Fouilles de Ténos. - article ; n°1 ; vol.26, pg 399-439

De
Bulletin de correspondance hellénique - Année 1902 - Volume 26 - Numéro 1 - Pages 399-439
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1902
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Hubert Dumoulin
Fouilles de Ténos.
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 26, 1902. pp. 399-439.
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Dumoulin Hubert. Fouilles de Ténos. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 26, 1902. pp. 399-439.
doi : 10.3406/bch.1902.3369
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1902_num_26_1_3369FOUILLES DE TENOS
Ls Sanctuaire de Poseidon et d'Amphitrite .
Topographie.
Le sanctuaire do Poseidon et d'Amphitrite, à Ténos, paraît
avoir été un des centrps religieux les plus importants de la
mer Egée C'est à lui que Ténos devait sa réputation d'île an
tique et sacrée «νη<ΐος άρχαίχ. και Upx υπαρχούση » (1). Les au
teurs anciens nous ont laissé peu de renseignements sur l'his
toire «lu sanctuaire Le géographe Strabon (2), qui parcourut
l'Archipel à la fin du premier siècle avant notre ère, rapporte
que le sanctuaire estgrandet remarquable, qu'il se trouvait dans
un bois sacré en dehors de la ville et qu'on y avait construit
de vastes réfectoires à l'usage des pèlerins venus des îles voi
sines y célébrer les fêtes de Poseidon. Le temple renfermait
les statues de Poseidon et d'Amphitrite, hautes de neuf cou
dées, sculptées au IIIe siècle par l'Athénien Télésias (3). Lors
que, sous Tibère, le sénat révisa les titres des sanctuaires qui
prétendaient au droit d'asile les habitants de Ténos invo
quèrent vainement, semble-t-il, un ancien oracle d'Apollon,
(1) CIG, 2335 = Flicks, Greek Inslor. inscr., n° 204 = Michel, Recueil, 394,
1. 37. Cf. Miliarakis, Κυκλαδικά, Athènes, 1874, ρ 72.
(2) Strahoa, X, 5, p. 487 : Τήνος o'è πόλιν μεν ου μεγάλην έχει, τό δ"' ιερόν του
Ποσειδώνος μέγα εν άλσει της πόλεως εξω, θέας άξιον" εν ώ και Ιστιατο'ρια πεποίηται
μεγάλα, σημεΐον του συν^ρ^εσΘαι πλήθος ίκανόν τών συνθυο'ντων αυτοΐς άίτυγειχόνων
τα Ποσειδώνια.
(3) Philochore, frg. 185 [Fragm. IJiil. Grxc, I, p. 414): Τελείου του 'Αθη
ναίου, ώς φηαι Φιλόχορος, έ'ργον ε'ισίν αγάλματα εννεαπήχη Ποσειδώνος και 'Αμφιτρί
της έν Τ^νω προσκυνούμενα. Cf. ibid , fr. 184 ; Overbeck, Griech. Kunslmylli.,
Poseidon, p. 238; Brunn, Geicli. d. griech. Kiinstler%, I, p. 280. FOUILLES DE TÉNOS 400
qui leur avait enjoint de consacrer une statue et un temple à
Poseidon (1).
Les textes épigraphiques ne sont pas plus explicites que les
écrivains : le sanctuaire de Poseidon est mentionné dans un
décret de la confederation des Cyclades, et dans quelques dé
crets de proxénie de Ténos, du second et du premier siècle
avant J C. (2). Au IIIe siècle, la confédération phocidienne
accorda le droit d'asile au sanctuaire de Poseidon et d'Am-
pliitrite et à l'île de Ténos. et donna cinq mines pour la con
struction du temple (έν ταν κατασκευαν του vacoO) (3). Dans le
compte de? liiéropes du temple d'Apollon délien, gravé sous
l'archontat de Démarès (180 avant J. G.), Ténos figure pour
environ la moit é de l'encaisse totale du trésor sacré (4). L'im
portance de cette somme (4"2135 diachmes) permet de se d
emander si, au milieu des troubles de la fin du IIIe siècle, le
trésor du temple de Poseidon ne fut pas mis à l'abri dans le
sanctuaire de Délos Peut-être aussi dok-on chercher un rap
port entre ce versement considérable et la dette contractée par
la confédération des Cyclades auprès du temple d'Apollon, au
commencement du III" siècle (5).
Les voyageurs qui visitèrent aux siècles derniers l'île de Té
nos ne donnent aucune indication précise sur l'emplacement
du sanctuaire (6). Ni Buondelmonti ni Spon n'en font men-
(1) Tacite, Ann., Ill, 63: Smyrnaeos oraculum Apollinis, cujusytimperio
Stratonicidi Veneri lemplum dicaverint, Tenios ejusdem carmen referre, quo
sacrare Neptuni effigiem aedemque jussi sint.
(2) C1G, 2329 à 2335. Cf. Michel, Recueil, 392,393 et 394; BCH,Vll (1883),
p. 243; XXIV (1900), p. 615.
(3) CIGS, III, 1, 97 = Ch. Michel, Recueil, 278. Cf. Paris, BCH, XI, (1887)
p. 332 n. 9; Élatée, p. 189 et 246.
(4) HC H, VI (1882), p. 6, 1. 4; ibid., p. 61 et 75.
(5) BCII, IV (1880), p. 327 = Dittenberger, Sylloge*, 209 = Ch. Michel,
Recueil, 387, I. 5 s.
(6) Pour la bibliographie: Forbiger, Handb. d. alt. Geogr. in Europa, 2e
éd. Hambourg, 1877, 111, p. 702 n. 74; Miliarakis, Κυκλαδικά, p. J.— Buon
delmonti, Description des îles de l'Archipel, éd. E. Legrand, Paris, 1897,
p. 47 et 203. — Spon et Wheler, Voyage dlla'ie, de Dalmatie, de Grèce et du
Levant, Lyon, 1678, I, p. 168. — Tournefort, Relation d'un voyage du Levant,
Amsterdam, 1718, I, p. 136. — Expédition scientiftqne de Morée, III, p. 2. — DE TÉNOS 401 FOUILLES
tion. Tournefort signale les restes du temple de Poseidon
comme une des curiosités de l'île; mais il ne put les aller voir.
La Commission scientifique de Morée les place à dix minutes
environ au dessus de l'église principale de Ténos ; c'est aussi
l'opinion du Ténien Moschatos et du géographe Bursian. Le
premier, L. Eîoss devina la situation exacte du sanctuaire, au
fond de la baie de il. Stavros, dans la petite plaine de Tsarn-
bia, au lieu dit Ktovta (les petites colonnes), à une demi-lieue
au Nord-Ouest de la ville moderne. Mais ni Koss, ni Mavro-
maras, Weil et Bent qui partagent son opinion, n'avaient relevé
sur les lieux d'indice confirmant leur hypothèse. Le Ténien
Giorgantopoulos crut voir les ruines du temple dans un amas
de blocs de pierre qui se trouvent en partie sur le rivage, en
partie sous les flots. Son erreur fut corrigée par Patroni, qui
reconnut là les restes d'un môle antique servant de débarca
dère aux pèlerins; le sanctuaire, devait se trouver dans le voi
sinage du môle, comme.lindiquaient les nombreux morceaux
de marbre encastrés dans les murs des champs.
Nous nous rendîmes à Ténos sur le conseil de M. Homolle,
dont l'attention avait été depuis plus de vingt ans attirée sur
cette île par les textes déliens cités plus haut et qui avait de
puis lors projeté de rechercher et touiller lt) sanctuaire de Po
seidon et d'Amphitrite.
Nous fîmes pendant les mois de Juin et de Juillet 190*2 des
sondages qui amenèrent la découverte de constructions an
tiques et d'inscriptions mentionnant le sanctuaire de Poseidon
et d'Amphitrite, et démontrèrent l'opportunité de fouilles sys-
Lacroix, Iles de la Grèce, Paris, 1853, p. 439. — Moschatos, De insula Teno,
Gôttingen, 1855. — Bursian, Geogr. von Griechenland, 1868, II, p. 448. —
L Ross, Heisen auf dea griech. Insein de* agaiscUe/i Jieeres, Stuttgart, 1840,
1, p. 14 et n. 6. — Mavroinaras, Περωδία της Τήνου, Athènes, 1865, p. 17 dit
que la destruction du temple de Poseidon date de la fin du XVIIIe siècle.
— R. Weil, Athen. Mitth.,ll, (1877), p. 59. — Bent, The Cyclades, Londres,
1885, p. 264. — Giorgantopoulos, Τηνιακά, Athènes, 1889, p. 35. — G. Pa-
troni, Alken. Mitth.,XX (1895), p. 397, où l'on trouvera un plan général de
Ténos et des environs. — Sur la géographie de Ténos, A. Philippson, Bei-
tràge zur Kennlniss der gnech. Inselwelt, Gotha, 1901, p. 20. FOUILLES DE TÉNOS 402
tématiques. La commission de l'établissement de la Panaghia
Evanguélistria, de Ténos, voulut bien prendre à sa charge
l'achat des terrains qui recouvraient le sanctuaire. De son
côté. M. Guillaume, ministre, et M. Rosseels, consul de Bel
gique, à Athènes, obtinrent le concours généreux de quelques
compatriotes s'intéressant à l'archéologie, en attendant que
notre gouvernement se décidât à subventionner les recherches.
Nous exprimons à tous ici toute notre reconnaissance. Nous
remercions aussi M. Nicolas Sakellion, représentant delà So
ciété archéologique, à Ténos de l'aide qu'il nous a prêtée au
cours des travaux et pour la lecture des inscriptions.
Les fouilles systématiques, commencées le 18 Août, prirent
fin le 27 Septembre. Nous donnons ci-dessous la description
du chantier; nous y joignons le catalogue des objets trouvés
dansées fouilles et les inscriptions du sanctuaire. Le croquis
ci-joint représente, à l'échelle de */1000, l'étendue totale des
fouilles (fig. 1): elles occupent près du rivage un espacerec-
tangulaire et couvrent environ un hectare. Le sol s'élève, du
Sud au Nord, en terrasses larges de 20 mètres et hautes de
deux mètres.
Outre de nombreuses constructions de basse époque, les
fouilles ont dégagé deux édifices importants, dont l'un paraît
être le temple de Poseidon et d'Amphitrite (A), l'autre, un des
réfectoires mentionnés par Strabon (B) et une exèdre (G).
A. Le temple.
A soixante mètres du rivage et à cent mètres du môle an
tique, nous avons mis au jour les substructions d'un édifice
ayant 16'" 10 de large et 20m90 de long. (1) La laçade prin
cipale en était tournée vers l'Est ; il comprend un vestibule,
un pronaos et une cella. à peu près carrée (6ra 10χ5ΐη·55).
Le stylobate, sur lequel reposait la colonnade, est haut de
Γ"·70 et est rattaché au sol, à l'Est et au Sud, par un esca-
(1) Le temple d'Athe'na, récemment découvert au cap Sunium, a sensibl
ement les mêmes dimensions (19"··χ 15m ). Staïs, Έψημ. Αρχ., 1900, p. 128. DE TENOS 403 FOUILLES
«■.Ά'.·.··"» Ί
tooo
«Λ,^ Α Γ Ι Ο Σ ΙΤΑΥ
Pig. J.
BULL. DE CORRESP. HELLÉNIQUE, XXVI. 404 FOUILLES DE TÉNOS
lier de six degrés, construit en pierre schisteuse. L'escalier est
à peu près intact à l'Est, tandis qu'au Sud il ne reste que cinq
degrés, conservés sur une longueur de huit à dix mètres. Les
substructions de l'édifice sont entièrement détruites à l'ouest;
mais le coin Sud -Ouest est encore visible. Le mur Nord de
fondation est conservé sur une longueur de quatorze mètres;
il est formé de blocs de schiste disposés en assises à peu près
régulières; l'intervalle qui existe entre les est comblé
avec de petites pierres non taillées. Comme le sol antique
s'élève à la fois du Sud au Nord et de l'Est à l'Ouest, l'esca
lier n'a pu compter qu'un ou deux degrés au Nord et à l'Ouest.
Le stvlohate se réduit ainsi à un rectangle ayant environ 12
mètres de large et 17 mètres de long. Le dallage en marbre
qui recouvrait les plaques de schiste a été enlevé partout ; il
ne reste aucune trace de colonne et il est impossible de déter
miner avec certitude la disposition de l'édifice On peut c
ependant admettre que le temple était périptère.
Nous avons retrouvé les fragments architectoniques(l) sui
vants, en marbre :
1°) un morceau de chapiteau dorique; cannelure, à la
gorge, 0m12.
2°) trois tambours de colonne, mal conservés, comptant 20
cannelures. Diam. 0m-75 et (Γ-82. Haut. lm-54 ; lm'32; 1 m.
3°) deux morceaux de l'architrave. Long. lm>75; larg. lra>50;
ép. (Γ-47. — Long. tra-70, larg. lm· ; ép. 0m27.
4°) un morceau de mufle de lion.
en terre cuite:
5°) un fragment de brique portant le trident et l'estampille
TTOCIA.
6°) une tuile portant le trident et deux dauphins.
Ces fragments, joints aux morceaux de sculpture repré
sentant des monstres marins et aux dédicaces faites à Poseidon
et à Amphitrite, nous autorisent à identifier l'édifice mis au
jour avec le temple de ces divinités. D'après les dimensions
(1) Cf. Patroni, Athen. Mittk., XX, p. 403. FOUILLES "DE TÉNOS 405
tb
-'--S' ^ÎW·-? V- Λ 'v- 406 FOUILLES DE TÉNOS
de l'architrave, on peut supposer six colonnes en façade et
huit colonnes en côté.
L'époque de la construction paraît devoir être fixée vers la
fin du IIIe siècle avant notre ère. C'est alors que la confédé
ration phocidienne accorda le droit d'asile au temple de Po
seidon et donna cinq mines pour sa construction (1). L'ancien
édifice avait sans doute été détruit au cours des ravages que
subirent les Cyclades au IIIe siècle (2).
Dans le voisinage immédiat du temple, nous avons dégagé
les constructions suivantes:
a) au coin Nord-Est, deux escaliers de basse époque, dont
Tun présente à son extrémité un morceau de base ornée de
moulures ;
b) à l'Est, une cour dallée en schiste, autrefois recouvert
de marbre ;
c) au coin Sud-Est, un soubassement en pierre (2m-75 χ
lm 35), deux murs dépoque byzantine et un banc demi-cir
culaire adossé à un dallage en marbre ; les trois blocs de
l'hémicycle sont marqués des lettres ΠΡ.
d) au Sud, un petit sanctuaire dont l'entrée est à l'Est
(7ίη·75χ 6ra#70). Le mura un parement extérieur de marbre
reposant sur un soubassement en pierre. Une fosse creusée à
l'intérieur du sanctuaire semble avoir servi aux sacrifices.
e) au Sud-Ouest, une conduite d'eau et des thermes dont
le sol et les murs porlent un enduit en plâtre. Des deux portes
de la pièce principale (7m-30x5 m.) il reste le seuil en
marbre avec les trous des scellements. De cette salle on
descend dans la chambre de bain par un escalier de trois
degrés.
f) à l'Ouest, le dallage de Pkileinos, en marbre (5m<40
X3m*65),orné aux coins de bases ioniques et portant le graf-
fite φίΛΕΙΝΟΟ, nom d'une famille riche de Ténos (v. p. 415).
Ce dallage semble avoir fait partie des thermes.
(1) Cf. p. 400, n. 3.
(2) Polyhe, IV, 16; XXVIII, 37; Diodore, XXVIII, 1. Cf. BGU, X, p. 122,,
et XI, p. 335. DE TÉNOS 407 FOUILLES
Le coin Nord-Ouest du temple est coupé par un long mur
(t4 m.) qui a été bâti avec les débris de l'édifice, mais qui est
antérieur aux thermes.
B. Le Réfectoire.
A cent cinquante mètres du rivage et à la limite septentrio
nale du sanctuaire, les fouilles ont dégagé, sous une mince
couche de terre, un édifice rectangulaire ayant 21m>70 de long
et 10m#90 de large. Le mur de fondation, épais de 0m-85, se
compose de blocs de schiste disposés en assises égales; les
joints sont verticaux. Sur ce fondement s'élève un mur plus
étroit (O'"'G2) formé de morceaux de marbre blanc soigneuse
ment taillés et reliés entre eux par de petites plaques de pierre.
Ce mur est conservé au Nord-Est jusqu'à hauteur de û"1 85.
L'intérieur de l'édifice est divisé en trois compartiments égaux
par des murs parallèles aux petits côtés. Le compartiment Est
comprend trois pièces de grandeur inégale. Aucune trace de
porte de communication entre ces pièces n'est aujourd'hui vi
sible. Au milieu du mur intérieur Est, deux grosses dalles
superposées semblent avoir servi de base à une colonne. Nous
avons retrouvé à proximité du mur méridional un fragment
de colonne lisse (diam. 0"'G5). D'après l'appareil des murs et
les morceaux de verre et de terre cuite trouvés au coin NE,
nous croyons que l'édifice appartient à l'époque romaine. On
peut y reconnaître un des réfectoires destinés aux visiteurs du
sanctuaire (1).
C. VExèdre (fig. 3).
Un sondage fait à 27 mètres au Nord du temple a amené
la découverte d'une exèdre, l'édifice le mieux conservé que
les fouilles aient mis au jour. A cet endroit le sol antique est
à 2m>50 au dessous du niveau moderne. L'édicule, entièr
ement en marbre blanc, a 10m<85 en façade et 4 mètres en pro-
(1) Strabon, X, 5, p. 487. Cf. p. 399, a. 2.

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