Monographie de la semi-voyelle labiale en annamite et en sino-annamite (suite) - article ; n°1 ; vol.9, pg 51-89

De
Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient - Année 1909 - Volume 9 - Numéro 1 - Pages 51-89
39 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1909
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Léopold Cadière
Monographie de la semi-voyelle labiale en annamite et en sino-
annamite (suite)
In: Bulletin de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Tome 9, 1909. pp. 51-89.
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Cadière Léopold. Monographie de la semi-voyelle labiale en annamite et en sino-annamite (suite). In: Bulletin de l'Ecole
française d'Extrême-Orient. Tome 9, 1909. pp. 51-89.
doi : 10.3406/befeo.1909.1912
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/befeo_0336-1519_1909_num_9_1_1912MONOGRAPHIE
DE LA
SEMI- VOYELLE LABIALE EN ANNAMITE ET EN SINO- ANNAMITE (1)
Par M. L. Cadière,
De la Société des Missions étrangères de Paris,
Correspondant délégué de l'Ecole française d'Extrême-Orient.
DEUXIÈME PARTIE (Suite)
III. — Semi- voyelle labiale sourde après les gutturales (Suite)
c) Semi-voyelle labiale à forme sourde après kh
En sino-annamite nous avons 8 formes :
176. — Khuân. 9 mots; 3 au ton plain : Щ, « grenier», s. a. khuân, huân,
c.fc'ipcm, ch. n. kiun (2); 6 au ton interrogatif aigu: ^, « pauvre », s. a.
khuan, quan, c. k'ivan, ch. n. k'iun, кЧопд (3).
176. — Khuât. 6 mots au ton aigu : |Щ, « courber », s. a. khuât, quât,
c. wdt, ch. n. kyiu (4).
177. — Khuê. 10 mots; 8 au ton plain : js, « fourche des jambes », s. a.
khuê, c. kwai, ch. n. k'ouei (5) ; 2 au ton interrogatif aigu : ^g, « haïr »,
s. a. khriè, c. wai, ch. n. houei (6).
178. — Khuy. 4 mots au ton plain : Щ, « manquer », s. a. khuy, c. k'wai,
ch. n. k'ouei (7).
(!) Voir t. vin (1908), nos ,_2> p. 9З-148, et nos 3-4, pp. З82-485.
(2) Voir § 97, forme quyên, la famille à laquelle appartient ce mot.
(3) A donné l'annamite сип Щ de nghèo сип, « très pauvre » ; voir § 90, forme quân.
(4) Voir la famille de ce mot, § 91, forme quât. La forme cantonaise a perdu la gutturale
initiale ; voir des cas semblables pour l'annamite à la forme quât.
(5) On voit par cet exemple et le suivant que ê final sino-annamite — et annamite — renferme
une finale y incluse.
(6) Ce mot est la forme à finale y correspondant aux formes à finale n et / que nous avons
vues § i33, forme quen, quèn, kèn, ghen, phen, ghet, etc. — II a donné l'annamite bi $,
« jalouser, rivaliser, porter envie *>, par chute de la gutturale initiale et renforcement de la
semî-voyelle labiale.
(7) C'est une forme à finale y correspondant à la forme à finale / jfl{;, « faire défaut », s. a
khuyêt, ci-dessus, § 181.
T. IX. — 4. — — 52
— Khuinh et khuynh. Deux formes, suivant les négions, l'une à semi- 179-
voyelle sourde à l'état normal, l'autre à semi- voyelle sourde à l'état atténué.
Deux mots ; i au ton interrogatif aigu; Щ, « étendue de terrain ; un instant »,
s. a. khuinh, khuynh, с k'ing, k'eng, ch. n. кЧопд, k'ing (*) ; — i au ton
plaie :$g, «incliné,; rbouleverser *, s. a. khuinh, khagnh, e. k'mg,, eh. n.
k'iong, k'ing et k'eng. On a une forme khoânh, même sens, qui doit être
considérée comme annamite.
La forme cantonaise a perdu la semi-voyelle labiale. Le même phénomène
se produit dans les formes annamites : gaiûi, ghenh, ghinh fë de gâp ganh,
gâp ghenh, gàp ghinh, « qui penche, qui n'est pas en équilibre, incliné,
instable », où le mot gâp % est une forme à finale / labialisée correspondant
exactement à ganh (à gâp se rattache khâp fj£ de khâp khenh ou khâp
khieng, « inégal ; chancelant ») ; — kênh Щ, л qui penche, qui n'est pas
d'aplomb » ; — kenh, kinh Щ, « qui ne cadre pas, qui remue » (ganh a ce
sens); a une forme càng -dans kenhcàng, kinh cànj, même .sens.; — <k%nh
Щ, « bouleverser, bousculer » ; a également une forme câng dans k9ênh câng,
même sens; — щЫсщ jg?,, «incliné; .renverser,, pencher j»(2).. — Avec la
semi-voyelle initiale et finale y, on a 5Ц, « incliné ; vicieux », s. a. oâi, uy, с
wdi, me, ch. п. шаг. — La classe à consmme ЫлгАе initiale semble "manquer. —
Awc inUialc palatale an a irmh аЦ, « incliner » ; — trïêng fi âe ngtdêng
trietig^ « <poi n'«st pas d'aplomb, vaciller » ; — íenti ^ de lenh kenb» « qui
n'est pas stable, qui branle » (3),; — avec finale i palatalieée, Jêch, lkŠi.M^>
« incliné, de travers », qui a une forme lac dans lêch lac, même sens (nghiêng
ЦсЬ, même sens); — cKêch Щ, «incline, de travers, oblique », dont la forme
à finale n correspondante est chênh fiE, « incliné, oblique, de travers » (*). —
A-vec <4е1*Ые initiale, ш a nfëng Щ, <« penché, incliné ■»*; xièn Щ, « incline, de
travers, chancelant» (*) ; — xich, xeck Jp, «mal placé, oblique, ^m. dévie »{>e).
(*) La forme annamite est khoânh Щ, même sens. D'après les exemples qne nous avons vus
dans la première partie, elle devrait être *vanh, *vâng; or nous avons vat Щ, «pièce de
terrain », qui, malgré la quantité du son voyellaire, pourrait être une forme à finale / corres
pondante.
(ž) Comparer ffi îf lâiuynh rïhï, et nghiënytai, « incliner 1'oreřHe pour entendre, prêter
l'oreille a » ; Щ íCS khuynh îâm, et nghiêng long, « du fond du cœur, être porte à, être
incliné à ». П у a correspondance parfaite entre khuyith et nghiêng tant au point de vue
phonétique qu'au point de vue sémantique.
(3) Comparer plus haut klêrih.
(♦) Avec cette forme nous trouvons une forme à consonne labiale initiale, mais avec un autre
sens : tfhênh vënb, « Wésitarrt, perptexe -», ou «cavee désinvolture ». Pour le sens de « indécis »,
voir la famîile, *§ \ЪЪ^, note au mot ngct ; -pour e sens ée « avec désinvolture d, voirla famffle,
§ 2d6, forme nguen.
(5) À des formes parallèles à finale и dans xièn xeo, xiên xo. même sens.
(6) Voir ^Hus haut lêdh, fřťft; se rattache peut-être atrecfo, trjch $\, « s'écarter de l'axe,
se déranger, déplacer ». ■

,

- — 53
La familte". esft homogène au point de vu« sémantique comme au point de vue
phonétique. » , ,
d'après» les lois ordinaires des- initiales et. des finales : Oa a,
i ° cang, câng, kênh, kinh ; khênh, khiêng, khâp ; nghiêhg; ghênh, ghinh, gânh, gâp:
2° khoanh, *khuinh, *khirghh. r
3î» *QaL ,
40 val ?, vênh ?
5° chênh, chech ; triêng, trinh, trëch, frich ; îênh, fêch, rich.
6°' niëng ; xiên, xêch, xich .
Bes recherches plus attentives dans les dretionmaires a««ami*es eicbiims
permettraient, je crois, de compléter les séries, surtout en ее1 qui r-egawfe tes
formes à fwate. tf et à» íinale t (^
180. — Khuiën et Rhuyén, 6 mots ; 2 au ton plain : Щ, « cercle », s. a.
s.' a. khugên%c. iïun, ch. n. K'iuan (2) ; — 2 au 'ton aigu : Щ, <r encourager »,
— 2 au ton interrogatif aigu : ;& « chien », Rhuyën, с. Мл, ch. n. k'iuan (3) ;
s. a. khuy$nt с. Лоп, ch. n. R'iuan.
181. — Khuiët et khuyêt. 2 mots au ton aigu * tft, « ébréché, casser,, rom
pre; manquer, faire défaut », s. a. khuget, с /r'âf, řfrií, fc'un,, ch. n. kriue,
k'ouai. Les formes de ce mof à finale y, n, f, forment une série compièfe
en cantonais. Pour le sens de « enrouler un turban », voir § 111, forme quai.
Ce mot est la forme à finale t correspondant à ^f , « faire défaut », s. a. khuy,
vtr plus haut, § 178. — Avec les sens de « rompre » une branche, « briser » une
assiette, qui peut-être se rattachent au sens de « faire défaut », et plus probable
ment constituent un mot distinct, nous avons en sino-annamite une foťme
voisine, ;Ц, « casser, briser », s. a. nguyêt, с (?), ch. n. y ne, et en annamite
des formes- correspondantes avec chute de- la guťturafe et renforcement de la
semi-voyelle en consonne fëbiaie, suivant l'ordinaire : mř Щ , « rompre, casser,
se briser», qui parait avoir, avec palatalisation de Timtialïe, une forme* là, bien
que va" la soit donné avec le* sens d'e « avec impétuosité^ » (4) ; — ЬеЩ, « rom
pre»; — be Щ, « briser » (5). Ces trois formes Da, bê, Ы corresponded a
une forme a finale g, s. a *khuy, que f& caractère $£ devait avoir orig
inairement, comme Be prouve le feit que, d'après Ейе^, ^, dfeins un sens,
(1) Comparer siamois : « incliner, incliné », Jcôm (s. a. khuynh, an. khoanh) ; en, iêng
(an. nghiêng, ganh) ; lat (an. lêch) ; ta.kheng (khuynh, khoanh) ; truet (an. trech,
*chuyêt).
(2) Vofr § 97, forme quyên.
(3) A une forme annamite khuyên. Paraît se rattacher comme forme à flnale1 y à là famille
qav, § i53, formes huy, hni,
(<*)• Pour г.- a-, cf. § 155, forme quv.
(5) Fermes à finale griheluse: En HautLAnnam ify a réellement spécialisation1 dte sens suivant
les formes, mais les dictionnaires indiquent be bát, « briser une tasse ». — — 54
« enrouler un turban », a été pris pour un mot à finale y, с. к'ш ; — те Ц,
« ébréché, échancré, écorné », et peut-être, avec le sens de « rompre », me
йЦ, « émonder un arbre, ébrancher ». — Avec dentalisation de l'initiale, on
peut rattacher, avec doute, sût flfcj, « se fendre, se briser naturellement » (me
sût, même sens) ; — sut rf), « ébréché, écorné » (*).
182. — Khuông. 9 mots au ton plain : Щ, « boîte ou corbeille carrée ; carré,
régulier, corriger, diriger », s. a. khuông, c. hong, wong, ch. n. k'ouang ; —
Ц, « panier carré, corbeille »,s. a. с k'wâng, ch. n. k'ouang;
— jUJ. Щ, « encadrement d'une porte, cadre », s. a. khuông, c. (?), ch. n.
k'ouang. Ces trois mots appartiennent à une même famille. Avec chute de la
gutturale et renforcement de la semi-voyelle labiale, nous avons en annamite
vuông $$, « carré », qui a une autre forme ván, dans vuông van, même sens ;
et une forme à finale / gutturalisée dans vue de vuông vue, même sens; a don
né, par palatalisation des initiales, chuông §§, « carré », qui a une forme
correspondant à ván dans chuông chán, même sens. — Autre forme à
consonne labiale initiale : XI, « carré, corbeille, coňre », s. a. phwang, c.
fong, ch. n. fong (s).
183. — Khut. Forme du Haut-Annam, avec vocalisation de la semi- voyelle
labiale, pour khuât, vu plus haut. La forme khuân ne paraît pas atteindre fra
nchement, dans ce dialecte, la forme vocalisée khun.
En annamite nous avons 21 formes :
184. — Khuâg. 3 mots : pour khuây i&, « molester», khuâg « agiter »
qui se rattachent à des formes quây, vâg, voir § 1 11, forme çim/, et § i53, fo
rme qua ; — khuây jsJÉg, « calmer, se calmer, apaiser » ; khuây •[*&, « se calmer,
oublier», ont les formes nguôi%, « s'apaiser, se calmer, se refroidir» au
figuré ; ngoai dans nguôi ngoai, même sens (3). Cette forme paraît être une
spécialisation au sens moral de nguôi ^, « refroidir, froid », qui s'emploie aussi
au sens moral, « négligent, relâché, refroidi dans ses sentiments ». — Nous
avons des formes à finale t dans khuây khuât, ce s'apaiser, se dissiper », et, avec
(1) Au point de vue phonétique, et peut-être même au point de vue sémantique, comparer
ne jiffî, « se fendre » ; n& -^, « se fendre, s'entrouvrir » ; nát {?§, « se fendre, se crevas
ser » ; sût F>lj, « se fendre ».
(2) Pour l'explication de la forme vuông, voir § n ,
(3) Comparer khuây buon, « chasser la tristesse », et nguôi sâu, « la tristesse se dissipe,
s'apaise » ; nguôi long, «. se calmer, calmer son cœur », et làm khuâg da, « retrouver le
calme >>, littéralement « faire s'apaiser son ventre ». — — 55
palatalisation de l'initiale, lat $$ de long nguôi lat, « cœur distrait » (*) ; —
lâp de khuây lâp, « s'apaiser, se calmer » (2). — Khuhn Щ de khuhn lây,
« oublier », paraît être une forme à finale n.
185. — Khuân. 2 mots: pour khuhn $*, « détourné », voir § m, forme
quyên ; — pour khuhn Ц-, « oublier », voir ci-dessus, forme khuây ; pourrait
se rattacher à quên : voir § i4i, forme quên.
186. — Khuâng. 1 mot. Dans bang khuâng ou bang khâng, « se rappeler
sans cesse », nous avons khâng, forme à gutturale sans semi-voyelle labiale ;
khuâng, forme à semi-voyelle labiale ; bang, forme à renforcée
après chute delà gutturale. — Autres formes : khoan khodi, « se rappeler sans
cesse » (3) ; ban khoan, «se rappeler avec émotion » ; ban han, « se rappeler,
être inquiet pour, agité, pressé » (4).
187. — Khuât, 1 mot : khuât Щ, « caché, couvert, abrité ; protéger»; a une
forme à finale n dans khuât khoan, même sens. — Le mot a en Haut-Annam
la forme khul.
188. — Khuêch. 1 mot : khuech Щ, qui a une forme khodc dans chu
khuech khodc, « caractères gribouilles ». Autres formes : quech quqc ou
quich quqc, « gribouiller » (5).
189. — Khuênh. 4 mots : khuënh khodng, « irréfléchi, maladroit »; autres
formes :quënh qudng, « inconsidérément » ; — nghênh nghêch, « sot, mala
droit » ; — nghêch ngdc, nghêch ngqc, même sens ; — nghhih ngâng, « dis
trait, sans attention » (6)
190. — Khuêu. 1 mot : khueu Щ de khueu khào, « irréfléchi, ignorant » ;
paraît être une forme parallèle à finale и des formes khuênh ci-dessus '. —
Autre forme sans doute : queu quào, (faire) « sans soin, d'une manière irré
fléchie, nonchalante ».
191. — Khuy. i mot : khuy J|$, « anneau, boutonnière » (J).
192. — Khuia et khuya. 1 mot : khuia Щ, « tard dans la nuit », forme
avec semi-voyelle sourde à l'état normal, ou, selon les régions, khuya,
à à l'état atténué.
(1) Lçrt, avec le sens de « apaiser la colère », dans làm Içrt, « s'effacer de la mémoire »,
ne paraît pas se rattacher au sens de « pâle, faire pâlir » qu'a le mot lat, mais bien plutôt à
la famille de khuây.
(2) Avec labialisation de la finale t.
(3) Khoài, forme à finale y.
(4) Forme parallèle à fijtale u dans ban hân bô hô, même sens.
(5) Voir § 129, forme quât, pour la famille.
(6) Voir la famille, § i53, forme qua, note au mot nga.
(1) Voir la § 1 1 1 , quai. ,
,
— Khuiêc etkhuyéc'2 mots. — Au mot khaiec ou khuyec §fc, «cercle, 19З.
anneau y> (*), il faut ajouter, en Haut-Annam, khniéc ou khuyèc, « sorte ère
petite écrevisse de mer », que ne donnent pas les dictionnaires.
194. — Khuiênr khugên. 1 mot : khuyên Щ, « exhorter », qui n'est que- la
forme annamite du même mot chinois, s. a. khuyën (2).
196. — Khuinh, khuynh. 1 mot. Yoir ci-dessous khuyu.
igô. — Khuiu, khuyu. 1 mot : kkajjvi, khiiîti flft «jointure intérieure du
coude ». On a aussi khuynh ou khuïnh Щ, même* sens. Khuýnh est la fornie
à finale n ; kkuyu est une forme parallèle à finale и (3).
197. — Khuôn. 1 mot : khuôn Щ, « forme, modèle, loi, règle ».
198. — Khuôny. 1 mot : khuong Щ, « faire du tapage ».
199. — Khut. Forme du Haut-Annam pour khimt, ci-dessus.
200. — Classification des formes sino-annamites et annamites (Yoir le tableau
à la page suivante).
En résumé, en- sino-annamite, nous avons peu de formes, et un nombre
relativement peu considérable de mots ; en annamite, nous avons des formes
plus nombreuses, mais fort peu riches en mots. Apres la gutturale forte aspirée
la semi-voyelle labiale oscille entre l'état atténué et l'état normal, les deux
formes existant simultanément, suivant les régions, pour le même mot.
d) Semi-voyelle labiale à forme sourde après ng
En sino-annamite nous avons 5 formes :
201.. — Nguy et *ngui. L'orthographe *ngui représente la semi-voyelle
labiale à l'état normal et ne doit pas être confondue avec la forme annamite.
ngui, où u. est voyelle accentuée ; l'orthographe nguy represented semi-voyelle.
labiale à l'état atténué. 11 mots, dont 7 au ton plain : jg;, « haut et menaçant de
tomber, instable, dangereux, être en danger », s. a. пдщ, *ngui, с ngài,
ch. п.шл- la forme cantonaise a laissé tomber la semi-voyelle labiale. Nous
avoiM le même phénomène dans la forme annamite correspondante à finale ř,
ngqt f, «dangereux, périlleux; pauvre, dans une situation critique». Avec
finale y et semi-voyelle labiale vocalisée, on a ngài de ngat ngài, « périlleux ;
misérable ; difficile » ; avec finale n labialisée, on a peut-être Ц, « haut, escarpé ;
dangereux», s. a. nghiêm, ngam, c. ngám, im, ch. n. yen, et l'annamite
hiêin g§£, « dangereux, périlleux » (4). — Parallèlement à ces formes á finale
(1) Voir la famille §, gu, lorme quàt, groupe à finale с {— к).
(2) Voir § 180, forme khuyên,
(?) Voir les familles, §116, forme quao 'r § 97, forme quyên.
(4) Cf. § i33, forme quen. ■

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atténué. normal. /ош/îé. vocalisé.
£řař Etat Etat Etat
3* i' 2* $• — — 58
on a des formes à finale и, nghèo Щ, « dangereux », dans hiêm nghèo ; у, n, /,
« pauvre, en danger, dans une situation critique », dans ngqt nghèo,
cue. Par palatalisation de l'initiale, on a cheo Щ et leo de cheo leo, « dan
gereux, en danger », qui a une forme à consonne labiale initiale dans cheo veo,
même sens ; et, par chute de la consonne initiale et de la semi-voyelle labiale,
éo Щ de hfêm tra éo le, « plein de périls, dangereux », où le est une forme à
finale y incluse, correspondant à leo; — on a aussi cheo leo khâp kh&i, ou
cheo leo khâp khtnh, où khâp est une forme à gutturale initiale avec finale t
labialisée, ce qui ferait croire que nghèo gâp ne devrait pas être traduit, comme
íe fait Génibrel, par « danger pressant », mais que gâp serait une forme de la
famille correspondant à khâp ; kh&i et khenh sont des formes à finale y ou n
palatalisée (1). — 4 mots au ton grave : fâ, « faux, rebelle », s. a. nguy, ngui,
c. ngai, ch. n. wei.
; 202. — Nguyên. La semi-voyelle est à l'état normal, bien que l'on emploie
l'orthographe y réservée ordinairement aux formes à semi- voyelle à l'état
atténué. — 17 mots, dont 1 au ton interrogatif grave : ffî,, nom de famille, s. a.
nguyên, c. un, ch. n. yuan, jouan ; — 3 au ton grave : Щ, « désirer,
vouloir », s. a. nguyên, c. un, ch. n. yuan (2). — 7 mots au ton plain: ^,
«source; origine, principe», s. a. nguyên, c. un, ch. n. yuan. Correspond,
par l'intermédiaire d'une forme *nguom qu'ont plusieurs mots en nguyên, à
l'annamite nguon y$», « source, fontaine, rivière ; région des sources ou de la
source d'un fleuve, c'est-à-dire région des montagnes, hautes vallées du bassin
d'un fleuve ; principe, cause » ; a en Haut Annam une forme ngàn, même
sens (3) ; — une forme à finale y est ngôi Щ>, « ruisseau, canal » ; — une autre
est ho'i }@, «ruisseau, arroyo» ; — et, avec finale y incluse, Щ, « ruisseau,
torrent », s. a. khê, c. k'ai, kai, hai [cf. hói ci-dessus], ch. n. k'i, qui
donne en annamite khe, même sens. — Par dentalisation de l'initiale on a suoi
Щ, « source, ruisseau », qui nous amène, avec finale n, à sông jfg, « fleuve » ; à
Jfj, «cours d'eau, torrent, rivière, fleuve», s. a. xuyên, c. ch'iïn, ch. n.
tch'ouan; et à £t, « grand fleuve », s. a. giang, c. kong, ch. n. kiang.
20З. — Nguy et. Pour l'orthographe, voir ci-dessus nguyên. — 5 mots au
ton grave : fl, «lune, mois», s. a. nguyet, c. ut, ch. n. yue. A une forme
vulgaire ngoqt, employée dans quelques noms propres de villages et dans
• (*) Cette famille a des points de contact avec la famille étudiée § 1ЗЗ, forme quen, à sens
de « étroit », par suite « dangereux » ; et aussi avec la famille khuynh, § 179.
(2) Une très ancienne forme pourrait être, par chute de la gutturale, renforcement de la
semi-voyelle et tonification de la semi-voyelle [ugê : uô, voir § З81], la forme annamite
muon (дЦ, « vouloir, désirer », dont une autre forme est man î§, « désirer ardemment ».
Dans man ma, même sens, ma serait une forme ayant laissé tomber la finale y. Cf. § i3,
forme muôn.
(3) Comparez « dix-mille », s. a. van, an. màn, muôn. — — 59
l'expression lúa bát ngoqt, « le riz de la huitième lune » . Il faut se rappeler
que certaines formes en ayê, uâ, ouvrent en cantonais le son voyellaire en wa,
et que des formes annamites correspondantes font de même, et ont ve, oe, oa,
ua (d). La forme ngoat doit donc être considérée comme une forme annamite
correspondant à une forme cantonaise *wdt.
204. — Nguon. Cette forme n'est pas donnée par VIndex de Phan-dirc-Hoà.
Elle est employée pour quelques mots en nguyên. Elle doit être considérée
comme une forme intermédiaire entre la forme sino-annamite nguyên et la forme
annamite nguôn, et plutôt comme annamite que comme sino-annamite. Je la
rangé cependant parmi les formes sino-annamites parce qu'elle affecte des mots
sino-annamites (2). La semi-voyelle y est encore à l'état normal, mais avec ten
dance très sensible vers l'état tonifié.
205. — 11 faut retenir que, pour les mots en nguy, la prononciation varie, du
moins en Haut-Annam, entre le son a français, avec la semi-voyelle labiale à l'état
atténué, et le son ou français, avec la semi-voyelle labiale à l'état normal, mais
l'orthographe * ngui que je donne ne doit pas du tout faire confondre ces mots
avec les mots annamites écrits ngui (par exemple ngui J$|, « tourbillon de f
umée »), dans lesquels и est une voyelle pleinement accentuée.
Pour les mots en nguyên, nguyêt, de même que pour les mots en qmjên,
quyêt, la semi-voyelle labiale est toujours, en Haut Annam, à l'état normal. Ces
formes diffèrent donc des formes uyên-uiên, huyên-huiên, khuyên-khuiên,
huyêl-huiêt, khuyêt khuiêt, khuyêc-khuiêc, qui, on l'a vu, admettent la forme
tantôt avec la semi-voyelle à l'état atténué, rendu par la graphie uyê, tantôt
avec la semi-voyelle à l'état normal, rendu par la graphie uiê.
En annamite nous avons 10 formes :
206. — Nguen 4 mots. Nous rencontrons ici une famille à sens unique
ment moral. Le sens est, comme dans toutes les familles de ce genre, légèrement
ondoyant, mais il se rattache à l'idée ď « agir avec fierté, avec arrogance »,
d'où « se vanter, hâbler; orgueilleux, fier; agir avec insolence, avec osten
tation, avec faste, avec prodigalité ; agir avec sans-façon, avec impudence ;
faire le beau, se pavaner ». La famille est nombreuse, et presque uniquement
composée d'éléments annamites, ce qui est rare pour les familles de ce genre.
On a:
ire série. Gutturale initiale avec ou sans la semi-voyelle labiale. —
Finale y : khodi de khoânh khodi, « se vanter » ; — ff , « vanter, se vanter,
(*) Voir § 91, forme quât ; § 98, forme quyêt.
(2) Voir § 97, quyên.

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