Quelques traditions relatives aux pétroglyphes de Nouvelle-Calédonie - article ; n°2 ; vol.85, pg 221-234

De
Journal de la Société des océanistes - Année 1987 - Volume 85 - Numéro 2 - Pages 221-234
14 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1987
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Jean Monnin
Quelques traditions relatives aux pétroglyphes de Nouvelle-
Calédonie
In: Journal de la Société des océanistes. 85, 1987-2. pp. 221-234.
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Monnin Jean. Quelques traditions relatives aux pétroglyphes de Nouvelle-Calédonie. In: Journal de la Société des océanistes.
85, 1987-2. pp. 221-234.
doi : 10.3406/jso.1987.2581
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jso_0300-953X_1987_num_85_2_2581MISCELLANÉES
Quelques traditions relatives
aux pétroglyphes de Nouvelle-Calédonie
par
Jean MONNIN*
s'étale dans le temps car, dans des situations En 1980, dans les numéros 66-67 de mars-juin
comparables d'exposition à l'érosion, certains de cette revue, nous avons publié, avec Daniel
sont très apparents et d'autres à peine visFrimigacci, un premier inventaire des pétrogly
ibles ; il y a des exemples de cette situation en phes de Nouvelle-Calédonie (Grande-Terre et
Iles). Nous avions alors montré qu'une grande bord de mer, dans des zones soumises aux
embruns, mais aussi sur les pierres situées partie des dessins pouvait se regrouper en une
dans des cours d'eau, ou même exposées seutrentaine de catégories, dont certaines large
lement à la pluie ; cependant, cela ne permet ment dominantes. Par ailleurs, la répartition
pas de déduire des vitesses d'usure et de géographique de ces motifs permettait de pro
dater les signes. Quoi qu'il en soit, certains poser les observations suivantes, non infirmées
dessins ont été tracés à une époque suffisamdepuis :
ment récente pour qu'il en soit fait mention 1) Certains signes dits « régionaux » ne se
dans des traditions. rencontrent assez fréquemment que dans une
zone restreinte :
— Cercle unique : De des Pins et Mare
(fig. 1 : 1) ;
— Ellipse, ouverte ou fermée, plus ou moins
allongée et dont un segment du grand axe est
aussi gravé (fig. 1 : 2 et 3) : nord de la Grande-
Terre et Iles du Nord.
2) Quelques catégories de signes sont mieux
représentées que les autres sur l'ensemble du
territoire ; c'est le cas :
— De la croix simple (catégorie n° 3 ; fig. 1 :
4) et dans une moindre mesure, des autres fo
rmes de croix (par exemple 5 et 6 de la fig. 1) ;
— Des cupules (catégorie n° 7), qui se pré
sentent souvent sous forme d'alignements ;
— Des spirales n° 1 ; fig. 1 : 7).
Nos recherches ont, depuis, permis de comp
léter la répartition des sites à pétroglypnes
(fig. 2) et, en doublant le nombre de signes
répertoriés, de vérifier la validité statistique de
nos premières observations (fig. 3) ; les techni
ques de tracé des pétroglyphes ont été étu
diées, entre autres grâce à l'expérimentation
(fig. 4).
Figure 1 : Signes régionaux : 1 à 3 ; signes n semble que l'exécution des pétroglyphes
représentés sur l'ensemble du territoire :
n° 4 à 7.
* Doctorant à l'Université Paris I. SOCIÉTÉ DES OCÉANISTES 222
Figure 2 : Répartition des sites à pétrogly
phes (indiqués par des points) ; les lettres de
grande taille représentent des régions
regroupant un grand nombre de zones, elles-
mêmes indiquées par des abréviations (peti
tes lettres, voir figure 3). N (Nord); W
(Ouest) ; E (Est) ; S (Sud) ; K (Kunie = Ile des
Pins) ; (Loyauté).
des récits collectés depuis, et la description ou Les Pétroglyphes dans les traditions la reproduction de plusieurs des gravures qui
y sont associées. Dans la publication précédente nous avions Les traditions que nous rapportons ici ont été présenté : regroupées par thèmes permettant de se repé— une tradition à Léon (Mare) relative à la rer plus facilement ; plusieurs de ces thèmes
gravure en bord de mer de deux dessins de auraient pu être illustrés par les mêmes poisson, dont un déjà signalé par Dubois MJ. exemples.
(1975) ; Les informations émanent d'habitants mélanés
— le comptage, d'après la tradition, des femiens originaires des endroits où se trouvent les mes du chef Kanake, à Tabé (Tchamba, site E. pétroglyphes ; le plus souvent l'informateur est PE. 009) ; le dessin correspondant est formé de un « vieux » (c'est-à-dire en général un homme
rangées de cupules ; âgé, chef de lignage ou de clan) ; même si — un rocher décoré d'une croix et d'une l'autorité coutumière est théoriquement passée rangée de cupules dans la rivière Néaoua au fils ou au petit-fils, le « vieux » est toujours (Houaïlou, site E.HU.007) et rattaché directe la référence. ment à un récit évoquant les liens des gens de
la région avec ceux vivant plus au sud
(Kouaoua et Canala) ; Les interprétations restreintes — les ressemblances entre des signes trou
vés dans différents sites (deux Ouvéa, un à Deux types d'interprétations immédiates nous Belep, un à Hienghène), endroits entre lesquels sont fournis sur le terrain par nos informateurs.
il existe par ailleurs des liens traditionnels ; 1) Le premier concerne l'explication de l'or— un passage de Notes d'ethnologie néo igine des dessins :
calédonienne (Leenhardt, 1930) où l'auteur
donne deux interprétations, recueillies par lui « Ce sont les "wiônè" qui ont fait cela, ont dit
directement, sur les cupules : les vieux, du temps où les hommes ne savaient
« marque de serment (kibo), liant deux partis », pas encore ce qu'ils faisaient ; ce sont quand
« traces restant après un concours de souffle ». même les ancêtres, les vieux des ténèbres, des
vieux estimés. » (Explication recueillie à Kouaoua). Ces traditions, et quelques autres, furent
— « Ces cailloux-là (avec gravures) : c'est là pour nous (Daniel Frimigacci et Jean Monnin)
que les vieux faisaient l'école, c'est leur école des indices sérieux permettant de penser que avant » (« Pumara Bwarère ; Aounu, Kouaoua). les pétroglyphes n'étaient probablement pas — « Nos ancêtres les plus lointains, les « gnto- étrangers à la culture mélanésienne, contraire mîhgnîn », ils ne parlent pas. Ils sont nés dans les ment à ce qu'avaient affirmé dans le passé plu pierres et dans les bois... ; c'est eux qui ont fait sieurs auteurs ; elles ne suffisaient pas à le les dessins, les signes peints ; lés pétrophyphes
démontrer mais encourageaient à en poursui c'est les hommes (c'est-à-dire nos ancêtres, mais
vre la recension. qui sont venus après les "gnîhmîhgnîh"). » (Emile
Kavivioro, Bâ, Houaïlou). Dans les paragraphes suivants nous donnons MISCELLANÉES 223
—«Un vieux disait que c'était la même per les qui retombent. » (Tchamba ; motif 8, fig. 1.)
sonne qui avait gravé tous ceux de la rivière à Un motif est reconnu à Montfaoué (Poya),
Tarai. » (Ni, Bourail). comme la buse, totem d'un clan (motif 9, fig. 1.)
— « La vieille (la sorcière Shokaw), c'est elle qui Le motif 10 de la fig. 1 est une carapace de écrit les signes peints de Shabadan (Mare, site tortue (Koua, près de Kouaoua). L.MA.001). Si elle en fait un, c'est sûr que les
"«îles des Pins" vont venir.» (Voir la tradition
«la spirale est la liane qui s'enroule sur elle- citée dans Dubois (1975).) même, à terre, totem des familles Ayawa (et Kavi-
vioro) : si on saute par-dessus, on se perd dans Ce dernier cas est particulier : la tradition la forêt ; quand on trouve quelque chose comme parle de signes peints, qui existent bien à Sha çà, il faut en faire le tour. » (Bâ, Houaflou). badan, sur l'arrière d'un rocher par rapport à
la mer (fig. 3 et 4). Mais par ailleurs il y a au Il y a beaucoup d'autres interprétations du
pied de ce même rocher des signes gravés même genre. La plupart sont faites dans une
sur la dalle du rivage (pétroglyphes donc), conversation courante, sans rattachement explidont ne parlent pas explicitement les vieux, cite à un récit, mais en référence à tout un
mais qui sont évidemment en relation avec la environnement traditionnel (le lézard, le requin, même tradition puisque plusieurs de ces signes la liane, le taro...). Ces données ne sont pas sont de ceux que l'on trouve justement à l'Ile à négliger car elles livrent des éléments de des Pins. On sait aussi que les débarquements compréhension, dans une culture où tout est
au rivage se font en des points précis dépen signe. Elles restent toutefois de peu de secours
dant des relations de clans. dans une recherche d'un système complet
On voit que : d'explication du phénomène «pétroglyphes».
— Ces informations renvoient la réalisation On peut les retenir comme des variations
des dessins gravés à des ancêtres lointains ; « libres » à l'intérieur d'un cadre culturel défini.
— Les signes peints, eux, sont plus facil
ement admis comme récents, mais leurs auteurs
ne sont pas humains ;
— Dans les deux cas ce sont des «vieux»
qui disent que leurs « vieux » leur ont dit... ; il
y a bien transmission d'un savoir. 1 1
2) Des explications sur les formes de X gravures.
Il s'agit le plus souvent d'interprétations
individuelles au vu des dessins.
4 « Spirale se dif'gaïcawi", parce qu'on a des Signas paints è 2 m du sol 20 ca tubercules qui ont cette forme quand on les
coupe. » (Gourao, Bourail) (cf. motif 8, fig. 1).
Un dessin est interprété comme « la canne à
sucre, car on voit la fleur en haut et des Flgtro 3 : Shabadan.
Figure 4 : Shabadan. SOCIÉTÉ DES OCÉANISTES 224
Liens avec contes et mythes Relations
Nous abordons maintenant ce qui semble Des pétroglyphes sont clairement indiqués
être l'essentiel d'un système d'explications sur dans des récits traditionnels. C'est le cas des
les pétroglyphes. traces diverses laissées par des esprits,
Par le mot « relations » nous désignons ici tout géants, des sorcières. Les marques de pas, les
ce qui se rapporte aux liens, échanges, voistraces de sagaie, ... entrent dans tout un
inage entre les hommes (entre clans, familles, ensemble de marques inscrites le cadre
populations de langues ou zones différentes,...). naturel et traduites par :
Nous présentons ces relations sous divers — la forme particulière d'un rocher,
aspects, pour les besoins de l'exposé. En fait — l'existence d'une série dHots dans la mer,
les recoupements sont multiples et souvent — une plaque de « terre rouge »,
évidents. — des marques dans le sol de terre dure,
— etc.
1) Traditions évoquant des parentés on des
alliances matrimoniales A Tchamba
« Naboumé a voulu tuer sa femme, elle a évité Exemple 1 : tradition rapportée par Daniel la sagaie ; on voit la trace du pied de la femme Frimigacci (JSO 66-67, p. 51) parlant de deux et celle de la sagaie ; et la femme s'est sauvée sites à pétroglyphes de Mouli et d'unité (tous dans la lune. » deux à Ouvéa), où il existe justement des des
sins semblables. Par ailleurs des rapports de
A Ouaïème parenté avec les gens d'Unie nous ont été
« II y a un esprit qui peut se changer de temps décrits à Paraouyé (Houaflou) :
en temps en une vraie personne ; on voit
l'empreinte de son pied droit (site N.OM.004) ; et « Le vieux Pascal Gowe Meu (cf. Guiart, 1963, du bâton (site N.OM.006) ; quand il se p. 59) est d'Ouvéa, c'est un « Samoa » ; il sort déplace comme cela il va à Tipindjé ; c'est un directement d'Unetch (Unie), de ceux qui ne mangéant, il peut se transformer en géant, en requin, gent pas le requin ; à la pêche, on suit toujours c'est le gardien de la vallée ; l'empreinte du pied la lumière qui est devant le requin ; l'endroit où gauche est sur les récifs en bas ; une autre trace l'on trace les dessins était un endroit d'habitation de son pied se trouve à Tipindjé ; son nom est et de refuge en temps de guerre... Unu est un Waï-Waï : c'est le gardien de la sortie pour les nom de famille à Ouvéa (Teula : Unetch) ; c'est gens qui viennent de Ouaïème vers Hienghène. » aussi le nom du bois où l'on attache les prison
niers pour faire le four ; à Houaûou c'est le nom
du bois où le vieux attache son bateau ; il y a A Touaourou on explique aussi une famille Unu à Mê (cf. Guiart, 1963, « A Bolakuiè on voit la trace de la pierre lan p. 55) ; toute la passe de Unetch leur appartient cée par la vieille contre le garçon : cette vieille mais maintenant ils sont près de l'église est connue de tous ; elle est méchante ; la Saint-Joseph. » attrapait les enfants avec sa longue poitrine et tout
le monde en avait peur ; le garçon venait sur la
Le vieil informateur de Paraouyé est Jean plage pour lui envoyer des sagaies et la vieille
envoyait des pierres plates ; à Pékina, il y a la Neje dont ceux d'Unetch sont les neveux. Or
trace du pied de la vieille quand elle a lancé le un des signes gravés à Paraouyé est sembla
caillou (près du sixième sapin en partant de la ble à ceux d'Unie.
mer). » (Extrait.) Exemple 2 : Tabé (Tchamba) ; les cupules y
dénombrent les femmes du chef QSO, 66-67,
p. 51 ; fig. 5). Les « traces » se trouvent dans tout le pays.
Celles de pieds sont les plus fréquentes (nous
en connaissons à Bondé, Pouébo, Ouvéa,...). La
plupart ont une forme approchée de pied. Il
y a même une pierre gravée de cette façon
au musée de Nouméa. Certaines sont plus
grandes qu'une trace de pied humain (par
exemple à la Ouaïème). Ce ne sont pas des
dessins de contours de pied, mais des formes
pleines, comme imprimées par pression. Elles Fignre 5 : Signes gravés dans la rivière peuvent avoir été aménagées à partir d'irré Tchamba (Tabé). gularités préexistantes de la roche.
Bien que nous soyons ici à la limite de ce
que l'on peut appeler des pétroglyphes (qui Exemple 3 : Néawa (Houaflou) ; un rocher
sont dans la quasi-totalité des cas des sillons dans la rivière porte un reste de croix simple
creusés dans la roche), certaines de ces réa enveloppée (fig. 1, motif 4) et des rangées cour
lisations sont vraiment des gravures (par exemp bes de cupules.
le la trace de la sagaie à Ouaïème). D'après la tradition : MISCELLANÉES 225
A Hya (Touaourou, site S.TY.001) en bord de «Une femme de Hnainlé (cascade après Poé)
était mariée à Ouengo (entre Canala et Kouaoua). mer, se trouve un groupe de cupules que l'on
Une fois, elle voulut revenir voir ses parents à peut atteindre en tendant le bras vertical
Hnainlé ; elle est venue pendant la nuit avec ses ement ; chaque « trou » y représente la hauteur
deux filles (de façon à ne pas être vue). Elles ont d'une personne ; anciennement les gens du remonté la rivière. Les deux filles traînaient, sur sud (Touaourou, Goro) et ceux du nord (Waho, tout la plus petite. La mère et l'aînée étaient Unia) venaient s'y mesurer quand « ils étaient devant ; elles voulaient venir en secret pendant en désaccord pour savoir qui était le plus la nuit. A force d'attendre la cadette qui traînait,
grand » ; en bas du rocher il y a l'emplacement elles se sont fait surprendre par le lever du jour.
Et elles devenues rocher dans la rivière. On pour poser le pied.
les y voit encore : la mère est le plus gros rocher.
Le rocher où sont les dessins, c'est la fille aînée,
la reine. » 4) Certains dessins sont la marque d'un
passage d'un «*ia** <ian« one
Ceci n'est d'ailleurs qu'une version très rés tion dont les détails sont donnés
umée d'une longue histoire que nous a raconté A Emma (Canala), Antonin Pwedi Nexiti, au le vieux Guillaume Euribeinri, histoire faisant nom du vieux Nicolas Bwarato, son oncle, intervenir plusieurs personnages dont le Grand décrit le chemin parcouru avec lui pendant Chef de Canala. Les pierres à gravures de la une journée (où l'on avait refait une partie des Kamoui (cf. Luquet, 1926, p. 79) et les pierres déplacements du clan) ; il en vient à parler du environnantes se rapportent à une tradition rocher du « trou d'eau du poulpe » (site semblable. E.CA.041) :
2) Traditions à propos de lieux d'arrivée, « Pour les dessins du caillou, il y en a un dont de débarquement l'autre bout est à Houaïlou, des oncles à moi, en
bord de mer ; mes oncles d'ici s'appellent Mèèa C'est le cas des groupes de traditions évo
et mes oncles de Houaïlou Méévê. Les liens exisqués par D. Frimigacci (JSO, 66-67) entre cer
tent toujours avec eux, même si le fil a été coupé tains sites de Bélep, de Hienghène et d'Ouvéa, par des guerres et avec l'arrivée des où les signes gravés sont semblables. européens. » C'est le cas de Shabadane (Mare) déjà
signalé. A Montfaoué (Poya), Xavier Koea rapporte : — Cela est sans doute le cas du site de Wila
(Mare ; L.MA.002) ; on y trouve gravés sur la « La tradition est que certains dessins sont le plage un poisson, une tortue et un dessin non signe du clan, du totem ; on le reconnaît même identifié (tas de vivre ?), chacun accompagné si on n'est pas de la même langue ; un dessin
d'un dénombrement par des cupules soigneu précis du site W.P0.017 à Wrilleura représente
sement alignées en rangées parallèles d'éga le tonnerre et montre même les trois pierres di
les longueurs (fig. 6). fférentes du tonnerre, celle pour faire pleuvoir,
celle pour la foudre, celle pour partir à la guerre
et brûler le camp des ennemis ; si on ne s'en sert 3) Quelques lieux sont des endroits où Ton
pas, on met une « barrière » pour en annuler « se mesure » (où l'on s'affronte) l'effet ; quand on les bouge c'est avec un médi
Maurice Leenhardt l'évoque pour les « con cament. » (La barrière est aussi gravée sur le
cours de souffle » ; dessin.)
Figure 6 : Léon (Mare) : signes gravés sur la
plage près de Léon. 226 SOCIÉTÉ DES OCÉANISTES
A Tibarama, « C'est là que l'on rentre pour sortir à Kouaré ;
« une famille est venue de Tchamba, est passée le caillou c'est la femme de Keremo (montagne
par Napowimien, l'aîné de la famille Wimien est de Kua). »
passé par ici et a marqué son signe pour dire
qu'il était descendu vers Tibarama et qu'ils vont A Paréo (Colnett) il y a un rocher que les s'installer sur la côte ; et l'autre a descendu la Travaux Publics ont fait sauter ; c'est l'endroit rivière Napowimien et est au village de Poindi- (porte) de l'entrée du « diable » pour le chemin mié (qui est Pwîndiwimia). »
qui va vers la montagne et qui sort au pied de
la forêt dans la chaîne, là où il y a des dess5) Des traditions parlent de « passages son- ins, mais où c'est tabou : quand on y va à la terrains » entre des lieux différents voire des
chasse, on passe au-dessus ou en dessous, ▼allées différentes
mais on n'y va pas sinon on ne ramène aucun
Bien que ces passages ne puissent être gibier. »
empruntes au sens physique du terme, leur A Kaladji (Nakéty, site E.CA.031) une pierre
mention dans des récits prend appui sur des est ornée d'une dizaine de cupules alignées :
éléments géologiques du paysage (même on y faisait un « dessin » à chaque fois qu'un
aspect des roches par exemple) et surtout sur clan venait (de toute la région) ; le grand-père
des éléments de parenté ; du vieil informateur (Apori Mwindoo) en faisait ;
A Kaladji (Nakéty, site E.CA.032), Kwîhpepe
est l'endroit où les vieux entraient dans le « II était chef à cet endroit ; on a arrêté à l'arr
rocher pour sortir à Wyôn (Windo à Thio) ; et ivée de la religion [l'église de Nakéty a été const
près de cette « entrée » passe le sentier qui va ruite en 1881] ; on faisait un trou [une cupule]
vers Windo ; en ce même endroit, le « vieux » quand il y avait une coutume faite au chef ; par
(le totem-lézard) a posé son pied pour ouvrir exemple quand il y avait une bonne récolte
d'ignames, à une naissance, quand on voulait le canal (pour l'irrigation en eau de la tribu) ;
honorer le chef parce que c'était lui le chef ; un A Paraouyé (Houaïlou, site E.HU.044), des trous c'est le poisson qui s'appelle Bwiméa l'endroit indiqué par plusieurs rangées de (un don de poisson du « trou d'eau » de Bwiméa, cupules est celui de la première entrée — ou c'est-à-dire des gens de la région de ce trou sortie — de l'intérieur de la montagne où sont d'eau). »
les vieux ; un peu plus loin, d'autres dessins
marquent la place où A Netchaot (Koné, site W.K0.001), en partant
de Poindah et en remontant la vallée, on arrive « un homme et sa femme sont entrés ; ils y ont au confluent des rivières de Netchaot et de passé la semaine ; ils ont trouvé des gens dans
Paouta. Si on suit cette dernière vers l'amont le caillou : on y fait le four ; c'est pour la famille
sur environ un kilomètre, on passe successiveNinikani ; pour entrer et pour sortir on dit :
ment trois sites à cupules. Le 3e se présente « ouvre-toi ; ferme-toi » ; ils sont restés dans le cail
lou, il y a un tabou dedans ; puis ils sont ressor sous la forme de rangées verticales de cupul
ts avec des bananes cuites au four. » es encadrant une petite cascade de 2 m de
hauteur, dont l'eau tombe directement sur xm
A Camp Jacob (Thio ; cf. Luquet, 1926, p. 106, très beau plan d'eau d'une trentaine de mètres
site E.TH.010) il y a des dessins sur le rocher de diamètre (fig. 9).
situé au confluent du « creek Absinthe » et de
la grande rivière ;
t: Netchaot. MISCELLANÉES 227
Le vieux François Pwinri explique : sage, qui garde la tribu et à qui on demande
conseil.
« II y a des trous sur le rocher ; les vieux qui A Vala (Colnett) vers la plage, se trouve une
les ont faits sont morts ; c'était pour indiquer le pierre qui a la forme d'une tête humaine et qui
nombre de coutumes déjà faites (Boenando), le est cachée dans un abri formé par une autre fait au fil des années ; quand on avait fini pierre ; l'arrête d'un rocher situé dans le voune rangée (quand on arrive au niveau de l'eau) isinage porte des entailles alignées on en recommençait une autre ; quand ils voient (88 apparentes, d'autres sont actuellement dans les trous, ils se rappellent toutes les coutumes ; le sol) ; à cet endroit était la limite pour la tribu c'est mon père qui m'a expliqué ; c'est pour la
de Wérop ; et celui qui est là (allongé sous la grande Chefferie Pwaja : comme les vieux ne
pierre) tuait parfois les gens qui passaient pour savaient pas écrire, c'était pour se rappeler.
C'était juste pour les deuils, les deuilleurs, quand aller aux fêtes (plus loin il y a en avait aussi
le deuil est fini, ils se baignent dans le grand trou un autre qui tuait) ; les entailles indiquent le
d'eau puis ils font un petit trou ; ils arrivent à se nombre de personnes tuées.
souvenir (le deuil rappelé par chaque trou) car A Léon (Mare) il y a un poisson dessiné sur c'est relatif à la même famille Pwadja ; le lieu est le sol (mais nous ne l'avons pas vu) ; il est au dit « Wadyu », là où ils enlèvent leur étui pénien nord du site L.MA.002) : pour se baigner ; mon père n'y a pas participé,
mais mon grand-père. »
« C'est là où l'on s'arrête, où l'on se repose ;
Nanono : lieu où il faut s'arrêter coutumièrement 6) Quelques traditions se réfèrent à des (étape) pour aller plus loin ; il ne faut pas dépaslimites de territoire ser avant d'avoir vu les gens ; il faut demander
la permission ou demander l'aide ; les gens qui Elles reflètent les antagonismes entre popul
s'y arrêtent dessinent au sol. » ations voisines par la présence de bornes qu'il
ne faut pas dépasser. Citons dans ce sens :
A Emma (Canala) le vieux Antonin Pwedi Kaixéwéné (Houaïlou, site E.HU.041). Cet Nexiti, déjà cité, parle à propos du rocher couendroit est la limite ancienne entre les gens qui
vert de dessins du « trou d'eau » Kwéketé (trou habitaient à Néouyo (et Paraouyé) et ceux de
d'eau du poulpe, site E.CA.041.) Kua : il ne fallait pas la dépasser. Il servait
aussi de point de rencontre. La limite est matér
« Autrefois, les vieux disaient que dans le trou ialisée en bord de mer par un rocher, adossé d'eau vivait la femme poulpe et qu'elle avait à la falaise dont le pied est dans l'eau et qu'il 4 enfants : 4 garçons — le premier garçon faut contourner par la mer. Tous ceux qui pas s'asseyait sur un gros rocher qui se trouve sur saient la limite venant de Kua, s'ils n'étaient une berge latérale du trou d'eau ; il était assis
pas reconnus étaient tués ; les habitants de à califourchon à une extrémité du rocher, le
Néouyo, cachés derrière le rocher, côté Houaï deuxième était assis à l'autre extrémité. C'étaient
lou ne pouvaient être vus des arrivants. Or, du deux guetteurs (Tutane), chacun surveillant les
côté du rocher que voient les gens arrivant de lointains par-dessus la tête de son frère (le trou
d'eau et le rocher étant en contrebas des hauKua, il y a des signes (2 lignes parallèles de
teurs environnantes). cupules) indiquant d'après le vieux Iona Poedi, Quand un des deux guetteurs voyait des gens le nombre de personnes déjà tuées à cet arriver, il descendait le premier du rocher et endroit ; le nom du dessin est « Hnbon-nu-paa », allait directement dans l'eau, suivi par son frère. et le nom du lieu signifie : « reconnu » (fig. 10). Les autres dans le trou d'eau étaient ainsi pré
venus et savaient d'après le premier guetteur qui
arrivait, d'où venait le danger. »
Ce rocher est couvert de gravures (cupules,
croix, cercles...).
Liens avec l'agriculture
L'agriculture traditionnelle est liée à l'ensem
ble de la vie sociale et à la religion. C'est ce Figure 10 : Site de Kaixéwéné (Houaïlou).
qui rend si intéressantes les traditions recueil
lies à ce propos..
A Windo (Thio, site E.TH.016), au flanc d'une
A Pambou (Poindimié) quand on suit le bord colline, aux alentours et au-dessus d'anciennes
de mer on passe devant un rocher sur lequel tarodières, à mi-chemin entre la tribu actuelle
de gros creux dessinent grossièrement un et le fond de la vallée, se trouvent deux
rochers, distants d'environ un kilomètre. visage ; c'est Korimada, le diable du bord de
mer ; il était là pour interdire le passage aux Le plus gros est le rocher servant aux Maît
gens qui venaient enlever des femmes ; c'était res du soleil et aux Maîtres de la pluie, cha
le dieu de la guerre, celui qui barre le cun de ces deux usages ayant lieu à une extré- 228 SOCIÉTÉ DES OCÉANISTES
mité différente de cette immense pierre qui a quinzaine de mètres de hauteur et qui domine
une trentaine de mètres de longueur, et une la vallée (sans être sur une crête).
Extrémité Extrémité Maître» du soleil des Maîtres de la pluie
2 grandes
traces blanches
■ontrant la coulée de l'eau
des Haï très de
la pluie
10
Figure 11 : Le rocher du soleil, et de la pluie à Windo.(Thio).
Il y a un motif gravé vers l'extrémité utilisée quartier ? Si la lune a tourné, c'est bon, je peux
par les Maîtres du soleil et, justement ceux-ci m'arrêter parce que quand elle va réapparaître
la pierre à ignames va réapparaître avec elle. appellent cette gravure « un soleil ». Ce dessin
Voilà, toi-là tu vas aller à cet endroit-là et tu vas se trouve sur la face Nord du rocher et fait
chercher la pierre, là. Cherche-la bien ; tu ne donc face au « midi » (le soleil étant au Nord reviens que si tu l'as trouvée." Cet autre-là se à Midi). lève et il s'en va chercher la pierre à l'endroit Nous avons représenté la situation générale désigné par le premier. Celui-ci s'est arrêté du rocher et le motif gravé sur la fig. 11. d'écrire et ils font le culte (ils font la prière) pour L'autre rocher se trouve plus haut et domine que l'autre trouve la pierre. Ils attendent le retour
les tarodières ; il porte des spirales gravées. de leur "frère" [ou "ami" ou "celui qui était avec
Voici ce qu'en rapporte la tradition (par eux"]. Quand l'autre arrive avec la pierre à igna
Georges Chamwinri, chef de Windo) : mes ils peuvent manger, boire, danser, chanter,
aller voir les autres en bas (la tribu). Maintenant
il y a d'autres représentants des clans qui mont
« Oui, voilà l'histoire du deuxième caillou (après ent là-haut au caillou et l'un d'eux dit : "Voilà
celui du soleil et de la pluie), que nous avons vu maintenant que nous allons chercher la pierre à
tout-à-l'heure, sur lequel on a vu quatre "choses" anguilles (pèè para nyî)." Ils nomment un de ces
[des spirales gravées] ; voilà l'explication ; vous quatre-là (ils sont toujours quatre), le deuxième
avez vu que ce caillou est placé sur la première par importance de clan (celui qui a parlé aupa
tarodière (tarodière : nênyiôwé) et au début ; ravant c'était le représentant du plus grand clan,
cette tarodière est appelée "source" parce que mais maintenant celui qui parle c'est le représent
c'est elle qui donne l'eau à toutes les autres taro ant du deuxième clan). Et il dit : "Toi-là, c'est toi
dières du bas. Ces choses-là ont été faites par qui dois prendre "kwiôô ta" (outil-graver) ; toi tu
des gens ; ces gens-là étaient les représentants dois prendre l'outil pour continuer à tracer sur quatre grands clans de la région (clan : xwâ le caillou ("mwâkô" : dessins sur les cailloux). Tu
mwâ dô : ceux-qui-maison-sommet). Ils étaient prends l'outil et tu continues à écrire et nous,
quatre qui étaient désignés, un de chaque clan. nous allons parler pour chercher la pierre de
Ils se rencontraient. Ils étaient sacrés ces quatre- cette anguille-là. Et lui il écrit et les autres par
là. Ces quatre, ils venaient au caillou et ils par lent : « Regardez la lune ; quand ça sera la pleine
laient pour chercher leurs outils de travail Ces lune, cette fois-ci nous trouverons la pierre que
pierres). Ils prennent le temps de parler et il y nous cherchons parce que nous ne la trouverons
a des choses qu'ils ne doivent pas faire : mang pas pendant ce quartier-là, mais elle sortira avec
er, retourner voir les autres en bas. boire, tant la lune." Celui qui écrit parle : "Nous parlons
qu'ils n'ont pas trouvé cet outil-là. Ils parlent de pour chercher une pierre à "êrêcaa" [êrêcaa :
ce qui est là-haut au ciel mais aussi de ce qui est nourriture animale, viande, chair, par opposition
en bas sur la terre. Ce qu'on a vu tout à l'heure à ngâârû, nourriture végétale]. Je vois dans ce
qui était écrit sur le caillou il y en a un qui l'écri que j'écris qu'elle [la pierre] ne sortira pas avec
vait pendant que les autres parlaient. la lune [quartier], elle sortira au noir [pleine
"Toi-là, c'est toi qui dois parler maintenant, dis." lune]. » Oui, les gens-là continuent, attendent, en
— "Vous autres, voilà le jour-là ; regardez voir priant, que la lune soit pleine, pour aller cher
la lune où elle est ; est-elle juste au-dessus de la cher la pierre à l'endroit désigné par celui qui
montagne ? A-t-elle tourné [nouvelle lune] ? Est- écrit. Un des quatre donc se lève' et s'en va cher
ce qu'il fait noir ? [= est-ce la pleine lune ; entre cher la pierre. Les autres restent là ; ils ne doi
le moment où la nuit tombe et le lever de la vent toujours pas manger, boire, aller voir les
pleine lune]. Est-ce le premier (ou le dernier) autres en bas avant que leur compagnon (bééri) MISCELLANÉES 229
ne revienne. Ces personnes n'arrêteront leur jusqu'à ce qu'ils arrivent où ils vont ; le maître
du soleil venait là pour faire la prière sur le culte que quand la pierre sera là. De tous les
rocher du soleil. » clans, les représentants viendront à tour de rôle
continuer ce travail-là au caillou jusqu'à ce que
chaque clan ait sa pierre à « êrêcaa » (nourriture Selon une autre information cette pierre était
animale) et sa pierre à « ngâârû (nourriture végét utilisée pour arrêter le soleil au moment des
ale)1. Aujourd'hui on entend partout dans la plantations, afin que la chaleur ne vienne pas région que chaque clan a sa pierre à igname, sa trop vite dans la journée. pierre à anguille, sa pierre à taro, sa pierre à A Katiramona, près de Païta, sur la route canne à sucre, mais voilà comment ça a comallant vers Nouméa, il y a des dessins sur les mencé. Ces gens-là ils ont cherché pendant des
rochers du bord de la route actuelle Qes lunes et des lunes (des mois et des mois) toutes
ces pierres-là et ce caillou que vous avez vu tout- sont aussi au bord d'un petit cours
à-1'heure, dans toute la région c'est leur chef, d'eau) ; les dessins sont des cercles concent
c'est de lui que sont nées toutes les pierres (à riques, des spirales, sur des rochers plats, ignames,...) de chez nous [chez nous: "M" : le presqu'horizontaux (site W.PT.002). narrateur englobe les gens présents qui étaient « Les gens allaient se laver là ; un vieux faisait de Thio et de Canala ; s'il avait parlé seulement le médicament, ramassait les herbes, y allait avec de sa vallée il aurait dit "ngêê"]. » le malade, tapait sur le caillou et passait le médi
cament sur le mal. Le vieux guérisseur de Dum-
Un troisième rocher gravé est situé dans une béa, Pore, s'en sert encore. On soignait la mala
autre vallée sur le territoire de la même tribu die de pied appelée "tonga", parce que les des
sins ressemblaient à ce mal-là. Dernièrement le (site E.TH.001). C'est une paroi verticale por
vieux a soigné mon petit-fils encore ; il trempe le tant deux spirales, six croix simples entourées
médicament dans l'eau, le tape ensuite sur les et cinq dessins formés de zig-zag à lignes mult dessins et lave l'endroit malade avec ; cela sert iples «parallèles». pour les gens de toute la région. »
« On dit que la fille de Yora, en attendant que sa (Renseignements venant d'Yvonne Paita, à la mère prépare les çûâ (ignames) un peu plus bas
tribu de Saint-Laurent, col de la Pirogue). dans la rivière, s'est amusée à tracer ces
pétroglyphes. » Des grottes ayant servi d'abri ou de refuge A cent mètres plus bas sur la rive se trouvent ont une entrée marquée par un ou plusieurs un ancien habitat et le départ d'une conduite
dessins gravés : d'eau vers les tarodières. « L'endroit s'appelle
— une en bord de mer sur la presqu'île en "ùù çia rè çûâ » (lieu où l'on trempe les ignames) ;
la femme de Yora venait là régulièrement (à quel face de Bâ (site E.HU.039) ;
ques mètres en contre-bas de ces dessins) trem — une en bord de mer à Houaïlou (site
per les ignames (variété çûâ, assez amère) pour E.HU.040) ; leur enlever le mauvais jus, et sa fille traçait les — une à Koumac près de la route menant à dessins sur le rocher ; quand ils sentent que les Bondé (site N.KM.002). années sont mauvaises, la femme de Yora2 vient Un rocher gravé à Kaladji (Nakéty, site poser un panier d'ignames juste sur une pierre E.CA.031) est la maison du « romwa » (lézard plate à l'endroit où l'eau tombe ; ce geste est une
long) des Mwindoo. Ce caillou s'enfonce régudemande (prière) pour que les cultures soient de
lièrement dans le sol depuis la construction de nouveau bonnes. »
la route à proximité ; il se trouve juste devant
le petit canal amenant l'eau à la tribu ; le lieu
s'appelle « mwaromwa » (maison du lézard) ; ce Utilisations diverses
lézard est leur tabou ;
Dans le col d'Amoss (entre Bondé et Balade),
« C'est lui, le vieux, qui a posé son pied pour il y a une pierre qui porte le dessin du soleil
ouvrir le canal pour son clan. » (site N.AR.006) ; le nom de cette pierre est
« wobwan » (c'est-à-dire : entre les deux nuits) ;
A plusieurs reprises nous n'avons pu approcette pierre se trouve sur le sentier qui passe
cher d'un rocher portant des pétroglyphes car par le col ; les gens se mettaient de la boue
il se trouvait dans un endroit «tabou» (par sur la main et, avec des potions, ils frottaient
exemple à Gohapin et à Monéo). On peut donc le caillou en disant :
penser que d'autres traditions pourraient four
nir des indications complémentaires sur l'util«Je t'arrête pour que tu éclaires leur chemin
isation des pierres gravées. jusqu'à ce qu'ils soient arrivés (tyuvahat : retenir
Un certain nombre de récits liés aux le soleil) ; que le soleil les éclaire, les voyageurs,
1. Chaque êrêcaa va avec une ngâârû ; on cherche la pierre-igname puis la pierre-anguille parce que
les nourritures vont ensemble ; c'est donc pour pouvoir manger l'igname que l'on cherche la pierre à
anguille. Quand on aura la pierre-taro il faudra chercher la pierre êrêcaa qui va avec. Chez les chefs
il fallait quelque chose pour manger l'igname.
2. Yora est un être mythique qui est, avec Fireego, à l'origine des deux langues xârâcùù et xârâgurè
de la région Canala/Thio.

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