L'Amazonomachie du bouclier de l'Athéna Parthénos - article ; n°1 ; vol.68, pg 163-205

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Bulletin de correspondance hellénique - Année 1944 - Volume 68 - Numéro 1 - Pages 163-205
43 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1944
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Suzanne Ras
L'Amazonomachie du bouclier de l'Athéna Parthénos
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 68-69, 1944. pp. 163-205.
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Ras Suzanne. L'Amazonomachie du bouclier de l'Athéna Parthénos. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 68-69,
1944. pp. 163-205.
doi : 10.3406/bch.1944.2622
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1944_num_68_1_2622163
L'AMAZONOMACHIE DU BOUCLIER
DE L'ATHÉNA PARTHÉNOS
(PL XIX-XX)
La découverte faite dans le port du Pirée pendant l'hiver 1930-1931
de reliefs de marbre provenant d'un atelier néo-attique ramena l'attention
des archéologues sur le bouclier de l'Athéna Parthénos. M. H. Schrader
proposa de voir en certains d'entre eux, où sont représentées des scènes
d'Amazonomachie, la copie des motifs de ce bouclier. Nombre d'articles
ont paru depuis, approuvant ou critiquant cette hypothèse. Un des plus
importants est celui où M. Schrader, dans la Corolla Ludwig Curlius,
résume ses articles précédents et répond à certaines objections (1).
Nous voudrions dans cette étude, qui se limitera à la face extérieure
du bouclier, celle où était figurée l'Amazonomachie, réunir les divers
documents qui permettent de connaître cette œuvre de Phidias, essayer
de les interpréter et présenter quelques remarques.
I
Témoignages
Les témoignages sont de deux sortes : indirects, ceux des écrivains
qui décrivent ce bouclier ou y font allusion ; directs, ceux des copies, toutes
très réduites, mauvaises ou fragmentaires.
1) Textes
Des textes bien connus voici les seuls qui soient importants pour notre
étude (2) :
(1) Corolla Ludwig Curlius, p. 81-88, pi. 17-21.
(2) Cf. la liste complète dans Overbeck, Die Antiken Schriflquellen, n° 667-675 ; dans Michaelis,
Der Parthenon, p. 268-269. 164 s. ras
A. — Sujet : Pausanias, I, 17, 2.
Γραφαί δέ είσι προς 'Αμαζόνας 'Αθηναίοι μαχόμενοι. Πεποίηται δέ σφίσιν ό
πόλεμος ούτος και της 'Αθηνάς επί τη άσπίδι, και του 'Ολυμπίου Διός επί τω βάθρω.
Β. — Phidias et Périclès : Plutarque, Périclès, 31.
Ή δέ δόξα των έργων έπίεζε φθόνω τον Φειδίαν, και μάλισθ' δτι την προς 'Αμαζόνας
μάχην έν τη άσπίδι ποιών αύτοΰ τίνα μορφήν ένετύπωσε, πρεσβύτου φαλακρού,
πέτρον επηρμένου δι'άμφοτέρων των χειρών, και του Περικλέους εικόνα παγκάλην
ένέθηκε μαχόμενου προς 'Αμαζόνα. Το δέ σχήμα της χειρός άνατεινούσης δόρυ προ
της όψεως του Περικλέους πεποιημένον εύμεχάνως οίον έπικρύπτειν βούλεται την
ομοιότητα παραφαινομένην εκατέρωθεν.
Pseudo-Aristote, De mundo, 6, 399 Β.
Φασί δέ και άγαλματοποιον Φειδίαν κατασκεύαζα μενον την εν Άκροπόλει
Άθηναν εν μεσότητι ταύτης της άσπίδος το εαυτού πρόσωπον έντυπώσασθαι.
C. — Composition : Cicéron, Orator, 71, 234.
Sed^si quos magis deleclant soluia, sequantur ea saney modo sic uir si
quis Phidiae clipëum dissolveril, collocalionis universam speciem suslu.Hl,
non singulorum operum venuslalem.
De ces textes se dégagent les points suivants :
Phidias avait sculpté sur la face extérieure du bouclier de l'Athéna
Parthénos un combat mettant aux prises les Athéniens et les Amazones
(Pausanias). Parmi les figures iî s'était représenté au milieu du bouclier
(Pseudo-Aristote), sous l'aspect d'un vieillard chauve qui élevait à deux
mains une pierre au-dessus de sa tête ; il avait également figuré Périclès
en guerrier combattant contre une Amazone ; celui-ci levait devant ses
yeux le bras qui tenait la lance et lui cachait le milieu du visage ; mais
les parties visibles à droite et à gauche laissaient paraître suffisamment
la ressemblance avec Périclès (Plutarque).
Ces deux derniers points ont été constestés pour des raisons différentes
par deux savants, Furtwângler et Deonna. D'après Furtwàngler (1),
en 438 Phidias n'aurait pas plus de 40 ans, donc un « vieillard chauve » ne
pourrait être son portrait ; cette figure serait le type conventionnel du
vieillard chauve aux joues creuses, à la courte barbe, fréquent chez Poly-
gnote, dont la présence montrerait l'union de tous, jeunes et vieux, pour
repousser l'invasion ; les exégètes lui auraient attribué arbitrairement le
(1) Meislerwerke, p. 75- 6. l'amazonomachie du bouclier de l'athéna parthénos 165
nom de Phidias, puis à un autre Grec, dont le visage était mal visible, celui
de Périclès.
M. Deonna part d'une objection différente (1), l'audace sacrilège dont
aurait fait preuve Phidias en osant mettre son portrait et celui de son
ami dans le ναός de la déesse, plus encore, sur l'idole. En agissant ainsi
« il se serait même divinisé, puisque par sa présence sur la statue de culte,
il aurait participé à la divinité de celle-ci, assurée· par sa consécration
religieuse, et aurait reçu les mêmes hommages qu'elle » (2). Phidias était
incapable d'une pareille impiété, et ces identifications ne sont qu'inventions
d'exégètes. Nous reviendrons plus loin sur ces objections.
Enfin Gicéron donne un témoignage intéressant : l'Amazonomachie
était remarquable non moins par la grâce de ses personnages que par la
beauté de la composition.
Donc le total des renseignements fournis par les textes est peu élevé.
2) Copies
Les copies sont au nombre de cinq, toutes de petite échelle :
1. Celle dite « bouclier Strangford » qui, bien que fragmentaire, conserve
le plus grand nombre de figures ;
2. Celle de la statuette Lenormant, entière, mais grossière et ne repro
duisant que peu de personnages ;
3. Le fragment du musée du Vatican ;
4. Le du du Palais des Conservateurs ;
5. Le fragment de la statuette de Patras, récemment complété par la
découverte d'un deuxième fragment beaucoup plus important, mais qui
n'est pas encore publié.
Ces diverses copies, se recouvrant ou se complétant, devraient donner
une idée exacte de l'original. Or, si quelques détails sont confirmés par la
comparaison, les témoignages sont souvent contradictoires, parfois difficiles
à concilier avec les textes.
Vu le nombre des figures que nous avons à décrire, nous les désignerons
par les lettres de l'alphabet suivies d'un indice, S (Strangford), L (Lenor
mant), V (Vatican), C (Palais des Conservateurs), P. (Patras). Lorsque
deux figures de copies différentes pourront être rapprochées, de façon
(1) REG, 1920, p. 291 sqq.
(2) Id., p. 302.
12 •
166 S. RAS
sûre ou même discutable, nous leur attribuerons la même lettre, suivie
de leur indice particulier. Le tableau ci-joint indique les rapports entre
notre numérotation, celle de Michaelis dans Der Parthenon et celle de
M. Schrader dans la Corolla Curtius (1).
Strangford Lenormant Vatican Strangford Lenormant Vatican
Michaelis Schrader Michaelis Michaelis Michaelis Schrader Michaelis Michaelis
Ns ^SLC ε F Μ a O
BSL Ν b G h ζ ï
psv GSLP H C e η β
Ds Qsv α 6
Α' Rsv? ESLP θ I c PSLP gLC ι Α ( f { GSL fLC κ d
Hs ' G ULV λ a g
I» Ve μ· Β
Js Xe ν
Ks γν D ξ
LSL Zv Ε ρ
Ms π
A) Bouclier Strangford (PI. XX)
Ce document (2) est considéré comme le plus important, car il conserve
le souvenir de 16 figures, 12 entières, 6 plus ou moins fragmentaires.
Bien que le sujet soit de toute évidence une Amazonomachie, il est parfois
difficile de décider si certains personnages sont des Grecs ou des Amazones.
L'exécution en est peu soignée.
Disque de marbre de 0 m. 50 de diamètre, sans rebord, dont environ
le tiers, à gauche, manque.
Au centre, Gorgonéion encadré de deux serpents. Sous le Gorgonéion,
au milieu :
A8 : Grec, tourné vers la gauche, nu, imberbe, chlamyde aux épaules,
élevant à deux mains au-dessus de sa tête une hache.
(1) Dans l'impossibilité d'obtenir actuellement les autorisations de reproduire les photogra
phies des diverses copies, nous nous bornons à publier, avec celle de Lenormant, un croquis de
positipnjjiermettant de suivre notre exposé.
(2) Au British Museum. l'amazonomachie du bouclier de l'athéna parthénos 167
Bs : Grec, tourné vers la droite, avec casque, bottes, court chiton, cuirasse
imitant le corps humain ; bras droit levé devant la figure et tenant une
épée ; jambe droite levée s'appuyant sur une eminence, en fait le corps
de Cs. — On identifie As avec ce portrait de lui-même que Phidias avait
placé au centre du bouclier, et Bs avec celui de Périclès ; mais quelques diff
érences avec le texte de Plutarque sont à noter : A8 tient une double hache,
et non une pierre ; Bs ne brandit pas une lance, mais une épée, et l'Amazone,
son adversaire, n'est pas représentée.
G8 : Amazone, avec chiton découvrant le sein droit, étendue sur le dos,
jambes repliées, bras gauche allongé le long du corps, bras droit recourbé
au-dessus de la tête. D'après son attitude, cette Amazone est morte ;
elle ne peut donc être l'adversaire de Périclès, et c'est par une maladresse
du sculpteur qu'elle paraît lui servir d'escabeau.
D8 : agenouillé devant Phidias, avec casque, bottes, chiton à manches,
draperie sur les épaules, cuirasse imitant le corps humain (1); bras gauche
pendant le long du corps ; ne s'appuie pas sur la main droite qui est à un
niveau plus élevé que les genoux. Grec ou Amazone ? On pense d'abord
à un Grec, à cause du costume semblable à celui de Périclès; mais il est
impossible que Phidias frappe un compatriote (2) ; d'ailleurs, sur des
peintures de vases, les Amazones portent souvent un équipement grec.
Aussi, malgré le torse masculin de la cuirasse (3), il faut bien voir ici une
Amazone.
Es : Grec passant à droite d'une large enjambée vers le haut, nu, avec
chlamyde ; épée à la main droite, la gauche saisit aux cheveux Fs.
F8 : Amazone passant à avec bottes, chiton découvrant le sein
droit ; de la main droite essaie de se dégager, de la gauche brandit une
pelta ; genoux ployés, corps incurvé en arrière.
G8 : Grec passant à droite, à demi dissimulé par E8 ; avec casque, tunique,
bouclier rond ; se dirige vers H8.
H8 : Amazone qui s'élance vers le haut droit tout en tournant la tête
vers son poursuivant ; double hache dans la main droite, pelta au bras
gauche levé ; bottes, tunique découvrant le sein droit ; le repli et le bas
(1) Forme de cuirasse fréquente dès le ve siècle. Cf. Pfuhl, Malerei und Zeichnung der Griechen,
fig. 504, 507, 508.
(2) Même conclusion chez Lôwy, Wien. Jahresh. XXVIII, 1933, p. 65.
(3) Cf. Pfuhl, Mal. und Zeich., fig. 508, où deux Amazones portent une cuirasse imitant un
torse masculin. S. RAS 168
du chiton s'évasent en flottant et soulignent par cet envol la rapidité avec
laquelle l'Amazone se retourne (1).
Les groupes étudiés jusqu'ici s'interprètent assez facilement, les advers
aires étant, sauf dans un cas, nettement différenciés. Mais les figures à
droite et au-dessus du Gorgonéion sont moins claires (2). Aussi nous
bornerons-nous pour l'instant à les décrire, en indiquant, pour certaines
seulement, une possibilité. Soulignons un point important, le changement
de direction des personnages ; alors que les précédents se dirigent, sauf
A8 et Ds, de gauche à droite, ceux-ci passent tous de droite à gauche.
Is : au-dessus de G8, très probablement Amazone, vue de dos, grimpant
d'une large enjambée, avec casque, bottes, tunique, bouclier rond à
emblème ; bras droit en arrière dirigeant une lance.
J8 : au-dessus de H8, de dos, jambe gauche en avant ; avec casque,
bottes, tunique, bouclier rond, lance à la main droite (3) ; le bouclier
dissimule en partie le visage.
Ks : au-dessus de Is ; fait, tout en se retournant, une large enjambée
vers le haut et dégaine ; bottes, casque, tunique à manches.
L8 : au-dessus du Gorgonéion, de dos ; manquent : tête, épaule gauche,
partie du bouclier rond. Bottes, tunique à manches, courte épée à la main
droite abaissée ; jambe droite pliée, gauche invisible ; la figure doit être
assise sur cette repliée ; d'après le mouvement du torse, paraît faire
face à un adversaire placé au-dessus d'elle.
M8 : de cet adversaire n'est conservée qu'une trace, non pas un bras
au poing fermé, comme on le croirait d'après le dessin de Michaelis, mais
une jambe dont la pointe du pied est cassée.
Ns : à gauche de K8, une jambe, cuisse et genou.
A côté, entre Ns et M8, traces difficiles à interpréter. On pourrait penser
à un pan de vêtement, comme le précise le dessin de Michaelis, si le haut
relief de ce détail et sa- forme légèrement arrondie à gauche ne nous
paraissaient s'y opposer. Il ne peut s'agir de l'autre jambe de N8, mais
peut-être du pied. En tout cas, ces restes, que les autres documents
n'éclaircissent pas, sont trop imprécis pour que nous en fassions état dans
notre étude ; aussi ne les numérotons-nous pas.
(1) Détail mal rendu sur le dessin de Michaelis, où il paraît être un fourreau d'épée ou un
carquois.
(2) Pour Michaelis, Parlh., p. 284, ce sont des Grecs; pour Smith, Β S A, III, 1896-1897,
p. 139, des Amazones ; pour d'autres des adversaires s'opposant deux à deux.
(3) Très nette sur le moulage, mal visible sur le dessin de Michaelis. l'amazonomachie du bouclier de l'athéna parthénos 169
Dans la partie gauche du bouclier :
Os : à gauche de Ds ; Amazone en train de tomber verticalement, tête
en bas, cheveux pendants, bras ballants, jambes pliées, comme si, les
pieds touchant encore au sol, la chute ne faisait que commencer ; bottes,
chiton découvrant le sein droit.
Ps : à gauche de Os ; seuls restes : jambes bottées et bas de chiton ;
jambe droite tendue verticalement, gauche haut levée, pliée ; très proba
blement Amazone. Grimpe-t-elle, comme le dit Michaelis ? Les autres
figures qui s'élèvent ont les jambes obliques, largement écartées ; celle-ci
les a verticales. Si donc elle grimpe, elle doit s'aider de ses mains ; si elle
combat, comme il est plus vraisemblable de le supposer, elle est dans une
position instable, prête à choir comme O8 au premier mouvement un.
peu violent, au moindre choc. Nous verrons que le fragment du Vatican
corrobore cette hypothèse.
Q8 : au-dessus de O8 ; la tête manque ; Amazone étendue, buste un peu
relevé, bras gauche allongé mollement, droit tenant une double hache ;
bottes, tunique découvrant le sein droit. Blessée ou morte.
R8 (1) : jambe maladroitement posée sur le bras de Q8 ; reste d'un
personnage dont on distingue peut-être aussi un pan de vêtement ; advers
aire de Ps, donc Grec. Cette maladresse a causé une erreur d'interpré
tation. On a vu là non une jambe, mais un bras, celui « d'une Amazone
sauvant sa compagne blessée », thème fréquent sur les frises après Phigalie
et sur les sarcophages (2). Cependant c'est bien une jambe qui est sculptée.
En résumé, nous pouvons dégager les points suivants : sous le Gorgo-
néion, un groupe central divergent, d'où rayonnent vers la droite des
Grecs poursuivant des Amazones ; à mi-hauteur un changement de direction
très net; les personnages vont de l'extérieur vers l'intérieur et se présentent
en majorité de dos ; dans le fragment de la partie gauche qui est conservée
sont groupées des Amazones blessées ou mortes, s'aiïaissant ou sur le
point de tomber. Quelques détails sont gênants : l'absence, contraire aux
textes, de l'adversaire de Périclès ; l'épée de Périclès au lieu de la lance
attendue ; la double hache de Phidias au lieu de la pierre ; les noms à
donner, Grecs ou Amazones, aux figures de droite du haut.
(1) Non numéroté chez Michaelis.
12) Lôwy, Wien. Jahresh., XXVIII, p. 65. 170 S. RAS
Β) Bouclier Lenormant (PI. XIX et XX)
Cette copie, bouclier de la statuette Lenormant, est entière ; mais,
comme la statue, elle n'est qu'une ébauche à peine dégagée du bloc de
marbre (1). Les onze figures représentées, simples silhouettes, sont rar
ement caractérisées comme Grecs ou Amazones ; il faut donc les identifier
par la comparaison ou le raisonnement.
A gauche, marbre en bon état ; par suite d'une cassure récente les deux
jambes de la figure UL manquent. A droite, pierre profondément corrodée,
rugueuse et noirâtre. Forme irrégulière. Diamètre vertical :0 m. 16 ;
horizontal : 0 m. 15. Bord plat variant entre 0 m. 01 et 0 m. 025.
Au centre, Gorgonéion très joufflu, encadré, non de serpents, mais
d'un gros bourrelet de cheveux. Au-dessous :
GL : passant à droite, paraît casqué et vêtu d'une tunique ; bouclier
rond. Il rappelle le Grec Gs, bien que de ce dernier ne soit visible que le
buste ; donc Grec (2).
Ο : allongé sous GL. Semblable à C8 ; donc Amazone.
Groupe EL FL, à droite de GL. EL saisit aux cheveux FL qui s'afîaise.
Les attitudes sont semblables à celles de.E8 F8 ; donc Grec et Amazone.
Cependant la femme n'essaie pas de se dégager. Michaelis voit le Grec
«casqué», sous l'influence de Strangford, car ici, comme sur la plupart
de ces silhouettes, on ne distingue ni coiffure, ni arme, ni vêtement. Seule
la pelta de l'Amazone est visible.
Groupe SL TL : à gauche de GL ; deux figures tournées vers la gauche ;
celle de droite, SL, touche celle de gauche, TL, qui paraît accroupie, la
jambe droite pliée en avant, la gauche fléchissante. Michaelis trouve ici le
thème du combattant soutenant un blessé qui s'affaisse. D'après la compar
aison avec le fragment du Palais des Conservateurs, nous croyons qu'il
s'agit d'un Grec tuant une Amazone.
La composition de cette partie du bouclier est claire : un axe central GL
et CL, deux groupes symétriques EL' FL et SL Th ; les personnages se
retrouvent sur d'autres copies. Mais la partie supérieure est plus délicate
à interpréter :
AL : au centre, élevant à deux mains au-dessus de sa tête une grosse
(1) Cf. Michaelis, Parlh., p. 277, pi. 13, fig. 1, dont le dessin est très inexact et incomplet.
(2) Smith, Β S A, III, p. 139, le rapproche non de Gs, mais de Périclès, par inadvertance sans
doute, car cette figure ne rappelle pas le geste si caractéristique de Périclès. l'amazonomachie du bouclier de l'athéna parthénos 171
pierre ; tunique découvrant le sein droit. Depuis Conze, on identifie avec
Phidias ce personnage qui conserve le détail de la pierre mentionnée par
Plutarque. Si son costume est celui de certaines Amazones de Strangford
et des Amazones de Vatican, c'est aussi celui de plusieurs Grecs sur la frise
des Panathénées, notamment de deux cavaliers de l'Ouest etdel'apobate (1).
UL : à gauche de AL, passant à droite ; jambes brisées ; d'après les
traces la droite était tendue en arrière, la gauche pliée en avant ; le bras
gauche levé dans la direction de AL paraît démesurément long et gros ;
c'est qu'il brandit un bouclier qui, de profil, se confond avec lui ; bras
droit sans arme, retombant en arrière avec un mouvement souple assez
remarquable parmi les autres reliefs si schématiques.
Ο : entre UL et AL ; Amazone tombant tête en bas ; jambes allongées ;
chiton dont le gonflement, qui souligne la chute, est très gauchement
représenté. C'est O8.
La partie droite est, par suite de l'état du marbre, très confuse. Michaelis
a renoncé à la dessiner entièrement et ne mentionne qu'avec réserves la
possibilité d'une figure dont nous pouvons affirmer la présence.
Entre A1' et la figure de droite BL, masse ronde, d'un relief accentué,
de la grosseur d'une tête, que Michaelis interprète -comme «un manteau
flottant derrière le dos de Phidias ». Ne trouvant aucune autre hypothèse
satisfaisante, nous nous rallions à celle-ci, bien que la forme à peu près
ronde et l'épaisseur du relief soient gênantes.
A droite de la tête de Méduse, une circonférence, probablement bouclier.
Au-dessous, un relief allongé à deux branches. Lôwy y voit un arbre, et
trouve son parallèle dans les arbres stylisés, fréquents en céramique pour
indiquer la végétation (2). Mais cette présence est surprenante ici, ainsi
que la taille de cet arbre. Nous préférons le rapprocher du bouclier dont
nous venons de parler ; ce serait une épée avec son baudrier ; et, pour nous
référer aussi à des peintures de vases, rappelons· que dans les scènes de
combat des armes sont souvent figurées dans le champ.
BL : à droite de AL, campé, jambes écartées, bras droit levé près du
visage, tenant une arme longue, épée ou lance ; bras gauche tendu en
avant (?). On reconnaît là, à de légères variantes près, Périclès.
' (1) Ouest, plaque VIII, Collignon, Le Parthenon, pi. 82 ; plaque IV, id., pi. 84 ; Nord, plaque
XVII, id., pi. 114. Nous ne croyons donc pas que cette exomis, bien que souvent costume de travail,
prouve l'identité de cette figure avec Phidias. Cf. Heuzey, Histoire du costume antique, p. 38 et
55.
(2) Wien. Jahresh., XXVIII, p. 65.

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