Le gisement acheuléen de La Ville-Mein à Planguenoual (Côtes-d'Armor) - article ; n°1 ; vol.39, pg 1-29

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Gallia préhistoire - Année 1997 - Volume 39 - Numéro 1 - Pages 1-29
En Bretagne, nombreux sont les indices acheuléens (bifaces isolés découverts sans contexte stratigraphique précis), mais rares sont, dans cette région, des assemblages de plus d'une centaine d'artefacts contenant un pourcentage important de bifaces. Le gisement de La Ville-Mein à Planguenoual (Côtes-d'Armor) est le seul connu à ce jour comme tel en Bretagne. Malgré l'absence de remontages, la fonction de débitage et de production d'outillage sur éclat est attestée sur le site. Par contre, en l'absence d'ébauches de bifaces, d'éclats de bifaces et de coups de tranchet (les bifaces seraient introduits déjà finis), la fonction de façonnage de bifaces, sur place, reste à démontrer.
In Western France, numerous are Acheulian signs (handaxes alone and discovered without exact stratigraphic context), but rare are in this region assemblages of more than one hundred artefacts with numerous handaxes. Planguenoual site's is the only one known until now in Britain. Knapping function and the production of flake tools is proved. Nevertheless, without handaxes rough draw, handaxe flakes, coup de tranchet flake, the shaping handaxes function, on the settlement, must be proved. Handaxes are introduced finished.
29 pages
Publié le : mercredi 1 janvier 1997
Lecture(s) : 54
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Agnès Lamotte
Jean-Laurent Monnier
Le gisement acheuléen de La Ville-Mein à Planguenoual (Côtes-
d'Armor)
In: Gallia préhistoire. Tome 39, 1997. pp. 1-29.
Résumé
En Bretagne, nombreux sont les indices acheuléens (bifaces isolés découverts sans contexte stratigraphique précis), mais rares
sont, dans cette région, des assemblages de plus d'une centaine d'artefacts contenant un pourcentage important de bifaces. Le
gisement de La Ville-Mein à Planguenoual (Côtes-d'Armor) est le seul connu à ce jour comme tel en Bretagne. Malgré l'absence
de remontages, la fonction de débitage et de production d'outillage sur éclat est attestée sur le site. Par contre, en
d'ébauches de bifaces, d'éclats de bifaces et de coups de tranchet (les bifaces seraient introduits déjà finis), la fonction de
façonnage de sur place, reste à démontrer.
Abstract
In Western France, numerous are Acheulian signs (handaxes alone and discovered without exact stratigraphic context), but rare
are in this region assemblages of more than one hundred artefacts with numerous handaxes. Planguenoual site's is the only one
known until now in Britain. Knapping function and the production of flake tools is proved. Nevertheless, without handaxes rough
draw, handaxe flakes, "coup de tranchet" flake, the shaping handaxes function, on the settlement, must be proved. Handaxes are
introduced finished.
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Lamotte Agnès, Monnier Jean-Laurent. Le gisement acheuléen de La Ville-Mein à Planguenoual (Côtes-d'Armor). In: Gallia
préhistoire. Tome 39, 1997. pp. 1-29.
doi : 10.3406/galip.1997.2148
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/galip_0016-4127_1997_num_39_1_2148Le gisement acheuléen
de La Ville-Mein à Planguenoual
( Côtes-d 'Armor)
Agnès Lamotte* et Jean-Laurent Monnier*
Mots-clés. Bretagne, Planguenoual, La Ville-Mein, bifaces, Acheuléen, variabilité des industries.
Key-words. Britain, La Ville-Mein, handaxes, Acheulian sites, variability of Lower Palaeolithic industries.
Résumé. En Bretagne, nombreux sont les indices acheuléens (bifaces isolés découverts sans contexte stratigraphique précis), mais rares
sont, dans cette région, des assemblages déplus d'une centaine d'artefacts contenant un pourcentage important de bifaces. Le gisement de
La Ville-Mein à Planguenoual (Côtes-d'Armor) est le seul connu à ce jour comme tel en Bretagne. Malgré l'absence de remontages, la
fonction de débitage et de production d'outillage sur éclat est attestée sur le site. Par contre, en l'absence d'ébauches de bifaces, d'éclats de
bifaces et de coups de tranchet (les bifaces seraient introduits déjà finis), la fonction de façonnage de bifaces, surplace, reste à démontrer.
Abstract. In Western France, numerous are Acheulian signs (handaxes alone and discovered without exact stratigraphie context), but
rare are in this region assemblages of more than one hundred artefacts with numerous handaxes. Planguenoual site's is the only one
known until now in Britain. Knapping function and the production of flake tools is proved. Nevertheless, without handaxes rough draw,
handaxe flakes, « coup de tranchet «flake, the shaping handaxes function, on the settlement, must be proved. Handaxes are introduced
finished.
nation du Centre Régional Archéologique d'Alet et en SITUATION GÉOMORPHOLOGIQUE
relation, pour la préhistoire, avec le Laboratoire ET GÉOLOGIQUE
d'Anthropologie de l'Université de Rennes 1.
Vu des hauteurs du Mené, le pays semble présenter
Le gisement de La Ville-Mein se situe au sud-est de la une grande planéité. C'est pourtant une surface morcel
baie de Saint-Brieuc, sur la commune de Planguenoual. Il ée, avec des étagements et des fractionnements à
a été mis en évidence au début des années 1980, dans le diverses altitudes, qui s'étend entre la Flora et le
cadre des prospections-inventaires (Patrick Amoureux, Gouessant. La courbe de 100 m délimite un plateau
Jacques-Henri Clément) conduites dans la région du allongé entre Pléneuf-Val-André au nord et Andel au sud.
Penthièvre depuis une dizaine d'années, sous la Quelques lambeaux de cette plate-forme apparaissent
* UMR 9944 du CNRS et ERA 37 du CRA, Centre d'études et de recherches préhistoriques, Université des Sciences et Technologies de Lille, F-59655
Villeneuve-d'Ascq cedex.
** UMR 6566 du CNRS : « Civilisations adantiques et archéosciences », Laboratoire d'Anthropologie, Université de Rennes 1, Campus de Beaulieu,
F-35042 Rennes cedex.
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 1-29 © CNRS Editions, Paris, 1998 Agnès Lamotte et Jean-Laurent Monnier
Fig. 1 - Situation géographique et
topographique du site de La Ville-
Mein à Planguenoual. Trame :
gisement (d'après J.-L. Monnier).
disséminés sur une ligne orientée nord-est/sud-ouest, à ficielles contiennent des blocs et galets de grès lustré
brut, fortement émoussés et patines. mi-chemin de la côte (Beigbeder, 1964).
Le gisement de La Ville-Mein s'inscrit donc dans un
quadrilatère limité par la côte, assez rectiligne dans ce
secteur, par la Flora au nord, par le Gouessant au sud, et SITUATION TOPOGRAPHIQUE
par la plate-forme de 100 m. À partir de cette plate ET STRATIGRAPHIQUE
forme, le terrain s'abaisse progressivement vers la mer
qu'il domine d'une soixantaine de mètres (fig. 1). II s'agit d'une vaste station de plein air (sans doute
Le réseau hydrographique est peu dense et il n'y a pas plus de 30 ha). Les limites du site sont assez imprécises
de rivière vraiment importante, si ce n'est le Gouessant. car l'exploration du gisement est évidemment soumise à
Les vallées, profondes et étroites, débutent sur le plateau l'évolution des travaux agricoles. Au terme d'une dizaine
entre 60 et 100 m, par une légère dépression, puis s'en d'années de collectes, deux aires productives de mobilier
caissent dans leurs parties moyennes et inférieures, rejo lithique paraissent se dessiner (fig. 2) . Leurs formes sont
ignant parfois la côte par des vallons suspendus. ovalaires et orientées l'une nord-ouest/sud-est, l'autre
Le substrat géologique correspond à des granites syn- nord-sud. Chacune englobe une zone à forte densité de
tectoniques à muscovite et biotite. Les formations vestiges qui paraît être l'épicentre de l'épandage.
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 1-29 © CNRS Editions, Paris, 1998 Le gisement acheuléen de La Ville-Mein à Planguenoual
• de 40 à 50 cm : arène argileuse à limoneuse gris-brun
avec la présence fréquente de petits galets de grès (son
dages 2, 3, 4, 5) ; 40 à 65 cm pour les sondages 1, 6 et 7 ;
• de 50 à 65 cm : arène plus ou moins limoneuse (son
dage 1) ;
• vers 65 cm : arène en place de teinte orangée (son
dages 5 et 6) ou argileuse et marmorisée (sondage 7).
La structure du sous-sol a aussi été étudiée par pros
pection géophysique (microsismique réfraction) 2 dans la
parcelle YC 67. Les premiers résultats situeraient la roche-
mère non altérée à une profondeur sensiblement
constante. Ils réduisent donc toute probabilité d'un
important paléorelief sur le site, par exemple un ancien
vallon comblé (hypothèse un moment envisagée).
Compte tenu de l'absence de moyens de datation et
notamment de l'impossibilité de se référer au cadre stra-
tigraphique du Pleistocene régional, il nous est difficile
de cerner précisément l'âge du gisement.
Il y a absence totale de restes fauniques.
L'INDUSTRIE DE LA VILLE-MEIN
CARACTÈRES GÉNÉRAUX ET PÉTROGRAPHIE
Fig. 2 — Localisation topographique du gisement de La Ville-Mein et
des concentrations observées en prospection au sol. Trames : aires L'industrie de La Ville-Mein est faite quasi excluproductives de mobilier lithique (d'après J.-L. Monnier). sivement dans un grès tertiaire (« grès lustré »), à l'e
xception de quelques pièces (moins de 3 %) en quartz et
d'une autre variété de grès, sans doute d'origine paléo-
Sept sondages * effectués à la pelle mécanique en 1990 zoïque. D'un point de vue macroscopique le grès lustré de
ont été menés sur les zones à plus fortes concentrations La Ville-Mein se distingue de ses équivalents armoricains
de vestiges préhistoriques, dans la parcelle YG 67. par de gros grains de quartz anguleux noyés dans un
L'objectif était de connaître la stratigraphie locale, de ciment jaunâtre. Il semble que cette roche tenace, à cas
rechercher d'éventuels niveaux archéologiques en place, sure assez irrégulière et se taillant difficilement, ait été di
de préciser l'origine de la matière première et de son état sponible sur le site sous forme de blocs ou de nodules ; ce
physique (grès lustré profondément émoussé et patiné) , qu'il en reste étant aujourd'hui extrêmement fragmenté.
également d'explorer la paléotopographie du site. La série récoltée à La Ville-Mein est pourvue d'une
Ces sondages intéressent, au total, une centaine de forte patine et d'un émoussé qui s'expliquent difficil
mètres et présentent des résultats relativement compar ement du fait de l'absence de cours d'eau. Il s'agit proba
ables. Ainsi, on observe de haut en bas : blement du résultat d'actions éoliennes et d'altérations
• de 0 à 30 cm : limon gris, terre arable (10 YC 5/4) ; d'origine météorique et pédogénétique...
• de 30 à 40 cm : gris (10 YC 6/5) , localement mar L'étude technique et typologique repose sur l'analyse
qué par des taches orangées ; de près de 600 objets lithiques ; à noter que la taille du
1. Nous remercions la mairie de Planguenoual pour son aimable colla 2. Nos remerciements s'adressent à Géosciences-Rennes (Université de
boration, notamment la mise à notre disposition d'une pelle mécan Rennes 1, Institut de Géologie) qui a mis à notre disposition le matériel
ique. de microsismique réfraction (Nymbus) , mis en œuvre par H. Morzadec.
GaUia Préhistoire, 39, 1997, p. 1-29 © CNRS Editions, Paris, 1998 Agnès Lamotte et Jean-Laurent Monnier
r 5 cm
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 3 - Planguenoual, La Ville-Mein : 1, éclat débordant ; Illustration non autorisée à la diffusion
2, éclat fracturé en partie distale ; 3, éclat de bord de chopper ,
4, éclat partiellement cortical ; 5, éclat (dessins Y. Onnée,
d'après A. Lamotte).
grès lustré produit généralement des éclats de grandes • 498 éclats et fragments d'éclats (87,2 %) ;
dimensions. Les ramassages ayant été aussi peu sélectifs • 36 nucleus, plaquettes et blocs testés (6,3 %) ;
que possible, on interprète ainsi la quasi-absence, dans cet • 37 outils sur blocs (bifaces, choppers, etc.) (6,5 %).
assemblage, d'artefacts de dimension inférieure à 20 mm. L'assemblage est surtout composé d'éclats et de frag
ments d'éclats, puis par le groupe des « supports au débi- Les principales catégories de vestiges lithiques, à part
ir de l'échantillon pris en compte (571 pièces lithiques), tage » et des « outils sur blocs » quantitativement iden
se composent de : tiques. Parmi les éclats, on peut noter l'absence d'éclats
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 1-29 © CNRS Éditions, Paris, 1998 I
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Le gisement acheuléen de La Ville-Mein à Planguenoual
d'éclats ordinaires sans caractéristiques technologiques de bifaces, de coups de tranchet, et la rareté des éclats de
gel, laminaires et Levallois. Mis à part les indices de particulières.
bifaces relativement importants, les autres typo-
logiques et technologiques sont peu élevés (IBif réel =
14,2 ; Ibif ess = 15,15 ; ILam = 0,63 ; ILty = 10,98 ; Iracl ETUDE TECHNOLOGIQUE
réel = 3,84 ; Iracl ess = 4,32 ; IAu réel = 0,54 ; Iau ess =
Les éclats 0,61).
Les éclats débordants (n = 7) et les éclats fracturés en
partie distale et/ou latérale (n = 56), bien représentés L'étude métrique des éclats (fig. 4) montre que, de
(fig. 3), témoignent des activités de débitage, de leurs façon générale, l'assemblage se compose de grands éclats
accidents et de l'entretien des supports sur le site. Mis à épais. En effet, 50,7 % (n = 240) d'entre eux ont une lon
gueur supérieure à 80 mm ; 68 % (n = 324) ont une lar- part ce groupe d'éclats, l'essentiel de la série est composé
fréquence longueur des éclats fréquence largeur des éclats
12 18
-
10 15
-
-
12 _
- -
9
- -
._ 6 _
-
-
3 —
— -
1
1,
90 120 150 30 60 90 120 150 180 30 60
fréquence épaisseur des éclats fréquence nombre d'enlèvements
40 24 I M I _
20
30 -
_
16 _ - - J. 20
12
_ ; 10 8
-
i i i i i i i 4 —
1st; "1 n
40 60 80 20
Fig. 4 - Planguenoual, La Ville-Mein, morphométrie des éclats
(en millimètres : longueurs, largeurs, épaisseurs, nombre d'enlèvements reconnaissables sur la face dorsale).
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 1-29 © CNRS Éditions, Paris, 1998 1
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Agnès Lamotte et Jean-Laurent Monnier
geur supérieure à 60 mm. Dans 67 % des cas (n = 319), On observe (fig. 6) une bonne corrélation (coefficients
de corrélation = 0,81 et 0,79) entre largeurs et épaisseurs leur épaisseur est comprise entre 20 et 40 mm. Aucune
des talons, ainsi qu'entre largeurs et épaisseurs des éclats. d'entre elles n'est inférieure à 10 mm, par contre, dans
La corrélation est également assez bonne entre épaisseurs 18 % des cas, elle dépasse 40 mm. La moyenne des lon
gueurs est de 81,0 mm (maximum : 130 mm ; minimum :
17 mm ; écart-type : 23,6). La moyenne des largeurs est
de 74,0 mm (maximum : 170 mm ; minimum : 38 mm ; fréquence largeur des talons
15 écart-type : 23,5). Les épaisseurs sont également très _ —
fortes, avec une moyenne de 30,3 mm (maximum : 12
80 mm ; minimum : 13 mm ; écart-type : 11,8). Le -
nombre d'enlèvements sur la face dorsale est très faible _ __ 9
(tabl. I et fig. 4), compris entre 0 (surface entièrement - -
6 naturelle ou corticale) et 7 (moyenne comprise entre 2 et
L. 3) . Les talons lisses sont largement majoritaires, suivis des 3
talons corticaux et punctiformes (tabl. II). Enfin dans des : II rfh, 0 proportions moindres, viennent les autres types. Les 0 20 40 60 80 100
indices de facettage sont faibles (IF1 = 9,93, IFs = 0,21).
Ces talons sont larges et épais dans l'ensemble (fig. 5). La fréquence épaisseur des talons
16 r r moyenne des largeurs est de 41,9 mm (maximum :
92 mm ; minimum : 14 mm ; écart-type : 16,1). La
12 moyenne des épaisseurs est de 18,5 mm (maximum :
48 mm ; minimum : 7 ; écart-type : 8,2). L'angle d'éclat
ement est très ouvert (moyenne : 111° ; maximum : 151° ;
minimum : 54° ; écart-type : 13).
Tabl. I - Planguenoual, La Ville-Mein, analyse technique
des éclats, résidus corticaux surface dorsale. 10 20 30 40 50
ilhltl*-..; fréquence nombre angle d'éclatement
sans cortex 61 24 12,9
1 0 - 49 % 194 41,1
50-100% 218 46 20
total 473 100 -
16 —
- _ Tabl. II - Planguenoual, La Ville-Mein, fi 12
analyse technique des éclats, types de talons. - _
- cortical 16,5 78
lisse 52 246 4 —
dièdre 47 9,9
sur enlèvements 29 6,1 - m M A lit! facetté 54 74 94 114 134 154
punctiforme 11,1 52
ôté 19 Fig. 5 — Planguenoual, La Ville-Mein, morphométrie des talons des
illisible 0,4 éclats (largeurs et épaisseurs en millimètres ; angle d'éclatement en
total 100 473 degrés).
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Le gisement acheuléen de La Ville-Mein à Planguenoual
des éclats et épaisseurs des talons (0,65). Elle n'est pas Les nucleus
négligeable entre longueurs et largeurs des éclats (0,56) ,
Vingt-huit nucleus ont été dénombrés dans cette série entre largeurs des éclats et épaisseurs des talons (0,55),
(fig. 7 à 11) . L'étude du degré d'exploitation des surfaces entre longueurs et épaisseurs des éclats (0,53), et entre
de débitage montre que les nucleus sont caractérisés par épaisseurs des éclats et largeurs des talons (0,51).
un faible nombre de surfaces de débitage : 15 nucleus
possèdent une seule surface d'exploitation (comprenant
180 en particulier les nucleus Levallois) et 7 en possèdent i i 111 - '...>■""- ! deux. Les autres comptent trois ou quatre sur150
faces de débitage.
120 Quel que soit le nombre de surfaces de débitage, - jiirf^^"' •„.■•-■•■*■"'" celles-ci ont presque toujours été moyennement à fort90 ement exploitées. En effet, mis à part quelques nucleus ■■'• " =
i 60 abandonnés de façon précoce à cause de la qualité de la f\\- ■::.:■■:-■'
matière première ou d'une morphologie du bloc initial
30 incompatible avec le projet de taille, les enlèvements sont
..•I*" i t 1 i i particulièrement envahissants et de grande superficie. 0 20 40 60 80 L'étude des grands types de débitage ne repose que sur épaisseur
les nucleus à une et deux surfaces de débitage. Ainsi, pour 100 . ' i ' ' i • ' ' i • '...j-'1 ',..!-: ceux à une seule surface, le débitage unipolaire apparaît . 1 " fréquemment employé (tabl. III) mais ne domine que _.,*.< 80 1 . . . .j,;.s*:f I légèrement l'ensemble (sous réserve toutefois de la fa. I iblesse de l'échantillon) ; ensuite, ce sont surtout les 60 I
formes demi-centripètes et centripètes, dont font partie les >
40 quelques nucleus Levallois reconnus, qui sont présentes. ■ t Au sein des nucleus Levallois, la modalité préférent
20 ielle (Bordes, 1950) n'est que très faiblement représent
ée. La mise en forme de la surface de débitage est géné..■!'" 1 1 1 1 1 1 1 1 ralement demi-centripète à centripète, et confirme les 10 20 30 40 50
cas précédemment vus. Lorsque la modalité récurrente épaisseur
(Boëda, 1984, 1986) existe, elle présente le même type 0,8 • h1 " " i i I . i i i. de préparation des convexités de la surface de débitage. f ! 1 0,6 1 En ce qui concerne les nucleus possédant deux sur1 1 faces de débitage (tabl. IV), on trouve une pièce « deux 1 Lo ; 0,4 CL 1 1 fois unipolaire », une pièce « unipolaire/bipolaire », 1 1 l deux pièces « unipolaire/bidirectionnel », une pièce 1 g. 0-2 1 1 La « unipolaire/centripète » et deux pièces « bipolaire/ 1 ° o 0
• _ -0,2 "- Tabl. III - Planguenoual, La Ville-Mein, - . LaT ,EpT
" analyse des nucleus à une seule surface de débitage. i i 1 t i i i i i 1 r -0,4
-0,02 0,08 0,18 0,28 0,38 0,48 0,58,
- r - % type de débitage \ nombre composante 1
unipolaire 6 40
bipolaire opposé 2 13,4 Fig. 6 - Planguenoual, La Ville-Mein : 1, régression linéaire entre la
bidirectionnel / / largeur et l'épaisseur des éclats ; 2, régression linéaire entre la largeur
demi-centripète 4 26,6 et l'épaisseur des talons ; 3, analyse en composantes principales
centripète 3 20 (Ang angle d'éclatement ; Lo, longueur ; La, largeur ; Ep, épaisseur;
total 15 100 LaT, largeur du talon ; EpT, épaisseur du talon).
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 1-29 © CNRS Editions, Paris, 1998 Agnès Lamotte et Jean-Laurent Monnier
Illustration non autorisée à la diffusion
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Fig. 7 - Planguenoual, La Ville-Mein, nucleus (dessins Y. Onnée).
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 1-29 © CNRS Editions, Paris, 1998 Le gisement acheuléen de La Ville-Mein à Planguenoual
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 8 - Planguenoual, La Ville-Mein, nucleus (dessins Y. Onnée).
Gallia Préhistoire, 39, 1997, p. 1-29 © CNRS Editions, Paris, 1998

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