Grands outils de pierre polie du Sahara nigéro-tchadien - article ; n°2 ; vol.65, pg 629-641

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1968 - Volume 65 - Numéro 2 - Pages 629-641
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1968
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Paul Huard
Jean-Marie Massip
Bruna-Rosso
Grands outils de pierre polie du Sahara nigéro-tchadien
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1968, tome 65, N. 2. pp. 629-641.
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Huard Paul, Massip Jean-Marie, Bruna-Rosso . Grands outils de pierre polie du Sahara nigéro-tchadien. In: Bulletin de la
Société préhistorique française. 1968, tome 65, N. 2. pp. 629-641.
doi : 10.3406/bspf.1968.4173
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1968_hos_65_2_4173Bulletin de la Société préhistorique française, Tome LXV, 1908.
Grands outils de pierre polie
du Sahara nigéro-tchadien
PAR
P. HUARD, J.-M. MASSIP et le Dr Bruna ROSSO (1)
Si l'on met à part les meules dormantes nombreuses et de rares
pilons allongés, les grands outils de pierre polie (dépassant 200 mm)
restent des exceptions parmi les milliers de pièces recueillies en
divers secteurs du Sahara algérien, sud-central et occidental, alors
qu'ils sont abondants dans le Nord du bassin du lac Tchad et, au
contraire, absents du Tassili, du Fezzan, de la Libye intérieure et
du Sahara oriental.
Les beaux spécimens de grande taille du Ténéré, connus par
l'Exposition et les publications des Missions Berliet (2) sont cepen
dant beaucoup moins nombreux que ceux livrés par les confins
nigéro-tchadiens et le Tibesti-Borkou-Ennedi, où une soixantaine
de pièces de types divers, recueillies en 29 sites de surface posté
rieurement aux missions Dalloni (1930-31 et 1944) sont répertoriées
dans le présent travail.
Ce sont, en partant des types les plus généralement répandus :
des meules dormantes, de grands pilons ou rouleaux ; des haches
en boudin, à gorge ou à bourrelet, sans gorge ; des pics, outils
aratoires, sphéroïdes, pierres percées en forme d'anneaux, disques,
bipennes.
Nous remercions les capitaines Lagane, Carlier et Southwell, les lieutenants Bellec,
Casterès, Fevai, les adjudants-chefs Guatteri et Santamaria, O. Lopatinsky pour la commun
ication de documents inédits ou de renseignements sur les confins nigéro-tchadiens et
le Tibesti ; le capitaine Scheyer à qui l'on devait la collection du poste de Zouar,
aujourd'hui dispersée ; M. Bruna Rosso, père du regretté médecin du Tibesti, qui nous
a ouvert la collection de son fils ; le Dr Bréaud et le sergent Thony, dont nous avons
utilisé les trouvailles faites au Borkou et en Ennedi ; enfin le Professeur R. Mauny, à
qui nous devons d'utiles termes comparatifs pour l'Ouest africain.
La limite basse de 200 mm retenue pour les outils actifs n'est
pas arbitraire ; elle ouvre effectivement le seuil des dimensions
exceptionnelles dans l'ensemble du Sahara. Pour les sphéroïdes,
anneaux, disques et autres pièces rares, nous avons donné les spéc
imens les plus volumineux, dont la plus grande dimension ou le
(1) Auteur de recherches préhistoriques dans la région de Bardai, décédé acciden
tellement en Mauritanie en 1965.
(2) Exposition des Missions Berliet au Sahara. Catalogue préfacé par Th. Monod.
Musée de l'Homme, Paris, 1961. Documents scientifiques des Missions Berliet, publiés
sous la direction de H.-J. Hugot, Paris, 1962. řERCES HACHES A O0R6£ 8
pilons „, haches V Pics
0 HACHES POLIES
4 0UTÍL4 ARATOÍRES SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 631
diamètre n'atteignent pas toujours 200 mm. Les matières premières
sont variées : le plus souvent des grès ou quartzites, parfois des
granites et des roches éruptives (basaltes et rhyolites) dans la zone
du Tibesti.
1. Meules dormantes.
Les très grandes meules dormantes ne sont pas rares au
Sahara. Au Nord du Hoggar, H. Lhote (3) a signalé une meule polie
sur toute sa surface mesurant près de 80 cm X 55 cm. Le capitaine
Le Rumeur (4) a publié une meule plate subrectangulaire de Tamaya
Mellet, à l'Ouest de l'Air méridional, de 50 X 38 cm.
Dans le champ de notre étude, ce sont des produits industriels
trouvés dans les plaines. Au Ténéré, où une meule de 61 kilos
était connue, les Documents Berliet ont mentionné une meule de
60 cm (5). Les ébauches de meules de Grein mesurent 50 à 70 cm (6).
Absentes au Tibesti, les grandes meules reparaissent au Sud et
au Sud-Est du massif. En Ennedi, celle de Babakoi (Basso), énorme
et inamovible, a acquis un caractère sacré et les indigènes y dépo
sent des offrandes pour honorer la mémoire d'un lointain ancêtre
Toala.
Les grandes meules du Sahara nigéro-tchadien présentent plu
sieurs types. Celles de Grein, en forme de demi-amandes à surface
de travail bombée, qui semblent avoir été destinées à l'exportation,
d'après leur nombre, et les meules en forme d'enclumes (7) au
socle épais subconique sont propres au Ténéré. Les formes ellip
tiques et épaisses, plus répandues, devaient appartenir à des
sédentaires ou à des semi-sédentaires revenant périodiquement dans
les mêmes habitats. Les pièces ellipsoïdes portant deux encoches
latérales, qui leur donnent l'apparence de boîtes à violon (Gosso-
lorom, Ténéré, Hugot ; Gouro, Massip), semblent avoir été destinées
au transport par des bêtes de somme, bœufs (8) ou ânes. Enfin,
il existe de grandes meules carénées et évidées, travaillées sur les
deux faces, de transport aisé malgré leurs dimensions. Destinées à
des nomades, elles devaient être calées dans le sol pour l'emploi.
Au Sud-Ouest du Tibesti, près de Kichi-Kichi, deux meules
ovoïdes façonnées dans un grès siliceux jaune, mesurant 480 X
240 mm, avec une épaisseur constante réduite à 30 mm, appar
tiennent à ce type. Récoltées en 1949 par le Lieutenant Faugeras,
elles faisaient partie de la collection de Zouar.
Au Borkou, en 1949, la première piste auto Fada-Largeau
était balisée, sur le tronçon passant au Nord de la mare d'Ellema,
(3) H. Lhote. — Les Touaregs du Поддат, 1955, p. 63.
(4) ... (Cap. G. Le Rumeur). — Les témoins d'une civilisation ancienne dans le
cercle de Tahoua. Bull. Com. Et. Hist. Scient. A.O.F., XVI, 2, 1933, pi. II.
(5) J. Tixier. — Le Ténéréen de l'Adrar Bous III. Doc. Berliet, p. 342.
(6) H.-J. Hugot. — Premier aperçu sur la préhistoire du Ténéré. Doc. Berliet, p. 176.
(7) Hugot, ibid., pi. XIV.
(8) Huard. — Figurations sahariennes de bœufs porteurs, montés et attelés. Rivista
di Storia dell'Agricoltura, Rome, 4, 1962. — Nouvelles figurations sahariennes et nubo-
soudanaises de bœufs porteurs, montés et attelés, B.S.P.F., avril 1968. 632 SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE
par des cairns formés de grandes meules éolisées, complètes ou
brisées, en majorité épaisses, trouvées sur place. Certaines étaient
allongées, creuses et carénées, et l'une d'elles mesure 48 cm
(coll. Huard).
En Erdi, on trouve de grandes meules larges, plates et minces,
ovoïdes ou subcirculaires dépassant 50 cm (Cap. Courtet).
Les mortiers de pierre, dont l'IFAN possède un grand spécimen
de Guir (N. de Tombouctou), sont exceptionnels au Sahara tchadien.
Celui de Bardai publié par L. Pellegrini (9) est de dimensions
moyennes avec une base massive aux parois verticales.
2. Les pilons allongés.
Sous ce nom il est d'usage de désigner des outils allongés,
taillés dans des roches dures, bouchardés et souvent polis, dont la
longueur (moyenne de 50 cm) peut atteindre près de 90 cm, avec
une section généralement subcylindrique ou fusiforme de 50 à
90 mm de diamètre.
Deux fragments cylindriques du Hoggar ont fait supposer (10)
qu'ils ont pu servir à écraser des graines en les roulant. Le capi
taine Le Rumeur (11) a pensé que 4 pièces de Tamaya Mellet, lon
gues de 20 à 30 cm, à section ellipsoïde ou en demi-cercle réunis
par des segments plats, ont été utilisés au broyage en travaillant
parallèlement à leur grand axe. Cependant, sur 16 pilons allongés
ou fragments conservés à Alger au Musée du Bardo (12), deux
seulement sont parfaitement cylindriques. Les autres ne sont pas
assez réguliers pour permettre le broyage par roulement. De plus,
presque tous ces pilons (dont les deux cylindres vrais) ont les
extrémités amincies et souvent symétriques : en pointe, en téton,
arrondies ou de section droite, suggérant un emploi par percussion.
Pour M. Gast, ces « rondins de pierre », en nombre « extra-
ordinairement faible » au Sahara algérien par rapport aux milliers
de meules et de molettes néolithiques recueillies, sont trop lourds
et non nécessaires pour écraser des graines au mortier et ils auraient
eu un usage « indéterminé et probablement non alimentaire ».
Au Sahara nigéro-tchadien, à part un pilon subtriangulaire de
585 mm du Ténéré (13), presque tous les instruments de ce genre,
souvent brisés à cause de leur fragilité aux chocs latéraux, recueillis
aux abords du Tibesti, ont une extrémité affûtée en biseau généra
lement oblique et une longueur de l'ordre de 60 cm. Les points de
recueil ont été :
— 30 km de Dao Timni sur la piste de Madama (Lt Casterès,
1951) ;
(9) L. Pellegrini. — Mondi perduti. Domenica del Coriere, 30, 24-7-1966.
(10) Hugot. — Recherches préhistoriques dans l'Ahaggar nord occidental, Paris,
1963, p. 116.
(11) Le Rumeur, 1933, p. 16.
(12) M. Gast. — Les « pilons » sahariens. Libi/ca, Alger, XIII, 1965, 311-324.
(13) Tixier, 1962, p. 343. SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 633
— la dépression de Zouar (cap. Scheyer, 1949 ; Lt Bellec,
1961) ;
— Benimadoa, au Nord de Bardai (Dr Bruna Rosso) ;
— Bardai (L. Pellegrini, 14).
A Gouro, le capitaine Simon, de la lre mission Dalloni (15),
recueillit un important fragment de grand pilon de balsate noir
celluleux pesant 785 grammes, de section ronde, à l'extrémité so
igneusement effilée en pointe, semblable aux pilons de pierre qui
servaient naguère, au Soudan français, à écraser des graines au
mortier.
Nous pensons que ces pièces sont effectivement des pilons et
leurs biseaux intacts donnent à croire qu'ils ont servi avec des mort
iers de bois, dans une région où les mortiers de pierre sont excep
tionnels, mais où les outils de pierre polie convenant au travail du
bois abondent. Ces lourds pilons, pouvant peser 5 ou 6 kilos,
devaient servir à concasser des matières dures, comme les noix du
palmier doum (Hyphœne thebaïca), dont on tire une décoction
sucrée et qui, broyées, sont un aliment de disette pour l'homme
du Tibesti et une nourriture normale pour les chèvres, au même
titre que les noyaux de dattes.
3. Haches boudins.
La distinction est parfois difficile à faire entre les haches
boudins, fréquentes au Sahara central (Hoggar, Ténéré) et les pilons
brisés à extrémités effilées ou biseautées.
Au Sahara nigéro-tchadien, les haches boudins, qui ont pu
servir de pilons et de haches, atteignent une trentaine de centi
mètres, leur section étant sensiblement ronde, avec une extrémité
taillée en biseau et souvent dissymétrique.
Les 7 pièces de grandes dimensions recueillies au Sahara tcha-
dien sont, de l'Ouest à l'Est :
— hache boudin en grès nubien rose de la région de Toummo
(E. 14° 1Г - N. 22° 39'),1 Dalloni (16) ;
— hache boudin du plateau de Zouar, en grès vert précamb
rien, 240 mm, Dalloni (16) ;
— hache-pilon en grès noir de la région de Zouar avec une
gorge peu marquée et vin biseau oblique très dissymétrique, 300 mm,
cap. Massip ;
—en grès noir, région de Zouar, avec une extré
mité amincie et biseau émoussé, 220 mm. Coll. de Zouar, pièce
déposée à la Préfecture de Faya-Largeau ;
— hache boudin en grès noir, de section ovale avec biseau
droit émoussé (210 mm X 32 mm). Coll. de Zouar, pièce déposée
à la Préfecture de Faya-Largeau ;
(14) Pemjîorini, 1966.
(15) Dallom. — Mission au Tibesti. Mém. Acail. Sciences, t. (52, 1935, p. 191.
(16) Dai.lom. — scientifique du Fezzan, t. VI. Insl. rech. Sahr., Alger, 1948. SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 634
— hache boudin en quartzite noir avec extrémité effilée, région
de Tekro, Borkou oriental (E. 20° 58' - N. 19" 30'), Dr Bréaud,
1961 ;
— hache de Tebi (Mourdi), E. 21° 57' - N. 17° 50, 215 X 70 mm,
sergent Thony.
La hache de l'Ehi Mountou, au Sud de Bilma (220 mm), publiée
par Hugot (17), est fusiforme.
4. « Haches » à gorge et à bourrelet.
Ces dénominations traditionnelles se rapportent à des outils
de roches dures, aux modes de fixation complémentaires et souvent
associés, dont les dimensions varient, dans leur état actuel, de
plus de 35 cm à moins de 10 cm (18).
Ils ne peuvent être des haches lorsque leur section longitu
dinale est fortement biconvexe et symétrique avec un tranchant
arrondi, et rarement des instruments aratoires, qui gagnent à avoir
un profil dissymétrique facilitant la pénétration dans le sol et pour
lesquels il n'est besoin ni de pierre dure ni d'affûtage soigné. Les
haches à gorge du Maroc servaient à l'extraction du sel.
L'aire de répartition des outils à gorge et à bourrelet est de
prévalence méridionale et orientale au Sahara. Sur le Nil, les plus
anciens, non tranchants, sont au Fayoum (Gaton Thompson) et à
Nagada (Quibell, Pétrie). On en trouve plus tard en Nubie (Armant,
Myers), dans la culture des pasteurs du Groupe С (Firth, Emery),
au Gilt" Kebir (Myers, inédit) et au Soudan (Arkell, Newbold).
Au Sahara tchadien, on distingue deux ensembles nom
breux (19) :
— l'un en Ennedi-Erdi-Mourdi-Ounianga, qui comprend des
outils très tardifs (20) se rattachant aux formes soudanaises de
l'ouadi Haouar et représentant des influences culturelles du
Groupe С de Nubie (21) ;
— l'autre, qui couvre les lisières sud et ouest du Tibesti, les
confins nigéro-tchadiens, le Ténéré (Reygasse), appartient au com-
(17) Hugot, 1962, pi. XII.
(18) Une hache du Borkou (coll. Huard) à tète ronde, gorge et double bourrelet, en
quartzite, mesurant dans son état actuel 95 mm, dont 43 mm de partie utile a été
fortement réduite par des affûtages répétés.
(19) Huard et Massip. — Outils à gorge et à bourrelet du Sahara nigéro-tchadien.
Cette monographie en préparation met en œuvre plus de 200 outils. Au Tchad, les
localisations des haches à gorge sont faussées du fait que les indigènes les recherchent
pour les vertus attribuées à ces pierres-génies, manda. Objet d'un commerce en Ennedi,
elles ont eu un usage votif au Borkou. Celles que les Teda continuent à déposer dans
un abri sous roche du Tibesti central ont fini par former un dépôt. D'autres dépôts
hétérogènes existent à Benimadoa et à Soui. D'autre part, une partie des lourds outils
polis récoltés aux environs de Zouar peut provenir du délestage de méharistes qui,
pendant 50 ans, y ont établi périodiquement leurs « carrés ».
(20) G. Bailloud. — Mission des confins nord du Tchad. Préhistoire et archéologie.
Avant-projet de rapport, Paris, Musée de l'Homme, 1958.
(21) Huabd. — A propos des bucrânes à corne déformée de Faras, Nubie, Kush,
XI, 1963. — Etat des recherches sur les rapports entre cultures anciennes du Sahara
tchadien, de Nubie et du Soudan. Bibliotheca orientalis, Leyde, XX, 5-6, 1964. —
Influences culturelles transmises au Sahara tchadien par le Groupe С de Nubie. Kush,
à paraître. — Le Tibesti, carrefour de la préhistoire saharienne, Arthaud, 1969. SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 635
plexe industriel du Ténéréen (22), pour lequel on dispose d'une
datation de 3450 rn 150 av. J.-C. (23). Ce sont des haches puissantes,
dont de très beaux spécimens ont été publiés par L. Balout et
présentés à l'Exposition Berliet, en particulier la hache de Mer
guigara (coll. Berliet). A l'Ouest du Ténéré, on a trouvé des haches
à gorge moins nombreuses au Nord de l'Aïr (Lhote, In Azaoua),
au Hoggar (Hugot ; Maître, inédit) ; à Asselar (J. Gaussen) et
ailleurs : au Calabar (R.A. Kennedy), au Maroc (Ruhlmann), à
Monbassa (S. Cole).
Ces deux groupes interfèrent au Borkou. Le Dr Bréaud (1960)
a trouvé à Fochi, près de Gouro, deux haches à gorge et bourrelet
de 215 et 175 mm, dont les formes ont des homologues à Zouar
et à Fada (Ennedi), une hache de 180 mm, de forme large.
Les plus grandes haches inédites des confins nigéro-tchadiens
et du Tchad sont, de l'Ouest à l'Est :
20° 12'), — une 300 hache X 140 à bourrelet mm, Cap. proche Lagane de ; Seguedine (E. 12° 58' - N.
— deux haches à gorge en grès clair de Merguigara (E. 13°
40' - N. 19° 56'), 240 X 90 mm et 260 X 100 mm, Lt Fevai ;
— une hache à gorge de Merguigara, 300 Lt Carliet ;
—à en grès noir d'Arsa Lulu (E. 15° 54' -
N. 20° 44'), 200 mm, Adj. chef Guatteri ;
— une hache à gorge en grès précambrien de Dafra (E. 15° 57' -
N. 20° 52'), 210 mm, Cap. Massip, 1964, Musée de Fort-Lamy ;
20° 51' — une =, 210 hache X à HO gorge mm et ; tête Lt Casterès ronde de ; l'Enneri Mi (16° 05' - N.
— une à gorge d'Adaou (E. 16° 18' - N. 19° 48'), 200 mm,
Cap. Southwell, 1962 ;
— une hache à gorge de Bini Drousso (E. 16° 18' - N. 19° 05'),
205 X 105 mm, Lt Casterès, 1950, coll. Huard ;
— une hache à gorge et bourrelet en grès noir de Bénimadoa
(E. 16° 30' - N. 21° 50' 30"), 350 X 120 X 65 mm, poids 4,6 kg,
figure 2, n° 1, Dr Bruna Rosso, 1962. Ce chercheur et O. Lopa-
tinsky ont recueilli de nombreuses haches à gorge dans un dépôt
du site. Nous en avons vu deux mesurant 235 et 225 mm, mais
certaines dépasseraient 400 mm ;
— deux haches à gorge de la région de Zouar (E. 16° 32' -
n° N. 20° 27'), vraisemblablement en grès fin noir, 205 mm (fig. 2,
4) et 210 mm, collection de Zouar, pièces déposées à la Préfec
ture de Faya-Largeau ;
— une hache à gorge de grandes dimensions de Tougoumala
(E. 16° 38' - N. 18° 50'), Lt Laboubée (t), 1948 ;
— une hache à gorge et à bourrelet de Gouro (E. 19° 34' -
N. 19° n° 2), Cap. Massip ; 32'), 270 X 210 mm, poids 4,8 kg (fig. 2,
n° 3), —223 une mm, hache Cap. à Massip, bourrelet 1964, en quartzite Musée de noir Fort-Lamy. de Gouro, (fig. 2,
(22) Tixieh, 1962.
(23) G. DKLiBniAS et Hugot. — Datation par la méthode du C.14 du Néolithique de
l'Adrar Bous III, Ténéré. Doc. Berliet, p. 71. 636 SOCIÉTÉ PREHISTORIQUE FRANÇAISE
Fig. 2. — Grands outils polis inédits du Sahara tchadien, photos. 1 : Benimadoa,
350 mm, Bruna Rosso. — 2, 3 : Gouro, 270 et 223 mm, Massip. — 4 : 205 et
200 coll. Zouar. — 5 : Gour, outil aratoire, 220 min, — 6 : dépôt
néolithique de Soui, Santainaria. — 7 : Largeau, 143 mm, — 8 : Demi,
238 mm, Massip. SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 637
Les grands outils à gorge sont donc beaucoup plus nombreux à
l'Est qu'à l'Ouest de la frontière entre le Niger et le Tchad, et
concentrés : à Merguigara, dans les confins nigéro-tchadiens ; à
Benimadoa en lisière nord du Tibesti ; en lisière occidentale dans
le secteur de Zouar ; dans les plaines au Sud-Ouest du massif,
enfin dans la région de Gouro.
Cette densité exceptionnelle contraste avec le vide de la Libye
intérieure, du Fezzan et du Tassili, à cet égard.
5. Haches polies sans gorge.
Ces outils sont également nombreux au Sahara nigéro-tchadien,
en particulier dans les plaines au Sud-Ouest du Tibesti, aux abords
du 19" parallèle (secteur : Bella Erdé, Ehi Bri, Bodichi, Fochi
Salarméj, mais l'échelle des tailles est plus basse que celle des
haches à gorge, avec moins de grandes pièces, qui ne dépassent pas
250 mm (24) et de nombreuses petites (notamment des herminettes)
pouvant descendre à quelques centimètres.
Les grandes pièces récoltées au Sahara tchadien sont de types
variés : plates et larges, subtriangulaires à tête pointue ; subrec
tangulaires, etc.). Les spécimens recueillis sont :
— 2 haches en grès gris de la région de Dafra sur la frontière
du Niger, de forme subrectangulaire allongée, avec tranchants
émoussés (200 mm, Cap. Massip, 1964, Musée de Fort-Lamy) ;
— 4 haches de la région au Sud de Zouar, collection du poste :
une subtriangulaire de 222 mm en grès noir ; une à tête ronde et
tranchant large, 220 mm ; deux autres de 200 mm, plus plates,
sensiblement rectangulaires, avec talon arrondi, déposées à la Pré
fecture de Faya-Largeau ;
— 1 hache subtriangulaire allongée noire, recueillie à un jour
de marche au Nord de Tougoumala (Sergent chef Féat (t), 1964) ;
— 2 grosses haches polies de la même région (Lt Laboubée (t),
1949).
Il est possible que certaines « haches » plates sans gorge aient
eu un usage aratoire.
6. Pics.
Plusieurs grandes pièces qui entrent difficilement dans les
catégories des haches et des pilons semblent être des pics (25). Leur
section est ronde, le talon arrondi et l'extrémité taillée en pointe.
Ils sont à la fois taillés à grands éclats et polis sommairement.
(24) Ниоот, 1962, p. 153, grande herminette en grès non polie, Guelb Berliet.
(25) Un « pic de mineur » de Mauritanie, long de 482 mm, a été publié par Mauny et Hollenians, Préhistoire et protohistoire de la ré»ion d'AJcjoujt, in Proceed. IIIe Pun'f.
Cony. on Prchisl. Livingstone, 1955, Londres, 1957, p. 225.

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