Les Gisements néolithiques des environs de Chaumont (Haute-Marne) - article ; n°1 ; vol.37, pg 35-48

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1940 - Volume 37 - Numéro 1 - Pages 35-48
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1940
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Abbé Pierre Mouton
Les Gisements néolithiques des environs de Chaumont (Haute-
Marne)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1940, tome 37, N. 1. pp. 35-48.
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Mouton Pierre. Les Gisements néolithiques des environs de Chaumont (Haute-Marne). In: Bulletin de la Société préhistorique
française. 1940, tome 37, N. 1. pp. 35-48.
doi : 10.3406/bspf.1940.12380
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1940_num_37_1_12380-
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Or, à la fin des fouilles de 1936, il a été ramené vers le même
endroit, une remarquable pièce en quartzite dure, couleur café au
lait foncé . C'est un bitace qui, d'après le Maître Paléontologiste,
M. l'Abbé H. Breuil, qui l'a longuement observé, est indiscutable
ment un coup-de-poing acheuléen, d'une belle patine.
. Cassure au bas de là pièce également d'une belle patine très
ancienne.
Que vient faire cette pièce, rarissime en Bretagne dans une nécro
pole néolithique ?
Ce coup-de-poing remet à nouveau la question du Paléolithique
en Bretagne.
La nécropole de Tréguennec a été recouverte de sable et classée
Monument Historique,
Lee gisements néolithique»
de» environs de Chaumoat (Haute-Marne).
PAR
l'Abbé Pierre MOUTON.
Au cours de longues visites archéologiques faites aux environs dé -
Chaumont vers 1885, le Dr Meunier, que ses fouilles du cimetière
Mérovingien de La voye (Meuse) ont fait connaître par la suite, recueill
ait d'importants vestiges néolithiques. Le classement minutieux de
cette collection, éclairé de quelques notes manuscrites, nous a per
mis d'en tirer parti. Il s'agit donc ici, non d'une étude exhaustive de
telle ou telle station, mais d'un simple inventaire d'où se dégagent
quelques renseignements sur l'industrie et surtout sur le mode de
peuplement de cette contrée.
Situation géographique des stations.
(D'après les notes du Dr Meunier).
Voir Carte.
Dans l'ensemble de cette contrée de 10 km. de rayon qu'il avait
l'ambition d'étudier, le Dr Meunier a laissé presqďinexplorée toute
la partie Sud. Il a donc parcouru :
1° La rive droite de la Marne, de Choignes à Riaucourt : vaste pla
teau aux contours découpés, divisé en deux par le ravin de Reclan-
court.
2° La rive gauche de la Marne, puis de la Suize, de Riaucourt jus
qu'au ravin dit du pâté de Truites, plateau partagé parle vallon très
encaissé où coule le ruisseau de Bonnevaux.
En dehors de cette zone, quelques trouvailles sporadiques vers SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 36
Luzy, Foulain, Sarcey, et au pied des côtes de Jonchery et de Sar-
cicourt ne peuvent être utilisées qu'à titre d'indications.
Dans cette région, le mode de peuplement semble conforme à
celui de la première partie du Néolithique : occupation des bords de
plateaux, — tout particulièrement des petites croupes qui encadrent
les vallées secondaires, — occupation des terrasses à mi-pente sur
la vallée principale, et des éperons qui commandent les tournants de
cette vallée. Quelques habitats également sur les mamelons avancés
dominant le plateau, au pied des escarpements plus élevés de la
« Côte d'Alun >». Les régions plates et le fond de la vallée n'ont donné
que quelques pièces isolées. Le rapprochement est intéressant avec
les gisements tout proches (5 km.) de Villiers-le-Sec et de Montsaon
où, en plein plateau-, le Dr Forgeot avait recueilli de si belles pièces
(d'ailleurs de technique meilleure que les nôtres).
1° Sur la rive droite de la Marne, l'étude du Dr Meunier se réduit
au repérage de quelques points habités. Les pièces recueillies
sont peu nombreuses, mais de belle tacture. Le mode de peuple
ment est difficile à préciser, la région étant très boisée (souvent de
date récente)..
2° Sur la rive gauche, de Riaucourt à Brethenay, les trouvailles
sont peu abondantes : des éclats et quelques rares pièces façonnées,
souvent assez à l'intérieur du plateau. La population ne semble
atteindre une réelle densité qu'au moment où nous atteignons le
ravin de Bonnevaux.
Ce ravin, de 200 mètres de largeur maximum, a été occupé sur les
deux rives, à environ 1 kilomètre de son débouché dans la vallée de
la Marne.
Le Dr Meunier n'en a étudié que la rive gauche (Nord). Mais il en
fait le type de tous les autres gisements de bord de plateau qu'il ne
décrit que plus brièvement. La disposition géographique de celui-ci
mérite donc une description plus complète :
3 points ont été plus particulièrement occupés :
a) La pente-Nord du ravin est abrupte et formée de deux courbes
concaves. Le sommet du saillant est à 700 mètres de la Marne*. Il a
donné de nombreux silex, tous cacholonnés, de diverses variétés
(dont le silex local de Mandres). Quelques pièces sont craquelées.
b) A l'extrémité Ouest de la deuxième concavité, une petite dépres
sion relie le plateau au ravin. Au sommet de cette dépression (seul
point d'accès facile vers le thalweg), quelques zones de terres rougies
par le feu, avec silex craquelés (la variété de Mandres ne s'y rencontre
pas). Le sol argileux a préservé de l'altération, la plupart des pièces.
c) Enfin à 200 mètres du bord supérieur des pentes, une ligne de
crête peu marquée, se dirigeant du village de Brethenay vers la
dépression' sigealée en £). Elle semble avoir été occupée de façon '
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assez dense : nombreux outils de belle facture, cailloux roulés en
roches siliceuses étrangères au pays, et'« ayant pu servir de balles
de fronde ». •
Environs de Chaumont (Haute-Marne). — Echelle : 1/100.000.
En résumé : occupation d'un point culminant proche d'un bord de
plateau, avec « postes avancés » aux changements de pente, soit aux
points où cette pente se fait praticable, soit aux saillants d'où l'obser
vation lointaine est particulièrement facile.
Si la pente Nord est aride et couverte défriches sur toute l'étendue
de ce premier gisement, la pente Sud est au contraire boisée. Le SOCIETU PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 38
repérage que nous- y avons effectué très rapidement ne pourra donc
prendre de valeur que par une étude plus poussée lors de la coupe
des bois (qui ae saurait tarder). A 200 ou 300 mètres en amont de la
station Nord, la pente Sud s'ouvre pour le débouché d'un ravineau
bien marqué. C'estsur-le saillant forme à l'Ouest parce ravineau elle
ravin principal de Bonnevaux que nous avons remarqué, sous uns
végétation très dense', les vestiges d'une enceinte circulaire. A peu
près au centre, un amas de pierres un peu plus élevé, avec levées
descendant vers le rempart. Au bord même du plateau, au Nord,
quelques légères dépressions demandent des fouilles.
Les gisements s'échelonnent ensuite à courte distance sur le bord
du plateau jusqu'au hameau de Buxereuilles. Sur ce trajet d'environ
1.800 mètres le flanc de la vallée de la Marne est coupé par une ter
rasse de 200 mètres de largeur, établie sur une falaise rocheuse d'une
quinzaine de de hauteur. Les Néolithiques ont occupé le pla
teau supérieur (50 mètres au-dessus de la Marne) г aux extrémités
surtout, là où une sorte de bastion avancé supprime la terrasse
moyenne Celle-ci au contraire a fourni du mobilier sur toute sa lon
gueur Le saillant Sud, commandant le confluent de la Marne et de
la Suize, semble avoir été particulièrement fréquenté (Gisement de
Buxereuilles).
Toutes ces stations depuis le gisement de Bonnevaux présentent
des caractères communs dans la technique et la qualité de la matière
employée (nombreuses variétés de silex dont celle de Mandres).
Pourtant la station Nord de Bonnevaux est pauvre en pointes de
flèches et ses nucleus sont irréguliers et pyramidaux tandis que ceux
de Buxereuilles sont cubiques ou tronconiques. Les petits grattoirs
discoïdes sont plus abondants au Nord.
Abandonnons maintenant la vallée de la Marne pour celle de la
Suize Après un intervalle stérile de plus de 1.500 mètres, nous ren
controns dans un rayon de 800 mètres quatre petites stations sur les
Croupes à pente assez douce du vallon secondaire du « Pâté de
truites ». L'ensemble se caractérise par la présence presqu'exclu-
sive du beau silex de la Champagne, par l'abondance des pointes
souvent frustes et des grattoirs informes sur bouts de lames ou d'é
clats : la technique est en général plus grossière que dans les gise
ments du groupe précédent. En amont de ce groupe quelques trou
vailles assez mal localisées jusqu'à la naissance du vallon.
A part les groupements précis de Bonnevaux et leurs traces de foyers,
le Dr Meunier n'a pu repérer aucun indice d'existence de fonds de
cabanes, aucun meurget ni levée de terre. Quelques mardelles d'ori
gine douteuse nous ont cependant été signalées dans la région de
Treix (rive droite) par l'obligeance de M. Bailliot, archéologue
chaumontais connaissant bien la région et possédant une petite coi- SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE : 39
lection de pièces intéressant nos gisements (de Brethenay et vallon
de Bonnevaux).
Seule donc la « station » de Bonnevaux nous semble mériter ple
inement ce nom par une occupation bien localisée et sans doute de
quelque durée. Les déchets de taille peu nombreux indiquent une
industrie locale assez restreinte. Pour les autres gisements, il con
viendrait d'étudier de façon plus précise le groupement des trouvailles
pour pouvoir se prononcer.
Quant à la spécification des industries, l'étude par catégories dira
si tel ou tel type est spécial à telle station. Personnellement, nous
n'avons pu en tirer aucune induction d'ensemble.
Concluons donc seulement avec le Dr Meunier que « la population
habitait surtout les plateaux d'accès difficile, se massant non loin du
bord, à proximité du bois et de l'eau... et plaçait des guetteurs au
sommet même des pentes ou à la naissance des dépressions reliant
le plateau au ravin et constituant des points de facile accès ».
Etude d'ensemble de l'industrie.
î° Matière employée. — L'étude géologique de la région montre que
dans un très grand rayon autour deChaumont on ne rencontre aucun
gisement de silex proprement dit, ce qui donne une valeur d'indica
tion au moindre éclat. D'après le Dr Meunier, 80 °/o au moins des
pièces recueillies sont taillées dans un silex provenant de la Champ
agne : matière homogène, translucide, blonde, bleuâtre ou plus
rarement rosée, le plus souvent cacholonnée. Il semble que les plus
gros rognons importés à l'état brut aient été de la grosseur du poing
(les outils sont d'ailleurs presque tous de petite taille). La gangue est
épaisse, opaque, d'un gris jaunâtre.
On trouve également dans une proportion atteignant 10°/o dans la
station Nord de Bonnevaux, infime ailleurs, des éclats d'une roche
siliceuse de mauvaise qualité, se débitant en fragments cubiquesirré-
guliers, opaques et remplis d'oolithes jaunes sale. Ce silex constitue
un banc du Bajocien inférieur de Mandres (16 kilomètres de Chau-
mont). Les pièces de cette catégorie sont très frustes : pas de lames,
quelques grattoirs grossiers et surtout des pointes brutes. Quelques
outils de matière analogue, mais grise et plus régulière, ont été
recueillis autour de Buxereuilles et surtout à Vesaignes (15 kilomèt
res en amont de Chaumont).
Enfin le quartzite rouge-brun ou plus rarement rose ou verdâtre
se rencontre sous forme de pièces polies (2), d'éclats informes (4 ou
5) ou même d'outils taillés (4).
2° Débilage, Nucleus et Percuteurs. A) Nucleus. — Une vingtaine
ont été recueillis au total, tous de très petite taille. On peut les ran
ger parmi les trois types suivants : .
' SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 40
i Nucleus pyramidaux. — Station de Bonnevaux et Pâté de Truites
8 pièces, ils semblent nés d'un débitage alternant sur les différentes
faces, les éclats précédemment enlevés jouant le rôle de plan de
frappe. Lorsqu'une des faces est suffisamment plane, ses arêtes sont
souvent réutilisées en grattoir. Une de ces pièces est en silex de
Mandres, une autre vient du débitage d'un percuteur dont il reste
une surface d'étoilement.
Nucleus cylindriques. — C'est le débitage classique, employé
exclusivement à Buxereuilles. Ces pièces sont en général sectionnées
par deux plans perpendiculaires à leur axe, ayant permis une fois ou
deux l'utilisation en grattoir. C'est à cette catégorie qu'appartient le
seul nucleus dépassant 0m03 de longueur d'éclats.
Nucleus cubiques. — Les faces en sont constituées par des éclats
parallèles 3 à 3 : 4 pièces de Buxereuilles se rattachant à ce type,
atteignant au maximum 0m015. Un autre, du Pâté de Truites, en silex
local gris, mesure 0m025.
B) Percuteurs. — La région de Sarcey a fourni deux outils de
grand taille (plus gros que le poing). De forme ovoïde leurs deux
extrémités seulement ont été utilisées; on remarque ailleurs des sur
faces d'éclatement très profondes, prouvant des chocs violents. Un
fragment, venant de la petite pointe qui domine Condes sur la rive
droite témoigne d'une forme sphérique plus classique. Outre quelques
fragments débités, la rive gauche n'a donné qu'un petit percuteur
ayant gardé une grande surface de son cortex : l'extrémité opposée à
sa surface d'usage a été taillée à grands éclats et forme une sorte de
pédoncule aplati à préhension excellente (Buxereuilles). De prove
nance inconnue, un petit retouchoir utilisé sur deux arêtes.
C) Procédés de débitage. — Dans l'ensemble des pièces façonnées,
20 °/o seulement sont dérivées de la lame . La proportion est à peu
près constante dans les gisements ayant donné assez d'outillage pour
qu'il soit possible d'établir un pourcentage ; elle est un peu plus forte
pourtant pour Buxereuilles et sa terrasse : 25 à 30 */<,• Le reste des
outils est sur éclats de toutes formes et de toutes épaisseurs, ayant
souvent gardé une partie de leur cortex . Très peu d'éclats gardent
trace d'un plan de frappe préparé. Ils ont été débités au hasard de
la forme du rognon et souvent grâce à un véritable martelage très
malhabile. La rareté des nucleus et des percuteurs à forme régulière
se comprend dès lors fort bien. Quelques rares spécimens de lames,
ou d'éclats minces témoignent du débitage par flexion.
Etude par catégories.
I. Pièces polies. — Aucune pièce intacte, mais seulement 11 frag
ments, dont 6 viennent des stations de Bonnevaux et de Buxereuilles,
le reste du Pâté de Truites. 7 sont en silex à cacholong blanc opaque- PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 41 SOCIÉTÉ
— dont une craquelée au feu — une en silex gris granuleux, deux en
quartzite rose, la dernière en roche verte dure (diorite).
Il semble que les haches aient été, soit à section bi-ogivale, soit à
section rectangulaire. Un des fragments de quartzite, de forme assez
énigmatique, paraît témoigner d'une sorte de broyon cylindrique d'au
moins 0m08 de diamètre et de plus de 0m03 d'épaisseur.
Planche I. — 1/2 grandeur naturelle.
Enfin deux autres fragments (silex) ont été retaillés en grattoirs
l'un d'entre eux surtout est intéressant : forme rectangulaire, dimen
sions 0m03ô X 0m02ô, l'arête de la hache primitive formant le dos de
l'outil (fig. 24).
II. Pointes de flèches. — Au nombre de 49.
A) Statistique et répartition géographique par types :
Pointes à tranchant transversal : 4, Buxereuilles et Pâté de Truites, SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 42
Pointes à pédoncule et ailerons : 24, En proportion égale dans tous
des gisements, sauf à Bonnevaux où elles sont rares (3 pièces).
Pointes à, base incurvée : 3, Buxereuilles et rive droite. en losange : 5, Rive droite (gisements divers).
Pointes en amande : 6-7, à Bonnevaux, 1, à Treix.
Pointe en feuille de saule : 1, Terrasse de Buxereuilles.
Pointes triangulaires à côté abattu : 5, Buxereuilles et terrasse.
Fragments de types indéterminables : 3.
Le gisement le plus riche est Buxereuilles : 15 pièces dont 12 à
pédoncule et ailerons. Fait à noter, la seule station bien déterminée,
celle de Bonnevaux, est la plus pauvre.
B) Etude par types. (Planche I).
1° Pointes à pédoncule et ailerons. La plupart sont de formes assez
trapues : dimensions types de la plus grande : larg. : 0m026 ; Ion»
gueur : 0ш037. Pédoncules et barbelures sont bien développés, mais
larges et plats, à extrémités carrées. Un tiers des pièces ont au con
traire des ailerons petits et aigus, à base rectiligne : elles ont ainsi
l'allure d'un triangle isocèle pédoncule.
2° Pointes à base incurvée. 2 sont très élancées, à base ogivale et
barbelures aiguës (long. max. : 0m043) fig. 1. La dernière trapue et
à base demi circulaire appartient à un type fréquent dans la plaine
de Montsaon fig. 8.
3e Pointes en losange. Toutes sont légèrement asymétriques et
présentent une ébauche de pédoncule, très développée dans une
pièce du plateau de Choignes. 3 sont inachevées et de taille grossière,
fig. 3.
4° Pointe en feuille de saule. De belle facture, long. : 0m042, fig. 4.
5° Pointes à tranchant transversal. Sur les 4 pièces recueillies* 2
sont taillées dans un. éclat mince, à tranchant sans retouche et côtés
abattus- Les autres sont frustes, fig. 5.
6° Pointes en amande. De forme assez irrégulières et retouchées
sur tout le pourtour (pointe souvent fractionnée), fig. 2 et 6.
7e Pointes triangulaires à côtés abattus. Ces pièces, taillées sur
lame ou éclat mince, se rapprochent beaucoup plus des microlithes
à retouche dorsale du Paléolithique final et du Sauveterrien que de
véritables pointes de flèches. 2 d'entre elles ont deux côtés abat
tus et la plus grande (0'"026) possède une base retouchée et légèr
ement incurvée se prêtante l'emmanchement. Toutes sont d'une belle
facture, fig. 7 à 7 ter.
8° Fragments indéterminables. 3 pointes à base cassée ; simples
pointes ou véritables flèches ?
III. Pointes et perçoirs. — 23 pièces, outillage de fortune avec peu
d'outils achevés et utilisés et pas de types constants.
1° Pointes plates triangulaires et retouchées. Recueillies dans les PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE ' 43 SOCIÉTÉ
ravins de Bonne vaux et du Pâté de Truites, ces deux pointes sont de
véritables multi-outils. A une pointe légèrement déjetée et très
aiguë (brisée dans un des exemplaires) est opposée une base incur
vée ayant servi de grattoir. L'un des angles de base est droit, l'autre
busqué et les côtés eux-mêmes du triangle sont retouchés et utilisés»
fig. 11.
2" Pointes retouchées à section triangulaire. 2 outils de ce type
viennent de Buxereuilles et un troisième de Treix(long. max. : 0ш043).
La retouche poussée jusqu'à l'arête dorsale est presque effacée par un
lustrage très prononcé, fig. 13.
3° Pointes frustes. 18 outils de types et provenances divers. Du
Pâté de Truites (amont), 2 éclats plats bien retouchés. De Buxereuill
es, 3 pointes de grande taille, presque brutes : la plus belle taillée à
grands éclats bifaces, est cordiforme (fig. 25). De Buxereuilles éga
lement, un outil entièrement retouché, de forme semblable aux cou
teaux busqués signalés plus bas fig. 15, et un très petit perçoir,
tig. 10. Du Pâté de Truites encore, 2 outils à extrémité dégagée en
museau, fig. 12; une pièce semblable de Bonnevaux. De divers gise
ments de la rive droite enfin, 8 pièces mal dégrossies sur lames irré
gulières épaisses ; un seul perçoir très long et à section rectangulaire
est intéressant, fig. 14. v
4° Eclats-pointes (8 °/0 des éclats). Particulièrement abondants à
Bonnevaux et non utilisés. Ceux de Buxereuilles au contraire ont
servi dans une proportion de 50 %>.
IV. Burins. — 11 en a été recueilli 6, pour moitié dans la station
de Bonnevaux et à Buxereuilles. Tous de taille grossière, ils se
rapprochent du type « pointe à buriner ». L'arête, très usagée,
atteint 0ш015, fig. 17 à 20.
V. Lames sans retouches. — Une cinquantaines (20 % des éclats),
provenant pour moitié des stations de Bonnevaux, de Buxereuilles
et de sa terrasse. Toutes les variétés de silex ont été utilisées. Ces
lames, mal débitées, à section triangulaire ou trapézoïdale sont la
plupart du temps détachées d'un nucleus mal préparé, dont l'irr
égularité se retrouve sur le dos de l'outil. Au contraire les lamelles
(20 °/o de l'ensemble) sont de belle facture souvent polyédrique (ju-s
qu'à 5 pans), 3 lames seulement dépassent On'O4.
VI. Couteaux.
Ie Couteaux busqués. 16 pièces venant, à l'exception d'une seule,,
des gisements de la rive gauche, et pour moitié du Pâté de Truites.
Taillés sur lames ou sur éclats plats de 0m025 à 0m060 de longueur,
ces couteaux ont un dos plat à préhension facile obtenu par de longs
éclats (ou, sur un outil de la terrasse de Buxereuilles, par une fine
retouche de style paléolithique), fig. 16. Le tranchant convexe a une
forme constante très caractéristique : d'abord arrondi vers la base

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