L'ossuaire semi-mégalithique de Chacé (Maine-et-Loire) - article ; n°1 ; vol.70, pg 385-400

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1973 - Volume 70 - Numéro 1 - Pages 385-400
Résumé. — A Chacé, au Sud de Bagneux (Maine-et-Loire), un ossuaire néolithique, effondré anciennement, achevé par le remembrement parcellaire, était, pour partie excavé dans la craie tuff eau, pour partie construit en grandes dalles à la façon d'un dolmen. Formé d'une grande chambre rectangulaire, avec entrée désaxée à droite sur le petit côté sud, ce monument a fourni, lors de la fouille de sauvetage, de nombreux restes humains en mauvais état, quelques pointes de flèches tranchantes, certaines de type Sublaines, des lames de silex retouchées, des grattoirs, une meule, des objets de parure : boucle de jayet, perles d'os, coquilles percées, pendentifs de schiste. Outre deux tessons chasséens décorés, le matériel céramique comprenait quatre vases de type peu-richar- dien, une écuelle campaniforme et neuf vases reconstituables assez voisins des types Vienne-Charente, mais que l'on croit pouvoir en séparer pour en faire un des composants du Néolithique de Loire Moyenne.
16 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1973
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Michel Gruet
L'ossuaire semi-mégalithique de Chacé (Maine-et-Loire)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1973, tome 70, N. 1. pp. 385-400.
Résumé
Résumé. — A Chacé, au Sud de Bagneux (Maine-et-Loire), un ossuaire néolithique, effondré anciennement, achevé par le
remembrement parcellaire, était, pour partie excavé dans la craie tuff eau, pour partie construit en grandes dalles à la façon d'un
dolmen. Formé d'une grande chambre rectangulaire, avec entrée désaxée à droite sur le petit côté sud, ce monument a fourni,
lors de la fouille de sauvetage, de nombreux restes humains en mauvais état, quelques pointes de flèches tranchantes, certaines
de type Sublaines, des lames de silex retouchées, des grattoirs, une meule, des objets de parure : boucle de jayet, perles d'os,
coquilles percées, pendentifs de schiste. Outre deux tessons chasséens décorés, le matériel céramique comprenait quatre vases
de type peu-richar- dien, une écuelle campaniforme et neuf vases reconstituables assez voisins des types Vienne-Charente,
mais que l'on croit pouvoir en séparer pour en faire un des composants du Néolithique de Loire Moyenne.
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Gruet Michel. L'ossuaire semi-mégalithique de Chacé (Maine-et-Loire). In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1973,
tome 70, N. 1. pp. 385-400.
doi : 10.3406/bspf.1973.4385
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1973_hos_70_1_4385de la Société Préhistorique Française, tome 70, 1973, Jïtudes et Travaux. Bulletin
L'ossuaire semi-mégalithique de Chacé
(Maine-et-Loire)
par Michel Gruet
en collaboration avec Bernard Passini, Jean et Marie-Claude Siraudeau, Paul Challet
Résumé. — A Chacé, au Sud de Bagneux (Maine-et-Loire), un ossuaire néolithique, effondré anciennement,
achevé par le remembrement parcellaire, était, pour partie excavé dans la craie tuff eau, pour partie construit en
grandes dalles à la façon d'un dolmen. Formé d'une grande chambre rectangulaire, avec entrée désaxée à droite
sur le petit côté sud, ce monument a fourni, lors de la fouille de sauvetage, de nombreux restes humains en
mauvais état, quelques pointes de flèches tranchantes, certaines de type Sublaines, des lames de silex retouchées,
des grattoirs, une meule, des objets de parure : boucle de jayet, perles d'os, coquilles percées, pendentifs de
schiste. Outre deux tessons chasséens décorés, le matériel céramique comprenait quatre vases de type peu-richar-
dien, une écuelle campaniforme et neuf vases reconstituables assez voisins des types Vienne-Charente, mais que
l'on croit pouvoir en séparer pour en faire un des composants du Néolithique de Loire Moyenne.
En 1965, non loin de Saumur (M.-et-L.), un demanda d'en rester là et de seulement recouvrir
grand dolmen enterré, inconnu jusqu'alors, fut les autres.
totalement détruit. Il contenait des squelettes et Dès ce jour le mot dolmen fut prononcé car, un intéressant mobilier dont les débris ont pu le lendemain, sur l'initiative du curé du lieu, être en partie récupérés. un entrefilet parut dans la presse, mais nous
Le 5 mai, des travaux de nivellement étaient échappa. Le 11 mai parut un article plus
effectués au bulldozer, par ordre du Génie Rural, important avec des photographies des pierres
sur des parcelles de terrains à remembrer, au extraites. Ce jour même, l'un d'entre nous se
lieu-dit La Grézille, à 300 m au Nord du village rendit sur place, vit les dalles, mais rien d'autre
de Saumoussay, commune de Chacé, Maine-et- qu'un champ crayeux, en pente fraîchement
Loire. En ce point le coteau descend vers l'Ouest, aplanie et d'où dépassaient des branchages
en pente douce, jusqu'aux prairies inondables hachés.
de la large vallée, du Thouet. Celui-ci coule en Le Directeur de Circonscription, P.-R. Giot, direction du Nord 8 km encore, jusqu'à Sau prévenu, fit cesser immédiatement tous travaux mur, où il se jette dans la Loire. sur ce point et nous fit délivrer une autorisa
A mi-pente, le mur de soutènement d'un champ tion de fouille de sauvetage.
en terrasse fut attaqué par l'engin, mettant en
évidence une large dalle de pierre (fig. 2, n° 5).
Celle-ci était, paraît-il, bien connue des chasseurs Cadre géologique.
pour être le toit d'un repaire de renards et de
blaireaux, cavité que l'on soupçonnait vaste et 11 est simple : le sous-sol du champ de La
complexe puisque les chiens de chasse y entraient Grézille est formé par le tuff eau d'Anjou ; c'est
facilement et s'y attardaient longuement. une craie grenue blanche, micacée, glauconieuse,
en bancs horizontaux. C'est l'étage turonien inféCette dalle une fois enlevée, d'autres appa rieur du Crétacé local, abondamment exploité rurent. Le conducteur d'engin mit son point
autrefois pour la construction. d'honneur à les extraire toutes et à les repousser
30 m plus loin au Sud du champ. Il en avait Les anciennes carrières souterraines servent
extrait 20 (tîg. 1, nos 2 à 6), non sans les endomm actuellement de champignonnières ou de caves
ager, quand survint le propriétaire qui lui pour champagnisation. Le tuffeau excavé a servi
385 1
fig
Fig 1. _ № 1 : plan du
figures ±. — w" ; les i croix : pian indiquent du monument des silex avec non situation figurés. des — objets №s 2 estimés à 6 : 20 en dalles place enlevées ancienne; par mêmes le bulldozer. numéros que sur les
386 aussi de logement et, à moins de 200 m de la seconde dalle contiguë B, elle-même adjacente
fouille, on commence à rencontrer les habita à une troisième et ainsi de suite. Toutes ces
tions troglodytiques du village de Saumoussay. dalles, au nombre de dix, avaient été épargnées
Notre monument est, en partie, creusé dans cette par le bulldozer et étaient couchées à peu près
Horizontalement. Leur dégagement nous conduisroche et, tout au long de la fouille, nous en avons
recueilli le fossile caractéristique : Vlnoceramus it, de proche en proche, à explorer, du Sud au
îabiatus. Nord, la totalité de la surface du monument,
surface dont les limites nous apparurent marUn niveau un peu plus récent surmonte ce quées par des parois plus ou moins hautes tuffeau blanc et occupe le sommet du coteau au-
entaillées dans le tuffeau. dessus du village : c'est la craie jaune de Tou-
raine. Les dalles de notre monument proviennent Sur un premier plan dit « de remanié » furent
d'un banc dur inclus dans cette craie, banc plus pointées les récoltes d'ossements et d'objets effecsiliceux, à aspect de falun pétri de bryozoaires et tuées dans la terre manifestement brassée récemde la petite huître Ostrca roiwillei. Ce banc a ment par le bulldozer, reconnaissable aux herbes
été disloqué par l'érosion et les préhistoriques pourrissantes et aussi aux débris de tous âges, n'ont eu qu'à regrouper vers le bas les dalles dont beaucoup de tessons gallo-romains. Sur un éparses au flanc du coteau : transport bref et, second plan dit de « en place » figurèrent les
la pente aidant, relativement facile. objets non déplacés par l'engin, récoltés soit sous
les dalles relevées au cric, soit entre elles dans
les régions où le bulldozer ne s'était pas insinué
Situation préhistorique. (fig. 1, n° 1 et fig. 2, n° 1). Cet « en place » était
du reste très illusoire car, hélas, il s'agissait bien Chacé est au centre même d'une région mégal d'un repaire de petits carnassiers. Des galeries ithique riche en monuments de grande taille, sans cesse remaniées, et pendant des siècles, de type angevin pour la plupart, le groupe s'entrecroisaient en tous sens. Les ossements de Saumur-Loudun. Dans un rayon de 15 km au volailles domestiques étaient nombreux à divers tour de Chacé on peut compter 11 menhirs et états de fraîcheur, ainsi que ceux de lapins et 31 dolmens, dont les deux colosses Bagneux et de nombreux autres petits rongeurs. Un crâne Bournand. De La Grézille on voit fort bien à de blaireau fut trouvé, et des centaines de 600 m, en pleine vallée, le beau menhir dit La coquilles d'escargots. Pierre Fiche d'Artannes, 4,5 m de hauteur. Le
dolmen le plus proche, La Pierre Couverte, dont En bien des endroits même, le sol crayeux et
il ne reste que quelques débris, était situé sur tendre était surcreusé avec des traces de griffades
la commune même à 1 300 m au Nord. A 5 km et de grattages.
au Sud, le caveau-ossuaire néolithique de Brézé
Tant dans le remanié par le bulldozer, que doit être cité pour ses vases très proches de
dans le remanié par les petits carnivores, le matceux de Chacé.
ériel recueilli était en piètre état. Ossements En rive droite de la Loire, à 13 km au Nord, et poteries étaient très fragmentés et très incomple Gué d'Arcy a fourni des tessons analogues. lets. Une bonne partie du matériel a du être
entraînée au loin par le bulldozer et diluée dans
une masse de terre telle que le tamisage de la La prospection. moitié du champ était impensable. La fouille fut
donc limitée au monument et à ses alentours Le 27 mai commençaient les recherches sur le immédiats. Le propriétaire était impatient de terrain. Les arbres, les haies et les murs étant mettre son terrain en culture. Il lui fut restitué disparus, l'aspect du paysage était tellement le 1' novembre après 28 jours de travail de cinq changé que personne n'était capable de nous fouilleurs. dire avec précision d'où avaient été extraites les
dalles. Le cadastre était indisponible du fait du
remembrement (fig. 2, n° 2). Nous aidant de la
Le plan. photo aérienne nous avons pu localiser, à 30 m
près seulement, l'emplacement du monument. Un
La déclivité du terrain se faisant лег s l'Ouest, quadrillage du terrain fut établi et commenc
le monument était allongé en travers de la pente. èrent des sondages, soit à la barre à mine, soit
Son plan peut être rétabli avec certitude car il par excavations. Le 6 juin, un sondage heureux,
est resté marqué dans le roc tendre qui a été après avoir pénétré de 80 cm dans un mélange
entamé plus ou moins profondément. L'ensemble de pierres, de terres et de végétaux en décompos
dessine un grand rectangle un peu irrégulier ition, rencontra une dalle et, à côté, un frag
de 10 m de long et de 3 m de large orienté à ment de fémur humain, à 1,3 m de profondeur.
355° donc presque Nord-Sud (fig. 1, n° 1). Une
entrée est aménagée dans l'angle Est sur le côté
Sud. Pour obtenir un sol horizontal pour la La fouille.
chambre, il a fallu que les Néolithiques entament
Le dégagement de la première dalle ainsi profondément le tuffeau du côté amont, c'est-à-
atteinte (fig. 1, n° 1 A) révéla la proximité d'une dire vers le long côté Est (fig. 2, n° 4).
387 :
;
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ph o"o mt , a d f cer
ser rodo h a mt f mel В o mt nt c| ma
Fig. 2. — № 1 plan avec situation des principaux os estimés en place : cr fragment de crâne ; cr cerclé fragment important de boîte crânienne ; fa : face ; m : maxillaire sup. ; ma : mandibule ; cer : vertèbre cervicale ; cl clavicule ; om : omoplate ; h : humérus ; eu : cubitus ; r : radius ; se scaphoïde ; si : semi-lunaire ; me : métacarpien ; ph phalange ; с : côte ; st : sternum ; do : dorsale ; 1 : lombaire b bassin ; f fémur ; ro rotule ; p péroné ; t : tibia ; a : astragale ; ca : calcaneum ; se : scaphoïde tarsien ; en : cunéiformes ; cb : cuboïde ; mt : métatarsiens ; о orteils. — № 2 : cadastre de 1935. — № 3 meule de grès, trouvée sous l'angle NO de la dalle H. — № 4 : coupe transversale du monument à sa partie moyenne. — № 5 : de bas en haut : évolution de la dégradation du monument. — № 6 : reconstitution hypothétique de l'entrée. Paroi Côté Nord. Est.
C'est le fond du monument. Il est entaillé dans Une entaille dans le tutïeau forme cette paroi le tuffeau de plus en plus profondément vers sur 1,5 m de haut. Si près de la surface cette l'amont montrant sur cette section la pente du craie est trop irrégulièrement altérée pour se terrain. Sur la partie la pins basse quelques prêter à une belle taille rectiligne. La paroi est restes d'un mur en pierres sèches encore en donc très irrégulière, et ce, d'autant plus que place. Au pied de la paroi un amoncellement de l'axe du monument ne coïncide pas exactement blocaux de « tuffe » est le reste évident de la partavec le plan de diaelase préférentiel de cette ie haute de ce mur effondré à l'intérieur de la roche, plan connu des vieux « perreyeux » sous chambre. Appuyé par un bout contre la paroi de le nom de « vergne du midi » parce qu'il est rocher, l'autre extrémité reposant sur le sol du orienté Nord-Sud. La paroi se trouve à trois monument, une dalle étroite R ne semble pas reprises décrochée selon ce plan, particulièr avoir été remuée récemment. Elle a dû glisser du ement vers le fond du monument et aussi le long sommet de la paroi où elle complétait vers l'Est de l'entrée. le mur de fond.
Au quart postérieur de la paroi se creuse un
diverticule en forme de coin profond mais larg Côté Sud.
ement ouvert. Cavité probablement non volontaire
C'est le côté de l'entrée. Celle-ci est totalement mais due à une grande friabilité de la roche, elle
désaxée. Située tout à fait à l'extrémité Est (côté a néanmoins servi à des inhumations et a dû
amont) de la paroi Sud, elles est entaillée dans être bouchée par un mur de pierres sèches dont
le roc en un très bref couloir. Les blocs courts il subsistait une grande partie (fig. 1, n" 1).
A. B. C, effondrés en arrière de la porte, partici
Une bonne hauteur étant déjà obtenue par la paient-ils à l'architecture de celle-ci, en formant
taille de la roche sur ce côté Est, des blocs de la partie supérieure et le linteau comme nous
moyenne dimension couchés au sommet de la l'avons supposé sur notre reconstitution : figure
paroi de craie ont dû suffire pour assurer la 2, n° 6 ? C'est possible, mais invérifiable. Dans
hauteur totale de ce côté. Le bloc Q repose cette entrée le sol est un peu surcreusé par rap
encore par une de ses extrémités sur cette paroi port au sol de la chambre et au sol extérieur,
d'où il a glissé. Les blocs D et E semblent pou comme si l'on avait voulu augmenter la hauteur
voir en venir aussi, ainsi que, bien entendu, bon de ce passage. En avant et à l'Est de celui-ci la
nombre des plus petits blocs extraits par les des paroi amont, entaillée rectiligne, se continue ;
tructeurs. L'un d'eux passait-il en toit au-dessus tandis qu'à l'Ouest, le tuffeau découpé à angle
de la niche ? droit s'écarte et se perd en diminuant de hauteur
du côté de la vallée. Hormis cette porte, le côté
sud semble avoir été construit comme le
Côté Ouest. nord par un mur de pierres sèches compensant
l'inégale hauteur de la roche incisée, pour offrir
11 était formé de grands orthostats dont trois une surface horizontale aux dalles de couverture.
sont restés sur place couchés vers l'intérieur de A noter, dans cette paroi, une petite niche en
la chambre (dalles H. M. O.). De ce côté le taillée qui contenait deux tessons. Un dégage
creusement du roc n'était pas nécessaire pour ment large en avant du monument n'a pu être
assurer l'horizontalité du sol. Il y a eu cepen réalisé (1). Ce qui a été fait suffit pour montrer
dant une entaille faite pour empêcher les qu'il n'y avait pas de vrai couloir. La déclivité
orthostats de glisser vers le thalweg ou aussi menant à l'entrée a dû rester accessible long
pour compenser leurs différences de hauteur temps après l'effondrement du monument, puis
(fig. 2, n° 4). La dalle H, la plus au Sud, est peu que des tessons gallo-romains ont été récoltés
haute, aussi le tuffeau avait-il été peu entamé jusqu'au roc.
en simple adossement surmonté de pierrailles
encore en place. La dalle suivante M, beaucoup La couverture. plus haute, a vu cette hauteur rachetée par une
implantation plus profonde, vraie saignée à deux Les dalles enlevées lors des travaux de remem
parois avec encoche spéciale pour la protubérance brement forment au total une surface très large
inférieure de la pierre. Pour la troisième dalle, ment suffisante pour recouvrir toute la surface
assez courte, il ne subsiste au sol qu'une légère du monument. Très malmenées elles ne permett
dénivellation, mais des traces de raclage import ent pas de savoir si leurs cassures sont seul
antes par l'engin sont manifestes sur le sol et ement marginales ou s'il y a, comme c'est pro
deux traces de heurt encore fraîches sont visibles bable, des dalles cassées en deux. Nous donnons
au bord inférieur de la dalle. 11 y avait proba les contours superposés de tous ces morceaux
(fig. 1, nos 2 à 6\ blement un ou deux autres orthostats pour
compléter ce côté vers le Nord ; dalles de faible
hauteur probable car le sol n'est presque plus il) La présence de tessons ronuiins situés profondément sur excavé dans l'alignement des blocs précédents l'ancien sol aux abords de l'entrée montre que cette zone était encore accessible, à l'époque gallo-romaine, tandis qui: le monuet il remonte nettement dans l'angle N.-O. du ment était déjà effondré et irnpénétr.ible, car il n'y a pas de monument. débris romains sur le sol de la chambre.
389 :
:
Le 5 fragments de grès calcaire (Crétacé local), sol.
dont une lamelle et un morceau de meule. Le sol du monument est évidemment constitué î meule en grès assez grossier (grès éocène par le tufïeau. Il est loin d'etre plan en tous les n° 3). local probable) (fîg. 2, points. D'une uart, en de nombreux endroits, et
Au point de vue débitage nous avons particulièrement sous la dalle M, les terriers
l'ont entamé de vrais caniveaux tout striés de 4 nucleus à éclats, petits, polyédriques, assez
griffades (fig. 1, n° 1 et fig. 2, n° 4). D'autre informes.
part, des portions plus hautes formant marches 18 lames ou lamelles, plus 7 fragments prove
ont été respectées : dans l'angle N.-O., on l'a nant probablement de lames (cas de certaines
vu, à gauche de Г entrée au sud de la dalle C, à flèches tranchantes comme le n" 30, fîg. 3).
droite de l'entrée contre la paroi Est en arrière Nous figurons quelques lamelles assez élégantes des dalles D et E. Enfin, et surtout, le plus (lig. 3, n's 24, 25, 26). curieux, une véritable banquette de roc altéré 50 éclats pour la plupart petits et courts mais mais respecté s'avance vers l'intérieur à partir
dont (J sont beaux, larges et minces, et 14 à tendu milieu du côté Est. Sa surface, presque carrée, dance laminaire. de 70 cm X 65 cm, plane, élevée de 35 cm au-
14 éclats ou lames ont un talon facetté. dessus du sol, était recouverte de débris de mobil
ier particulièrement nombreux (fig. 1, n" 1 et 1 7 ont un talon lisse. n° 4). fig. 2, 50 n'ont pas de talon identifiable, soit parce
Ailleurs, partout où la pierre n'était pas fra qu'ils sont punctiformes, soit qu'ils soient enlevés
nchement à nu, le sol du monument étail recouvert par cassures, volontaires (cas de flèches tran
d'une croûte grisâtre, mélange de poudre de tuf- chantes) ou non.
feau salpêtre et de matières organiques anciennes Aucune flèche pointue n'a été récoltée. et récentes avec un feutrage de mycéliums, car In trapèze régulier, plus large que haut, les champignons apprécient particulièrement ce obtenu sur lame cassée de silex blond, est bien milieu. De très rares charbons de bois ont été retouché, sur les lianes, par fines retouches recueillis. abruptes directes. Il présente une légère encoche
au tranchant et a, peut-être, servi de flèche (fig.
3, n 22, trouvé au N.-E. de la dalle O). Le mobilier.
Plus typique, en tant que pointe de flèche,
Les numéros correspondent aux dessins et au parce que moins large, un autre trapèze a un n° 1 objets en place. plan de la fig. 1, tranchant large et est, lui aussi, ébréché (n° 23).
Sa retouche latérale est abrupte directe. Le silex
est blanchâtre et craquelé par cuisson et cette Outillage. flèche a, peut-être, perdu un peu de sa longueur
par cassure au talon. Elle a été trouvée sous la Os. dalle H.
Nous n'avons qu'un seul et médiocre objet Le n" 21, flèche tranchante sur éclat, trapézoïd'os : un lissoir ou un ciseau, à extrémité cassée, dale à bords concaves à retouches abruptes et qui a été très mâchonné par un renardeau directes ; tranchant irrégulier, silex blond ; troun" 27). ou autre carnivore (fig. 3, vée au bord Ouest de la dalle M.
Pierre. Le n° 29 est d'interprétation douteuse. C'est,
peut-être, une pointe de flèche cassée à la fabriLe silex représente 89 r<- des matières pre
cation ou à l'usage. Les bords latéraux épais mières employées.
présentent plutôt des esquillements que de véri45 objets ou déchets de taille sont d'un silex tables retouches. L'objet provient de la réutilisablond très translucide, allant du blond foncé au tion d'une hache polie de silex gris dont la presque blanc. surface très finement striée est conservée vers
4 objets seulement sont en silex couleur cire le talon (2) ; elle a été trouvée en remanié.
assez opaque du type classique du Grand Pressi- Une grande flèche tranchante, n° 28. est taillée
aussi dans une hache polie de silex blond. Les
18 sont de silex noir ou gris foncé ou des bords à retouches semi-abruptes inverses (partant
deux conjointement. de la face dorsale) ont été amincis par une retou
che éeailleuse directe (partant de la face d'éela- 1 seul éclat est dans un silex blanc opaque.
fement ventrale', couvrante, effectuée après la 10 sont craquelés, blancs ou rouges, ayant subi retouche semi-abrupte. La forme est triangulaire l'action du feu, dans ce lot une flèche tran allongée. Les traces de polissage de la hache chante (fig. 3, n° 23\ sont conservées au tranchant, qui est convexe,
En jaspe rouge et jaune de type Eontmaure,
un fragment d'éclat ou de lame cassée, à talon
lisse. (2i Cette flèche et la suivante sont les seules traces de polis- 2 éclats en chaille jaunâtre. iie parmi les objets trouvés.
390 •
:
:
Fig. :î. — X"" 18, 19, 20, 24, 25 et 2ti : lamelles de silex ; le numéro 24 est vitrifié par cuisson intentionnelle. — №s 21 et 23 flèches tranchantes. — X° 22 : trapèze. — №s 28 et 30 : flèches de type Sublaines ; 28, dans une hache polie ; 30, avec traces d'emmanchement. — № 29 : ébauche de flèche dans une hache polie. — Xos 31 et 33 : grains d'enfilage en os. X" 32 : boucle d'oreille en jayet. — Xos 34 et 35 : pendeloques de schiste. № 36 Purpura lapillus. — X° 37 charnière cVVnio. — № 38 grosse lame peu retouchée, silex de type Grand-Pressign Pressigny. — № 39, 40, 41, 44, irs. — X° schistes façonnés. X° 42 : lame bien retouchée. — Xos 43, 46, 47, 52 : grattoi 48 : encoche sur lame. 45, 49 51 : crapaudine de drille en schiste. — № 52, 53, 55, 56, 57, 59 : silex retouchés. — X° 54 : fragment de scie ? — X» 58 : perçoir.
391 Fragment de lame épaisse avec bonne et au talon ; trouvée sous la portion sud de
retouche tout le long de ce qui reste de son la dalle M.
bord gauche ; silex gris opaque (fig. 3, n° 55). Par section d'une large lame de silex noir a
— Extrémité distale de lame portant une été obtenue aussi une autre grande tlcche tran
encoche retouchée au bord gauche ; silex gris chante trapézoïdale allongée, n" 30. Les lianes
foncé, cortex blanc conservé au bord droit. sont traités en retouches semi-abruptes inverses.
Trouvée entre H et M (fig. 3, n" 48). Sur la face dorsale la nervure médiane a été
totalement éliminée par des retouches directes — Extrémité cassée de lame portant une
couvrantes réalisées après les semi- retouche en coche peu profonde sur tout son
n" 56). abruptes qu'elles recoupent. bord droit ; silex blond (fîg. 3,
Pour cette flèche, comme pour la précédente,
nous avons affaire donc à ce type de retouche,
Scie ? connu anciennement, mais qui vient d'être bapt
isé « type Sublaines » (3).
Eclat triangulaire cassé, sans talon ; belle La flèche n° 30 a conservé, sur le tiers inférieur retouche directe sur un bord convexe ; retouche de ses faces, la trace de son ciment d'emmanche inverse en coche sur un autre bord. Le troisième ment sous la forme d'un piqueté de fines taches côté étant cassé et épais, on peut considérer ce jaunâtres en léger relief. Elle a été trouvée sous débris comme étant une extrémité brisée d'un de la portion N.-O. de la dalle H. ces racloirs convexes à encoches opposées dits
Un fragment de lame à cassures parallèles « scies » ; silex type Grand Pressigny (fig. 3,
n" 54\ transverses se présente exactement comme la
flèche précédente, mais n'a aucune retouche. In unique petit perçoir épais, en silex blond,
n" 58 ; éclat épais triangulaire retouché sur un
(irattoirs. seul bord ; silex blond pâle opalescent (fig. 3,
n° 57). — Bon grattoir sur lame assez mince à talon
Un petit bloc de schiste bleu, épais d'un peu facetté. Silex cire à points blancs type Grand
1)1 us d'un centimètre, et de forme irrégulièrement Pressigny (fig. 3, n" 46).
losangique, présente en son centre une cupule — lion grattoir à talon cassé. Etait probable conique profonde. Les parois de celle-ci sont ment sur lame comme le précédent. Silex blond polies par rotation mais cette cavité semble avoir (ii g. 3, n" 43). été préparée par un piquetage dont les traces — Bon grattoir à front légèrement denté sur subsistent sous forme d'une douzaine de petits
lame mince. Silex type Grand Pressigny. Grande trous. Cet objet nous paraît pouvoir être inter
portion n° 52). de cortex blanc sur la face dorsale (iig. 3, prété comme la crapaudine mobile d'un drille à
pompe ou à archet servant à forer ou à obtenir
-- Grattoir sur éclat dont la forme, un peu en le feu (fig. 3, n° 51).
éventail, est due surtout à une coche du bord Une belle meule dormante de grès grossier droit, retouchée sur la face ventrale. Silex blond rougeàtre, presque circulaire, de 28 X 32 cm. à cortex blanc (fig. 3, n" 47). Ses bords ont été grossièrement abattus. La sur— Petit grattoir court et mince sur éclat cassé face active bien lisse est très légèrement concave
selon son grand axe en pseudo-burin de Siret. dans les deux sens. Cassée en deux fragments
Silex gris. égaux, proches l'un de l'autre (25 cm) elle se
— Grattoir médiocre, court, épais, à front irré trouvait sous l'extrémité nord de la dalle H (fig.
2, n° 3). gulier, sur éclat de silex blond carié.
Un fragment d'une autre meule plus épaisse
Lames retouchées. (9 cm) ne présente plus qu'une surface active
losangique de moins de 100 cm2. Fortement -- Une belle lame retouchée sur toute la lon concave elle est en calcaire à bryozoaires, total
gueur de ses deux bords en deux morceaux trou ement silicifîé secondairement, du Cénomanien vés distants de 1 m au pied de la dalle Q. De local. silex gris de deux tons, elle a de belles retouches
plates. Son talon large est facetté (fig. 3, n" 42).
— Une grande et large lame, de section tra Parures.
pézoïdale, présente, à proximité de son extrémité
cassée, quelques dents de scie retouchées qui se En о .s, nous avons deux grains d'enfilage :
continuaient peut-être sur la partie manquante. n" 33), à perforation de L'un biconique (fig. 3, Le talon réduit paraît dièdre, le bulbe a sauté ; contour anguleux présente en un point de sa silex type Grand Pressigny ; trouvée sous la dalle carène un petit méplat gardant des stries de M (fîg\ 2, n° 38). limage ou de sciage. On trouve cette forme dans
le S.O.M. mais il y en a de semblables à liteau-
ville (fig. 5, n" 14, p. 59 de la publication, cf. (3) L'ossuaire néolithique d'Eteauville, commune de Lutz-en- note 3)! Dunois (E.-it-L.). B.S.P.F., 19(55. fasc. IS.
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à perforation beaucoup plus grande, une échelle simple voisine avec deux autres L'autre,
échelles surchargées de traits obliques parallèles. est n° 31). plus plat et de profil bien arrondi (fig. 3,
L'autre tesson présente sur son rebord supérieur
plat l'amorce de trois incisions parallèles et, sur Coquillages. sa paroi, un triangle quadrillé et une portion de
Un pourpre (Purpura lapillus) non fossile, deux registres adjacents rayés en des sens dif
largement percé, a dû servir de grain de collier férents. Ce décor rappelle un tesson de Moru (4).
(iig. 3, ii° 36). Quatre fragments d'Unio, petits, Par leur forme, il est évident que ces deux mais dont l'un montre la charnière qui permet débris appartiennent à un vase-support chasséen, la détermination générique, ne présente pas de ce qui est en parfait accord avec leur technique perforation sur les trop petits morceaux récoltés. et leur décor. L'un et l'autre n'ont qu'une très On peut penser que leur belle nacre servait aussi faible courbure dans les deux sens. En coupe, n° 37). d'ornement (fig. 2, l'un présente un rebord supérieur qui ne se
Nous avons récolté de nombreuses plaquettes replie pas immédiatement vers le centre de la
de schiste découpé. Lorsqu'elles ne sont pas trop cupule mais est légèrement bombé et, on l'a vu,
parcellaires on peut reconnaître plusieurs types : décoré Ifig. 4, n" 16). En vue latérale, le bord
certaines, assez grandes, sont pirifonnes (6 à supérieur n'apparaît pas rectiligne mais onde
9 cm de hauteur ) (fig, 3, n° 50). Une est losan- en dents de scie très écrasées. Ce type de vase-
gique à bord en double biseau fort bien travaillé support est connu de Catenoy. C'est un tronc
par frottement (fig. 3, n° 40). D'autres, de formes de pyramide à faces curvilignes et à bord supé
variées, présentent des encoches par usure, au rieur large et ondulé.
nombre de deux par plaquette, situées face à face,
réalisant un étranglement qui évoque un cein- Vases peu-richardiens .
nos 34, turage par un lien de suspension (fig. 3, Vase n° 12, fig. 4. Grand vase, trop ouvert 35, 39, 41, 44, 45). pour être appelé bouteille, trop refermé, avec Beaucoup trop légères pour être considérées trop de col, pour s'appeler bombe, il est d'une comme poids de filet ou même de tissage, ce sont forme bien connue quoique encore peu souvent probablement des ornements. Le schiste d'Angers publiée (5). est facilement reconnaissable ; le gisement le
Outre sa forme générale il présente trois caracplus proche se trouve à l'Ouest à 35 km. téristiques peu-richardiennes : un fond mince
Ornement de jayet. aplati comme si l'on avait posé le récipient encore
mou sur un plan dur horizontal ; un décor d'inC'est une petite sphère irrégulièrement aplatie,
cisions profondes à dominance horizontale ; deux forme de croissant (fig. 3, n° 32). Elle est d'un
anses tunellées repoussant la pâte à l'intérieur noir de jais mais mate. 11 ne semble pas que ce
du vase et dont les orifices sont entourés d'une ne puisse être un grain de collier car l'ouverture
incision dessinant un œil (fig. 4, n° 12 bis). du trou vers l'extérieur ne paraît pas due à
l'usure d'un lien mais paraît avoir été façonnée D'une couleur gris noire, intérieurement et
intentionnellement. Boucle d'oreille ? ou de nez extérieurement, il a subi une cuisson totalement
Trouvée sur la banquette. réductrice. Le dégraissant assez peu abondant
est quartzeux, de taille moyenne, avec de rares
gros éléments atteignant auatre millimètres ; il
Poteries. y a présence de micas très fins. Le lissage est
parfait à l'extérieur, un peu moins bon intérieu
Tessons décorés chasséens. rement. Nous en avons 70 tessons, dont 60
recollables ont reconstitué la moitié du vase. Ils nos Il 16 n'y et en 17). a que Ils deux, sont mais minces remarquables (2 à 4 mm), (fig. leur 4, proviennent presque tous de l'angle N.-E. de
côté interne beige rosé est resté assez brut et la dalle H.
laisse voir le dégraissant, le côté externe, au Le vase 13 (fig. 4) est une grande et large
contraire, très bien lissé à petits coups d'une écuelle pansue. Son rebord est mince éversé, le
estèque étroite, est luisant, lustré et de couleur fond est aplati. Le décor est constitué de deux
vieux cuir de Cordoue, comme disait Du Chatel- bandes étroites comprises entre des incisions
lier. Sur la tranche on voit que la pâte est Darallèles profondes qui ceinturent le col. De
cuite profondément : un très mince cœur noir la bande inférieure se détache un arc, incisé de
est englobé entre les deux zones superficielles même façon, qui entourait un moyen de préhens
épaisses de couleur rose orangé. Le dégraissant, ion. Il ne s'agissait pas d'une anse tunellée, mais
fin dans l'ensemble, mais de calibre irrégulier, de quelque appendice collé, comme le montre
est de quartz anguleux blanc mat ou translucide, Tépaississement périphérique de la pâte autour englobé dans la pâte finement micacée. de cette blessure dont le fond est lisse. La couleur
Le décor est incisé après cuisson ; les traits en
sont très fins et se terminent souvent en s'effi-
(4) Gérnrd B.ui.LOtiU. -— Л,е Kc'oîithiqne dans le bassin parilant. Il est difficile de savoir si leur remplissage sien. II0 supplément à (lallia Préhistoire, C.N.R.S., 1904, p. 99. de craie est volontaire ou non puisque nous ('■>) Vase d'Ors, Oléron, d'après un dessin de lu tljèse inédite sommes en milieu crayeux. Sur l'un des tessons de Claude Burnez.
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