Les activités de l'EFA - article ; n°2 ; vol.121, pg 741-751

De
Bulletin de correspondance hellénique - Année 1997 - Volume 121 - Numéro 2 - Pages 741-751
11 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1997
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Roland Étienne
Les activités de l'EFA
In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 121, livraison 2, 1997. pp. 741-751.
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Étienne Roland. Les activités de l'EFA. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 121, livraison 2, 1997. pp. 741-751.
doi : 10.3406/bch.1997.7067
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bch_0007-4217_1997_num_121_2_7067741
Rapport sur les travaux
de l'Ecole française d'Athènes en 1996
Les activités de VEFA
par Roland Etienne
L'année 1996 a bien sûr été marquée par la préparation et la célébration du cent cinquantième anni
versaire de l'EFA. Il me semble que la réussite de cette commémoration a été à la mesure des efforts fournis
par toute l'équipe directoriale, et plus largement par toute la communauté athénienne qui a pris part, d'une
façon ou d'une autre, à l'événement. Il n'est pas trop présomptueux de prétendre que les objectifs que nous
nous proposions ont été, dans l'ensemble, atteints.
Pourtant, les activités de l'École en 1996 ne se sont pas limitées à cette célébration : les programmes
scientifiques se sont déroulés conformément au plan qui avait été défini dans le contrat quadriennal, qui a été
signé en novembre 1996. Malgré la surcharge qu'ont représentée les publications prévues spécifiquement
pour le Cent cinquantenaire, les collections de l'École se sont normalement enrichies d'une série d'ouvrages
scientifiques : je tiens à en remercier particulièrement Madame Anne Pariente, qui a assumé avec efficacité
une très lourde charge.
1. Personnel
En 1996, le personnel de l'École comprenait :
Directeur: Roland ETIENNE, assisté par Thérèse ANDRÉADI ; Directeur des Études, secrétaire
général: Jean-Michel SAULNIER, assisté par Lisa CHRYSSIKOPOULOU et Evi PLATANITOU ; Adjoint aux
publications: Anne PARIENTE; Bibliothécaire: Guy COBOLET; Directeur des Études néohelléniques :
Gérassimos NOTARAS.
Membres : Anne COULIÉ, Anne DESTROOPER (membre belge), Claire HASENOHR, Jean-Luc
MARTINEZ, Christel MULLER et Hélène SlARD en 3e année, Alvaro ALLEGRETTE (membre brésilien), San
drine HUBER (membre suisse), Clarisse PRÊTRE et Francis PROST en 2e année, Christophe FEYEL et Gilles
GRIVAUD en lrc année.
BCH 121/11(1997) 742 TRAVAUX DE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1996
Service des publications : Anna PHILIPPA-TOUCHAIS, Ioanna SAMOUILIDOU et Yannis
VARALIS.
Bibliothèque: Béatrice DETOURNAY, bibliothécaire adjointe, Claudie ANALYTIS, Dora GARTA-
GANI, Éléni GÉRONTAKOU, Pétros HARIKIOPOULOS et Lia KOLONIA.
Archives : Kalliopi CHRISTOPHI, responsable, Elpida CHAIR!, Despina DÉLINIARI, Maria SFA-
KIANOUDI et Évangélia TROUKI.
Services techniques : Alain BADIE, Philippe FRAISSE, Tony KO^ELJ, Didier LAROCHE, Yvonne
RIZAKIS, Martin SCHMID et Manuela WURCH-KoZELJ, architectes ; Vélissarios ANAGNOSTOPOULOS et
Nikos SlGALAS, dessinateurs ; Philippe COLLET et Éléni MALIGOURA, photographes ; Aristophanis KONS-
TANTATOS, restaurateur ; Andréa IACOVELLA et Emmanuel PRÉVOST, informaticiens ; Dimitrios KORITOS,
contremaître.
Comptabilité: Marie-Rose PAPADAKIS, agent comptable; Geneviève LANG, comptable adjointe;
Laura BlOSCA et Pierrette ANAGNOSTOPOULOU.
Hôtellerie, entretien, services: Irini DARMI, standardiste; Marios SEÏTANIDIS, courrier; Lisa
VlDALI, concierge ; Stanislaos DARMIS et Athanassios SEÏTOS, jardiniers ; Dimitrios KOUVÉLIS, électricien ;
Ketty VALLI, responsable de l'entretien ; Éléni BOURLOU, Réna DARMI, Maria HARIKIOPOULOU, Maria
KATSOULI, Paraskevi LYMBEROPOULOU, Éléni MlCHALOPOULOU, Polyxéni PASCHALI, Panayiota SEÏ-
TOU et Maria SPYROPOULOU, personnel d'entretien.
Signalons un changement dans le personnel d'encadrement de l'EFA : après plus de trente ans de
bons et loyaux services, Madame Marie-Rose Papadakis a fait valoir ses droits à la retraite. Elle a été rempla
cée comme agent comptable par Monsieur Christian Costopoulos, qui est arrivé à l'EFA le 1er septembre
1996, mais n'a pris officiellement ses fonctions qu'au 1er janvier 1997. J'avais en effet demandé à Marie-Rose
Papadakis de rester à son poste jusqu'à la fin de l'année pour assumer les comptes du Cent cinquantenaire,
qu'elle avait suivis depuis le début. Tous les directeurs de l'EFA savent tout ce qu'ils doivent, et tout ce que
l'École doit, à la compétence, au dévouement et à la probité de Marie-Rose Papadakis.
2. Activités
A. Contrat quadriennal
Le contrat 1996-1999 a été signé le 26 novembre 1996. Le ministère n'a rien retranché
des propositions qui lui ont été présentées.
Je me permets de retranscrire ici le résumé de politique scientifique qui est joint au contrat et qui doit
orienter toute la politique scientifique de l'EFA jusqu'en 1999 :
« Par ses programmes scientifiques l'EFA exprime son intérêt pour toutes les périodes de l'histoire de
la Grèce, son souci de développer ses liens avec les pays balkaniques, et sa vocation à intervenir dans tous les
domaines où le développement des techniques laisse escompter les résultats les plus intéressants pour l'étude
des sociétés antiques et modernes : analyse des territoires et des espaces urbains, identification des ateliers de
production sur les plans local et régional, enquêtes sur le paléoenvironnement, sur les phénomènes de dia
spora. Cette inflexion des recherches — amorcée, pour certaines d'entre elles, depuis une dizaine d'années —
s'accompagne d'une révolution dans les moyens de traiter, de gérer et de communiquer les données : l'EFA ne
doit pas rester en dehors de cette révolution.
BCH 121/11(1997) ACTIVITÉS DE L'EFA 743 LES
Quatre équipes constituent l'ossature des programmes : deux concernent la Grèce « classique » et
byzantine, la troisième regroupe les recherches de la Préhistoire à l'Âge du Fer, et la dernière (J.E.) s'intéresse à
la société grecque moderne et contemporaine.
Parmi les recherches dont on peut attendre l'aboutissement dans les quatre années du quadriennal,
citons:
— J.E. 961966, La société grecque à l'époque moderne et contemporaine (G. NOTARAS) : publication de
X Atlas de L· Grèce contemporaine et des séminaires sur la diaspora grecque en France. Poursuite de travaux sur
les villages désertés de Chypre et de Crète.
— E.A. 961967, Monde égéen de L· Préhistoire à l'Âge du Fer (R. TREUIL) : publication de la prospec
tion de la plaine de Malia, et d'un volume intéressant la faune et la flore de la Crète de l'époque minoenne à
l'Age du Fer qui devrait faire référence, rien de comparable n'ayant été publié jusqu'à présent. La publication
des fouilles de Dikili Tash devrait avancer. Achèvement des fouilles de Sovjan (habitat lacustre de l'Âge du
Bronze et du Fer dans une zone encore mal connue) et poursuite du soutien aux fouilles menées à Chypre, à
Shillourokambos (site où est mise en évidence une phase jusque là inconnue du Néolithique pré-céramique
de Chypre).
— E.A. 961968, Artisanat en Grèce de l'époque archaïque à l'époque byzantine (A. MULLER et
Fr. BLONDE) : nous avons regroupé sous ce titre l'ensemble des recherches qui ont trait à l'analyse et à l'e
xploitation historique des séries de matériaux. De plus, nous comptons faire réellement travailler ensemble les
spécialistes des différents types de matériaux pour aboutir en quatre ans, par une série de rencontres, à la syn
thèse qui nous manque sur les différents aspects de l'artisanat en Grèce (modes de production, répartition
dans l'espace, modes de diffusion des produits). Cette série de séminaires sera organisée en collaboration avec
les Universités de Lyon II et de Lille III.
Pour la période paléochrétienne et byzantine, nous publierons les résultats encore inédits des fouilles
des fours de potier de Delphes (VIe-VIIe s.), nous lancerons un programme sur les ateliers de sculpteur de
Grèce du Nord et d'Albanie, et une étude sur les églises de l'Argolide au XIIe s. (plan, décor sculpté).
— E.A. 961969, Les espaces de la cité de l'époque archaïque à l'époque byzantine (R. ETIENNE) : la
recherche récente en Occident et en Orient s'est orientée vers des études concernant l'organisation matérielle
des sociétés rurales, en prêtant une attention plus particulière aux structures des terroirs (cadastres, types de
constructions rurales) et aux écosystèmes. Ces structures des chôrai sont inséparables du développement des
poleis et doivent donc être étudiées conjointement.
L'EFA, qui travaille sur trois cités en Grèce propre (Argos, Délos, Thasos), et une cité chypriote (Ama-
thonte), est bien placée pour suivre l'évolution des problématiques, et obtenir des résultats importants, tant
sur l'organisation des poleis que sur celle de leur territoire.
Aux travaux en cours de publication, nous ajoutons quatre programmes :
— analyse d'une cité crétoise et de son territoire à l'époque historique (Itanos) ;
—du territoire de la cité d'Akraiphia et du Ptoion (Béotie) ;
— synthèse sur l'organisation du sanctuaire de Délos ;
— recherches sur l'urbanisme romain de Thasos, et sur la Thasos coloniale.
Toutes les technologies modernes seront utilisées au service des chercheurs. Signalons l'aboutissement,
dès 1996, d'une première mondiale : la restitution complète d'un sanctuaire grec par image numérisée (sanc
tuaire d'Athéna à Delphes), grâce à la collaboration avec le Mécénat technologique EDF.
Parmi les programmes pluri-formations, une attention particulière sera donnée à la bibliothèque. Les
bibliothèques universitaires françaises ont accompli une mutation et sont reliées aux grandes banques bibli
ographiques américaines. Nous souhaitons que le catalogue de notre bibliothèque soit consultable sur Internet
BCH 121/11(1997) TRAVAUX DE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1996 744
et Renater, ce qui permettra de montrer l'exhaustivité de notre fonds et de le mettre à la disposition de la
communauté scientifique. De plus, des crédits nous sont accordés pour ouvrir une nouvelle salle, qui permett
ra de faire face à l'accroissement des monographies pendant une quinzaine d'années et de reclasser les collec
tions par thèmes.
La mise à niveau de notre infrastructure informatique a pour but de rendre accessibles les bases de
données nationales ou internationales, et consultable notre propre patrimoine sur les réseaux de communicat
ion (livres, photographies, archives, bases de données qui se constituent sur les différents sites). C'est à ce
prix que l'EFA ne sera pas marginalisée dans l'univers scientifique de communication à distance qui se met en
place, et qu'elle pourra valoriser ses propres ressources.
Sur ces réseaux devront circuler des informations. Dans un deuxième temps, quand les problèmes
technologiques, qui sont en cours d'étude, auront été réglés, nous donnerons accès sur les réseaux électr
oniques aux chroniques de fouilles, qui constituent une richesse unique pour les chercheurs de notre domaine
(plus de cent ans d'activités archéologiques en Grèce et trente ans à Chypre). Ce type de développement sup
poserait que l'on obtienne un poste pour un responsable des chroniques.
Les crédits devraient permettre, dans le prochain quadriennal, de publier entre vingt et trente monog
raphies, et les deux volumes annuels du BCH. Il faudra augmenter cette production, ce qui suppose d'agir
sur les coûts de production, mais aussi de mettre en place une nouvelle politique des contenus.
L'EFA est un magnifique outil de travail, qui montre son dynamisme et son efficacité depuis cent cin
quante ans et qui contribue au prestige international de la science française. Elle est aujourd'hui confrontée à
un grand bouleversement des sciences et des techniques. Elle doit adapter ses infrastructures à la révolution
technologique qui transforme à la fois le contenu de nos savoirs et la façon de les diffuser.
Nous espérons, ce qui est un réel souci, que les moyens dont nous disposerons seront à la hauteur des
ambitions affichées. »
B. Résultat des fouilles et des programmes menés par l'EFA en 1996
On distinguera ici, comme les années précédentes, les programmes propres de l'EFA et ceux menés en
collaboration avec le Ministère des Affaires Étrangères ou le CNRS.
Programmes propres de l'EFA
Trois grands chantiers ont absorbé plus de la moitié des crédits scientifiques (hors salaires des
employés permanent de l'EFA) : Délos, Delphes et Thasos (1,4 MF).
À Delphes, où il n'y avait pas de fouilles cette année, l'équipe d'ouvriers et le contremaître ont été
employés essentiellement au remontage de la base des Rhodiens et à divers travaux de rangement de blocs sur
le site, sous la direction de l'architecte D. Laroche.
L'inventaire des blocs architecturaux du site a été entrepris par deux architectes stagiaires. J.-L. Marti-
nez, jusqu'à son départ au mois de septembre, a poursuivi l'inventaire informatisé des sculptures : cet effort
d'inventaire systématique est important, tant d'un point de vue administratif que scientifique (il constitue le
prélude nécessaire pour de nouvelles études, notamment en architecture).
BCH 121/IK1997) LES ACTIVITÉS DE L'EFA 745
Une vingtaine de chercheurs ont effectué des séjours de longue durée sur le site pour faire avancer les
dossiers dont ils sont chargés : A. Jacquemin a terminé la révision du manuscrit de sa thèse, et P. Amandry est
revenu avec l'architecte E. Hansen pour une dernière campagne sur le temple. D. Laroche et J.-Fr. Bomme-
laer, outre leurs recherches personnelles, ont collaboré à Delphes et en France avec les équipes d'ingénieurs
d'EDF pour la restitution en trois dimensions du sanctuaire de Marmaria.
À la fin de l'année la réserve & inscriptions a été déménagée pour permettre les travaux d'agrandiss
ement du Musée : le nouveau membre Pi. Pétridis a supervisé ce déménagement, en profitant des conseils de
Fr. Lefèvre.
À Délos, si la fouille d'A. Farnoux a dû être annulée pour des raisons budgétaires, trois programmes
ont pu se dérouler dans des conditions normales.
Au théâtre, J.-Ch. Moretti a poursuivi le rangement des blocs du koilon. La recherche des collages s'est
révélée décevante : notons cependant l'identification de quelques dizaines de blocs qui font progresser la
connaissance du monument.
Les sondages de Fr. Prost dans YArchégésion, au nombre de 10, ont peu enrichi nos connaissances. Si
l'on n'attendait pas nécessairement un nouveau kouros archaïque, on aurait pu prétendre rencontrer, à tout le
moins, des niveaux archaïques : il n'en fut rien. La présence de maisons hellénistiques au Sud du temple
d'Anios a été confirmée, et on a découvert deux murs entre le temple et les oikoi, dont la fonction et la date
sont incertaines. Ces sondages ont toutefois permis au fouilleur de bien prendre en main le sanctuaire qu'il
doit publier.
M. Brunet a poursuivi ses études de la campagne détienne en compagnie de P. Poupet, pédologue
(UMR 154 du CNRS). Elle a fouillé une aire de dépiquage des céréales (datée par une monnaie du Ier s.), et
surtout reconnu tout l'aménagement hydraulique d'une terrasse de culture : pour la première fois dans les
Cyclades a été mis en évidence un système d'irrigation à partir d'un grand réservoir (2 000 m3) alimenté par
l'eau de ruissellement, qui était conduite à des terrasses construites. C'est une très belle découverte, qui vient
heureusement compléter les travaux de M. Brunet sur les fermes.
Signalons aussi le travail fourni sur ce site par l'équipe des épigraphistes (Chr. Feyel et Cl. Prêtre) pour
le rangement des inscriptions et la couverture photographique du matériel épigraphique.
À Thasos, D. Viviers a terminé une série de sondages à la jonction de la cavea du théâtre et de la
muraille. Là où il pensait trouver une porte, il a rencontré un élément défensif antérieur au rempart. Cette
découverte n'est pas inintéressante pour l'histoire des murs de Thasos.
Fr. Salviat et Y. Grandjean ont mené leur dernière campagne sur la muraille : ils ont reconnu le tracé
de la courtine entre le sanctuaire d'Apollon et le théâtre, découvrant une tour et confirmant l'existence d'une
voie, côté ville, qui suivait le rempart.
J.-Y. Marc et M. Kohi ont commencé les fouilles de la ville romaine autour de l'agora, qui comptent
parmi les grands programmes annoncés dans le plan quadriennal. Ils ont fouillé en deux points : l'entrée
monumentale Sud-Est et au Nord de la Cour aux cent dalles. Il est maintenant assuré que les magasins Sud-
Est se prolongeaient au-delà de la limite de l'agora, et qu'une cour carrée, bordée de pièces sur trois côtés
(agora romaine ? macellum ?) s'étendait à l'arrière du portique Sud-Ouest et du portique coudé.
M. Brunet a procédé à une vérification des sites de la campagne thasienne dans les zones Nord et
Ouest de l'île (amélioration de la carte grâce au GPS), identifiant deux nouveaux ateliers d'amphores et
quelques domaines ruraux, qui complètent le maillage des sites dans la moitié Nord-Ouest de Thasos.
BCH 121/11(1997) 746 TRAVAUX DE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1996
À Malia, S. Millier a terminé la prospection de \a. plaine. Elle a complété l'inventaire des sites, décou
vrant un site néolithique et plusieurs sites mînoens et mycéniens (dont une nécropole), et complétant le repé
rage des voies de circulation (85 sites avaient été répertoriés à la fin de la campagne).
A. Allegrette a repris l'étude de la crypte hypostyle, en collaboration avec l'architecte M. Schmid. Cette
étude transforme nettement la restitution architecturale de cette zone, particulièrement importante, à la jonc
tion entre le palais et le quartier Mu. A. Allegrette a fait la preuve que certains aménagements remontent à
l'époque protopalatiale, et l'on attend avec impatience les dessins présentant la restitution de la crypte aux
différentes époques.
P. Darcque, O. Pelon, J.-Cl. Poursat, R. Treuil ont poursuivi l'étude du matériel qu'ils doivent publier.
Chr. Miiller a effectué avec l'ingénieur topographe Fr. Perdrizet une troisième campagne au Ptoion,
qui a permis d'achever une série de plans à différentes échelles : plan au 1 : 500 du sanctuaire d'Apollon,
relevé au 1 : 100 du Portique Sud, relevé au 1 : 50 du temple du héros de Kastraki, plan au 1 : 200 des rem
parts de l'acropole d'Akraiphia. L'étude du Ptoion et du territoire d'Akraiphia est en bonne voie, et Chr. Mul-
ler doit y consacrer les derniers mois de son séjour à l'EFA.
Programmes en colhboration
Sur le site d'Itanos (Crète), fouillé en collaboration avec l'Institut d'études méditerranéennes
(Réthymnon), sont aussi impliquées les Universités de Bruxelles, Naples et Paris I. Les prospections géophys
iques ont été poursuivies par le Polytechnion de Crète, pour retrouver les limites de la ville antique.
En ce qui concerne la Basilique A, il est maintenant établi que l'abside appartient au plan initial,
sinon même à un bâtiment antérieur.
Dans le quartier d'habitation, on a étendu les sondages et précisé la chronologie : pour les deux
phases les plus récentes, entre le Ve s. et le VIIe s. ap. J.-C, l'organisation n'apparaît pas encore clairement.
Dans la phase III, impériale romaine, une rue Nord-Sud a été installée ; les maisons ont fait l'objet de plu
sieurs réfections. Le niveau le plus ancien atteint pour l'instant est celui du IIIe s. av. J.-C, date à laquelle les
axes du quartier sont déjà en place.
L'étude des nécropoles a progressé : la nécropole Nord a été occupée du VIIIe s. av. J.-C. à l'époque
impériale.
Deux programmes, ceux de Sovjan et d'Alexandrie, étaient jusqu'en 1996 financés sur l'action com
mune EFA-CNRS et le seront maintenant sur les crédits spécifiques de la DRIC.
Les travaux de terrain à Sovjan ont concerné le site et son environnement, dont s'est occupée une
équipe de géographes (J.-J. Dufaure et E. Fouache). Un carottage pratiqué dans 9 m de tourbe donnera des
indications absolument inédites sur le paléoenvironnement des Balkans, où ce genre de formation est rare. La
fouille de l'habitat lacustre a été étendue, et des couches anciennes du Bronze Moyen ont été en partie déca
pées : il faut noter la découverte d'un nouveau tesson de HR III B2-C, découverte importante, puisqu'il s'agit
de relier l'occupation de Sovjan aux grandes civilisations voisines, et surtout la mise en évidence d'un plan
cher en rondins, qui donnera de précieuses indications sur les techniques de construction.
À Alexandrie, J.-Y. Empereur a poursuivi les sondages dans la ville, pour établir le plan de la cité
antique.
L'étude de la presqu'île de Taman associe l'EFA (Chr. Millier) et deux équipes du CNRS : l'URA 338
(M. Clavel-Lévêque) et la Maison de l'Orient. Deux assistants de M. Clavel-Levêque ont pu se rendre à Mos-
BCH 121/11(1997) LES ACTIVITÉS DE L'EFA 747
cou pour numériser les photographies aériennes de la région. Les photographies aériennes permettront de
lever des cartes et d'étudier l'organisation des territoires. En 1997, une équipe se rendra sur le terrain, pour
réunir et vérifier la documentation archéologique : le but est de dresser des cartes archéologiques de la région.
Autre action financée en commun avec le CNRS, l'étude des églises d'Argolide du XIIe s. par
G. Hadji-Minaglou, qui a déjà publié, dans les Études Péhponnésiennes, l'église de Merbaka. Cette recherche
est menée en commun avec l'Éphorie byzantine de Sparte (t A. Oikonomou). Les archéologues ont procédé
à des prospections, qui ont conduit à la découverte de deux églises dans la commune de Chonika, trois dans
la commune de Prosymna et cinq à Limnès. Elles ont aussi fait progresser l'étude de l'église du cimetière
d'Argoliko. La moisson est déjà fort riche, et laisse bien augurer d'une synthèse qui sera préparée dès 1997.
Les recherches menées sur le site d'Amathonthe, comme sur ceux de Sovjan et de Dikili-Tash, sont
cofinancées par le Ministère des Affaires Étrangères. Le programme portait sur la fouille de la muraille et sur
la poursuite des publications. Sur ce point, on peut se réjouir qu'Amathonte ait commencé à combler son
retard : le Guide d'Amathonte a paru cette année, et le manuscrit du volume sur les figurines en terre cuite et
les sculptures en pierre, par A. Hermary, est prêt.
La nouvelle campagne sur la muraille Nord a permis d'améliorer la chronologie des différents él
éments (datation à l'époque archaïque de la tour C), de révéler une fortification tardive et de prouver que l'o
ccupation de la ville était plus intense au VIIe s., avant sa destruction, que l'on ne l'avait cru jusque-là.
M. Schmid et A. Hermary ont travaillé sur le temple d'Aphrodite.
L'EFA soutient aussi la mission de J. Guilaine à ShiUourokambos, le plus ancien site néolithique de
Chypre (Pré-céramique ancien) : fouille d'enclos circulaires pour en déterminer la fonction, d'un atelier de
débitage, et étude de la faune ont été les objectifs de la campagne de cette année.
À Dikili-Tash s'est déroulée une campagne d'étude en vue de la publication des niveaux du Néoli
thique récent.
La Grèce moderne et contemporaine
La «Jeune Équipe » des modernistes compte plusieurs réalisations à son actif: le séminaire sur la dia
spora grecque est prêt pour l'impression ; un Bulletin rassemblant les publications françaises dans le domaine
néohellénique est prêt à être envoyé aux intéressés ; enfin, l'Atlas de L· Grèce contemporaine est en bonne voie,
et les premières cartes devraient être en notre possession au début de l'année 1997.
Les deux buts assignés à la « section » dans le cadre du plan quadriennal 1996-1999 sont les suivants :
— créer des relations entre institutions et chercheurs, français et grecs ;
— accueillir les chercheurs français qui effectuent des travaux en Grèce.
Constitution d'un réseau scientifique
Le questionnaire pour recenser la population scientifique française, ou grecque formée en France, tra
vaillant sur la Grèce moderne et contemporaine, a été envoyé à plus de 120 institutions et personnes en
France, en Grèce et à Chypre ; l'appel a rencontré un écho favorable, puisque 56 personnes ont répondu.
Parallèlement a été constitué un fichier d'environ 400 adresses de personnes concernées par les activités de
l'EFA.
BCH 121/11(1997) 748 TRAVAUX DE L'ÉCOLE FRANÇAISE EN GRÈCE EN 1996
Bulletin des études grecques modernes et contemporaines
Sur la base du dépouillement des questionnaires a été préparé le premier numéro du Bulletin, qui
comprend cinq parties :
— présentation des champs de recherche et des recherches en cours ;
— liste des publications parues en 1995 et de celles à paraître ;
— liste des DEA et thèses soutenus dans les Universités ;
— informations concernant le milieu scientifique ;
— demandes spécifiques (recherches de documents, etc.).
Le bulletin s'achève avec la liste des adresses des participants. Il sera envoyé aux destinataires avant la
fin de l'année, avec le questionnaire qui servira à la rédaction du second numéro, consacré à l'année 1996.
Atlas économique et social de h Grèce
Son élaboration s'est poursuivie. Au mois de juin 1996, l'EFA a reçu pendant trois jours le Conseil
scientifique de Y Atlas. Elle a aussi accueilli pendant un mois deux jeunes chercheurs français venus pour
réunir les données nécessaires destinées au chapitre sur l'industrie.
En application de la convention entre l'EFA et ΓΕΚΚΕ ont été débloqués par le Secrétariat d'État à la
recherche les fonds nécessaires à la constitution, à ΓΕΚΚΕ, d'un centre cartographique, qui contribuera à la
fabrication de V Atlas.
L'équipe franco-grecque qui travaille sur X Atlas comprend 36 membres.
Accueil des boursiers
La « section » a répondu aux demandes d'aide formulées par les boursiers français et étrangers modern
istes accueillis par l'École ou de passage à Athènes. Cette aide a essentiellement consisté à les orienter dans
leurs recherches de documentation, éventuellement à les mettre en contact avec des scientifiques grecs ; dans
trois cas, on leur a apporté une aide sur des questions méthodologiques.
Dans la répartition des bourses attribuées pour l'année prochaine, la part des modernistes a sensibl
ement augmenté : 12 boursiers sur un total de 52.
Publications
En plus du Bulletin des études grecques modernes et contemporaines, G. Notaras et G. Grivaud ont pré
paré la publication des actes du séminaire sur la diaspora grecque en France, qui s'est déroulé en
novembre 1995 à l'EFA.
Acquisitions de livres
Étant donné le manque de crédits pour l'achat des livres qui seraient nécessaires pour la constitution
d'une bibliothèque moderne et contemporaine sur la Grèce, on a sollicité des dons de livres, brochures et
articles, aussi bien en France qu'en Grèce. Jusqu'à présent, cette action a permis 247 entrées.
Cent cinquantenaire de l'École
G. Notaras et G. Grivaud ont assumé l'organisation matérielle du colloque sur « Les politiques de l'a
rchéologie ».
En 1997, il n'y aura pas de modifications sensibles du programme de travaux, mais la continuation de
ce qui a été lancé en 1996, conformément au plan quadriennal.
BCH 121/11(1997) LES ACTIVITÉS DE L'EFA 749
C. Exposition et colloque
Mexposition «L'espace grec, 150 ans de fouilles de l'École française d'Athènes» montre, en utilisant
des maquettes réelles ou virtuelles (images en trois dimensions) et des photographies, comment les civilisa
tions qui ont occupé le sol de la Grèce ont conçu et aménagé l'espace. Le système minoen est organisé autour
du palais, centre religieux et politique, centre de production et de redistribution des richesses. L'originalité de
la cité grecque prend toute sa valeur lorsque l'on compare l'agora d'Argos, aux contours flous, au forum de la
colonie romaine de Philippes, strictement organisé et voué au culte de l'empereur et de la famille impériale.
Enfin, les basiliques chrétiennes viennent recouvrir les anciens sanctuaires païens (Amathonte) et bouleverser
le tissu de la ville antique (Philippes).
Le colloque « Les politiques de l'archéologie, du milieu du XIXe s. à l'orée du XXIe s. », présentait une
triple originalité : approfondir l'étude des rapports entre politique et archéologie ; faire dialoguer des histo
riens, des archéologues et des responsables des politiques archéologiques ; définir les problèmes posés par le
rôle social de l'archéologie (présentation des sites et préservation du patrimoine).
Huit communications ont retracé l'histoire des rapports entre archéologie et politique, du milieu du
XIXe au milieu du XXe s., en Allemagne, en Angleterre, en France, en Grèce et en Italie. Les intervenants ont
tous souligné les liens directs entre science et politique, et les liaisons subtiles entre la recherche du prestige
culturel et l'évolution des intérêts des chercheurs. L'intérêt décroissant pour les civilisations classiques est à
mettre en rapport avec la mondialisation de la politique et du savoir.
La deuxième journée a permis d'entendre les représentants de pays traditionnellement « récepteurs »
de missions étrangères (Chypre, Egypte) et de pays traditionnellement « exportateurs » (France, Angleterre,
Allemagne, Suisse), mais aussi la voix de ceux qui, comme l'Italie ou l'Espagne, ont une double tradition (la
Grèce vient d'entrer récemment dans cette catégorie en ouvrant des chantiers dans les pays balkaniques).
L'Albanie, la Roumanie et la Russie sont venues apporter le témoignage de pays récemment ouverts.
Les modes de financement de la recherche et la coordination des politiques (relevant en France de trois
ministères) sont bien sûr différents selon les pays, mais quelques questions communes ont fait l'objet de
débats : pression des pays « récepteurs » pour une mise en valeur des sites, besoin de formation des services
locaux, nécessité d'entreprises menées en commun entre archéologues « étrangers » et services locaux. Les diffi
cultés psychologiques de la collaboration ne doivent pas être sous-estimées : elles sont l'héritage du passé colon
ial, et du choc, toujours actuel, entre pays riches et pays pauvres. Les besoins — notamment la mise en valeur
d'un patrimoine dont la valeur n'est plus limitée à l'Antiquité — ne sont sans doute plus à la mesure des États-
nations et doivent sans doute être repensés dans un contexte européen ; il faudrait aussi que l'Europe définisse
une politique culturelle de coopération, que préfigure le programme euro-méditerranéen MEDA.
Les besoins de préservation et de présentation du patrimoine culturel ont été évoqués pendant la tro
isième journée. Ont été abordées tant les difficultés de financement que la philosophie des projets de présenta
tion (Allemagne, France, Grèce, Italie, Suisse) : préserver quoi, pour qui et comment ? Trois objectifs doivent
être pris en compte :
— une politique patrimoniale destinée à conserver les sites ;
— une de recherche soucieuse de rigueur scientifique et consciente de préserver d'autres
études pour les générations à venir ;
— une politique de diffusion publique permettant au plus grand nombre de visiter les sites archéolo
giques sans les condamner à disparaître sous l'effet du tourisme de masse.
L'archéologie est passée de l'ère de l'aventure, puis de la science, à celle de l'entreprise culturelle. C'est
dans cette prise de conscience que se situe l'avenir des grands établissements à l'étranger.
BCH 121/11(1997)

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