La Grotte du Four, à Caylus (Tarn-et-Garonne) - article ; n°1 ; vol.71, pg 383-400

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1974 - Volume 71 - Numéro 1 - Pages 383-400
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1974
Lecture(s) : 83
Nombre de pages : 19
Voir plus Voir moins

Jean Clottes
La Grotte du Four, à Caylus (Tarn-et-Garonne)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1974, tome 71, N. 1. pp. 383-400.
Citer ce document / Cite this document :
Clottes Jean. La Grotte du Four, à Caylus (Tarn-et-Garonne). In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1974, tome 71,
N. 1. pp. 383-400.
doi : 10.3406/bspf.1974.8274
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1974_hos_71_1_8274Bulletin de la Société préhistorique française, tome 71, 1974, Etudes et Travaux, fasc. 1
La Grotte du Four, à Caylus (Tarn-et-Garonne)
par Jean Glottes
musée (1). Niel a-t-il fait don de l'intégralité du DESCRIPTION
mobilier découvert, ou a-t-il conservé quelques
objets à titre de souvenir ? La dispersion de sa La Grotte du Four doit son nom à un énorme collection, après sa mort, ne nous a pas permis de four bâti en pierres sèches sous le porche
le savoir. d'entrée.
En 1936, sur les indications de R. Daniel, Elle se trouve dans une petite vallée, sur la P. Darasse et A. Cavaillé ont repris la fouille de rive gauche du ruisseau de Notre-Dame-de- la salle de droite. Ils ont noté la présence d'une Livron, qui se jette dans la Bonnette à deux kil dalle calcaire (1,50 m X 0.60 m), gisant à côté omètres en amont de Caylus. Cette région, située de l'entrée, qui aurait pu servir de fermeture à dans le Sud-Est du Quercy, appartient géologi- cette petite salle, et ils ont constaté que le sol quement au Causse de Limogne, et la grotte est était formé d'une couche de terre noire qui creusée dans le calcaire en dalles du Bajocien recouvrait de nombreux blocs rocheux provenant moyen. d'anciens effondrements. Cette couche archéolo
Le porche s'ouvre au pied d'une falaise, à 4 gique avait été taraudée par d'innombrables
mètres environ au-dessus du niveau du ruisseau. terriers de rongeurs, de sorte qu'aucune obser
L'entrée de la grotte mesure approximativement vation stratigraphique ne fut possible.
12 mètres de largeur sur 3 mètres de hauteur. Les fouilles ont livré des ossements, souvent A une quinzaine de mètres de l'ouverture, la brûlés, des fragments de poteries dont un vase voûte s'abaisse, les parois se rejoignent et un reconstituable (fig. 4), des perles en calcite, 4 petit boyau étroit et bas de plafond donne accès pendeloques et plusieurs perles métalliques, une à deux galeries sensiblement parallèles, orientées parure complexe faite de dentales et de perles en plein Nord. La galerie de droite s'élargit immé cuivre, une scie en silex, 2 vases et de nombreux diatement et forme une petite salle ovalaire de tessons de la Tène, ainsi que des clous en fer 3 mètres sur 2 mètres environ. La galerie de et un morceau de ressort de fibule. Bien que l'hygauche forme également une petite salle (6 m X pothèse d'inhumations précédant les incinérations 4 m) ; elle est plus humide que la précédente. Le ait été envisagée, et que P. Darasse ait remarqué fond de chacune de ces galeries est jonché de que certains tessons, les perles et la scie pougros blocs d'effondrement, périodiquement dépla vaient dater du Chalcolithique, il a d'abord attricés par des clandestins à la recherche de pièces bué les perles et les pendeloques métalliques à oubliées. l'époque de la Tène (Darasse, 1953).
En 1963, P. Darasse et A. Soutou ont redressé
cette erreur et attiré l'attention sur les deux HISTORIQUE types exceptionnels de parure présents à la
Grotte du Four (2), qu'ils attribuent « proba
blement à l'époque énéolithique » tout en n'écar- La Grotte du Four a été découverte et partiell
ement fouillée en premier lieu par R. Daniel et
Niel, en 1913. Ces préhistoriens ont récolté quel
(1) Cf. Daniel, 1935, p. 515 : « Je signale que j'avais découques objets, à une faible profondeur dans la vert en 1913, près de Caylus, une intéressante grotte sépulcrale petite salle de la galerie de droite. Les pièces datant de la fin de l'âge du bronze. Un riche mobilier comprenant des poteries, de beaux objets de parure en bronze, des mises au jour, confiées à Niel, ont été par la grains de collier en pierre perforée, etc.. accompagnaient les suite déposées au Musée de Saint-Antonin-Noble- ossements humains. Cette collection inédite est restée à Montau- ban, ainsi qu'une grande partie du produit de mes fouilles de Val, à l'exception d'une perle métallique et d'un Bruni quel et de St-Antonin ». grelot en bronze que R. Daniel avait conservés (2) Dans leur publication, la Grotte du Four est appelée et qu'il a bien voulu nous remettre pour ce même « Grotte sépulcrale de Notre-Dame-de-Livron ».
383 :
:
1. — Repartition des pendeloques en languette. 1 Grotte du Four (Caylus, T. et G.) ; 2 Grotte du Noyer (Esclauzels, Fig. Lot) ; 3 : Dolmen de la région de Yillefranehe-de-Kouergue (Aveyron) ; 4 : Dolmen de Font-Rial (Saint-Rome-de-Tarn, Aveyron) ; 5 : Grotte des Côtes (Saint-Rome-de-Cernon, Aveyron) ; 6 : Grotte des Capehms (Canilhac, Lozère). Les traits interrompus délimitent à l'Est les Grands (Unisses, et à l'Ouest les Petits (Unisses du Quercy.
tant pas la possibilité d'une datation plus tardive LE MOBILIER
et d'une appartenance au Bronze ancien. La présente étude répond à un double but : En 1962, G. Maître et Vidaillac, membres de d'une part, rassembler, étudier et présenter une la Société des Amis de Caylus, ont, sous la série de pièces, parfois d'un grand intérêt, qui, direction de A. Cavaillé, entièrement fouillé la bien que provenant d'un même gisement, étaient galerie de gauche, où P. Darasse avait découvert dispersées et en majeure partie inconnues ; en 1936 les restes d'un squelette d'enfant enrobé d'autre part, faire état de mobiliers du même dans un dépôt stalagmitique, ainsi que quelques type, tout spécialement en ce qui concerne les ossements et tessons dispersés. Le sol de cette pendeloques en languette, et préciser leur place salle, comparable à celui de la galerie voisine, chronologique et culturelle à la lumière des était constitué par de gros blocs instables entre découvertes faites au cours des dernières années lesquels se trouvait une couche terreuse très et des analyses métallographiques systématiques fortement remaniée par les animaux fouisseurs. qui ont pu être réalisées. Les fouilleurs ont recueilli des ossements
humains qu'ils attribuent à deux adultes et un 1) Le mobilier de la salle droite (fouilles Da-
enfant au moins, et un important mobilier, tout niel-Niel et Darasse-Cavaillé).
à fait semblable à celui mis au jour dans la salle a) Mobilier lithique : droite, qu'ils ont déposé au Syndicat d'Initia — - Scie (fig. 8, n° 5) sur lame en silex blond
tives de Caylus, et qui était resté inédit jusqu'à recouvert d'un cacholong superficiel blanc bleuté, ce jour (3). à section trapézoïdale en « barre de chocolat »
(3) J'adresse mes plus vifs remerciements à tous ceux qui pendeloques du Musée d'Aquitaine et du Musée de Roquefort m'ont aidé à réaliser cette étude : MM. R. Daniel, P. Darasse, et m'ont aimablement communiqué leurs relevés. MM. G. A. Cavaillé et Malfre m'ont permis de faire état de leurs Costantini, B. Pajot et M. Lorblanchet m'ont transmis d'utiles découvertes, auxquelles j'ai eu accès grâce à MM. F. Champagne, renseignements. MM. J. Bourhis et J. Briard ont accepté de il. Lafon, G. Julien et surtout R. Guicharnaud. MM. A. Roussot procéder à de nombreuses analyses. Enfin M. M. Carrière a et J.-P. Serres ont bien voulu accepter de faire analyser les dessiné tous les mobiliers avec son talent habituel.
384 12
10
Cm
13
о -
14
Fig. renflement 2. — Mobilier médian métallique ; 12 : et alêne perles ; 13 de : la hache Grotte plate du Four et perles (Caylus). en cuivre 1-6 : ; 14 pendeloques : perles en en calcite. languette ; 7-11 : perles à
385 = 10,1 cm ; ср. = 1,04 cm ; 1 = 2,23 cm). se trouvaient au Musée de Saint-Antonin-Noble- (L
Val d'où elles ont disparu il y a quelques années Les retouches, bilatérales, sont écailleuses, abrupt
es et assez régulières. Les bords ont été parfois sans avoir été publiées.
repris par une petite retouche fine. Sur la face Les traits généraux des pendeloques en lanplane, une retouche plate irrégulière n'affecte guette sont donc les suivants : elles sont allonpartiellement qu'un seul côté. Les encoches, bien gées, faites dans une lame de cuivre martelée, marquées mais irrégulières, ont été faites à partir légèrement arquées pour la plupart, et elles possèdes deux faces. Il n'est pas impossible qu'il y ait dent un faible renflement central sur environ les du lustré, mais la qualité du silex ne permet pas deux tiers de leur longueur. Ces objets de parure d'en être absolument certain. qui, à la Grotte du Four, faisaient partie de
colliers complexes puisque des perles annulaires b) Mobilier métallique :
en cuivre leur étaient associées dans deux cas, — Pendeloque de grande taille (fig. 2, n° 1), présentaient un côté antérieur et postérieur mesurant actuellement 9,4 cm de long, mais faciles à distinguer ; le renflement de la bélière dont l'extrémité est cassée : elle devait mesurer est invariablement du côté antérieur. La environ 10 cm. La tête, de forme presque circul est marquée par un rétrécissement latéral obtenu aire, légèrement plus large que longue, tout à par martelage, et un épaississement corresponfait plate dans la partie supérieure, va en dant dans lequel un trou a été aménagé ; la s'épaississant vers la bélière. (Cette dernière est largeur de la bélière n'est pas constante des deux marquée par un très fort renflement en épais côtés du trou. La tête, de forme arrondie à son seur et par un net rétrécissement en largeur, sans bord supérieur, est plate et presque toujours aucun doute parce qu'elle a été obtenue par mart plus large que longue. Bien que leur forme généelage ; elle reste toutefois relativement large, à rale soit la même, nous pouvons distinguer deux la différence des pendeloques de petites dimens types parmi les pendeloques en languette : ions. La partie immédiatement au-dessous de type I : mesurant environ 10 cm de longueur, ces la bélière est la plus large, mais la largeur pendeloques ont une tête large, ovalaire. Le diminue progressivement vers le bas qui devait rétrécissement au niveau de la bélière, bien que être arrondi. La languette de cette pendeloque, nettement marqué, n'est cependant pas comparcomme celle de toutes les autres, est légèrement able à celui des modèles plus petits ; — arquée. Une perle annulaire en cuivre (0,8 cm type II : toujours plus petites que les précédentes, de diamètre) est restée collée, par l'oxydation, elles ont une tête ronde ou ovalaire de très faibles au voisinage de la bélière. dimensions ; leur bélière est excessivement — Pendeloque exactement semblable à la pré rétrécie. cédente (fig. 2, n° 2), bien que de dimensions un
Les dimensions de ces pendeloques, comme petit peu plus grandes. Son meilleur état, dû à celles des autres pendeloques actuellement une oxydation moins prononcée, permet de pré
connues, sont données dans le tableau ci-après : ciser qu'une légère nervure centrale épaissit le
— 5 perles en cuivre bitronconiques allongées, centre de la languette sur les deux tiers de sa
appelées aussi perles à renflement médian, qui longueur. Cette pendeloque a également gardé
ont de 2,95 cm à 4 cm de longueur pour un une perle annulaire en cuivre (d : 0,7 cm) collée
à la bélière, mais du côté opposé à la pendeloque nos diamètre 7, 8, 9, maximum 10, 11), à de perforations 1 cm à 1,25 parfaitement cm (fig. 2,
précédente. Elle a été publiée par P. Darasse et
rondes. A. Soutou (1963, p. 405, fig. I, n° 3) et analysée — Un fragment d'une parure complexe qui par le Landesmuseum de Stuttgart (n° 16 215) :
comprenait un assemblage de dentales enfilés Sn : 0 ; traces d'arsenic ; Sb : 0,78 ; Ag : 0,24 ; les uns dans les autres et cerclés de perles traces de nickel ; Bi : 0,019 ; traces infinités annulaires en cuivre (Darasse et Soutou, 1963, imales de fer. p. 405, fig. 1, nos 5 et 6). — La pendeloque n" 3 (fig. 2) appartient à un — Un grelot en bronze, d'époque indéterminée type qui diffère du précédent par les dimensions mais vraisemblablement récente (grelot de et la forme de la tête. Dans ce cas, la tête a dis furet ?) (fig. 3). paru ou peut-être n'existait pas : il subsiste un
simple anneau formé par la bélière qui est
extrêmement réduite.
— La pendeloque n° 4 (fig. 2), également de
faibles dimensions, possède une face postérieure
plate et une face antérieure renforcée par un
léger épaississement central. La tête est à peine
marquée. L'extrémité de la languette est très
incurvée vers l'avant, peut-être accidentellement.
Elle a été signalée (Darasse et Soutou, 1963,
p. 405, fig. 1, n° 2) et analysée (Stuttgart, n"
16 214) : Sn : 0 ; Pb : 0,06 ; traces d'antimoine ;
Ag : 0,03 ; traces de fer. CM
D'après P. Darasse, deux autres pendeloques,
appartenant au même type que les nos 3 et 4, Fig. 3. — Grotte du Four : fibule et grelot en bronze.
386 tête bélière
L 1 L 1 1 ép. Type
Grotte du Four :
± 10 2,2 1,1 1,2 № 1 1,4 1,1 I
2,2 2 0,82 № 2 10,5 1,5 1,3 I
— — № 3 3,3 0,18 0,8 II 1,05
№ 4 5 1,65 0,6 0,8 0,27 1 II
6,2 № 5 1,3 0,5 0,6 0,1 1 II
— № 6 II 0,87 0,5 0,75 0,3 0,9
Grotte du Noyer 4,5 1,04 0,4 0,18 0,54 II 0,55
Grotte des Côtes :
№ 56201 8,8 1,8 0,4 I 0,9 1,2 0,8
№ 56202 7,1 1,5 0,7 1 0,6 I 0,5
Dolmen de Font-Rial 9,4 1,3 0,9 1,1 0,6 0,65 I
2,6 Dolmen. Aveyron 0,5 0,55 0,25 0,6 II M
Dolmen de Villefranche-de-
Rouergue (?) 4,94 0,76 1,2 0,5 0,25 0,8 II
c) Perles :
n° Parmi 14), les 4 5 premières perles en appartiennent calcite découvertes à la banale (fig. 2,
catégorie des perles annulaires ; elles sont de
dimensions variables (diamètre de 0,64 cm à
1,25 cm). La dernière, en calcite ou aragonite,
translucide, a une forme grossièrement olivaire,
mais ses extrémités sont irrégulièrement façon
nées et l'un des côtés est plus long que l'autre
(1,04 et 0,61 cm) ; le trou est décentré ; juste
à l'extérieur du trou, dans la concavité, subsis
tent des traces verdâtres d'oxydation qui prou
vent que cette perle a été au contact d'un objet
en cuivre.
d) Céramique :
Un vase reconstituable (fig. 4), à petit fond
plat, de forme tronconique, est la seule cér
amique que l'on puisse rattacher au Chalcolithi-
que. Un seul téton, situé à 1,7 cm sous le bord,
nous est parvenu, mais ce vase en comptait pro
bablement deux. La panse a une épaisseur irré
gulière (de 0,4 à 0,55 cm). La pâte est bien cuite,
à dégraissants calcaires et quartzeux. L'engobe, Fig. 4. — Grotte du Four : petit vase tronconique.
387 Al.
Fig. 5. — Grotte du Four : céramique de la Tène. Les vases 1, 2, 5 et 6 sont tournés.
de couleur beige clair, parfois bleuté, est souvent La céramique fine, tournée, comprend :
craquelé et vacuole. — un petit vase (h : 7,5 cm ; d : 11,2 cm), à д Tous les autres vases et tessons découverts sont pâte dure mais très érodée, de couleur beige int
attribuables à la Tène finale. Ils comprennent un érieurement et extérieurement, de forme tronco-
minimum de 17 récipients différents, qui peuvent nique, non décoré (fig. 5, n" 1) ;
se diviser en deux lots d'importance inégale, — un petit vase presqu'entier (h : 9,7 cm ; d :
selon qu'ils sont tournés ou non. 11,8 cm), de couleur gris bleuté, à pied annu-
388 deux cannelures est remplie de traits en L rende forme globuleuse, à bord légèrement laire,
versé de même technique (fig. 5, n° 6). éversé, présentant un épaississement circulaire
à 1,7 cm sous le bord et une cannelure irrégulière
sous cet épaississement (fig. 5, n° 2) ; Les récipients non tournés, plus nombreux que
les précédents, ont des pâtes grossières à dégrais— un fragment de bord éversé souligné par sants quartzeux et calcaires. Tous ont des bords une large bande lustrée, en céramique gris bleu plus ou moins franchement éversés ; le col est tée ; le passage du col à la panse est marqué par toujours lustré alors que la panse l'est très une large cannelure ; la est décorée de rarement. Ils comprennent : divers motifs dessinés par lustrage, au brunissoir
sur la pâte fraîche (fig. 5, n° 5) ; nos —3 et 2 vases 4) ; apparemment non décorés (fig. 5,
— un bord, court et éversé, de grand vase à
pâte épaisse ; l'engobe est noir ; le décor est — 2 vases à col lustré non décoré et panse
fait de plusieurs cannelures circulaires grossi décorée au peigne, avec stries presque verticales
èrement tracées au brunissoir : la bande entre n° 7) ou transversales (n° 8) ; (fig. 5,
Fig. ti. — Grotte du Four : céramiques de la Tène, non tournées.
389 — à panse décorée au peigne et décor silex blond entièrement cacholonné. Les retou4 vases
sous le col fait par impressions très rapprochées ches sont abruptes ou semi-abruptes, parfois
n° 6). (fig. 5 et 6, nos 9, 10, 11, 12) : le bord du n° 9 écailleuses (fig. 8,
est cassé ; les impressions, profondes, sont de — Scie cassée ; la cassure est tout aussi cacho-
forme angulaire ; le décor peigné est irrégulier lonnée que le reste de la pièce ; la section est
et érodé. Le n° 10 est orné d'une série d'impres triangulaire et les retouches sont semi-abruptes
sions ovalaires qui se touchent ; la partie inté et parallèles (fig. 8, n° 7).
rieure du col est lissée ; le décor peigné, assez — Lame cassée à l'extrémité distale, faite dans régulier, est fait de bandes de 6 traits parallèles un silex en plaquette qui a conservé du cortex horizontales ou légèrement obliques. Le n" 11 sur les deux faces. La cassure est très ancienne. est décoré par une ligne de petites impressions Sur le dos, les retouches sont bilatérales, semi- angulaires espacées et un décor peigné vertical. plates, parallèles ou sub-parallèles ; sur la face Le bord du n" 12 est à peine éversé ; la panse plane, elles sont plates et n'affectent qu'un seul est épaisse ; les profondes impressions ovales n° 8). côté (fig. 8, sont irrégulièrement espacées ; le décor peigné, — Lame en silex jaune cire, large, à extrémité vertical, est très érodé et à peine visible ; distale anciennement cassée, à section triangul— 5 vases à décor sous le col et panse non aire. Elle porte une très fine retouche continue décorée (fig. 6). Les impressions du n° 13 sont sur un bord, discontinue sur l'autre, avec quelirrégulières, tant par la forme que l'espacement ques retouches très limitées sur la face plane et la disposition ; de très légères impressions (fig. 8, n° 9). verticales, de largeur constante, ont été faites à — Hache polie (5,6 cm X 2,46 cm X 4,7 cm), la spatule dans la partie haute de la panse à en pierre compacte gris-bleutée, à côtés arrondis partir du décor. № 14 : ligne irrégulière de et section ovalaire. La hache est entièrement petites impressions angulaires très proches. № polie, mais les côtés et le talon sont bouchardés 15 : ligne d'impressions en L renversé, côte à (fig. 8, n° 10). côte. № 16 : le décor est constitué par deux
profondes cannelures parallèles. № 17 : ligne b) Mobilier métallique : d'impressions circulaires peu distinctes.
— Pendeloque en languette (fig. 2, n° 5) dont
2) />e mobilier de la salle gauche (fouilles le corps a une largeur pratiquement constante,
Cavaillé-Maff re-Vidaillac) . à la différence des autres exemplaires ; la tête
est à peine marquée ; la bélière, très mince, est a) Mobilier lithique : cassée.
— Scie sur très longue lame (14,05 cm X — Fragment de pendeloque du même type,
0,84 cm X 2,23 cm), en silex cacholonné, à coupe dont seule la partie supérieure est conservée
trapézoïdale due à des retouches abruptes bila (fig. 2, n° 6).
térales sub-parallèles ou écailleuses ; les coches — Hache plate en cuivre pur, dont seul le latérales ont été effectuées à partir des deux tranchant est bien conservé. 6 perles annulaires faces (fig. 7, n° 1), de même que celles des autres en cuivre, collées l'une à l'autre par l'oxydation, scies. sont restées fixées à ce fragment de hache. Une
— Scie sur lame (12,72 cm X 1,04 cm X autre perle annulaire au moins est collée à la
2,94 cm) en silex entièrement cacholonné, à sec cassure (fig. 2, n° 13).
tion triangulaire. La retouche est parallèle sur — Alêne de grandes dimensions (11,3 cm X un bord mais assez courte et semi-abrupte ; sur 0,6 cm), pointue à une extrémité, cassée à l'autre. l'autre bord elle est grignotée, devenant abrupte De section à peu près carrée sur les 3 cm voiou semi-abrupte au voisinage des extrémités sins de la pointe intacte, elle passe par applatis- n° 2). (fig. 7, seinent progressif des bords à une section par— Scie sur lame faiblement arquée (11,55 cm faitement ronde (fig. 2, n° 12).
X 0,93 cm X 2,94 cm), en silex bleuté très cacho — Fibule en bronze (fig. 3), à ardillon cassé ; lonné, à section trapézoïdale, à retouches bila l'arc est très plat et décoré d'une ligne brisée térales semi-abruptes parallèles ou sub-parallèles, et de deux filets latéraux. et retouche fine reprenant les bords. Les deux
faces sont affectées, sur un seul côté, par un c) Céramique : n° 3). léger lustré (fig. 7,
Les tessons conservés au Syndicat d'Initiatives — Scie sur lame (9,21 cm X 0,91 cm X
de Caylus, avec le mobilier décrit ci-dessus, com2,85 cm), en silex gris fer zone de blanc, à sec
prennent seulement quelques tessons tournés de tion triangulaire, à retouche semi-abrupte et régul
la Tène, dont un fond de vase. ière d'un côté, fine et irrégulière de l'autre avec
quelques éclats plus importants que l'on retrouve Les deux petites salles de la Grotte du Four
également du côté opposé sur la face plane. Le ont donc été utilisées aux mêmes époques :
côté façonné par retouches semi-abruptes porte d'abord au Chalcolithique, puis à la Tène finale. n° 4). du lustré sur les deux faces (fig. 7, Les pendeloques en languette et les scies se
retrouvent, avec des proportions différentes, dans — Scie sur lame courte (5,16 cm X 0,98 cm X
les deux salles et témoignent de l'unité de la 2,09 cm) et épaisse, à section trapézoïdale, en
390 Cm
Fig. 7. — Mobilier lithique de la Grotte du Four : scies à encoches.
grotte, même si les perles à renflement médian des pendeloques de Caylus (fig. 2, nos 2 et 4),
sont absentes de la galerie de gauche qui a par une n° 1) des et deux une autre pendeloques censée provenir de Roquefort d'une (fig. grotte 9, contre livré un plus abondant mobilier lithique,
une hache et une alêne en cuivre. de Padern (Aude).
En fait, cette dernière, déposée au Muséum Comparaisons et datation. d'Histoire Naturelle de Toulouse, n'est vraisem
a) Les pendeloques en languette : P. Darasse blablement pas originaire de Padern, mais d'un
dolmen de la région de Villefranche-de-Rouer- et A. Soutou ont fait analyser et ont publié deux
391

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.