Four crématoire néolithique aux Matelles {Hérault) - article ; n°1 ; vol.11, pg 69-79

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Gallia - Année 1953 - Volume 11 - Numéro 1 - Pages 69-79
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Publié le : jeudi 1 janvier 1953
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Pierre Pannoux
Claude Pannoux
Four crématoire néolithique aux Matelles {Hérault)
In: Gallia. Tome 11 fascicule 1, 1953. pp. 69-79.
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Pannoux Pierre, Pannoux Claude. Four crématoire néolithique aux Matelles {Hérault). In: Gallia. Tome 11 fascicule 1, 1953. pp.
69-79.
doi : 10.3406/galia.1953.1320
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galia_0016-4119_1953_num_11_1_1320NOTES ET INFORMATIONS
NOTES
Four crématoire néolithique a signalé le lor mai 1950, la découverte
d'une diaclase dans la baume de falaise du aux Matelles (Hérault)
ravin de Coucolière 5 bis. Cette cavité, s
ituée entre les stations du Suquet et du Dominée par le pic Saint-Loup, cette
bois de Martin 4, se trouve à 300 mètres région des garrigues s'étale sur sa face
à droite de la borne hectométrique 0,5 du méridionale 'par plusieurs. « causses »,
km. 29 de la R. N. 586 de Montpellier- ceux de Cazeville et de la Figarède qui,
Ganges. se prolongeant sur le Sud, forment ceux
L'entrée, de forme ovale (2m,50 x 1 mètdes Matelles, Viols-en-Laval et Saint-
re), orientée au Sud, va en se rétrécisGély-du-Fesc.
sant sur 3 mètres pour livrer un passage Grâce aux travaux archéologiques de
de 1 mètre sur 0m,60, et c'est à partir de MM. Louis, D. Peyrolle, J. Arnal et du
cet emplacement et durant toute la desClan Archéologique des Chênes. Verts
cente que l'homme préhistorique modifia E.D.F., il a été possible de reconnaître nn
le couloir d'accès afin de faciliter le pasensemble de la •« Civilisation des Pla
sage de ses morts. Au départ, une dalle teaux»1 du département de l'Hérault;
plate et polie par l'usage, repose sur une toutes ces recherches ayant été faites au
construction en pierres sèches; cette Nord de nos gisements, nous nous som
pierre joue le rôle de seuil, et maintient mes trouvés à notre arrivée devant un
en place la porte de fermeture en calcaire véritable centre de préhistoire (inédit)
retrouvée à la base de l'aven. allant du paléolithique supérieurs au
Durant les 10 mètres de déclivité pour premier âge du fer».
une profondeur de 11 mètres, les parois Après plusieurs années de prospection
ont été redressées par taille,, et des points et de fouilles, nous restions surpris du
d'appui parfaitement polis ont été faits peu de sépultures mégalithiques par rap
par l'homme, afin de pouvoir passer les port aux stations environnantes du bois
corps qui étaient attachés repliés sur de Martin et du Suquet, où nous avions
eux-mêmes, à un bois de 2 mètres de long concentré toutes nos recherches. On nous
pour 0m,12 à 0m,15 de diamètre; des res-
(1) M. Louis, Préhistoire du Languedoc-
Roussillon, 1948. (4) Pannoux, J. Arnal, Congrès Internatio
(2) P. Pannoux, B.S.P.F., n08 1 et 2, jan nal de préhistoire et de protohistoire méditer
vier 1950, p. 23. ranéenne de Florence, 1950.
(3) P. et C. Pannoux, Sépultures et Rites (5) Visible de la R. N. 58G.
funéraires de l'âge des métaux. A paraître à (5 bis) Cavité découverte en 1940 par J.
l'Institut d'Etudes Ligures. Ségui et C. Monter, NOTES 70
G cjupe c/éise/oppée de /&
diac/ase eà de /'<a\/en
Trou souffleur
Corniche
Plan
de l'a\/en
Echell
12
Fig. 1. — Les Matelles (Hérault). Coupe et plan du four crématoire néolithique
de Suquet-Coucolière.
tes de ces brancards ont été retrouvés à culièrement fructueuses dans la diaclase
la base du couloir. d'entrée,, la salle n'offre aucune remarque
Arrivé sur la terrasse qui domine de nous permettant de nous représenter ce
lm,60 le niveau de la cavité, par un quart rite inconnu de l'incinération.
de tour le cadavre était glissé sur la part Longue de 10 mètres sur 3 de large,
ie lisse de gauche, tandis que les prépo les parois E.-S.-E. et O.-N.-O. de la grot
sés à la crémation utilisaient les esca te sont corrodées et désagrégées par le
liers de droite construits à cet effet (plan feu, prenant par endroits l'aspect d'une
fig. 1). Si les observations furent cheminée. FOUR CRÉMATOIRE DES MATELLES 71
A notre première descente, toute la ca de débris de vases à anses à flûtes de Pan
(un bord est décoré de pastilles pyramidvité était recouverte de cailloutage pris à
ales en relief) ; la parure est figurée par l'extérieur, comme le prouve la présence
six perles rondelles plates de 0m,012 à d'ammonites; au fond, et contre les parois,
de légers monticules de pierrailles à pe 0m,009 en test de coquillage; toutes ces
pièces reposaient sur le fond naturel de tits volumes dépassaient le niveau ini
l'aven, dans un mélange de cendres et tial, formé de pierres assez grosses dont
l'épaisseur vers l'entrée était de 0m,26 d'ossements humains fragmentés par le
pour 0m,27 à la base. Par suite de la recti feu.
On a trouvé en surface une scie en fication de la pente du couloir d'accès, une
pierre ou débris de bois lancé de l'entrée silex lacustre de toute beauté, pièce uni
arrive sans arrêt à la base du four. que et inédite tant par sa taille que par
ses proportions (long. 0m,202), qui est resAvant de décrire les strates, nous
tée le seul témoin de ce « Pseudo-Campi- croyons utile de présenter nos observa
gnien » au milieu de ce groupe de la lame: tions sur la façon dont était pratiquée
ce qui nous laisserait supposer la prél'incinération. Le mort toujours ficelé en
position fœtale était appuyé à un mur sence d'une incinération appartenant à
cette culture. construit contre la paroi, et dont le n
Sans être nettement séparée des autres iveau supérieur arrivait au sommet du
couches, cette strate est bien en place crâne; sur ce mur était disposé le vase
contenant le repas funéraire; la parure comme nous le prouvent les dépôts de ce
genre constatés dans plusieurs stations à était sur la poitrine et la pendeloque face
rapprocher de ce four; Fort-Harrouard à l'os xyphoïde; fixés à la ceinture, poi
gnard ou pointe de lance au côté droit, au niveau 2, Arène Candide au niveau 15,
et enfin à la grotte de la Madeleine 6 coupointes de flèches à gauche; rien devant
che 8 confirment nos observations tant le mort; un amoncellement de bois était
en stations que dans ce crematorium. disposé autour du cadavre sans atteindre
Le point le plus important à dégager la partie inférieure de la tête.
de cette couche est la présence de cette Après incinération, une partie des res
tes étaient prélevés pour être déposés civilisation caractérisée par la vaisselle
de Chassey au milieu de la « Civilisation dans les dolmens de la station. Afin de
des Plateaux » dans notre région. Il n'en préparer le foyer pour une autre ustion,
est pas moins intéressant de remarquer les restes étaient rejetés au fond de la
que ce sont ces hommes qui utilisèrent cavité.
Pour faire mieux comprendre notre les premiers ce four pour pratiquer l'i
ncinération quasi totale,, et ce fait nous stratigraphie, nous avons inversé inten
explique l'absence complète de ce genre tionnellement notre description. De bas
de mobilier en dolmens ou en tombes inen haut :
dividuelles du genre de la Léquière de Couche 4. — Derrière le mur de ferme Favas étudiée par M. Louis dans notre ture du couloir d'accès de la seconde salle région. (coupe flg. 1) et à la partie la plus basse
Couche de guerre. — Cette strate conde la cavité, nous avons découvert la cou
temporaine du niveau qui va suivre méri- che la plus ancienne de ce crematorium.
Le mobilier se caractérise, pour le silex
de six lames à section trapézoïdale, (long (6) Renseignements transmis par M. J. An-
de 0m,058 à 0m,03) ; et pour la .céramique, nal sur ses fouilles dans cette grotte. 72 NOTES
te d'être décrite à part en raison de son d'ossements humains contenant des flè-
caractère particulier, et de son importance clies à crans, nous reconnaissons un rite
pour la question dolménique dans notre funéraire particulier qui s'applique aux
contrée. combattants tombés pour la défense de la
La partie la plus profonde do la grolto tribu. La preuve nous est donnée par la
e^t constituée par un couloir de 1 mètre, présence dans les os des indigènes, des
d'une entrée en porte de four et d'une lièches à crans,, dont la répartition est
salle ovale de 2 mètres sur lm,30 : l'entrée nettement circonscrite dans la Lozère et
du couloir étant murée, cette salle se l'A\ eyron.
trouvait nettement séparée du reste du Cette découverte confirme les observa
tions de M. Louis sur la station de Font- gisement. Derrière la murette, nous
avons observé avec émotion la présence bouïsse 7, et celles du Dr. Prunière qui a
de trois vases individuels disposés en l exhumé des os de guerriers contenant des
igne, face à l'entrée; tous ces récipients traits de notre « Civilisation des Pla
étaient « tués » au fond et sur un bord, teaux » 8. Pour la première fois, il nous
c'est-à-dire percés ou brisés intentionnel est permis d'observer l'arrivée dans no
lement. tre région de ces Conquérants porteurs du
Comme pour le reste de la cavité, l'i cuivre et des dolmens, et de préciser le
ncinération avait dominé, mais sans net début de l'énéolithique méridional.
toyage et prélèvement do dépôt sépulcral. Couche 3. — Cette strate de môme ni
Par suite d'une incinération mal con veau que le dépôt que nous venons de
duite, il nous a été permis de reconsti décrire, s'incline légèrement vers la base,
tuer la partie supérieure d'un crâne pour une longueur de 3m,55 et sur toute
d'homme; l'os temporal droit étant par la largeur de la cavité; la couche archéo
tiellement absent, c'est à l'aide du galbe logique, d'une épaisseur variable de 0m,60
gauche qu'il nous a été possible d'obtenir à 1 mètre,, a été nettement séparée de la
l'indice céphalique de 74,55, ou dolichocé partie supérieure par un revêtement de
phale approchant la sous-dolichocéphalie. pierres sèches de 0m,20 à 0m,30 d'épais
Le mobilier, assez pauvre par rapport seur.
au reste de la fouille, se traduit par trois D'après les remarques faites en cours
petits vases «tués»,, pour la céramique, do fouilles et la présence de foyers len
(voir flg. 6). A la base du foyer il a été ticulaires à incinération assez mal déli
découvert quelques pointes de flèches mités et presque détruits par l'humidité,
(fig. 2) et une quinzaine de débris de ces nous pouvons attribuer ces incinérations
armes, tous ces traits à crans sont du à une période de troubles imputables à
modèle n° 501 du Mu$ée préhistorique de la présence des envahisseurs dans notre
G. et A. de Mortillet. région.
Le fait le plus marquant observé dans Cette couche est numériquement infé
ce dépôt funéraire est la présence d'csse- rieure en mobilier, mais supérieure en
ments humains contenant encore des fl valeur scientifique à tout le reste du g
èches du môme type que celles de la base isement. En pièces lithiques nous possé-
du foyer. Il est fort probable que ces pro
jectiles se trouvaient fichés dans les chairs
(7) M. Louis, D. Peyrolle, J. Arnal, Les • avant l'incinération.
fonds de cabanes énéolithiques de Fontbouïsse, Par l'absence d'armes, de parure, de Gallia, V, 2, 1947, p. 235.
céramique sans repa«. votifs, d'une inc (8) Dr. Prunière, A. F. A. S., 11e série, 1882.
inération sans prélèvement, et la présence p. 833. Fig. 2. — Pointes de flèches des couches 1, 2, 3.
Pic 3. — Ossements humains de la couche 4,
contenant des pointes de flèches; os amput
és; crânes trépanés et fracturés.
Fig. 5. — Poignards, pointes de lances et
hache en silex de la couche 2.
Fig. 4. — Parures des couches 1, 2, 3. NOTES 74
dons six poignards qui se caractérisent fémurs (fig. 3). La photographie est suff
isamment nette pour reconnaître les trapar deux techniques de taille, l'une de
ces de sciage en chevrons ou perpendiculCampigny et l'autre que nous avons dési
gnée par « Faciès des Matelles » puisque aires : il est indéniable vu la réparation
osseuse en cours d'une pièce dans son pour la première fois elle a été décou
verte en stratigraphie 9. De 0m,275 à canal médullaire, que nous nous trou
vons pour la première fois devant de? 0m,il5 de longueur,, nous avons 3 pièces
interventions chirurgicales de ce genre. à technique de Campigny et 3 autres en
Après comparaison des stries laissées sur taille des « Civilisations des Plateaux »,
la plus grande en silex du Grand-Pressi- les os avec celles produites par les divers
couteaux-scies de cette strate, nous avons gny reste un spécimen unique dans sa lon
découvert dans la pièce de la figure, le gueur, sa forme et son travail; d'une lar
geur maximum de 0ra,034 pour une épais premier bistouri préhistorique (flg. 7).
De ces diverses remarques et observatseur de 0m,005 et un poids de 77 gram
ions, il peut être admis une période enmes, nous observons qu'après la mise en
forme et les retouches très fines effec core troublée par la guerre, et la cons
truction et utilisation des dolmens dans tuées sur les bords,, l'arête dorsale a été
la région des Matelles. supprimée par un polissage transversal
pour atteindre la cote déjà citée. Cette Couche 2. — Située plus avant, et au- façon de travailler la pierre s'applique dessus de la couche précédente en direcégalement aux pointes de flèches, ha tion du fond de la cavité,, elle s'incline lches, etc. égèrement sur la paroi S.-O. (210°). SépaLes pointes de flèches, peu nombreuses rée de la strate supérieure par une épais(fig. 2), de forme foliacée ou losangique. seur \ariable de cendres et de pierres, nous ont permis d'observer un modèle elle s'étale sur toute la largeur de l'aven. particulier à cette couche,, en feuille de Quant à son épaisseur, elle est très imsaule très allongée; nous l'avons désignée portante, puisque par endroits nous avons par « type de guerre ». Quelques scies en 2m,25 de couche archéologique, parfaitesilex de l'éocène lacustre représentent ment conservée grâce à l'absence de toute l'outillage, tandis que la parure se manif humidité; cette couche présente un eneste par cinq pendeloques en tonnelet de semble admirable et homogène qui, grâce 0m,032 à 0m,024 de longueur, en argile à la présence du cuivre, nous permet de cuite sans dégraissant (fig. 4). situer pour la première fois cette époque Comme vases il a été exhumé une dizai énéolithique dans notre région.
ne de pièces, dont plusieurs sont intactes Les pièces lithiques sont d'une beauté et de toute beauté par leur parfaite con inégalée et d'une conservation remarquabservation; un seul récipient contenait un le (fig. 5). Douze poignards et pointes de repas funéraire; quant à la décoration elle lances,, montrent les mêmes techniques consiste en pastillage en relief et quelques que celles de la couche précédente et l'aincisions parallèles. pparition de la taille solutréenne : longues Parmi les ossements humains inciné de 0m,27 à 0m,10, ces pièces ont été faites rés et très fragmentés, il a été trouvé plu en silex en plaque de Téocène lacustre, sieurs cas de fracture crânienne, de tr silex en nodule, silex rubanné et en Grand-
épanation et d'amputation sur tibias ou Pressigny. Un poignard sur lame arquée
en silex rubanné de section trapézoïdale (9) II existe d'autres pièces de ce genre
à retouches très fines à la pointe et au provenant de dolmens. FOUR CRÉMATOIRE DES xMATELLES 75
anses sont caractérisées par de simples talon, sera pour ce gisement la pièce uni
que de ce modèle; une autre arme de ce protubérances ou languettes perforées ou
genre de travail campignien possède en imperforées, tandis que d'autres sont net
tement funiculaires comme dans nos stacore son manche en bois de cerf. Quel
tions. La décoration assez simple est vaques pointes de lances à technique solu
tréenne et encoches basilaires sont de riée, représente toujours le pastillage en
véritables joyaux de cet âge. Quant au relief de la couche précédente et s'accom
faciès de la « Civilisation des Plateaux », pagne de nouveaux motifs : petits creux
il 'lomine le lot par un polissage et une ronds ou ovales, traits parallèles aux
bords, chevrons symétriques ou assymé- mise en forme qui se reconnaissent très
facilement par des retouches très fines sur triques, enfin un dessin assez rare en for
une face, ou sur pointe et talon, et par me de guirlande qui se déroule sur la
panse par plusieurs éléments superpo- un polissage longitudinal particulier.
'ér
Fig. 6. — A gauche, vase avec repas funéraire ; au milieu, vase entier ; à droite, vase « tué ».
ses 10. Nous ajouterons le type de Font- Les pointes de flèches sont nombreuses
bouïsse, u c'est-à-dire 4 ou 5 traits horiavec des formes variées, feuilles de saul
zontaux alternant avec d'autres verticaux. e, losangique avec pédoncule et encoches
légères qui donnent le départ aux bar- Plusieurs vases contiennent encore le
belures (fig. 2). repas funéraire; par l'exhumation d'une
Les couteaux-scies et scies sont très incinération non bouleversée et accompa
abondants et évoluent vers une forme en gnée de tout son mobilier^ ie récipient
lame de couteaux du Bronze inférieur utilisé à cet effet a été découvert avec son
contenu reposant sur le bloc de pierre (fig. 7).
La céramique est composée unique disposé au niveau de la tête; toutes ces
pièces possèdent sur un côté de forts coups ment de vases individuels à une seule
anse (diamètre de 0m,08 à 0m,"07). Plusieurs de feu, qui confirment leur position du
petites coupelles servaient de lampes à rant l'ustion (fig. 6).
huile comme le prouve une pièce décou
verte avec sa mèche tressée. Les formes (10) La céramique néolithique aux Matelles,
à paraître à l'Institut d'Etudes Ligures. varient du récipient à fond rond et bords
(11) M. Louis, v. supra, n. 7. droits, à celle en « bombe » avec ouver (12) Cette incinération est reconstituée au
ture plus ou moins fermée; une seule Musée du Centre d'études préhistoriques de
coupelle à fond plat est à signaler. Les l'Université de Montpellier, aux Matelles. NOTES 76
de sus serofa férus, mandibules de canis La parure, largement représentée, est
dominée en nombre par la petite perle familiaris et castor fiber, etc. ont été per
cées selon la méthode et les emplacements en rondelle plate en steatite, ou en car
habituels (fig. 4). bonate de chaux amorphe (diamètre va
Le cuivre se traduit à la base de la couriant de 0m,01 à 0m,004) ; toutes sont per
che par deux perles en lamelles, et pour cées d'un trou bi-conique. D'autres mo
la' coquetterie de le haut, par trois en métal moulé; queldèles donnent l'idée de
ques épingles à section carrée de 0m,004, ces indigènes qui font perles ou pendelo
longues de 0m,175, ont été pliées au tiers ques de tout ce qui se perce ou se tra
de la longueur à un angle de 125°, termivaille bien; la perle papillon en calcaire,
nant le peu d'éléments composant l'arricalcite ou en os du type n° 770 du Mus
vée du cuivre,, et dont le poids total atée de G. A. de Mortillet accompagne
teint 34 grammes. tout un assortiment de pendeloques, tel
les que celles en tonnelet à perçage bi- Toutes les pièces de parure ont été uti
conique en marbre, serpentine, calcite, etc. lisées. Grâce à un ensemble aussi homog
(longueur 0m,04 à 0m,009 pour un diamèt ène, aux différents angles d'usure des
re de 0m,017 à 0ms009), ou d'autres en os pièces et à la présence d'un petit élément
à corps cylindrique décorées de traits cir monté sur son lien, il nous a été possible
culaires superposés avec extrémités coni de reconstituer un collier entier, de con
ques dont une a été percée d'un trou bi- naître les vêtements portés sur la poi
conique de suspension; dents de canis trine, et d'attribuer ces modestes bijoux
familiaris et vulpes, ursus arctos, défense à l'homme.
Fig. 8. — Couche 2. Bois portant des traces Fig. 7. — A gauche, couteaux-scies; à droitp,
scies. Le n° 1 en haut à droite est le d'abattage à la hache en pierre polie.
bistouri-scie. FOUR CRÉMATOIRE DES MATELLES 77
Fig. 9. — Statuettes en terre cuite, masculine et féminine, de la couche 2.
(3 1/2 et 2 fois grandeur naturelle)
avec une herminette à la façon de S.O.M. Comme rien ne manque à cette fouille,
nous présenterons deux petites statuettes sont à la base du foyer, tandis que plus
haut, un modèle ovoïde allongé en serpenen terre cuite (flg. 9). L'une, la « Vénus des
tine se trouvait avec une jolie pièce en Matelles », représente une femme, l'au
tre plus petite et plus simple, schématise jadéïte. Ce chapitre sera complété util
ement par des restes de bois non consumé, un homme. Si jusqu'à nos jours ces
figurines sont uniques dans leur genre et dont plusieurs troncs portent distinct
ement des traces d'abattage à la hache pour cette civilisation des plateaux, il est
à remarquer que cette coutume de dépo polie (fig. 8) ; à mentionner une planchette
ser à l'incinération ces représentations décorée, un petit manche en buis travaillé,
et une partie d'archet de perçage ou humaines n'est pas un fait unique, puis
que dans ce niveau il a été récupéré plu d'anse de panier.
Faune. — Cerf, cervus; sanglier, sus- sieurs centaines de débris (bras, jambes,
têtes, etc.). La destruction est imputable scrofa; chèvre, capra hircus; lapin, lepus
au manque de dégraissant et à une cuis canivalus; lièvre, lepus timidus; souris,
son prématurée. mustela sylvaticus; deux dents de bovidés.
L'industrie osseuse n'est pas absente; Oiseaux : merle, turdus merula; et quel
des épingles à cheveux sur éclat de cubi ques os de colombins, escargots helix
tus de cerf, accompagnées de poinçons, nemoralis.
perçoirs, etc. du type classique; mobilier La flore, plus restreinte, se signale par
sans importance, sinon par quelques ai quelques pépins ou noyaux, cerise, prunus
guilles sans chas. avium; olive sauvage, pomme, pirus mal
La hache fait partie de ce magnifique us; poirier, pirus commurus.
Les ossements humains sont en quan- dépôt : haches en silex à taille grossière

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