Inscription archaïque de Tégée - article ; n°1 ; vol.13, pg 281-293

De
Bulletin de correspondance hellénique - Année 1889 - Volume 13 - Numéro 1 - Pages 281-293
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1889
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Victor Bérard
Inscription archaïque de Tégée
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 13, 1889. pp. 281-293.
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Bérard Victor. Inscription archaïque de Tégée. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 13, 1889. pp. 281-293.
doi : 10.3406/bch.1889.3907
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1889_num_13_1_3907INSCRIPTION ARCHAÏQUE DE TEGEE
Au mois de décembre 1888, quand l'exploration de Man-
tinée fut finie, je commençai, avec mon camarade M. Fougèr
es, des recherches dans l'enceinte de Tégée. Les fouilles, i
nterrompues par la mauvaise saison, seront reprises au cours
de cette année, et l'ensemble des résultats exposé dans le Bull
etin. Mais l'inscription suivante m'a semblé mériter par son
importance d'être publiée sans retard.
Elle fut trouvée près du village de Piali, à deux cents pas
environ au nord du temple d'Athéna Aléa. Elle est gravée
στοιχηδόν, en caractères très soignés, et bien conservée. La
plaque, de marbre blanc, est brisée en bas; mais elle est en
tière sur les côtés et en haut.
(Voir l'inscription p. 282-283)
Τον Ηιερεν πέντε και είκοσι οίς νέμεν και ζεύγος
και αίγα' ει δ' αν καταλλάσσε, ινφορβισ[λον Ιναι* τ
δ' άν λευτον [Λε ίνφ- ον Ηιερο[Ανά[Λθνα ινφορβίεν εί
ορβίε, Ηεκοτον δαρχ{λας δφλεν 'ίνδαρ-ον και κατάρ-
5 Fov εναι. — Τον Ηιεροθύταν νέ[λεν ίν Άλέαι ο τι άν ά-
σκεθες ε, τα δ' άνασκ,εθέα ΐνφορβίεν [Λεδ* εσπερασα-
δ' αν εσπεράσε, δυόδεκ- ι παρ άν λέγε Ηιεροθύτες, d
ο δαρχ[Λας οφλεν ϊνδαιχον. — Τας τριπαναγόρσιος τ-
ας υστέρας τρΤς αγέρας νέρ,εν δ τι Η αν βόλετοι, δς
. 10 (Λε ΐν τοι περιχόροι" εί δ' αν ίν τοι περιχόροι, ΐνφο-
ρβίεν. — · Ίν Άλέαι {Αε νε|/.εν [/.έτε ξένον [/.έτε Ρ^στον,
BULL. DE CORRESP. HELLÉNIQUE, XIII, 1 ν 282 INSCRIPTION ARCHAÏQUE jDE TÉGÉE
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Ο »Λ CO CO 284. INSCRIPTION ARCHAÏQUE DE TEG1E
û με επί θοίναν Ηίκοντχ' τδι δε ξένοι καταγόμενο
ι έξεναι άμέραν και νύκτα νέμεν επιζύγιον ει δ*
αν παρ τάνυ νέμε, το μεν μεζον προβατον δαρχμαν ο-
15 ψλεν, το δε μείον ΐνφορβίεν. — Τα Ηιερα πρόβατα με
νέμεν ΐν Άλέαι πλος άμέρας και νυκτός, ει κάν διε-
λαυνόμενα τύχε' ει δ' αν νέμε, δαρχμαν δφλεν το πρό-
βατον Ρέκαστον το μεζον, τον δε μειόνον προβάτο-
ν όδελον Ρεκαστον, ταν συδν δαρχμαν Ρεκάσταυ, ε[ί
20 με παρΗεταξαμενος τος πεντεκοντα ε τος τριακα-
κ' σίος. — Ει επί δόμα πυρ εποίσε, δυόδεκο δαρχμας
δρλεν, το μεν εμισυ ται θεο^ το δ'εμισυ τοις Ηιερο-
μνάμονσι. — Ει καν παραμαξεύε θυσθέντα 'σχ,έλε . .
' τάς κακειμέναυ κατ* Άλίαν τρις όδελος δφλε[ν . . δ
δ' εμισ[υ τοις25 τι Β^άσταυ, το μεν Ηέμισυ ται θεδι, το
ίερομνάμονσι. — Ται πανάγορσι τος Ηιερ[ομνάμ-
ονας άρτύεν τα ιν τάις ίνπολαις πάντα. [τ
ος δαμΐοργο[ς — ] Τον κόπρον τον άπυδοσ
ται Ηεβδόμαι το Λεσχανασίο μένος
30 . . ν δφλεν.-— * Τον Παναγόρσιον μένα το
' .... ζεν τοις ξένοις ει καταγοιται
δ' ει άπιόντα εί
ΐ]νδάμοι έφαπ
αιτοσι .
35 νον
Alphabet archaïque, sans longues. L'aspiration est marquée
par B, non -seulement au commencement des mots, mais dans
l'intérieur des mots composés: 1. 20, παρΗεταξαμενος. Il faut
signaler une grande incertitude dans l'emploi de ce signe:
άμέρα est toujours écrit sans aspiration; τίμισυ (1. 25) dans
la même ligne est écrit avec et sans l'aspiration; àv a l'aspi
ration à la ligne* 9, et ne l'a pas à la ligne 7, où pourtant le
sens paraît bien être παρ ά άν λέγη.
Le digamma est conservé au début (Ρε'καστον, Ραστον) et
même dans le corps des mots (καταρρόν).
Les paragraphes sont séparés par le signe d'interponction il. abchaïque de tégée $85 iîîscbiption
En comparant les lettres de cette inscription avec l'alphabet
arcadien donné par M. Kirchhoff (1), nous voyons que:
' Le Φ est une forme plus récente que φ (2)
« χ « (f « Ψ /
« Ξ ce ce « -j-
« Γ « « « C
« x manque dans ce tableau.
Sauf Β et R, nous avons des formes moins anciennes que
celles connues jusqu'ici. Notre alphabet est déjà très voisin de
celui qui remplacera l'alphabet archaïque; notre inscription
doit donc être placée vers la fin du Vme siècle, peut-être même
au commencement du lVme.
Quant au dialecte (3), nous ne signalerons que les particu<-
larités les plus utiles à connaître pour l'intelligence du texte.
Voyelles. — Conservation de Γα long, à l'exemple du do-
rien: ά[λ!ρα, Upopajjuov; changement de Γα en ο et de l'o en a,
après un κ: τριακάσιοι, έκοτόν, δυόδεκο. Atténuation de Γε en ι:
îv pour εν. Remplacement de l'o par υ: άπύ pour άπό; et.de 1'υ
par ο: πανάγορσις pour πανηγυρις.
Consonnes. — Le β remplacé par le δ: όδελός pour οβελός (4).
Le δ et le ζ mis presque indifféremment l'un pour l'autre: on
connaissait ζέρεθρον ou δε'ρεθρον pour βάραθρον (5); ici, ί'νδαρν
est pour ϊνζα[Λον. Métathèse ordinaire de δραχ^ας en δαρχ[Λάς.
Première déclinaison. Génitif singulier en αυ: ρεκάσταυ; aé-
(1) 'Kirchhoff, Gesch. des griech. Alphabet, taf. II, n° 9.
(2)p. 159.
(3) Pour l'étude détaillée des formes dialectales, voir Studien zur griech.
und latein. Grammatik de G. Curtius (T. II, p. 1-43), un article de M.
Gelbke: De Dialecto Arcadica; consulter aussi University Studies de l'Univers
ité de Nebraska (Tome I, n° II), Sounds and Inflections of the Cyprian Dia
lect, à cause des rapports établis par M. Bennett entre les dialectes arcadien
et chypriote; se reporter enfin à une autre inscription, provenant du même
'lieu, publiée et commentée par M. Foucart (Inscr. du Péloponnèse, p. 200-203).
(4) Voir l'explication de Gelbke, :p. 28.
(5)Gelbke, p. 13. INSCRIPTION ARCHAÏQUE DE TÉGÉE 286
nitif pluriel en αν: ταν. — Troisième déclinaison. Noms en ις,
génitif en ιος: τριπαναγόρσιος; datif en t: παναγόρσι. Noms en
ευς, équivalents en ης: on connaissait déjà le nominatif Ιερής (1),
nous avons ici l'accusatif έερήν. Noms en ων, datif pluriel en
ονσι: ίερο{Λνά(λθνσι.
Verbes en tu. Subjonctif en η sans iota adscrit. Infinitif en
εν: νέ(Λεν. Passif en τοι au lieu de ται: βόλετοι pour βόλεται. —
Verbes en («: ήναι infinitif de ζψί.
Adverbes, νύ employé pour δε dans les pronoms démonst
ratifs: τάνυ pour τάδε. La forme la plus curieuse de notre texte
est, à la ligne 16, le mot πλός; la lecture est certaine et le sens
non douteux: nous avons ici un comparatif du radical de
πολύ, — à rapprocher du latin plus.
Prépositions. — îv pour εν, employé avec le datif et l'accu
satif et ne variant pas en composition: ινφορβισμόν; πάρ pour
παρά, devant une voyelle: παρ άν (1. 7), et devant une con
sonne παρ τάνυ (1. 14); ες pour εκ dans les mots composés:
έσπερασαι.
L'inscription est un règlement relatif au temple d'Athéna
Aléa: 1. 1-21, droits et défense de pâture dans les champs de
la déesse; 1. 21-26, punition de divers délits; la fin trartait de
la police des marchés, sans doute aussi de la vente et de la
fourniture des produits sacrés.
Les ministres du culte cités sont: le prêtre d'Athéna Aléa,
Upr)ç,qui, dans les inscriptions de Tégée, est l'éponyme; le sa
crificateur, ίεροθύτης; les hiéromnémons avec des fonctions de
police: saisie des troupeaux, recouvrement des amendes, o
rdonnance des marchés. Il est à remarquer que l'on parle tan
tôt de l'hiéromnémon, comme s'il n'en existait qu'un (1. 3),
tantôt des hiéromnémons.
Deux noms de mois arcadiens nous sont donnés ici: le mois
Leschanasios, 1. 29, — à rapprocher du mois Leschanorios dans
les calendriers lamiaque et perrhèbe; et le mois Panagorsios,
(1) Voir Bennett, article cité, p. 57: la même forme Ιερής existe dans le
dialecte chypriote. '
INSCRIPTION ARCHAÏQUE DE TÉGÉË 28*7
le mois de la fête, — dans le calendrier d'Amphissa, nous
trouvons la forme Panégyrios. (Leipz. Studien, VII, Bischoff,
Fast. Graecorum).
Parmi les magistrats, les Trois-Cents paraissent déjà dans
un décret de Tégée (Foucart, Inscr. du Péloponnèse, p. 200),
réglant les droits et les charges des entrepreneurs de travaux
publics. M. Foucart les compare au conseil des Cinq-Cents
d'Athènes: «Ils n'avaient pas à décider sur des contestations
judiciaires et à appliquer les prescriptions d'une loi ou d'un
règlement, mais dans les circonstances extraordinaires, telles
que la guerre, ils examinaient les difficultés exceptionnelles
qui en étaient la conséquence, et sur lesquelles rien ne pou
vait d'avance être réglé». Dans notre inscription, le rôle des
Trois-Cents semble en effet prévu non comme une surveil
lance ni une juridiction constantes, mais comme une inter
vention exceptionnelle.
Les démiurges, δαροργοί, se retrouvent dans un grand nomb
re de cités: Hésychius les définit άρχοντες παρά Δωριεΰσιν;
mais nous savons qu'ils existaient aussi chez les Achéens (C.
/. G , 1542; Foucart, Inscr. du Péloponnèse, p. 67), et chez les
Arcadiens (Foucart, ibid-, p. 194; Martha, Bull, de Corr. hel-
lén., VII, p. 492). La définition d'Hésychius est donc trop
étroite, mais elle semble juste; les démiurges sont en effet les
premiers magistrats des cités achéennes (Tite Live-, XXXII, 22),
arcadiennes (Décrets de Stymphale, Bull, de Corr. hellén.,y\\}
p. 492) et autres (Andanie, Foucart, ïnscr. du Péloponnèse ,p. 166).
Les Cinquante, mentionnés à la ligne 20, n'étaient pas en
core connus. Comme ils sont nommés avant les Trois-Cents,
on doit admettre qu'ils leur sont supérieurs. Mais est-ce
un conseil tégéate, une sorte de γερουσία? l'existence d'un
pareil corps dans les cités Arcadiennes nous est inconnue.
D'autre part, un conseil de cinquante membres paraît dans
un décret du Κοινόν des Arcadiens (Foucart, Inscr. du Pé
loponnèse, p. 194), décret rendu par le sénat, η βουλή τών'Αρ-
κάδων, et par l'assemblée populaire, οί Μύριοι: le sénat se com- 288 INSCRIPTION ARCHAÏQUE DE TÉÔÉE
pose de cinquante démiurges, représentant les différents peu
ples d'Arcadie. Ce décret et notre inscription ont été trouvés
au même endroit, près du temple d'Athéna Aléa; ne pOurraït-
on pas supposer que notre conseil des Cinquante et cette a
ssemblée des démiurges rie sont qu'une seule et même chose?
il serait tout naturel alors que le conseil fédéral des Cinquante
fut nommé avant le conseil tégéate des Trois-Cents. Mais une
difficulté se présenter l'inscription et le décret ne sont pas
contemporains; l'un est postérieur à l'organisation de l'Arca-
die par Épaminondas, l'autre est de beaucoup antérieure, et
aucun texte ne nous prouve l'existence d'une ligue arcadienne
dans le cours du Vrae siècle. Les villes arcadiennes semblent
pourtant liées entre elles de toute antiquité par le culte de
divinités communes, Zeus Lycaeos, Artémis Hymnia (1) etc.;
une monnaie très ancienne d'Heraea, que M. Percy Gardner
(Greek Coins, Peloponnesus, p. LVH) croit du cinquième siè
cle, porte la légende ΑΡΚΑΔΙ ΚΟΝ· Une monnaie et des cultes
communs unissaient donc les cités d'Arcadie. Ne peut-on pas
admettre que le temple d'Athéna Aléa était le centre de l'un
de ces cultes? et tout culte commun ne suppose-t-il pas la
nomination et la réunion de délégués, qui veilleront à la cé
lébration des fêtes, à l'administration des biens sacrés? Notre
conseil des Cinquante n'aurait pas eu d'autre rôle. Peut-être
supprimée par les Spartiates après la première bataille de
Mantinée en 418 (2), cette confédération est relevée par Épa-
minondas : le nombre des voix dans le conseil reste toujours
le même; seule leur distribution entre les cités varie, suivant
que tous les peuples d'Arcadie ou quelques-uns seulement
composent la ligue.
L'intelligence du texte présente de sérieuses difficultés, à
l(l) Zeus Lycseos et Artémis Hymnia apparaissent sur de vieilles monnaies
arcadiennes, frappées longtemps avant la fondation de Megalopolis (Pinder
und Friedlander, Beit, zur àlteren Munzkunde, p. 85. Warren, Greek Federal
Coinage, p. 30).
'(2) Percy Gardner, p. LVIII. '
INSCRIPTION AfcGHAÏQUE DE TÉGÉE 289
causïe des formes dialectales et dés mots nouveaux. Je propose
l'essai de traduction suivant, et je joins à chaque paragraphe
quelques remarques pour motiver mes interprétations:
ce § 1 . — Le prêtre a droit de pâture pour vingt-cinq moutotis,
une paire de bœufs et une 'chèvre: s'il vient à les aliéner, qu'on
les saisisse: l'hiéromnémoti est chargé de la saisie et ή ......
• il ne la fait pas, est passible d'une amende de cent drachmes et
maudit » .
Je traduis ίνφορβίεν, ίνφορβισρ,όν par saisir et saisie: dans
toute l'inscription ces mots sont opposés à νέμεν, ils doivent
désigner le contraire de liberté de pâture; de plus, ils sont
dérivés du mot φορβειά, licol, lien, ΐνφορβισ^ός est dofac l'ac
tion d'attacher et d'enfermer, de mettre en fourrière. Le mot
λευτον est beaucoup plus difficile à comprendre: je n'en puis
donner aucune explication. Quant à δφλεν l'vSajxov, on ne doit
pas le traduire par payer au peuple, il faudrait alors δφλεν îv
τονδαρν; ϊνδαμον, comme je l'ai expliqué, me paraît une forme
arcadienne composée de la préposition îv et du radical de ζγρ-
[/.ία, amende.
« § 2. — L'hiérothyte a droit de pâture dans Aléa pour tous
les animaux en bon état, les autres animaux seront saisis: dé
fense à Vhiérothyte de dépasser le nombre qu'il aura déclaré', s'il
le dépasse, amende de douze drachmes a .
Que faut-il entendre par Aléa? Une ville de ce nom existait
en Arcadie, et possédait un temple d'Athéna Aléa (Paus.,
VIÏÏ, 23). Cette ville est située assez loin de Tégée, entre Man-
tinée et Stymphale; néanmoins on pourrait admettre que ce
règlement la concerne, mais qu'il fut déposé, comme les au
tres décrets du Conseil, dans la capitale de la confédération.
Toutefois, le paragraphe suivant reconnaît au conseil tégéate
des Trois-Cents certains droits d'intervention: pourquoi donc
à ce conseil seulement et non pas aussi aux conseils de Man-
•tinée, d'Orchomène, des autres villes, si le temple n'est pas
sur le territoire tégéate? Je crois qu'il faut rapporter ce règl
ement au temple célèbre d'Athéna Aléa, de Tégée. Quant à
l'endroit précis désigné par îv 'Αλέα, ce peut être le domaine

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