Epipaléolithique-Mésolithique. L'outillage du fonds commun . 1. Grattoirs, éclats retouchés, burins, perçoirs - article ; n°1 ; vol.72, pg 319-332

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Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1975 - Volume 72 - Numéro 1 - Pages 319-332
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1975
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Groupe d'Etudes de
l'Epipaléolithique-Mésolithique
Epipaléolithique-Mésolithique. L'outillage du fonds commun . 1.
Grattoirs, éclats retouchés, burins, perçoirs
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1975, tome 72, N. 1. pp. 319-332.
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Groupe d'Etudes de l'Epipaléolithique-Mésolithique. Epipaléolithique-Mésolithique. L'outillage du fonds commun . 1. Grattoirs,
éclats retouchés, burins, perçoirs. In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1975, tome 72, N. 1. pp. 319-332.
doi : 10.3406/bspf.1975.8337
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1975_hos_72_1_8337Bulletin de la Société préhistorique française, tome 72, 197"), Ktudes et Travaux
Epipaléolithique — Mésolithique
L'outillage du fonds commun — 1
Grattoirs — éclats retouchés — burins — perçoirs
par le Groupe d'Etudes
de l'Epipaléolithique-Mésolithique (*)
GRATTOIRS du grattoir ou à une cassure sans qu'il soit
possible de déterminer, sinon statistiquement,
que cette cassure est volontaire. Le caractère DEFINITION GENERALE. laminaire se reconnaît sur les grattoirs courts
Ce terme désigne des outils présentant une à la présence de nervures parallèles aux bords.
série de retouches « continues non abruptes Dans un petit nombre de cas subsiste une indé
(sauf en cas de réavivage), constituant un front termination, que l'on pourra trancher (comme
plus ou moins arrondi » (Bordes 1961, Sonneville- il est d'usage) en comptant moitié des pièces
Bordes 1954) et les auteurs français sont prat indéterminées dans les grattoirs sur éclats et
iquement unanimes pour écarter les « grattoirs moitié dans les grattoirs sur lames.
concaves » des anciens auteurs (encoches), ainsi Grattoir sur lame, long (fig. 1, nos 16 à 19). que les « grattoirs droits », considérés en France
comme lames et éclats tronqués ou lames et La longueur atteint ou dépasse le double de
éclats à retouches distales. La classe des grat la plus grande largeur. En cas de retouche des
toirs, pour être homogène, ne peut comprendre bords on le signalera dans l'étude descriptive.
que des fronts convexes comportant une partie
Grattoir sur lame, court (fig. 1, nos 12 à 14). appréciable d'un cercle : généralement entre un
quart et la moitié, parfois plus (grattoir circu La longueur n'atteint pas le double de la plus
laire) mais jamais moins. En outre le front grande largeur. Remarquer que les grattoirs
doit occuper une part importante du pourtour unguifo'rmes sont décomptés à part et de même
de la pièce : au moins un sixième, ou encore les grattoirs à front débordant.
toute une extrémité (cas des grattoirs sur lames).
Grattoir sur lame cassée (fig. 1, nos 1 à 4 et 8
à 11). GRATTOIRS SUR LAMES.
Il s'agit de grattoirs courts. Si la longueur
Rappelons qu'une lame est un produit de débi- demeure double (ou plus) de la largeur, classer
tage au moins deux fois plus long que large, dont au grattoir long. Même remarque concernant
l'épaisseur n'excède pas la largeur, et qui pré l'exclusion des unguiformes sur lames.
sente toujours au moins un bord tranchant avec
Grattoir de Montclus (fig. 1, n09 1 à 7). angle de moins de 45°. La longueur est mesurée
dans l'axe d'éclatement, la largeur perpendi Il s'agit de grattoirs sur lames, courts, le plus
culairement à la longueur. souvent par cassure ou parfois par construction,
qui se caractérisent par leur style : ils sont faits Les grattoirs sur lames peuvent être longs, ce
sur lames assez étroites (10 à 15 mm), bien réguldernier caractère pouvant être dû à la confection
ières, à débitage de Montclus ou surtout de
Montbani (Rozoy 1968 et 1975), relativement
épaisses (5 à 6 mm). Us ne sont jamais à front (*) Nous suggérons que la citation de cet article, comme débordant mais peuvent comporter des retouches celle des deux premiers, soit faite au nom du Groupe (G.E.E.M.) et non aux noms des auteurs (Cl. Barrière, R. Daniel, H. Del- des bords, généralement irrégulières (retouches porte, M. Escalon de Fonton, M. Orliac, R. Parent, Abbé J. Montbani du Dr Rozoy, 1967, 1968). Leur carac- Roche, Docteur J.-G. Rozoy, A. Thévenin).
319 très uniforme, stéréotypé, en fait un sous- tère — enfin, petits : la plus grande dimension
type au sein des grattoirs sur lames. Il ne paraît ne dépasse généralement pas 25 mm (30 mm
pas utile de les relever séparément mais il faut grand maximum).
les signaler. Ils sont caractéristiques du Castel- Les bords sont le plus souvent divergents novien de l'intérieur (sauf dans ses phases (assez faiblement). La retouche est courte, assez anciennes) où ils représentent 90 % des grat abrupte, proche de celle d'une troncature. toirs et près du tiers des outils, ce qui justifie Les grattoirs unguiformes peuvent être faits leur individualisation. sur éclats ou sur lames, celles-ci pouvant être à
fracture transversale. On décomptera toujours GRATTOIR SIMPLE SUR ECLAT (fig. 2, noa les pièces sur lames, sur éclats ou indifféren13 à 16). ciables, ceci est indispensable non seulement
Le front ne dépasse pas un demi-cercle. Les pour établir l'indice laminaire mais aussi pour
unguiformes sont relevés à part ainsi que divers comparer avec les relevés des auteurs ayant —
types spéciaux (voir plus loin). classiquement — exclu les pièces sur lames
(Rozoy 1968).
GRATTOIRS A FRONT ETENDU (fig. 2, n" 1 On peut distinguer des sous-types : unguià 10). formes relativement grands (style périgourdin)
— A front débordant : Le front dépasse un autour de 25 mm ou petits (style pyrénéen).
demi-cercle mais ne s'étend pas à la totalité du On excluera les petits grattoirs d'Istres (voir
pourtour. C'est généralement (mais pas toujours) plus loin).
le talon qui reste non retouché (nos 6 à 10). (Ne
pas confondre des retouches des bords avec une GRATTOIRS CARENES ET CARENOIDES (fig. extension du front, ce problème se pose surtout 3, n08 13 à 20). pour les grattoirs sur lames). Le grattoir-éventail
est relevé séparément (voir plus loin). Grattoirs sur éclats, à front élevé au moins — Circulaire et ovalaire (fig. 2, nos 1 à 5) : Le dans sa partie moyenne. Le caréné vrai, idenfront s'étend à tout le pourtour, supprimant le tique à ceux de l'Aurignacien, comporte au talon et ne laissant aucune partie du bord non milieu du front des enlèvements lamellaires retouchée. Ces deux types peuvent être réunis convergents. Il est très rare à l'Epipaléolithique
sous le terme « périphérique », qui comprend (n° 13). On notera que le rabot, considéré comme
aussi les grattoirs à pourtour irrégulier. Au sein un nucleus à bord préparé pour le débitage
de cet ensemble existent des variantes caracté (Rozoy 1968), n'est pas retenu parmi les grat
ristiques : au Magdalénien il y a des pièces plus toirs.
grandes, celles du Valorguien et de l'Azilien ne On pourra distinguer dans certaines industries dépassent guère 25 mm, encore y a-t-il alors des sous-types caractéristiques, ainsi dans le des plats (sur lames en général) et des bombés Montadien des grattoirs nucléiformes sur nucleus (sur éclats) qui ressemblent à des boutons. à éclats (moustéroïdes : Escalon 1953), le rétr
— Rond : Terme souvent employé sans préci écissement du front y étant plus fréquent dans
sion. Il ne s'agit donc pas d'un type. Ge sont les couches plus récentes (passage du grattoir
généralement des grattoirs à front débordant, discoïde au grattoir carénoïde).
mais non véritablement circulaires ni périphé
riques, dont une partie du bord ou du talon nos 15 à 18). GRATTOIR DENTIGULE (fig. 4, demeure non retouchée. Il pourra être utile de
les distinguer des autres grattoirs à front étendu La denticulation est une « série d'encoches mais toujours en individualisant les grattoirs contiguës ou presque contiguës faites soit par circulaires vrais. petites retouches, soit par larges encoches de
Pour tous les grattoirs à front étendu on type clactonien » (Bordes 1961). Lorsque les
relèvera le nombre de pièces sur lames et sur denticulations forment un front arrondi répon
éclats (et indifférenciables). dant à la définition du grattoir il s'agit d'un
grattoir denticulé, pièce de transition entre la
GRATTOIR UNGUIFORME (fig. 3, n" 1 à 12). classe des grattoirs et celle des denticulés. Tout
Il s'agit de grattoirs efois il faut éliminer de ce cadre les nucleus
dont la préparation se fait par encoches, en — simples (c'est-à-dire non doubles et à front particulier dans le Sauveterrien : si la pièce a non débordant). pu livrer des éclats analogues à ceux du gise
— - très courts : la largeur est sensiblement ment, c'est un nucleus. Il faut aussi éliminer
égale à la longueur (limite du rapport longueur/ les fausses denticulations, généralement alternes,
largeur : 1,5). produites par le piétinement de la couche ou
par des actions mécaniques (Bordes 1961, pp. — minces : l'épaisseur est plus faible que la
35 et 45, de Sonneville-Bordes 1960, p. 31). largeur (ne dépassant pas la moitié de celle-ci),
et ceci surtout au niveau du front ; le talon est On pourra distinguer les grattoirs denticulés
presque toujours aussi épais, l'épaisseur est plats et les grattoirs denticulés massifs (pour
assez uniforme. C'est un outil robuste. ces derniers se pose le problème du nucleus).
320 :
:
8
-2cm
15
17 19
■! ; ri 12 — à 14 ^ : courts ° 12 18 ; : 15 : Montbani-13 Piscop à 19 : (Ml) longs. ; 13 19 Lommel 1 Nanteuil-le-Haudouin 1. : — Reillanne Grattoirs (Série ; G. 2, sur 3, Q. lames 5 W.)- ; à 14 7 — : : Montclus Montbani-13 1 à 7 : C. de 12 Montclus ; ; 15 4 : : Montclus ; 8 à 11 С sur 8 12 ; lames ; 8 16 à 11 : cassées Abri Abri Cornille Capeau C. С 4 cour ; 2 17, ;
321 Fig. 2. —
doubí à 10 : Grattoirs à front débordant 1 : en T
15 :
322 10 11 1 2 13
17
20
1 à 12 : Grattoirs unguif ormes ; 13 à 20 : Grattoirs carénoïdes et Fig. nucleiformes. 3. — Grattoirs unguif ormes et carénoïdes 1 à 5 : Abri Cornille C. 10 ; 6 et 7 : Rochedane G. A4 ; 8 et 9 : Montbani-13 ; 10 à 12 : Abri Capeau C. 2 ; 13 : Roufflgnac C. 3 ; 14 : Reillanne ; 15 : La Montade ; 16 et 18 : Châteauneuf C. 7 F. 8 ; 17 : Ponteau ; 19 : Montbani-13 ; 20 : Abri Cornille C. 4.
323 GRATTOIRS DIVERS. DISTINCTIONS SELON LA FORME DU FRONT.
On réunira dans le relevé des pièces peu cou Nous avons individualisé plus haut (grattoir
rantes dans l'Epipaléolithique, mais parfois museau, grattoir d'Istres) certains grattoirs
caractéristiques de certains faciès régionaux ou d'après des formes de fronts qui nous ont paru
chronologiques, dont un relevé de détail devra mériter la priorité sur d'autres caractères à
toujours être fourni dans l'étude descriptive. Ces cause de leur valeur discriminative dans cer
pièces ne seront pas décomptées dans les types taines industries.
précédents. Tous les types de grattoirs reconnus sont sus— Grattoir éventail (fig. 4, nos 12, 13) : forme ceptibles de subdivisions d'après diverses variétés générale sensiblement triangulaire, les bords de la forme du front : front bombé, front moyen, retouchés divergent du talon (généralement non front peu arqué, front déjeté, front à épine retouché) aux extrémités du front. Il existe dans unique, etc. Il conviendrait également par le Valorguien et l'Azilien. exemple de distinguer des fronts plats ou épais,
— Grattoir museau (fig. 4, n° 10) : il présente ou de diviser encore selon l'angle du front dans
un double épaulement détachant une partie net un 75° plan et plus saggital, (et jusqu'au qui peut front varier surplombant de 25 ou 30" en à tement proéminente du front, qui est épais, la
longueur de l'avancée est au moins égale à sa cas de réavivage)... Combinés entre eux de toutes
largeur. Le grattoir museau est toujours présent les façons possibles ces différents caractères
dans le Montadien. mènent à un nombre considérable de variétés
théoriques (Sackett - 1966 - en trouve 486.000 — Grattoir à épaulement (fig. 4, n° 8) : il
pour les seuls grattoirs aurignaciens, et en écardiffère du grattoir museau en ce qu'il n'y a tant l'Aurignacien V ! ). Nous pensons que la qu'un épaulement (à droite, à gauche). typologie doit demeurer synthétique et que nous — Grattoir à épaulement, mince (et museau avons à constater quelles synthèses ont faites mince) : moins caractéristique (fig. 4, n° 9). les hommes préhistoriques à chaque époque et
nos 3 à 6) : nous — Grattoir d'Istres (fig. 4, dans chaque région. A partir d'une analyse
proposons de donner ce nom à un grattoir, pres actuelle et provisoire nous avons donc établi
que toujours court sur éclat mince ou sur lame une hiérarchie non moins actuelle et provisoire
mince, dont le front dessine une ligne légèr des caractères. Dans celle-ci la forme ou l'angle
ement en chapeau de gendarme formant deux du front nous ont paru ne mériter que rarement
angles bien nets avec les bords. Caractéristique d'être placés en première ou même en seconde
du Valorguien, il se rencontre sporadiquement position.
dans d'autres cultures. Certaines formes particulières du front doi
vent, au moins dans certaines industries, être
GRATTOIRS DOUBLES. isolées et décomptées. Ainsi la forme du front
est caractéristique dans l'Epipaléolithique médi
Les grattoirs doubles, c'est-à-dire combinant terranéen à l'Allerôd (Valorguien, Azilien, etc. deux fronts de grattoirs séparés, forment des grattoirs d'Istres et de Sulauze) mais ne l'est sous-types au sein des divers types. On en fera plus ensuite.
toujours le décompte. On distinguera soigneuse
Il y aura intérêt, dans les séries abondantes, à ment les doubles longs, courts sur lames, sur établir un tableau à double entrée par types et éclats, et l'on publiera le compte du total des
par formes de fronts. Les angles de front, fronts de grattoirs (qui comprendra également
mesurés au milieu de celui-ci, pourront être les grattoirs des outils composites).
relevés globalement pour l'ensemble ou même — Grattoir de Sulauze (fig. 4, n°" 19 et 20) : constituer un tableau à double entrée comme c'est un grattoir double très court, dans lequel celui des formes de fronts. les deux fronts sont séparés par des parties non
retouchées minimes et souvent seulement par Grattoir avec angle (à droite, à gauche). deux épines. Toujours présent dans le Valor
guien. Le site éponyme est le vallon de Sulauze Ce sont des grattoirs de tous types dont le
à Istres (Abri Cornille, abri Capeau, etc.). front forme un angle net avec le bord, soit à
droite (fîg. 4, n° 1), soit à gauche (fig. 4, n° 2). Outils composites avec grattoir. Breuil les avait appelés « grattoirs en D » (ce
Les outils composites sont relevés avec l'outil qui n'est exact que si l'angîe est à gauche). Ces
le plus rare (qui n'est généralement pas le grat pièces (souvent nombreuses) pourront éventuel
toir) et signalés à l'étude descriptive. Outre le lement constituer un jour un nouveau sous-type,
classique grattoir-burin (où le grattoir et le burin voire un type. Toutefois leur isolement, en tai
sont opposés) il faut signaler le grattoir avec sant passer au second plan (et même disparaître)
d'autres caractéristiques, paraît actuellement il" coup 11), de burin le grattoir sur le long front associé du à troncature (fig. 4, plus gênant qu'utile. Ce caractère fera donc,
concave (Azilien), etc. Rappelons que les outils dans l'état actuel de la recherche, l'objet d'un
composites avec grattoirs doivent figurer dans relevé séparé. On ignore jusqu'à présent s'il a
le décompte total des fronts de grattoirs. une valeur discriminative.
324 :
4. — Grattoirs denticulés et divers — 1, 2 Grattoirs d'Istres ; 7 : Grattoir court avec Fig. Grattoirs avec angle ; 3 à 6 Burin sur grattoir ; 12, 13 : Grattoirs en troncature ; 8, 9 : Grattoirs à épaulement 10 : Grattoir museau ; 11 : : de Sulauze. éventail ; 14 : Grattoir ogival épais ; 15 à 18 denticulés ; 19, 20 ; 10 : Ponteau ; 12, 14 : La Montade ; 13 : 1 à 3, 5, 6, 8, 11, 16 : Capeau C. 2 ; 4, 15 Montbani-13 ; 9 : La ïourasse Auflargis C. 10 ; 17 : Rouffignac C. 3 ; 18 : Chaintréauville ; 19, 20 : Abri Cornille С. 10А.
325 exemple permet de se faire une idée de Cet L'association grattoir court-troncature apparaît
la méthode envisagée par nous pour le class dans le Valorguien final à la fin de l'Allerôd * (fig. 4, n° 7). ement de caractéristiques nouvelles.
Le grattoir carénoïde de l'Epipaléolithique est
GRATTOIRS MICROLITHIQUES. connu à l'Azilien et au Valorguien. Dans cette
dernière industrie, il y a toujours, mais en petit La plupart des types de grattoirs peuvent être nombre, des grattoirs carénoïdes très petits, de microlithiques, ce qui ne signifie pas seulement : la taille d'un unguiforme. Ces pièces sont rares petits (moins de 5 cm), mais aussi et surtout : dans l'Est et le Nord. minces comme les armatures microlithiques, Le grattoir denticulé, qui existe en rares exempc'est-à-dire de moins de 4 mm d'épaisseur. laires dans l'Azilien et le Valorguien, devient On relèvera les grattoirs microlithiques au très fréquent dans le Montadien et le Castelno- sein de chaque type ou sous-type et on les signa vien ancien (Sud-Est de la France) ainsi que lera dans l'étude descriptive. Ils constituent tou dans le Sauveterrien et l'Arudien (Sud-Ouest). jours une série continue avec les grattoirs macro- Dans le Tardenoisien les grattoirs quels qu'ils lithiques qui sont de loin les plus nombreux. On
soient sont rares (2 à 5 %) et parfois manquent les rencontre surtout parmi les grattoirs sur totalement. A la fin du Tardenoisien moyen et lames (c'est-à-dire, ici, sur lamelles). au Tardenoisien récent leur pourcentage (12 %
à Nanteuil-le-Haudouin, 18 % à Montbani-12)
augmente fortement sans atteindre les taux belgo- RESUME. néerlandais (25 %). Ce phénomène se limite
toutefois à la partie Nord-Est du Bassin parisien
Classe des grattoirs dont le Sud reste presque totalement sans grat
toirs. Liste des types
Grattoir sur lame, long. ECLATS RETOUCHES sur court.
On groupera sous ce titre des éclats portant Grattoir sur lame cassée (sous-type : grattoir
une ou plusieurs zones de retouches continues de Montclus).
mais disposées de façon variable et ne formant Grattoir simple sur éclat.
pas un front arrondi (cf. grattoirs) ni plus généà front débordant (sous-entendu : sur
ralement un des autres types d'outils définis éclat).
par ailleurs. L'étude descriptive rendra compte : Grattoirs circulaire et ovalaire.
Grattoir unguiforme. — de la nature des retouches (régulières ou carénés et carénoïdes. non, scalariformes éventuellement, plates,
Grattoirs divers. abruptes, courtes, longues, etc.) ; Grattoir denticulé. — de leur disposition (si quelque localisation
Les autres caractères ne justifient pas, jus se répète) ; directe ou inverse (ou les deux) —
qu'ici, la distinction de types et leur prise en distales, latérales, etc.
considération apparaîtra dans l'étude descript — du style des outils ainsi reconnus ; ive.
— de la nature, de la forme et des dimensions
des éclats ; CHRONOLOGIE - GEOGRAPHIE.
— et surtout de l'importance des retouches :
Dans l'état actuel de nos connaissances, les à la fin du Paléolithique supérieur ces outils ne
grattoirs courts, sporadiques dans le Paléoli paraissent ni nombreux ni caractéristiques. Ils
thique supérieur final, se généralisent dès la n'ont le plus souvent pas été retenus (« outils
période d'Allerôd dans l'Azilien et le Valorguien de fortune »). Il faut prendre soin d'éliminer
les pseudo-outils provenant — surtout dans les où ils atteignent 30 % des outils. Ils se main
couches pierreuses — du piétinement ou d'autres tiennent par la suite. Ce raccourcissement paraît
général dans toutes les régions étudiées. actions mécaniques, et éventuellement (dans les
gisements superficiels) des travaux agricoles (si Le grattoir unguiforme, toujours abondant le silex ne se patine pas l'étude peut dans ce cas dans ces industries (10 à 20 % des outils), per devenir impossible : c'est le cas à Beaugency - — dure dans les de filiation azilienne, au
Rozoy 1975). Dryas III (Azilo-Sauveterrien), au Préboréal (Sau-
veterrien), pour disparaître presque totalement Deux sortes de subdivisions peuvent être envi
ensuite. Cependant, dans les industries de filia sagées.
tion valorguienne, le grattoir unguiforme dispa
raît pendant le Dryas III lors de la mutation du A. ECLATS MINCES ET EPAIS (fig. 5). Valorguien final en Montadien (Valorgues, Istres,
etc.). Dans l'Est de la France (Rochedane) le On en fixera arbitrairement la limite à un
grattoir unguiforme abonde plutôt au Dryas III centimètre d'épaisseur. On considérera en prin
qu'à l'Allerôd. Aux Pays-Bas il y en a très peu cipe non la plus grande épaisseur mais l'épais
même à seur de la partie qui porte les retouches.
326 — D'après le type de retouches culés et tous les éclats tronqués ou au contraire В.
tous les éclats minces et tous les éclats épais.
L'usage apportera peut-être une priorité. nos 2 à 7). 1) ECLATS TRONQUES (fig. 5,
Dans les faits l'éclat mince à retouche quelOn appelle troncature une ligne de retouches conque l'emporte presque toujours de beaucoup,
nettement abruptes, assez régulières, recoupant constituant généralement plus de la moitié de la les deux bords de l'éclat en modifiant radical classe. ement son contour initial, et ne formant pas Les proportions d'éclats retouchés varient un front arrondi (cf. grattoirs). considérablement selon les cultures et les épo
ques, depuis quelques pour cent (Tardenoisien)
2) ECLATS DENTICULES. à près de la moitié des outils (Sauveterrien à
trapèzes). L'évolution de leurs proportions dans La définition des denticulations est la même une culture ou une suite de cultures dérivées que pour les grattoirs (voir plus haut) (fig. 6) les unes des autres peut être un indice extrêmemais bien entendu on distingue de ce cadre les ment utile. grattoirs denticulés qui pourront cependant en
être rapprochés (Rozoy 1967) et les racloirs den
ticulés (voir plus bas) qui pourront éventuelle RACLOIRS.
ment en constituer un sous-type. Nous inspirant de la définition donnée par
F. Bordes (1961) pour le Paléolithique moyen 3) ENCOCHES. et de celle analogue de D. de Sonneville-Bordes
et J Perrot (1956 b) nous définirons pour Г Epi- On désignera comme encoche (ou : coche) une paléolithique le racloir comme étant : série de retouches formant une ligne concave
— un objet fait sur éclat, par retouche continue et présentant un ou deux angles plus ou moins
nos 8, totale ou presque totale d'un ou plusieurs bords, marqués avec le bord de la pièce (fig. 6,
9). La profondeur est de l'ordre du tiers de l'o de façon à donner un fil semi-tranchant, sans
encoche ni denticulation volontaire marquée (les uverture P ^— — (fig. 6). Cette définition assez critères de séparation avec les grattoirs ont été
fournis au chapitre grattoirs et les objets sur restrictive reporte aux retouches localisées les lames sont rangés dans une autre classe, voir retouches (même en ligne concave) qui se pour plus loin). suivent sans angulation nette le long du bord
Il existe quelques racloirs vrais, qui sont rares de la pièce (fig. 5, n" 8).
n" 19) et des formes de transition plus (fig. 5, L'éclat à coche unique devra être distingué
des éclats denticulés. nombreuses nos 13, 16, 17). avec Les les racloirs éclats pourraient retouchés ici (fig. appar 5,
aître comme le cas extrême et le plus élaboré n" Lorsque 6) elle peut l'encoche dégager est une subterminale pointe aiguë, (fig. mais 6,
des éclats retouchés. D'autres études (notams'il n'y a pas de retouches de l'autre côté de ment typométriques) devraient permettre d'élucelle-ci il ne s'agit pas d'un perçoir. cider ce point. Dans l'état actuel de la question
le racloir sera placé dans la même classe que les
éclats retouchés. 4) ECLATS RETOUCHES QUELCONQUES.
On entendra par là ceux dont les retouches ne CHRONOLOGIE - GEOGRAPHIE. présentent pas les caractères précédents.
Pour ces objets, il est bien difficile d'établir
des comparaisons entre les gisements très TYPES A RETENIR.
anciennement explorés et ceux qui proviennent
Il n'est pas jusqu'ici apparu de hiérarchie de fouilles scientifiques récentes. En effet, les évidente pour les caractères cités, sauf pour le éclats, retouchés ou non, n'étaient pas conservés racloir et l'encoche. Aussi les types retenus jadis. dérivent-ils de la combinaison des attributs sans Les fouilles méthodiques récentes montrent qu'il paraisse plus indiqué de les grouper d'une que, dès la période d'Allerôd, les éclats retoufaçon ou de l'autre : chés furent utilisés fréquemment. A partir du
Eclat à coche unique (fig. 6, nos 8, 9). Dryas III, ces objets prennent une grande importmince denticulé (fig. 6, nos 1 à 6). ance. Dans le Sud-Est de la France, les éclats Eclat épais (fig. 6, nos 10, 12). retouchés prolifèrent au Montadien (où les mince tronqué (fig. 5, nos 2 à 7). épais sont presque aussi nombreux que les Eclat épais (fig. 5, n° 6). minces), au Montclusien ; dans le Sud-Ouest, au mince retouché (fig. 5, nos 8 à 15). Sauveterrien et à l'Epi-Sauveterrien (37 % à Eclat épais (fig. 5, nos 20, 21). Rouffignac C.3) ; en Suisse, dans le stade Racloir (fig. 5, nos 18, 19). moyen (35 %) ; en Bretagne au stade récent (les denticulé (fig. 6, n° 12). déchets de Téviec et Hoédic en comportent des
On pourra dans les commentaires regrouper centaines). En Belgique il y en a moins dans le
tous les éclats retouchés, tous les éclats Limbourgien mais beaucoup en Ardenne. Dans
327

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