Etude pétrographique des haches polies de Touraine - article ; n°1 ; vol.71, pg 335-354

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1974 - Volume 71 - Numéro 1 - Pages 335-354
Résumé. — L'étude de 314 haches polies provenant pour la plupart du département d'Indre-et-Loire a montré l'importance de la diffusion des pièces d'origine armoricaine dans les pays de la Loire moyenne. 16 nouveaux groupes pétrographiques ont été définis et leur distribution géographique révèle d'importantes variations locales ; en gros, les sites de plateau, au matériel assez disparate, s'opposent aux zones de vallées, plus ouvertes à des influences à grande distance. Un « Indice de Groupage » est proposé pour traduire ces différences.
Abstract. — The study of 314 stone axes, mostly from the Département d'Indre-et-Loire, has emphasised the importance of the diffusion of armorican artefacts in the Middle Loire countries. 16 new petrological groups are defined and their distribution within the area considered shows important local differences ; roughly, Plateau sites, with rather ill-matched equipment, may be opposed to Valley areas, more opened to « foreign » influences. A « Grouping Index » is proposed to translate these variations.
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1974
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Ch.-T. Le Roux
Gérard Cordier
Etude pétrographique des haches polies de Touraine
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1974, tome 71, N. 1. pp. 335-354.
Résumé
Résumé. — L'étude de 314 haches polies provenant pour la plupart du département d'Indre-et-Loire a montré l'importance de la
diffusion des pièces d'origine armoricaine dans les pays de la Loire moyenne. 16 nouveaux groupes pétrographiques ont été
définis et leur distribution géographique révèle d'importantes variations locales ; en gros, les sites de plateau, au matériel assez
disparate, s'opposent aux zones de vallées, plus ouvertes à des influences à grande distance. Un « Indice de Groupage » est
proposé pour traduire ces différences.
Abstract
Abstract. — The study of 314 stone axes, mostly from the Département d'Indre-et-Loire, has emphasised the importance of the
diffusion of armorican artefacts in the Middle Loire countries. 16 new petrological groups are defined and their distribution within
the area considered shows important local differences ; roughly, Plateau sites, with rather ill-matched equipment, may be
opposed to Valley areas, more opened to « foreign » influences. A « Grouping Index » is proposed to translate these variations.
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Le Roux Ch.-T., Cordier Gérard. Etude pétrographique des haches polies de Touraine. In: Bulletin de la Société préhistorique
française. 1974, tome 71, N. 1. pp. 335-354.
doi : 10.3406/bspf.1974.8272
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1974_hos_71_1_8272Bulletin de la Société préhistorique française, tome 71, 1974, Etudes et Travaux, fasc. 1
Etude pétrographique des haches polies de Touraine
par C.-T. Le Roux * et G. Cordier
Résumé. — L'étude de 314 haches polies provenant pour la plupart du département d'Indre-et-Loire a
montré l'importance de la diffusion des pièces d'origine armoricaine dans les pays de la Loire moyenne. 16
nouveaux groupes pétrographiques ont été définis et leur distribution géographique révèle d'importantes varia
tions locales ; en gros, les sites de plateau, au matériel assez disparate, s'opposent aux zones de vallées, plus
ouvertes à des influences à grande distance. Un « Indice de Groupage » est proposé pour traduire ces diffé
rences.
Abstract. — The study of 314 stone axes, mostly from the Département d'Indre-et-Loire, has emphasised
the importance of the diffusion of armorican artefacts in the Middle Loire countries. 16 new petrological
groups are defined and their distribution within the area considered shows important local differences ; roughl
y, Plateau sites, with rather ill-matched equipment, may be opposed to Valley areas, more opened to « foreign »
influences. A « Grouping Index » is proposed to translate these variations.
INTRODUCTION. teurs ; ce travail de longue haleine s'y poursuit
actuellement, repris par l'un de nous. Le Centre-
Ouest, par contre, restait pratiquement inexploré A côté d'une étude morphologique et typolo à ce point de vue, si l'on excepte les quelques gique comparable à celle que l'on pourrait
essais, fort modestes, tentés en Vendômois (de mettre en œuvre sur d'autres documents archéo Vibraye, 1872), en Anjou (de Préaubert, 1895), logiques, les haches polies et plus spécialement ou en Montmorillonnais (Gobillot, 1911). celles en roches dures constituent un matériel
de choix pour une étude pétrographique qui ne Au départ, cette étude avait été conçue comme
considère plus l'objet en tant que tel mais s'i une sorte de « ballon d'essai » pour vérifier, à
ntéresse au matériau dont il est fait. On peut partir d'une série limitée, de quel secours pour
rappeler que l'un des pionniers en ce domaine raient être les résultats déjà acquis en Bretagne
fut le minéralogiste A. Damour qui, à partir dans l'étude d'une autre région. Avec le temps,
la liste des pièces étudiées s'est allongée mais de 1860, s'attaqua en particulier au problème
des objets en « Jades ». Ce n'est toutefois que notre optique est restée la même et il n'est pas
question de présenter ici des conclusions défipeu avant la dernière guerre, en Grande-Bret
agne, que les études pétrographiques prirent nitives.
leur véritable essor et le travail du « Sub- Le choix de la Touraine nous a été suggéré, Committee of the South-W ester n Museums and outre les facilités apportées par des relations suiArt Galleries », mené par une équipe rassemblant vies entre chercheurs, par plusieurs caractères
géologues et archéologues, reste un modèle du propres à cette région — Situation géographique
genre. sur l'axe ligérien à proximité du seuil du Poi-
En France, une entreprise comparable fut
lancée après la guerre, avec des moyens plus (*) Direction des Antiquités Préhistoriques de Bretagne — modestes, par MM. Giot et Cogné en Bretagne Equipe de Recherche du C.N.R.S., № 27.
avec, dès le début, des résultats fort (**) Equipe de Recherche Associée du C.N.R.S., № 423.
335 :
237- 238 щ
Fig. 1. — Haches polies de Touraine répartition générale des pièces étudiées (les numéros renvoient à l'inventaire).
336 ■

Fig. 2. — Haches polies de Touraine : micro-haches, haches-pendeloques, pendentifs celtiformes, herminettes (les numéros de l'inventaire figurent en haut à gauche de chaque pièce). — 1. Azay-sur-Cher (Fibrolite). — 2. Loches (Jadéite). — 3. Manthelan (Fibrolite). — 1. Sublaines (Dolérite). — 5. Athée-sur-Cher (Fibrolite). — 6. Athée-sur-Cher — 7. Rochecorbon (Quartzite). — 8. Richelieu (Eclogite). — 9. Civray-sur-Esves (Jadéite). — 10. Nouans-les-Fontaines (Fibrolite). — 11. Sublaines (Fibrolite). — 12. Châtillon-sur-Indre (Fibrolite). — 13. Dolus-le-Sec (Fibrolite). — 14. Villeloin- Coulangé (Eclogite). — 15. Athée-sur-Cher (Jadéite). — 16. St-Antoine-du-R. (Jadéite). — 17. Marigny-Marmande (Fibrolite). — 18. Thenay (Eclogite). — 19. Ligré (Jadéite). — 20. Ecueillé (Eclogite). — 21. Courcoué (Fibrolite). — 22. Athée-sur-Cher (Jadéite). — 23. Ligré (Eclogite). — 21. ïruyes (Jadéite).
337 ■
3. — Haches polies de Touraine : haches à bouton, hache-marteau, divers (les numéros de l'inventaire figurent en Fig. haut à gauche des pièces). — 1. La Celle-Guénand (Type A). — 2. Richelieu (Type A). — 3. Fouillé (Gr. I.L. 14). — 4. Athée-sur-Cher (Grès). — 5. La (Type A). — (î. Athée-sur-Cher (Dolérite). — 7. Athée-sur-Cher (Gr. I.L. 4). 8. Bossay-sur-Claise (Dolérite). — 9. Ligré (Diorite). - — 10. (Fibrolite). — 11. Loché-sur-Indrois (Jadéite).
338 à portée d'influences diverses — Sous-sol masquer une identité pétrographique, ce qui tou,
entièrement sédimentaire récent, permettant la suppose une môme origine, sinon toujours une
mise en évidence aisée des importations d'objets même datation. Des exemples classiques sont
en roches dures depuis les massifs anciens — ceux des Types A et С bretons (Giot, 1955, 1959)
Distance de la « région de référence » armor et nous aurons l'occasion d'en discuter de nou
icaine ni trop grande ni trop faible, laissant veaux cas.
espérer des influences ni ténues ni trop Pour présenter les 314 pièces étudiées, dont 243 envahissantes — Présence des fameux « Ateliers avec analyse sur lame mince, nous nous contendu Grand-Pressigny » posant le problème d'éven terons, pour les haches qui ne peuvent être rattuels courants d'importations en contrepartie des tachées à un type pétrographique déjà reconnu exportations qui leur sont attribuées. et publié, de délinir des « groupes provisoires »
Pour pallier l'absence de « frontières natur rassemblant les lames identiques. Ceux-ci per
elles », les limites administratives du dépar mettront ultérieurement de classer de nouvelles
tement d'Indre-et-Loire ont fourni un cadre pièces, mais il faut les considérer comme appelés
commode mais, pour lui ôter un peu de son à se fondre éventuellement à d'autres, au fur et
arbitraire, G. C, qui a apporté tous ses soins à mesure de l'avancement des recherches dans
à l'échantillonnage (1), a été amené à le déborder d'autres régions, pour constituer des « types »
légèrement et à inclure des pièces provenant de définitifs et basés sur de larges séries. Dans un
communes limitrophes des zones les plus impor territoire aussi restreint, une petite série de trois
tantes quoique situées dans des départements ou quatre lames peut fort bien correspondre à
voisins (Indre, Loir-et-Cher, Vienne). des exportations extremes d'un atelier important
mais éloigné. Le problème de la représentativité de cet échan
tillonnage est lié à celui de la répartition de la Afin d'éviter toute confusion, les groupes pro
population préhistorique. La distribution du mat visoires définis ici seront désignés par un numéro
ériel étudié (fig. 1) correspond à peu près à précédé des lettes I.L. (Indre-et-Loire) pour les
celle des stations et des trouvailles néolithiques distinguer des types définitifs français qui por
telle qu'elle apparaît au travers de la biblio tent une lettre capitale (Types A, B, G) et des
graphie, au moins pour le Sud de la Loire (Cor- « Groups » britanniques distingués par des
dier, 1967, carte 5). En Touraine septentrionale, chiffres romains (Group I, II, III,...). Pour cha
la discordance tient pour beaucoup au manque cun, nous donnerons une description de la roche
de chercheurs et de collections utilisables ; pres en insistant sur les caractères ou les détails qui
que rien n'a été fait dans cette région depuis les la distinguent d'autres souvent très voisines
recherches de С Godefroy, exposées par Du- pétrographiquement, mais il est évident que cela
breuil-Chambardel (1923) qui parle de trois ne prétend pas remplacer l'examen direct en
cents haches polies dont « beaucoup en roches lumière polarisée, surtout pour le groupage qui
étrangères ». Malheureusement, la collection est, par nature, un travail essentiellement compar
Godefroy est aujourd'hui à l'état de restes dis atif, nécessitant le recours constant à une impor
persés ou inaccessibles ; des concentrations tante série de référence.
comparables à celles du plateau d'Athée, du Pour des raisons de place, les lames non Ghinonais ou du Richelais paraissent toutefois groupables seront simplement déterminées et assez improbables au Nord de la Loire. Si l'on accompagnées d'un bref commentaire par type considère maintenant la répartition des polissoirs de roche. (Cordier, 1967, carte 7), on constate qu'ils abon
dent surtout dans les zones à puissant outillage
de silex et de meulière : région pressignienne,
vallée de l'Indrois, secteur de Neuillé-Pont- ETUDE PETROGRAPHIQUE (2).
Pierre, constatation qui est somme toute en
conformité avec l'idée de la fabrication locale Pyroxénites. des haches en silex et de l'importation de celles
en roches dures. Nous regroupons sous ce terme les roches
vertes « nobles » à pyroxene sodique (Eclogites, Cette étude concerne une forte majorité de
Jadéitites, Chloromélanitites) ; la plupart des haches polies ordinaires, mais aussi un certain
déterminations ont été effectuées à l'œil nu pour nombre d'instruments perforés, ce qui pose le
ne pas détériorer des pièces souvent fort belles problème de la légitimité d'un tel mélange. Nous
mais un certain nombre de lames minces ont pu l'avons fait car, au moins dans un certain nomb
être taillées. Elles montrent des roches variées, re de cas, la diversité typologique ne fait que
tantôt faites de jadéite très pure, en petits él
éments semi-fibreux engrenés les uns dans les
(1) Nous ne saurions trop remercier les nombreux propriét autres, tantôt plus grossièrement cristallisée, avec aires d'objets et conservateurs de collections qui ont rendu possible ce travail en voulant bien nous permettre de les étudier, et nous les prions de nous excuser de ne pouvoir les citer tous ici. Nous devons les séries les plus importantes à (2) Nous tenons à remercier les pétrographes qui ont bien MM. R. Dalençon (coll. Herbault-Dalençon), Mauny (Amis du voulu examiner un certain nombre de nos lames minces, Vieux Chinon), Mornand (coll. Maurice), Moirin et Tessier MM. B. Auvray, Maître-Assistant à l'Université de Rennes, et (i.lgré), Boulay de la Meurthe, Thiennet, Pinault, Galloux, Sou- !.. Lasnier, de l'Université de Nantes. Chacun nous a fourni fa ri er (Amis du Vieux Martizay), au Musée du Folklore de des indications extrêmement précieuses, en particulier sur Loches, etc.. l'origine possible des différents matériaux.
339 présence de rutile plus ou moins notamment
abondant. Les éclogites sont également variées,
massives ou litées, avec des grenats plus ou
moins abondants, plus ou moins gros et ou altérés. On peut y rattacher un gabbro
coronitique, représentant une roche incomplè
tement transformée en éclogite (n° 77), et une
glaucophanite (n° 288).
On compte 58 pièces dans ce groupe, soit plus
de 18 % du total ; parmi celles-ci, on remarque
quelques haches pouvant à la rigueur être dites
n° « d'Apparat 10), d'assez » nombreuses (fig. 2, n° 9 petites ; fig. 4, hachettes, n° 8 ; fig. par4,
fois perforées en pendentif (fig. 2, n° 15), mais
aussi bon nombre de pièces simplement utili
taires. Elles proviennent surtout du Sud-Est de
l'Indre-et-Loire, mais aussi du Richelais et des
environs de Ligré ; par contre, le Chinonais n'en
a livré que très peu.
Fibrolite.
Elle est représentée par 14 pièces, soit un peu
plus de 4 % du total ; les faciès sont variés,
allant d'une matière très pure, de teinte blanc
nacré à des variétés fortement marbrées de brun
ou de gris, voire entièrement et fortement colo
rées. Ce polymorphisme du minéral a été maintes
fois noté par les archéologues comme par les
minéralogistes. La plupart des déterminations
ont été faites à l'œil nu, mais quelques lames
minces ont en général montré un matériau pra
tiquement exempt d'impuretés, se présentant
tantôt en longues fibres emmêlées souplement,
en « mèches de cheveux », tantôt en courtes
rosettes ; parfois même, des prismes de silli-
manite bien formés voisinent avec la variété
fibreuse.
Les haches sont souvent de taille réduite, sans
doute liée à celle des rognons ou des galets
disponibles. On peut noter l'absence de ce groupe
en Chinonais, autour de Ligré et dans la région
Pressignienne.
Dolérite du type A.
Pour la description de cette roche, on ne peut
que renvoyer à l'abondante littérature dont elle a
fait l'objet et plus particulièrement à J. Cogné
et P.-R. Giot (1952). Rappelons simplement qu'il
s'agit d'une dolérite à grain fin ou très fin, pro
fondément épidioritisée, qu'il est souvent pos
sible de reconnaître à l'œil nu sur des surfaces
polies et patinées grâce aux fines mouchetures
noires produites par des baguettes d'ilménite
disposées en courtes files entrecroisées. Le gis
ement, localisé à Plussulien (Côtes-du-Nord) (Le
Roux et Giot, 1965), a alimenté de vastes ateliers
qui ont fonctionné pendant plus de mille ans,
du début du quatrième au début du second millé Fig. 4. — Haches polies de Touraine : grandes haches (les numéros de l'inventaire figurent en haut et à gauche de chaque naire et sont actuellement en cours d'étude (Le pièce). — 1. Chinon (Gr. I.L. 13). — 2. Athée-sur-Cher Roux, 1970, 1971). La production, qui comprend (Dolérite). — 3. Vallères (Dolérite). — 4. Assay (Gr. I.L. 10). — 5. St-Quentin (Dolérite). — 6. Abilly (Dolérite). — 7. Ceaux- près de 40 % des haches bretonnes, a larg en-Loudun (Gr. I.L. 10). — 8. Civray-sur-Esves (Jadéite). — ement diffusé en France mais aussi un peu dans 9. Chinon (Migmatite). — 10. Panzoult (Jadéite).
340 TYPE A TYPE С
J »zas
® Bipenne type С
50 Km
Eclogite , Jâdéite
Fi brolite Chloromélânite
Flg' ^ T°Uraine : réPartition des тУРез A et C, de la Fibrolite et des Pyroxénites (les numéros ren- voient ř^inventa\reS)
341 Sud de l'Angleterre et en Belgique. Ces ateliers rite est plus ou moins abondante et forme de le
ont également produit quelques instruments per belles plages vert clair, largement cristallisées,
forés et, surtout, la quasi-totalité des fameuses donnant des teintes de polarisation anormales,
« haches à bouton », caractéristiques de la plutôt pourprées dans le groupe 1, franchement
France de l'Ouest et du Val-de-Loire. bleues dans les autres. Epidote et calcite abon
dent surtout dans le groupe 2, mais existent en Dans notre série, 64 pièces, dont 2 à bouton moindre quantité dans les groupes 1 et 3. Le (fig. 3, nos 1 et 2) appartiennent à ce Type, ce
quartz est rare dans le groupe 1 mais plus abonqui représente un peu moins de 21 % du total ; dant dans les deux autres variétés où il forme elles abondent surtout en Chinonais, mais aussi de belles plages intersticielles, mono- ou poly- dans le Lochois et la région pressignienne. cristallines. Les minerais opaques se présentent
en éléments assez nombreux mais petits, en Hornblendite du type С forme de courtes baguettes ou de grains irré
guliers alignés en « brochettes », elles-mêmes II s'agit de la roche d'abord décrite sous le souvent associées parallèlement en sortes de nom de Méta-Hornblendite (Giot et Cogné, 1955), phalanges et plus ou moins englobées dans un puis sous celui de Chlorito-Amphibolite (Cogné, léger nuage de leucoxène. 1960), dont l'origine est très certainement le
petit gisement de Kerlevot en Pleiwen (Finistère). L'ensemble de ces trois groupes représente
Sans reprendre les descriptions publiées, on 22 lames qui proviennent essentiellement dvi
peut rappeler que cette roche, très sombre et Sud-Ouest, de la Vienne et, dans une moindre
massive à l'état frais, prend souvent une patine mesure, du plateau d'Athée.
caractéristique, grise à brun verdâtre, sur
laquelle ressortent de nombreuses taches noires, Groupe I.L. 4. parfois en léger relief, formées par les agglo
mérations de grains de magnénite sur les cri C'est une dolérite à grain fin, ayant subi un staux de hornblende altérée. Ce caractère permet métamorphisme thermique très net qui a entraîné bien souvent d'identifier la roche au premier un important développement de biotite, en placoup d'œil et évite d'avoir à effectuer un prél quettes subautomorphes partiellement décolorées èvement sur les objets. par une chloritisation secondaire. L'oligoclase
Cette roche a fourni localement quelques très abondant se présente à la fois en baguettes
haches polies, souvent médiocres, mais a surtout et en cristaux plus massifs, tout juste atteints
servi à confectionner toute une série de Bipennes par quelques paillettes micacées de saussuritisa-
et quelques Haches-Marteaux qui ont été retrou tion. La chlorite forme de belles plages vert
vées, dans une bonne partie de la France et tendre où elle cristallise en petites houppes
jusqu'aux Pays-Bas, le plus souvent dans des enchevêtrées à teintes de polarisation normales,
lits de cours d'eau ou à leur voisinage immédiat dans le début du premier ordre. L'épidote se
(Giot, 1959). montre par quelques grands prismes légèrement
colorés en vert. Les minerais opaques sont assez Les 5 pièces tourangelles sont toutes des Bi abondants ; ils comprennent à la fois des mottes pennes qui proviennent du lit ou du voisinage
anguleuses irrégulières, entourées d'une légère immédiat de la Loire ou de ses affluents, ce qui auréole d'ilmenite, et de fines aiguilles, souvent correspond au rôle déterminant joué par le fleuve
très longues et généralement associées à la dans la diffusion de ces objets (nos 153 b, 165 b,
biotite. 168, 213 b, 219 b).
Ce petit groupe comprend trois lames parfait
ement identiques et une quatrième plus riche en Groupes I.L. 1, I.L. 2. I.L. 3.
amphibole et envahie par des oxydes de Fer,
libérés par l'altération secondaire. La répartiIl s'agit en fait de trois faciès très proches,
provenant sans doute de gisements voisins ; des tion est centrée sur la région de Ligré.
détails de structure et des différences dans l'abon
dance relative des différents constituants per Groupe I.L. 5. mettent cependant de séparer trois séries de
lames. Dolérite à grain moyen, dont la structure ophi-
tique a été largement démantelée par l'altération. Le microscope montre une dolérite ancienne
à grain fin, où l'épidioritisation, assez poussée, L'oligoclase forme de grandes lattes, assez nett
ement zonées mais largement envahies par la laisse cependant reconnaître facilement la struc
ture intersertale primitive. L'oligoclase, en ba saussuritisation. L'augite, légèrement rosée,
guettes trapues, est assez abondant mais envahi forme de grands cristaux complètement démant
par des produits d'altération, surtout abondants elés dont les lambeaux s'entourent d'une auréole
dans le groupe 3 où les felspaths prennent un verdâtre d'ouralitisation. La chlorite est abon
aspect terreux et deviennent presque opaques. dante et elle forme de larges poches où elle cris
L'augite, en petits cristaux globuleux incolores tallise de façon assez confuse, avec des teintes
ou très légèrement teintés de jaunâtre ou de rose, de polarisation brun cuivré, en association avec
est très largement recristallisée en hornblende quelques aiguilles d'ouralite limpide. Les plages
de quartz intersticiel ne sont pas rares et sou- vert clair et en petites fibres d'ouralite. La
342 piquées de fines aiguilles de pistacite. Le piquent dans de grands cristaux d'augite à peine vent
S/phène se présente en petits cristaux auto- rosée, souvent assez largement altérée en amphib
ole vert clair et chargée de grains de minerais. morphes, dispersés, tandis que Filménite forme
des bâtonnets irréguliers et des « brochettes » La chlorite (chlinochlore) forme de larges plages
de grains qui tendent parfois à former des vert bleuté bien cristallisées. Les éléments opa
amorces de cristaux squelettiques, enveloppés ques (magnetite) forment, en plus des grains,
dans une légère auréole de leucoxène. isolés ou en nuages, de grosses mottes irrégu
lières qui prennent parfois un aspect « éclaté » Il s'agit d'une roche ancienne, de massif ou et correspondent à de petites taches de rouille de coulée, présentant une paragénèse proche de visibles sur la patine des objets, qui ne sont celle des groupes 1 à 3, mais sous un faciès plus d'ailleurs qu'au nombre de trois. grossier ; elle forme un petit groupe de trois
lames, provenant toutes du Richelais, dont une
Hache-Marteau. Groupe I.L. 9.
Groupe I.L. 6. Dolérite à grain grossier, présentant à l'œil
nu de gros porphyroblastes de feldspaths disDolérite très proche de la précédente, mais persés, mais correspondant toujours au même avec une altération plus poussée de sorte que type de paragénèse. Les plagioclases se présentla structure intersertale, bien visible macroscopi- ent, microscopiquement, en baguettes courtes quement sur une surface patinée, est beaucoup et en cristaux massifs, peu ou pas mâclés, moins nette en lame mince. Si les plagioclases envahis par un nuage brunâtre de produits terse réduisent à des fantômes, l'augite est bien reux. L'augite, incolore, forme des cristaux de conservée ; elle forme de petits cristaux globu taille moyenne, qui tendent à se regrouper en leux tendant à s'agréger en petits amas et en agrégats ; ils développent en leur sein de petites tourés d'un étroit liseré d'ouralitisation. La chlo poches d'une chlorite à polarisation bleutée qui rite est analogue à celle du groupe 5, mais bien se retrouve en plages bien développées entre les moins abondante. Par contre, on note de nomb feldspaths. On note également de petites poches reuses « bulles », vertes en Lumière Naturelle, bourrées de chlorite et d'actinote, assez comparbourrées d'un feutrage serré de très fines aiguilles ables à celles du groupe 6, mais bien moins d'actinote associées à un peu de chlorite. Sphène, abondantes. Les minerais se présentent sous deux quartz et calcite sont présents en petite quantité aspects : mottes compactes, irrégulières, paraistandis qu'on observe d'assez nombreuses mottes sant corrodées et grands cristaux squelettiques opaques irrégulières et de taille relativement complexes où les travées d'Ilménite ressortent importante. sur un fond paraissant mordoré en Lumière
Ce groupe comprend 6 pièces, géographique- Polarisée.
ment très dispersées. Ce groupe comprend trois pièces, dont une
Hache-Marteau, toutes localisées à l'Ouest de la
Groupe I.L. 7. Touraine.
Dolérite à grain assez fort et structure ophï-
Groupe I.L. 10. tique bien développée, toujours proche des pré
cédentes, mais profondément altérée. Sur un fond
Il s'agit cette fois d'une dolérite de filon, sans microcristallin confus, on remarque surtout l'oli-
doute relativement récente, nettement plus bagoclase en baguettes assez courtes, envahies par
sique que les précédentes. Le grain est moyen des nuages terreux de produits d'altération, qui
et la structure intersertale très nette. Le plagiose piquent dans de grands pyroxenes complète
clase, très frais, est une andésine assez calcique ment et régulièrement ouralitisés, ce qui leur
(An 40 à 50 %) qui se présente en belles lattes donne un aspect soyeux en Lumière Polarisée.
nettement zonées et souvent mâclées de façon L'ilménite forme des bâtonnets, des grains angu
complexe (albite, Carlsbad et péricline), mais leux et parfois des cristaux squelettiques ; elle
aussi en éléments massifs peu ou pas mâclés ; est enveloppée d'un nuage de leucoxène. Par
leur coalescence produit, microscopiquement, des suite de l'altération des minéraux, la surface
facules blanchâtres sur la surface des objets. Le patinée des objets présente un aspect grisâtre et
pyroxene, par contre, est entièrement transformé confus, nettement différent de l'allure normale
en une hornblende très verte, effilochée et chargée d'une dolérite. Ce petit groupe ne rassemble que
de nuages de petits grains de magnetite. La chlordeux lames, provenant de Bossay-sur-Claise.
ite, rare, présente des teintes de polarisation
pourprées et se cantonne dans de petites poches Groupe I.L. 8. où elle s'associe à un feutrage lâche d'aiguilles
d'ouralite. Le minerai forme également des Dolérite à grain moyen et très belle structure mottes très irrégulières paraissant provenir de ophitique, un peu plus basique que les précé
la coalescence de bâtonnets. dentes ; le plagioclase (An 40 % environ) forme
de belles lattes fortement mâclées (albite, péri- Ce groupe comprend 7 pièces, toutes localisées
cline et Carlsbad) et nettement zonées, qui se au Sud-Ouest de la Vienne.
343

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