L'âge de la pierre polie : un égarement des études néolithiques en France au XIXe siècle - article ; n°1 ; vol.90, pg 69-86

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Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1993 - Volume 90 - Numéro 1 - Pages 69-86
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1993
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Noël Coye
L'âge de la pierre polie : un égarement des études néolithiques
en France au XIXe siècle
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1993, tome 90, N. 1. pp. 69-86.
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Coye Noël. L'âge de la pierre polie : un égarement des études néolithiques en France au XIXe siècle. In: Bulletin de la Société
préhistorique française. 1993, tome 90, N. 1. pp. 69-86.
doi : 10.3406/bspf.1993.9582
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1993_num_90_1_9582:
de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1993 /TOME 90, П" 1-2 69 Bulletin
L'AGE DE LA PIERRE POLIE :
UN ÉGAREMENT DES ÉTUDES NÉOLITHIQUES
EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE
Noël Coye
du XIXe siècle, prisonnière de l'affroJusque dans les années 1950, l'a opinions attribuant successivement
la sépulture aux Juifs « qui avaient rchéologie préhistorique française se ntement entre ces deux écoles de
définissait essentiellement comme une pensée archéologiques et les consé demeuré en France avec assez de
science du Paléolithique. Lorsque quences que cet état de fait a eu sur liberté jusqu'au règne de saint
l'historiographie traditionnelle érigeait la définition du Néolithique en tant Louis », aux Druides, aux Normands
la France en « Berceau de la Préhis qu'objet d'étude. La notion d'Âge de ou encore aux Huns (Cocherel Abbé
toire », c'était en célébrant les luttes la Pierre polie apparaîtra alors de, 1722 : 177-182). Sans entrer
glorieuses de Boucher de Perthes comme le résultat d'une lecture abu dans le détail des fastidieuses dé
dans la question de l'homme fossile, sivement simplificatrice des données monstrations de l'abbé de Cocherel,
il est aisé de mettre en avant les aleur heureuse issue et ce qui s'en sui relatives aux phénomènes néoli
vit. Mais la fierté nationale devait dé rguments de type historique soutethiques mais également comme le
chanter lorsqu'elle s'attachait à la nant chaque attribution. Ainsi, l'attrfruit d'un vide méthodologique créé
ibution aux Juifs se faisait à partir des recherche sur le Néolithique. Réguliè par l'impossible fusion entre des
haches, flèches et lames interprétées rement, certains auteurs mettaient la approches aussi inadaptées qu'in
comme pierres à circoncire. De la question à l'ordre du jour et dres conciliables.
même façon, l'attribution aux saient des constats peu reluisants.
Druides faisait référence au rituel relL'« Etat des connaissances actuelles
igieux : les partisans de cette hyposur le Néolithique en France » dressé 1. L'HÉRITAGE thèse évoquaient la position du tomen 1927 par le capitaine Octobon ap DES ANTIQUAIRES beau situé à l'orée d'un bois, et l'on paraît comme un catalogue des l
« savait » alors que les bois tenaient acunes de la recherche française. A Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, lieu de temple aux Druides qui y côté des contraintes imposées par le les vestiges préhistoriques, mégal cueillaient le gui. A ces affirmations, terrain, Octobon dénonce l'état d'esp ithes et industries lithiques néol l'abbé de Cocherel répondait que les rit des chercheurs, mettant en relief ithiques essentiellement, prennent Juifs n'utilisaient pas d'outils en os une triple carence : absence de mé place à côté des monuments et ves et que les Druides coupaient le gui thode, de terminologie et de classif tiges de la Gaule romanisée dans le non avec des pierres mais des fauication (Octobon Capitaine, 1927 grand ensemble de ce que l'on cilles d'or. Quant à l'attribution aux 252-255). A la fin des années vingt, le nomme alors « antiquités gauloises ». « peuples septentrionaux qui vinrent Néolithique est en France le résultat La méthode d'étude des antiquités infester les Gaules dans le IXe d'une suite de malentendus dont la gauloises, comme du reste des ant siècle » (Cocherel Abbé de, 1722 : source remonte à la formation même iquités des autres « nations » fait 179), Cocherel la réfutait en faisant de l'archéologie préhistorique. Dès le intervenir deux opérations indisso remarquer qu'au IXe siècle, le fer était XIXe siècle en effet les études sur le ciables : dater et interpréter. Dater s connu et le christianisme suffisamNéolithique se heurtent à un pro ignifie insérer le document archéolo ment implanté pour que l'incinération blème de méthode. Les auteurs ont gique dans le discours historique ne fût plus pratiquée. quelque difficulté à définir une ligne c'est-à-dire l'attribuer à un peuple directrice qui pourrait présider à l'él L'écueil majeur de l'interprétation dont on connaît le nom. De la même aboration d'une méthodologie. Notre de la sépulture de Cocherel résidait façon, interpréter consiste à restituer étude consistera à rechercher et à dans la difficulté de concilier d'une au document sa place dans les mettre en évidence les éléments de part les deux rites funéraires et mœurs d'un peuple, d'après la résistance qui sont à l'origine de d'autre part la présence de deux poconnaissance que l'on en a historcette situation particulière. Le premier pulations anatomiquement difféiquement. L'analyse de la sépulture de facteur est d'ordre historique. Par les rentes. L'argument anthropologique Cocherel-sur-Eure en Normandie, objets qu'elle prend en compte, aura de fait un rôle important dans telle que la rapportent Montfaucon ou l'étude du Néolithique apparaît l'interprétation finale, mais comme l'abbé de Cocherel, illustre bien cette comme l'héritière de l'archéologie l'argument archéologique, il demeure méthode. Menées en 1685 par R. Le gauloise. Nous retracerons donc, étroitement lié aux questions histoPrévôt, gentilhomme de Cocherel, les dans un premier temps, les modalités riques. Montfaucon cite ainsi Hérofouilles avaient mis au jour deux ensuivant lesquelles le concept d'Âge dote qui décrivait la minceur des sembles funéraires contigus : un ende la Pierre polie s'est affirmé. Nous crânes des Perses qui se couvraient semble d'inhumations réunissant une montrerons comment les méthodes la tête d'une bonnet ou d'une tiare et vingtaine d'individus caractérisés par typologiques et stratigraphiques él qu'il opposait à l'épaisseur des des crânes à paroi épaisse associés à aborées pour l'étude du Paléolithique crânes des Egyptiens qui allaient la un matériel archéologique lithique et sont venues se juxtaposer à la pro tête nue et rasée. Invoquant cette osseux divers et une zone d'incinérablématique historique héritée des an même autorité, l'abbé de Cocherel tion contenant notamment des fratiquaires sans toutefois la remplacer. réfutait l'attribution aux Druides qui gments de crânes de faible épaisseur. « paraissent toujours coiffés d'un Nous montrerons ensuite comment la
recherche sur le Néolithique est de Dans sa publication, l'abbé de Co bonnet » (Cocherel Abbé de, 1 722 :
meurée, pendant tout le dernier tiers cherel passait en revue les diverses 179) et ne pouvaient donc posséder :
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semble à Jouannet « appartenir à que des crânes délicats. Il apparut dans le sens d'un perfectionnement
alors que seule une interprétation fa croissant les haches de pierre, les une période de perfectionnement, i
« coins à bourrelets latéraux » et isant intervenir deux peuples diffé ndiquer même des communications
ceux « dont la partie antérieure est rents, l'un au crâne à paroi mince sociales de peuple à peuple, dès lors
pratiquant la « Nécrocaustie >> ou i évidée » (ap. Cheynier A., 1936 : 54). un plus grand développement de c
ncinération (Cocherel Abbé de, 1722 : Interprétées en terme de perfectio ivilisation » {ap. Cheynier A., 1936
185), l'autre au crâne à paroi plus nnement, les variétés typologiques 64). Sur la base de la typologie,
épaisse pratiquant l'inhumation, pouv s'inscrivent dans une évolution chro Jouannet entrevoit donc une pre
ait être appliquée de façon satisfai nologique. Mais ces variétés peuvent mière division des temps préhisto
sante. « I! ne faut point douter, écrit aussi traduire des différences de riques. Mais ne parvenant pas à
Montfaucon, que ce fut la sépulture destination et d'usage. De fait, concevoir l'intervalle de temps qui
de deux nations de l'antiquité la plus Jouannet est encore peu enclin à sépare ces deux époques ni leur
reculée. Ces corps entiers rangés distinguer deux périodes sur la seule durée, il conclut en ces termes :
sous la même ligne étaient de base de la typologie. Trois ans plus « Est-il même bien certain que nous
quelque nation barbare qui n'avait tard, dans une communication à l'Acadé ne prenions pas pour différence
encore l'usage, ni du fer, ni d'aucun mie de Bordeaux, Jouannet se montre d'époques ce qui ne serait qu'une
métal. (...) Les corps brûlés étaient nettement plus affirmatif, tranchant en f différence de destination d'instr
des Gaulois qui brûlaient les corps de aveur de l'interprétation chronologique uments ? Je ne sais ; mais le sauvage
leurs morts. » (Montfaucon B. de, contre fonctionnelle. qui vend à nos navigateurs sa hache
1722 : 196). L'interprétation de l'abbé Etablissant l'identité de fonction des polie leur offre aussi des armes en
de Cocherel est en tous points haches de pierre et de bronze sur la pierre brute » (ap. Cheynier A., 1936 :
conforme à celle de Montfaucon. base de l'analogie de leurs si 64). Héritées des classifications mi-
Chez les deux auteurs, les Gaulois lhouettes, il s'appuie sur les diff néralogiques à travers l'interprétation
sont identifiés par l'usage des outils érences de matériau et les particulari ethnographique, les premières typo
de pierre et la pratique de l'incinéra tés morphologiques pour les logies préhistoriques sont à la fois
tion. Chez Montfaucon, l'identifica attribuer à deux époques success morphologiques et fonctionnelles, les
tion est confirmée par la minceur des ives : « Pour moi, déclare-t-il, soit deux aspects étant intimement
parois crâniennes que l'auteur attr raisonnement, soit prévention, je vois confondus. Il est dès lors tout à fait
ibue au port du Cucullus ou Bardocu- ici deux armes destinées au même logique que les auteurs considèrent
cullus, sorte de cape ou de manteau usage, l'une appartiendrait à l'e qu'une différence de forme corres
muni d'un capuchon (ap. Hamy E.-T., nfance de la société, l'autre à une pond à une différence de fonction 1906 : 43). Ces Gaulois sont opposés époque où la fonte des métaux était plutôt que d'époque, d'autant plus
à des Barbares allant nu-tête aux connue et où l'on imagina de faciliter que le matériau utilisé est identique.
quels Montfaucon attribue en 1734 le moyen d'emmancher l'instr Quant à la partition des types d'ocument » (ap. Cheynier A., 1936 : 59). une origine germanique, invoquant cupations, c'est un argument supl'argument historique à travers les t plémentaire la localisation géograSept ans plus tard cependant, émoignages de Pline, Hérodote, Pau- phique des sites pouvant résulter de lorsque Jouannet tente de mettre de sanias, Tacite et Ammien Marcellin la pratique d'activités spécifiques l'ordre dans les matériaux de la pre(ap. Hamy E.-T., 1906: 44). demandant donc un outillage appropmière époque, il dégage un certain
rié. De plus, la typologie ne peut nombre de critères concernant les
acquérir de valeur chronologique que types d'occupation et les caractéris
2. AGE DE LA PIERRE POLIE : lorsqu'elle s'applique à des objets tiques industrielles mais ne parvient
VERS UNE DÉFINITION déjà situés dans un temps maîtrisé pas à affirmer la signification chrono
par l'histoire. Or, lorsque Jouannet logique de ses observations typolo
Au début du XIXe siècle, l'archéolo évoque la question chronologique, giques et technologiques. L'auteur
ce sont des expressions vagues gie celtique tente d'échapper à l'au met d'abord en balance le type d'oc
telles que « nuit des temps » ou « catorité de la référence historique. Des cupation : de plein air ou en grotte et
auteurs comme F. Jouannet en Péri- ractère de la plus haute antiquité » sous abri mais distingue également
qui fleurissent sous sa plume. La dagord ou С Picard dans la Somme des différences dans l'outillage. Les
tation des vestiges se fait par excludéveloppent les approches typolo grottes ont livré un matériel de fac
giques et technologiques des ou ture assez grossière, peu varié et f sion par rapport aux plus anciens
temps historiques connus et, si par tillages. La valeur chronologique de açonné essentiellement sur du silex,
ce biais la période gauloise échappe la typologie demeure cependant dif matériau d'origine locale. Le site
ficile à établir. En 1824, c'est-à-dire d'Ecorne-Bœuf présente, en r en partie à l'histoire, c'est encore par
au moment où, au Danemark, C.-J. evanche, une industrie plus riche, rapport à elle qu'elle se définit. Mais
Thomsen élabore son système des mieux apprêtée, attestant la pratique cette période primordiale de l'histoire
trois âges, Jouannet insiste sur l'ana du polissage et mettant en œuvre humaine n'a pas de profondeur
puisque tous les vestiges sont reje- logie des haches de pierre avec les des matériaux d'origine quelquefois
tés au point d'ancienneté maximum. haches de bronze. Il positionne alors lointaine. Cette dernière industrie :
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Prévenu contre les sources histo avec certains outils des charpentiers tion archéologique ; toutes les deux
riques de la chronologie et encore contemporains mais cette interpréta se tiennent étroitement et peuvent
peu assuré de la pertinence et de la tion n'est pas entièrement déduite de mutuellement s'éclairer » (Picard C,
finesse de l'outil typologique, Jouan- la morphologie. Picard avait présenté 1835 : 108). Dans cette utilisation
net ne possède plus aucun bagage son premier mémoire à la séance de concertée de l'archéologie et de la
méthodologique lui permettant de la Société d'émulation du 20 no géologie, il faut bien sûr voir l'i
dépasser la notion d'un temps para vembre 1835. A cette même séance, nfluence de L. Traullé dont les idées
doxal à la fois très éloigné et sans le Dr. F.-P. Ravin avait présenté une s'étaient perpétuées après sa mort,
notice sur la pirogue monoxyle d'Es- durée. L'outil stratigraphique aurait survenue en 1828, dans les travaux
pu permettre de parachever la dé trebœuf découverte à deux mètres des membres de la Société d'émulat
monstration commencée sur le do de profondeur « au-dessous d'un ion. Réunissant géologues, paléonto
cument archéologique. De fait, il est banc de tourbe et au-dessus d'un logues et archéologues, celle-ci,
employé dès la première décennie de gravier ». Ravin attribuait constituait un milieu favorable à la
du XIXe siècle par L. Traullé (Aufrère cette pirogue à l'époque celtique no maturation et au développement
L, 1936 : 586 et 1940 : 55) et un peu tant « qu'elle était semblable à celles d'une application de la méthode str
dont se servirent les Gaulois d'Anni- plus tard par C. Picard. atigraphique à l'archéologie, c'est-à-
bal pour traverser le Rhône » (ap. Au dire à l'émergence d'un véritable no
Dans les travaux que С Picard frère L., 1935 : 542). Dans l'esprit de tion de stratigraphie archéologique.
consacra aux instruments celtiques, Picard, les interrogations concernant C'est bien cette notion que nous tro
le recentrage de la méthode du r la fabrication de cette pirogue et uvons chez Picard. D'une part, il ex
ecours à la référence historique vers l'utilisation des haches polies s'éclai pose l'étagement des vestiges d'âges
l'approche géologique est très sens successifs dans les « croupes » de la rent mutuellement. Leur rapproche
ible. Dans l'introduction de son pre ment permet non seulement d'expl vallée de la Somme (Picard C, 1838
mier mémoire, Picard situe son étude iquer l'usage des haches des deux 282), d'autre part il utilise la méthode
dans le cadre historique de la période groupes mais donne également la des associations stratigraphiques gauloise « Tout le monde sait, écrit- clef de leur partition. La distinction d'une façon parfaitement neuve (P
il, que c'est avec des silex que les entre haches polies de grande et pet icard C, 1835 : 112). Réaffirmant
Gaulois fabriquaient des haches, des ite dimension, loin d'être purement après Tournai et Christol la significa
couteaux et divers instruments tra métrique, répond en effet à une diff tion chronologique de l'association
nchants dont les formes et les dimen érence d'utilisation. La définition des stratigraphique (Tournai P., 1829 et
sions étaient extrêmement diversi types est donc parfaitement fonct Christol J. de, 1829), Picard en insère fiées, ce qui nous fait supposer ionnelle. « Avec une hache emman les deux termes dans le processus de
qu'elles variaient selon le caprice de chée et amincie, écrit Picard, les formation des terrains et, comme en
l'ouvrier » (Picard C, 1835 : 94). De géologie, utilise les fossiles — à enCeltes pouvaient, après un long et
fait, le contexte historique prend en difficultueux travail, dégrossir, puis tendre ici dans l'acception la plus
core dans ce mémoire de 1835 une large du mot — pour dater les néquarrir un arbre, tailler et polir les
large part à l'interprétation archéolo parois d'une pirogue ; mais ils ne iveaux. Picard a bien pris soin aupara
gique. Lorsque Picard cherche à ex pouvaient avec cet outil ni en creuser vant de démontrer que l'enfouissepliquer l'emploi exclusif de la « corne ni en aplanir le fond. Pour en arriver ment des vestiges est le résultat de la
de cerf » dans la fabrication des là, un nouvel instrument était nécess formation de la tourbe et non de leur
gaines, il hésite à l'attribuer seule aire, et les haches de la seconde pénétration dans le sol sous l'effet de
ment aux qualités particulières de ce section, c'est-à-dire plus grandes et leur poids. Dans son application im
matériau qu'il juge d'ailleurs très fra polies, pouvaient atteindre ce but » médiate, la chronologie stratigra
gile et considère que le choix a pu en (Picard C, 1837 232). La confrontat phique de Picard ne sert qu'à ratt
être dicté par des motifs religieux. ion des documents archéologiques acher la formation des terrains aux
L'objet ainsi reconstitué a alors pu permet ainsi à Picard d'affranchir temps historiques (Picard C, 1835 :
avoir un usage sacré et servir à l'i l'analyse fonctionnelle de l'autorité 112), « Dans notre vallée, écrit l'au
mmolation des victimes offertes en sa historique. Cet affranchissement est teur, la formation d'une partie de la
crifice (Picard C, 1835 : 102). Deux favorisé par l'insertion du document tourbe date des temps historiques »,
ans plus tard, Picard distingue deux archéologique dans la stratigraphie mais dans l'absolu, la méthode précosous-groupes parmi les « petites qui positionne l'outil dans un temps nisée par Picard réunit dans une prohaches emmanchées » les unes « of qui n'est déjà plus celui de l'histoire. blématique commune les préoccupat
frent une grande épaisseur et s'amin ions de l'archéologie et des sciences Dans son mémoire de 1835, Picard cissent brusquement », les autres sont de la nature. Elle est déjà une méécrivait « Si les instruments qui vien« aplaties », leur tranchant étant formé thode « archéo-géologique » au sens nent d'être décrits sont intéressants par un amincissement progressif de la où l'entendra Boucher de Perthes. par eux-mêmes, ils le deviennent plus section (Picard C, 1837 : 231).
encore si l'on considère leur gise Dès la fin des années 1830, la re
Picard note alors la ressemblance ment. Une question de géologie fort définition de la notion d'ère celtique
des haches « aplaties » emmanchées importante est soulevée par la est intimement liée à la question de :
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l'ancienneté géologique de l'homme, « La pierre, écrit E. Chantre, ayant dustries lithiques néolithiques demeur
ant de pierre taillée tandis que, c'est-à-dire à une question à laquelle été employée presque seule pendant
la démarche archéologique pure ne un temps certainement très long, on comme l'a notamment mis en év
peut apporter de réponse. Cette re a appelé ce temps : Age de la idence E. Lartet, le polissage est utilisé
définition ne peut alors se concevoir Pierre » (Chantre E., 1867 : 10). C'est au Paléolithique dans le travail des
également le critère industriel qui matières osseuses (Lartet E., 1870-71 que dans le cadre d'un découpage
de l'ensemble des temps préhisto fournit le découpage de l'Age de la : 357). On peut cependant noter que le
riques qui s'appuie sur les données Pierre. « L'homme, poursuit l'auteur, terme Age de la Pierre polie connaîtra
une désaffectation moindre. Le Paléopaléontologiques et archéologiques se servit d'abord simplement
replacées dans la stratigraphie. C'est d'éclats de pierre dure qu'il obtenait lithique étant divisé en plusieurs
époques, qu'elles soient définies pa- à l'aide de cette méthode que par percussion. Ensuite, son indust
J. Boucher de Perthes reconstitua à rie grandissant, il s'avisa de polir les léontologiquement ou industrielle
partir de l'étude des alluvions de la éclats dont il se servait précédemm ment, les auteurs prennent l'habitude
vallée de la Somme une séquence ent. Le point de ce mouvement i de se référer à ces subdivisions rap
chronologique de huit époques com ndustriel étant assez bien marqué, on portant leurs découvertes à l'Age du
prenant du plus récent au plus an divisa ce premier Age en deux pé mammouth, du renne, du Moustier, de
cien : « 1° Epoque moderne, La Madeleine. Jusqu'à la fin du XIXe riodes celle de la Pierre taillée et
2° celle de la Pierre polie » (Chantre E., siècle, ces subdivisions n'existent pas Moyen-âge,
1867 : 10). Le critère paléontologique pour le Néolithique. S'installe alors 4° 8° 6° Celtique, Diluvienne Gallo-romaine, 7° » Antérieure 3° (Boucher 5° Epoque Gallo-celtique, aux de romaine, Perthes Celtes, traduisant la contemporanéité de une confusion entre la dénomination
l'homme avec certaines espèces an de la période et sa caractérisation :
J., 1847 32). Le qualificatif celtique imales intervient à un stade inférieur Néolithique répond à Paléolithique
qui apparaît dans la caractérisation dans la subdivision de la première tandis que les subdivisions de cette
de trois de ces huit époques a ce période. Utilisé dès 1 861 par E. Lar- dernière période appellent un équival
pendant chez Boucher de Perthes tet, il fournit une séquence de quatre ent qui ne peut être désigné que par
une valeur purement conventionnelle : époques qui sont par la suite rame de fastidieuses périphrases telles que
nées à deux comme chez Dupont ou Age des animaux contemporains, Age « je n'adopte ce nom, écrit-il, que
faute d'autres, et sans décider si les chez Chantre qui ne retient qu'un des animaux asservis ou par sa défini
Celtes ont précédé les Gaulois, ou si Age de Velephas primigenius (mam tion industrielle : Age de la Pierre polie.
ceux-ci ont les Celtes » mouth) et un Age du Cervus tarandus Pour des raisons évidentes d'euphon
(Boucher de Perthes J., 1847 : 39). La (renne). Le critère paléontologique ie, cette dernière appellation est très
période celtique de Boucher de demeure cependant totalement i souvent préférée. Synonymes à l'or
Perthes est en effet « antérieure à nopérant pour la subdivision de l'Age igine, Néolithique et Age de la pierre
toutes les traditions historiques » de la Pierre polie caractérisé dans Polie deviennent à l'usage deux
(Boucher de Perthes J., 1857 : 43) et son ensemble par une faune actuelle taxons hiérarchisés : le second consti
n'est plus située historiquement mais et la présence d'espèces domest tuant l'unique subdivision du premier.
géologiquement. De plus le temps a iques. Parallèlement, J. Lubbock uti L'Age de la Pierre polie ou Néoliretrouvé sa durée : tous les vestiges lisant de façon un peu différente des thique apparaît en premier lieu comme celtiques ne sont plus comme chez arguments analogues divise les une antithèse du Paléolithique. Pour Jouannet rejetés à un point maximum temps préhistoriques en quatre certains auteurs comme Broca, Hégrandes périodes. La première est d'ancienneté mais peuvent être o bert ou Cartailhac, les deux âges de la celle « du diluvium » au cours de lrdonnés suivant le fil du temps « il y a pierre paraissent séparés par un vériune grande différence d'âge, écrit aquelle l'homme a côtoyé les grands table hiatus, époque pendant laquelle mammifères fossiles. Il propose de la Boucher de Perthes, entre les monu l'Europe avait été inhabitable. Pour nommer « époque palasolithique ». ments subterranés et ceux qui surgis d'autres auteurs comme G. de Mor- La deuxième est « l'âge des pierres sent encore sur le sol comme ces tillet, cette lacune n'existe que dans pierres dites celtiques ou druidiques » polies, époque caractérisée par de les « connaissances et les observat(Boucher de Perthes J., 1847 : 64). belles armes, par des instruments ions » (Mortillet G. de, 1883 : 483). Il faits en silex et d'autres sortes de Au mileu des années 1860, la clas n'en demeure pas moins que chaque pierres ». Il la baptise « époque néolisification des temps préhistoriques attribut ou caractéristique de la prethique ». Les troisième et quatrième se fonde sur deux critères. Le pre mière période connaît un attribut ipériodes sont les âges « de Bronze » mier mêle données typologiques et nverse à la période suivante. Mortillet et « de Fer » (Lubbock J., 1867 : 2-3). en fait d'ailleurs la démonstration dans technologiques, le second relève de
la paléontologie stratigraphique. En France, les termes Paléolithique Le Préhistorique. Comparant un cer
L'apparition successive des diverses et Néolithique supplanteront rapide tain nombre d'attributs de sa dernière
matières premières employées pour ment leurs équivalents Age de la période du Paléolithique, le Magdalén
la fabrication des instruments fournit Pierre taillée et Age de la Pierre polie ien, et de son unique période du
la séquence désormais classique : qui paraissent trop caricaturaux à de Néolithique, le Robenhausien, il met
Age de la Pierre, du Bronze, du Fer. nombreux auteurs, l'essentiel des en évidence une opposition qui est à :
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,
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PÉRIODE PALÉONTOLOGIQUE PÉRIODE ARCHÉOLOGIQUE
Absence de domestication Omniprésence de la domestication
(grâce au chien).
Conditions climatiques
Plus grande régularité étés moins chauds (renne) et Conditions identiques aux conditions actuelles
climats moins froids (hippopotame, rhinocéros, etc.).
Plus grande intensité des phénomènes Illustration non autorisée à la diffusion météorologiques Intensité identique, causes actuelles. extension des glaciers quaternaires.
Alimentatior i
Chasse armes simples mais d'une puissance remarquable Chasse armes rares mais travaillées avec soin,
et en quantité considérable. peut-être à considérer comme des objets de luxe.
Les poteries sont extrêmement rares ; elles font le plus L'abondance des poteries et des pierres à moudre
souvent complètement défaut. Leur absence indique assez affirme la consommation des céréales.
bien l'ignorance des aliments végétaux.
Hache
Taillée, à extrémité pointue. Polie, à extrémité tranchante.
Fig. 1 - Classification des âges antéhistoriques proposée en 1868 par E. Trutat au Congrès scientifique de France de Montpellier (d'après Trutat E 1872).
cation repose entièrement sur le r au niveau même de la définition du la fois climatique, zoologique, anthro
pologique et également culturelle que ecensement des oppositions d'attributs concept de Néolithique. Cela est par
ce soit sur les plans des modes de d'une période à l'autre selon le mo faitement illustré dans la classification
adoptée par A. Bertrand qui demeure vie, des productions matérielles ou du dèle que nous avons vu chez Mortillet.
sentiment religieux et artistique (Mor- Le tout est chapeauté par deux déno en 1889 totalement fidèle aux prin
cipes de Lartet (Fig. 2). Défini zoologi- tilletG.de, 1883:480). minations correspondant à la sé
quence Paléolithique / Néolithique quement et botaniquement, l'Age de Mais au-delà de cette opposition définissant une « période paléontolo- la Pierre polie y forme une seule dans les attributs des objets d'étude, il gique » à laquelle a succédé une « pé époque dans laquelle l'auteur disexiste une opposition plus profonde et tingue ce qu'il nomme deux « classes riode archéologique ». La grande origsurtout plus lourde de conséquences de documents » parfaitement syn- inalité de cette classification qui puisqu'elle met en jeu la méthode et la entend réaliser la synthèse entre les chroniques, à savoir les monuments problématique. Cette opposition ap
approches de Lartet et de Mortillet mégalithiques et les cités lacustres. paraît clairement à travers deux class
consiste à privilégier le mode de Or précisément, ces deux classes de ifications des temps préhistoriques connaissance au détriment de l'objet documents prétendant représenter concurrentes de celle de Mortillet. La d'étude. Ce faisant, elle met en l les deux axes privilégiés de la rpremière est la classification que E.
umière la lacune méthodologique qui echerche sur le Néolithique ne sont abTrutat proposa en 1868 au Congrès
sépare les études paléolithiques des solument pas caractéristiques de scientifique de France réuni à Montp études néolithiques. Face au pr cette période puisque comme l'avait ellier (Fig. 1). Bipartite, cette classifi-
ogramme parfaitement défini des pre fait remarquer, entre autres, A. de
mières que l'on peut très schémati- Quatrefages : « les objets découverts
Époque des alluvions quement résumer en deux points dans les chambres mortuaires des ou question de l'ancienneté géologique Age de la Pierre monuments mégalithiques, aussi bien des animaux éteints éclatée de l'homme et dégagement des qu'au milieu des pilotis vermoulus des ou stades évolutifs de développement, Époque des carvernes palafittes, conduisent de l'âge de la Paléolithique les études sur le Néolithique demeurou Pierre polie jusqu'à l'âge du fer à trades animaux émigrés ent étroitement confinées dans une vers l'âge de bronze » (Quatrefages A. Illustration non autorisée à la diffusion (Époque du renne) optique purement archéologique et, de, 1988 : 117). Dès lors, le propos
comme on le verra, dans une problé des auteurs va s'attacher à poser les Époque des matique de type historique. animaux domestiques jalons d'une chronologie spécifique à Age de la Pierre et des céréales chaque classe de document et surpolie Or cette méthodologie devait se ré
1. Monuments mégaliou tout à interpréter la pérennité et les véler à moyen terme parfaitement ithiques Néolithique nadaptée et augmenter l'écart entre transformations d'un rite funéraire et 2. Cités lacustres l'avancement des connaissances sur d'un mode d'habitat si particuliers.
Fig. 2 - Classification proposée par A. Bertrand dans le Paléolithique et le Néolithique au C'est cette dernière phase du disson Archéologie celtique et gauloise (d'après Ber point que cela aura des répercussions cours qui va révéler la divergence des trand A.. 1889 17-18). ;
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démarches mises en œuvre dans cohérent et un ensemble historique tition différentielle qui va devenir s
ignificative. Elle va dans un premier deux secteurs de recherches apparus récent. Pour l'auteur, l'absence de
temps lui servir à réfuter l'origine celà des époques très éloignées et donc métal dans le mobilier archéologique
tique des monuments (2) et dans un dans des conditions radicalement di de certains dolmens ne constitue
pas une indication chronologique deuxième temps lui donner les bases fférentes. A titre d'illustration, nous
mais traduit une pratique funéraire de sa propre hypothèse, en ce qu'elle rappellerons que lorsque F. Keller pu
constitue un élément de caractérisa- blie son premier mémoire sur les qui, rigoureusement observée à une
tion des différents groupes auquel Pfahlbauten (1854), les monuments certaine époque, aurait été par la
vont s'ajouter les rites funéraires et le mégalithiques sont déjà décrits et suite négligée puis abandonnée.
matériel archéologique. Ainsi, les doétudiés depuis trois siècles puisque la Tous les monuments sont ainsi d'âge
lmens qui renferment « généralement » première publication à vocation a historique et certains pourraient
des inhumations et « rarement » des rchéologique sur le sujet, celle d'Olaus même être très récents, à l'instar du
incinérations ont livré « en grande majdolmen de Rath-Crogham daté grâce Magnus, date de 1555.
à l'épigraphie des IIe et IIIe siècle de orité, des armes et ustensiles en silex
; le bronze y paraît rarement, l'or à notre ère (Martin H., 1867 b 167).
peine, le fer jamais » (Bertrand A., Ce point établi, H. Martin crée un 3. DEUX CLASSES 1863 a : 234). Leur aire de répartition schéma d'analyse où morphologie DE DOCUMENTS se concentre dans les îles, sur les du monument, présence du dépôt
côtes septentrionales et occidentales (quelle que soit sa nature) et race La problématique des études mé de la Gaule. Dans l'intérieur, ces moceltique se répondent. La répartition galithiques est soumise de façon très numents se rencontrent « en majorité des monuments témoigne donc de prononcée à la tradition historique et » à proximité des cours d'eau navil'extension de la présence celtique, au poids des recherches antérieures. gables et « l'on remarque qu'ils sont l'auteur raisonnant plus en terme Jusqu'à l'orée du dernier tiers du plus nombreux généralement à med'occupation que de réelle diffusion. XIXe siècle, les monuments demeur
sure que l'on s'approche de nos prinent encore étroitement liés aux Dès 1862, A. Bertrand prend le cipales rivières et de leurs affluents » Celtes et la théorie de l'origine ce contre-pied des affirmations de ce (Bertrand A., 1863 a : 234). L'hypoltique des monuments funéraires qu'il appelle « l'Ecole de Cambry ». thèse de Bertrand est que les populanord africains illustre bien la force Contre l'esprit de système des Celti- tions qui ont érigé les dolmens « sont d'inertie qui entrave la recherche sants, il s'attache à examiner les venues directement du nord, le long (Camps G., 1961 : 15). L'intérêt pour « faits » dans leur particularité, dénon des côtes ou par mer, et ont directces monuments fut avant tout sus çant les généralisations abusives et ement pénétré dans l'intérieur par les cité par leur analogie avec les monu faisant littéralement éclater la notion rivières ou les vallées, (...) pour ne ments « celtiques » d'Europe, de l même de « Monuments celtiques ». s'arrêter que sur les plateaux supéraquelle les auteurs induisaient une L'auteur répartit ainsi ces monuments ieurs où ces rivières prennent leur communauté d'origine, restituant la en cinq groupes : les monolithes source » (Bertrand A., 1863 a 235). présence ancienne des Celtes en comprenant menhirs, alignements, On ne peut s'empêcher de rapproAfrique du Nord. Dès lors, ces pierres branlantes (1), pierres à bas cher les arguments et l'hypothèse de études se développent dans le cadre sins et pierres consacrées les en Bertrand des propos que tenait en de la période historique. On est ceintes ou cercles de pierres ; les en 1 764 le Comte de Caylus. Celui-ci atfrappé lorsque l'on lit les travaux ceintes en terre ; les dolmens dans tribuait les dolmens à un peuple arrivé d'un auteur comme l'interprète mili lesquels il comprend les allées cou en Gaule par la mer, son argumentattaire L. Féraud qui publie en 1863 « vertes ; les tumulus. Or, parmi ces ion s'appuyant essentiellement sur la les monuments dits celtiques de la cinq groupes, A. Bertrand considère distribution des monuments et sur province de Constantine », de la pa que les trois premiers « sont à la fois l'impossibilité de rattacher ces derrenté de la démarche de l'auteur trop mal étudiés et formés d'éléments niers à la religion des Gaulois (Caylus avec celle d'un Cocherel ou d'un trop divers pour qu'on puisse (...) fo Comte de, 1764:387). Montfaucon (Féraud L., 1863). L'au rmuler aucune affirmation générale à teur part du discours historique sur Par la suite, A. Bertrand mène une leur égard » (Bertrand A., 1863 a : les Celtes et les Gaulois et tente d'y statistique à travers l'Europe septent232). L'auteur va donc centrer son intégrer l'analyse archéologique. rionale et occidentale jusque dans le étude sur les deux derniers groupes C'est en partie la même démarche nord de l'Afrique intégrant les obser- ne prenant en compte que les doque l'on retrouve chez l'historien H. lmens et les tumulus. Dès lors, il réfute Martin qui pose sans équivoque la la dispersion homogène des monu (2) A. Bertrand entend montrer que l'aire de question de l'attribution des monu répartition des monuments dits celtiques se ments sur l'ensemble du territoire na situe précisément en dehors du domaine celments mégalithiques en terme de tional et raisonne à partir d'une répar- tique, tel qu'il est décrit par les historiens anrace. Sa théorie s'appuie sur l'analo ciens. Sa démonstration s'appuie sur la discogie des monuments d'Europe occi rdance entre documents historiques et (1) Dont il reconnaît le caractère naturel mais documents archéologiques, tous soigneusedentale et d'Afrique du Nord, qui dé qu'il prend en considération, sans doute, pour ment choisis dans un souci apparent d'objectivlimite un espace géographique donner plus de poids à sa réfutation. ité. :
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vations de L. Féraud et complète son un rayonnement de la race celtique H. Martin acceptait le terme mégali
itinéraire. L'auteur reformule l'analogie limité à l'Europe occidentale et à thique mais pouvait déclarer « que les
des monuments algériens et danois, l'Afrique du Nord, A. Bertrand substi Celtes, de tous les temps, ont élevé
insistant davantage sur leur destinat des Monuments mégalithiques » (Marttue sur une échelle beaucoup plus
ion que sur leur morphologie (ce sont vaste un diffusionnisme linéaire, rest in 1867 a 393). Puisque les Monu
tous des tombeaux) et établit sur la ituant selon une chronologie rigou ments dits Celtiques de A. Bertrand ne
base du matériel archéologique assoc reuse, un itinéraire précis, qui prend devaient rien aux Celtes, rien ne s'op
ié que les monuments sont d'autant dans sa portion terminale une direc posait à ce que les Celtes de H. Martin
plus récents que l'on progresse vers le tion dominante nord-sud. aient pu construire les Monuments
sud. Ainsi, les dolmens du Danemark mégalithiques. De fait, si l'attribution L'année 1867 est traditionnellement remonteraient à l'Age de la Pierre tan aux Celtes des Monuments mégaliregardée comme une année charnière dis que ceux de France seraient en thiques est abandonnée au début du des études sur les monuments mégalmajorité attribuables au Bronze et en dernier tiers du XIXe siècle, ce n'est ithiques parce que le 2e Congrès iplus faible partie à l'Age du Fer. Quant pas le fait de la révision de la terminolnternational d'Anthropologie et d'Araux monuments nord-africains, ils se ogie mais une conséquence du dévechéologie préhistorique réuni à Paris raient de très peu antérieurs à l'ère loppement de l'archéologie préhistochoisit de consommer la déchéance chrétienne et pour certains même rique et de la paléoanthropologie. de l'expression « Monuments celpostérieurs. A. Bertrand peut alors dé La décision du Congrès de Paris ne tiques » et adopte définitivement celle ployer son itinéraire sur deux conti marque donc pas de rupture dans le de « Monuments mégalithiques ». La nents attribuant ces monuments à « discours des auteurs. Comme le révision de ce point de terminologie une race qui, rebelle à toute transfo montre le libellé de la question posée n'aura cependant à moyen terme rmation et à toute absorption par les au Congrès (3), les problèmes soulequ'une incidence très limitée sur la races supérieures à elle qui ont peuplé vés sont ceux hérités de la grande traligne directrice des études mégalitde bonne heure l'Europe, après avoir dition des antiquaires et des celto- hiques. Nous avons vu que certains été refoulée de l'Asie centrale vers les auteurs — A. Bertrand mais l'on pourr manes. La préoccupation du congrès contrées du Nord, avoir suivi les bords n'est pas de donner une nouvelle ait également citer l'archéologue de la mer Baltique et séjourné en Da orientation à la recherche mais de faire suisse A. de Bonstetten (Bonstetten A. nemark, en a été de nouveau chassée, un bilan. C'est exactement ce qui apde, 1864-65) — s'étaient fort bien aa remonté jusqu'aux Orcades ; puis, paraît dans les discussions au cours ccommodés du qualificatif celtique redescendant par le canal qui sépare desquelles les auteurs s'affrontent ou pour échafauder des théories dans l'Irlande de l'Angleterre, est arrivée, recherchent des solutions de comprolesquelles les monuments ne devaient d'étape en étape, d'abord en Gaule, mis en mettant en commun leurs dplus rien aux Celtes. D'autres auteurs puis en Portugal, puis enfin en Afrique, iverses conclusions. Si, à l'occasion de avaient cependant présenté des prooù les restes de ces malheureuses po ces échanges, les théories évoluent testations contre l'emploi du terme pulations se sont éteints, étouffés par dans leurs détails, elles demeurent fceltique : ce fut le cas de F. Trayon ou la civilisation, qui ne leur laissait plus idèles à la thèse dominante d'un diffde E. Chantre dont la communauté de de place nulle part » (Bertrand A., usionnisme nord-sud et les mêmes propos semble trahir une opinion do1863 b: 530). structures de pensée se retrouvent minante. La condamnation des termes
avant et après 1867. A. Bertrand celtique et druidique tenait en partie à L'examen des diverses thèses rela
continue à développer sa théorie qui tives à l'origine et à l'attribution des « leur signification à la fois très chargée
Monuments celtiques » montre deux aboutit, dans son Cours professé à et peu pertinente. Mais les auteurs
étaient également choqués par leur l'Ecole du Louvre en 1896, à l'identifprincipaux points de divergence entre
ication des constructeurs des dolmens les auteurs. Le premier concerne imprécision et il peut sembler para
qu'il rattache « au grand groupe hy- l'âge des monuments pour H. Mart doxal que le choix du congrès se soit
perboréen, touranien de François Le- porté sur le terme « mégalithique » enin comme pour L. Féraud, ces der
normant, ainsi que la distribution des niers sont historiques ; ils doivent core plus générique et imprécis. En
monuments mégalithiques en Europe donc s'interpréter avant tout par réf fait la volonté du congrès n'était pas
semble l'indiquer » (Bertrand A., 1897 : érence aux textes anciens. Pour A. tant de choisir un terme aisé à définir
27). L'auteur développe alors une aBertrand, ils sont au contraire préhis que d'adopter un terme purement
toriques et l'auteur entend rappeler descriptif c'est-à-dire offrant les rgumentation faisant appel à la linguis
tique, à l'épigraphie, à l'histoire des re- que l'archéologie préhistorique a meilleures garanties de neutralité.
montré que le Celte ne saurait plus Mais l'adoption d'un terme ne signifie
être considéré comme l'occupant or pas obligatoirement l'adoption de (3) « Les Monuments mégalithiques sont-ils iginel de la Gaule mais qu'il existait l'idée qu'il sous-entend, surtout dus à une population qui aurait occupé successivement différents pays ? Dans ce cas. quelle une race « aborigène » qui aurait été lorsque ce terme possède un carac a été la marche de cette population ? Quels ont évincée par les nouveaux arrivants. tère aussi générique. Au Congrès i été ses progrès successifs dans les arts et dans
l'industrie ? Enfin, quels rapports ont pu exister Le second point concerne l'interpré nternational celtique de Saint-Brieuc entre cette population et les habitations ltation de la répartition. A la notion qui se tint à la fin de l'année 1867, acustres, dont l'industrie est analogue ? » (s. п., d'extension de H. Martin traduisant c'est-à-dire après le Congrès de Paris, 1868: 10). :
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dère comme une illusion née de la surligions pour restituer l'existence d'une fique se limite rapidement à l'examen
« civilisation touranienne » qui, d'or d'une alternative, l'infirmation d'une valorisation du type architectural du
igine asiatique, se serait épanouie hypothèse entraînant automatique dolmen que ses prédécesseurs ont
dans les contrées septentrionales de ment la validation de l'hypothèse i cherché à tout prix à isoler. Il rappelle
nverse sans que les auteurs envisal'Europe avant d'essaimer vers le sud les divergences d'opinions au sujet de
tout au long des âges de la Pierre et gent l'éventualité d'une troisième la direction des migrations (nord-sud
du Bronze. Bertrand interprète ainsi en voie. Au Congrès de Bruxelles, E. ou sud-nord) et y voit un indice fâ
termes culturels la race que Lenor- Desor commence par réaffirmer cheux pour la pertinence même de la
mant avait définie sur la base d'une l'unité ethnique des constructeurs de conception d'un peuple des dolmens.
communauté de langue et de religion. dolmens et évoque les arguments Puis, il s'attache à réfuter les deux
Comme l'a souligné A. Schnapp, cette classiques du diffusionnisme mégali principaux arguments de A. Bertrand :
thique : la répartition des monumassimilation est rendue possible par la à savoir la répartition et la chronologie
communauté de démarche de l'a ents, l'analogie morphologique et des monuments. G. de Mortillet rap
nthropologie, de la linguistique et de l'évolution architecturale. Comme pelle ainsi l'existence des dolmens
l'archéologie, toutes trois structurées tout diffusionnisme, la thèse de la d'Inde, de Crimée et de Palestine et
autour du concept de type. Il devient migration du peuple des dolmens est mentionne également pour situer le
dès lors tentant pour « les plus aven dégénérationniste. Elle sous-entend phénomène à l'échelle nationale un
tureux » chercheurs de « faire coïnci que la pureté des types observable groupe isolé en Haute-Savoie. « Ces
der un triple faisceau de données bio dans le centre d'origine s'atténue au groupes, écrit-il, ne peuvent s'expl
logiques, linguistiques et culturelles » fur et à mesure de leur diffusion par iquer dans l'hypothèse d'un peuple
un « métissage » qui peut se concev(Schnapp A., 1988 : 184). C'est bien à spécial en migration » (Mortillet G. de,
cet exercice qu'aboutit le raisonne oir en termes ethniques comme cul 1876 : 253). De la même façon, il i
ment de Bertrand. Mais si chez cet turels. Un des arguments majeurs de nsiste sur le développement parallèle
auteur la jonction ne se fait que dans A. de Bonstetten était l'évolution sty des industries associées aux monu
la partie terminale et constitue donc listique des dolmens qui, du nord ments dans des pays aussi éloignés
une conclusion, chez d'autres auteurs, vers le sud, employaient des maté que la France et le Danemark, ce qui «
comme par exemple le général L. riaux de plus en plus légers et ad prouve que dans les deux régions, les
Faidherbe, pour qui la question soule mettaient des dimensions de plus en constructeurs des dolmens étaient à
vée par la présence de monuments plus réduites. Pour E. Desor, cette l'état stable » (Mortillet G. de, 1876 :
mégalithiques en Afrique du Nord et dégénérescence de la race mégali 253). Après cela, l'auteur s'attaque aux
celle soulevée par la présence, dans thique s'accorde mal avec le progrès analogies concernant la morphologie
cette même région, de populations matériel lent mais continu de la des monuments, le matériel archéoloblondes n'admettent qu'une seule et « race » lacustre {ap. Lartet E., 1868 gique qu'ils ont livré et les caractères même réponse, l'union des données 218). Ce raisonnement se fonde sur anatomiques des populations inhudes trois disciplines est posée dès le deux postulats. Le premier affirme, mées. Il fait ainsi remarquer que si
départ et définit la méthode. une fois de plus, que, race et culture tous les dolmens possèdent des caétant indissociablement liées, la dé ractéristiques communes qui permetFace à la théorie dominante de la générescence culturelle traduit obl tent de définir clairement ce type de migration du peuple des dolmens du igatoirement une dégénérescence monument, ils sont dans le détail très nord vers le sud, certains auteurs ethnique. Le second révèle une ap différents selon les pays mais égalecomme E. Desor, J.-J.-A. Worsaae proche normative des races hu ment selon les régions. Ces mêmes ou F. Letourneau avaient développé maines, le peuple lacustre étant disparités se retrouvent en ce qui des conceptions diffusionnistes re perçu à travers l'analogie ethnogra concerne le matériel archéologique et traçant des mouvements de popula phique avec les sauvages actuels. G. de Mortillet distingue pour la France tions marchant vers le nord. Dans Ne pouvant concevoir qu'une race deux régions distinctes dans le nord- l'exposé de cette thèse moins sou supérieure ait pu dégénérer alors ouest, les haches polies se rencontvent et moins bien développée que que, dans le même temps, une race rent fréquemment dans les dolmens la précédente, le discours des au plus fruste avait su acquérir une civ alors que dans le centre et le sud, elles teurs s'attache davantage à la cr ilisation florissante, E. Desor inverse itique des conclusions de la partie sont rares tandis que les pointes de l'interprétation pensant que le sens flèches « généralement allongées et adverse qu'à l'élaboration d'une véri des migrations doit se déduire de dentelées ou crénelées sur les bords » table argumentation. La raison maj celui selon lequel on peut suivre le eure permettant la mise en œuvre de abondent (Mortillet G. de, 1877 : 155). développement et le perfectionnece procédé réside dans le parallé Enfin, l'anthropologie physique fournit ment de l'architecture mégalithique. lisme des raisonnements tenus et l'élément de réfutation que G. de Mort
dans l'identité des arguments utilisés Au Congrès international d'anthro illet juge le plus concluant en mont
par les partisans des deux thèses qui pologie et d'archéologie préhistoriques rant que les dolmens renferment des
dénonce, si besoin était, la profonde de Stockholm, G. de Mortillet remet en populations anatomiquement très di
subjectivité des soi-disant faits avan question l'existence d'une race ou fférentes qui ne sauraient appartenir à
cés. Par ce biais, le débat d'un peuple des dolmens qu'il une race unique. :
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Reprenant enfin une idée déjà expr chéologie ne doit pas chercher à dé également les pilotis qui traversent le
gager des « couches parallèles et réimée chez Nilsson selon laquelle les dépôt archéologique pour s'enfoncer
dolmens dérivent par évolution de la gulières de civilisations (...), illusion profondément dans le fond du lac.
née dans l'esprit de certains géocaverne primordiale, G. de Mortillet re Par la suite, les auteurs franco
définit les cadres de la question et logues, portant dans l'étude d'une phones prendront l'habitude de tra
place sur une série continue les autre science que la leur, (...) les pr duire Culturschicht par « couche a
rchéologique » ou parfois « couche grottes naturelles, les grottes artifi océdés et les méthodes de leur
cielles, les hypogées « creusés à ciel science favorite où la régularité des historique ». C'est ce dernier terme
ouvert dans la roche » et recouverts phénomènes est indiscutable » mais qui est employé par V. Gross dans
son mémoire sur « Les habitations de grandes dalles de pierre et enfin les qu'elle doit s'attacher à reconstituer
lacustres du lac de Bienne » (Gross dolmens. Pour lui, ces divers monu des processus événementiels à tra
ments « sont de simples modifications vers une approche « sociale et histo V., 1873). Dans ce mémoire, l'auteur
rique » (Bertrand A., 1884 : 109). d'un même rite funéraire, variant sui donne la stratigraphie des stations
vant les circonstances, les milieux, les dans lesquelles il a pu mener des rFace à la tradition des études mématériaux disponibles. Dès lors l'aire echerches régulières. Comme en pagalithiques, les recherches sur les de distribution et d'extension géogra léontologie, chaque couche fait antiquités lacustres manifestent une phique s'agrandit beaucoup. On ne l'objet d'une caractérisation précise volonté ouverte de se démarquer de peut plus voir là le mouvement de mi prenant en compte sa position, sa l'approche historiciste. Apparue au gration d'un peuple ou d'une race puissance, sa nature et les vestiges début de la deuxième moitié du XIXe qu'elle contient ou — ce qui est tout mais bien la diffusion d'une idée rel siècle, l'archéologie lacustre se déigieuse, d'un culte organisé (...). A aussi important — qu'elle ne contient veloppe au moment où la commun pas. Le but de l'approche stratigra- l'époque robenhausienne, il existait auté scientifique internationale est tout simplement une collectivité, si je phique est avant tout de démontrer en voie de régler la question de puis m'exprimer ainsi, ou un ensemble l'intégrité de la couche archéolol'homme fossile et où la notion gique, seul le matériel recueilli au de peuples et de races qui, sous l'i d'époque celtique a été largement nfluence d'un culte commun, posséd sein de celle-ci étant pris en compte réinterprétée à l'aide de l'outil strati- aient des rites funéraires semblables dans l'interprétation et l'attribution graphique. Elle va se situer d'emb» (Mortillet G. de, 1877 : 157 & 166). chronologique des stations qui se lée, par ses méthodes comme par fondent en premier lieu sur l'analyse A. Bertrand ne pouvait évidemment son discours, dans la mouvance de typologique des industries. pas admettre de telles conclusions. cette archéologie préhistorique en
formation qu'elle contribuera Dans l'introduction de son étude, Intervenant au Congrès de Stock
holm à la suite de G. de Mortillet, il d'ailleurs à affirmer. Dans son ou E. Desor affirme s'être avant tout a
ttaché « aux stations qui présentent déclare pourtant que sa théorie n'in vrage sur Les palafittes (. . .) du tac de
un caractère déterminé et qui, à l'insduit pas obligatoirement des dépla Neuchâtel, E. Desor préconise l'em
cements massifs de populations mais ploi des méthodes géologiques et tar des gisements caractéristiques
qu'elle cherche avant tout à retracer paléontologiques affirmant que le en paléontologie, peuvent être env
la façon dont s'est répandue une civi travail du chercheur doit laisser de isagés comme authentiques pour
côté « les documents écrits » pour se lisation. Ses propos paraîtraient donc l'Age de la Pierre, l'Age du Bronze ou
centrer sur « l'étude du gisement » très proches de ceux de G. de Mortdu Fer » (Desor E., 1865 : VI).
illet si l'auteur n'avait au préalable (Desor E., 1865 111). De même, F. La première question qui se pose
posé l'union indissociable des identi Keller développe dès son premier aux chercheurs est en effet de véri
mémoire une approche stratigra- tés ethniques et culturelles : « si vous fier la validité du système des trois
considérez les changements de civil phique et fait figurer une coupe de la Ages dans la mesure où certaines
isations comme attachés aux change station d'Obermailen où il distingue stations lacustres avaient livré un
ments de races, on peut dire simple trois couches dans le sous-sol (Keller matériel composite. En 1883, V.
F., 1854 : pi. 1). La couche supé Gross estime que « la division de la ment qu'il y a eu changement de
civilisation à l'arrivée de nouveaux rieure a scellé le dépôt archéolo haute antiquité en trois âges (...)
s'est trouvée parfaitement d'accord immigrants appartenant à des races gique qui constitue la couche
nouvelles » {ap. Mortillet G. de, 1876 moyenne que l'auteur dénomme avec les résultats de l'exploration de
258). L'opposition des théories cor « Culturschicht ». En dessous, nos cités lacustres » (Gross V.,
respond donc à une discordance des s'étend la couche inférieure qui com 1883 XIII). Il donne pour preuve
pose le « fond du lac : Seeboden ». problématiques. Dans sa réfutation, l'existence de stations n'ayant livré
aucune trace de métal et rappor- G. de Mortillet insiste sur le dévelop Une coupe analogue est produite en
pement culturel — évolution parallèle 1860 par F. Troyon qui individualise tables à un Age de la Pierre. Dans
la « couche renfermant les débris des industries françaises et danoises, cet Age de la Pierre, l'auteur dis
des habitations » comprise entre le émergence du type dolménique à tingue deux périodes selon la dimens
partir de la grotte naturelle — et min « fond primitif du lac » et le « dépôt ion des haches, l'extension plus ou
imise les apports exogènes. Face à limoneux postérieur » (Troyon F., moins importante du polissage, l'a
1860 pi. I). Sur ces coupes figurent bsence ou la présence d'une perfora- cela, A. Bertrand considère que

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