Inscriptions de Delphes - article ; n°1 ; vol.82, pg 61-91

De
Bulletin de correspondance hellénique - Année 1958 - Volume 82 - Numéro 1 - Pages 61-91
31 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1958
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Jean Bousquet
Inscriptions de Delphes
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 82, 1958. pp. 61-91.
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Bousquet Jean. Inscriptions de Delphes. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 82, 1958. pp. 61-91.
doi : 10.3406/bch.1958.2335
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1958_num_82_1_2335DE DELPHES INSCRIPTIONS
(Planche VII)
Décret pour un Macédonien
Inv. 1788 (en haut), publié BCH, 1896, p. 473 (cf. GDI, 2745 ; Syll.3, 269 I),
+inv. 1600, publié BCH, 1930, p. 399 et 1949, p. 267, n° 17. Le premier fragment
trouvé le 1er août 1894, au N.-O. des trépieds de Gélon, le second le 9 juillet 1894,
à l'Ouest du sanctuaire d'Apollon. Hauteur totale 0 m. 457 ; largeur sous la moulure
0 m. 265. Non-sloichédon (fig. 1). Raccord annoncé BCH, 1949, p. 267-8.
Θεός, τύχαν άγαθάν.
[Δ]ελφοί έδωκαν Μαχάτα[ι]
Σαβατταρα Ευρωπαίοι
4 [Μ]ακεδόνι, αύτώι και έκγό-
[ν]οις, προξενίαν, εύεργε-
[σί]αν, προμαντείαν, προε-
[δρ]ίαν, προδικίαν ποί Δε[λ]-
8 [φούς] και τα άλλα δσ[α και]
[τοις] άλλοις π[ρ]οξέ[νοις].
["Αρχ]ο[ν]τος Ίερώ[νδα, βου]-
[λε]υόντων Ήρακλε[ίδα vel -ίου],
[Εύά]λκευς, Έχύλλου.
L'écriture, que l'on peut mieux apprécier grâce à la partie supérieure
de la stèle, moins usée que le bas, ainsi que le xi à barre verticale, font
préférer l'archonte Ίερώ[νδα] (F 10 de la Chron. Delph.) à Ίέρω[νος]
(G 1). Pour les noms des bouleutes, cf. Daux, BCH, 1949, p. 267-8.
Hiérondas a été placé jusqu'ici à la fin du ive siècle ou au début du
ine : mais, si l'on considère la beauté de la graphie et l'ethnique du proxène,
quoique ces deux indices ne conduisent pas à une certitude, on pourrait
penser à l'archonte à sept lettres au génitif entre Achaiménès et Théon,
en 324/3, cf. BCH, 1951, p. 296 sq. Le nom d"'Exi^oç se retrouve il est
vrai sous Diodoros F 23 (début ine s ?), mais Εύάλκης n'existe que dans les
« fermages » antérieurs à 323 (Daux, /. c). 62 JEAN BOUSQUET
Pour l'ethnique, à distinguer de celui de la ville carienne, cf. L. Robert,
Hellenica VIII (1950), p. 31, G. Daux, Latomus, XXVIII (1957), p. 158,
et Arch. Ephem., 1912, p. 82, n° 112, cité par Ad. Wilhelm, Pragmateiai
Akad. Ath., XVII, 1951, p. 16 : ή πόλις ή Γοννέων ε'δωκεν προξενίαν Αίσχυλί-
νωι Σωσιδήμου Μακεδόνι Ευρωπαίοι. Dédicace faite par Ευρωπαίων ή πόλις,
S. Kougéas, Ελληνικά, V, 5-16 (cf. REG, Bull. Ερ., 1934, p. 230; 1955,
n° 136 α). Machatas, comme l'avait fait remarquer Perdrizet, est le nom
du père d'Harpale, et je retrouve ce nom (signature d'artiste) IG, IX,
l2, 238 et 239, en Acarnanie. Cf. aussi Άρτέμων Μαχάτου Μιλήσ[ιος],
L. Robert, Coll. Frôhner, p. 95, 1. 17 (me s.).
Décret pour un Thessalien
Stèle de marbre à fronton, reconstituée de trois fragments (le premier est
inédit), dont les deux derniers (bas de la stèle) se recollent : inv. 3407, 9 avril 1896,
en dehors du péribole Est, à hauteur du trépied de Platées, -finv. 4499 (en bas
à droite), publié fautivement FD, III, 5, p. 321, n. 1, numéroté sans lieu de trouvaille
en 1903, -f-inv. 6062, 22 avril 193G, dans le nettoyage de la région Est du sanctuaire
d'Apollon, rapproché du précédent BCH, 1938, p. 341, n. 2. Hauteur max. des
3 fragments 0 m. 57 ; largeur complète en bas 0 m. 344 ; épaisseur 0 m. 053 sous
la moulure. Lettres 0 m. 012, interligne 0 m. 012. Non-stoichédon (fig. 2).
Θ ε ο [ί]
Φιλίνωι 'Ρίνωνος Θ[εσσαλώι]
[εξ] Σκοτούσσης Δ[ελφοί]
4 [εδωκ]αν αύτώι και έ[κγόνοις]
[προξεν]ίαν, προμ[αντείαν],
[προεδρίαν], προδ[ικίαν],
[άσυλίαν, άτέ]λει[αν πάντων],
8 [και τάλλα Οσα και τ]οΐς άλλο ι [ς]
[προξένοις κα]ί εύεργέταις.
["Αρχοντο]ς Άρχετίμου,
[βουλε]υόντων Πυθοδώρου,
12 [Λα]ρισίου υ Άρχι[ά]δα.
L'archonte Archétimos est à placer vers 320, cf. BCH, 1957, p. 488.
On connaît à Delphes d'autres citoyens de Skotoussa, d'abord un entre
preneur FD, III, 5, 62, ligne 2, quelque temps après 338. Le texte de Pau-
sanias VI, 5, 2, est généralement interprété comme attestant l'abandon de
la ville par sa population après la bataille de Crannon, en 322/1 : και αύθις
ύπο ασθενείας έξέλιπον τήν πόλιν, οτε και τοις πασιν "Ελλησι προσπταΐσαι δεύ
τερα εν τω προς Μακεδόνας πολέμω παρεσκεύασεν ό δαίμων. Il s'agit peut-
être ici d'un réfugié. Mais la ville semble s'être relevée assez rapidement,
puisqu'on voit des monnaies de bronze vers 300, selon E. Rogers, The Fig. 2. — Décret pour un Thessalien.
Fig. 1.
Décret pour un Macédonien.
Fig. 3.
Décret pour un Byzantin. 64 JEAN BOUSQUET
Copper Coinage of Thessaly (1932), 170 sq. Plus tard, sous Eudôros
(Chron. Delph., Κ 21 ; cf. BCH, 1939, p. 156-7) nous avons un décret
pour Όλυμπιόδωρος Φρυνίσκου Σκοτουσσαΐος ; l'ethnique du proxène de Tégée
(Syll.z, 501, en 229/8) est Θεσσαλώι εξ Σκοτούσσης comme ici (1). La ville a
eu des théarodoques, cf. BCH, 1921, p. 16, col. III, 22-23.
Décret pour un Byzantin
Inv. 7556. — Stèle en marbre de Paros, trouvée le 20 septembre 1956 près
des latrines des Thermes de l'Est. Largeur 0 m. 225 (un peu usée à droite) ; haut,
inc. 0 m. 205 ; épaisseur 0 m. 075. Lettres 0 m. 009-010 (rondes 0 m. 005), interl.
0 m. 007. Sloichédon 14 (fig. 3).
[Δ] ε λ φ ο Ι ε δ ω κ α ν [Κ α ] -
[ λ ] λ ι κλ ε Γ Η ρ ακλ[ε ί ] -
[ . ] ο υ Β υ ζ α ν τ ί ω ι [α ύ ] -
4 [τ]ώι χα Ι έκγό ν ο[ι ς] ,
[π] ρ ο ξ ε ν ί αν,πρ[ο μ. α J -
[ν] τ ε ίαν,προεδ[ρ ί α] -
[ ν, π ρ ο δ] ι κ ί α ν,[ά σ υ λ ] -
8 [ί αν,ά τ έλ]ε ι αν[πάν]-
[των κ α Ι τ ά λ] λ α[ δ σα]
[κ α ίτο Ι ςάλλο ι ς π] -
[ροξένοις ]
On peut hésiter 1. 3 entre Ήρακλ[είτ]ου et Ήρακλ[είδ]ου. Le nom d'Héra-
cleidès est connu à Byzance (2). Il semble que nous ayons ici la plus ancienne
mention d'un proxène byzantin à Delphes, car la stèle paraît dater de la
seconde moitié du ive s. d'après l'écriture (3).
Décret pour un Rhodien
Inv. 287 {FD, III, 1, 428) +6568 (FD, III, 3, 381). Raccord exécuté en 1957.
Le premier morceau trouvé en 1893 à l'emplacement du trésor d'Athènes, le
(1) Pour έξ devant ^, cf. FD, III, 1, 506 : Άκαρνανι έξ Στράτου. Réception d'exilés
thessaliens à Athènes, IG, II3, 545 (après 318/7).
(2) On connaît un Héracleidès qui livra Byzance à Thrasybule en 390, cf. Démosthène,
C. Le.pl., 60, où la note de l'éd. Budé, parue en 1954, retarde singulièrement : Foucart avait bien
publié dans le BCH, 1888, p. 164 sq. (= IG, II2, 8) un décret pour un certain Héracleidès, en qui
il voulait voir le Byzantin de 390, mais Kôhler a aussitôt démontré [Hermes, 1892, p. 68 sq.)
qu'il s'agit d'Héracleidès de Clazomènes. Pour la date (424/3) et la bibliographie, voir SE G, X, 83.
Cf. RE, s. v. Héracleidès, n° 1, 11, et 31 qui est un autre Byzantin de ce nom au début du IIe s.
(3) Autres Byzantins à Delphes : FD, III, 3, 183 (arch. Athanion, me s.) ; III, 4, 150-152
(arch. Criton, nie s.) ; GDI, 2563, 27 ; 2566, 13 (listes de Soteria, me s.) ; FD, III, 4, 85 (époque
impériale). INSCRIPTIONS DE DELPHES 65
second en 1939 à l'Est de la source de Gâ et à l'aplomb de la bouche d'eau du
Polygonal. Il doit s'agir d'un degré inférieur de la base du Char de Rhodes ; la
pierre vient à un angle, car le cadre en retrait est visible aussi sur la face latérale
gauche ; sur le lit d'attente, goujon avec canal de coulée venant de la gauche.
Longueur des deux morceaux rapprochés : 0 m. 565 (face inscrite) ; épaisseur
(= côté gauche) : 0 m. 42 max. Un retaillage au bas a réduit la hauteur originale
à 0 m. 235 (au lieu de 0 m. 414). Lettres assez effacées (fig. 4 et 5).
Fig. 4. — Décret pour un Rhodien : lit d'attente.
Fig. 5. — Décret pour un Rhodien : face inscrite. 66 JEAN BOUSQUET
Δελφοί έδωκαν Όνα[.]ωί. Εύξίππου 'Ροδίωΐ, αύτώ[ι]
και έκγόνοις προξ[εν]ίαν, προμαντείαν, προεδρ[ίαν],
προδικίαν, άσυλία[ν, ά]τέλειαν πάντων και γ[ας]
4 και οικίας εμπ[ασι]ν, καΐ τάλλα δσα καΐ τοις ά[λλοις]
προξένοις και εύε[ργέ]ταις. "Αρχοντος Καλλείδα, [βουλευόν]-
των Βούλωνος, Έκ[εφύ]λου, Άρισταγόρα, Λυσιμάχου, Άρισ[τοβούλου].
L. 1, le nom est sans doute Όνά[σ]ωι. — L. 6, Ε Γι pour le nom du second
bouleute ; le nom du dernier tenait dans la ligne, dont le graveur a serré la fin. —
Pour l'archonte, cf. Chron. Delph. H 5 et Κ 39 : quelque part dans la seconde
moitié du me s.
Dédicace d'un Béotien
Inv. 4795. — Pierre brisée en trente-huit morceaux (calcaire de Saint-Élie),
retirée le 4 juin 1913 par F. Courby du dallage de la Voie Sacrée à l'angle N.-O.
du Temple. Reconstituée en 1957 (fig. 6). Hauteur complète 0 m. 353 ; largeur
actuelle 0 m. 49 ; épaisseur incomplète 0 m. 17. La tranche gauche, seule conservée,
est lisse. Aucune trace reconnaissable sur le lit supérieur. Lettres 0 m. 018 environ
(rondes 0 m. 011 à 0 m. 012), interligne 0 m. 02. Non-sloichédon. L'écriture est
celle du me s. av. J.-G.
Fig. 6. — Dédicace d'un Béotien. INSCRIPTIONS DE DELPHES 67
Προκλής Άντικλέος Βοιωτ[ός ]
σω[τήρ]ια καί τελεστ[ήρ]ί.α[- - ]
Άπόλ[λ]ωνι Πυθίωι[- - ?]
Le texte reconstitué se suffît à lui-même, mais comme nous ne savons
pas jusqu'où allaient les deux premières lignes, on doit réserver la possi
bilité d'écrire ligne 1 Βοιωτ[(ι)ος έκ- -] et d'introduire [και χαριστήρια]
1. 2 et peut-être [άνέθηκεν] 1. 3. La restitution de la 1. 2 est de G. Daux :
« Proclès a dédié cette offrande à Apollon Pythien comme témoignage de
reconnaissance pour son salut et son succès » (1).
Arbitrage entre villes d'Achaïe Phthiolide (DGE, 555)
La stèle de calcaire (inv. 1959) qui contient le plus ancien des arbitrages
entre des cités d'Achaïe Phthiotide (2) n'est connue que par l'édition de
Laurent dans le BCH, 1902, p. 337 sq. Il n'y a pas eu de révision directe
de la pierre pour les éditions données par Hiller dans /G, IX, 2, add. p. xi,
205, II, et Gauer-Schwyzer, Dial. Gr. Exempta Poiiora (1923), n° 555.
G. Daux {BCH, 1939, p. 158 et n. 6) a corrigé deux noms propres, et mis en
garde contre les essais de datation, qui vont de 270-260 (Laurent) à « ca.
200y> {DGE) et « ne s. » (IG). On ne peut préciser plus exactement que
« second tiers du ine s. » (3), soit 270-240 : à cause de la présence des juges
de Kassandreia (influence macédonienne) et de l'absence des Aitoliens, le
texte est antérieur à la mainmise des Aitoliens sur l'Achaïe Phthiotide (4).
En tout cas l'écriture est encore belle pour le ine siècle, et interdit de
descendre trop bas. Ce qui est possible, c'est d'établir plus correctement le
texte, lu assez mal par Laurent, et défiguré dans les IG (pi. VII).
(1) Cf. Xénophon, Anab., III, 2, 9 (cf. V, 1, 1) : Δοκεΐ μοι... έπεί περί σωτηρίας ημών λεγόν
των οιωνός τοΰ Διός του σωτήρος έφάνη, εΰξασθαι τω θεώ τούτω θύσειν σωτήρια δπου
αν πρώτον εις φιλίαν χώραν άφικώμεθα ; Cyrop., VIII, 7, 1 : Δέχεσθε τάδε και τελεστήρια
πολλών και καλών πράξεων και χαριστή ρ ια ότι έσημήνατέ μοι... ά τ' έχρην ποιεΐν καΐ ά
ούκ έχρην. Alliance entre Philippe et les Chalcidiens, Tod, GHI, n° 158, 1. 15-16 : καί Πυθ[ώδ]ε
τώ[ι ΆΊπόλλωνι χαριστήρια [άποδιδόναι, καί μνασιδωρ]ε~ν. Dans la nouvelle inscription de
Paros relative à Arcliiloque (Kontoleon, Arch. Ephem., 1952 (1954) = W. Peek, Philologus 99
(1955), p. 7, 1. 7 et 13), Πυθώδε τώι Άπόλλωνι σωτήρια πέμπειν. Ilomolle, BCH, 1899, p. 588
(Cabirion de Thèbes) : Άσωποκλίδαο άρχοντος Θειβεϊυ άπα τών τελεστειρίων τό πρόθυρον
Καβίρυ κή παιδί (2e moitié du me s.).
(2) Pour les arbitrages plus tardifs, où interviennent les Aitoliens, cf. G. Daux et
P. de La Coste-Messelière, BCH, 1924, 343 sq. ; 1925, 99 sq. ; IG IX, I2, 177 et 188.
(3) Dans les articles de la RE, dus à F. Stahlin (Thessalia, 1936 ; Melitaia, 1931 ; Peuma, 1938)
ou à E. Kirsten (Pereia, Supplbd. VII, 1940 ; Phyliadon, 1941) la date de 270 est communément
acceptée. Cf. aussi E. Kirsten dans A. Philippson, Griech. Landsch., I, 1 (1950), p. 176 et 272.
(4) Cf. G. Klaffenbach, IG, IX, l2, p. xxn, 30 sq. : 235 environ, et les réserves de principe
exprimées par G. Daux, Studia Antiqua (Mél. Salac), Prague, 1955, p. 37. 68 JEAN BOUSQUET
[Άρχόντ]ων Ξένωνος Πολυσαωνείου, Κυνίσκου
[..?..] οκείου, Άγάνορος Νικοβουλείου ' άγαθήι
[τύχη ι ·] τάδε έκριναν οι δικασταί εκ Κασσαν-
[δρείας] Πραξικλής Κλέωνος, Θεόδωρος Άριστο-
5 [..?..], Ζαλίας Σατύρου, Άρχέστρατος Παρμενίσ-
[κου, Τι]μάνθης Πολυζήλου, υπέρ της χώρας ής
[άμφέ]λεγον προς αλλήλους Μελιταιεΐς και Χαλαΐ-
[οι πρό]<: Πευματίους ' έκρίναμεν είναι την χώ-
[ραν Μ]ελιταιέων καΐ Χαλαίων ην περιήγαγον
10 [ήμας] Μελιταιεΐς και Χαλαΐοι, άπο Γραίας αύλας
[επί το]ν Κυρσιλίδα τόπον, άπο του Κυρσιλίδα επί το
[ ?πρόσ]θεν και επί το δριον, και άπο του ορίου επί το Βορ-
[ρα ίερ]όν, και άπο του ίεροΰ επί το Μακύριον, και άπο
[του Μ]ακυρίου επί τα Δικόρυφα, και άπο τών Δικο-
15 [ρύφω]ν επί το Μεσοράκτιον, και άπο του Μεσορακτί-
[ου έπ]ί τόν Σπόνδον υ Περί δε της χώρας ής εκρι-
[ναν οι] Μελιταιεΐς προς Πευματίους υπέρ Πηρέ-
[ων κα]ί Φυλλαδονίων " έκρίναμεν είναι την χώραν
[Πηρέ]ων και ην περιήγαγον ήμας Με-
20 [λιτα]ιεΐς και Πηρεΐς, άπο της καλούμενης Γραίας
[αύλ]ής εις τήν Νάπην, και άπο της Νάπης εις την
[3-^]ινθειαν έπί το άκρον, άπο δε του άκρου ώς ύ-
[δωρ ρ]εΐ εις τόν Κρουσίζοντα, άπο δε του Κρουσίζον-
[τος εί]ς τον Κερκινεΐα, και έκ του Κερκινεΐος έπί
25 [τους σ]πόλους τους ομολόγους εις τήν όδον τήν
[..?.. ]αν, και έκ της όδου εις τον Βουλεΐα, και έκ
[του Βο]υλεΐος εις τον Έλιπεΐα, και άπο της χαρά-
[δρας] και του Έλιπεΐος εις τα συμβάλλοντα
[έπί τ]ο άκρον, ώσπερ οι σπόλοι έχουσιν εις το Χυ-
30 [ ? τρΐν]ον. Μάρτυροι " Θηβαίων ' 'Αρίστιππος Ίππο-
[δάμ]αντος, Μνασίθεος Φιλομήλου, Μνασιγέ-
[νης Φ]ιλοκράτου, Λέων Εύρυβώτου, Κάπριος Άπη-
[μάντ]ου, Σιμάδας Άξιόχου, Πυθίας Φιλοστρά-
[του, Ε]ΰανδρος Άντιβούλου, Άστοκλέας Χα-
35 [ριλάο]υ " Δημητριεΐς ' Φανίας 'Ιστιαίου τραπε-
[ζίτης], Εύανδρος Πρωταγόρου, Πολίτας Καλ-
[λισθέ]νους.
La révision m'a assuré que le graveur a toujours respecté la coupe syllabique
à la fin des lignes, cf. les lectures des lignes 2, 12 (qui confirme Bop[pa]), 15, 22. —
Le début de la 1. 1 reste un peu douteux : si l'on se fie à la restitution de la 1. 3,
où l'on aperçoit l'extrémité droite du Τ de τάδε, il ne manque aux lignes précé
dentes que 5 lettres, 6 au maximum, en tout cas pas moins de 5. [ταγ]ών (Laurent]
est donc insuffisant, c'est [έπί ταγ]ών, ou mieux [άρχόντ]ων, car il est vraisem- DE DELPHES 69 INSCRIPTIONS
blable que ce sont les trois magistrats de Mélitaia (1). L. 4, Πραξί,κλής et non
Πραξιτέλης Laurent. — L. 5, Ζαλίας, très lisible (Daux). — L. 6, [Τι]μάνθης
(Daux). — L. 7, [άμφέ]λεγον plutôt que [άμφέλ]λεγον, d'après la lacune. —
L. 12, j'ai des doutes sur l'expression επί το [πρόσ]θεν, mais ne puis trouver
mieux (adverbe en -θεν, participe en -θέν?). — L. 22, avant ΝΟΕΙ AN, une haste
verticale à la cassure, après une lacune de 3-4 lettres (peut-être [Κηρ]ΐ,νθείαν, de
κήρινθος?) ; c'est un nom propre, qui est celui d'une hauteur (άπο της Νάπης...
επί το άκρον), d'où l'on redescend ensuite, από του άκρου ώς ΰ[δωρ ρ]εΐ, lecture
indubitable au lieu de l'impossible εις Κ|...ξι. L'expression ώς ΰδωρ ρεΐ est
abondamment attestée, avec ses variantes (2). — L. 26, [δημοσί]αν, que l'on
attend (ΓΑ est à pointer, on n'en croit voir que la partie droite), paraît un peu
long. — L. 28, τα συμβάλλοντα, cf. σύμβολα (confluent), Bingen, BCII, 1953, p. 620
et n. 2. — L. 25 et 29, σπόλοι, piquets, pieux (cf. comm. IG et DGE) ; pour
ομολόγους, bon parallèle dans DGE, 62 (Héraclée), I, 1. 63 sq. : μεσσόρως...
/ιομολόγως άλλάλοις. — L. 29-30, Χυ[τρεΐ]ον (IG) ou Χυ[τρΐν]ον, cf. LSJ, s. v.,
et les χύτροι des Thermopyles, FD, III, 5, n° 22, 1. 53 et 57. — L. 32, [Φ]ιλοκράτου,
non -τεος ; Εύρυβώτου, non -βατού. — L. 32-33 : Άπη[μάντ]ου, non Άγη[σ&λά]ου.
— L. 34, Άστοκλέας (largement attesté dans IG, IX, 2), copie en majuscules de
Laurent, non Άριστοκλέας (sa copie en minuscules, reproduite partout sans
contrôle). — L. 34-35, Χα[ριλάο]υ (cinq lettres dans la lacune) plutôt que Χα[ρίλο]υ.
— L. 36-37, Καλ[λ!.σθέ]νους : la haste droite du Ν est visible, et il y a place pour
5 lettres à gauche, et non 4 (donc pas Καλ[λί.γέ]νους ni Καλ[λιφά]νους) (3).
Athènes et VAilolie
H. Pomtow a publié dans Klio, XV (1918), p. 7, n°s 35-36, un fragment
de marbre, où l'on reconnaît la fin d'un décret athénien, suivi d'un décret
aitolien dont G. Klafïenbach a amélioré la restitution en 1932 dans IG,
IX, l2, 176 (4). Pomtow exprimait l'espoir qu'on découvrirait un jour de
(1) Comme au début de IG, IX, l2, 177. Pour le nom de Polysaon à Mélitaia, cf. F. Stâhlin,
RE, s. v. Melilaia, col. 538.
(2) Elle se trouve dans le texte immédiatement parallèle, IG, IX, l2, 188, 1. 7. Cf. FD, III,
2, 136, lignes 19, 20, 31 ; BCH, 1903, p. 108, 1. 24 ; DGE, 83 (Argos, traité Cnossos-Tylissos : ftôcL
Λύδορ ρεΐ τομβριον) ; Ad. Wilhelm, Neue Beitr., I, 15 ; καθ' ύδατος ροάς (L. Robert, Coll.
Frôhner, Inscr. grecques, p. 50); ώς υδάτων ροαί (/. Priene, 37, 107); ώς ύδατα καταρεΐ [AM, LIX,
48, 1. 19), etc.
(3) L. 32, Εύρυβώτου est sûr : le nominatif devrait être Εύρύβωτος, comparable à l'adjectif
περίβωτος = περιβόητος, cf. LSJ, s. v. et SE G XIII, 226, v. 5.
(4) Dates proposées : Pomtow 201 ou 219 ; Klaffenbach, estimant d'après l'estampage que
l'écriture est de la seconde moitié du ine siècle : « brevi post a. 228 »; R. Flacelière : avant la guerre
de Chrémonidès, en tout cas en un temps où Athènes envoie un hiéromnémon à Delphes, vers 272
[Ait. à D., p. 190-191), date acceptée avec hésitation par Klaffenbach, Klio, 32 (1939), p. 197,
ou vers 274 [Harvard St. in Class. Philol., Sp. Vol., 1940, p. 475) ; FI. mentionnait une opinion
de M. Segre, qui croyait plutôt à une convention d'asphalie (comme celle des Déliens, IG, IX, l2,
185 ?), malgré la présence du mot συμμαχίαν, 1. 7; Ε. Schweigert, Hesperia, X (1941), p. 340-341
propose 278-275/4.

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