en
Méditerranée orientale ; et les installations découvertes à Larnaca sont un reste de ces
arsenaux. Dans l'île même, se heurtaient les ambitions territoriales des princes chypriotes,
qui les entraînaient dans une concurrence acharnée et des combats sur terre et sur mer,
dont les textes littéraires classiques et des documents archéologiques gardent la trace ;
une grande inscription en phénicien sur une base de marbre (découverte en 1990) fait
référence à un trophée, érigé dans le port de guerre par le roi Milkyaton de Kition, à la suite 22 M. YON
d'une victoire navale qu'il avait remportée en 392 sur son voisin et ennemi Évagoras, roi de
Salamine, et sur les Paphiens.
Programmes ethno-archéologiques
D'autres projets élaborés à la Maison de l'Orient se sont intéressés à des recherches
de type ethno-archéologique, dont la nécessité est évidente à une époque qui voit dans le
monde méditerranéen un changement total et extraordinairement rapide des habitudes,
des techniques, du genre de vie.
Au cours de nos recherches sur les techniques de céramique dans l'antiquité 18, a été
menée il y a une dizaine d'années une étude sur des ateliers traditionnels, qui
fonctionnaient encore dans certains villages : à Kornos (entre Larnaca et Nicosie), ou à
Phini (pente sud-ouest du Troodos) 19. Encore récemment, des ateliers de femmes (Fig. 10)
y assuraient la production de vases utilitaires : grands pithoi (jarres) à provisions, cruches
pour l'eau, marmites à four pour la cuisine... Elles travaillaient selon les méthodes
anciennes de la poterie montée à la main au colombin, sans tour, utilisant une tournette et
un outillage assez rudimentaire. Cette recherche présentait un grand intérêt à la fois pour
l'étude et l'histoire des techniques, et pour l'analyse du système social que suppose cette
production artisanale.
Plus récemment, en 1990 et 1991, un autre programme a été mené à bien par une
équipe de la Maison de l'Orient (GREMMO-URA 913 du CNRS), sous la direction
d'O. Aurenche, en collaboration avec I. Ionas, alors chercheur au Centre de Recherche
Scientifique de Chypre. Il s'agissait d'étudier, au moment où se produisent des mutations
fondamentales, la transformation d'un village : les chercheurs ont choisi le village
d'Episcopi dans le département de Paphos (Fig. 8). Ils ont analysé avec rigueur le
territoire, l'organisation du village, la répartition des espaces dans les maisons, le
mobilier, avant que la modernisation et la mécanisation unifient les modes de vie en
faisant disparaître les caractères traditionnels 20.
Ces analyses amènent à divers types de réflexions dont on peut donner quelques
exemples. Ainsi, un premier ensemble de remarques concerne les relations entre les zones
de cultures et l'espace villageois. Le stockage des céréales dans les réserves des maisons
contribue à faire revoir la place du village dans son terroir, par l'évaluation de la surface
cultivée nécessaire pour nourrir la population du village. Les observations faites à Episcopi
permettent de donner un ordre de grandeur plausible que l'on peut reporter sur l'antiquité.
Les observations de type architectural permettent aussi d'observer le fonctionnement
d'un habitat traditionnel, à la fois dans l'ensemble villageois et dans les unités
individuelles d'habitation : relation entre espaces couverts et découverts, rôle des
dispositifs liés au feu et à l'eau... L'arrivée de la « modernité », qui se traduit par des
éléments immobiliers (nouveaux plans de maison par exemple) comme par le mobilier,
bouleverse et déstructure un espace villageois où le poids de la tradition est encore
largement perceptible. On peut en quantifier la durée, susceptible de fournir là encore des
échelles de grandeur, par exemple sur le nombre de générations nécessaire pour accepter
18. Pour la rédaction d'un Manuel de céramique chypriote, dont le vol. I de M. Yon est paru en
1976 ; le vol. II, en collaboration avec E. Peltenburg et divers collègues de diverses
nationalités, est en préparation.
19. Voir dossier photographique dans notre Dictionnaire illustré multilingue de la céramique du
Proche Orient ancien, CMO 1 Lyon 1981 : en particulier fig. 161, 283, 354, pi. I. Cf. aussi
notre participation au colloque Chypre, La vie quotidienne de l'antiquité à nos jours (Musée
de l'Homme Paris 1983), éd. Fondation A.G. Leventis, Paris 1985, ρ 103-114.
20. Voir O. Aurenche et alii, in Kinyras 1993 (ici note 1), p. 205-254. CHYPRE-LYON 1964-1994 23
tel ou tel changement. L'étude publiée en 1993 dans Kinyras met bien en évidence que
l'introduction de cette modernité est un paramètre à prendre en compte dans l'évolution
que connaît actuellement cette société.
Participation aux travaux du Département des Antiquités
Enfin, dans divers programmes du des Antiquités, des chercheurs de
la Maison de l'Orient ont souvent été sollicités pour participer selon leur spécialité à des
fouilles ou des publications, en dehors des concessions de fouilles proprement dévolues à la
France : étude des monnaies de la nécropole de Salamine (B. Helly, in Necropolis of
Salamis, II, 1970) ; fouille et publication du sanctuaire rural de St-Barnabé à Salamine
(M. Yon, Salamine V, 1974) ; corpus des lampes du Musée de Chypre (T. Oziol,
VII, 1977) ; petits objets trouvés dans les fouilles d'urgence des tombes d'Amathonte (M.-J.
Chavane, Nécropole d'Amathonte, IV, 1990) ; céramique attique importée à Kition-Kathari
(L. Jehasse, in Excavations at Kition, IV : The non-Cypriote Pottery, 1981) ; architecture
des temples de l'Age du Bronze à Kition-Kathari (O. Callot, in Excavations at Kition, V :
The pre-Phoenician levels, 1985) ; timbres amphoriques, monnaies, lampes,
des niveaux phéniciens de Kition-Kathari (Y. Calvet, O. Callot, T. Oziol, in Excavations at
Kition, VI, à paraître), étude des nécropoles de Kition (M. Yon et O. Callot, RDAC 1987)...
Collaboration avec le Musée du Louvre
Le Département des Antiquités orientales au Musée du Louvre abrite un Centre
d'Études chypriotes auquels participent des chercheurs de la Maison de l'Orient. En
collaboration avec A. Caubet, Conservateur Général qui dirige le Département, et membre
des missions que nous avons menées à Salamine puis à Kition, des projets ont été mis au
point avec la Maison de l'Orient et le Département des Antiquités de Chypre pour étudier
et publier les antiquités chypriotes conservées en France 21. De ce programme relèvent des
travaux déjà publiés : en particulier un volume sur les objets de l'Age du Bronze au
Louvre 22, et la publication des collections des musées de province 23 ; d'autres sont en
cours, notamment des recherches sur les figurines de terre cuite.
Recherches universitaires
Quant à l'aspect proprement universitaire et académique, il faut rappeler que
plusieurs thèses portant sur l'archéologie de Chypre ont été soutenues à l'Université
Lumière-Lyon 2 ces dernières années. Rappelons en particulier : « La Grande Déesse de
Chypre », par J. Karageorghis (soutenue en 1975, publiée en 1977) 24 ; « Les antiquités
chypriotes dans les collections publiques françaises », par A. Decaudin (soutenue en 1983,
21. Sur la constitution de ces collections au XIXe s., voir A. Caubet, in Kinyras 1993 (ici note
1), p. 23-37.
22. A. Caubet, V. Karageorghis & M. Yon, Antiquités de Chypre au Musée du Louvre. Age du
Bronze, Paris 1981.
23. Voir note 25.
24. J. Karageorghis, La Grande Déesse de Chypre et son culte, à travers l'iconographie, de
l'époque néolithique au VIe s. av. J.-C, CMO 5, Lyon 1977.

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