La paléographie des inscriptions du Champa - article ; n°1 ; vol.32, pg 127-139

De
Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient - Année 1932 - Volume 32 - Numéro 1 - Pages 127-139
13 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1932
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R. C. Majumdar
VI. La paléographie des inscriptions du Champa
In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 32, 1932. pp. 127-139.
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Majumdar R. C. VI. La paléographie des inscriptions du Champa. In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 32,
1932. pp. 127-139.
doi : 10.3406/befeo.1932.4550
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1932_num_32_1_4550LA PALÉOGRAPHIE DES INSCRIPTIONS
DU CHAMPA
Par R. C. MAJUMDAR
Professeur à l'Université de Dacca, Bengale.
On a découvert sur le territoire de l'ancien Champa environ 130 inscrip
tions, dont l'écriture dérive de l'écriture indienne. Elles ont été presque
toutes éditées, souvent avec des fac-similés, mais l'étude de leur paléographie
a été à рги près complètement négligée (*), si l'on met à part les brèves
remarques de Bergaignë dans le Journal Asiatique et dans son édition des
Inscriptions sanscrites de Campa (2). Cependant, la connaissance de la
paléographie indienne a fait de grands progrès depuis cette époque, et te
moment est venu de reprendre la question à la lumière de notre connaissance
actuelle du sujet.
La présente étude est basée sur les reproductions, publiées en fac-similé,
des inscriptions énumérées ci-dessous. Les numéros correspondent à ceux de
la lista d'inscriptions donnée en appendice à mon livre sur le Champâ (3).
Les dates sont indiquées dans la troisième colonne : celles qui ne sont pas
absolument sûres sont précédées delà lettre c. ( = circa), toutes les autres
sont tirées des inscriptions elles-mêmes. La dernière colonne donne les réfé
rences bibliographiques des fac-similés publiés soit dans le Bulletin de l'Ecole
Française d'Extrême-Orient (BEFEO.), soit dans le volume de planches des
Inscriptions sanscrites du Campa et du Cambodge (ISCC.) (*) ; dans ce
dernier cas, 1з chiffre arabe indique le numéro de la planche, et quand une
planche contient plusieurs inscriptions, le de l'inscription utilisée est
donné entre parenthèses en chiffres romains.
(1) On peut cependant citer J. Ph. Vogel, The yapa inscriptions oj King Mulavar->
man (Bijdr., 1918, p. 222). Bien que traitant spécialement des de Bornéo et
de Java, l'auteur se réfère aussi aux alphabets de l'Indochine-
(2)JA., 1888 (1 ), pp. 15-25. — Inscriptions sanscrites de Campa, par Abel Bergaignë,
2e p. 192, Notices et extraits des mss- de la B. N., t. XXVÍÍ, 1ère partie, fasc, Paris,
1893.
(t) R. jC. Majumdar, Ancient Indian colonies in the Far East, vol. I, Champa. [Nous
avons ajouté, à ce numéro, celui de la Liste générale des Inscriptions du Champa el
du Cambodge, par G. Cœdès. — NDLR.]
(*) Voir supra, 11. 2. .
1
1
— 128
Numéro
Date Référence Nom de l'inscription Liste Liste A. U. BIBLIOGRAPHIQUE Majumdar Coedés
IIMIle i 40 Vô-canh. BEFEO ,XV, 11, 3.
siècle.
IVe-Ve 41 CW-dinh. 2-3 ISCC., j8(xxiA,B\
siècle.
72 Mï-son, stèle de Bhadravarman. id. BEFEO., II, 187. 4
6 Hôn-cut. id. II, 186. 105
Mï-scribstèle de Çambhuvarman. с. боо BEFEO., III, 206. 7 73
8 1 1 1 Dinh-thj, stèle dite «de Hue ». VUSiècle XI, 259.
Trà-kièu, iriser, de Prakaça- BEFEO., XI, 263. с. Ó75 9 137
d h arm a.
1 1 Diro-ng-mong, socle de Prakà- 136 id. BEFEO., XI, 262.
çadh".
Lai-cam, inscr. rupestre de id. 15 BEFEO., XV, n, 127
Prakâçadh". 112.
22 38 Po Nagar, inscr. de Satya- ISCC, 23 (xx\i A). 784
varrnan.
Bá-tráng, stèle dite « Yaň 2? ISCC, 19 (.xxn A, H). 23 799
Ti ku h ».
Clai Lámán, stèle d'Indravar- 801 24 24 ISCC, 2o( 21.
ш a n .
31 С 2° 26 Po Nagar, inscr. de Harivarman. ISCC, 25 (xxvuil 8>7
28 Bakul, stèle. 26 (xx vX 23 829
}8Bcd 1° Pô Nagar, inscr. de Vikranta- с. 850 2g ISCC, 23 (B.C, D).
varman.
30 Po Nagar de Mông-dirc, inscr. ISCC, 22. 14 854
de Vikrantavarman.
32 108 Bô-mirng, stèle d'Indravarman. 88o BEFEO., XI, 270
(fig. 24-27I
Phu-thuâi], stèle с. 890 BEF tO., XI, 11. 33 139
îohe Bô-mirng, inscr. de Jayasim- с. goo 34 BEFEO., XI, 274
havannan. (fig. 28-29'.
138 An thai, stèle. 902 BEFEO., XI, 278- 37
279 (fig. 30-31).
142 Hoa-què, stèle de Bhadravarman. BEFEO., XI, 288- 39 909
293 (tig. 32-35).
42 141 Bàng-an, stèle de • • • BEFEO., XI, 6-7. f
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Сэ-© 83 G Со g ы Л-Í ^^ 03 g H ■Jbfc C-, — — 129
Numéro
Date Référence Nom de l'inscription Liste Liste A. D. bibliographique
Maj и md ah Cœdès
Nhan-bièu, stèle ďlndravarrnan. 911 BEFEO., XI, 302- 43 I49 ;
307 (fig. 36-39).
38 0 Pô Nagar, inscr. d'Indravarman. 918 ISCC, 23 (E). 45
148 - 46 Q21 (?) Lai-trung, stèle BEFEO., XI, 16.
38 d 20 Pô Nagar, inscr. de Jaya Indra 961 ISCC, 23 (D). 47
varman.
Pô Klaun Garai, inscr. rupestre BEFEO-, III, 644. 1050 '3 53
de Parameçvaravarman.
30 В з° Po Nagar. inscr. de Parame IO50 ISCC., 24 (xxix). 55
çvaravarman.
126 56 Lai-cam, inscr. rupestre de BEFEO.. XV, 11, 42. 1О55
Paiameçvar^o.
31 A 2° Pô Nagar, in^cr. de Rudra- 6o ISCC, 24 (x\xl IO64
varman.
66 3: A y Po Nagar. ISCC, 2$ (xxxi). (?)
30 A 2° Po Nagar, inscr. de Jaya Harv- /6 1 160 24 (xxxii).
varman.
An-thuàn, stèle de Jaya Indra- c. 11 75 ISCC, 2Ó (хххлн, S3 53
v arm an. A, B).
102 20 Co*k Yaň, stèle. ISCC, 26 (xxxv). i253(i)
(') La date avait été lue par Rergaicne 1185 ç., mais, selon la nouvelle interpré
tation des chiffres due à M. Finoi, il faut lire 1 1 75.
. . Le tableau d'alphabets.- .
Le tableau d'alphabets (pi. IX) qui accompagne cet article a été établi au
moyen des reproductions photographiques des inscriptions nommées en tête
de chaque colonne, à l'exception des cas suivants :
Colonne IL Les lettres ci-dessous onî, été décalquées sur le fac-similé cle
l'inscription de ChçrTdinh (nos 2-3) : secondes formes de к et n, premières
formes de n et de a, f, e médians.
Colonne III. Les lettres khyâ et &5 (sous s) ont été décalquées sur la stèle
de Hue (n°8) et la voyelle médiane e sur l'inscription de Trà-kieu (n° 9V La
(n° 1 1). lettre í a été décalquée sur l'inscription de Dinyng-mong .
— — 130
Colonne IV. Les secondes formes de kh, et d'ï, и médians, ont été décal
quées respectivement sur les inscriptions de Pô Nagar, n° 22 et n° 29, et sur
la stèle de Bakul (ne 28).
Colonne V. Les caractères kh, thâ et la première forme de r ont été décal
qués sur une inscription de Pô Nagar (ne 47). La seconde forme de n, la
première forme de a, u, la seconde forme de û médian (dans mu) et la
seconde de r ont été décalquées sur la stèle de Ccrk Vaň (n° 102).
N. B. Quelques lettres du tableau font partie de groupes complexes, par ex.
ri, fi, t (sta,' col IV), n (то, col. III; nd, col. IV), th(sthâ, col. Ill), dh
{ddh, col. V), ç (çrï, col. I, III), s (b, col. III, IV ; sthâ, col. V) ; y souscrit
■apparaît sous v. .. >
A. Evolution des alphabets.
Í. Les alphabets du Champa peuvent être répartis entre cinq types bien
définis, correspondant à cinq périodes chronologiques. Le plus ancien est
«celui de l'inscription de Vô-canh (col. I), dont toutes les lettres ont une
forme purement indienne. Comme cet alphabet constitue le point de départ
de toute révolution de l'écriture au Champa, les formes de toutes les lettres
attestées dans cette inscription sont reproduites dans la colonne I du tableau.
La date et les caractères de cette écriture seront discutées dans la section V.
IL La deuxième phase du développement (col. II) est marquée par les
formes plus évoluées des caractères suivants :
1. к а une courbe plus accusée.
2. n et n sont bouclés (quelquefois, le trait horizontal de n se divise en
deux traits courbes) ; on rencontre aussi parfois le f bouclé (v. l'inscription
n° 2).
3. d est quelquefois anguleux.
4. p et h ont la partie supérieure du trait vertical de gauche brisé à
angle droit.
5. m a la partie inférieure en forme de rectangle.
6. y présente la forme la plus évoluée du type kusàru.
7. / a le trait vertical de droite recourbé à gauche (v. 11° 4).
8. g, j, p, bh, y, v, f, s, s et h deviennent anguleux, avec des traits
verticaux d'égale hauteur.
9. a et с médians sont formés de deux traits à angle droit (l'ancienne
forme oblique subsiste dans dâ, à la ligne 3 de l'inscription n° 2).
10. y souscrit est marqué par une ligue double. ^Dans îa colonne H,_y (dans
^y) semble présenter la forme ancienne, mais est en réalité formé par une
ligne double, cf. col. II, 5, sy.)
Ce type d'alphabets est celui qui est attesté dans les inscriptions n03 2, 3,
-4, 6 ; il peut donc être daté des IV^-V6 siècles A. D. — — 131
. III. Le troisième type d'alphabet est caractérisé par les traits généraux
suivants (cf. col. III) :
1. Dans k, r, a, et dans и médian, l'extrémité inférieure du trait vertical
se recourbe à gauche vers le haut.
2. n affecte déjà parfois la forme plus récente caractérisée par quatre
jambages verticaux, avec un trait joignant à la base les deux jambages
médians.
3. t est toujours bouclé.
4. ç affecte parfois la forme plus récente dans laquelle le trait central est
réduit à un point ou à une courbe*
5. s affecte parfois la forme plus récente dans laquelle le trait central
unissant les deux verticales prend l'aspect d'un trait ou d'une boucle venant
s'accoler au trait de base (cf. col. III, n, s).
6. s affecte parfois la forme plus récente, dans laquelle le trait vertical de
.gauche avec sa boucle, et le trait vertical de droite sont distincts l'un de
l'autre, et sont tantôt réunis, tantôt séparés.
7. á médian est formé par un trait courbe tracé à droite et se terminant au
niveau de la base du caractère.
8. i médian a la forme d'un cercle parfait, tandis que Г est indiqué par
«ne courbe presque circulaire se terminant en spirale.
9. e médian est marqué, soit par un trait courbe tracé à gauche et se
terminant au niveau de la base du caractère, soit par un trait oblique tracé
à gauche et se terminant par une boucle.
10. i initial se compose de deux traits courbes horizontaux.
Cet alphabet est employé dans les inscriptions nos 7, 8, 9, u, 15. On peut
■donc le considérer comme le type normal des VIe et VIIe siècles A. D.
On peut toutefois y noter quelques variations. La forme ancienne de к est
-conservée dans le n° 15, tandis que des formes évoluées de n et de l appar
aissent dans и et 9.
IV. Le stade suivant est marqué par les caractéristiques que voici (cf.
col. IV) :
1. Raccourcissement du trait vertical de к et disparition du trait courbe
•remontant à gauche de son extrémité inférieure.
2. Forme complètement développée de n écrit avec quatre jambages ver
ticaux et une base joignant les deux jambages médians.
3. Conversion de la base de n en un angle aigu, et emploi de cette nouvelle
Îorme concurremment avec l'ancienne forme bouclée.
4. Raccourcissement du trait vertical de droite et disparition de son incur
vation à gauche, dans le caractère /.
5. Disparition du trait courbe remontant à gauche de l'extrémité inférieure
•du jambage vertical de a.
6. Emploi occasionnel de l'ancienne forme d'u médian. — — 132
7' Emploi. occasionnel d'une nouvelle forme ďí médian, constituée par une-
petite courbe au-dessus de la mâtra se continuant par une ligne droite qui se-
termine au niveau de la base du caractère. Cf. nos 24/28, 29 A.
Cet alphabet est employé surtout dans les inscriptions nCï 22,- 23, 24, 26,.
28, 29 A, 30. 'Ou peut donc le considérer corn me 'le type normal des VIIIe et.
IXe siècles A. D. On peut toutefois noter quelques traces d'une forme. plus
ancienne de k dans les ncs 29 B, 29 C.
V. Le stade suivant, et final, du développement est marqué par les carac
téristiques suivantes :
1. r prend la forme d'un trait court, et ondulé sans remontée à gauche de
l'extrémité inférieure du jambage vertical.
2. / raccourcit sa base, et son trait vertical de droite ne se recourbe pas
vers la gauche.
3. ç est formé par une courbe semi-circulaire dont la partie convexe est
tournée vers le haut, et dont les extrémités sont réunies par un trait courbe-
plus petit (remplacé parfois par un point ou un petit cercle). C'est une forme
dérivée du type III.
4. s affecte une forme évoluée dans laquelle le trait central réunissant les.
deux traits verticaux est remplacé par une ligne ou une boucle fixée au milieu
de la base. Forme dérivée du type III.
5. s est écrit au moyen de deux traits verticaux courbes. Forme dérivée du
type III.
6. a et â ont le trait vertical de droite séparé de la partie gauche du
caractère.
7. i allonge sa courbe inférieure en forme de crochet et développe sa
courbe supérieure en quatre lignes ondulées.
8. -m médian reprend sa forme ancienne sans remontée vers la gauche 4e
l'extrémité inférieure du jambage vertical.
9. Les éléments de v, bh, etc., sont parfois disjoints.
V, Ce type apparaît pour la première fois dans l'inscription n° 32 et persiste
jusqu'à la fin. On peut donc le considérer comme la norme pour lçs Xf, XIe,,
XIIe et XIIIe siècles. • ,
B. Lettres-témoins.
Dans tout alphabet, certaines lettres subissent au cours de leur évolution
un changement de forme bien défini. Elles peuvent ainsi servir de critère pour
déterminer la date approximative d'une inscription. Les inscriptions du Champa
possèdent quelques lettres de cette nature. En voici la liste '.-
i. / médian prend la forme d'un cercle parfait à partir de l'époque de-
Çambhuvarman. Il n'y en a pas d'exemple dans les inscriptions antérieures;
les inscriptions postérieures ne connaissent pas d'autre forme. Une inscription; — — 133
dans laquelle. Г/ médian est représenté par un cercle parfait peut donc être
considérée comme n'étant pas antérieure au VIe siècle A. D.
. 2. n apparaît pour la première fois sous sa forme complètement évaluée
(quatre jambages verticaux avec une base réunissant les deux jambages mé
dians) dans l'inscription de Diro*ng-mong datant de Prakâçadharma, et conserve
cette forme sans changement dans les inscriptions de tous les rois postérieurs.
Il est vrai que de Prakâçadharma à Trà-kiêu a la forme ancienne.
On'peut donc considérer le règne de ce roi comme constituant la période de
transition ; et la présence de la forme évoluée de ndans une inscription permet
d'attribuer à celle-ci aii plus tôt au VIIe siècle A. D.
3. / avec le trait vertical de droite court est un trait caractéristique de
toutes les inscriptions à partir du règne de Prakâçadharma. Sa présence dans
une inscription prouve que celle-ci n'est pas antérieure au VIIe siècle A. D.
4. La forme ancienne de s n'apparaît jamais dans les inscriptions après le
IXe siècle A. D. De sa présence dans une inscription, on peut donc déduire
que celle-ci est antérieure à cette date.
5. La forme ancienne de s n'apparaît jamais dans les inscriptions après le
VIe siècle. De sa présence dans une inscription, on peut conclure que celle-
ci est antérieure à cette date.
6. La forme ancienne de a dans laquelle le trait vertical de droite est réuni
à la partie gauche du caractère, est remplacée à partir du Xe siècle A. D. par
îa forme nouvelle dans laquelle les deux parties sont disjointes. La présence
de la forme ancienne ou de la forme nouvelle permet d'attribuer à l'inscrip
tion dans laquelle elle apparaît une date respectivement antérieure ou posté-
neure au Xe siècle.
7. En ce qui concerne i, la forme la plus ancienne, constituée par trois
points, n'est pas attestée après le VIe siècle A. D.;la seconde forme, composée
de deux lignes courbes, apparaît du VIIe au IXe siècle A. D. ; et la troisième
entre en usage au Xe siècle.
s' arrêtant au niveau de - 8 . â médian, noté par un trait vertical tracé à droite et
la base du caractère, est caractéristique de toutes les inscriptions à partir du VIIe
siècle A. D., mais n'apparaît pas dans les inscriptions plus anciennes. Les ins
criptions qui présentent cette forme sont donc postérieures au VIe siècle A. D,
9. e médian écrit, soit avec un simple trait oblique remontant à gauche,
•soit avec deux courts traits à angle droit, à gauche du caractère, est très rare
après le VIIIe siècle A. D. Il indique donc généralement une date antérieure
au IXe siècle A. D.
10. La forme de k, courante dans l'Inde du Sud, avec l'extrémité inférieure
du jambage vertical remontant vers la gauche, est inconnue avant le VIe siècle
Â. D. et après le IXe siècle A. D. Elle indique donc une dàteintermédiaire
entre ces deux limites.
п. к avec un trait vertical court n'est pas attesté avant le VIIIe siècle et
indique par conséquent une date postérieure au VIIe siècle A. D. — — 134
VIe siècle A. D. et indique par 12. t sans boucle n'apparaît jamais après le
conséquent une date antérieure.
13. r formé par un long trait droit ne se rencontre jamais après le VF
siècle A. D. La forme de r, courante dans l'Inde du Sud, avec l'extrémité
inférieure du jambage vertical remontant à gauche, n'apparaît pas avant le VF
siècle ni après le IXe siècle A. D. La forme de r avec un petit trait ondulé est
attestée dès le IXe siècle A. D. Par suite, la première forme indique une date
antérieure au VIe A. D., la seconde une date comprise entre les VIe et
IXe siècles A. D. et la troisième, une date postérieure au VIIIe siècle A. D.
14. La forme primitive de ç ne se rencontre jamais après le IXe siècle
A. D. et indique par conséquent une date antérieure.
15. La forme de и médian, courante dans l'Inde du Sud, avec l'extrémité
inférieure du jambage vertical remontant à gauche, n'apparaît pas avant le VIe"
siècle, ni après le IXe siècle A. D. Sa présence indique par conséquent une
date intermédiaire.
C. Styles d'écriture.
On peut aisément distinguer plusieurs styles d'écriture dans les inscriptions,
du Champa. A côté de ce qu'on peut appeler le style normal, les styles.
suivants méritent d'être notés.
1. Type à « box-head ». Chaque lettre est hardiment et nettement gravée,
avec d'importantes mâtrà carrées. On sent, dans le burinage, la main d'un
artiste. Les inscriptions n^s 2 et 6 en sont des exemples remarquables.
2. Type oblique. Chaque lettre est composée de traits inclinés de gauche
à droite. Exemples : nos 9, 11, 29 в.
3. Type ondulé. Les lettres sont écrites avec des lignes très sinueuses. Ce
type est représenté par de nombreux exemples, parmi lesquels on peut men
tionner les nos 45 et 47.
4. Type disjoint. Les traits formant les lettres ne sont pas toujours continus,,
mais sont disjoints par endroits. Exemples : nos 22 et 29.
5. Type orné. Deux lignes sinueuses servent de mátni à chaque lettre,
donnant à toute l'inscription un aspect ornemental. Exemples : nos 55, y6, 83.
Les caractéristiques de deux des types énumérés ci-dessus, ou même
davantage, se rencontrent combinés. Ainsi, le n° 9 réunit les caractéristiques
des types 2, 3 et 4.
D. Caractéristiques locales.
Les divers styles qui viennent d'être énumérés, à l'exception peut-être du
premier, ne sont pas le résultat d'influences locales, mais de fantaisies, de
goûts ou d'aptitudes individuelles. Par exemple, les cinq inscriptions n°s 22,.
29 в, 29 c, 45 et 47 sont toutes gravées sur la même stèle de Pô Nagar :

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