Les sépultures chasséennes de Saint-Michel-du-Touch à Toulouse (Haute-Garonne) - article ; n°10 ; vol.76, pg 379-407

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1979 - Volume 76 - Numéro 10 - Pages 379-407
Résumé. — Saint-Michel-du-Touch, station chasséenne recelant une grande abondance de structures d'habitat, n'a livré que deux sépultures, mais elles sont riches d'enseignement sur les us funéraires régionaux de cette civilisation : une tombe individuelle en fosse ; un monument renfermant des restes de deux individus remis en terre dans un cérémonial grandiose. La tombe individuelle : intégralement sauvée, cette sépulture est exposée dans son état d'origine. Le sujet repose par son côté gauche, en position repliée, la tête au Sud. Devant sa face, son offrande consiste en un petit nécessaire nutritif. Le monument : au fond d'une excavation quadrilatérale, de 7,60 m X 4 m, profonde de 0,80 m, il y avait, au Nord (G.O. 1), un crâne et quelques os longs d'adulte, schématisant un squelette replié sur son côté gauche, tête au Sud ; au Sud (G.O. 2), subsistant après des destructions par une tranchée moderne, quelques os brisés d'un membre supérieur, dont deux évoquaient un bras fléchi de jeune sujet, orienté comme le G.O. 1. Un riche mobilier et des éléments fauniques accompagnaient ces restes. L'ensemble devait être dans une chambre sépulcrale couverte de bois. Le reste de la fosse avait été comblé de galets roulés, dépassant le niveau du sol du moment. Ce faste funéraire évoque soit le tombeau, au second degré, de hauts personnages, soit un sacrifice rituel.
29 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : lundi 1 janvier 1979
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L. Méroc
G. Simonnet
Les sépultures chasséennes de Saint-Michel-du-Touch à
Toulouse (Haute-Garonne)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1979, tome 76, N. 10-12. pp. 379-407.
Résumé
Résumé. — Saint-Michel-du-Touch, station chasséenne recelant une grande abondance de structures d'habitat, n'a livré que
deux sépultures, mais elles sont riches d'enseignement sur les us funéraires régionaux de cette civilisation : une tombe
individuelle en fosse ; un monument renfermant des restes de deux individus remis en terre dans un cérémonial grandiose. La
tombe individuelle : intégralement sauvée, cette sépulture est exposée dans son état d'origine. Le sujet repose par son côté
gauche, en position repliée, la tête au Sud. Devant sa face, son offrande consiste en un petit nécessaire nutritif. Le monument :
au fond d'une excavation quadrilatérale, de 7,60 m X 4 m, profonde de 0,80 m, il y avait, au Nord (G.O. 1), un crâne et quelques
os longs d'adulte, schématisant un squelette replié sur son côté gauche, tête au Sud ; au Sud (G.O. 2), subsistant après des
destructions par une tranchée moderne, quelques os brisés d'un membre supérieur, dont deux évoquaient un bras fléchi de
jeune sujet, orienté comme le G.O. 1. Un riche mobilier et des éléments fauniques accompagnaient ces restes. L'ensemble
devait être dans une chambre sépulcrale couverte de bois. Le reste de la fosse avait été comblé de galets roulés, dépassant le
niveau du sol du moment. Ce faste funéraire évoque soit le tombeau, au second degré, de hauts personnages, soit un sacrifice
rituel.
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Méroc L., Simonnet G. Les sépultures chasséennes de Saint-Michel-du-Touch à Toulouse (Haute-Garonne). In: Bulletin de la
Société préhistorique française. 1979, tome 76, N. 10-12. pp. 379-407.
doi : 10.3406/bspf.1979.5163
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1979_hos_76_10_5163Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1979 /TOME 76/10-12
Les sépultures chasséennes
de Samt-Micnel-Ju-Toucli,
à Toulouse (Haute-Garonne)
par L. Méroc (f 1970) et G. Simonnet (1)
Résumé. — Saint-Michel-du-Touch, station chasséenne recelant une grande abondance de structures
d'habitat, n'a livré que deux sépultures, mais elles sont riches d'enseignement sur les us funéraires régionaux
de cette civilisation : une tombe individuelle en fosse ; un monument renfermant des restes de deux individus
remis en terre dans un cérémonial grandiose.
La tombe individuelle : intégralement sauvée, cette sépulture est exposée dans son état d'origine. Le
sujet repose par son côté gauche, en position repliée, la tête au Sud. Devant sa face, son offrande consiste
en un petit nécessaire nutritif.
Le monument : au fond d'une excavation quadrilatérale, de 7,60 m X 4 m, profonde de 0,80 m, il
y avait, au Nord (G.O. 1), un crâne et quelques os longs d'adulte, schématisant un squelette replié sur son
côté gauche, tête au Sud ; au Sud (G.O. 2), subsistant après des destructions par une tranchée moderne,
quelques os brisés d'un membre supérieur, dont deux évoquaient un bras fléchi de jeune sujet, orienté
comme le G.O. 1. Un riche mobilier et des éléments fauniques accompagnaient ces restes. L'ensemble
devait être dans une chambre sépulcrale couverte de bois. Le reste de la fosse avait été comblé de galets
roulés, dépassant le niveau du sol du moment. Ce faste funéraire évoque soit le tombeau, au second degré,
de hauts personnages, soit un sacrifice rituel.
Les fouilles de sauvetage, effectuées conjointement
I. — APERÇU DES STRUCTURES CHAS à la construction, sur ces lieux, de 1964 à 1970,
SEENNES DU SITE ET RECHERCHE DE d'un grand ensemble immobilier (2), ont révélé que
L'EVENTUELLE NECROPOLE DE CETTE ces premiers occupants permanents furent des néoli
CIVILISATION thiques chasséens. Arrivés, semble-t-il, vers le début
du IVe millénaire avant J.-C, leur présence aurait
perduré au moins un demi-millénaire, probablement
plus.
1.1. — Le cadre et les structures d'habitat Du Chalcolithique au Bronze final il semble bien
que l'endroit fut pratiquement délaissé ; les vestiges
Saint-Michel-du-Touch est l'extrême avancée aval antérieurs à l'Age du fer, mis au jour par les fouilles,
de la Toulouse actuelle, sur la rive gauche de la étaient rarissimes.
Garonne. Avec la civilisation hallstattienne, la présence
Par sa position géographique, au confluent du humaine reprend de l'importance. Quant aux vestiges
fleuve et de la rivière le Touch, son modelé à de la Tène III et gallo-romains surtout, à l'instar
l'extrémité du plateau, relevant de la traditionnelle
terrasse de 30 m, se terminant au Nord par un
promontoire escarpé, facile à organiser défensivement
(fig. 1, A, В et C), et la relative fertilité de son sol, 31300 (1) Toulouse. 14, allée de la Limagne, Résidence du Château d'Ancely,
ce site, privilégié en la région, devait nécessairement
(2) Dénommée « Résidence du Château d'Ancely », parce attirer l'homme lorsque les exigences de son éco qu'étant sur un ex-domaine agricole, qui s'agrémentait d'un coquet manoir, acquis de la descendance d'un riche toulousain, nomie mixte, agricole et pastorale, le contraignirent Georges Ancely. Cette magnifique cité abrite maintenant quelà la sédentarité. que 3 000 âmes. 380
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de ceux des chasséens, on en rencontre partout. Du — une grande cavité, « A. 219 », de plus d'une
Moyen Age à nos jours, l'homme ne cessa d'être centaine de m-, à remplissage de galets roulés, comme
« A. 185 », mais ayant une autre signification non présent.
décelée par la fouille. Ces ouvrages étaient étroit
La longue occupation chasséenne a marqué le site ement associés localement à d'autres, analogues, non
par un nombre considérable de structures d'habitat identifiés parce que simplement reconnus superfi
de nature variée, dont la figure 1-A ne donne qu'un ciellement (zone encadrée par un trapèze sur la
aspect bien inférieur à la réalité : nos recherches se figure 1-A.).
sont limitées aux 16 hectares livrés à la construction,
où tout n'a pu être contrôlé exhaustivement ; le sous-
1.2. — La question du ou des lieux d'inhumation sol de surfaces importantes non construites (« espaces
des morts verts », terrains de sport et de jeux, etc..) demeure
inconnu ; le Moyen Age et l'Antiquité surtout, par
de grands terrassements (piscines, thermes, fossés Un habitat humain de cette dimension, et d'aussi
défensifs, etc.), avaient déjà détruit bien des longue durée, devait avoir un ou plusieurs cimetières
ouvrages chasséens. à sa mesure.
Avertis, par la tombe de Villeneuve-Tolosanne, de Les structures préhistoriques reconnues durant ces la manière dont les chasséens locaux inhumaient leurs fouilles ayant été énumérées et sommaires décrites morts (Méroc, 1960, 1961 et 1962), notre attention ailleurs (Méroc et Simmonet, 1970 ; Simonnet, 1976), vers ce domaine fut constamment en éveil dès le nous nous bornerons, l'essentiel de notre propos étant début des recherches. Or, nous n'avons rencontré les sépultures, à leur bref rappel ci-après : que la tombe « A. 18 - sep. 1 », qui était sur la
— les vestiges de deux robustes palissades défens basse terrasse, à une centaine de mètres de l'actuelle
ives, aux pieux enfoncés de près de 2 m dans le rue de Purpan (fig. 1-A).
sol, ayant successivement barré le Nord du site Pourtant, les excavateurs mécaniques ayant sillonné (fig. 1-A, nos 1 et 5) ; le site en tous sens de multiples tranchées, la tra
— 7 tronçons de palissades légères, relevant soit versée par l'une d'elles d'un groupe de tombes ne
de parcs à bestiaux, ou bien d'enclos de groupes pouvait guère nous échapper. C'est d'ailleurs ainsi
que fut retrouvé le cimetière médiéval du site (Simon- de cabanes ;
net, 1976, fig. 6). Nous en sommes arrivés à nous — de grandes excavations, de longueur variant de demander si les us des chasséens régionaux n'étaient 15 à 30 m, larges de 3 à 4 m, profondes de 0,70 m pas de disséminer leurs tombes ? Cas où ces terraà 1 m, dénommées « grandes fosses », leur signif ssements mécaniques auraient pu en détruire de-ci, ication restant hypothétique. La majorité d'entre elles de-là à notre insu. A Villeneuve-Tolosanne, une s'alignant bout à bout semble décrire deux grandes seconde sépulture présumée chasséenne par la posicourbes concentriques, transversalement à la basse tion repliée du corps, en l'absence de mobilier, fut terrasse (fig. 1-A), évoquant, vraisemblablement à découverte par l'un de nous (L.M.), à 220 m au juste titre, des ouvrages défensifs du type « fossé N.-E. de la première, bien datée celle-là (3). interrompu ». Témoignant de leur intense fréquent
Cependant, pour Saint-Michel-du-Touch, on peut ation par l'homme, leur remplissage est d'une grande
envisager une autre possibilité : la proximité (fig. 1-A) richesse en vestiges mobiliers, céramique surtout, et
de la tombe « A. 18 - sep. 1 » à ces grands ouvrages en faune à dominance de bovines domestiques, suivis
sus-cités, à remplissage de galets, dont une des deux des suidés en proportion moindre et modestement
ayant été vidée, « A. 185 », renfermait des restes des ovins et caprins ;
humains (d'autres aussi sans doute ?), donne à — quelque 300 structures comportant, dans une penser que la nécropole pourrait être en ces parages, cuvette creusée dans le sol, un agencement interne hors des limites de la cité d'Ancely peut-être. propre à freiner les remontées de l'humidité (couche
de galets, préalablement cuits et plus ou moins frag
mentés, recouvrant généralement des charbons de
bois), interprétées comme ayant été pour la plupart
partiellement rapport (3) L. au Méroc Ministre, le passage a signalé en le date concernant ce fait, du 3 demeuré avril : 1964. inédit, Nous dans citons un des assises de cabanes ;
«... Le 11 mars 1962, dans la parcelle 87, à la suite d'un — de nombreuses petites cavités circulaires, genre labour profond au tracteur des ossements sont apparus : un trou de poteau, contenant des objets mobiliers sélec squelette couché sur le côté droit avait eu sa moitié gauche, ...,
arrachée par la charrue tandis que sa moitié droite, ..., demeurtionnés, déposés rituellement, dénotant une mentalité ée en place révélait la position repliée. En l'absence de tout mobilier cette position du cadavre donne à penser qu'il s'agit encline à la religiosité et à la superstition. Ce dont d'une tombe chasséenne . » la sépulture individuelle « A. 18 - sep. 1 » et le 11 ne mentionne pas l'orientation du squelette qui reposait par le côté droit, contrairement à celui de la première tombe monument funéraire « A. 185 », objets de cette note, chasséenne du site (ib. 1960, 1961, 1962) et au rituel observé ne sont que la confirmation ; depuis à St-Michel-du-Touch. 382
Par une heureuse coïncidence les ayant soustrait . Cette précieuse sépulture, dont on ne voyait trace
aux désastres, ces ouvrages, une dizaine, sont tous de la fosse, comblée avec le sédiment sombre dans
dans le Sud d'un triangle rectangle couvrant le Sud- lequel elle fut creusée, fut sauvée, sans ne rien en
Ouest de la cité, de son entrée à la rue de Purpan déranger, en pratiquant ainsi : mise au jour des os
(fig. 1-A), uniquement réservé à des pavillons indi longs des membres inférieurs afin de délimiter la
viduels. A rencontre des grands immeubles collectifs surface du bloc de terre à enlever ; assemblage dans
constituant l'essentiel de la cité, de vastes garages le sol même de sa caisse d'emballage par le jeu de
souterrains et de deux piscines ayant nécessité des tranchées creusées latéralement de part et d'autre,
excavations en grande masse où le sol archéologique puis au chevet et au pied après percement d'une
fut détruit sur plus de 3 hectares, ces petits bâtiments saignée horizontale, joignant les deux premières
n'ont pas de sous-sol. De ce fait, seules les étroites tranchées, par où fut placé le fond.
tranchées de leurs murs de pourtour et de refend Transporté au dépôt régional de fouille de la et celles des réseaux souterrains de viabilité ont Direction des Antiquités préhistoriques, ce fardeau y traversé les milieux archéologiques. demeura en sommeil jusqu'à l'aménagement d'un
centre de documentation préhistorique dans la cité Outre les deux qui ont été fouillées, deux de ces
grandes structures ont été simplement refendues par d'Ancely, c'est-à-dire à Saint-Michel-de-Touch même,
où la mise au jour du squelette fut terminée, en une tranchée et les deux autres à peine effleurées.
1976, dans sa caisse d'origine (maintenant sa vitrine C'est donc à peu près intactes que la postérité pourra
d'exposition). les retrouver.
A l'Est du tracé trapézoïdal de la figure 1-A est 2. — La cavité sépulcrale un terrain quadrilatéral, aménagé en jardins vierges
de terrassements, pouvant en renfermer d'autres et A Villeneuve-Tolosanne aucun indice ne permett
peut-être aussi des tombes individuelles, car il se ait de savoir comment était la fosse tombale (Méroc,
pourrait que cet endroit ait été réservé aux morts 1961 et 1962), le corps ayant été inhumé au sein
et aux sacrifices relevant du culte divin. Au Nord et d'un limon éolien d'aspect uniforme.
à l'Ouest de ce tracé nous sommes certains qu'il n'y
A Saint-Michel-du-Touch quelques éléments, sans en a pas, ni au Sud (dans les limites de la cité
être indubitables en tout point, apportent de notables d'Ancely tout au moins).
enseignements sur sa forme et sa profondeur.
a) La forme : La tombe était dans l'angle N.-E.
de la « grande fosse ». Celle-ci, comme toutes
d'ailleurs, avait été creusée dans de grossiers graП. _ ETUDE DES SEPULTURES
viers alluvionnaires, très compacts, de ton clair
contrastant sur son remplissage sombre. La position
du rachis du squelette contre ces graviers, le long de
II. A. — La tombe individuelle « A. 18 - sep. 1 » la paroi Est (fig. 2) signifie vraisemblablement que
la fosse tombale était quadrangulaire, bien qu'au
niveau où nous l'avons reconnue, son propre rem
1. La découverte et les mesures salvatrices plissage et le milieu encaissant se fondant, ses trois
autres faces étaient indiscernables. Antérieurement à notre intervention, l'endroit où
allait être découverte fortuitement cette sépulture b) La profondeur : Sur la « grande fosse » , imméd
avait été « raboté » au bulldozer, sur une grande iatement à l'Ouest de la tombe, était un « fond de
cabane » dont la surface avait été enlevée par les surface, jusqu'aux vieux graviers alluvionnaires. Ces
terrassements ayant entamé le sol chasséen, en dété terrassements mécaniques précités. Ce qui en restait
riorant une série de « fonds de cabanes » (fig. 1-A) cessait à l'Est sensiblement à l'aplomb des genoux
— ce sont eux qui attirèrent notre attention sur ce du mort. Nous ignorons donc quelles étaient vra
point — , nous ignorons si la tombe était surmontée iment les relations chronologiques entre la tombe et
d'un appareil de repérage. En septembre 1965, deux cette structure. C'est-à-dire si la partie supérieure,
grandes fosses (« A. 14-7 » et « A. 18-BC » dans détruite, de cette dernière s'avançait en oblique à
notre répertoire des découvertes), les premières r l'Est, scellant la sépulture, ou si celle-ci la recoupait.
econnues sur le site, y avaient été mises au jour sous
une couverture de limon brun clair.
rendre être (4) tous Nous un cités. hommage remercions Cependant public ces il volontaires, aux convient, plus assidus trop à cette nombreux ayant, occasion, pour pour de la Le 30 janvier 1966, nous travaillions en équipe
dans le remplissage de celle dénommée « A. 18-BC » plupart, sacrifié tous leurs loisirs hebdomadaires des années durant à notre commune tâche : Mmes E. Promelle, S. Puech, (fig. 1-A, n° 4), lorsque le crâne et son offrande L. Simonnet ; Mmes et MM. J.-P. Clément, C. Pateloup, A. Proapparurent sous l'outil de l'une de nos collaboratrices MM. melle P. Vidalenc. P. ; Bernât, Mlles M. G. Calandre, Darolles, J. X. Guilhem, Martin, E. N. Sabatié, Fien, J. С Olivella Servelle, ;
bénévoles (4). 383
3. — Le rituel funéraire Cependant deux arguments semblent démontrer
que la tombe était antérieure :
Le cadavre (1,60 m de stature, âgé de 16 à 18 ans a) dans la terre ensevelissant le squelette nous et pouvant être du sexe masculin d'après l'examen n'avons pas remarqué de trace du limon brun clair qui sommaire du squelette par H. Duday) fut déposé constituait l'environnement de la structure empierrée ; en décubitus latéral gauche, tête au Sud et face vers
b) il est impensable que la tombe ait été fortuit l'Ouest, bras et jambes en position semi-contractée,
ement creusée exactement à l'aplomb de la paroi de le genou droit chevauchant la jambe gauche (fig. 2).
la « grande fosse », mais au contraire, solution de A une dizaine de centimètres devant son visage on
facilité, son remplissage s'entamant facilement tandis avait pieusement mis son offrande (fig. 2 et 3) : un
que les graviers sont très durs, alors que celle-ci n° 1), contepetit vase typiquement chasséen (fig. 4,
était encore perceptible à l'œil. nant au fond des mandibules de hérissons (fig. 3),
un poinçon en os (fig. 3 et fig. 4, n° 3) aux extréQuoi qu'il en fut, la profondeur de la cavité
mités brisées (5), et coiffant le tout, un petit récipient tombale ne pouvait excéder : 35 à 40 cm si elle
semi-globuleux, l'ouverture tournée vers le bas. était, comme il le paraît, antérieure au « fond de
cabane » ; 50 à 60 cm tout au plus si elle lui était L'officiant avait donc symboliquement muni le
contemporaine ou postérieure. disparu de quoi se sustenter dans l'au-delà : nourri
ture carnée, instrument pour la piquer et gobelet
pour sa boisson.
Le vase récepteur ayant été évidé le plus possible
de sa terre sans dissocier son contenu (nous tenons
à ce que ce témoignage émouvant reste dans l'état
où il est venu à nos jours), il pourrait y avoir
d'autres vestiges masqués par le gobelet. On voit
partiellement (fig. 3) quatre demi-mandibules. Le
Illustration non autorisée à la diffusion Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. 3 - Sépulture « A 18 - sép. 1 ». L'offrande : on voit partielle-
ment, au fond du vaste récepteur, quatre demi-mandibules de
hérisson (Photo R. Simonnet).
(5) Objet rebuté ou cassé rituellement ? Il semble, en effet, que dans certaines circonstances, seul le geste dépositaire ait compté, l'objet ayant perdu sa valeur vénale. Nous citons plusieurs cas : dans la tombe de Villeneuve-Tolosane la coupe ornée était fendue d'origine et le vase globuleux avait le col cassé (Méroc, 1962, fig. 2 et 3) ; à St-Michel-du-Touch, un Fig. 2 - Tombe « A 18 - sép. 1 ». Les n«s 1 à 6 situent de petits os, trou à dépôt rituel (« A 89 » dans notre répertoire) contenait déplacés par les petits fouisseurs, expliquant la disparition d'él une meule et 3 « broyons » dont un reposant dans un grand éments du squelette des mains et des pieds (Photo F. Rouzaud). tesson d'écuelle carénée. 384
chevauchement entrecroisé des deux situées sous le ou de phalangette. Quant à la gauche, il n'y a plus
poinçon dénote qu'elles étaient dissociées lors de que deux phalanges et une phalangette situées à
leur dépôt. Cela pourrait signifier qu'elles avaient l'extrémité inférieure du radius.
été cuites (6). Phalanges, phalangines et phalangettes du pied
gauche ont disparu. Le pied droit est encore plus
4. — La céramique incomplet. Certains petits os du squelette des mains
et des pieds ont pu être dissous naturellement, mais Les deux vases sont grossièrement façonnés. L'un la disparition de la plupart est certainement imput(fig. 4, n° 1), de teinte extérieure brun rougeâtre able aux petits animaux fouisseurs les ayant traînés avec deux plages noirâtres sur le fond, comporte dans leurs galeries. Les dispersions ci-après (détequatre anses irrégulièrement réparties. Le dégraissant, rmination H. Duday), numérotées en blanc sur la particules de quartz, semble-t-il, et mica, pointe figure 2, en témoignent : 1 - cunéiforme G ; 2 - métan° 2), extérieurement à la pâte. L'autre (fig. 4, carpien D ; 3 - métatarsien D ; 4 - métatarsien ? ; apparemment engobé, est visiblement muni d'une 5 - phalange de gros orteil ; 6 - fragment de côte anse à quatre perforations — détériorée lors de son
animale ou, plus sûrement, fragment de la clavicule
dégagement n° 2). Il y en (fig. a probablement 3), restaurée une graphiquement seconde à l'opposé, (fig. 4, gauche.
mais ce vase restant solidaire de l'ensemble on ne Mais, les fouisseurs ne pouvant en être respon
peut l'affirmer. sables dans une fosse remplie de terre, on s'explique
mal les constatations ci-après :
5. — Considérations sur l'état du squelette a) le péroné droit s'est écarté du tibia selon un
angle aigu de quelque 8 degrés ; Si les os ayant subsisté sont en majeure partie
bien conservés, dans son ensemble le squelette est b) la face du tronc ne reposant pas au sol a subi
en très mauvais état. On y voit de multiples frac une semi-rotation vers l'arrière, bien accusée au
tures, vraisemblablement toutes post mortem, dont niveau du bassin et de l'épaule D où la clavicule
nous tenterons plus loin d'expliquer l'origine. s'est largement éloignée, selon un arc de cercle vers
le bas, de l'acromion (on sait que lors des fouilles Le crâne, très morcelé, a subi une pression défor
en pleine terre l'observation de tels mouvements, mante. La mandibule, bien que brisée, est dans un
ayant souvent dissocié des os, est généralement état satisfaisant. La denture est en parfait état (les
considérée comme l'indice d'inhumation dans un M 3 ne sont pas poussées). Ces déformations ont
contenant périssable disparu, cercueil en bois par sans doute accentué l'aspect prognathe des mâchoires
exemple). Mais on se demande comment il a pu (fig. 2), bien accusé sur la tête osseuse, remarqua
résulter de ce déplacement vers l'extérieur, en milieu blement conservée, de la tombe de Villeneuve-
compressif, cette flexion à peu près constante pour Tolosanne (L. Méroc, 1962). La colonne cervicale est
les deux membres des bras et avant-bras (40° entre déplacée vers l'avant.
35° entre ces deux os gauches) humérus et radius D, La cage thoracique a particulièrement souffert. et l'étonnant parallélisme de ces deux avant-bras ? Les côtes droites ont partiellement disparu ; celles
Ces deux constatations, la première n'étant à de gauche sont extrêmement fragmentées. Autant
l'évidence pas naturelle, donnent l'étrange impressque l'on puisse en juger sous les débris les masquant,
ion, fausse sans doute, que le cadavre a été arrangé les vertèbres dorsales seraient sérieusement dété
dans sa tombe en état de décomposition avancée, les riorées, voire anéanties.
articulations étant encore liées par leurs capsules et La ceinture pelvienne, également fracturée, est ligaments. A moins que, et là est peut-être l'explitrès déformée. Les os longs sont tous cassés, mais cation, le corps ait été recouvert d'une sorte de leurs fragments sont en connexion. L'extrémité infé linceul, d'une certaine rigidité, ayant freiné la pression rieure du cubitus G manque, de même que la rotule des terres, sous lequel auraient subsisté des vides, droite. La fracture oblique du fémur D rappelle par endroits, durant la décomposition des chairs. celle d'un os frais. L'état des mains suggère une
Cette hypothèse pourrait aussi s'appliquer à la impression de mutilation (fig. 2). De celle de droite
il ne reste (identification H. Duday) que quatre pha tombe féminine de Villeneuve-Tolosanne, où le torse
langes, couvrant l'extrémité inférieure du radius et, avait basculé, par la droite cette fois, et pris la
position « à plat ventre » (Méroc, 1962), « sous entre le radius et le cubitus, un reste de phalange
l'action du poids de la terre », selon l'auteur.
En ce qui concerne les innombrables fractures,
elles ne peuvent être attribuées au tassement naturel
(6) D'autres mandibules de cet insectivore ayant été ren du peu de remplissage de la cavité, mais certaincontrés dans les déchets culinaires d'une « grande fosse », le fait que ce soient, précisément, de tels restes qui furent ement aux piétinements de l'endroit. Sans doute, après offerts, à ce cadavre pourrait signifier que les chasséens que la sépulture fut tombée dans l'oubli, en un prisaient ce petit gibier. 385
temps où la terre, ayant tout envahi, était devenue les restes humains du « Monument A. 185 », dont
en mesure d'assurer la contention des fractures des l'étude suit. Cela semble bien signifier que tels étaient
os longs, ce que nous voyons (fig. 2). les us des Chasséens de cette région garonnaise.
La mensuration sur place de ces os longs (con Le riche mobilier de la tombe de Villeneuve-
firmée ou rectifiée par H. Duday) a donné : humérus Tolosanne comportait, outre, au cou de la morte,
D : 290 mm ; G : 285 mm ; radius D et G : 210 mm ; un collier de perles (callaïs, calcaire, j ailler), attribut
cubitus D : 240 mm, le G est incomplet (7) ; fémurs bien féminin, et une vertèbre de bébé (op. cit., 1962
D et G : 410 mm (à la tête fémorale) ; tibias D et 1970) : une coupe en calotte ornée intérieurement
et G : 330 mm. et extérieurement ; un vase globuleux à cordons mul-
tiflorés, contenant un poinçon en os ; une plaquette
en grès ; un remarquable lissoir en os ; une canine 6. — Essai comparatif
perforée de sanglier ; une hachette en pierre ; deux
La rareté des sépultures individuelles indubitable lamelles en silex et un petit éclat de silex finement
ment chasséennes ne permet guère d'établir de aiguisé par polissage.
sérieux parallèles avec celles de Villeneuve-Tolo- La parure et une telle profusion d'objets pourraient sanne et de Saint-Michel-du-Touch. signifier qu'il s'agissait d'une personne de qualité.
Nous citerons, par son originalité, son attribution Mais les ustensiles ne symbolisaient-ils pas le néces
au Chasséen « ancien » plutôt que du Cardial saire propre aux attributions ménagères du sexe dit
n'ayant pu être sûrement établie, celle de l'abri faible ? Il n'y avait pas de traces de restes culinaires
d'Escanin, aux Baux-de-Provence (R. Montjardin, (peut-être périssables ?), mais l'une des vaisselles
1966). Le squelette, fortement contracté par ligo- contenait un poinçon comme à Saint-Michel-du-
tage du cadavre sans aucun doute, reposait par son Touch. Or, dans cette dernière station, on remarque,
côté droit : orienté « tête 70° à l'Est regardant au contraire, que l'offrande se limite à un viatique
l'Ouest », dit l'auteur. strictement nutritif. Cela semble bien militer en
faveur d'un sujet masculin, comme le suppose A Mailhac, Mlle O. Taffanel nous montra les
H. Duday sous réserve d'une étude approfondie. relevés graphiques et le matériel de trois tombes
de « repliés » chasséens, découvertes à Péreiras, Par analogie, nous signalons deux tessons céra
inhumés en fosses cylindriques creusées en pleine miques (fig. 4, nos 4 et 5), venant du « fond de
terre (8). Deux d'entre elles contenaient chacune un cabane » « A 34 », de St-Michel-du-Touch, gravés à
enfant, orienté tête au Nord, couchés l'un sur le cuit de motifs soléiformes sensiblement semblables
côté gauche, l'autre sur le côté droit. Dans la tro au cercle, radié de 50 rayons, ornant l'intérieur de
isième était une adulte reposant sur le côté gauche, la coupe de la tombe de Villeneuve-Tolosanne
tête au Sud. Dans chaque tombe il y avait, outre (Méroc, 1961, fig. 3 et 1962, fig. 2). Le tesson n° 4
de la céramique, des restes fauniques pouvant avoir comporte deux cercles grossièrement concentriques
la même signification que les mandibules de hérisson et 44 rayons. Il provient d'une céramique circulaire
à Saint-Michel-du-Touch. (« couvercle » plat ?) décorée d'un motif en damier,
qui devait être une croix de Genève d'après le vestige A Péreiras on ne semble donc s'être guère soucié
subsistant d'un trait perpendiculaire, indiqué en de la position et de l'orientation à donner aux
marge du dessin par une flèche (ce qui donne à cadavres (2 têtes au N., 1 tête au S. ; 2 sur le
penser qu'il pouvait y avoir quatre signes solaires). côté gauche, 1 sur le côté droit). Cela rend probable
Sur le motif du tesson n° 5, à deux cercles concentl'attribution présumée au Chasséen, par L. Méroc,
de la sépulture détériorée par la charrue à Villeneuve- riques également, les rayons sont obliques.
Tolosanne.
7. — Conclusion D'après L. Méroc (op. cit., 1962), la première
sépulture de ce site, bien datée par ses offrandes, Depuis la quasi-destruction du squelette de Villcelle d'une jeune femme inhumée en position repliée eneuve-Tolosanne (9), cette sépulture est, visuellesur le côté gauche, était orientée S.-O./N.-E. ment, un témoin exceptionnel pour la connaissance
A Saint-Michel-du-Touch, elle était donc à peu du rituel funéraire des Chasséens de la moyenne
près pareille : tête au Sud regardant franchement le vallée de la Garonne et sans doute des régions atte
couchant. Nous ferons la même observation pour nantes. Aussi, tout en comprenant fort bien l'intérêt
que représenterait l'étude de son squelette, ce qui
nécessiterait son démontage dont la restitution exacte
en place deviendrait ensuite impossible, nous souhai-
(7) Le fragment manquant a pu s'affaisser dans une galerie de fouisseur, passant juste en dessous, non décapée à la fouille.
(9) Par des inconnus s'étant introduits, par effraction, dans (8) Nous remercions vivement Mlle O. Taffanel d'avoir bien le dépôt régional de fouille. Fort heureusement la tête, élément voulu, très obligeamment, nous autoriser à en faire état, majeur, avait été préalablement enlevée et mise en lieu sûr. qu'elles soient encore inédites. 386
Illustration non autorisée à la diffusion
Fig. tessons 4 - Nus à 1 décors à 3 : soleiformes tombe « A analogues 18 - sép. à 1 ». celui 1) vase de la récepteur tombe chasséenne ; 2) gobelet de ; Villeneuve-Tolosanne 3) poinçon en os. №s (dessin 4 et 5 n» : « 4, fond de de R. cabane Simonnet). » A 34 :
tons qu'elle soit transmise à la postérité telle qu'elle
II.B. — Le Monument funéraire «A. 185 » est actuellement.
Elle n'a pu être datée, le peu de charbons de bois
récoltés dans la terre ensevelissant le squelette ne
l'ayant pas permis (laboratoire de Monaco). De 1. — Circonstances de la découverte
toute manière, il y aurait eu doute, le remplissage
de la « grande fosse », réutilisé pour combler la Cet étrange ouvrage était, nous le rappelons, dans
tombe, en contenant largement. le centre Sud (fig. 1-A, n° 6) de l'aire triangulaire
Bien que cela soit sans rapport avec la sépulture où se construisaient alors les pavillons individuels.
elle-même, nous mentionnons que la strate inférieure Ceux-ci, au nombre de 97, sont répartis en groupes
en comportant chacun plusieurs bout à bout. Des (couche C) de cette grande excavation remonterait
à 5 460 ± 90, B.P. (MC 843). surfaces vierges séparent ces groupes. 387
Sa découverte, le 23 juin 1966, par l'un de nous est-ce cette partie qui fut fouillée la première, avec
(G. S.) mérite d'être narrée, car il s'en fallut de peu, circonspection, du haut en bas. Elle révéla, comme
la dissipation tout à fait par hasard d'une erreur le donnait à penser la position des trois vases préc
d'interprétation commise le mois précédent, pour ités, que les faits essentiels s'étaient accomplis au
qu'il demeure ignoré, scellé sous le bâtiment const fond de la fosse.
ruit à cet endroit. A ce moment-là, près de deux ans A cette lumière, pour respecter, sans nuire à la
s'étaient écoulés depuis l'ouverture des fouilles de qualité du travail, le délai, expirant le 30 septembre sauvetage. Il en était résulté une telle moisson de et déjà fort avancé, accordé par l'architecte, nous
structures chasséennes variées, que l'on pouvait alors fûmes contraints de faire enlever, par des moyens
croire en connaître tous les genres, sinon tous leurs mécaniques, le plus gros de cette partie Est, en
divers aspects. laissant à faire manuellement une marge de 0,30 m
Inspectant, à mesure de leur creusement, les tran environ (heureusement nous le verrons) contre la
chées de fondement de chaque groupe de pavillons, paroi, et une autre de quelque 0,50 m à la base.
à la recherche d'éventuelles structures préhistoriques,
un jour de mai, nous avions vu, en coupe de l'une 3. — La fosse sépulcrale, son remplissage et sa d'elles, une longue et profonde excavation, à extré fouille mités verticales, comblée de galets roulés. Ayant
déjà remarqué dans le sol du site des assises de murs Seule l'abondante illustration de cet article, encore
antiques faits de tels galets, disposés en lits, nous bien trop réduite à notre sens, surtout en documents
n'y avions accordé qu'un intérêt mineur, pensant photographiques, peut permettre au lecteur d'imag
que c'en était encore une, anormalement profonde, iner, dans une certaine mesure, ce que pouvait être
refendue longitudinalement. Aussi est-ce sans même cette structure.
avoir relevé sa position exacte dans cette longue La cavité encaissante, orientée grand axe N.-S., tranchée, que celle-ci fut remplie de béton sans s'enfonçant de quelque 0,60 m à 0,70 m dans les objection de notre part. vieux graviers alluvionnaires, avait été remarquable
Or, ce 23 juin suivant, dans le groupe de pavillons, ment creusée : son tracé, en forme de parallél
voisin du précédent, une autre structure pareille était ogramme aux angles légèrement arrondis, mesurait
éventrée par trois tranchées (fig. 5-A). Ce jour-là, 7,60 m de longueur sur 4 m de largeur (fig. 5-A),
intrigués tout de même, nous nous sommes attardés soit 30,40 m- ; ses parois étaient sensiblement verti
à explorer, çà et là, les interstices terreux entre les cales et sa base, vers 1,75 ma 1,80 m de la surface
galets, pensant bien y trouver quelques vestiges du sol moderne (fig. 5-B), à peu près horizontale.
gallo-romains datant sans équivoque ces ouvrages Le remplissage, gros galets en désordre liés par d'une puissance insolite. C'est ainsi que sont apparus, de la terre plus ou moins abondante, n'ayant pas été en face Ouest de la tranchée n° 1, deux vases chas- soumis au feu contrairement à ceux mis en œuvre séens, distants l'un de l'autre d'une cinquantaine de dans les « fonds de cabanes » (op. cit., 1970, 1976), centimètres, reposant, sous des galets, sur la base de atteignait 1,10 m à 1,20 m d'épaisseur (fig. 5-B et la cavité encaissante (A et B, fig. 5-A). fig. 8). Mais un fait, reconnu grâce à la marge de
Comprenant alors qu'il s'agissait, comme la pré remplissage réservée verticalement à l'Est, lors des
cédente, devenue entre-temps inaccessible, d'une enlèvements mécaniques précités, révéla que la fosse
structure chasséenne d'un type inédit, ce que con elle-même ne pouvait excéder 0,80 à 0,90 m tout au
firma quelques jours après un troisième vase (fig. 6 plus de profondeur. Cette approximation séparait,
et С sur la fig. 5-A), dont l'étude s'imposait, nous en effet, sa base de la surface d'un « fond de cabane »
avons fait suspendre les travaux de construction à oblong, orienté E.N.E. - O.S.O. (« A. 187 » dans
cet endroit. notre répertoire), la recoupant de même qu'une petite
cavité circulaire, à fond rubéfié couvert de charbons Une fouille méthodique d'une telle envergure dé
de bois, également postérieure au monument (fig. 5-C, passant nos propres possibilités et celles de nos colla
coupe a - b). borateurs bénévoles des jours non ouvrables, elle fut
inscrite au programme de la campagne de septembre Ce précieux jalon démontrait sans conteste que
suivant. Elle occupa journellement 8 à 10 fouilleurs la masse des galets dépassait le sol du moment
durant ce mois. (tertre ou tronc de pyramide ?) d'une trentaine de
centimètres (10), constituant ainsi, aux yeux des
vivants, un appareil de repérage.
2. — Ordre d'accomplissement des travaux
A l'ouverture de la campagne de fouille nous
savions, par les tranchées nos 2 et 3, que la fosse
(10) Au minimum, car il est à peu près certain que les mesurait 2 m de largeur à l'Est de la face Ouest de gallo-romains auront écrêté ce qui, de leur temps, pouvait la tranchée n° 1. A l'opposé, c'était l'inconnu. Aussi encore affleurer le sol.

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