Madrolle. Indochine du Nord : Tonkin, Annam, Laos - article ; n°1 ; vol.23, pg 431-437

De
Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient - Année 1923 - Volume 23 - Numéro 1 - Pages 431-437
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Publié le : lundi 1 janvier 1923
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Léonard Aurousseau
Madrolle. Indochine du Nord : Tonkin, Annam, Laos
In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 23, 1923. pp. 431-437.
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Aurousseau Léonard. Madrolle. Indochine du Nord : Tonkin, Annam, Laos. In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient.
Tome 23, 1923. pp. 431-437.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1923_num_23_1_5949— — 43'
- P. 15, Scrn hà cûng âo n'a jamais signifié «les montagnes et les fleuves sont
aussi des illusions», mais «les montagnes et les fleuves (c'est-à-dire la nature) ont
leurs bouleversements », etc.
Il en est ainsi au cours des trente pages de cette traduction.
Au point de vue purement grammatical, signalons encore que M. B.-T., évitant
le discours direct, fait parler le poète et non l'odalisque, et ceci l'oblige à mettre
tous ses verbes à l'imparfait et au passé, ce qui rend monotone et pénible la lecture
de son travail.
Le Bulletin de la Société d'Enseignement mutuel étant destiné à des étudiants qui
désirent se perfectionner dans la pratique et la connaissance de la langue française,
il importerait que les pages qui leur sont mises sous les yeux fussent irréprochables.
Nous n'avons pas exprimé ces critiques dans le but de décourager M. £>.-T., mais
au contraire pour l'engager à soumettre désormais ses traductions à un membre eu-
.ropéen de sa Société, lequel se ferait un plaisir, je pense, de le conseiller utilement.
Qu'il nous permette aussi de lui recommander, pour se rompre au dur travail de
traduction, de choisir des pièces moins longues et surtout plus faciles. ■
Si nous en croyons les promesses qu'apporte cet essai, nous sommes persuadé
que M. D.-T. ne tardera pas à nous donner des traductions, sinon parfaites, du
moins dignes de figurer dans la bibliothèque des annamitisants.
G. Cordier.
Madrolle. — Indochine du Nord : Tonkin, Annam, Laos. — Paris, Hachette,
1923, in-80, XII-7-LXIII-364 p., cartes et plans.
Plus de vingt années se sont écoulées depuis le jour où M. Madrolle publiait sur
l'Indochine un premier guide général (*), dans lequel il décrivait l'itinéraire et les
escales du voyage de Marseille à Canton ; l'auteur y donnait par surcroît de nombreux
renseignements sur les Indes, Ceylan, le Siam, l'Indochine et la Chine du Sud. Eten
due à tant de pays, cette tentative de description de la route vers l'Extrême-Orient
risquait fort d'être imparfaite. M. Madrolle fut le premier à s'en rendre compte. Sa
préface disait : « L'auteur compte sur la bienveillance des résidents £tdes touristes-
et leur demande de vouloir bien l'aider dans la continuation de ce travail, si néces
saire à plus d'un titre, en lu signalant les erreurs ou les omissions et en complét
ant le nombre des itinéraires... Les prochaines éditions montreront combien il sera
tenu compte de cette précieuse collaboration et enregistreront avec soin toutes les
rectifications et indications nouvelles que l'on voudra bien faire parvenir à l'auteur ».
Depuis lors M. Madrolle a montré comment il savait tenir la promesse faite en
1902, en refondant et en mettant au point, dans une série d'éditions générales ou
partielles, les premiers renseignements qu'il avait réunis sur l'Indochine. Chacune de
(!) De Marseille à Canton. Guide du voyageur, publié parle Comité de l'Asie fran-*-
çaise. Indo-Chine, Indes^ Siam, Chine méridionale. Paris, 1902. Cf. BEFEO, 10,86-88-.. — — 43a
ces éditions a marqué un notable progrès sur la précédente. Ces améliorations suc
cessives sont certainement dues à une collaboration de plus en plus étroite entre
l'auteur et les amis de ses guides. Pour montrer à quel point ce travail en commun
fut fécond, il suffit de mettre en face des 80 pages traitant de l'Indochine du Nord,
dans le guide de 1902, le beau volume de 400 pages aujourd'hui consacré au mê
me sujet.
Le guide, dont nous rendons compte, n'intéresse en effet que l'Indochine du Nord :
Laos, Tonkin et Annam jusqu'à Tourane. Un deuxième volume, en préparation, trai
tera de l'Indochine du Sud et comprendra la Cochinchine. et le Cambodge. Cette di
vision en deux volumes est sans doute justifiée — ou ne pourra manquer de l'être un
jour — par la richesse de la matière. Mais la répartition adoptée est-elle bien ration
nelle et ne nuit-elle pas à l'unité des sujets traités ? J'inclinerais plutôt a préférer
une division qui laisserait dans un même volume toute l'Indochine annamite (Tonkin,
Annam, Cochinchine) ('). Le deuxième comprendrait le Cambodge et le
Laos. Cette répartition, tout en étant aussi commode, sinon plus, pour les touristes,
aurait sur celle de l'auteur l'avantage de grouper tous les renseignements relatifs à
l'Indochine annamite et celui de ne pas scinder malencontreusement l'étude de
l'Annam.
Je ne vois guère qu'une remarque d'ordre général à ajouter. Elle concerne les ré
férences qui sont à peu près inexistantes dans ce livre. Je crois qu'il serait utile de
renvoyer d'une manière précise aux principaux ouvrages utilisés ; le lecteur serait
ainsi mis à même d'approfondir les questions qui l'intéresseraient. En combinant un
système de notes abrégées avec des renvois à une bibliographie des ouvrages con
sultés, l'auteur répondrait au vœu que nous exprimons sans trop surcharger le texte
de son guide (2).
Ces réserves étant faites sur la méthode et le plan auxquels M. Madrolle s'est ar
rêté, il faut reconnaître que ce nouveau gu!de de l'Indoch'ne du Nord n'est pas loin
d'être parfait dans l'ensemble. Il se recommande par la richesse de son information
ethnographique, géographique, historique et archéologique ; la partie touristique est
particulièrement soignée. Les corrections à apporter aux affirmations de l'auteur sont
toutes relatives à des points de détail. Il y a, je pense, intérêt à signaler les suivants :
P. xv et passim. M. Madrolle distingue six « races autochtones » dans la popul
ation de l'Indochine: les Annamites, les Tâi, les Khmè:s, les Lo'o, les Indonésiens
et les Malaisiens. D'accord, ou à psu près, pour les quatre premiers groupes ; mais
0) On pourrait ajouter à ce volume la d2scription du territoire de Kouang-tcheou
wan qui dépend, comme on Je saie, de l'Union indochinoise.
(*) II y a bien (p. 357) une liste des ouvrages a consulter sur l'Extrême-Orient,
mais cette liste ne répond pas au besoin que je signale et mentionne d'ailleurs, à côté
d'indications trop générales, certains travaux qui ne sont pas précisément faits pour
donner une idée très exacte de la mentalité ou des mœurs annamites (Jean d Esme,
Thi-ba, fille d' Annam ; Myriam Harry, Petites époutes, etc.). Enfin je suis surpris de ne
pas y trouver les titres de quelques ouvrages de grande valeur, que M. Madrolle
connaît certainement, comme ceux de Legrand de la Liraye, de Bouillevaux, de Silvestre,
de Schrœder, de Dumoutier, etc., ainsi que des périodiques importants, comme le
BdleHn des AmU du Vieux Hue et la Revue indochinoise. - - 433
je serais curieux de connaître lés raisons qui poussent l'auteur à faire une distinction
aussi nette entre les Indonésiens et les Mala'siens. Ces termes devraient être définis
plus exactement et, en essayant dele faire, l'auteur constaterait sans doute que ces
« Malaisiens », si Mal iisie.is il y a, se rattachent tout simplement aux Indonésiens.
P. xxvii. Le Mahâyâia et le Hïnayâna sont des églises plutôt que des écoles du
bouddhisme.
P. xxix et passim. M. Madrolle traduit habituellement les noms propres, ce qui
est déjà inutile quand les noms sont traduisibles et ce qui aboutit à des sens i
nvraisemblables quand ils ne le sont pas. C'est ainsi que Bai-Viêt ^ j|{| ne signifie
pas « Séparé eminent», mais « Grand [pays de] Viet », viet étant l'ethnique le plus
ancien qui désignait déjà les Annamites à une époque où il n'était pas question de
marquer leur indépendance à l'égard de la Chine.
P. xxx. La dynastie des Ngô (939-967) est comprise à tort dans la période de
domination chinoise et doit être ajoutée à la liste des dynasties annamites.
P. xl. M. Madrolle écrit: « Enfin nous relèverons des erreurs d'appellation. Le
mot populaire yen est une traduction du caractère « paix » et non une lecture sino-
annamite (an) seule admise dans la géographie officielle. On dira correctement
Vinh-an (et non Vinh-yên), An-bài (et non Yên-bâi). . . ». Voilà quf est trancher bien
vivement une question assez complexe. M. Madrolle a, raison de dire que yen est
purement annamite en face de an, prononciation sino-annamite du chinois ngan 3f,
bien que je ne serais pas autrement surpris que les deux mots fussent phonétique
ment apparentés. Mais en matière de noms propres, l'usage est le grand maître
et, malgré l'affirmation de M. Madrolle, il n'est pas douteux que la lecture, par
les Annamites lettrés, du caractère ^f dans les noms géographiques, ne soit pas
uniforme. Quoique la raison n'en soit pas très claire, on ne peut que constater que
ce mot est prononcé : i° tantôt yen, tantôt an dans des noms comme Yên-bâi ( ou An-
bài), Phûc-yên (ou Phûc-an) ; 20 toujours yen (et jamais an) dansQuâng-yên, Htrng-
yên, Yên-xâ, etc. ; 3° toujours an (et jamais yen) dans Kiên-an et Nghê-an par exemp
le. Le meilleur parti que nous ayons à prendre en pareil cas, et qui a d'ailleurs été
pris, est celui de suivre l'usage imposé par les habitudes annamites elles-mêmes.
M. Madrolle peut donc sur ce point calmer ses inquiétudes.
- P. xl-xli. M. Madrolle relève ici et passim, à satiété, ce qu'il appelle une
«erreur» géographique: « II s'agit, dit-il, delà position du mont Ba-vi. Ce nom
désigne la Montagne aux «Trois Pics», mais certaines cartes, même officielles,
placent ce Trident sur le Nui Tan « Mont Parasol ». Tous les touristes ont pu cons
tater que cette dernière hauteur ne se présente qu'avec un seul sommet et qu'il est
en forme de dôme, de «parasol». En réalité, Ba-vi et Tam-dao sont synonymes ;
ils font vis-à-vis à la montagne sainte du Tonkin, dite aussi Tan-viên « Rondeur du
Parasol ». Pour résoudre ce problème, il suffit d'aller vers Viêt-tri, d'ouvrir les
yeux, de s'orienter et d'apprendre deux mots d'annamite. Le demi-million d'indigè
nes, qui vit aux pieds des deux massifs de montagnes et les contemple chaque jour,
voit encore les « Trois Pics » (Ba-vi) au N., et le saint « Parasol », au sommet uni
que, au S. Aucune décision humaine ne pourra changer cette disposition orographi
que » :
M. Madrolle s'attaque ainsi à une montagne avec une bien faible artillerie. Je sais
qu'il n'est pas le premier auteur du plan de campagne contre le Ba-vi et que notre - - 434
Bulletin a même accueilli, voici plus de dix ans, les premiers doutes sur l'identité
de cette montagne. C'est en effet en 1910 (BEFEO, X, 401) que le Chef de batail
lon Bonifacy faisait remarquer au sujet du mont Tân-viên ij£ JUj « que les Européens
donnent à cette montagns le nom de Ba-Vi qui est le nom vulgaire <luTatn-©âo situé
à l'Est de Scrn-tây, sur la rive gauche du Fleuve Rouge. Tam-E»âo signifie en effet
les trois sommets 3 Éh* dont Ba-Vi est la traduction en langue vulgaire... Le nom
du Tam-Bâo ou Ba-Vi ^ fâ vient de la forme d'une des montagnes centrales du
Tam-Bâo, qui est terminée par trois pics aigus ; le nom de Tân-Viên, de la forme ar
rondie de la montagne».
C'est la thèse qui a été reprise par M. Madrolle une première fois en 19 16 dans
son Guide de la Chine du Sud (p. 181-183) et une seconde dans le Guide que nous
étud'ons. A mon avs cette ihèse est fausse et doit être abandonnée. 11 suffira, pour
la ru:ner, de noter que tous les indigènes, lettrés ou non, emploient l'expression
Ba-v\ ^ fi pour désigner le mont Tân-viên ij£ |f[| qui se trouve à l'Ouest de Scrn-
tây ; que, l'expression Ba-vï n'est jamais employée pour désgner le Tam-dao ; enfin
que les deux express'ons Tam-dào "EL % et Ba-v\ 5i fil ne sont pas synonymes, pu's-
que la première s'gnifie « Tro s sommets» et la seconde « Trois personnes». Je ne
crois pas qu'il existe de mot vi ou vî, annamite ou s'no-annamite, qui ait le sens de
«pic» ; quant au mot ^fc, il. ne peut avoir ici que le sens de «personne»,
a Jiypostase », « divinité ».
Reste à expliquer l'emploi de l'appellation Ba-vï pour désigner le Tân-viên. Je
me borne à noter ici que ces mots Ba-v\ ^ fjfc «les Trois Personnes» désignent les
trois personnages Nguyén Hu-o-ngf^ |jf, Nguyên Tuân fôc {£ et Nguyën Lang j*JC ÊP,
qui sont précisément honorés dans trois temples élevés sur le mont Tân-viên (1).
C'est la raison pour laquelle cette montagne est appelée Ba-v\ «[la montagne des]
Trois Personnes», terme qui n'a rien à voir avec celui de Tam-dào.
P. XLi-Lii. L'exposé ethnographique n'est ni très clair, ni très exact. Il faut recon
naître que le problème est complexe et que nous manquons de données pour le
résoudre. J'ai dit plus haut que la différenciation radicale. des Indonésiens et des
Malaisiens, en tant qu'autochtones, paraissait inacceptable. M. Madrolle classe d'autre
part le groupe miro-ng parmi 'es Indonésiens ; mais cette affirmation gratuite aurait
besoin d'être étayée de raisons sérieuses, d'autant plus qu'elle paraît incompat
ible avec les données actuellement connues, et spéc:alement avec les données li
nguistiques. Quelques croquis, tableaux et statistiques sommaires éclaireraient certa
inement cette question obscure de l'ethnographie indochinoise.
P. liv. L'histoire ancienne des Tâi est encore inconnue et il sera difficile de l'e
squisser, même hypothétiquement, tant que les travaux essentiels n'auront pas été
effectués sur les documents chinois qui traitent de cette question. Mais ne serait-il
pas préférable de poser ici un simple point d'interrogation plutôt que de « résoudre »
ainsi qu'il suit par des vérités premières le problème des origines des Tài : « A l'épo
que préhistorique, chacun des groupes (tài) a dû vivre replié sur iui-même dans une
région déterminée ; le sol, le climat, l'unité politique, le temps l'ont façonné dans
les lignes générales avec lesquelles il nous apparaît actuellement » ?
0) Cf Kiên vân tiku lue f || i [A. 32], q. 6, f° 4ro, col. 5 et ss.; Bac thành
dia du- chi 4fc tf iÉ M î£ [A. 1 565], q. 5. — — 435
P. 19. La date à laquelle les Mac furent chassés de Hanoi n'est pas le 25 de la
11e lune (soit le 28 décembre 1592), comme on le répète trop souvent à la suite du
P. Cadière, mais le iSïévrier de la même année (cf. BEFEO, XX, iv, 102-103).
P. 21. Il est regrettable que M. Madrolle n'ait pas donné une statistique plus ré
cente de la population de la ville de Hanoi. Celle qui se trouve dans son Guide
date de février 1905 ; depuis vingt années les conditions ont changé. Le dernier r
ecensement publié (année 1922) est celui du bureau d'hygiène (*). Le voici :
Européens 4.620
Annamites 76.098
Chinois 2.067
Indiens 78
Japonais 52
Métis français 48 t étrangers 1.880
Total .... 84.843
P. 23 et passim. Quelques renseignements reproduisent des états de choses pé
rimés. C'est ainsi que la rue de la Concession porte depuis 'plusieurs années le
nom de Rue Maréchal-Gallièni. D'autre part tout ce'qui touche au réseau routier
de l'Indochine aurait besoin d'être mis au point.
P. 28. Il serait bon de signaler le cercle de l'Association pour la formation intel
lectuelle et morale des Annamites (AFIM A) et de définir en quelques lignes l'œuvre de
cette intéressante société indigène.
P. 32 et 48. M. Maspero (BEFEO, XVIII, ni, 17, n. 1) a prouvé que Lang-po $î
fâ, où Ma Yuan rerr.porta une grande victoire sur les Annamites, ne désigne pas le
Grand-Lac (lac Tây hé If $$ de Hanoi), mais les collines appelées actuellement
Tien -du so*n {lit $| |1| dans la province de Bâc-ninh.
P. 33 et 168. La légende de la noyade des deux sœurs Trirng est tardive et certa
inement postérieure au XVIe siècle ; elle ne repose sur rien. En fait les deux sœurs
furent décapitées et leurs têtes envoyées à la capitale chinoise (cf. BEFEO, ibid., 18
et Heou Han chou, k. 54, f° 4 v°, col. 3.).
P. 38. K'ouei ^ n'est pas le nom des « quatre étoiles de la grande Ourse formant
le carré », mais désigne une constellation zodiacale chinoise, ayant l'apparence de
deux cuisses écartées et comprenant une partie des Poissons etune partie d'Andromède.
Le plan du Vàn-miêu de Hanoi n'est plus^ exact en ce qui concerne les propylées ;
depuis plusieurs années l'entrée du Sud a été restaurée.
P. 47. -Le nom Hà-dông fêf HC ne signifie pas « Ouest du fleuve [Rouge] », mais
« Est du fleuve [Bai] ».
P. 50. Pour les excursions autour de Hanoi, il serait bon d'indiquer les routes auto-
mobilables qui facilitent sérieusement la visite des points intéressants. C'est ainsi que
pour se rendre au site célèbre de Bînh-bâng il y a des moyens plus pratiques que
0) Bulletin de la Société Médico-chirurgicale de l'Indochine, décembre 1922, p. 20 ;
voir aussi ibid., septembre 1923, p^292 et ss. ' . - - 436
ceux qui sont indiqués par M. Madrolle : « Chemin de fer jusqu'à Phu tir scrn : faire
mettre un pousse au fourgon à bagages en quittant Hanoi ».
P. 96. Dans sa description du village de Bînh-bâng, M. Madrolle oublie de signa
ler le âinh qui est certainement un des plus remarquables monuments de l'architec
ture proprement annamite.
P. 110. Bac-ma (Bach-mâ) ne signifie pas « Cheval intelligent », mais « Cheval
blanc ».
P. 112. Depuis 1922 la route automobilable dépasse Kép et va jusqu'à la frontière
de Chine.
P. 120. La distance de Lang-scrn à Long-tcheou est de 75 kilomètres ; la route est
aujourd'hui accessible aux automobiles.
P. 162. La- question de l'étymologie du mot « Yun-nan » n'est pas tranchée et à
celle que donne M. Madrolle s'opposent plusieurs autres, tout aussi p'ausibles.
P. 185. Le So-n-nam [Jj |§ fut une importante circonscription administrative qui fut
créée, non au XVIe siècle, mais en 1469 et qui subsista jusqu'au XIXe siècle. D'autre
part les territoires actuels de Ninh-binh ne furent jamais englobés dans le So*n-
nam, mais constituaient la zone septentrionale de l'ancienne circonscription % de
Thanh-hoâ (cf. BEFEO, XX, iv, tableaux de géographie historique). D'une manière
générale, les exposés de géographie ancienne que donne M. Madrolle à la suite de
presque tous les toponymes, auraient besoin d'être rectifiés et surtout précisés. Il
y a souvent confusion entre des circonscriptions d'importance très inégale.
P. 211. Le terme de géographie ancienne « Ciru-chân (Kieou-tchen % H) » ne
date pas du Ier, mais du IIIe siècle avant notre ère ; il fut créé pour la première fois
eh 207 par Tchao T'o et repris pas les Han en 1 1 1 avant notre ère (cf. supra, p. 182,
211, etc.).
P. 255. La note relative aux noms de l'Annam actuel serait mieux placée p. 211,
au début du chapitre traitant de ce pays.
Les Annamites occupèrent la région de B<5ng-hô*i bien avant le XIe siècle. Je ne
crois pas qu'on puisse soutenir que les Cams aient dépassé vers le Nord le Col des
Nuages avant le IIIe siècle de notre ère. Jusqu'à cette époque le pays était entièr
ement annamite du Tonkin au Col des Nuages. Ce n'est que plus tard' que les Cams
avancèrent vers le Nord jusqu'à la Porte d'Annam ; l'occupation par les Annamit
es de Bông-hcri au XIe siècle est donc une réoccupation.
P. 256. L'étymologie donnée pour le nom de Tourane me paraît inadmissible.
Depuis l'Inventaire des monuments cams, notre collègue M. H. Parmentier a
publié, en 1919 (BEFEO, XIX, m), un Catalogue du Musée cam de Tourane qu'il
est préférable de citer pour la description des pièces contenues dans le Musée.
P. 263. La région de Huê ne fut conquise par le Ôampa (Lin-yi) qu'en 248 A. D.
et non au IIe siècle.
P. 278. Lire Yen tseu au lieu de Jen-tseu.
P. 341-346. Ce n'est pas sansétonnement que j'ai trouvé au beau milieu du cha
pitre Laos des itinéraires descriptifs consacrés aux routes de Cher Bo- à Mircrng Lai
et de Su-yut à Mu-cng Theng, qui appartiennent au Tonkin.
Telles sont quelques-unes des rema ques que m'a suggérées une lecture rapide du
nouveau guide de M. Madrolle. Les taches signalées sont légères et une révision les fera facilement disparaître. L'ensemble du volume porte la marque de la attentive
grande expérience de l'auteur. Il est à souhaiter que l'administration indochinoise
sache profiter de cette expérience et des résultats remarquables que M. MadroIIe a
obtenus dans ce genre de recherches. Nul mieux que lui n'est qualifié pour tirer parti
des renseignements officiels qui pourraient être réunis sur notre grande colonie et
pou; nous donner le guide irréprochable qui manque encore à l'Indochine.
L. Aurousseau.
— M. Gaston Caillard, ancien administrateur des Services Civils de l'Indochine, a
publié une brochure intitulée L'Indochine. Géographie, histoire, mise en valeur.
Kouang-tchéou-wan. Paris, Edition Notre Domaine colonial, 1922, in-8°, 128 p.
4 cartes, 28 photographies. (Notre Domaine colonial, VIII). Ce travail est en grande
partie établi avec des renseignements puisés, sans grande critique, dans l'ouvrage
de MM. H. Russier et H. Brenier (') pour son chapitre géographique, et dans celui
du capitaine A. Septans (2) pour son historique de l'occupation française.
C'est ainsi qu'à la suite de MM. Russier et Brenier, M. G. Caillard écrit, p. 22 :
« Le canal des Bambous va du coude du Day à Phu Ninh Giang, au sud de Hung-
Yen » (3), pour ce le canal des Bambous part du Fleuve Rouge et se termine à Qui-
cao, où il se jette dansieThâi-binh » (4) ; — p. 31 : le Fou-nan «devait être rem
placé au IVe siècle par l'Empire des Khmers » (5) ; lisez : VIe siècle ; cf. P. Pelliot,
Le Fou-nan in BEFEO, III, 272 ; — p. 36 : « Une des plus anciennes et des plus
importantes de ces colonies [d'emigrants chinois] fut celle qui débarqua en Cochin-
chine, vers 1680» (6) ; les dates exactes de l'établissement en pays annamite des
premiers groupes importants de colons chinois sont bien antérieures, puisqu'elles
remontent aux IIIe et IIe siècles avant notre ère.
De trop nombreuses fautes d'impression et de détail: p. 17, Quang Thaï, pour
Quâng-ngâi ; p. 18, «provinces d'Angkor (!) et de Battambang » ; p. 21, Song Cau,
pour Sông Câi ; Jean Dupuy, pour Jean Dupuis ; p. 30, Odend'hal (et non O'den-
dhal; id., p. 26) fut assassiné en 1904, non en 1907 (cf. BEFEO, IV, 529) ; p. 32,
ce n'est pas par F « intermédiaire [des Khmers] que le bouddhisme s'est établi en
Chine », mais par celui des Yue-tche ou Indo-scythes ou peut-être directement par
la voie maritime et par le Tonkin.
(*) L'Indochine Française. Paris, A. Colin, 1911.
(â) Les Commencementt de l' Indo-Chine française. Paris, Challamel, 1887.
(3) Cf. Russier et Brenier, loc. cit-, p. 78 : « le canal des Bambous va du coude du
Day, au Sud de Hung-yên, à Phu-ninh-giang. »
(*) Cf. le compte rendu de M. Cl. E. Maître dans BEFEO, XI, 207.
(5) Cf. Russier et Brenier, loc- cit-, p. 117: «Le Fou-nan. . .fut remplacé au IVe
siècle par son vassal : le Cambodge. »
(») Cf. Russier et Brenier, loc. cit., p. 122 : a La première colonie chinoise fut fondée
en Cochinchine, en 1680. »

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