Nouvelles recherches sur le peuplement magdalénien de l'interfluve Seine-Yonne. Le Grand Canton et Le Tureau des Gardes à Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne) - article ; n°3 ; vol.90, pg 196-218

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1993 - Volume 90 - Numéro 3 - Pages 196-218
RESUME Les occupations magdaléniennes du Grand Canton et du Tureau des Gardes, à Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne), s'intègrent parfaitement dans le contexte régional du Tardiglaciaire, de la fin du Boiling au début de l'Allerôd. Technologiquement et typologiquement, l'industrie lithique dénote une étroite parenté entre ces deux sites et avec les sites « classiques » de la région, en particulier Marsangy. La topographie et l'abondance des restes osseux permettent de penser à des sites de chasse, spécialisés sans doute dans la chasse au cheval. S'il est difficile de trancher entre une occupation unique et une réoccupation périodique des sites, il paraît fondé de voir dans ces deux gisements non pas de simples haltes de chasse, mais des lieux d'activités effectuées pour une consommation différée.
ABSTRACT The Magdalenian occupation levels at Grand Canton and Tureau des Gardes at Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne) fit perfectly into the regional Lateglacial context - from late Boiling to early Alleród. Both technologically and typologically, the lithic industry indicates a close relationship between these two sites and with the « classical » sites of the region, in particular Marsangy. The topography and large quantity of bones found suggest these were hunting sites, specialised in horse- hunting. Although it is difficult to decide whether there was a single occupation or periodic reoccupation of the sites, it seems reasonable to consider these two sites not as mere hunting halts, but as places where activities were carried out for later consumption.
23 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1993
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Philippe Alix
Aline Averbouh
Laurent Binter
Pierre Bodu
Andrzej Boguszewski
Christine Cochin
Valérie Deloze
Patrick Gouge
Vincent Krier
Chantal Leroyer
Daniel Mordant
Michel Philippe
Jean-Luc Rieu
Patrick Rodriguez
Boris Valentin Nouvelles recherches sur le peuplement magdalénien de
l'interfluve Seine-Yonne. Le Grand Canton et Le Tureau des
Gardes à Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne)
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1993, tome 90, N. 3. pp. 196-218.
Résumé
RESUME Les occupations magdaléniennes du Grand Canton et du Tureau des Gardes, à Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne),
s'intègrent parfaitement dans le contexte régional du Tardiglaciaire, de la fin du Boiling au début de l'Allerôd. Technologiquement
et typologiquement, l'industrie lithique dénote une étroite parenté entre ces deux sites et avec les sites « classiques » de la
région, en particulier Marsangy. La topographie et l'abondance des restes osseux permettent de penser à des sites de chasse,
spécialisés sans doute dans la chasse au cheval. S'il est difficile de trancher entre une occupation unique et une réoccupation
périodique des sites, il paraît fondé de voir dans ces deux gisements non pas de simples haltes de chasse, mais des lieux
d'activités effectuées pour une consommation différée.
Abstract
ABSTRACT The Magdalenian occupation levels at Grand Canton and Tureau des Gardes at Marolles-sur-Seine (Seine-et-
Marne) fit perfectly into the regional Lateglacial context - from late Boiling to early Alleród. Both technologically and typologically,
the lithic industry indicates a close relationship between these two sites and with the « classical » sites of the region, in particular
Marsangy. The topography and large quantity of bones found suggest these were hunting sites, specialised in horse- hunting.
Although it is difficult to decide whether there was a single occupation or periodic reoccupation of the sites, it seems reasonable
to consider these two sites not as mere hunting halts, but as places where activities were carried out for later consumption.
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Alix Philippe, Averbouh Aline, Binter Laurent, Bodu Pierre, Boguszewski Andrzej, Cochin Christine, Deloze Valérie, Gouge
Patrick, Krier Vincent, Leroyer Chantal, Mordant Daniel, Philippe Michel, Rieu Jean-Luc, Rodriguez Patrick, Valentin Boris.
Nouvelles recherches sur le peuplement magdalénien de l'interfluve Seine-Yonne. Le Grand Canton et Le Tureau des Gardes à
Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne). In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1993, tome 90, N. 3. pp. 196-218.
doi : 10.3406/bspf.1993.9619
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1993_num_90_3_9619;
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Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1993 / TOME 90, n" 3 196
NOUVELLES RECHERCHES SUR LE PEUPLEMENT
MAGDALÉNIEN DE L'INTERFLUVE SEINE-YONNE :
Le Grand Canton et Le Tureau des Gardes
à Marolles-sur-Seine (Seine-et-Marne)
Philippe Valérie ALIX 1, Aline DĚLOZE Michel AVERBOUH PHILIPPE \ Patrick 2, GOUGE Laurent Jean-Luc 3, BINTER, Vincent RIEU 2, KRIER Pierre Patrick BODU 4, RODRIGUEZ Chantai 2, André LEROYER 2, BOGUSZEWSKI, Boris 5, VALENTIN Daniel MORDANT Christine 2. 3, COCHIN,
RESUME
Les occupations magdaléniennes
du Grand Canton et du Tureau des
Gardes, à Marolles-sur-Seine
(Seine-et-Marne), s'intègrent parfa
itement dans le contexte régional du
Tardiglaciaire, de la fin du Boiling au
début de l'Allerôd. Technologique
ment et typologiquement, l'industrie
lithique dénote une étroite parenté
entre ces deux sites et avec les
sites « classiques » de la région, en
particulier Marsangy. La topogra Fig. 1 - Principaux sites tardiglaciaires du Bassin Parisien (en noir sites phie et l'abondance des restes os magdaléniens en blanc autres seux permettent de penser à des tardiglaciaires) : 1 Marolles-sur-Seine, Le Tureau des sites de chasse, spécialisés sans Gardes 2 Marolles-sur-Seine, Le Grand-Canton 3 Barbey, Le Chemin doute dans la chasse au cheval. S'il de Montereau 4 La Grande Paroisse, est difficile de trancher entre une Pincevent 5 Ville-Saint-Jacques 6 La Grande Paroisse 7 Donnemarie- occupation unique et une réoccupat Dontilly 8 Nemours. Les Gros-Monts 9 Nemours, Le Beauregard 1 0 Fonte- ion périodique des sites, il paraît nay-sur-Loing, La Maison Blanche 11 fondé de voir dans ces deux gise Cepoy, La Pierre-aux-Fées 12 Marsangy, Le Pré des Forges 13 Les Tar- ments non pas de simples haltes de terêts 14 Étiolles, Les Coudray 15 Lumigny 16 Lailly 17 Les Choux, La chasse, mais des lieux d'activités Jouanne 18 Poilly-lès-Gien 19 Ver- effectuées pour une consommation berie. Le Buisson Campin.
différée.
■ INTRODUCTION GENERALE tiges d'un vaste campement occupé ABSTRACT pendant les mois d'automne et spé
The Magdalenian occupation cialisé dans la chasse au renne • Contexte archéologique levels at Grand Canton and Tureau (Bodu et Julien, 1987). Le dernier n(P. В. et В. V.)
des Gardes at Marolles-sur-Seine iveau d'occupation magdalénien, le
Le développement des grands (Seine-et-Marne) fit perfectly into the IV-O, exploré plus partiellement, astravaux dans le Bassin parisien a enregional Lateglacial context - from socie aux restes de rennes de nomtraîné la découverte récente de deux late Boiling to early Alleród. Both breux ossements de chevaux (David
nouveaux sites magdaléniens à la technologically and typologically, the et Orliac, sous presse). Cette assocconfluence Seine - Yonne (fig. 1). lithic industry indicates a close rela iation faunistique se retrouve égale
tionship between these two sites and Depuis longtemps, des gisements ment sur le site de plateau voisin de
with the « classical » sites of the re du Magdalénien supérieur sont Ville-Saint-Jacques (Degros, Schmi
gion, in particular Marsangy. The t connus dans la vallée du Loing, aux der et Valentin, sous presse). Ce g
opography and large quantity of environs de Nemours (Leroi-Gourhan, isement, connu uniquement par des
bones found suggest these were Brezillon et Schmider, 1976 Schmi- sondages limités, a livré une indust
hunting sites, specialised in horse- der, 1971 et 1989). Légèrement en rie magdalénienne comparable à
hunting. Although it is difficult to de amont de la confluence du Loing et celle de Pincevent (Schmider, 1971
de la Seine, le site contemporain de cide whether there was a single oc Valentin, 1987). La plupart des dates
cupation or periodic reoccupation of Pincevent a livré une quinzaine de n radiocarbones obtenues sur ces
iveaux d'occupation exceptionnellethe sites, it seems reasonable to deux sites placent leur occupation
consider these two sites not as mere ment conservés (Leroi-Gourhan et aux environs de 12 500 B.P. dans le
hunting halts, but as places where Brezillon, 1966 et 1972 Julien, Dryas moyen. A Marsangy, près de
activities were carried out for later 1989). Le niveau IV-20, connu sur Sens, un autre gisement magdalén
consumption. plus de 4 000 m2, contient les ien de plein air a été fouillé sur les ;
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bords de l'Yonne (Schmider, 1979 ;
Schmider (dir) à paraître). L'industrie N
qui y a été recueillie présente des ca
ractères technologiques et typolo
giques proches de ceux qui ont été
observés sur les sites précédents.
Selon B. Schmider, les pointes à dos
qui y ont été découvertes sont l'i
ndice d'influences nordiques sur un
substrat magdalénien classique pour
la région. La présence d'une faune
plus tempérée et des dates C14 s
ituées aux environs de 11 800 B.P.
placeraient l'occupation du site à la
transition entre le Dryas moyen et
l'Allerôd. Le faciès typologique parti
culier rencontré à Marsangy pourrait
donc correspondre à une évolution
tardive du Magdalénien régional
(Schmider, 1989).
D'autres découvertes mettent en
évidence l'existence de faciès tardi- ■»»••'•••■: limite du creusements et des dépôt glaciaires non magdaléniens. A Pin- la fin du Dryas III au Sub-atlanliq
cevent, les sables qui surmontent les Fig. 2 - Gisements tardiglaciaires de Pinterfluve Seine-Yonne. Magdalénien. 1 Maroiles-sur-Seine, Le Tureau des Gardes 2 Marolles-sur-Seine, Le Grand-Canton 3 Barbey, Le Chemin de Montereau. Épipaléolithique : 4 limons magdaléniens et dont le Montereau, Les Sécherons. dépôt a été daté de l'Allerôd,
contiennent une industrie à Feder-
messer (David et Orliac, sous sont hors d'eau pour l'essentiel. Si (carrières, pour l'essentiel) pour voir
presse ; Bodu, à paraître). De l'autre les occupations humaines dans le se confirmer la présence de restes
côté de la Seine, sur la commune de secteur de Bray sont concentrées d'occupations du Tardiglaciaire. Ces
La Grande Paroisse, on a recueilli sur des « terroirs insulaires », consé découvertes se sont produites,
une série comparable dont les carac quence d'un réseau serré de divers presque simultanément, dans deux
tères sont différents du Magdalénien paléo-chenaux, l'interfluve offre donc contextes de recherche différents :
(Bodu et Valentin, à paraître). A Don- cette nappe plus élevée à couverture au Grand Canton, sur le tracé auto
nemarie-Dontilly enfin, des sondages limoneuse particulièrement propice routier de ГА5, au Tureau des Gardes
récents ont mis en évidence un fa aux implantations humaines sédent dans une gravière, c'est-à-dire sur
ciès jusqu'alors inédit, très proche aires sites néolithiques et protohis diagnostic archéologique préliminaire
d'industries de la Somme et du Sud- toriques de Marolles, Les Gours-aux- pour la première et sur suivi de déca
Est de l'Angleterre, datées du Lions (fouilles Mordant et Gouge, page industriel pour la seconde. Ces
Dryas III et du début du Préboréal deux procédures, quant au déroule1963-1989) de Barbey-Misy (fouilles
(Bodu et Valentin, sous presse). Mordant, Gouge et Renaud, 1971- ment des travaux ultérieurs, ont eu
1992) du tracé autoroutier A5. Juste évidemment une incidence détermiC'est dans une région dont le
peuplement tardiglaciaire apparaît en aval, dans le secteur du confluent, nante, en termes de moyens humains
on retrouve une ambiance plus et financiers, de délais ; les questions donc de plus en plus dense et divers
proche de la vallée de l'Yonne avec scientifiques restent pourtant les ifié, qu'ont été découverts les deux
notamment les sites néolithiques, gisements magdaléniens de Ma- mêmes, comme on le verra.
protohistoriques et historiques de rolles-sur-Seine.
Cannes-Écluse (fouilles Jalmain, • Contexte
Baron, Robert, Bontillot, Mordant..., géo-morphologique • Les recherches dans la 1960-1971). En dehors de la zone de (V. D. et V. K.) Bassée (D. M.) Marolles les seules découvertes an
La confluence de la Seine et de térieures au Néolithique concernent l'Yonne a lieu au niveau de Monte- Ces deux sites, à quelques kil des artefacts en silex issus des allomètres en amont du confluent Seine- reau-fault-Yonne, quelques kiluvions (Gravon industrie du Paléoli
Yonne, appartiennent à l'extrémité omètres en amont du site préhistothique moyen) ou des restes d'occu rique de Pincevent (fig. 1 et 2). occidentale de la Bassée (fig. 2). pations de chasseurs-pêcheurs
L'interfluve est encadré au Nord par Vaste pleine alluviale de la Seine mésolithiques conservés en milieu le Plateau Briard et la cuesta d'Ile- s'étendant entre le confluent de humide à la base de paléo-chenaux
de-France, au Sud par le Plateau du tourbeux du Boréal (Mordant C. et l'Aube et de l'Yonne, sur 60 km, Gâtinais. La Seine sert de gouttière cette région se caractérise par un D., 1990 Mordant D., 1991) voire
le long de la cuesta d'Ile-de-France, fond de vallée large de 3 à 6 km of des éléments remaniés d'une indust alors que l'Yonne coupe orthogona- rie microlithique (Cannes-Écluse frant des dômes sablo-graveleux ac lement cette cuesta. La confluence tivement exploités depuis les années remplissage de structures protohis
correspond au prolongement le plus soixante. Par contre, le secteur de toriques). Quant à la nappe de Mar
occidental du Plateau du Sénonais. olles, au potentiel pourtant promettMarolles-Sud se caractérise par une
nappe interfluviale plus élevée (Car- eur, il a fallu attendre une trentaine La cuesta d'Ile-de-France et le
tographiée fx-y), dont les graviers d'années de terrassements divers bord du Plateau du Gâtinais culminent ;
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respectivement à 160 m et à près de
110 m d'altitude N.G.F. Le plateau Sé-
nonais culmine à 220 m. A la hauteur
de Marolles-sur-Seine, la plaine allu
SECTEUR N°3 viale de la Seine s'établit entre 49 m et
50 m et celle de l'Yonne 50 m et
51 m.
L'interfluve présente une morpholog
ie très contrastée le long de la Seine,
marquée par des buttes de sables cu SECTEUR N 2
lminant à 55,2 m et des creux à 50 m.
Le long de l'Yonne, le relief est plus
plat entre 52,5 m et 53 m.
Les deux sites se trouvent sur
cette interfluve (fig. n° 2), le « Tureau
des Gardes » au bord de la Seine, et
« le Grand Canton » au bord de
l'Yonne à environ 3 km en amont de
la confluence de ces deux fleuves.
Fig. 3 - Marolles-sur-Seine, Le Grand-Canton. Implantation dés différents secteurs fouillés. LE GRAND CANTON
• Méthodologie et • Contexte stratigraphique thique supérieur. Un sol brun lessivé
déroulement de la fouille s'est développé sur cette couche (V. D. et V. K.)
(P. A. et J.-L R.) lors de l'Holocène. Parmi l'ensemble des relevés stra- — couche 1 : horizon humifère L'opération archéologique A5 se tigraphiques effectués, deux tran actuel Ap (53,5 m NGF). déroule suivant un schéma d'inte chées 085 et 134, situées respectivervention spécifique divisé en trois ment au niveau de la première et de • Tranchée 134 (deuxième phase de phases : évaluation par prospection la deuxième zone de fouille seront fouille) (fig. 4) pédestre systématique, puis dia décrites (Rieu et al., 1990 Alix et al., Les dépôts identifiés dans cette gnostic approfondi et, compte tenu 1992). tranchée 134 sur une épaisseur maxides résultats, mise en place d'une
male de 3,2 m peuvent être subdivisés fouille de sauvetage programmé. • Tranchée 085 (premiere phase de
en 1 0 couches Le futur tracé autoroutier, sur la fouille) (fig. 4)
— couche 10 : injections de craie commune de Marolles, a donc fait La partie sommitale incomplète
liées à la géliturbation remontant l'objet, dans un premier temps, de correspond à la surface de déca
jusqu'à une altitude de 51,16 m NGF, prospections. Un diagnostic plus ap page. Le relevé stratigraphique per le toit du substratum ayant été repéré profondi, par sondages systémat met de distinguer cinq types de dé
à 46 m NGF. iques à la pelle mécanique, a été en pôts, du bas vers le haut, sur une
trepris sur certains secteurs, en — couche 9 : argiles de décalcificatépaisseur maximale de 2,5 m
fonction des indices de surface et ion. — couche 8 : épais ensemble de des données géomorphologiques. — couche 8 : dépôts de graviers et dépôts grossiers (graviers et sables Une « fouille test » a permis de lités) fortement affectés par la gélitur- sables fortement géliturbés conduiconclure à la nécessité d'une inte bation qui crée une topographie en sant à l'apparition de buttes et de dérvention en sauvetage programmé. Le cuvettes et buttes. Une phase ero pression. Une phase d'érosion rsite a donc été décapé au plus près sive tronque en partie les derniers eprend ces dépôts au fond des du sol paléolithique avec une pelle dépôts dans les creux à une altitude cuvettes à 50,7 m NGF. mécanique munie d'un godet lisse. de 51 ,4 m NGF. — couche 7 : dépôts brun-jaune En raison des contraintes inhérentes — couche 7 : mise en place sur la évoluant des sables graveleux aux au sauvetage, les méthodes de
microtopographie locale de limons limons, d'un bord à l'autre de la cufouille et de relevé ont été adaptées, sableux suivis d'une deuxième phase vette, recreusés asymétriquement par notamment en fonction de la qualité érosive. une deuxième phase érosive. des structures. Le site, divisé en sec
— couche 5 : niveaux d'accumul — couche 6 : les bordures de la cutions de 25 mètres de côté a fait
ation de carbonates résultant de vette, suffisamment préservées des l'objet d'une fouille fine, sans tami
sage, accompagnée d'un contrôle l'évolution pédologique des niveaux apports en eau, ont développé un sol
stratigraphique permanent, sur mille sus-jacents. gris tassé et préservé les résidus d'un
premier niveau archéologique daté du mètres carrés, répartis en trois sec — couche 2 : limons sableux et
teurs (fig. 3). Paléolithique supérieur. cailloutis de colluvion, installés au
— couche 3 : limons sableux sein de la cuvette et recouvrant unCette adaptation des méthodes
de fouilles planigraphiques à un iformément les dépôts, sauf la butte jaunes à la base, brun-rouge (couche
émergeant dans la partie nord de la 2) sur tout le reste du comblement tercontexte de sauvetage a permis de
fouiller rapidement une grande sur tranchée. Ils contiennent les pre minal de la cuvette. Une seconde oc
cupation magdalénienne a été fossili- face. miers éléments datés du :
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de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1993 / TOME 90, n= 3 199 Bulletin
Tranché. 0Я5
Х//Л 1. limon brun-gris Ap. ОШ 6. lambeau de toi.
Il II 2. sol brun holocène. 2b. ni' ГТТП 7. limon sableux jaune.
ИИ1 3. limon sableul jaune. ES) 8. nappe alluviale gililurbet.
lllll 4. horizon argilique. H 9. argiles brunes de decilciricilion.
CID S. horizon d'accumulation de СаСОЗ. GKJ 10. injections de craie.
Tranchée 1.14
suo NORD
dessins : V. Děloze
S 10 9 8 7 6
Fig. 4 - Marolles-sur-Seine, Le Grand-Canton. Stratigraphie (étoiles pièces du Paléolithique supérieur).
sée au fond de la cuvette et sur ces en conservant les structures en truction du site par les labours ainsi
bordures correspondant au niveau cuvettes. que la rupture de pente de la cu
fouillé. Un sol brun lessivé, à horizon vette, présentent la plus forte densité Une deuxième phase de dépôts
calcique (couche 5) surmonte un hor d'artefacts. Les restes osseux se rélimono-sableux brun-jaune a régulièr
izon argilique (couche 4) et hydro- partissent d'une manière assez lâche ement rempli les structures en cuvette,
morphe localisé au fond de la cuvette. sur cette partie du site, à l'exception sans faire apparaître de rupture dans
Vers le haut de ces limons sableux de deux catégories particulières : les le processus de sédimentation. Au
brun-rouge se distingue un niveau de os des pattes antérieures et les sésommet de ces dépôts s'est déve
teinte plus foncée (couche 2 b). Des ries dentaires doubles. Les pierres loppé un sol brun-rouge lessivé. Il ren
éléments lithiques magdaléniens ont chauffées, assez nombreuses, sont ferme un deuxième niveau magdalén
été trouvés sur toute l'épaisseur de moins fractionnées que sur les ien caractérisé par la présence de
ces dépôts. autres secteurs fouillés, sauf dans la nombreux éléments lithiques et os
partie est de la section 2. Le silex est — couche 1 : limons brun-gris hu- seux, mais aussi de foyers.
représenté par de gros éléments (numifères Ap recouvrant le tout (surface La stratigraphie du gisement cleus, éclats de préparation, taactuelle à une altitude de 53,40 m s'achève par un horizon humifère Ap blettes, lames...) avec un très faible NGF). épais d'une quarantaine de centi pourcentage d'esquilles et de micromètres. • Synthèse éclats. Les outils sont peu nomb
reux, mais la proportion de lames L'étude stratigraphique du site a
brutes peut être mise en relation tout d'abord montré que le substra • Étude spatiale
avec une possible activité de décar- (P. A. et J.-L R.) tum crayeux du Campanien supérieur
nisation. a été remonté par d'intenses phéno
L'occupation magdalénienne s'est mènes de géliturbation jusqu'à A l'opposé du secteur précédemfaite sur un relief accidenté de buttes 51,16 m NGF au travers de l'épaisse ment décrit, le deuxième secteur de šablon et de cuvettes, témoins de nappe alluviale de l'Yonne (5 à 6 m). présente une répartition assez hétépaléo-chenaux anastomosés. Cette dernière est représentée par les rogène du matériel. Dans certaines
dépôts plus ou moins grossiers, allant Des perturbations nombreuses et zones, son apparente inorganisation
des graviers et galets aux argiles litées variées ont irrémédiablement per s'explique probablement par les dé
en passant par les sables, et s'affinant turbé voire détruit le site sur des sur pôts d'occupations successives,
de plus en plus vers le haut de la faces importantes. Cependant de sans doute très rapprochées dans le
nappe. Le gel a constitué une topo larges plages de site en place subsis temps. Les Magdaléniens, dans ce
graphie locale en buttes et cuvettes, tent et nous ont donné l'impression secteur, ont occupé une vaste cuqui ont été tronquées ensuite par une d'une véritable organisation dans la vette dont les rebords n'ont pas été
première phase érosive. répartition des témoins le fond de la totalement détruits par les labours
cuvette en section 18 (fig. 5) en est un Une première nappe de dépôts (fig. 5). Même si nous retrouvons des
exemple. limono-sableux jaunes est venue en vestiges sur la totalité de sa surface
vahir le secteur. Sur les bordures de Sur le premier secteur de fouille (environ 800 m2), le fond de la cu
cuvettes, il y a eu développement de l'ensemble du matériel archéolo vette ainsi que la pente la plus douce
sols gris et installation des premiers gique se répartit selon un plan légè à l'Ouest ont été préférentiellement
magdaléniens. Une deuxième phase rement hémicirculaire la limite nord, occupés. Dans ces zones les diff
érences de densité organisent l'es- érosive a tronqué ces dépôts tout qui correspond à la limite de '
1

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* 1
Structures de combustion
/ industrie lithique
Fig. 5 - Marolles-sur-Seine, Le Grand Canton. Plan de la section 18.
pace, indépendamment des diff qu'en secteur 1. La densité d'outils pierres chauffées, en couronnes di
érentes catégories de matériel. De par mètre carré est sensiblement la ffuses autour des structures de com
même sur les deux secteurs, et les bustion ou dans ces zones d'évanombreuses structures de combust
esquilles sont également peu nombion ont semble-t-il polarisé des acti cuation, résulte de l'entretien et de la
vités diverses et spécialisées, qui se reuses. réorganisation de ces foyers. Autour
traduisent par une abondance de des foyers les vestiges retrouvés Chacune de ces zones fouillées a
l'outillage et des zones de rejet et sont essentiellement des silex et des sans doute connu des activités bien
d'évacuation. pierres chauffées, alors que dans les spécifiques, qui ont laissé des t
zones à forte densité de vestiges émoins variés, en plus ou moins Le troisième secteur, sur la pente (zones de rejet) les témoins osseux grande quantité et organisés de did'une autre cuvette, a été fouillé sur sont prépondérants. fférentes manières. Toutefois le 156 m2 la répartition et la densité
deuxième secteur semble avoir cendu matériel diffèrent sensiblement
tralisé un nombre plus important • Les témoins et les de ce que l'on a observé sur les
d'activités domestiques. Nous de structures de combustion deux autres. Le matériel archéolo
vons cependant rester prudents (P. A. etJ.-L R.) gique, peu abondant, comprend
dans nos appréciations car nous depresque exclusivement des pierres • Les pierres chauffées vons tenir compte d'une succession chauffées, organisées ou non en pe
possible et variable d'occupations tites structures, et des éléments d'in Les vestiges liés au feu sont pour ainsi que d'une conservation diffédustrie lithique. Les témoins osseux l'essentiel des pierres chauffées. rentielle de la faune suivant tes secsont rares et très mai conservés. Ce Nous pouvons classer ces témoins
teurs, parfois en leur sein même. sont essentiellement des fragments en deux ensembles les pierres
Dans les endroits les mieux de mâchoires et quelques chauffées rentrant dans la composit
de diaphyses. Sur ce secteur, la conservés, la concentration des acti ion des structures et celles éparp
seule espèce pour l'instant reconnue vités techniques autour des foyers se illées sur le sol. Pour le secteur 1,
matérialise par un nombre important est le cheval. Aucune concentration dépourvu de structures, nous en dé
notable de silex n'a été relevée. Les d'outils. Dans les zones d'évacuation nombrons 1 333 pour un poids d'en
produits de débitage, les nucleus et proches, nous retrouvons des t viron 280 kg. Le deuxième secteur
les éclats de préparation sont pr émoins d'activités de façonnage ainsi regroupe à peu près 440 kg de
que de débitage. La présence de pierres ou éclats thermiques aux- oportionnellement moins nombreux :
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quels nous pouvons ajouter 450 kg
de pierres se rattachant aux struc
tures. Quant au troisième secteur il
nous a livré 140 kg de pierres chauf
fées parmi lesquels 25 kg entrent
dans la composition de trois en
sembles.
Une partie des matériaux provient
des formations cristallines du Mor-
van : ce sont des roches plutoniques
et effusives (granite, microgranite,
gneiss, quartz...). Pour une autre
part ce sont des éléments apparte
nant à des formations résiduelles l
ocales, voire régionales qui ont été
utilisées (calcaire et meulières de
Brie, grès tertiaire, calcaire second
aire de la vallée de l'Yonne). Tous
ces éléments existent à l'état de ga
lets dans les formations alluviales de
l'Yonne, voire aussi pour les grès,
calcaires et meulières, en affleur
ements sur les versants du plateau
environnant.
• Les structures
Les ensembles de pierres chauf
fées se scindent en trois groupes
bien distincts avec tout d'abord une
catégorie comprenant des structures
de combustion et une autre regrou
pant de petits ensembles de pierres
chauffées dont la fonctionnalité ne
peut être déterminée avec certitude.
La troisième catégorie comprend les
vidanges ou rejets de foyers, où
quelques témoins osseux ou siliceux
sont associés aux pierres.
Les structures de combustion se
partagent elles-mêmes en deux
sous-catégories :
— des structures comprenant une
masse limitée de pierres (moins de
30 kg), plutôt périphériques aux pri Fig. 6 - Marolles-sur-Seine, Le Grand-Canton. Section 18, structure 1. ncipales zones d'activité, présentent
parfois une organisation en cou
ronne. Le module de ces pierres est
sien. Dans l'ensemble de ces struc observations suivantes la fouille généralement inférieur à 13 cm.
tures de combustion, les matériaux fine opérée sur ces ensembles nous — des structures importantes a montré que des éléments fau- employés sont de manière prépon(jusqu'à 77 kg), souvent construites niques non brûlés étaient bien imbrdérante des grès (83 % en moyenne) (exemple : structure 1 fig. 6), se r mais aussi des granites (14 %) ainsi iqués dans ces amas, et ne nous a etrouvent au cœur des principales que des calcaires, des quartz, des révélé ni traces charbonneuses, ni zones d'activité. Comme à Marsangy meulières, et quelques fragments de altération du limon sous-jacent. De (D-14, H-17, N-19), nous relevons de plus le faible module des pierres (iroches métamorphiques. Les petits grosses structures sans bordures ensembles de pierres chauffées nférieur à 7 cm) et leur inorganisation bien apparentes, que nous pouvons (deuxième catégorie) ne recèlent j plaident en faveur de l'hypothèse de classer typologiquement dans « les dépôts de rejets. La composition pé- amais plus de 10 kg de pierres au mofoyers-plans ou faiblement dénivelés, trographique de ces ensembles est dule parfois important (jusqu'à aux limites diffuses, caractérisés par sensiblement identique à celle des 25 cm). Ces pierres sont très grouune accumulation très importante de pées, rarement associées à des silex foyers. pierres » (Julien M. et alii, 1988). Ce ou à des os non brûlés, et jamais à L'importance des témoins liés au pendant, certaines structures ne pré des éléments brûlés. Le grès rentre à sentent aucune organisation lisible et feu nous indique que de nombreuses
92 % dans leur composition. sont assez différentes de celles re activités devaient lui être rattachées. Il
est vraisemblable que des structures ncontrées dans les différents gise La catégorie de rejets ou vidanges
ments magdaléniens du Bassin Pari- aient servi au traitement des viandes de foyers a été définie d'après les :
;
I
;
;
:
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1993 / TOME 90, n° 3 202
étant donné la quantité de gibier En revanche, l'action conjuguée une partie basilaire de bois de chute
chassé (plus de quatre-vingts che de différents agents naturels (acidité dont la surface altérée n'a pas permis
vaux). Certaines structures ont été du sol et destruction par des racines) d'identifier les stigmates techniques
au centre d'activités de taille et de marque très nettement la surface des d'un débitage anthropique (1). Ces
façonnage des outils. Cependant, os lorsqu'elle ne conduit pas à leur quatre pièces sont vraisemblable
l'absence presque totale de traces disparition totale. ment issues du même individu qui,
charbonneuses et de rubéfaction des d'après le bois recueilli, serait un Ce mauvais état de conservation limons sous-jacents aux structures jeune mâle adulte. général masque les éventuelles nous a sans doute empêché de loca traces anthropiques (de découpe, de Le Loup. Deux dents (première et liser certains foyers aux aménage deuxième molaires inférieures), attri- débitage...) ou animales (action des ments légers. rongeurs, des carnivores). Quelques buables à Canis Lupus, ont été re
rares fragments superficiellement cueillies en section 2. La présence du Au vu des déterminations réal
brûlés ont été identifiés. loup rejoint l'association loup-renne isées sur les pierres composant les
déjà constatée dans d'autres gisestructures, il semble que la collecte a La faune du Grand Canton se dis ments magdaléniens du Bassin pariété orientée sur le grès sans doute à tingue par l'écrasante prédominance sien. cause de son comportement ther du cheval sur les deux autres es
mique et mécanique. pèces (renne et loup) qui ne comport Si les vestiges fauniques nappent
ent que quelques fragments recon une grande partie des sections La masse totale élevée des
nus. fouillées, une première analyse pierres chauffées recueillies
montre une répartition spatiale (1 300 kg pour 1 000 m2), en ce Le Cheval. La plus grande partie proche des autres vestiges mais parcontexte d'alluvions peu grossières, des os du squelette est représentée fois plus regroupée. Elle met égaletémoigne de l'importance, chez les sur le site ce qui traduirait la pré ment en évidence l'existence de trois Magdaléniens, de la collecte des ma sence d'animaux entiers à l'origine. zones de forte concentration de tétériaux utilisables dans l'élaboration Les parties inférieures des membres moins. des structures de combustion. antérieurs et postérieurs offrent une
conservation tout à fait remarquable, Les différentes parties du squel
d'autant qu'il n'est pas rare de les r ette à'Equus caballus connaissent
• La faune (A. A.) etrouver en connexion anatomique. une répartition relativement lâche et
Les connexions les plus notables as sont disséminées sur l'ensemble du L'étude préliminaire du matériel socient, d'une part, la phalange et la gisement. Seules font exception faunique du secteur 1 du Grand Can phalange II et, d'autre part, la partie deux catégories de vestiges déjà mis ton a permis de mettre en évidence distale du tibia, le talus, le calcaneum en valeur par la qualité exceptionnquatre points principaux et la phalange I. On peut supposer elle de leur conservation les os
— le mauvais état de conservation que ces ensembles témoignent de des membres antérieurs et postér
général des vestiges osseux l'abandon de jarrets presque entiers. ieurs et les séries dentaires doubles.
Ces dernières, en effet, sont en maj— la très grande rareté des él Les dents sont majoritairement r orité situées aux abords immédiats éments brûlés ou portant des traces eprésentées par des jugales qui se des zones de forte concentration. techniques d'actions anthropiques présentent souvent sous la forme de Elles s'opposent ainsi aux séries — la très faible représentation nu séries dentaires. L'organisation et la simples plutôt localisées en périphérmérique des espèces (trois d'entre position anatomique respectée des ie de ces zones. De même, les telles ont été différenciées à ce jour) séries dentaires doubles (14) et la ibias, talus, calcaneum, métapodes et au sein de laquelle le genre Equus présence fréquente du petrus à phalanges occupent essentiellement représente à lui-seul plus de 95 % proximité, laissent supposer, qu'à ces zones denses et leurs abords du matériel osseux l'origine, les têtes ont été abandon immédiats. nées entières. A l'inverse, les séries — une répartition spatiale des
simples (42) marqueraient plutôt Ces observations sont encore vestiges assez lâche à l'exception de
l'existence de crânes disloqués par beaucoup trop restreintes pour trois zones de forte densité.
l'apport conjugué d'agents naturels conduire à une interprétation fiable.
L'état de conservation du matériel mais surtout anthropiques. On peut, toutefois, penser que la co
est marqué par la très forte fragment existence d'éléments en connexion et Les incisives, généralement isoation des os qui, associée à une de vestiges dispersés témoignerait lées, sont peu nombreuses (une vingconservation différentielle, a pour moins d'un traitement différencié que taine). conséquence une sur-représentation d'une succession des opérations
du matériel dentaire parmi les ves L'analyse des séries dentaires a dans le temps, facteur de la consertiges déterminables (près de 700 permis de déterminer la présence vation différentielle. Les vestiges attri-
dents ou fragments de dents). Tout possible d'une quinzaine d'individus buables au renne montrent une ré
efois, l'excellente conservation de adultes et de deux jeunes. partition spatiale particulièrement certains ossements des membres lâche puisque, par leurs extrêmes, ils Une étude approfondie, actuellantérieurs et postérieurs de che sont distants de plus d'une vingtaine ement menée par F. David et V. Eisen- vaux, fréquemment retrouvés en de mètres. mann, s'attache à la détermination connexion anatomique, conduit à des caractéristiques paléontolo- penser que l'intense fragmentation giques de cet Equus caballus. (1) L'élimination à la base des an- des autres parties du squelette tra douillers d'œil et de glace et le sectionneduirait davantage une action anthro- Le Renne. Quatre pièces osseuses ment sur le premier tiers du merrain appartiennent au genre Rangifer : pique (de boucherie) qu'une action évoque toutefois un déchet basilaire de
naturelle. deux talus, une première phalange et débitage. ;
Bulletin de la SOCIÉTÉ PREHISTORIQUE FRANÇAISE 1993 / TOME 90, rr 3 203
• Les éléments lithiques
non débités (P. A. et J.-L. R.)
Six fragments de fossiles (loges
de Nautile) ont été trouvés à la
fouille, associés ou non à un en
semble de pierres chauffées (fig. 7).
Aucune trace de combustion ne per
met de les interpréter comme des
lampes. Des loges de nautiles ont
été signalées en Belgique dans un
contexte magdalénien (grotte du Co-
léoptère, grotte de Rotch-al-Ru à
Waubert, Verlaine, etc.). Un
seul exemplaire a été répertorié pour
l'instant dans le sud-ouest de la
France, sur le site du Roc de Mar-
camps. Ces témoins de collecte de
céphalopodes dans un gisement du
Bassin parisien semblent donc une
exception. Les fragments trouvés
lors de la fouille peuvent provenir
aussi bien des formations juras
siques plus au sud, que du Crétacé
des environs de Montereau. Le nau
tile peut avoir été récolté par
l'homme in situ dans une formation
en place ou dans des alluvions.
• L'industrie lithique (fig. 8-11)
(P. В., M. P. et B. V.)
Une étude préliminaire a porté sur
un échantillon de 6 500 restes de
taille recueillis dans les trois secteurs
fouillés. Nous avons étudié en outre
434 outils du niveau principal, soit
l'ensemble des pièces provenant des
Fig. 7 - Marolles-sur-Seine, Le Grand Canton. « Godet » en test de nautile fossile. sections 1 et 2 et une sélection
d'exemplaires représentatifs des
sections 9 et 18. Les 600 produits
bruts et la vingtaine d'outils retou nappes voisines de l'Yonne et de la de dimensions réduites dont le potent
chés provenant du niveau inférieur iel était limité mais dont la morphologie Seine, est de qualité variable. Il existe
ont tous été examinés (2). naturelle n'exigeait pas de mise en une dizaine de lames brutes régulières
et d'outils dans un silex allochtone forme importante. Nous avons cherché à reconsti
d'origine tertiaire qui n'a pas été débité tuer les objectifs et les modalités du Dans les différentes zones étudiées,
sur le site. débitage en réalisant une lecture les dimensions moyennes et la qualité
technologique approfondie des outils des blocs ne sont pas toujours équivaUn tiers des blocs qui ont été ap
et des restes de taille (nucleus, lentes. Cette variation peut indiquer portés sur le site étaient de bonne
lames brutes et sous-produits). qualité et ont fait généralement que l'occupation de ces secteurs n'a
L'étude détaillée des outils a permis pas été simultanée. Mais elle est peut- l'objet d'une exploitation intensive.
de définir les critères de choix des être également la conséquence d'une Deux tiers des blocs sélectionnés
supports transformés et de décrire diversification des choix et des objectprésentaient des accidents internes
les caractéristiques stylistiques et t ifs qui résulterait d'une différenciation dus au gel. Ceux qui étaient total
ypologiques de l'industrie. ement failles ont éclaté lors des pre spatiale des activités.
mières percussions d'autres, moins • ÉTUDE TECHNOLOGIQUE - Les objectifs du débitage altérés, n'ont révélé leurs défauts
qu'au cours du débitage. L'abon L'outillage retouché a été fabriqué à - La matière première
93 % sur des lames et des lamelles. dance de ces blocs de qualité méPlus de 98 % des produits de débi diocre laisse penser que la collecte a Les sous-produits du débitage n'ont tage sont en silex secondaire d'origine été effectuée à proximité du site. été façonnés que très exceptionnellealluviale. Cette matière première qui ment. Si la majorité des blocs avaient une provient vraisemblablement des
Le premier objectif est la production longueur originelle comprise entre 12 et
de lames régulières. La longueur de ces 15 cm, quelques rares nucleus de plus (2) Nous n'avons pas présenté séparé de 20 cm ont été également débités. supports varie entre 5 et 16 cm. Ce sont ment les deux niveaux car leurs carac Les tailleurs ont aussi exploité des pet les lames de 8 à 10 cm qui sont les tères technologiques et typologiques sont
its rognons étroits ou des plaquettes mieux représentées (45 %). très proches.

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