Datations par le radiocarbone des couches Azilienne et Magdalénienne de l'abri Dufaure. (Sordes-l' Abbaye, Les Landes) - article ; n°5 ; vol.86, pg 146-155

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1989 - Volume 86 - Numéro 5 - Pages 146-155
RESUME L'Abri Dufaure est l'un des 4 sites Magdalénien-Azilien connus à la base de la falaise de Pastou à la limite des Pyrénées occidentales françaises. Cet article analyse les datations radiocarbone obtenues à Dufaure et compare sa séquence de dépôts et les assemblages d'artefacts avec ceux du site voisin de Duruthy et avec ceux d'autres sites tardiglaciaires dans les Pyrénées. Quatorze dates cohérentes provenant de Dufaure sont ainsi répertoriées. La Couche 3 de Dufaure peut normalement être attribuée à l'Azi- lien et date d'environ 11000 B.P. à après 9600 B.P. La Couche 4 est un Magdalénien terminal classique, datée entre 12,200 et 11,000 B.P. La Couche 5 est un Magdalénien moyen atypique, s'étageant probablement sur une période entre 14,000 et 13,000 B.P. La Couche 6, qui repose directement sur le substratum rocheux est datée entre 14,700 et 14,000 B.P. ; elle contient une industrie lithique banale à caractère Magdalénien. Dufaure et les autres sites de Pastou sont d'importants lieux d'occupation humaine en saison froide pendant le Magdalénien. Ce furent des camps de base avec de grandes constructions servant d'appuis pour d'importants massacres de rennes (ainsi que de chevaux et de bisons, et même de cerfs et antilopes, saigas), probablement près de leur lieu de traversée d'une rivière. L'occupation à l'époque Azilienne, nettement à échelle plus réduite, a surtout impliqué une chasse de rennes isolés en supplément d'une alimentation principalement basée sur la viande de cerf (comme cela sera développé dans des publications ultérieures). La séquence de Dufaure qui s'ajoute à celle de Duruthy, fait du Pastou une clef pour comprendre la chronologie, l'environnement, la faune, la technologie et la stratégie de l'adaptation de l'Homme à la fin du Pleistocene et au début de l'Holocène dans la région pyrénéenne.
ABSTRACT The Abri Dufaure is one of four known Magdalenian-Azilian sites located at the base of the Pastou Cliff near the edge of the western French Pyrenees. This article discusses the radiocarbon dating of Dufaure and compares its sequence of deposits and artifact assemblages with those of the neighboring Duruthy site and other Tardiglacial sites along the Pyrenees. Fourteen coherent I4C dates from Dufaure are reported. Stratum 3 at Dufaure can be normati- vely assigned to the Azilian and dates between ca. 11,000 and < 9,600 B.P. Stratum 4 is a classic terminal Magdalenian dating between ca. 12,200 and 11,000 B.P. Stratum 5 is an atypical middle Magdalenian, probably spanning the period between about 14,000 and 13,000 B.P. Stratum 6, in lying atop bedrock, dates between about 14,700 and 14,000 B.P. It contains a banal lithic industry of Magdalenian aspect. Dufaure and the other Pastou sites were major foci of repeated cold-season human occupations in Magdalenian times. They were base camps with major constructions and were supported by massive killing of reindeer (as well as of horses and bison, plus some red deer and saiga), probably at nearby river crossings. Azilian occupations — much reduced in scale — continued to be involved in some isolated reindeer hunting as a supplement to a red deer dominated meat diet (to be detailed in future publications). The Dufaure sequence supplements that of Duruthy in making the Pastou a key to the chronology, environments, fau- nas, technologies and human adaptive strategies of the terminal Pleistocene-initial Holocene in the Pyrenean region.
10 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1989
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Lawrence Guy Straus
Jacques Évin
Datations par le radiocarbone des couches Azilienne et
Magdalénienne de l'abri Dufaure. (Sordes-l' Abbaye, Les
Landes)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1989, tome 86, N. 5. pp. 146-155.
Citer ce document / Cite this document :
Straus Lawrence Guy, Évin Jacques. Datations par le radiocarbone des couches Azilienne et Magdalénienne de l'abri Dufaure.
(Sordes-l' Abbaye, Les Landes). In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1989, tome 86, N. 5. pp. 146-155.
doi : 10.3406/bspf.1989.9379
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1989_num_86_5_9379Résumé
RESUME L'Abri Dufaure est l'un des 4 sites Magdalénien-Azilien connus à la base de la falaise de
Pastou à la limite des Pyrénées occidentales françaises. Cet article analyse les datations radiocarbone
obtenues à Dufaure et compare sa séquence de dépôts et les assemblages d'artefacts avec ceux du
site voisin de Duruthy et avec ceux d'autres sites tardiglaciaires dans les Pyrénées. Quatorze dates
cohérentes provenant de Dufaure sont ainsi répertoriées. La Couche 3 de Dufaure peut normalement
être attribuée à l'Azi- lien et date d'environ 11000 B.P. à après 9600 B.P. La Couche 4 est un
Magdalénien terminal classique, datée entre 12,200 et 11,000 B.P. La Couche 5 est un Magdalénien
moyen atypique, s'étageant probablement sur une période entre 14,000 et 13,000 B.P. La Couche 6,
qui repose directement sur le substratum rocheux est datée entre 14,700 et 14,000 B.P. ; elle contient
une industrie lithique banale à caractère Magdalénien. Dufaure et les autres sites de Pastou sont
d'importants lieux d'occupation humaine en saison froide pendant le Magdalénien. Ce furent des camps
de base avec de grandes constructions servant d'appuis pour d'importants massacres de rennes (ainsi
que de chevaux et de bisons, et même de cerfs et antilopes, saigas), probablement près de leur lieu de
traversée d'une rivière. L'occupation à l'époque Azilienne, nettement à échelle plus réduite, a surtout
impliqué une chasse de rennes isolés en supplément d'une alimentation principalement basée sur la
viande de cerf (comme cela sera développé dans des publications ultérieures). La séquence de
Dufaure qui s'ajoute à celle de Duruthy, fait du Pastou une clef pour comprendre la chronologie,
l'environnement, la faune, la technologie et la stratégie de l'adaptation de l'Homme à la fin du
Pleistocene et au début de l'Holocène dans la région pyrénéenne.
Abstract
ABSTRACT The Abri Dufaure is one of four known Magdalenian-Azilian sites located at the base of the
Pastou Cliff near the edge of the western French Pyrenees. This article discusses the radiocarbon
dating of Dufaure and compares its sequence of deposits and artifact assemblages with those of the
neighboring Duruthy site and other Tardiglacial sites along the Pyrenees. Fourteen coherent I4C dates
from Dufaure are reported. Stratum 3 at Dufaure can be normati- vely assigned to the Azilian and dates
between ca. 11,000 and < 9,600 B.P. Stratum 4 is a classic terminal Magdalenian dating between ca.
12,200 and B.P. Stratum 5 is an atypical middle Magdalenian, probably spanning the period
between about 14,000 and 13,000 B.P. Stratum 6, in lying atop bedrock, dates between about 14,700
and 14,000 B.P. It contains a banal lithic industry of Magdalenian aspect. Dufaure and the other Pastou
sites were major foci of repeated cold-season human occupations in Magdalenian times. They were
base camps with major constructions and were supported by massive killing of reindeer (as well as of
horses and bison, plus some red deer and saiga), probably at nearby river crossings. Azilian
occupations — much reduced in scale — continued to be involved in some isolated reindeer hunting as
a supplement to a red deer dominated meat diet (to be detailed in future publications). The Dufaure
sequence supplements that of Duruthy in making the Pastou a key to the chronology, environments,
fau- nas, technologies and human adaptive strategies of the terminal Pleistocene-initial Holocene in the
Pyrenean region.Bulletin
de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1989 /TOME 86/5
Datations par le radiocarbone
des couches Azilienne et Magdalénienne
de l'abri Dur aure
(Sordes-Г Abbaye, Les Landes)
par Lawrence Guy Straus et Jacques Évin
ABSTRACT nas, technologies and human adaptive strategies of
the terminal Pleistocene-initial Holocene in the Pyre-
nean region.
The Abri Dufaure is one of four known Magdale-
RESUME nian-Azilian sites located at the base of the Pastou
Cliff near the edge of the western French Pyrenees.
This article discusses the radiocarbon dating of
L'Abri Dufaure est l'un des 4 sites Magdalénien- Dufaure and compares its sequence of deposits and
Azilien connus à la base de la falaise de Pastou à la artifact assemblages with those of the neighboring
Duruthy site and other Tardiglacial sites along the limite des Pyrénées occidentales françaises. Cet arti
Pyrenees. Fourteen coherent I4C dates from Dufaure cle analyse les datations radiocarbone obtenues à
are reported. Stratum 3 at Dufaure can be normati- Dufaure et compare sa séquence de dépôts et les
vely assigned to the Azilian and dates between ca. assemblages d'artefacts avec ceux du site voisin de
11,000 and < 9,600 B.P. Stratum 4 is a classic Duruthy et avec ceux d'autres sites tardiglaciaires
terminal Magdalenian dating between ca. 12,200 and dans les Pyrénées. Quatorze dates cohérentes prove
11,000 B.P. Stratum 5 is an atypical middle Magdalen nant de Dufaure sont ainsi répertoriées. La Couche 3
de Dufaure peut normalement être attribuée à l'Azi- ian, probably spanning the period between about
14,000 and 13,000 B.P. Stratum 6, in lying atop lien et date d'environ 11000 B.P. à après 9600 B.P.
bedrock, dates between about 14,700 and 14,000 La Couche 4 est un Magdalénien terminal classique,
B.P. It contains a banal lithic industry of Magdalen datée entre 12,200 et 11,000 B.P. La Couche 5 est un
ian aspect. Dufaure and the other Pastou sites were Magdalénien moyen atypique, s'étageant probable
major foci of repeated cold-season human occupat ment sur une période entre 14,000 et 13,000 B.P. La
ions in Magdalenian times. They were base camps Couche 6, qui repose directement sur le substratum
with major constructions and were supported by rocheux est datée entre 14,700 et 14,000 B.P. ; elle
massive killing of reindeer (as well as of horses and contient une industrie lithique banale à caractère
bison, plus some red deer and saiga), probably at Magdalénien. Dufaure et les autres sites de Pastou
nearby river crossings. Azilian occupations — much sont d'importants lieux d'occupation humaine en
reduced in scale — continued to be involved in some saison froide pendant le Magdalénien. Ce furent des
isolated reindeer hunting as a supplement to a red camps de base avec de grandes constructions servant
deer dominated meat diet (to be detailed in future d'appuis pour d'importants massacres de rennes
publications). The Dufaure sequence supplements (ainsi que de chevaux et de bisons, et même de cerfs
that of Duruthy in making the Pastou a key to et antilopes, saigas), probablement près de leur lieu
understanding the chronology, environments, fau- de traversée d'une rivière. L'occupation à l'époque 147
Azilienne, nettement à échelle plus réduite, a surtout Le but de cette note est de compléter d'autres
impliqué une chasse de rennes isolés en supplément publications préliminaires sur Dufaure (par ex.,
d'une alimentation principalement basée sur la Straus, 1982, 1983, 1985, 1986, 1987 ; Straus et ai,
viande de cerf (comme cela sera développé dans des 1988 ; etc.) en présentant pour la première fois la
publications ultérieures). La séquence de Dufaure série complète de datations au radiocarbone réalisées
qui s'ajoute à celle de Duruthy, fait du Pastou une par les laboratoires de Lyon et de Tucson sur des
clef pour comprendre la chronologie, l'environne échantillons d'os pris dans toutes les couches paléoli
ment, la faune, la technologie et la stratégie de thiques en place dans la zone de fouille devant l'abri
l'adaptation de l'Homme à la fin du Pleistocene et au (2). Nous nous limiterons à quelques brèves compar
début de l'Holocène dans la région pyrénéenne. aisons avec les datations par le radiocarbone (et par
la thermoluminescence) de Duruthy et d'autres sites
magdaléniens et aziliens des Pyrénées. Une monog
raphie (en préparation) sur Dufaure inclura non
seulement un rapport plus détaillé sur la chronologie,
INTRODUCTION des descriptions des industries lithiques et osseuses,
et des résumés de thèses de doctorat à l'Université du
Nouveau Mexique, sur les processes de formation
(par M. Petraglia) et sur la structure (par K. Akos- Le gisement de Dufaure est une des quatre stations
hima) des dépôts archéologiques, mais aussi les du Paléolithique supérieur connues à la base de la
contributions essentielles de H. Laville (sédimentolo- falaise du Pastou ; les autres sont le Grand Pastou
gie), M. -M. Paquereau (palynologie), D. Marguerie (Arambourou, Straus et Merlet, 1985), le Petit
(micromorphologie), J. Altuna et K. Mariezkurrena Pastou et surtout Duruthy (Arambourou, 1978). Ces
(paléontologie), O. Le Gall (ichtyologie), J. Vernet trois derniers gisements furent découverts et fouillés
(anthracologie), M. Séronie- Vivien et Cl. Couraud d'abord dans les années soixante-dix du siècle passé.
(pétrologie), K. Akoshima (tracéologie), A. Spiess Dufaure ne fut fouillé qu'en 1900 par l'Abbé
(analyses du ciment dentaire) et J.-Cl. Merlet (étude H. Breuil et P. Dubalen (1901), qui vidèrent le petit
des anciennes collections). abri sous roche, mais qui laissèrent intacte la terrasse
devant lui. R. Arambourou, ayant redécouvert Du Toutes les datations publiées ici furent réalisées sur
ruthy en 1957, eut le grand mérite d'avoir fait collagène extrait des ossements par la méthode
sauvegarder les gisements du Pastou par le S.V.M. Longin. Selon la profondeur et la localisation des
de Peyrehorade, d'avoir organisé et dirigé le Musée échantillons par rapport à l'aplomb de l'abri et de la
d'Arthous, et surtout d'avoir fouillé le gisement de la falaise, il y avait des variations dans la teneur de
terrasse de Duruthy pendant une trentaine d'années collagène, sûrement dues au lessivage différentiel.
(en plus de ses autres recherches comme Correspon Ceci posa surtout un problème dans le cas de la
dant de la Direction d'Antiquités pour les Landes). Couche 3 — près de la surface — où trois échantil
C'est grâce à ses travaux de longue haleine à Duruthy lons (de 400, 440 et 230 gr), pris aux carrés lim
que nous possédons non seulement une séquence itrophes à l'ancienne fouille sous la ligne des gouttes,
complète du Magdalénien moyen, supérieur et Azi- ne purent donner suffisamment de collagène pour
lien, « un relais entre le Périgord et la zone cantabri- permettre des datations (fig. 1). Il a fallu deux autres
que » (selon les paroles du regretté F. Bordes), et grands échantillons (de 560 et 760 gr), pris plus bas
une série de collections d'art mobilier et d'industries sur la pente, pour en obtenir. Les ossements de la
parmi les plus riches de toute la région franco- Couche 6 (d'ailleurs très rares) se sont également
cantabrique, mais aussi des renseignements précieux avérés pauvres en collagène, peut-être lessivés
sur les environnements, les faunes et les modèles du par l'écoulement d'eau sur le rocher en place qui gît
comportement humain dans la région pyrénéenne au juste au-dessous de cette argile limoneuse. (Dans ces
Tardiglaciaire. C'est à cause des résultats publiés et deux cas — ceux des Couches 3 et 6 — il fut
des hypothèses émises en 1978 par Arambourou et nécessaire d'employer la méthode de datation par le
ses collègues (et avec son aide et hospitalité) qu'a pu tandétron pour confirmer les âges des dépôts. Les
être dirigée une fouille à Dufaure de 1980 à 1984, afin datations d'Arizona furent faites sur des acides
de pouvoir confirmer ces résultats matériels et aminés totaux provenant d'os individuels.) En plu
d'éprouver ces hypothèses, tout en contribuant à sieurs cas, même aux Couches 4 et 5, il fut nécessaire
fournir des données sur les adaptations des chasseurs de réunir des os pris dans des mêmes niveaux de
de la fin des temps glaciaires aux alentours du plusieurs carrés afin d'avoir assez de morceaux
43e parallèle (1). paléontologiquement non identifiables (et donc sacri-
( 1 ) Recherches subventionnées par la National Science Foundat
ion, la National Geographic Society, la L.S.B. Leakey Foundat (2) Les datations du tandétron de l'Université d'Arizona furent
ion et l'Université du Nouveau Mexique. Publication n" 28 du produites par A..I.T. J nil et T. Stafford, que nous remercions
Projet Préhistorique de Dufaure. vivement. ,
i
i
i
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i
148
fiables) pour obtenir des datations. Deux coupes
stratigraphiques de Dufaure sont présentées dans les
figures 2 et 3.
Les datations de Dufaure sont présentées en ordre
stratigraphique de haut en bas dans le tableau 1 et
dans la figure 4. La succession de valeurs moyennes
est tout à fait cohérente, avec la seule exception de
l'inversion de Ly-3582 (base de la Couche 5) et Ly-
3583 (sommet de la Couche 6). Ceci pourrait être
causé par le fait que la dernière détermination dût
être faite sur un échantillon provenant du carré N11
(où la distinction entre les Couches 5 et 6 était claire)
et du sondage M7 (où cette distinction était problé
matique). En tout cas, ces deux datations se recou
vrent à un écart-type. A deux écarts-types, il est
même possible que la base de la Couche 5 ait environ
13,800 ans. La Couche 6 se termina vers 14,000 et
commença vers 14,700 B.P. ans, puisque l'échantil
lon de AA-3029 et 3030 provient d'un niveau au-
dessus de la base de la couche.
La Couche 3
La Couche 3 (0-75 cm d'épaisseur, selon l'endroit),
datée par ses niveaux moyen et moyen-inférieur, fut
formée évidemment dans la période comprise entre
11,000 B.P. (par rapport à la datation du sommet de Fig. 1 - Plan du gisement de Dufaure, avec l'indication des zones fouillées en
1900 et 1980-1984. Courbes de niveaux de 1 m. la Couche 4) et < 9,600 B.P., soit Dryas III et
Préboréal. A titre de comparaison, le tableau 2
présente toutes les datations plus ou moins valables
du Magdalénien et Azilien connues par nous pour les
ABRI DUFAURE 1980-84
Terrace West Section of Row 1 1
РЮ/11 0 10/11 N10/11 M 10/11 L 10/11 К 10/11 J 10/11 110/11
Fig. 2 - Coupe stratigraphique de la terrasse et du sommet de la pente à Dufaure : section sagitale entre les files 10 et 11. •
149
STRATUM 1 REMOVED
STRATUM 1 REMOVED
STRATUM 3 COLLAPSED
К 12/13
Fig. 3 - Coupe stratigraphique de la terrasse de Dufaure : section sagitale entre les files 12 et 13.
Tabl. 1 - L'abri Dufaure : datations par le radiocarbone Pyrénées françaises (sensu lato) et les régions lim
itrophes de l'Espagne (provinces de Guipúzcoa, Na-
Date ± 1 varra et Gerona). Il est évident que la Couche 3 de Écart- Numéro Année Couche Carrés moyenne Dufaure est contemporaine des couches « azi- type (B.P.) liennes » (et « azilo-sauveterroïdes ») de Zatoya,
9.600 290 Balma Margineda, Poeymaii, Gazel, Pompignon, Ly-4224 1984 3 moyen L-M/12-13
Abauntz et Ekain (et bien d'autres, surtout en 9,750 110 AA-2477 1984 3 moyen 1/12-13
Aquitaine et aux Cantabres-Asturies). De fait, 3 9.810 100 AA-2478 1981 L-M/12-13
l'industrie lithique (322 outils retouchés) recueillie 10.310 270 Ly-4223 1984 3 moyen-inf. N-O/12-13 dans la Couche 3 démontre des caractéristiques assez 10,910 220 Ly-2666 1981 4 sommet N-P/ll « typiques » pour un Azilien : IG (15,2 %) > IB 1 1 ,750 300 Ly-3181 1983 4 M-N/12 (9,6 %) ; grattoirs courts (types 3 + 6) = 5,0 % ;
12,030 280 Ly-3245 1984 4 sommet 112 pointes aziliennes = 6,5 % ; lamelles à dos = 44,7 %
12.260 400 Ly-3182 1983 4 base О/11-12 (pourcentage peut-être « haut » vis-à-vis de certains
12.690 230 Ly-3591 1984 5 base 011 autres gisements à cause du tamisage fin — avec une
12.990 270 maille de 2 mm — pratiqué systématiquement à Ly-2923 1982 5 base M-N/ll
Dufaure). Bien que les nouvelles fouilles du Dufaure 14,570 390 Ly-3582 1984 5 base N11
n'aient découvert aucun harpon azilien, la collection N11 + M7 14,020 340 Ly-3583 1984 6 sommet
de Breuil et Dubalen au Musée de Mont-de-Marsan 100 * 14,590 AA-3030 1984 6 base N11
renferme un fragment de harpon plat typique prove230 * N11 14.640 AA-3029 1984 6 base nant de leur « foyer supérieur » dans l'abri, qui
citions — 1 4.610 + échaniill on ; moyenne des deux du correspond bien à notre Couche 3 sur la terrasse. * - Même 90 B.I
Même la pauvreté de l'industrie et sa distribution i
,
150
9.500 3 MIDDLE
3 MIDDLE
10,000
ABRI DUFAURE
RADIOCARBON DATES 3 LOWER MIDDLE (1980-1984)
12,000
5 TOP
14,000
14,500 5 BASE
LY 3583
Number 3 refer» to the Azill.n <lr
Fig. 4 - Datations C-14 de Dufaure avec un et deux écarts-types. Toutes les datations sont du laboratoire de Lyon (Ly-), sauf celles qui sont
indiquées « ЛА », qui sont du tandétron de l'Université d'Arizona. Les sont en années « B.P. ».
restreinte (dans l'abri et juste devant lui) sont des et du Préboréal, avec une tendance à être plus vieux
points de similarité entre ce dépôt et les dépôts vers le Nord et plus jeune vers le Sud. Les datations
« aziliens » de Duruthy et bien d'autres (à quelques I4C de « l'Azilien ancien » recouvrent plusieurs dates
exceptions du site éponyme du Mas d'Azil — si vaste du « Magdalénien final » et, en l'absence des fossiles
et riche). Une révision récente des données chrono directeurs classiques de ces deux unités (harpons
logiques et technologiques de l'Azilien franco-canta- plats et harpons cylindriques, respectivement), il est
brique (Straus, 1988 b) a démontré que cette unité souvent difficile et même aléatoire de trancher l'iden
archéologique a été définie (selon les gisements et tification d'ensembles particuliers.
régions) dans les périodes de l'Allerôd, du Dryas III La datation de l'Azilien de Dufaure est intéres- 151
Tabl. 2 - Datations du radiocarbone aux Pyrénées françaises et espagnoles du Dryas I au Préboréal
Écart- Numéro du Date Couche Gisement Industrie Laboratoire moyenne (B.P.) type (±)
Ekain VII b 1-12020 16,510 270 Mag. Ill
V 16.270 Erralla 1-12868 240 Mag. Ill
Ekain VII f 1-12566 16,250 500 Ill
V 1-12551 16,200 Erralla 240 Mag. Ill
Ekain VII b 1-12224 16,030 240 Ill
VII с 1-12225 15,970 240 Mag. Ill
Abauntz e Lv-1965 15,800 350 Ill
V 1-12540 15.740 Erralla 240 Mag. Ill
Ekain VII d 1-12226 15,400 240 Ill
7 Gif-2655 15,070 Gazel 270 Mag. IV
Dufaure 6 base AA-3029 14,640 230 Mag. moyen
6 base AA-3030 14,590 100 Mag.
Dufaure 5 base LY-3582 14,570 390 Mag. moyen BOR-7 * 4 14,500 1 450 Mag. IV Duruthy Tue d'Audoubert Gif-5867 14,350 160 IV
Diogène Ly-1055 14,280 300 Mag. IV
Labastide Lv-1405 14,260 440 Mag. IV
II Gif-2708 14,230 160 IV Canecaude
14,180 5 Ly-861 200 Mag. Ill Duruthy Dufaure 6 sommet Ly-3583 14,020 340 Mag. moyen
VII f 13,950 Ekain 1-10931 330 Mag. Ill
3 Gif-4124 13.940 250 Mag. IV Enlène (Morts)
Ly-1107 13,910 Aurensan 230 Mag. IV
3 Gif-6030 13,900 120 IV Enlène (Morts)
4 base Ly-860 13,840 210 Mag. IV Duruthy Fontanet surface Ly-846 13,810 740 Mag.
Piette Gif-5522 13.640 Mas d'Azil (droite) 110 Mag. IV
Malarode I C6b Ly-3484 13,620 320 IV
4 sommet Ly-859 13,510 220 Mag. IV Duruthy e inf. Gif-5770 13,400 120 IV
Enlène Mas Espèche d'Azil (Fond) II (droite) Péquart Gif-5679 13,400 1,000 Mag. IV
Ly-1403 13,370 270 Mag V ?
Mas d'Azil (droite) Péquart Gif-5680 13,200 110 Mag. IV
Locus I Ly-1406 13,170 Espélugues 260 Mag V ?
Espèche I Ly-1404 13,060 430 Mag. V ?
5 Ly-2923 12,990 Dufaure 270 Mag. moyen
Espalungue Cajn 4 Ly-3481 12.970 160 Mag.
3a moyen Gif-5321 12,900 Enlène (Fond) 140 Mag. IV
Églises 8 bis Gif-3923 220 sup.
4 GrN-2026 12.850 La Vache (Monique) 60 Mag. sup.
Fontanet surface Ly-2184 12,770 420 Mag.
5 Ly-3591 12,690 230 Dufaure Mag. moyen
La Vache (Monique) 2 GrN-2025 12,540 105 Mag. sup.
6 m. Ly-1906 12.450 330 sup. Espélugues (Calvaire)
Ly-3437 12,300 Lortet 200 Mag. sup.
Ly- 13439 Erralla III 12,310 190 sup.
F5 sommet MC-996 12.300 Rhodes II 150 Mag. sup.
Belvis 3 Gif-2950 12,270 280 sup.
4 base Ly-3182 12,260 400 Mag. sup. Dufaure
Rhodes II F5 MC-1366 12,250 200 Mag. sup. Gif- II F5 12,160 160 sup.
Rhodes II F6 base MC-997 12,100 150 Mag. sup.
Ekain VI b base 1-9240 12,050 190 sup.
12,030 Dufaure 4 Ly-3245 280 Mag. sup.
Poeymaù В I Lv-1384 12.000 250 final
В III Lv-1400 11,840 Zatoya 240 Azil.
Gif- 1434 Églises 8 11,800 500 Mag. sup.
1-2 m Lv-1905 11,750 Espélugues (Calvaire) 430 Mag. sup.
Dufaure 4 Lv-3181 300 sup.
2 L-336 с 11,650 200 Mag. sup. La Vache (Monique)
Zatoya II base Lv-1599 1 1 .620 360 Azil.
Poeymaù C.P.E. Lv-1385 11,540 220
Lv-1399 11,480 Zatoya II base 270 Azil.
M- 1023 Bora Gran d'en Carrères 11.450 500 Mag. sup. BOR-6 * 3 11.300 1 130 Mag. VI Duruthy 3 Lv-858 11.150 220 Mag. VI Duruthy Zatoya В III Lv-1458 > 10,940 220 Azil.
Dufaure 4 sommet Lv-2666 10,910 220 Mag. sup. 152
Gazel 6 Gif-2654 10,760 190 Mag. final
Ly-2843 10,640 Balma Margineda 6 base 260 Azil.
Poeymaii B.S. Ly-1386 10,420 230 Azil./Svt.
Dufaure 3 moyen inf. Ly-4223 10,310 270 Azil.
Gif- 1940 10,150 Torch 200 Niaux (Clastres) Gif- 1939 10,100 250
3 sommet Gif-4123 10,080 230 Enlène (morts) Mag.
Gazel 5 Gif-2653 190 Azil.
Poeymaii FIH base Ly-1379 9,960 210 Azil./Svt.
Salpêtre de Pompignon MC-2241 9,900 200 Azil. 9 Gif- 1937 Torch 9,850 230 Niaux (Clastres)
9,810 Dufaure 3 moyen AA-2478 100 Azil. 3 AA-2477 9,750 110 Azil.
Gif-5320 9,630 Enlène (Fond) 1 170 Mag. ?
Dufaure 3 moyen Ly-4224 9,600 290 Azil.
Abauntz d Ly-1964 9,530 300 Azil.
Poeymaii F. I. H. sommet Ly-1380 9,470 220 Azil./Svt.
Ekain IV 1-9239 9,460 185 Azil.
Poeymaii F.I.H. moyen Ly-1387 9,430 210 Azil./Svt. F.I.H. Ly-1388 9,400 420
6 sommet Ly-2842 9,250 160 Balma Margineda Azil.
* Thermoluminescence.
Ne sont pas comprises ni les datations sur coquillages (à Poeymaii et Urtiagaj, ni les datations des couches paléontologiques sans industries (à Espèche et
Erralla), ni quelques datations complètement erronées vis-à-vis des autres de leurs séries (e.g., à Ekain). D'autres datations qui pourraient être moins
sérieusement erronées sont comprises puisqu'il est difficile d'en être certain.
santé parce qu'elle confirme l'âge post-Allerôd de la de 1900. La Couche 4 de Dufaure, comme la
Couche 2 de Duruthy, elle-même datée seulement Couche 3 de Duruthy, maintes fois plus riche en
par terminus post quem vis-à-vis de la Couche 3 de ce harpons, appartient par définition au « Magdalénien
gisement (Magdalénien final ; Allerôd ; 11,150 et supérieur ».
11,300 B.P.). La présence de restes de rennes (bien Elle est datée par quatre déterminations I4C cohéqu'en petites quantités) à travers toute l'épaisseur de rentes : environ 12,200 à 11,000 B.P. Ceci fait un la Couche 3 de Dufaure, selon les identifications de minimum d'un siècle par pavage, mais le site n'était Spiess et Altuna, confirme la survivance tardive de certainement pas habité chaque année pendant ce cette espèce dans la région pyrénéenne signalée par millénaire. Comme à la Couche 3 de Duruthy, les F. Delpech (1983) dans la Couche 2 du Duruthy (et données palynologiques préliminaires de M. -M. Pa- déjà suggérée par les anciennes fouilles au Mas quereau indiquent une nette augmentation des pourd'Azil, au Trou Violet et à la Tourasse (Bahn, 1984). centages des pollens d'arbres dans la plupart des Mais bien sûr c'est le cerf qui domine la faune sédiments de la Couche 4 de Dufaure — témoignage azilienne à Dufaure, comme ailleurs. de son attribution à l'Allerôd. L'humidité de cette
époque aurait sûrement provoqué la construction
La Couche 4 onéreuse des pavages pour des occupations à relat
ivement long terme. La base de la couche aurait pu
être formée au Dryas II, bien que cette oscillation La Couche 4 de Dufaure est constituée de 8 à froide soit peu marquée aux environs du Golfe de 12 pavages à galets (d'une épaisseur totale de 30 à Gascogne (voir Duplessy et al, 1981). 50 cm) très riches en industrie lithique et en faune.
Elle a livré un nombre restreint de sagaies, de dents L'industrie lithique de la Couche 4 recueillie en
perforées et d'autres objets d'industrie osseuse en 1980-84 comprend 46 792 débris de taille (objets de
bon état de conservation — y compris un harpon débitage et nucleus) et 2 555 outils retouchés. Il s'agit
entier à un rang de barbelures et deux fragments à nouveau d'un ensemble assez typique pour un
d'embases. Breuil et Dubalen avaient découvert des « Magdalénien final » : IB (12,4 %) > IG (8,9 %) ;
fragments de 7 harpons cylindriques (dont au moins IBd (8,5 %) > IBt (3,1 %) ; IP = 2,35 % ; lamelles
à dos = 47,5 %. Parmi les supposés fossiles direcun à deux rangs de barbelures) dans leur « foyer
inférieur » à pavage. Un de ces fragments fait teurs, on trouve 16 pointes aziliennes, une pointe de
presque certainement partie d'un harpon à un rang Hambourg, 2 pointes à cran magdaléniennes, un
de barbelures, dont un autre morceau fut trouvé en triangle, un rectangle, 5 trapèzes et 6 burins de
1983 dans des anciens déblais en bordure de la fouille Lacan. :
:
:
153
de la fin du Dry as I ou du Prébôlling. A titre La Couche 4 de Dufaure peut très bien être
contemporaine non seulement de la Couche 3 de d'hypothèse, les gros blocs au sein de la Couche 5
Duruthy. mais aussi des couches du Magdalénien pourraient représenter un épisode de désagrégation
supérieur/final à Erralla. Ekain. Espélugues, Poey- intensifiée de la falaise à cause du gel-dégel pendant
maii, Rhodes II, Les Églises. Belvis, Gazel, Bora le Dryas I (de même que la chute de blocs à la base
Gran et peut-être La Vache. Parmi les gisements de la Couche 3 correspondrait au Dryas III, d'ailleurs
très marqué dans cette région d'Europe [voir Du- fouillés récemment et datés par des méthodes indé
pendantes, Dufaure et Duruthy sont les seuls dans la plessy et ai, 1981]).
région pyrénéenne à avoir des faunes dominées par Comme la Couche 4 à Duruthy, la Couche 5 de Rangifer à cette époque (en dépit de l'amélioration Dufaure contenait des plaquettes de grès, souvent climatique apparente dans les spectres polliniques), brûlées. Mais au lieu de former des pavages comme mais il y a bien d'autres ensembles fauniques du au gisement voisin, ces plaquettes étaient généraleMagdalénien supérieur provenant de fouilles an ment éparpillées à Dufaure. La Couche 4 de Durutciennes qui sont riches en restes de rennes (voir hy, datée par le ЫС entre 13,840 ± 210 et 13,510 ± Bahn, 1984). Le manque de Rangifer aux Églises 220 B.P. (et par la thermoluminescence à 14.500 ± dans la haute vallée de l'Ariège à cette époque n'est 1450 B.P.), renferme une des plus riches collections pas surprenant, puisqu'il s'agit d'une station très d'industries lithique et osseuse et d'art mobilier du spécialisée de la chasse du bouquetin en hiver par des « Magdalénien moyen » (« IV ») classique des Pyrépetits groupes humains « logistiques » (sensu L. nées. Duruthy prend sa place à côté d'autres gisBinford) venus exprès du bas pays pré-pyrénéen ements très importants de la région dans la période (Clottes, 1983 ; Delpech et Le Gall, 1983^; Simon- bien datée entre 14,500 et 13,000 B.P. Isturitz, le net, 1985). A cette saison, les rennes se trouvaient Mas d'Azil, Enlène. D'autres gisements du « Magdalsur leurs bas pâturages en bordure de la chaîne énien moyen » pyrénéen datés par le I4C sont le Tue montagneuse. C'est exactement ce que Delpech d'Audoubert, Aurensan, Diogène, Labastide, Mala- (1983) a trouvé pour la Couche 3 de Duruthy et ce rode, Canecaude et Gazel (ce dernier ayant une que Spiess (dans Straus, 1985) a pu confirmer pour la datation un peu « ancienne »). Bien que ce « MagdalCouche 4 de Dufaure la chasse aux rennes (et aux énien moyen » manque généralement d'harpons et bovins, chevaux et cerfs) exclusivement à l'époque des fossiles directeurs lithiques, il est bien caractérisé froide. En effet, les rennes avaient pu survivre au dans la région par des types spécifiques d'objets d'art réchauffement de l'Allerôd au sud de l'Aquitaine par (rondelles gravées et perforées, baguettes à motif en une migration en montagnes en été (pace Gordon, spirale, contours découpés, etc.). 1988). Dans le cours de l'Allerôd les groupes hu
mains qui se servaient de la falaise du Pastou comme Quoique la faune (dominée par le renne, le cheval
lieu d'hivernage, changeaient probablement périod et les bovines) de la Couche 5 à Dufaure soit bien
iquement d'abri a cause de l'accumulation d'ordures conservée, ces objets d'art y font défaut complète
et de vermine. ment. Il y a un fragment de baguette demi-ronde,
mais d'un type moins caractéristique. La Couche 5
n'a livré que 14 fragments de sagaies — banales et
La Couche 5 non décorées. Le contraste avec le riche mobilier de
la Couche 4 de Duruthy plus ou moins contempor
aine est frappant et intéressant. Les outillages En comparaison avec la Couche 4, la Couche 5
pose quelques problèmes d'attribution. D'abord, ce lithiques des Couches 4 et 5 à Dufaure sont presque
identiques. La Couche 5 a donné 1 000 outils : IG = dépôt (50-100 cm d'épaisseur) se distingue assez mal
8,0 IB = 13,7 % ; (IBd = 11,4 %) ; IBt = de la Couche 4 les différences sont culturelles plutôt
2,0 % ; IP = 1,8 % ; lamelles à dos = 43,9 %. Mais que géologiques et elles sont relatives (moins de
les « fossiles directeurs » du Magdalénien supérieur galets, plus de plaquettes, la présence de cristaux de
quartz, etc.). De plus, il y a des évidences de sont rares (et peut-être présents à cause des mé
langes) : un burin de Lacan, un triangle et 3 pointes quelques perturbations de la Couche 5 (et même
l'élimination d'une partie d'elle au-dessus du seuil aziliennes. Il apparaît que la Couche 5 représente un
« Magdalénien moyen atypique ». (L'équivalent de rocheux de l'abri), peut-être par l'eau, avant la
formation de la Couche 4. En effet, ce phénomène la Couche 3 à Duruthy [un lambeau du « Magdalén
pourrait correspondre au Boiling ; les moyennes des ien V »] manque à Dufaure, peut-être à cause de
deux datations ÍJC de la partie haute de la Couche 5 l'érosion au Bôllins.)
(Ly-3591 et 2923) sont de cette période, mais à plus
d'un écart-type, toute la couche pourrait être anté La Couche 6 rieure à 13.000 B.P. et donc antérieure au Boiling
(ceci serait à vérifier par la palynologie et la sédimen-
tologie). La base de cette couche, dont les problèmes La Couche 6 à Dufaure. datée entre 14,000 et
de datation ont déjà été commentes, pourrait dater 14.700 B.P., pourrait avoir été formée au cours du

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