La frise du trésor de Siphnos. Dimensions et composition - article ; n°1 ; vol.51, pg 1-56

De
Bulletin de correspondance hellénique - Année 1927 - Volume 51 - Numéro 1 - Pages 1-56
56 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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Georges Daux
Pierre de La Coste-Messelière
La frise du trésor de Siphnos. Dimensions et composition
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 51, 1927. pp. 1-56.
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Daux Georges, La Coste-Messelière Pierre de. La frise du trésor de Siphnos. Dimensions et composition. In: Bulletin de
correspondance hellénique. Volume 51, 1927. pp. 1-56.
doi : 10.3406/bch.1927.5043
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1927_num_51_1_5043_
λ
LA FRISE Dû TRÉSOR DE SIPHNOS
DIMENSIONS ET COMPOSITION
(PI. I-VII.)
La frise du Trésor de Siphnos, à Delphes, nous a été con
servée en majeure partie. Pourtant l'accord ne s'est jamais
fait sur ses dimensions ni sur sa composition ; bien des solu
tions ont été proposées; quelques-unes sont fantaisistes, et
celles à quoi ont abouti les savants les plus autorisés sont
contradictoires; aucune n'a recueilli l'adhésion générale,
aucune ne s'est imposée.
Chargés d'étudier pour la publication des Fouilles de Delphes,
l'un l'architecture, l'autre la sculpture du Trésor de Siphnos,
nous avons essayé en commun de résoudre ce problème fonda
mental qui est fonction à la fois de l'ensemble du monument
et de la représentation figurée. Il a paru bon d'exposer aussitôt
et dans leur unité, sous forme d'article, la méthode appliquée
et les résultats obtenus. Les pages qui suivent ne retiendront
donc qu'une faible partie de nos remarques : nous en avons
exclu toutes les observations qui ne se rapportent pas imméd
iatement à notre objet (1).
Une étude diligente des pierres (et particulièrement des
blocs de frise), groupées dans la salle ionienne du Musée de
il) C'est à savoir : toutes remarques exclusivement relatives, soit à l'architec
ture, soit:â l'interprétation des sujets sculptés.
BCH, LI (1927). 1 :
a. DAUX ET P. DE LA C0STE-MESSEL1ÈRE 2
Delphes, ne pouvait être entreprise avant qu'elles fussent
dégagées du plâtre des restaurations, de telle sorte que faces,
lits, joints et cassures se prêtassent également à l'examen.
Ce travail préliminaire (1) a été dirigé par M. J. Ileplat, qui a
d'ailleurs collaboré à toutes les étapes de notre recherche :
nous le prions de trouver ici, une fois de plus, l'expression de
notre vive gratitude.
Avant d'aborder notre discussion, il importe de montrer par
un exemple précis, non seulement comment le problème se
pose, mais encore combien il est aigu et pour ainsi dire sen
sible ; la solution peut en être faussée complètement par une
erreur de quelques centimètres.
Considérons à cet eifet la frise Est {Fouilles de Delphes, IV, pi. XI-XHl,
de beaucoup la mieux conservée. Elle se développait sur l'un «les petits
côtés du rectangle et représentait, comme on sait, un combat entre
Achéens et Troyens à droite, l'Assemblée des Dieux ù gauche 12). En pro
viennent /du Nord au Sud) :
(i [".)). Un grand bloc, complet en 2 fragments rajustés (avec retour
• d'angle sur la frise Nord). Le relief comprend, de droite à gauche : un
personnage debout, tourné vers la gauche ; un quadrige (avec écuyer
dans le char) tourné vers la droite ; le combat 1*2 combattants de profil
vers la gauche, 1 gisant, 2 combattants de protil vers la droite); et un
quadrige (avec écuyer dans le char) tourné vers lagauche.
H. Un éclat, dont le joint droit, partiellement conservé, se rajuste au
joint gauche du bloc précédent; le relief complète le dernier cheval du
quadrige, dont il donne la tête, l'encolure et le poitrail.
I. Partie droite d'un bloc 'joint droit conservéi ; le relief donne '.\ divi
nités assises, tournées vers la gauche 'la dernière à gauche est seule
identifiée avec certitude : Athéna).
(1) Cf. Revue de l'Art anc. et mud., février 1927, γ. 13·"> sqq.
'2) Nous n'avons pas ;"t revenir ici sur les théories d"Heberdey qui considérait
notamment ces deux scènes de la frise Est comme provenant «le deux côtés
distincts d'un édifice). L'examen attentif des blocs de frise nous a permis de
reconnaître, avec F. Courby et W. B. Dinsmoor, que les attributions propo
sées dès 1894 {DCH, XVIII, p. ISS sqq.) étaient, à de menues exceptions près
Vf. ci-aprèi, pp. 29, n. 1, et 4.7· tout à fait justifiées: de même, la répartition
entre les i faces du monument: voire enfin, parfois 'frises Est et Nord-, l'ordre
relatif des fragments.
':{) Nous désignons les fragments par les mêmes lettres dont nous nous ser
virons lors de la discussion de leur mise en place, ci-après, p. Ί1 sqq. LA FRISE DU TKÉSOR DE -SIPH>'OS 3
J. Bloo, incomplet à droite, nn 2 fragments rajustés (avec retour d'ande
au S.) : le relief figure cinq divinités assises, tournées vers la droite 'de
droite à gauche : Zeus(l), Apollon, « Artémis», « Lètô » (2), Ares).
11 existe donc, en l'état actuel, deux vides : l'un qui sépare de I le
groupe G s- H, l'autre qui sépare I de J. Dans le moulage restauré du
Musée de Delphes, on a comblé le prpmier en restituant un personnage
debout à la tête du quadrige de gauche, symétrique au premier person
nage de droite du bloc (ί. L'intervalle (vide séparant Ide J) entre Athéna
et Zeus, est occupé, dans la même restauration, par un seul personnage
(« Ilébé ») assis devant Zeus « dans le même sens que lui, mais se retour
nant vers lui 13) » ; attitude commandée par les vestiges subsistants il) :
main posée sur les genoux de Zeus lie haut du torse au moins revenait
donc vers la gauche), trace d'un siège (plus bas que les autres) devant
ces genoux, restes de pieds (le talon du gauche, en avant, posé à plat; le
droit, en retrait, ne portant que par les orteils et le. début du métatarse)
montrant que le bas du corps était tourné vers la droite.
Mais on a reconnu depuis longtemps (5) la nécessité de restituer là un
personnage supplémentaire : sous le bras droit d'Athéna reste visible le
dossier d'un trône ; le personnage qui l'occupait était assis, de profil vers
la gauche, entre Athéna et « Hébé ». Le vide qui sépare aujourd'hui
Zeus d'Athéna était donc, occupé au moins par 2 personnages, non par
« Hébé » seule. Le Trésor, tel qu'il est présenté dans le moulage restauré,,
devient alors trop étroit pour admettre, à côté des fragments conservés,
nos 2 personnages assis dont la nécessité est démontrée, et le personnage
debout, entièrement restitué, à la tête du quadrige gauche. La solution
Homolle-Tournaire se heurte donc à une impossibilité matérielle.
(>t obstacle (au vrai, insurmontable, si tous les termes du problème
sont strictement maintenus) parut écarté quand M. Courby crut pouvoir
élargir jusqu'à 6 m. 372 la longueur de la frise Est tO|. Mais M. Dinsmoor
n'est arrivé dans la suite ι7Ί qu'à une longueur de 6 m. 083 pour les petits
(1) L'appellation de G. Karo (A then. Mill.. XXXIV, 100ï), p. 168) : « Diony
sos », n'a point été, ni ne devait être acceptée.
'·!) Nous mettrons entre guillemets les appellations couramment proposées,
mais qui, admissibles ou non, paraissent encore insuffisamment fondées. « Lètô »
est aussi appelée « Aphrodite ».
i3) II. Leo.hat, Ilev. Et Ane, XIII, 1911, p. 3<J7 ; cf. ibid., p. 399 pour « llébé »
et la composition de la scène.
(i) La restauration est néanmoins un peu timide : l'attitude était assurément
aussi forcée et contournée que celle de l'Apollon, assis derrière Zeus.
(3 Biblioiir. dans II. Le.-hat, l. L, p. :ts9, u. 1.
Ή· lieu, archéol., l'Jll, I, p. 210. La longueur, sur le moulage du Musée, est de
ti m. 28.
<J, BCH, XXXVII, 1913, p. fil. 4 ft.. DAUX ET P. DE LA COSTE-MESSELIÈRE
côtés de la frise au lit de pose; or le bloc H mesure en bas 3 m. 07;; ; le
groupe I.-j- J, une fois restitués les 2 personnages assis, atteint, à un ou
deux centimètres près, 3 mètres : il n'y aurait donc plus place entre eux
pour le fragment H, lon^ de 0,16 dans l'état actuel, et lesjoints gauche
de (i et droit de I devraient être rapprochés. A ce rapprochement s'op
pose une triple impossibilité : on ne saurait imaginer, pour l'encolure
du cheval extrême de G, une contorsion si forte que nulle trace de relief
n'ait subsisté derrière la première divinité assise ; de plus le raccord des
reliefs de G et de H est parfait; enîin lesjoints trauche de G et droit de I
sont biais l'un et l'autre, mais en sens inverse.
La question reste donc entière de savoir quel intervalle séparait (îll
de I, et I de J, L'examen des piècps de frise conservées permet de fixer
aux lacunes une limite inférieure, non de les délinir ; et pourtant notre
exemple a porté sur le côté le mieux conservé : l'incertitude est beaucoup
plus considérable au N., à ΓΟ., au S.
Ainsi les reliefs considérés en eux-mêmes ne donnent pas
d'indication décisive sur les dimensions et la composition de la
frise. Les éléments qu'ils fournissent ne peuvent être utilisés
de façon efïicace pour une reconstitution qu'à partir d'une base
solide, à l'intérieur de dimensions précises; et ce point de
départ ne peut être obtenu que par l'architecture. Notre
recherche devra donc comporter deux étapes : d'abord nous
nous efforcerons par une étude architecturale de déterminer
les dimensions du rectangle à hauteur de la frise ; ensuite, à
l'inlérieur du rectangle ainsi défini, nous essaierons, en tenant^
compte des données fournies par la sculpture, de reconnaître
la disposition et la composition de la frise.
Une observation de détail ne sera pas inutile. Toutes les me
sures qui suivent sont données à 0 m. 001, et même h 0 m. 0001
près : nous ne prétendons point, par ces chiffres d'une préci
sion extrême, atteindre à l'exactitude absolue (1) ; nous avons
voulu seulement, dans une étude où la solution dépend de
quelques centimètres, réduire autant que possible la place de
l'erreur. Les mesures ont été prises, reprises, vérifiées plusieurs
(1) Ni retrouver, par nos mesures, le parti et les chiures de l'architecte ;
nous sommes restés asservis aux pierres et à la réalisation matérielle : tel se
présenta l'édifice terminé, tel nous nous efforçons aujourd'hui de l'analyser. ·
FRISE DU TRÉSOR DE SIPHNOS LA
foisc ce n'est point par vain apparat qu'elles comportent tant
de décimales; la matière et la technique du monument auto
risaient, l'acuité pressante du problème commandait ce scru
pule.
DIMENSIONS DU RECTANGLE DE LA FRISE
Aucune des assises courantes de l'élévation ne nous a été
conservée entièrement pour aucun des côtés. Mais la fonda
tion (ou, mieux, le bastion) du Trésor, est en place jusqu'à
l'euthyntéria partiellement conservée ; d'autre part le fronton
Est est à peu près intact. Partant de l'un ou de l'autre, nous
pouvons essayer de retrouver les dimensions de la frise; pour
cela nous n'aurons jamais à considérer la hauteur des assises
intermédiaires, mais seulement leurs saillies relatives, sur
plombs et retraits ; nous nous attacherons en somme à recon
naître, entre fondation et frise d'une part, entre fronton et
frise d'autre part, le profil du monument, sans tenir compte
des surfaces verticales telles que le nu du mur (PI. Ι-ΠΙ).
Nous procéderons donc aux opérations suivantes :
I. Mesure du rectangle de l'euthyntéria et détermination des saillies
marquées par les assises intermédiaires entre la fondation et la frise :
par simples soustractions nu additions nous obtiendrons la mesure du
rectangle snus la frise.
II. Mesure de la base du fronton et détermination des saillies marquées
par les assises intermédiaires entre le fronton et la frise. Nous connaî
trons ainsi la mesure des petits côtés du rectangle au-dessus de la frise.
III. Une dernière opération consistera à situer exactement la frise par
rapport aux deux assises qui l'encadrent. Cette position une fois déter
minée, les mesures obtenues en I et en II devront coïncider; et, s'il en
est ainsi, les dimensions du rectangle de la frise seront du môme coup
établies et vérifiées.
Si le rectangle des fondations, la base du fronton, le profil
du monument peuvent être mesurés exactement, on considé- <i. DAUX ET P. DE LA COS TE-MESSELIÈRE 6
rera le résultat final, c'est-ù-dire les dimensions du rectangle
de la frise, comme doublement assuré.
I. Mesure du rectangle de l'eutiiyntéria
ET DÉTERMINATION DES SAILLIES MARQUÉES PAR LES ASSISES
INTERMÉDIAIRES ΕΝΤΓ.Η EUT11YNTÉR1A ET FRISE.
' euthyntéria (dernière assise calcaire) est aisément mesura) L
able sur les côtés Nord et Est. Dimensions du rectangle au lit
d'attente de l'euthyntéria : 8 m. 547 X 6 m. 134 (1).
b) Stéréobate (première assise de marbre). Le lit d'attente de
l'euthyntéria ne présente aucune trace permettant de conclure
à un retrait du stéréobate', une de ce genre ne ferait
point défaut, si le calcaire avait été, pendant plusieurs siècles,
en partie exposé aux intempéries, en partie protégé par le
marbre. Le lit de pose du stéréobate présente un travail- uni
forme et l'on ne saurait d'ailleurs admettre qu'il fît saillie sur
le bastion; le marbre était donc à l'aplomb de l'euthyntéria.
Dimensions du rectangle au lit d'attente du stéréobate :
8 m. 347 χ 6 m. 134.
c) Assise de base (tore découpé en perles et pirouettes monu
mentales ; pi. IV-V, 1). Le lit d'attente du stéréobate montre
par une trace nette que l'assise supérieure était en retrait de
0 m. 09; cette mesure coïncide exactement avec la saillie
maximum des grosses perles, mesurée à partir de leur départ
inférieur. Les perles présentent, en coupe, la forme d'une demi-
(1) Pour le long côté notre mesure concorde exactement avec celle de M. Dins-
moor; pour le petit côté Est nous trouvons, pierre par pierre, du S. au N. :
1 m. 160 + 0 m. 9555 + 0 m. 951 + 1 m. 604 + 1 m. 4635 = 6 m. 134. En me
surant toute la longueur, puis en défalquant les bâillements aux joints (dont les
mesures antérieures à celles de Dinsmoor semblent bien n'avoir pas assez tenu
compte) nous trouvons : 6 m. 389 — 0 m. 253 = 6 m. 136. On n'oubliera point
toutefois que ce sont là des mesures minima : les arêtes ont pu subir depuis
l'antiquité une certaine usure, et dès l'origine les pierres ne furent peut-être
pas aussi strictement ajointées que les marbres de la superstructure. Mais nous
devons provisoirement raisonner sur les dimensions mesurées en eiïet. .
LA FRISE DU TRÉSOR DE SIPHNOS 7
^circonférence dont le diamètre ne serait· pas vertical, et dont
la courbe se prolonge légèrement à la partie inférieure : ainsi
leur saillie maximum, mesurée à partir du lit d'altenle et un
iformément plus faible de 0 m. 001, est égale à 0 m. 089 seu
lement. Dimensions du rectangle au lit d'attente de l'assise de
base : 8 m. 5Ï-7 — (0 m. 089 X 2) = 8 m. 369; G in. 134 —
(0 m. 089 χ 2) = "ι m. 950.
d) Assises courantes. Elles ne présentent aucun fruit. Dimens
ions du rectangle sous l'architrave : 8 m. 369 χ ο m. 956.
e) Architrave (pi. IV- V, 2). Le nu de l'architrave est naturel
lement à l'aplomb du mur. Les perles qui la couronnent pré
sentent en coupe le môme prolil excentré que les perles mo
numentales de la base, mais plus accentué. Toutefois ce débord
du lit d'attente varie suivant les blocs de U m. 005 à 0 m. 003;
il n'est malheureusement mesurable sur aucun des blocs dont
l'appartenance à un côté peut être déterminée: nous attribue
rons provisoirement (1) aux faces Ouest et Est les blocs do
l'architrave, qui présentent le débord de 0 m. 005, aux longs
côtés N. et S. l'autre série. Dimensions du rectangle au lit
d'attente de l'architrave : 8 m. 3(>9 + (0 m. 003 X 2) -=.
8 m. 375; 5 m. 95G H- (() m. 005 χ 2) — 5 m. 966.
f) Moulure ionique (pi. IV-V, 3). Dix' plaques ou fragments
importants de plaques (2) appartenant à cette assise sont bien
conservées. Elles révèlent dans le travail des lits de pose et
d'attente, dans la saillie des oves, des anomalies notables.
Quelle que soit leur importance, elles ne sauraient atlecter la
ligne du monument et ce qui fait le sens des oves eux-mêmes,
c'est-à-dire l'alignement de leur projection qui couronne toute
la hauteur du mur; vers le lit de pose, masqué par les perles
de l'architrave, un jeu est possible, et surtout vers le lit d'at
tente, sur lequel déborde la moulure inférieure (plinthe) de
la frise; mais sur chacun des côtés la partie saillante, le
•i) 11 sera tenu compte plus loin cf. p. ii4, et -o, n. "2) <Ie l'erreur possible
entraînée par ce choix arbitraire.
{■2) Et de nombreux «lêbris. ft. DAUX RT P. DE LA' C0STE-MESSEL1ÈRE Χ. 8
<f ventre.» des oves, . qui ι représente le ; point \ le ; plus sensible
aux regards,, devra' s'aligner exactement.. C'est donc en (réalité ;
àda hauteur de la saillie maximum* que l'on peuti prétendre à .
une mesure précise du rectangle des oves ; c'est -par rapport, à
cette saillie qu'il importe de situer en bas l'architrave, en haut
la frise-
Laissons « de t côté pour le. moment les irrégularités du·: lit;
d'attente;- elles intéressent. la pose delà frise et il en sera ques-~
tiomplus loin. Au lit depose de quatre des plaques d'oves con
servées, l'arête externe est retaillée en biseau ; sur cinq autres
l'arête: est vive; sur la dernière l'un et l'autre système se jux
taposent sans transition.
Les; deux' systèmes (employés concurremment,, comme* on s
voit par ce dernier exemple, sur un même coté) correspondent1
à deux états différents du lit d'attente de l'architrave ;; tantôt
les perles qui*s'y amorcent sont. intactes : c'est là que repo
saient les plaques d'oves à^biseau ; tantôt' elles sont horizonta
lement retaillées sur quelques millimètres à leur face supé
rieure, afin qu'elles ne risquent point d'être1 éclatées par Pas-
sise supérieure : c'est là que portaient des -plaques d'oves à
arêtes vives.. I1J estbiem certain^ que l'arête1 supérieure des
architraves, parfaitement vive sur tant de blocs, l'était sur tousr
à l'origine, et que les- perles n'étaient point conçues pour le:
décapage qui; a? entamé leur, demi-sphèrej à la partie supé
rieure :. ni, sur la. moulure ionique, lelit de: pose n'était des
tiné à recevoir, des biseaux irrégiiliers.. Que· s'est-il? passé?.
La moulure ionique supporte les blocs de la frise ; elle a été
comme eux préparée d'avance sur les dimensions données par.
l'architecte; c'est donc-par elle que se fait le raccord entre les
assises; courantes et l'entablement; or le rectangle de l'archi
trave, une fois mis en place àd'aplombfdes murs, s'est révélé
trop? petit: pour la; moulure ionique (elle-même em étroite
liaison- avec la frise et le: reste de l'entablement) ; la;saillie
des perles masquant dans une certaine mesure l'arête où elles
venaient s'amortir, on en a profité pour une correction hâtive
qui s'est faite aux dépens, tantôt de I'âssist> supérieure (biseau FRISE DU TRÉSOR DE SIPHNOS 9 LA
des oves), tantôt de l'architrave (décapage des perles), dette
solution n'était point parfaite, car elle avait pour résultat de
diminuer la saillie des perles sur la moulure qui les couronn
ait, de les écraser en quelque sorte (l) ; mais, dès lors qu'on
utilisait les plaques d'oves, elle était la seule possible : sinon
il aurait fallu reprendre à pied d'umvre l'ensemble de l'édifice,
ou donner à la frise, sur les oves, une saillie beaucoup trop
forte pour la ligne comme pour la solidité du monument.
Notre but immédiat est, comme il a été «lit plus haut, de
déterminer les dimensions du rectangle à la hauteur de la sail
lie maximum des oves, et par conséquent de mesurer cette
saillie par rapport à l'architrave. Or les plaques non biseautées
ne peuvent être situées exactement sur l'architrave, puis
qu'elles reposaient sur des perles retaillées qui n'indiquent
point un alignement précis; par contre les plaques biseautées
doivent avoir été préparées de telle sorte que l'arête inférieure
coïncidât (2) avec l'arête de l'architrave, à la naissance des
perles. Il semble donc possible, en tenant compte seulement
de ces dernières, d'farriver à un résultat précis. Mais d'une part;
l'inclinaison et la dimension du biseau varient d'une pièce à
l'autre (3); et d'autre part la saillie maximum des oves, mesurée
à partir de l'arête inférieure des plaques (arête réelle, si vive ;
(1) Elle entraînait aussi un léger désaxement îles oves par rapport aux perles
(1 entraxe d'oves est ('gai en principe à 2 entraxes de perles), particulièrement
sensible vers les angles.
(2) Théoriquement, ceci pourrait n'être point exact à la rigueur ; une fois
détruite la parfaite harmonie des deux lits en contact, il n'est pas nécessaire
que l'arête inférieure du biseau s'aligne exactement dans tous les cas sur
l'arête de l'architrave derrière les perles; le biseau, expédient de la dernière
heure, est au moins égal ,i la correction, puisqu'il doit épargner les perles;
mais il pourrait lui être légèrement supérieur et se trouver en retrait, quoique
à peine, sur le lit d'attente de l'architrave. Le postulat de notre raisonnement
souffrirait donc quelque imprécision. Cependant un retrait, même minime, de
l'arête biseautée, eût laissé trace au lit d'attente de l'architrave (ce qui est
arrivé à celui du stéréobate, cf. ci-avant, p. 6); or aucun bloc d'architrave
conservé ne garde le moindre vestige d'une telle trace.
(3) Elles reculent l'arête du lit de pose de 0 ni. 007 â l) m. 015, suivant les
plaques.

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