L'industrie moustérienne de l'abri Pié-Lombard (Tourettes-sur-Loup, Alpes-Maritimes) - article ; n°2 ; vol.71, pg 429-448

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1974 - Volume 71 - Numéro 2 - Pages 429-448
Résumé. — Par ses indices techniques et typologiques, l'industrie de l'abri de Pié-Lombard (Tourettes- sur-Loup, Alpes-Maritimes) est comparable à celle de certains Moustériens de la région méditerranéenne, apparentés aux deux grandes familles des Moustériens de type Charentien et des Moustériens typiques riches en racloirs. C'est de l'industrie de la couche G de Rigabe (Var), Moustérien typique riche en racloirs du début du Wurm, que celle-ci se rapproche le plus : elle se caractérise également par un débitage levallois moyen, un fort pourcentage de racloirs, une faible représentation des outils à bords retouchés convergents, une proportion moyenne de racloirs transversaux, de rares outils à encoches clactoniennes, une faible proportion d'outils de type paléolithique supérieur et de troncatures, un emploi peu fréquent de la retouche écailleuse scalariforme.
20 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1974
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Pierre-Jean Texier
L'industrie moustérienne de l'abri Pié-Lombard (Tourettes-sur-
Loup, Alpes-Maritimes)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1974, tome 71, N. 2. pp. 429-448.
Résumé
Résumé. — Par ses indices techniques et typologiques, l'industrie de l'abri de Pié-Lombard (Tourettes- sur-Loup, Alpes-
Maritimes) est comparable à celle de certains Moustériens de la région méditerranéenne, apparentés aux deux grandes familles
des Moustériens de type Charentien et des typiques riches en racloirs. C'est de l'industrie de la couche G de Rigabe
(Var), Moustérien typique riche en racloirs du début du Wurm, que celle-ci se rapproche le plus : elle se caractérise également
par un débitage levallois moyen, un fort pourcentage de racloirs, une faible représentation des outils à bords retouchés
convergents, une proportion moyenne de racloirs transversaux, de rares outils à encoches clactoniennes, une faible proportion
d'outils de type paléolithique supérieur et de troncatures, un emploi peu fréquent de la retouche écailleuse scalariforme.
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Texier Pierre-Jean. L'industrie moustérienne de l'abri Pié-Lombard (Tourettes-sur-Loup, Alpes-Maritimes). In: Bulletin de la
Société préhistorique française. 1974, tome 71, N. 2. pp. 429-448.
doi : 10.3406/bspf.1974.8277
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1974_hos_71_2_8277de la Société Préhistorique Française, tome 71, 1974, Etudes et Travaux, fascicule 2 Bulletin
L'industrie moustérienne de l'abri Pié-Lombard
(Tourettes-sur-Loup, Alpes-Maritimes)
par Pierre- Jean Texier(*)
Résumé. — Par ses indices techniques et typologiques, l'industrie de l'abri de Pié-Lombard (Tourettes-
sur-Loup, Alpes-Maritimes) est comparable à celle de certains Moustériens de la région méditerranéenne,
apparentés aux deux grandes familles des Moustériens de type Charentien et des Moustériens typiques riches
en racloirs. C'est de l'industrie de la couche G de Rigabe (Var), Moustérien typique riche en racloirs du
début du Wurm, que celle-ci se rapproche le plus : elle se caractérise également par un débitage levallois moyen,
un fort pourcentage de racloirs, une faible représentation des outils à bords retouchés convergents, une proportion
moyenne de racloirs transversaux, de rares outils à encoches clactoniennes, une faible proportion d'outils de
type paléolithique supérieur et de troncatures, un emploi peu fréquent de la retouche écailleuse scalariforme.
L'étroite percée naturelle taillée par le Loup
à travers les reliefs jurassiques très accidentés
de l'arrière-pays cagnois a certainement et de
tous temps été très fréquentée par l'homme pré
historique. Grottes et abris-sous-roche criblent
les versants très escarpés des gorges de ce petit
fleuve côtier. De nombreux gisements étaient
connus dans cette vallée, mais aucun jusqu'ici
n'avait pu être rapporté au Paléolithique moyen.
C'est à Armand Mellira, prospecteur infati
gable de la région de Vence que revient le mérite
de la découverte du premier gisement paléoli
thique ancien de cette vallée : l'abri de Pié-
Lombard.
Cet abri est situé sur le territoire de la
commune de Tourettes-sur-Loup (A.-M.), à 2
km au Sud-Ouest de ce village. Il s'ouvre à
Fig. 1. — Plan de la fouille. Les carrés С D. E. F. de la bande l'Ouest à 200 m environ d'altitude absolue et 4 ont été fouillés. domine de 90 m la route départementale 6 qui
suit alors le Loup sur sa rive gauche. Un sondage
y fut effectué lors de sa découverte permettant l'accès à une petite cavité d'une dizaine de mètres
l'aménagement d'une petite coupe interprétée carrés.
par H. de Lumley et publiée dans sa thèse. Quel Les sédiments en place, « piégés » par le ques outils et une faune assez abondante furent fossé, présentent une stratigraphie assez simple aussi recueillis et rapportés par cet auteur au (fig. 2) : à la base, un ensemble de couches datées début de la période wiirmienne. du Wurmieii I et plongeant vers l'Ouest, au
Le gisement se présente de façon comparable, sommet, un niveau plus récent, probablement
à petite échelle, à celui de l'Hortus situé au Nord épipaléolithique, qui vient s'emboîter en discor
de Montpellier et également étudié par H. de dance de ravinement dans les couches sous-
Lumley. Il occupe un fossé de 3,30 m sur un
mètre environ de large et perpendiculaire à l'axe (*) Laboratoire de Paléontologie des Vertébrés et de Paléontde l'abri. Ce fossé est orienté Nord-Sud et barre ologie Humaine, Université de Paris VI.
429 CARNIVORES :
Canidae Canis lupus
Vulpes vulpes
Ursidae Ursus spelaeus arctos
Felidae Felis sylvestris spelaeus (lynx)
Felis pardus (pant her a)
ARTIODACTYLES :
Suidae Sus scrofa
Cervus elaphus Cervidae
Bovidae Capra ibex
Rupicapra rupicapra
PERISSODACTYLES :
Coupe entre С et D Equidae Equus caballus
C4a Ensemble! C4b à C4e Ensemble II PROBOSCIDIENS :
Elephas sp.
SIMPLICIDENTES :
Sciurirnorpha Маг то ta таг то ta
Castorimorpha Castor fiber
LAGOMORPHES :
Leporidae Oryctolagus cuniculus
cuniculus
RODENTIA :
Microtus arvalis nivalis
Pity m is duodecim cos ta tus
Eliomys quercinus
Apodemus sylvaticus
Arvicola s p.
L'INDUSTRIE MOUSTERIENNE
Coupe entre В et С Le matériel lithique recueilli sur ce site est
maintenant suffisamment abondant pour que
l'on puisse prendre en considération, comme Fig. 2. — Stratigraphie du gisement de Pié-Lombard.
matériel de comparaison régional, les données
de l'étude statistique qui va être exposée ici.
L'analyse et l'interprétation des différents pour
centages obtenus viennent confirmer les conclujacentes. Une partie de ce remplissage a été sions de l'étude préliminaire menée en 1972 sur aspirée et remaniée dans le réseau karstique infé une partie seulement de ce matériel. rieur découvert récemment (1972).
Nous avons, après la première campagne de Etude technique.
fouilles en 1971, démontré par recoupement
316 pièces ont été récoltées à Pié-Lombard des données stratigraphiques, sédimentologiques,
jusqu'à ce jour. Elles se répartissent comme paléontologiques et typologiques, l'appartenance
suit : 126 outils dont 29 éclats levallois, 24 éclats de ce remplissage à la fin du premier interstade
non levallois, 161 petits et éclats de retouwurmien.
ches, 5 nucleus dont 3 ont été réutilisés comme Une incisive supérieure d'enfant néandertalien outils. et une faune assez abondante ont été trouvées
associées à l'outillage lithique et osseux dont
Matière première. l'étude va faire l'objet de cet article.
La faune étudiée par J.-P. Gerber comprend La matière première utilisée est d'aspect et de
qualité très divers. Le silex a été le plus fré- notamment les espèces suivantes :
430 ques talons du type en chapeau de gendarme quemment employé mais il est lui-même de pro
(fig. 4, n° 25). venances très variées : rubanné gris foncé,
rubanné clair, ocre, blanc lustré, etc. Jaspe, Talons réduits : assez nombreux, ils repréchaille, grès, quartzite et même rhyolite ont aussi sentent 10,3 % du total des talons. été utilisés à Pié-Lombard, mais moins fréquem
Talons en cortex : mal représentés (6,9 %") et ment. n° 26 La et 11° double 36) permet patine de certains penser que outils quelques (fig. 4, sur des éclats non levallois.
éclats ont pu être ramassés sur des sites plus
anciens et réutilisés. Nucleus.
Ils sont très rares puisqu'au nombre de 5 et Indices techniques. le plus souvent transformés en outils (3). Un
seul est caractéristique et se range dans la catéPar son indice levallois technique (IL tech.
gorie des nucleus globuleux. = 33,5 « moyen » (1), mais nettement supérieur
à la valeur limite (2) établie par F. Bordes, cette
industrie doit être considérée comme étant de Bulbes.
débitage levallois. Le débitage levallois est domi
Les conchoïdes de percussion sont généralenant mais les éclats sont souvent de qualité méd
ment simples et diffus où faiblement convexes iocre. S'il y a quelques éclats et quelques lames
(53,2 %) ; on note cependant quelques cônes de belle venue, les éclats levallois sont en général
(6,5 %) souvent associés à des bulbes doubles. de petite taille, arrondis (36,8 %) ou allongés
Signalons enfin un éclat portant un bulbe triple. (35,1 %).
L'utilisation du percuteur doux semble donc Les grands éclats dont la taille ne dépasse avoir été assez fréquente comme l'attestent ces jamais 8 cm sont un peu plus souvent allongés derniers pourcentages et celui élevé des lames ou laminaires que courts. Les éclats minces généralement minces. dominent sur les épais.
Courts Courts Longs Longs Etude typologique. minces épais minces épais
38,1 % des pièces récoltées dans les couches 27,4 % 20,4 % 14,2 % 24,8 %
wurmiennes de l'abri de Pié-Lombard sont des
outils (nb. réel). Si l'on écarte les petits éclats Indices laminaires. et les éclats de retouches, ce pourcentage passe
à 74,1 % et reste supérieur à 50 % (57,1 %) Les lames sont en pourcentage très élevé
lorsque l'on ne tient compte que des outils retou(T lam = 21,7) et représentent également 21,7 %
chés (nb. ess.). du total des grands éclats. L'indice laminaire
des éclats levallois est un peu plus bas (15,8) que Le petit nombre des éclats bruts mais portant
l'indice laminaire total ; l'indice laminaire des souvent des retouches irrégulières et ébréchures,
outils par contre, passe à 22,5. le nombre encore plus réduit des nucleus, la
grande variété de la matière première et enfin,
nous venons de le voir, la richesse en outils Talons. retouchés, tout indique que Pié-Lombard n'était
68,2 % des talons sont représentés, quelques- pas un atelier de taille. Situé près d'une source,
uns (5,8 %) ont été ôtés par retouches spéciales il s'agissait très certainement d'un abri passager
ou par retouches de l'outil. où les chasseurs néandertaliens ont apporté du
rant leurs brefs séjours quelques éclats et outils Talons lisses : 43,1 % des talons reconnaissa- taillés en plusieurs points de la région et probles sont lisses. Paradoxalement, ce pourcentage bablement choisis en fonction de leurs dimensest plus faible pour les éclats de débitage non ions et de leur qualité. Ils les ont souvent levallois (27,4 %) que pour les éclats levallois retouchés pour les régulariser et en renforcer le (45,2 %). Ceci montre assez bien la médiocre tranchant. qualité de ce type de débitage. L'indice levallois typologique (IL ty = 23,0)
Talons facettés : les talons facettés sont un bien qu'assez élevé, ne permet pas de classer
peu moins nombreux que les talons lisses : IF1 cette industrie parmi les faciès levalloisiens du
Moustérien. Un grand nombre d'éclats, et part= 39,6, IFs => 26,7. Ces valeurs « moyennes »
traduisent un emploi peu fréquent du talon iculièrement les éclats levallois, présentent des
dièdre. 50 % des talons des éclats levallois sont retouches irrégulières et ébréchures, c'est la rai
son pour laquelle l'indice levallois typologique facettés, cette valeur passe à 33,8 % pour le
reste des éclats. Leur préparation est générale réel strict est nul et l'indice levallois
ment peu soignée mais on note cependant quel- réel large (IL ty réel large ■= 18,1) reste encore
nettement inférieur à l'indice levallois typolo
gique réel élémentaire (IL ty réel élémentaire (1) Appréciation donnée par H. de Lumley (gisement de = 23,0). l'Hortus) pour les valeurs moyennes calculées des indices dans le Sud-Est de la France. Le pourcentage très élevé des racloirs (IR = (2) Valeur limite du débitage levallois selon F. Bordes : IL tech. = 17. 52,6) rappelle celui de certains Charentiens et
431 :
3. — Abri de Pié-Lombard : industrie ; n° 1 : éclat levallois arrondi typique ; nos 2 et 3 : éclats levallois allongés Fig. typiques ; n° 4 : éclat levallois allongé atypique ; nos 5, 6, 7, 8, 10, 14, 19 : racloirs simples-convexes ; nos 9, 11, 12 : racloirs simples-droits ; n° 13 : racloir simple concave ; n" 15 : racloir double drpit ; n° 16 : racloir double droit-concave ; n° 17 : racloir double convexe-concave ; n° 18 droit-convexe.
432 typiques riches en racloirs. Le plus tous utilisés comme le montrera plus loin l'étude Moustériens
des retouches irrégulières et ébréchures. souvent simples convexes, simples droits, dou
bles ou déjetés, ces racloirs sont quelquefois Tableau I d'excellente facture. Les outils caractéristiques
du Charentien sont rares ou font complètement Pié-Lombard : éclats non transformés
défaut. Malgré cela, en raison du nombre assez en outils - comparaisons
important des racloirs simples convexes, l'indice
Charentien (1С = 20,6) reste fort. Les outils à Eclats non Eclats Eclats non bords retouchés convergents (IRC = 7,2) sont levallois non levallois non transformés assez mal représentés. transformés transformés en outils en outils en outils Le pourcentage des couteaux à dos est assez
faible (38 ess. = 10,3) cependant pour les rai
sons invoquées au début de ce paragraphe, on Pié-Lombard .... 41.5 % 52,7 % 42,9 % peut penser qu'ils ont fait l'objet d'un débitage Hortus total .... 76.6 % 78.4 % 73,2 %
Carigiiela ou plus exactement d'un choix préférentiel. 40,5 % 35.6 % 41,7 %
Bau de l'Aubesier 77.7 % 79,4 % 72.5 % Les outils du groupe paléolithique supérieur
(III ess. = 9,3), en pourcentage moyen, sont
essentiellement représentés par des burins et Comme dans les Moustériens riches en racloirs quelques grattoirs. Un seul perçoir, atypique est et en lames du Bau de l'Aubesier et de Carigiiela, associé à un bec et à un racloir déjeté. c'est le pourcentage des éclats levallois non trans
Le groupe des denticulés (IV ess. = 15,5), formés en outils qui est le plus élevé.
moyen pour les Moustériens classiques, est rel — Eclats levallois typiques : assez nombreux ativement fort pour les Moustériens typiques (9,5 %) mais de petite taille, ils sont quelquefois riches en racloirs. Les racloirs denticulés sont de bonne facture et un peu plus souvent allongés d'excellente facture et dominent en pourcentage (36,3 % et fig. 3, nos 2, 3) ou laminaires (36,3 %) les becs mal représentés. qu'arrondis (27,2 %, fig. 3, n° 1).
Les encoches clactoniennes sont rares mais — Eclats levallois atypiques : (n° 4) plus plus fréquentes cependant que les encoches nombreux que les éclats typiques (11,1 %) et retouchées. généralement arrondis (57,1 %). Une seule lame
de ce type. Les retouches. — Pointes levallois : rares (2,4 %) mais de
Les types de retouches le plus couramment bonne facture, elles sont du premier ou du
utilisés pour la confection des outils sont par second ordre.
ordre de fréquence : — Pointes pseudo-levallois : un seul exemp
laire déjeté à gauche.
Pointes et racloirs.
— la retouche épaisse denticulée Quina mince plate abrupte envahissante l/2 surélevée Quina (9 (11,7 (0,9 (39,6 (9 %, (7,2 (9 (8,1 %, « (5,4 %, faible») « «très %, « fort « moyen») « moyen «moyen») faible ») « faible»). faible ; ; ») ; ; ») ; ; Le groupe moustérien est très élevé (II ess.
= 53,8) même pour un moustérien typique
riche en racloirs. Les rapports relatifs entre les
différents types d'outils à retouches continues
mettent en évidence dans ce groupe la proportion
dominante des racloirs simples (48,0 %)• Diagrammes cumulatifs.
— Pointes moustériennes longues : une seule
Le diagramme cumulatif réel élémentaire (Di n° 27). Dé jetée à d'excellente facture (fig. 4, agramme I) part d'une ordonnée assez élevée et gauche, elle a été obtenue par retouche 1/2 Quina met en évidence le pourcentage important et porte quelques enlèvements envahissants disdes éclats levallois non transformés en outils, taux inverses. il ne s'agit cependant pas ici d'une industrie de
— Racloirs simples droits : assez bien repréfaciès leyalloisien. Les diagrammes larges et
sentés (6,2 % ess.) et de bonne facture, ils ont stricts (Diagramme I) montrent la grande abon
été obtenus sur éclats minces par retouche épaisse dance des éclats à retouches irrégulières et
(fig. 3, nos 9 et 12), envahissante ou abrupte ébréchures. (fig. 3, n° 11). L'un d'entre eux est associé à une La courbe cumulative essentielle (Di encoche retouchée directe. agramme II) de tendance nettement hyperbolique,
— Racloirs simples convexes : c'est le type rappelle celles de certains Charentiens et Moust
ériens typiques riches en racloirs. d'outil le mieux représenté dans ce gisement
(16,5 % ess.). Les racloirs bien arqués sont assez
Etude descriptive. rares. n° 7), Obtenus épaisse (31,2 par retouche %, fig. mince 3, nos (37,5 6, 8, %, 10, fig. 19 3, -
Les grands éclats non transformés en outils fig. 4, n° 20), plates (18,4 %, fig. 3, n° 5), suré
sont peu nombreux, encore ont-ils été presque levée (fig. 3, n° 14) ou 1/2 Quina sur des éclats
433 Fig. 1. — Abri de Pié-Lombard : industrie ; n° 20 : racloir simple-convexe et bec ; n° 21 : racloir double droit- convexe et troncature ; n° 22 : racloir double droit-convexe ; n° 23 : racloir convergent convexe ; nos 24, 25, 28 : racloirs déjetés ; n° 26 : droit-concave ; n° 27 : pointe moustérienne allongée ; n° 29 : racloir transversal ; nos 30 et 31 : racloirs sur face plane ; nos 32 et 33 : racloirs à dos aminci ; nos 34 et 36 : racloirs denticulés doubles ; n° 35 : denticulé.
434 généralement allongés ou laminaires (68,7 %), (3) n° 28), présentent d'autres un (2), dos sont naturel associés en à cortex des outils (fig. du 4, ils peuvent être associés à des encoches (2) à un
denticulé (1) ou à un bec (1), (fig. 3, n" 20). paléolithique supérieur, burins et perçoirs.
H. de Lumley a montré à l'Hortus que 3,9 % — Racloirs transversaux-droits : un seul, de
des éclats seulement avaient un dos naturel. Ce bonne facture, obtenu par retouche plate sur un
pourcentage passe à 37,8 % pour les racloirs éclat levallois arrondi.
simples convexes à l'Hortus et atteint 43,7 % à — Racloirs transversaux-convexes : rares et Pié-Lombard. Il est donc bien évident que de médiocre facture, ils sont obtenus par retouche l'homme préhistorique a utilisé de préférence plate (fig. 4, n° 29) ou mince. L'un d'entre eux des éclats à dos naturel pour confectionner ses est associé à une encoche clactonienne aménagracloirs simples. eant un bec et présente un biseau inverse lustré
— Racloirs simples concaves : assez rares sur racloir.
(3,1 % ess.), ils ont été obtenus par retouche — Racloirs sur face plane : mal représentés, denticulée (fig. 3, n° 13). Signalons un racloir mais d'assez bonne facture, ils sont obtenus en os de ce type (fig. 5, n° 45) d'excellente facture par retouche épaisse (fig. 4, n° 31) ou mince et obtenu par retouche plate sur une face externe (fig. 4, n° 30).
de diaphyse. — Racloirs à dos aminci : d'excellente facture,
mais assez rares (2,1 %), ils sont obtenus par Tableau II retouche épaisse, plate ou 1/2 Quina. Doubles, Pié-Lombard : racloirs simples - comparaisons l'un des racloirs a à chaque fois partiellement
servi de plan de frappe pour les amincissements
Racloirs simples droits convexes concaves inverses (fig. 4, nos 32 et 33). Pour l'un d'entre
eux (fig. 4, n° 32), l'amincissement s'étend sur
le talon de l'éclat. Pié-Lombard .... 6,2 % 16,5 % 3,1 %
Hortus total .... 6,8 % 7,6 % 2,1 % — Racloirs à retouches bifaces : un seul exemp
Carigiiela 7,1 % 16,5 % 1,8 % laire de facture médiocre et obtenu par retouche Bau de l'Aubesier 16,0 % 7,6 % 1,3 % épaisse.
— Racloirs à retouches alternes : l'un des deux
outils de ce type est à ranger dans le sous-type Les racloirs doubles (9,3 %) ; assez abondants des racloirs à alternantes. Transversal- représentent 17,3 % de l'ensemble des racloirs
et des pointes. 66,6 % sont aménagés sur des n° convexe 38), il et est obtenu associé par à une retouche encoche épaisse clactonienne (fig. 5,
lames. directe. Le second, convexe-concave, est aménagé — Racloirs doubles droits : rares (2,1 %) et par retouche 1/2 épaisse et surélevée. obtenus par retouche épaisse ou 1/2 épaisse. L'un
d'eux (fig. 3, n° 15) régularise sur un bord, par Outils du Paléolithique supérieur. retouche 1/2 épaisse, l'arête supérieure d'un dos
Le groupe paléolithique supérieur est moyen naturel.
(9,3 % ess.) et représenté essentiellement par — Racloirs doubles droits-convexes : assez des grattoirs et des burins. nombreux (4,1 %) et de grande taille, ils ont été
— Grattoirs : assez rares (3,1 %), ils sont n° obtenus 40), denticulée, par retouche mince, épaisse abrupte (fig. 4, et n° 1/2 21, Quina fig. 5, toujours associés à un autre type d'outil. Signa
lons un grattoir obtenu par retouche abrupte (fig. 3, n° 18). L'un d'entre eux (fig. 4, n° 40) est
associé à un racloir simple convexe par retouche associé n° 22), à obtenu deux encoches par retouche mixtes abrupte ; un autre et mince, (fig. 4, épaisse, un grattoir museau plat et sans épaule-
ment associé à un racloir transversal droit obtenu est aménagé sur un grand éclat levallois arrondi
par retouche mince et, enfin, un grattoir par typique.
retouche surélevée associé à trois encoches clac- - — Racloirs doubles droits-concaves : rares toniennes directes ou inverses. (2,1 %) mais de bonne facture, ils sont aménagés
— Burins : les burins sont assez bien reprén° par 26) retouche sur des 1/2 éclats Quina laminaires. (fig. 3, n° 16 et fig. 4, sentés à Pié-Lombard (50 % des outils de type
paléolithique supérieur) et parfois de bonne fac— Racloirs doubles convexes-concaves : un
ture. Ils sont simples ou doubles et souvent seul exemplaire aménagé sur lame courte et
associés à un autre type d'outil. obtenu par retouche surélevée (fig. 3, n° 17).
L'un d'entre eux, dièdre, a été obtenu sur l'un — Racloirs convergents : un seul exemplaire des angles d'un racloir déjeté double à dos et n° 23) de bonne facture, biconvexe et (fig. 4, à base amincis (fig. 5, n° 37). Un burin double, obtenu par retouche envahissante. plan, sur troncature transversale est associé à un
— Racloirs déjetés : bien représentés (5,2 %) racloir simple convexe par retouche mince. Un
mais souvent de facture médiocre, à l'exception autre burin plan est associé à un bec dégagé
du n° 25 (fig. 4) aménagé par retouche plate par deux encoches retouchées directes. Signalons
sur un éclat levallois. CLe plus souvent obtenus enfin un burin latéral sur encoche aménagée
par retouche épaisse (fig. 4, nos 24 et 28). Certains par retouche épaisse inverse sur talon.
435 5. — Abri de Pié-Lombard : industrie ; n° 37 burin dièdre sur racloir à dos aminci ; n° 38 : racloir à Fig. 39 : racloir denticulé double ; n° 40 : racloir double droit- retouches alternantes et encoche clactonienne ; n n" 42 et 43 : denticulés ; n° 44 : pointe de Quinson ; n» 45 : convexe, base amincie ; n° 41 : pointe de Tayac racloir simple-concave sur os.
436 envahissants inverses et un éclat levallois allongé Perçoirs : un seul, dégagé par une encoche
mince directe sur un outil composite comprenant atypique dont le dos naturel non en cortex est
aminci par enlèvements épais inverses. un bec, un denticulé et un racloir déjeté.
— Pointe de Quinson : cet unique spécimen — Couteaux à dos retouchés : extrêmement
n° 44) d'excellente facture, obtenu par (fig. 5, rares puisque représentés par un unique exemp
laire obtenu sur une pointe levallois du 1er ordre retouche surélevée, a été tronqué par retouches
abruptes inverses distales. Ce type d'outil présenpar retouche abrupte directe.
tant le même genre de troncature a déjà été — Couteaux à dos naturels : en % moyen signalé à la Baume des Peyrards, à Foissaguet, (10,3 %), ils représentent seulement 5,9 % du à La Crouzade et à la grotte Tournai. total des grands éclats. Le débitage n'ayant vra
isemblablement pas eu lieu sur place on peut
Outils composites. penser qu'ils ont été choisis spécialement et ceci
malgré leur faible représentativité. Leur dos peut 21,6 % (ess.) des outils sont associés à un être en cortex ou non. Signalons aussi un dos autre type d'outil. Leur place dans la liste type bord de nucleus. a été déterminée par l'outil le plus caractéristi
— Troncatures : une seule, distale inverse par que. Dans 76,1 % des cas on trouve un outil du
retouche abrupte. groupe III ou IV (encoche, dans 43,8 % des cas,
ou burin (3), grattoir (2), denticulé (2), bec (1)
associé à un racloir qui peut être déjeté, double, Encoches et denticulés. transversal ou le plus souvent (38 %) simple).
Le groupe des denticulés est « faible » (IV ess. Les becs sont associés à un denticulé, un burin
= 15,5 %) mais compte souvent des pièces ou une encoche.
d'excellente facture. Signalons pour terminer l'association sur le
même éclat d'un perçoir, d'un bec, d'un denticulé Encoches. et d'un racloir déjeté.
— Encoches clactoniennes : en pourcentage
non négligeable elles sont cependant de facture Outils à dos naturel. assez médiocre et plus souvent directes qu'in
verses. Une de ces encoches, distale inverse, est 30,9 % des outils présentent un dos naturel
adjacente à une troncature naturelle (cf. Bill qui peut être en cortex, non en cortex, ou plus
Hook). rarement (2 cas) bord de nucleus. Il semble que
les outils retouchés simples soient souvent inten— Encoches retouchées : rares isolées, elles
tionnellement aménagés sur des éclats à dos. sont plus souvent associées à un autre type
d'outil.
Outillage en os. — Eclats à tranchant denticulé : ce sont les
représentants les plus nombreux du groupe IV, Quelques outils en os ont été trouvés associés
généralement n° 35), abrupte obtenus ou envahissante. par retouche épaisse Signalons (fig. un 4, à l'industrie lithique. Il s'agit de trois racloirs
simples droits sur face externe de diaphyse et denticulé aménagé sur l'arête d'un nucleus d'un très beau racloir simple concave par retouglobuleux. che plate (fig. 5, n° 45) également obtenu sur — Racloirs denticulés : assez rares mais d'ex face externe de diaphyse. Signalons enfin un
cellente facture, ils sont obtenus par retouche fragment de diaphyse entièrement lustré.
épaisse ou denticulée. Ils peuvent être déjetés
(fig. n° 39) 5, ou n° 42), simples doubles (fig. 5, (fig. n° 4, 43). nos 34 et 36, fig. 5, Retouches irrégulières et ébréchures.
A la suite de H. de Lumley nous avons adopté — Becs : les becs sont très rares et presque
la classification suivante des retouches irrégutoujours associés à un autre type d'outil. Signa
lières et ébréchures : lons cependant un bec inverse bien caractéris
tique aménagé sur le talon d'un petit éclat. MINCES Minces directes
— Pointes de Tayac : deux exemplaires dont inverses
mixtes un de très bonne facture (fig. 5, n° 41). L'une
alternantes atypique et plate a été obtenue par retouche alternes épaisse denticulée directe sur une pointe levallois
Minces denticulées directes du 2e ordre. Le n° 41 (fig. 5) aménagé sur une
inverses lame courte et épaisse par retouche denticulée mixtes porte des amincissements envahissants inverses alternantes proximaux. alternes
Abruptes minces directes
Divers. inverses
mixtes — Eclats à dos aminci : au nombre de deux ; alternantes
une lame courte à dos aminci par enlèvements alternes
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