Commission d'étude des Enceintes préhistoriques et Fortifications anhistoriques - article ; n°11 ; vol.7, pg 568-578

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1910 - Volume 7 - Numéro 11 - Pages 568-578
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1910
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Armand Viré
Commission d'étude des Enceintes préhistoriques et
Fortifications anhistoriques
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1910, tome 7, N. 11. pp. 568-578.
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Viré Armand. Commission d'étude des Enceintes préhistoriques et Fortifications anhistoriques. In: Bulletin de la Société
préhistorique française. 1910, tome 7, N. 11. pp. 568-578.
doi : 10.3406/bspf.1910.12063
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1910_num_7_11_12063568 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE
III. — COMMISSION DES ENCEINTES
Commission d'étude
des Enceintes préhistorique»
et Fortifications anliietoriques.
M. Armand Viré, président de la commission, envoie le 42e rap
port.
L'appel au monde touristique, qu'il a publié dans le bulletin d'oc
tobre du Touring club de France en faveur de nos études, a déjà
produit ses fruits et a déterminé l'envoi d'un assez grand nombre de
communications. C'est surtout sur les buttes de terre que s'est portée
l'attention de nos correspondants. Il y a aussi quelques enceintes,
dont une, dans l'Aveyron, pourra peut-être donner lieu à des fouilles
fructueuses.
La confection des fiches se poursuit avec activité, tant de la part
du président que de quelques collaborateurs, MM. Taté, Paul de
Mortillet, Lucien Jacquot, Francis Pérot, Bossavy. Nous espérons
que d'autres collaborateurs voudront bien, eux aussi, dépouiller les
publications de leur région.
— M. E. Baelz, décrivant les dolmens de la Corée (1) qui se ren
contrent par milliers, absolument semblables à ceux d'Europe,
remarque que, quoique la première apparition des Japonais dans ce
pays ne remonte pas à plus de 320 ans, ils y jouent déjà, les
légendes populaires, le rôle des Romains chez nous, auxquels on
attribue volontiers toutes les ruines antiques et mystérieuses. C'est
ainsi qu'on appelle « Camp des Japonais », une certaine construction
analogue à nos « camps de César », « camps d'Attila », etc. — A. G.
— La Berliner Gesellschaft f. Anthropologie a visité, au cours de
son excursion d'été, le Raiiberberg de Phôben (Allemagne), appelé
à disparaître bientôt par l'emploi qu'on fait des terres du rempart,
remplies d'ossements et de tessons slaves, pour l'amendement des
champs voisins. Non loin de là s'en trouvait un autre, à Kaltenhau-
sen, encore plus important, qui est aujourd'hui totalement nivelé.
A. G.
(1)E. Baelz, Dolmen und alte Kônigsgrâber in Korea, Ztschr. f. Ethnol., XLIT,
1910, p. 776-781. PRÉHISTORIQUE DE FRANCE 569 SOCIÉTÉ
— M. le baron du Blaisal nous informe qu'il y a dans ses fermes
de Parenty (Pas-de-Calais), à 3 kil. d'Enquin-lès-Bouillon,des tra
ces de fortifications antiques, dont une butte ronde avec fossés, qui
semble avoir correspondu par souterrain avec l'ancien château de
Thibeauville. L'existence de ce s'est manifestée, il y a
3 ans, par un éboulement, qui malheureusement fut comblé sans
exploration. Souhaitons qu'il soit un jour dégagé et étudié.
Aux environs, il existe encore d'autres buttes, aujourd'hui culti
vées, ainsi que d'autres souterrains.
L'attention de M. le baron du Blaisal étant éveillée sur ce genre
de monuments nous espérons bien recevoir les renseignements com
plémentaires, lorsqu'il retournera sur place.
— M. C. Boulanger, à propos des observations que nous fûmes
amené à faire, d'une part sur le décor annelé (1) des poteries trouvées
par M. E. Foucault, à Saint-Bômer-les-Forges (Orne), d'autrepart sur
le décor estampé à palmettes et rouelles (2) , à propos d'une belle pièce
trouvée par M; J. Pagès-Allary à Chastel-sur-Murat (Cantal), a
eu l'aimable attention de mettre à notre disposition quelques clichés
extraits de l'une des superbes monographies de lui sur l'Aisne et la
Somme que nous avions citées (3).
Les figures 1 et 4, nous montrent d'abord les vases estampés à pal
mettes et rouelles d'Achery-Mayot et Caulaincourt (Aisne), attribués
à l'époque franque, Ve-VIe siècles, c'est-à-dire aux mêmes temps que
les poteries Wisigothiques de MM. J. Déchelette et C. Jullian (4);
puis la figure 3 celui de Barleux (Somme) où se superpose à la zone
estampée une autre de bourrelets en relief {mi-ronds, [qui, plus
tard, subsistera seule, et servira de précurseur à la mode locale du
décor annelé de Saint-Bômer-les-Forges (5) .
Nous sommes très reconnaissants à M. C. Boulanger de l'obl
igeance avec laquelle il nous a permis de donner rétrospectivement
les dessins originaux des documents dont il avait été question au
cours de nos études céramiques. Si les figures 1-4, auxquelles aurait
pu s'ajouter encore une autre d'Herpès (6), à même palmette estam
pées, que le pégau (fig. 2), par leur attribution commune aux Ve-
VIe siècles, établissent comme une moyenne entre les données chro
nologiques méridionales de MM. J. Déchelette et G. Jullian, que M.
Pagès-Allary voudrait, pour Murât, étendre dans les deux sens,
(1) B. S. P. F., t. Vil, 1910, p. 165 et suiv., fig. 3-6.
(2) В. S. P. F., t. VII, p. 57, fig. 8, et p. 275, fig. 2-4.
(3) С. Boulanger, Le mobilier funéraire gallo-romain et franc en Picardie et en
Artois, in-f-, xvii-200 p., 50 pi. en coul.— Saint-Quentin, 1902-5 [v. p. 191].
(4) V. notre étude, B. S. P. F., t, VII, 1910 p. 58, note.
(5) V. B. S. P. F. t. Vil, 1910, p. 215.
(6) Ph. Delamain, Les sépultures barbares d'Herpès (Charente). Bull, et mém.
soc. archéol. et hist, de la Charente, 6« sle, t. 1,1890-1. 570 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE
leur rapprochement avec les figures 5 et 6, et la fig. 3 comme inter
médiaire, montre le remplacement progressif, dans le Nord, du dé-
Fig. 1-6. — Vases publiés par M. C. Boulanger, à Péronne (Somme) :
1, 3, 4, 6, Mob., p. 190-191 . — 2, ld. p. lxxxii. fig. 188. — 5, Bull, archéol. . 1907, pi . IX, fig. 7.
cor estampé par les simples bourrelets, que nous avons vus, dans
l'Orne, envahir la surface tout entière pour donner le décor annelê.
— A. G. SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE 571
— M. A. G. Chater nous envoie la nouvelle édition revisée du pr
ogramme d'inventaire des anciens ouvrages défensifs en terre et en
ceintes fortifiées d'Angleterre : Scheme for Recording ancient de
fensive Earthworks and Fortified Enclosures (pet. 8°, 24 p.). Un grand
nombre de plans, presque tous nouveaux, a rendu plus synoptique
la répartition adoptée par formes, qui laisse expressément de côté la
question d'âge, la plus importante à nos yeux, et qui rapproche des
ouvrages d'origines certainement très diverses, ou en sépare de sem
blables, malgré l'adjonction de deux classes nouvelles aux sept dont
il nous semble inutile de donner toute rénumération, après ce que
nous en avons dit antérieurement, (B.S.P.F., t. VI, 1909, p. 412,
XXXIe Rap).
Mais, tel qu'il est, le nouveau Scheme, débarrassé de ses planches
plièes d'enceintes, à échelle inutilement grande, a pris un aspect dou
blement pratique, par la multiplication des exemples bien choisis,
et par la page qui résume les procédés graphiques de représentation,
tous marqués du caractère de simplicité et de clarté, sinon d'élé
gance, qui distingue le génie anglais.
Sans doute, ce programme multipliera-t-il encore son effet, le jour
où il pourra comme notre questionnaire, dont le cinquième mille
touche à sa fin, être envoyé d'office, gratuitement, à tous les archéo-
gues nationaux connus pour s'intéresser à la question. — A. G.
— M. CoRMERYnous signale à 3 kil. de Baugé (Maine-et-Loire),
dans la Petite forêt de Baugé à 400 m. de la route de Beaugé à Durtal,
une butte de terre ombiliquée, d'environ 30 m. de diam. extérieur et
de 3à 4 m. de hauteur.
— M. J. Damien signale à 1.500 mètres au S. de Bief-du-Fourg
(Jura), lieudit le Chatelet, dans le Val de Nozeroy, une motte de
terre circulaire de 200 m. de diam. et 30 m. de haut, encore entourée
par places d'un retranchement de terre revêtue de pierres non tra
vaillées, dont certaines atteignent 1 m. de haut sur 0m75 de large,
et qui s'élève, par places, de lm50 au-dessus du sol. Les flancs du
monticule sont très escarpés. Au sommet existe une plate-forme
carrée de 2 m. de haut, 25 m. de large, où fut, dit-on, bâti au xme
siècle, un château dont on voit un mur formé de pierres assez régul
ières. Pas dérouilles connues.
La voie romaine de Milan à Strasbourg passe au pied de cette
butte. Aux environs existait une « Pierre qui vire » (1).
A l'entrée du village de Molpré, dans le val deMiège, lieudit Champs
du Château et Champs du Comte, est une butte de terre et pierres
circulaire, à flancs très escarpés, entourée d'un fossé de 5 m. de
(1) Bibliographie. Roussët Dictionn. des communes de la Franche-Comté. Be
sançon, Bintot, 1854, Liv. I. p. 224. Liv, II, p. 36, Lir. IV, p. 242 et 243. Diction
naire de la Gaule. . SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE 572
large, 3 m. de profondeur à ГЕ. et jusqu'à 20 m. à ГО. du côté de la
vallée. Largeur 25 m. Des gens du pays en ont tiré des pierres bien
travaillées pour leurs constructions. Cette butte aurait supporté un
château, dit Château de Bar, au xvie siècle.
— M. L. Gautier nous signale à Ezy(Eure), une butte sans fossé,
posée sur un glacis très large et très uni qu'elle domine d'environ
15 m. et laissant voir à ГЕ. et à l'.O. un horizon de plus de 50 kilo
mètres,
Au sommet, il a été trouvé une grande quantité de cendres et d'os
brisés.
Sera' — M. de Milan, Louis Giraux 9 novembre nous 1910, remet où une M. coupure Giacomo du Boni Corriere donne délia un
plan bien typique du Caslellum romain à'Abusina, qu'on est en train
d'exhumer à Eining (Autriche), sur le Danube. Fondé sous Trajan,
vers l'an 400, à la tête du Limes germanicus (aujourd'hui Миг du
Diable), qui devait bientôt allonger jusqu'au Rhin son murus terreus
défendu par plus de 900 tours; détruit une première fois parles Mar-
comans, à la fin du siècle, puis, en 259, par les Alamans, en 351 par
les Suèves, et abandonné définitivement, vers le milieu du ve siècle,
sous la poussée des Vandales, on a pu en reconstituer toute l'his
toire, grâce à de nombreuses trouvailles, parmi lesquelles se remar
quent, à un autre point de vue, de fréquentes empreintes de pieds
humains ou animaux conservés par les terres cuites.
— M. Emile Lebouc nous signale à Saint-Léger-sur-Sarthe (com
mune du Mêle-sur-Sarthe (Sarthe), à 23 kilomètres d'Alençon, une
butte de terre, sans fossé, de 12 à 15 m. de hauteur, surmontant une
petite plate-forme, dans un pré non loin de l'église, qui domine elle-
même la Sarthe d'une quinzaine de mètres.
La prairie est elle-même entourée de chemins creux, qui semblent
former comme un fossé naturel.
Il existe en outre, autour du Mêle-sur-Sarthe, d'autres ouvrages en
terre.
— M. Jules Lecœur nous parle de toute une série de buttes ou
guettes, en bordure de la Loire, qui paraissent se confondre avec celles
que nous a déjà décrites notre délégué M. J. Moriot (B. S. P. F.,
V, 1908, p. 314 et 435 ; VI, 1909, p. 354. — Rap. 20, 22 et 30). L'une
d'elles se trouve dans la propriété du marquis d'Olliamson, à Craux,
sur la limite de la Nièvre et de l'Allier, près de Gannay-sur-Loire.
Un autre est à Lamenay (Nièvre) et porte un château moderne.
Trois autres se trouvent entre ces deux premières.
M. Lecœur nous promet pour plus tard des renseignements plus
circonstanciés.
— M. le Dr H. Lehner doute si peu de l'existence d'enceintes néo
lithiques, en Allemagne et ailleurs, autrement importantes que PRÉHISTORIQUE DE FRANGE 573 SOCIÉTÉ
celles qu'en Uzès M. Paul Raymond refuse à son ancêtre direct la
capacité d'avoir su faire, qu'un important mémoire de 24 pages gr.
in-4°, avec 6 planches et 8 figures vient d'être consacré, dans la
Pràhistorische Zeitschrift, à l'étude à& Y Art de la Fortification aux
temps néolithiques (1) : étude magistrale qui après avoir pris pour
exemples allemands les récentes fouilles de ' l'enceinte de terre de
Mayen, dans l'Eifel, puis les fortifications de hauteurs du S.-O.,
Baden et Wurtemberg, et l'importante forteresse rhénane A'Urmitz,
en rapproche, avec autant de détails, certaines enceintes fortifiées de
l'Europe Sud-Orientale comme Lengyel en Hongrie, Dimini et
Sesklon en Thessalie.
• Et non seulement cet auteur, qui a su si habilement retrouver,
là où. plus rien ne paraissait sous le sol, aplani par les cultures, la
double ceinture de- fossés et de palissades de Mayen, avec le détail
compliqué de défense des multiples entrées, n'hésite pas — chose
effarante pour M. Paul Raymond ! — à rapprocher les travaux de
terrassements nordiques de la maçonnerie prémycénienne en pierres
sèches ; mais encore ne va-t-ilpas jusqu'à assimiler au fossé creusé
dans la grasse terre de Germanie, le « fossé en relief» artificiellement
créé sur le roc thessalien, par l'intervalle, parfois réduit à un mètre,
des épais remparts échelonnés en sextuple terrasse ! Puis ne constate-
t-il pas que c'est partout, avec des moyens divers, le même mode de
défense qui est recherché pour les entrées, transformées, ici par des
pieux palissades, là par des chicanes de murs, en longs couloirs, en
étroits défilés, où l'assaillant, égrené un à un, se trouvait, sur un long
parcours, exposé, des deux flancs, comme d'en haut, aux projectiles
des lignes compactes de défenseurs ?
Une remarque originale a été faite par M. Lehner sur le nombre
de ces entrées, qu'on s'étonue de trouver le plus considérable just
ement dans les enceintes où sont moindres les traces d'occupation inté
rieure. C'est qu'évidemment ces enceintes-là n'étaient que de simples
refuges temporaires, dont l'accès rapide devait être facilité à gens et
bêtes en cas de danger, tandis que pour les oppida, à vie stable, con
centrée à l'intérieur, un petit nombre de passages bien connus devait
suffire aux mouvements plutôt centrifuges de la population. Si, d'autre
part, on constate toujours un plus grand nombre de passages en tra
vers du second, fossé que de l'extérieur, c'est qu'entre deux s'élevait
le rempart, probablement palissade lui-même, sur la crête duquel
devait se porter toute la mobilité de la première défense.
Enfin M. Lehner nous montre l'outil même avec lequel ont dû
être faits ces énormes enlèvements de terre (40.000 т.е. à Urmitz!)
dont certains auteurs ne veulent pas croire capables les mêmes
(1) Hans Lehner, Das Festungsbau der jiingcren Sleinzeit, Prahist. Ztschr., H,
1910.
SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE. 38 574 S0CIÉ1É PRÉHISTORIQUE DE FRANCE
hommes qui élevèrent, pour leurs morts, les gigantesques tumuli,
dolmens et menhirs de Bretagne. C'est une sorte de pic droit, en
pierre dure, étrangère à la localité, long parfois de 25 cm., large de
6 1/2, épais de 1,6, et appointé à une extrémité, qu'on rencontre
fréquemment à May en et Urmitz. Toutes les autres trouvailles et
leurs circonstances rattachent ces fortifications à la période des
débuts du Néolithique, que caractérisent, pour les Allemands, les
tombes d'Untergrombach (station fortifiée du MichelsbergJ et que le
grand usage de pieux fichés dans les constructions, même terrestres,
a fait appeler aussi Pfahlbaukultur, civilisation palafîttique. Pourquoi
donc, à l'Ouest du Rhin, méconnaîtrait-on les preuves, évidentes ail
leurs, d'un état social néolithique si remarquablement avancé? — A. G.
— M. Ludovic Mazéret voit dans un plateau qui domine l'établi
ssement thermal de Maska, commune de Jegun (Gers), au lieu dit Pey-
relongue l'emplacement d'un camp néolithique. Mais l'absence d'ou
vrages de fortification nous porterait à y voir plutôt un campement
qu'un camp. M. Gantérac y a signalé la trouvaille de silex et de ha
ches polies, de 7 haches en bronze, de tombeaux gaulois, de monn
aies et objets gallo-romains, et une pile romaine en pierres de petit
appareil.
Dans la commune de Cézan, à la cote 200, on remarque un mont
icule circulaire naturel et portant le nom de Lasmurailles. D'après
un habitant du lieu, ce monticule était autrefois entouré de murs
fort épais et en pierre sèche. Tout autour une légère dépression in
diquerait peut-être un chemin de ronde. Nombreuses trouvailles de
silex robenhausiens.
Au lieudit Peyrelade, dolmen disparu dit : Porto de la Biergè
(Porte de la Vierge).
Même commune, lieudit Eusenal, cote 170, pierre à légende de la
Peyre-longue;
Commune de Mérens, lieudit à Lagouarde, camp retranché avec
motte, dont de légers mouvements de terrain indiquent seuls aujour
d'hui l'ancienne existence.
— M. le Dr Oswald Menghin, en une seule saison d'été, dans la
vallée de l'Etsch, a pu ajouter la description de plusieurs enceintes
nouvelles (1) à la liste de 150 castellieri, absolument semblables à nos
castelars de Provence, qui ont déjà été relevés, dans le Tyrol mér
idional, par maints auteurs, compilés en dernier lieu par M. Desi-
derio Reich (2). Sous les noms italiens dérivés de castellum : cas-
tello, castelliere, castellaccio, castione, castino, castire, etc., ou leurs
(1) Dr Oswald Menghin, Neue Wallburgen in Etschtale, zwischen Meran u. Bo-
zen, Mitt. Anthrop. Ges. in Wien, Bd. XL, 1910, p. 161-180, 9 fig.
• (2) Desiderio Reich, Castellieri dell' alto Adige, Archivio per l'Alto Adige, 1908,
p. 435. SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE . 575
dénaturations allemandes : Kastlotz, Gschîotsch, Gschlalsch, Gasleid,
Gschlein, Gschleir, Gschlit, Gschlir, Tschlir, etc., qui désignent local
ement le Ringwall, Burgstall, Heidenschloss de l'archéologue autri
chien, on retrouve, vu l'analogie géologique du pays, les mêmes
constructions de pierres sèches que dans le midi de la France, et les -
mêmes difficultés de détermination d'âges, à cause des superpos
itions d'habitats presque ininterrompues.
Une, cependant, échappe à toute incertitude, celle de Tierno, où
aucun intermédiaire ne se rencontre entre l'occupation de la fin du
Néolithique et le castellum romain : et dès lors il y a présomption
pour attribuer aux mêmes constructeurs plusieurs autres où se
montre le néolithique à la base, quoique il soit constant que bien
des stations néolithiques se montrent sur des sommets dépourvus de
défenses, soit que celles-ci aient été rendues superflues par la force
même de la position, soit qu'elles aient été détruites pour des réuti
lisations ultérieures de matériaux.
La rareté des traces des premiers temps du Bronze, qui semble
parfois faire hiatus, peut s'expliquer aussi par la réutilisation inten
sive du métal précieux. Il est cependant une enceinte bien caracté
risée de cette époque, à Bruneck, remarquable par sa position excep"
tionnelle sur une eminence presque insignifiante (1), mais cachée en
pleine forêt. Le plus grand nombre de ces fortifications, dont beau
coup montrent des restes de tours, moins perfectionnées cepen
dant que celles de la dernière Troie du Bronze (2), tend à se ratta
cher au passage du Bronze au Fer, et aucune, en tout cas, ne semble
avoir attendu jusqu'au second âge du Fer, comme le voudrait, pour
la Provence, Languedoc et autres lieux, M. le Dr Paul Raymond. —
A. G.
— M. J. Passerieux, nous signale à 44 km. de Narbonne (Aude)
entre le canal de la Robině et le chemin de fer de Bize le monticule
de Montlaurès, circulaire, naturel avec encoches carrées creusées dans
le roc. Poteries grecques, [monnaies ibériques, pas de traces romaines.
[Bibliographie. Bull. Soc. Arch. de Narbonne, 1905, t. VIII et
1907, t. IX. — Thiers. Les Ibères du Bas-Languedoc, Narbonne,
Caillaud, 1908.)
Le même correspondant nous donne pour nos archives des détails
sur le camp bien connu à'Anserune (Hérault).
— M. le Dr J. Elie Pécaut nous signale une butte près d'Orthez,
à Sêgalas, près Baigts (Basses-Pyrénées), dans une propriété ha-
(1) A rapprocher du Villars de Mons (Var) figuré dans notre Questionnaire
(B.S.P.F., III, 1905, p. 320) et caché dans un cul-de-sac de montagnes, probable
ment boisées jadis.
(2) Voir notre conférence Camps et Enceintes, IIIe Gongr. préhist. (Autun, 1907),
p. 1013, et fig. 45-48, d'après Dôrpfeld, Troja u. Ilion, p. 48, pi. 7. 576 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE DE FRANCE
bitée déjà par sa famille au temps de Gaston Phœbus. La maison,
sur la rive gauche du Gave de Pau s'adosse à une colline appelée Las
Mottes. Y eut-il jadis deux mottes? Actuellement il n'y en a qu'une,
régulièrement tronçonique de 5 m. de haut, 16 m. à la base, 9 en haut,
située â flanc de coteau, avec deux petits fossés.
— M. Charles Percenet nous adresse les renseignements sur le
Château de la Motte, commune de Chenevrey (Haute-Saône), butte
de terre de 5 m. de haut, déforme circulaire, entourée de deuxfossés
dont l'un en partie comblé. Des fouilles incomplètes ont montré jadis
une maçonnerie rudimentaire atteinte par le feu.
A 300 m. en amont ancien gué de la rivière de FOgnon.
— Les dernières fouilles italiennes àPaestos (Crète) dont M. Per-
nier a permis à M. G. Karo de donner un aperçu avant la lettre dans
le Jahrbuch des K. deutschen Archaol. Institut, 1910, vol. 151, ont
prouvé que si les rois minoens n'avaient cure d'entourer de moyens
de défense les superbes palais dont les ruines superposées nous révè
lent aujourd'hui toute une admirable suite de civilisations pacifiques,
les Hellènes, au contraire, dès le ive-nie siècle, par-dessus les décomb
res accumulés de palais et cases, s'empressèrent d'élever d'import
ants remparts munis de tours, à l'instar de ceux que montre la
deuxième couche de Troie, et attestant, comme ceux-ci, par la per
fection-relative de leur architecture, qu'ils avaient dû être précédés
d'autres plusfrustes dès l'époque néolithique précédente (1). — A. G.
— M. Auguste Poncet, nous indique l'existence à Péron (Ain)
d'une butte dite le Château ou Château-Vy, à 1250 m. au S.-O.4 de
Péron, 500 m.N. de Logras, 200 m. S.-E. de la ferme du Mont. Alti
tude : 650 m. Elle mesure 48 m. de diamètre à Iabase, 16m. au som
met et 9 m. de hauteur; elle est entourée d'un fossé semi-circulaire,
au milieu duquel est un mur en pierres sèches non travaillées. Sa
coupe est celle-ci : os et terre mélangée, charbons, graviers, cailloux,
terre végétale.
A 200 m. àl'E., il a été trouvé en 1907 quatre haches en bronze.
A 50 m. plus loin, blocs erratiques de micaschiste avec cupules.
— M. Alex, de Redmayne, en campagne sur la frontière maroc
aine, a découvert, à l'Est de Berguent (Oran), sur la pointe rocheus
e escarpée que inarque le signal géodésique de la Garra, une im
portante muraille en pierres sèches qui barre le cap en traversant
toute la largeur de la montagne, sur près de 200 m., à environ 400 m.
du signal. A l'intérieur de l'esplanade triangulaire ainsi défendue, se
remarquent, sur le bord ouest, juste en face du débouché d'un sen
tier ouvert à travers l'abrupt, vers la plaine, deux tumuli voisins,
(1) Voir A. Guébhard, Camps et Enceintes, Gongr. Préhist. IIIe sess. (Autun,
1907], p. 997-1036, 108 fig. [v. p. 1013, fig. 48].

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