Étude archéologique - article ; n°1 ; vol.21, pg 189-206

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Gallia préhistoire - Année 1978 - Volume 21 - Numéro 1 - Pages 189-206
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Publié le : dimanche 1 janvier 1978
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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B. Dedet
I. Étude archéologique
In: Gallia préhistoire. Tome 21 fascicule 1, 1978. pp. 189-206.
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Dedet B. I. Étude archéologique. In: Gallia préhistoire. Tome 21 fascicule 1, 1978. pp. 189-206.
doi : 10.3406/galip.1978.1591
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galip_0016-4127_1978_num_21_1_1591L'HABITAT DE HAUTEUR DU GRAND-RANC A BOUCOIRAN (Gard)
ET LE BRONZE FINAL III B
DANS LES GARRIGUES DU LANGUEDOC ORIENTAL
I
ÉTUDE ARCHÉOLOGIQUE
Par Bernard DEDET
Le Grand-Ranc, qui avait échappé au travail d'inventaire des enceintes préhistoriques
et protohistoriques du Gard effectué par J. Bourrilly et F. Mazauric dans les premières
années du xxe s.1, a été signalé pour la première fois par A. Hugues en 19152. Par la suite,
un tesson de céramique non tournée à décor incisé en double trait était recueilli en surface
au sommet du ranc par C. Hugues qui le rattachait à la civilisation des Champs d'urnes3.
G. Hugues notait également la présence de poterie micacée sur Voppidum. C'est dans
l'intention de préciser la chronologie de ce gisement que nous y avons effectué une campagne
de sondages en 19744. Il ressort de ces recherches que l'occupation du ranc s'est faite à deux
époques distinctes et les vestiges en sont inégalement perceptibles. L'occupation la plus
récente concerne l'Age du Fer, mais elle n'a laissé que peu de traces et, en l'absence d'él
éments caractéristiques, sa datation doit être placée entre le ve et le 11e s. av. J.-C. (sondage
n° 2). L'occupation la plus ancienne, mieux représentée, prend place au Bronze final III B
(sondage n° 1). C'est elle qui, après la description du gisement et des recherches qu'il a
1. J. Bourrilly et F. Mazauric, Statistique des enceintes préhistoriques et protohistoriques du département
du Gard, Congrès préhistorique de France, 7e ses., Nimes, 1911 (1912), p. 540-613.
2. A. Hugues, Deux enceintes du Gard, B.S.P.F., 1915, p. 382, 383.
3. C. Céramiques des Champs d'urnes des plaines et oppida du Gard, Celticum, VI, 1963, p. 51-58 et
notamment p. 54-56 et pi. 1, fig. 3, n° 3.
4. Parcelle A453 du cadastre de Boucoiran, Gard. Nous remercions MM. Y. Angelras, propriétaire du terrain
et G. Barruol, Directeur des Antiquités historiques du Languedoc- Roussillon, qui nous ont fourni les autorisations
nécessaires, Mme Y. Romestant, Mlles S. Barnicaud et Th. Panouillères et MM. B. Mawhin, L. Richard et A. Romestant
qui ont participé aux fouilles, M. Ph. Columeau qui s'est chargé de l'étude des restes osseux découverts en fouille
et M. C. Hugues qui nous a fait part de ses connaissances du site et de sa région.
Gallia Préhistoire, Tome 21, 1978, 1. 190 BERNARD DEDET
suscitées, nous retiendra ici. Ses vestiges, rapprochés d'autres découvertes récentes, parfois
encore inédites, nous permettront de faire le point sur l'état de nos connaissances sur le
Bronze final III B de la zone intérieure du Languedoc oriental, période qui était particuli
èrement mal connue dans cette région.
I. L'OPPIDUM DU GRAND-RANC.
1. SITUATION, SITE ET RECHERCHES.
Le Grand-Ranc s'élève au-dessus de la plaine du Gardon, à 17 km au s.-s.e. d'Alès,
entre Aies et Nimes (fig. 1), et à 800 m à l'ouest de Boucoiran5. Ce ranc fait partie d'un
groupe de collines calcaires (Barrémien supérieur de faciès urgonien) aux dénivellations
abruptes qui forme la bordure orientale de l'ancien anticlinal érodé de Lédignan. Vers l'est,
il domine immédiatement de plus de 150 m la Gardonnenque ou vallée du Gardon, large voie
de pénétration depuis les pays de la plaine littorale vers l'arrière-pays et le piémont cévenol.
Le site est très escarpé et n'offre aucune surface plane. Le sommet (altitude 232 m) comporte
une petite falaise qui domine vers l'ouest une pente très raide. Il s'abaisse par contre un peu
moins rapidement vers le sud et le sud-est (fig. 2). Des sources au contact des collines
calcaires et de la plaine et le Gardon tout proche assurent l'alimentation en eau du site.
Deux conditions naturelles sont très défavorables à la recherche. D'une part l'érosion
intense qui résulte du pendage général et met souvent à nu le substratum calcaire. D'autre
part la végétation de garrigue, très épaisse qui recouvre actuellement les zones où le substrat
n'est pas visible.
Un long tas de pierres éboulées court parallèlement aux courbes de niveau, d'une extré
mité de la falaise sommitale à l'autre, englobant toute la partie haute du site. Il s'agit sans
aucun doute d'une enceinte de type « en appui sur un à-pic »6. Ce mur n'a fait l'objet
d'aucune recherche particulière. C'est cependant à l'intérieur de l'aire qu'il délimite, avec
la falaise, qu'ont été faites les trouvailles de surface et qu'ont été effectués les deux sondages
en 1974.
Le sondage n° 1 est situé au sommet même du ranc, à 10 m au s.e. de la falaise7; le
sondage n° 2 a été pratiqué sur la pente s.e. à 70 m du précédent.
Le sondage n° 2, limité à une surface de 2 m2 n'a révélé qu'une couche de terre fort
mince et reposant sur le rocher lapiazé. Cette couche ne contenait que quelques rares tessons
informes de l'Age du Fer (céramique non tournée, céramique grecque d'Occident à pâte
jaune et amphore massaliète) qu'on ne peut dater avec une certaine précision (ve au ne s. av.
J.-C). Seul le sondage n° 1 mérite d'être étudié.
5. Le Grand-Ranc est placé de façon erronée sur la commune de Bouquet, Gard, par J. Arnal et H. Prades,
L'art de la civilisation des Champs d'urnes et les chars processionnels en France, Union intern, des Se. préhis., IXe
Congrès, colloque XXVII, Les gravures protohisloriques dans les Alpes, Nice, 1976, p. 45.
6. Pour reprendre la dénomination de C. Goudineau, Une enceinte protohistorique : l'oppidum du Fort à
Taradeau (Var), Union intern. Se. préhis. et protohis., IXe Congrès, Livret- Guide de V excursion B3, Sites de VAge
du Fer et gallo-romains de la région de Nice, Nice, 1976, p. 7-32 et notamment p. 12.
7. C'est dans ce secteur, en surface, que C. Hugues a ramassé le fragment de céramique décoré d'incisions,
publié dans Céramique des Champ d'Urnes..., op. cit., p. 53, pi. 1, fig. 3, n° 3. LE GRAND RANG 191
2 Le site du Grand-Ranc depuis la plaine de la
Gardonnenque. Vue prise du nord. La flèche localise le
sondage n° 1.
1 Situation du Grand-Ranc et des autres gisements 3 Grand-Ranc, sondage n° 1 en cours de fouille.
Bronze final III B du Languedoc oriental (triangles : Vue prise du sud. Au nord, on aperçoit le substratum
sites de la zone des garrigues ; cercles : sites de la zone entaillé, au sud le remblaiement ; couche 2 dans le
littorale). carré de droite.
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4 Grand-Ranc, sondage n° 1, coupe stratigraphique. BERNARD DEDET 192
2. SONDAGE N° 1.
La fouille a été menée sur 7 m2 et a révélé la stratigraphie suivante (fîg. 3 et 4) :
la couche 1 est une couche d'humus, de couleur marron, ne contenant que de très rares
tessons de poterie;
la couche n° 2 est formée d'une terre progressivement gris-marron, localement cendreuse
au s.e. A la base de la couche on note la présence de nombreux galets de quartz roulés. Le
mobilier archéologique est abondant, mais les tessons sont presque toujours isolés et les
recollements exceptionnels ;
la couche 3, stérile en mobilier archéologique, est formée, au n.o., par une mince couche
de terre marron-jaune, renfermant de très nombreuses petites pierres aiguës provenant de
la décomposition du substratum calcaire, au sud par une couche plus épaisse, marron,
contenant des pierres, parfois assez grosses, de pendage irrégulier, souvent oblique. Cette
couche repose sur le substratum calcaire.
On peut interpréter ces constatations de la manière suivante : le substrat calcaire, en
forte déclivité du n.o. vers le s.e., a été creusé dans la partie n.o. et sa surface a été égalisée
tandis que la partie s.e. était remblayée afin d'obtenir une surface plane (couche 3) sur
laquelle s'est établie une cabane. La couche 2, à laquelle on rattachera la couche 1 dont le
matériel est en tous points identique, est une couche de sédimentation progressive de cet
habitat dont on a retrouvé des fragments de parois (morceaux d'argile cuite avec traces de
branchages), de foyer bâti en argile cuite avec surface lissée et des traces d'aménagement
de sol (galets roulés allogènes). Ces indices n'ont toutefois pas été retrouvés en place.
3. LE MOBILIER.
Le sondage n° 1 a livré un mobilier abondant, malheureusement très fragmenté. Il
s'agit essentiellement de céramique non tournée et de rares objets divers, modelés en terre
cuite, ou d'objets métalliques et lithiques.
1.1. La céramique non tournée.
A) Les urnes : aucune forme d'urne n'est complètement reconstituable. Nous serons
donc contraints d'étudier séparément les cols et les bords, les épaulements et les décors, les
fonds enfin. D'après la forme des cols, on peut dégager deux séries d'urnes.
a) Première série d'urnes : la série d'urnes la mieux représentée (15 exemplaires sur 18
au total) se caractérise par un col divergent à profil rectiligne8 (8 exemplaires : fig. 5, nos 3,
5, 6, 8, 10, 11, 14, 15) ou à profil incurvé (5 exemplaires : fig. 5, nos 1,2, 7, 9, 13, et 2 exemp
laires probables, dont fig. 5, n° 12). Tous ces cols sont munis de bords sécants inclinés
vers l'extérieur à profil arrondi-concave ou rectiligne. Sur les cols divergents à profil recti-
8. Ici, comme dans la suite, nous utilisons la terminologie et la classification exposées dans B. Dedet et M. Py,
Classification de la céramique non tournée protohistorique du Languedoc méditerranéen, Supplément 4 à la Rev. arrh.
de Narbonnaise, 1975. LE GRAND RANG 193
ligne, on trouve : 1 bord C04 (fig. 5, n<> 8), 3 bords D01 (fig. 5, nos 3, 14, 15), 1 bord D05
(fig. 5, n° 6), 1 bord D04 (fig. 5, n° 10), 1 bord D08 (fig. 5, n° 11) et 1 bord D14 (fig. 5, n° 5).
Les cols divergents à profil incurvé possèdent les bords suivants : 1 bord G01 (fig. 5, n° 7),
1 bord C03 (fig. 5, n° 1), 1 bord C06 (fig. 5, n° 13), 1 bord C09 (fig. 5, n° 9), 1 bord G14,
1 bord D03 (fig. 5, n° 2) et 1 bord D07 (fig. 5, n° 12).
Les bords présentant un méplat vers l'intérieur sont rares : 2 exemplaires seulement
(dont fig. 5, n° 5). Les formes de lèvres de cette série d'urnes sont variées : à l'exception des
lèvres arrondies-épaissies, tous les types sont représentés. On notera toutefois la prédomi
nance des lèvres aplaties (10 exemplaires sur 15 : 4 lèvres à aplatissement horizontal (dont
fig. 5, nos 5, 8, 10), 2 lèvres à aplatissement oblique à l'extérieur (fig. 5, nos 1,2), 1 lèvre à
aplatissement oblique à l'intérieur (fig. 5, n° 6), 1 lèvre épaissie à aplatissement à l'extérieur
(fig. 5, n° 13), 1 lèvre épaissie à horizontal (fig. 5, n° 12) et 1 lèvre épaissie à à l'intérieur (fig. 5, n° 11) ). En revanche, les lèvres arrondies (4 exemplaires :
fig. 5, nos 3, 7, 14, 15) ou amincies (1 exemplaire, fig. 5, n° 9) sont plus rares.
Dans tous les cas le dégraissant est formé de calcaire et de calcite broyés, mêlés à du
mica. Ces inclusions, toujours mal réparties, n'excèdent généralement pas 1,5 à 2 mm.
Dans certains cas toutefois, elles peuvent atteindre 6,5 mm.
Trois de ces cols montrent une surface extérieure polie (fig. 5, nos 9, 10, 13); huit
possèdent un lissage fini (fig. 5, nos2, 3, 5, 7, 11, 12, 14, 15); quatre enfin n'ont qu'un lissage
ébauché (dont fig. 5, nos 1, 6, 8).
b) Seconde série d'urnes : la seconde série d'urnes est attestée par 3 cols (sur un total
de 18). Ce sont des urnes à col convergent à profil arrondi-concave (fig. 5, nos 4, 16). Elles
sont pourvues de bords sécants verticaux de type FOI (1 exemplaire, fig. 5, n° 4) ou de bords
sécants inclinés vers l'intérieur à profil extérieur de type G01 (fig. 5, n° 16)
ou G05. Les lèvres soit sont arrondies (2 exemplaires : fig. 5, nos 4, 16) soit présentent un
aplatissement vers l'intérieur (1 exemplaire).
Le dégraissant, comme pour les autres urnes, est composé de calcaire et de calcite
broyés (jusqu'à 2,8 mm). Dans tous les cas, le lissage fini est le type d'aménagement de
surface employé.
Un seul de ces cols est décoré (fig. 5, n° 16) : il s'agit d'incisions en double trait formant
au moins trois lignes horizontales.
c) Épaulements et décors : 14 fragments d'épaulement d'urnes portent un décor. Les
styles décoratifs sont les suivants :
cannelures : 11 cas, tantôt seules (5 exemplaires dont fig. 5, nos 17, 18, 19) tantôt en
association avec une autre technique décorative (6 spécimens dont fig. 5, nos 20, 21, 22, 25).
Dans la plupart des cas, ces cannelures sont larges. Elles sont étroites cependant sur deux
exemplaires (fig. 5, nos 21, 25);
impressions triangulaires formant un creux pyramidal : sur 5 vases (dont fig. 5, nos 22,
23, 24, 26) dont trois en association avec des cannelures. La composition forme toujours
une rangée horizontale ; 194 BERNARD DEDET
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5 Grand-Ranc, sondage n° 1, céramique non tournée. 6 Grand-Ranc, sondage n° 1, céramique non tournée.
7 Grand-Ranc, sondage n° 1 ; 52-59 : céramique
non tournée ; 60 : fusaïole modelée en terre cuite ;
61 : bronze.
impressions « en coin de règle » formant une encoche asymétrique à base triangulaire :
2 vases (dont fig. 5, n° 24), dont un en association avec des cannelures;
« coups incisés » : 2 exemplaires en avec des cannelures (fig. 5, nos 20, 21).
La surface de tous ces de panses d'urnes est aménagée selon un lissage fini.
Le dégraissant est en tous points semblable à celui qui est décrit dans l'étude des cols.
d) Fonds : quatre fonds, tous plats, peuvent être rapportés avec certitude à des urnes :
3 fonds 13A et 1 fond 12B (fig. 7, n° 55). On remarquera la prédominance des bas de panse
à profil extérieur concave (3 exemplaires sur 4).
B) Les coupes : les coupes se répartissent en trois séries : les coupes à panse à profil
arrondi-convexe, les coupes tronconiques à bords à méplats et les bitronconiques.
a) Les coupes à panse à profil arrondi-convexe : 10 exemplaires de bords sur 16 GRAND RANG 195 LE
(62,50 % des coupes). La majorité de ces coupes possède un bord divergent : 9 vases se
répartissant comme suit : 1 bord E01 (fig. 6, n° 41), 2 bords E02 (fig. 6, n°s 38, 39), 2 bords
E04 (fig. 6, nos 40, 42), 2 bords E05 (fig. 6, nos 35 et 36), 1 bord E07 et 1 bord E15 (fig. 6,
n° 37). Les lèvres aplaties avec soit un aplatissement horizontal (dont fig. 6, nos 40, 42) soit
un aplatissement oblique à l'intérieur (fig. 6, nos 35, 36) prédominent (5 vases sur 9). Les
lèvres arrondies sont cependant fréquentes (fig. 6, nos 38, 39, 41). Notons enfin la présence
d'un exemplaire à bord à facettes ou méplats internes (fig. 6, n° 37) qui est de plus le seul
vase de la série à porter un décor (cannelures étroites).
Comme pour les urnes, le dégraissant est ici formé de calcaire et de calcite broyés. Les
inclusions les plus grosses dépassent rarement 2 à 2,5 mm (3 mm pour l'exemplaire n° 35,
fig. 6). L'une de ces coupes, au dégraissant particulièrement fin, possède en outre un grain
de quartz de 3,5 mm (fig. 6, n° 36).
L'aménagement des surfaces est le plus souvent plus soigné à l'intérieur de la coupe
qu'à l'extérieur : 6 cas sur 9 (fig. 6, nos 35, 37-40, 42). Sur tous ces exemplaires il s'agit d'un
lissage ébauché à l'extérieur et d'un lissage fini à l'intérieur. L'un d'eux (fig. 6, n° 38)
présente à l'extérieur des enfoncements linéaires qui peuvent correspondre à l'impression
avant cuisson de plusieurs liens tressés en matière périssable.
Trois coupes sur les neuf possèdent des surfaces extérieures et intérieures aménagées
de façon identique : lissage fini : 2 cas (dont fig. 6, n° 41) ; lissage ébauché : 1 cas (fig. 6, n°36).
Une coupe à panse à profil arrondi-convexe diffère des neuf autres par son bord conver
gent 101 (fig. 5, n° 27). Cette coupe, dont les surfaces sont aménagées de façon identique à
l'extérieur et à l'intérieur (lissage fini), est décorée à l'extérieur de « coups incisés ». L'état
de conservation ne permet toutefois pas d'apprécier convenablement la composition de ce
décor. Le dégraissant est composé de calcaire et de calcite broyés (jusqu'à 1,5 mm).
b) Les coupes tronconiques à bords à méplats internes : ces coupes sont moins nomb
reuses que les précédentes : 5 exemplaires de bords sur 16 (31,25 %), auxquels on peut
ajouter 7 autres fragments de panse et 3 fonds.
Les bords possèdent tous un ou deux méplats vers l'intérieur : 1 bord B09 (fig. 6, n° 45),
1 bord C14 (fig. 6, n° 49) et 3 bords B19 (fig. 6, n°s 43, 44, 46).
Parmi les 3 fonds conservés, on trouve deux pieds bas perforés de trous (1 fond 42C,
fig. 7, n° 52 et 1 fond 42A, fig. 7, n° 54) et un fond plat de type 13A (fig. 7, n° 53).
Trois types de décoration affectent les coupes tronconiques, toujours situés sur la surface
intérieure de la panse : les cannelures, les incisions en double trait et les incisions en trait
simple :
les cannelures, étroites, groupées et horizontales se rencontrent sur deux exemplaires
soit au milieu de la panse, soit près du fond (fig. 7, n° 53);
le décor d'incisions au trait simple n'existe que sur le méplat d'un bord (fig. 6, n° 46) :
ce sont des traits parallèles groupés en faisceaux obliques et de sens opposé;
les incisions en trait double sont plus fréquentes (5 exemplaires), sur un méplat du
bord dans 4 cas (fig. 6, nos 43 à 45, 47) ou sur la panse dans 1 cas (fig. 6, nos 48, 50, 51)
Dans tous les cas le motif reproduit est un motif géométrique simple à base de lignes brisées. 196 BERNARD DEDET
8 Grand-Ranc, sondage n° 1 ; roue modelée en terre 9 Grand-Ranc, sondage n° 1 ; 1-4 : céramique non
cuite. tournée ; 5 : bronze ; 6 : roue modelée en terre cuite.
Le style par contre peut différer. Tantôt les traits, rectilignes et serrés, apparaissent tracés
avec une pointe bifide (fig. 6, nos 43-45, 47; fig. 9, n° 3). Tantôt, et c'est le cas pour un
seul vase (fig. 6, nos 48, 50, 51; fig. 9, n° 4), les traits, plus écartés et moins soignés, sont
tracés séparément et la composition admet la ligne courbe. En outre, sur cette coupe, les
traits sont incrustés d'une matière colorée rouge.
Comme les autres vases du Grand-Ranc, les coupes tronconiques ont un dégraissant
de calcaire et de calcite broyés dont les éléments n'excèdent pas 2,3 mm. Dans un cas
(fig. 6, nos 48, 50, 51), on rencontre en outre quelques inclusions plus grosses (jusqu'à 3 mm)
de quartz roulé.
La plupart des coupes tronconiques possèdent une surface intérieure plus soignée que
la surface extérieure : polissage et surface non aménagée dans 4 cas (fig. 6, nos 43, 46, 47,
48-50, 51); polissage et lissage ébauché : 2 exemplaires (dont fig. 6, n° 45); polissage et
lissage fini : 1 cas (fig. 7, n° 53) ; lissage fini et lissage ébauché : 1 cas (fig. 6, n° 44). Une seule
coupe a une surface intérieure moins soignée que la surface extérieure : lissage ébauché
et lissage fini (fig. 6, n° 49). LE GRAND RANG 197
c) Les coupes bitronconiques : cette série est attestée par les fragments de sept vases
différents (fig. 5, n°s 28, 29, 31-34; fig. 7, n° 59) dont un seul possède le bord (fig. 7, n° 59)
fig. 9, n° 1) (bord G01). Souvent ces vases sont décorés d'incisions en double trait sur la
partie supérieure de la panse, au-dessus de la carène à l'extérieur, et on y trouve les thèmes
suivants :
séries de traits parallèles horizontaux (fig. 5, nos 31, 32);
traits horizontaux et motif en « arêtes de poisson » (fig. 5, n° 34; fig. 9, n° 2);
motifs en « escalier » affrontés (peut-être chevaux?) encadrés par des traits horizontaux
(fig. 7, n°59; fig. 9, n° 1).
Dans tous ces vases, le dégraissant est composé de calcaire et calcite broyés (jusqu'à
2.3 mm). Deux d'entre eux se singularisent toutefois, l'un (fig. 5, n° 29) par la présence
exclusive de calcaire, très finement broyé, et l'autre (fig. 5, n° 31) par l'adjonction de grains
de quartz et de mica noir.
L'aménagement de la surface est le plus souvent identique à l'extérieur et à l'intérieur
(4 cas sur 7 : fig. 5, nos 28, 32, 34; fig. 7, n° 59). 11 s'agit d'un lissage fini. L'aménagement
de la surface extérieure est plus soigné que celui de la surface intérieure dans 3 cas : polissage
et lissage fini (fig. 5, nos 29, 31, 33). Chaque fois que l'état de conservation des vases le
permet, on constate à l'extérieur un égal aménagement de surface de part et d'autre de la
carène (fig. 5, n°* 28, 29, 33; fig. 7, n° 59).
C) Vase à embouchure rétrécie : Le Grand-Ranc n'a livré qu'un seul vase à embouchure
rétrécie nettement attesté par son bord 105 (fig. 7, n° 58). La panse a un profil arrondi.
Le dégraissant est composé de calcaire et calcite broyés et la surface extérieure présente
un lissage fini.
D) Autres vases : deux fragments de vases n'entrent pas dans les catégories étudiées
ci-dessus :
fig. 5, n° 30 : vase fermé à panse à profil arrondi, décoré d'incisions en double trait.
Le dégraissant est formé de calcaire et de calcite broyés (jusqu'à 1,1 mm) et la surface
extérieure présente un lissage fini;
fig. 7, n° 57 : col divergent de petite urne, muni d'un bord E01 décoré à l'extérieur d'une
rangée horizontale de coups incisés. Le dégraissant contient du calcaire et de la calcite
broyés (jusqu'à 1 mm) et les surfaces sont polies à l'extérieur comme à l'intérieur.
1.2. Autres objets.
A) Objets modelés en terre cuite : a) fusaïoles : deux fusaïoles proviennent du sondage
n° 1. L'une, fragmentaire, a un profil arrondi et contient un dégraissant très fin, exclusiv
ement de quartz et de mica. L'autre (fig. 7, n° 60), de forme cylindrique, est ornée d'une
rangée d'impressions ovalaires. Son dégraissant est également formé de mica et de quartz
(jusqu'à 2 mm);
b) petite roue fragmentaire (fig. 8 et 9, n° 6). D'un diamètre de 8,4 cm, il s'agit d'une

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