Guide descriptif du Mont-Saint-Michel, par Édouard Corroyer. Description de l'abbaye du Mont-Saint-Michel et de ses abords, par le même. Saint-Michel et le Mont-Saint-Michel, par Mgr Germain, l'abbé P-M. Brin et Édouard Corroyer. ; n°1 ; vol.45, pg 95-99

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Bibliothèque de l'école des chartes - Année 1884 - Volume 45 - Numéro 1 - Pages 95-99
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Publié le : mardi 1 janvier 1884
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Henri de Curzon
Guide descriptif du Mont-Saint-Michel, par Édouard Corroyer.
__**__ Description de l'abbaye du Mont-Saint-Michel et de ses
abords, par le même. __**__ Saint-Michel et le Mont-Saint-
Michel, par Mgr Germain, l'abbé P-M. Brin et Édouard Corroyer.
In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1884, tome 45. pp. 95-99.
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de Curzon Henri. Guide descriptif du Mont-Saint-Michel, par Édouard Corroyer. __**__ Description de l'abbaye du Mont-Saint-
Michel et de ses abords, par le même. __**__ Saint-Michel et le Mont-Saint-Michel, par Mgr Germain, l'abbé P-M. Brin et
Édouard Corroyer. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1884, tome 45. pp. 95-99.
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Si les Curiositez de Paris n'avaient eu d'autre but que d'abréger les
descriptions ou les histoires de Paris, depuis Gorrozet jusqu'à Brice,
elles n'auraient pas eu le succès qui les accueillit et on ne se soucierait
pas tant de les réimprimer. Il n'y faut pas chercher en effet beaucoup
de renseignements, surtout de détails nouveaux sur les monuments ou
leur histoire : on perdrait son temps. La concurrence bien modeste que
Sau grain lit à Brice, puis à Piganiol, portait sur des détails qui devaient
surtout attirer les curieux et les étrangers : les objets d'art, les tableaux,
les cérémonies. J'ouvre au hasard, et je lis ceci (p. 150), dans la des
cription de la maison du président Le Ragois de Bretonvilliers : « Vous
y verrez encore un excellent tableau de Michel- Ange (?), c'est Notre-
Seigneur porté dans le tombeau ; et enfin, dans une antichambre, l'a
dmirable et inestimable Descente de croix, peinte par Daniel de Vol-
terre : ce tableau est estimé le plus excellent que l'on ait en France de
cet habile Italien. * Voilà des renseignements que l'on ne trouvera pas
dans Brice ni dans Piganiol. On pourrait encore signaler les descrip
tions de Notre-Dame et de la galerie de Rubens au Luxembourg ; aussi
les détails sur l'Université et sur la procession du recteur, « comparable
à la cérémonie du Doge de Venise, lorsqu'il va, accompagné du Sénat,
épouser la mer. »
J'ajoute que le style est approprié au sujet : il est plus facile et plus
agréable à lire que beaucoup des ouvrages de ce genre. En somme, mal
gré sa grande brièveté, le livre est précieux au point de vue de l'his
toire de Fart, et digne des soins que la Société d'encouragement
lui a donnés. M. de Montaiglon a voulu le rendre encore plus utile en
y ajoutant une table de tous les artistes cités; c'est du reste la seule
adjonction au texte original qu'il se soit permise.
Le volume comprend encore, ainsi que l'édition de 1716, les curiosit
és de Versailles, Marly, Vincennes, Meudon, Saint-Gloud, Saint-Ger
main, Sceaux, Fontainebleau et Saint-Denis ; il y a peu de chose à en
dire. Puis, une table des rues de Paris, une table analytique, enfin les
adresses de tous les conseillers d'État. — Un mot au sujet des figures.
On a tenu à laisser dans le texte les petits bois de Vincent Le Sueur,
qui en complètent le caractère. Ils sont reproduits en fac-similé et
paraissent plus nets que dans l'original, mais ils n'en restent pas moins
fort médiocres et insignifiants.
H. de Gurzon.
Guide descriptif du Mont-Saint-Michel , par Edouard Corroyer,
architecte du gouvernement. Paris, Ducher, -1883. Pet. in-8°,
-158 pages.
pré- Description de l'abbaye du Mont-SainťMichel et de ses abords, 96
cédée d'une notice historique, par E. Corroyer. Paris, Dumoulin,
-1877. In-8°, xvi-437 pages.
Saint-Michel et le Mont-Saint-Michel, par Mgr Germain, l'abbé
P.-M. Brin et Ed. Corroyer. Paris, F. Didot, 1880. Gr. in-8°,
552 pages.
M. Ed. Corroyer vient de publier un nouveau volume sur le Mont-
Saint-Michel, un Guide simplifié et plus portatif. Sous cette forme l'o
uvrage ne dispense pas delà Description publiée en 1877, mais il suffit à
tous ceux qui ne veulent pas faire une étude spéciale des monuments.
Nul mieux que M. Corroyer ne pouvait tracer aux touristes et aux visi
teurs un itinéraire commode et exact de ce labyrinthe quelque peu
complexe : il est là chez lui, il a fait son domaine de la célèbre abbaye,
il l'embellit chaque jour, et de temps en temps il réveille notre curio
sité paresseuse et nous presse de venir admirer avec lui le monument
et les progrès qu'il fait vers son ancienne perfection.
Voilà en effet un spectacle qui n'a jamais trompé l'attente de per
sonne. Chacun des nombreux visiteurs qui le contemplent pour la pre
mière fois est parti la mémoire remplie des éloges et des récits enthous
iastes de ses amis; mauvaise condition pour juger sainement, car
l'imagination excitée est plus difficile à contenter, ou la froide critique
plus prompte à se défier de ses impressions. Pourtant tous reviennent
pénétrés d'une sincère admiration. Que serait-ce si l'abbaye n'était pas
déchue de son ancienne splendeur !
Ce n'est pas une petite affaire qu'une restauration de cette impor
tance, surtout dans les circonstances toutes particulières où se trouve le
Mont-Saint-Michel et après les vicissitudes de toutes sortes qu'il a
subies. Les chroniques racontent la fondation de l'abbaye en 708,
par saint Aubert, évêque d'Avranches ; mais ce n'est qu'à partir du
xie siècle que nous pouvons suivre son histoire pas à pas. L'église s'élève
en 1020. La crypte ou galerie de l'Aquilon date de Roger II (1106-
1122); comme lui, Robert de Thorigni (1154-1186) creuse dans le roc de
nombreuses substructions. Puis s'étage cette magnifique Merveille,
commencée par Jourdain en 1203, et terminée en 1228, d'un seul jet :
aumônerie, cellier, réfectoire, salle des chevaliers, promenoir, dortoir,
cloître enfin, tout porte la marque d'une merveilleuse unité. L'entrée
de l'abbaye, dite Belle-Chaise, date de 1236-1264; le châtelet et les
défenses de l'entrée, du commencement du xve siècle. Enfin le chœur
de l'église est refait de 1450 à 1521. Mais déjà la ruine avait com
mencé son œuvre. La foudre avait détruit le clocher en 1300 et incendié
l'abbaye en 1350; de nouveaux incendies éclatent en 1564 et en 1594.
Enfin, sous prétexte de solidité, on abat en 1776 les trois premières
travées de la nef romane, et vers 1780 on plaque la façade gréco-romaine
actuelle. Dès lors l'histoire de l'abbaye n'est qu'une longue suite de 97
mutilations. Elle devient maison de correction en 1811, et de plus pri
son sous Louis XVIII. Tous les bâtiments, même l'église, sont convertis
en ateliers ou en logements, établis à l'aide de cloisons ; le sanctuaire
seul du chœur garde son autel. En 1834, un dernier incendie cause de
si grands dommages à la nef que l'on commence des restaurations fac
tices. Enfin, en 1863, la prison est supprimée et le Mont devient pro
priété domaniale : l'évoque de Goutances et Avranches, locataire pour
neuf ans depuis 1865, rend l'église au culte et nettoie les bâtiments.
C'est en 1872 que le ministre de l'instruction publique fit étudier
l'état des monuments et préparer des projets de restauration. Le décret
du 20 avril 1874 en affecta la propriété à la commission des monuments
historiques. Désormais il est permis d'espérer une restauration succes
sive et complète de ces édifices uniques en France, qui présentent réu
nis de si beaux spécimens de l'architecture religieuse, monastique et
militaire du moyen âge.
Attaché à cette œuvre si considérable depuis 1872, M. Ed. Corroyer
a montré que l'on pouvait compter sur lui pour la mener à bien. Ses
descriptions comme ses dessins et ses projets de restauration sont nets
et précis. Il s'est passionné pour son sujet : non content de son talent
d'architecte, il a voulu y joindre une compétence spéciale, par l'étude
comparée des textes historiques et des documents archéologiques et
lapidaires, étude qu'il a faite minutieusement et pour ainsi dire pierre
par pierre. En 1873, 1874 et 1875, M. Corroyer a commencé par expos
er au Salon ses principaux dessins1. Puis, en 1877, il a livré au
public sa Description de l'abbaye du Mont- Saint-Michel. Ce charmant
volume ne compte pas moins de 159 figures, dont 5 eaux-fortes de
L. Gaucherel et un grand plan en couleurs indiquant l'époque des
diverses constructions. Lancé comme un premier essai, il comprend
néanmoins déjà un nombre respectable de documents et donne une
idée suffisamment complète de l'importance et de l'intérêt du monum
ent. Après une introduction historique puisée surtout dans le livre de
dom Huynes2, l'auteur place successivement devant nos yeux les nomb
reuses merveilles de l'abbaye, rangées dans l'ordre chronologique et
restaurées pour un moment comme au temps de leur splendeur. Il
termine par quelques notes pratiques destinées à nous en faciliter la
visite.
Quelques années après cette œuvre remarquable, en 1880, paraît un
beau livre : Saint Michel et le Mont-Saint-Michel. L'ouvrage à la fois
1. №' 1922, 3'287 et 3519. Ajoutons que, du premier coup, la lre médaille lui
fut décernée.
2. Histoire générale de V abbaye du Mont- Saint-Michel au péril de la mer...
composée l'an 1638. Deux mss. autographes à la Bibliothèque nationale.
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religieux ^, historique2 et archéologique, est rempli, selon la coutume
de la maison Didot, de scènes empruntées aux œuvres d'art et aux
manuscrits, du moyen âge à nos jours : beaucoup sont fort curieuses.
Il n'y a pas moins de 21 2 figures et de 4 chromolithographies d'après des
miniatures, sans compter une photogravure du Saint Michel de Raphaël.
Bien que n'occupant qu'une place un peu secondaire, le travail de
M. Corroyer donne au volume un intérêt très sensible. Le fond est à
peu près le même qu'en 1877, quoique très abrégé, mais les figures sont
souvent plus grandes, et de plus il y en a un certain nombre de nou
velles : une vue de la salle des chevaliers, notamment, et plusieurs des
sins du cloître, alors en état de restauration ; puis des documents tirés
des manuscrits et les croquis de quelques abbayes analogues au Mont-
Saint-Michel.
Enfin, ce qui n'était que la partie accessoire et forcément sommaire
de la Description détaillée, les « notes itinéraires, » M. Corroyer a voulu
le développer aujourd'hui et en faire un guide de poche, complément
désormais indispensable de toute visite au mont. Il n'y a que 61 figures,
mais des plus importantes. Il va sans dire que l'auteur a fait entrer
dans ce volume tout ce que la Description renfermait d'essentiel : nous
n'avons pas à y revenir. Mais il est intéressant de noter les faits nou
veaux ajoutés par lui aujourd'hui. D'abord voici où en est la restaura
tion : avant 1877 on avait repris en sous-œuvre les substructions romanes
et rétabli quelques remparts. De 1877 à 1881 on a restauré le cloître3.
En 1880, on a réparé les bastions de la tour Boucle (de l'est) et de la
tour Gabriel. Depuis 1882 on travaille au dortoir. Enfin il est un
point sur lequel l'auteur insiste vivement et que nous tenons à relever :
il s'agit du fameux remblai élevé en 1879. Tout le monde connaît cette
digue soi-disant protectrice, que personne n'avait demandée, et qui,
appuyée contre les remparts, les effondre depuis trois ans, sans que l'on
puisse obtenir d'y porter remède. Tout récemment, au Salon de 1883
(n° 5395), on a pu voir les dessins où M. Corroyer démontre le fait jus
qu'à l'évidence. Il paraît que l'on va enfin détourner la tête de la
digue, mais c'est déjà bien tard.
M. Corroyer nous permettra-t-il de lui rappeler, en terminant, cer
taine promesse qu'il a faite dans sa préface de 1877, d'une Monographie
archéologique du Mont-Saint-Michel, où doivent trouver place tant de
1. Saint Michel et le Mont-Saint-Michel dans le plan divin, par Mgr Ger
main, évêque de Coutances et Avranches.
2. Saint Michel et le Mont-Saint- Michel dans l'histoire et la littérature, par
l'abbé M. -P. Brin, prêtre de Saint-Sulpice, directeur au grand séminaire de
Coutances.
3. M. Corroyer a exposé au Salon de 1879, n° 5484, les dessins et plans qu'il
a faits à cette occasion. 99
documents précieux dont il n'a pu nous donner qu'un avant-goût? Nous
osons espérer qu'il n'attendra pas, pour satisfaire notre vive curiosité,
la restauration complète de l'abbaye, qui pourrait bien n'être pas ache
vée de longtemps.
H. de Gurzon.
Rapport à la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, au
nom de la commission chargée d'examiner la restauration récente
du bas-côté méridional de la nef de la cathédrale du Mans, par
M. Robert Triger.
Malgré sa brièveté, ce rapport contient des vues et des conclusions
si justes et si opportunes que nous avons pensé utile de les signaler ici.
Elles sont d'ailleurs d'une application générale.
Des restaurations, récemment faites à la cathédrale du Mans, avaient
soulevé de divers côtés des critiques assez vives pour que les sociétés
savantes locales tinssent à s'en rendre compte par elles-mêmes. Malheu
reusement, les observations les plus justes en ce sens ne peuvent être
faites qu'après coup, quand il n'y a plus de remède. C'est donc avec
raison que M. Triger insiste sur ce point que, les églises et monuments
historiques étant du domaine public, il serait bon que « l'opinion
publique, représentée en pareil cas par les sociétés savantes, ne fût pas
systématiquement laissée de côté, » et que les projets de restauration des
architectes eussent une certaine publicité avant d'être exécutés.
C'est même quelquefois, il faut l'avouer, un véritable droit que
réclament les sociétés archéologiques du pays. M. Triger rapporte à ce
propos qu'une inscription ayant été récemment découverte, dans les
travaux faits au chœur de la cathédrale, on s'empressa de l'envoyer à
Paris, sans en communiquer la moindre note à ceux-mêmes qu'elle
devait intéresser le plus, aux archéologues du Mans.
Voici donc les vœux que la Société de cette ville s'est proposé de
transmettre à qui de droit :
« 1° Lorsqu'un projet de restauration aura été adopté en principe, les
plans et les documents faisant connaître la partie du monument sur
laquelle porte ce projet, le but général qu'il se propose et tous les
détails qu'il doit modifier seront déposés à la préfecture du département
pendant un temps suffisant pour que les sociétés savantes, avisées par
l'autorité compétente, puissent en prendre connaissance ; leurs obser
vations seront jointes au dossier et transmises avec lui au ministère.
« 2° Lorsqu'un détail quelconque de l'édifice devra disparaître par
suite de la restauration, le service des architectes diocésains, appelé à
en conserver le souvenir par des plans, coupes ou dessins, sera invité à
déposer un exemplaire de ces plans, coupes ou aux archives du
département, à titre de documents historiques.

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