J.-M. Pailler. Bacchanalia. La répression de 186 av. J.-C. à Rome et en Italie ; n°4 ; vol.207, pg 419-422

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Revue de l'histoire des religions - Année 1990 - Volume 207 - Numéro 4 - Pages 419-422
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Publié le : lundi 1 janvier 1990
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Source : Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
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Annie Dubourdieu
J.-M. Pailler. Bacchanalia. La répression de 186 av. J.-C. à
Rome et en Italie
In: Revue de l'histoire des religions, tome 207 n°4, 1990. pp. 419-422.
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Dubourdieu Annie. J.-M. Pailler. Bacchanalia. La répression de 186 av. J.-C. à Rome et en Italie. In: Revue de l'histoire des
religions, tome 207 n°4, 1990. pp. 419-422.
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veut une sorte de personnalité et même de volonté, ce qui était tout as
fait absent de la Bible hébraïque : c'est le même processus général qui
va d'une vue du, temps et de l'espace démythologisé à leur partielle:
re-mythologisation, avec un certain retour au polythéisme., Le même
phénomène a. été observé, avec plus ou < moins de justesse,. dans le*
zoroastrisme de la période hellénistique, par les iranistes..
G. Stroumsa étudie l'évolution du mythe de Prométhee, d'Hésiode;
à. Lucien et à travers la littérature gnostique et chrétienne, se trans
formant en une nouvelle figure métaphorique.
L'article de M. Pye consiste en une discussion très technique sur
les « bénéfices dans ce monde » du bouddhisme shin et son" attitude
sévère 'à ce sujet.
Anna Seidel étudie dans le taoïsme la croyance en l'immortalité :
post mortem qui «peut cohabiter paradoxalement avec la croyance en 4
la métempsychose. Elle y joint, le cas - chrétien * de la libération du ;
cadavre, avec l'exemple de l'assomption corporelle de Marie au ciel;
J..C. Heesterman analyse toutes les implications du sacrificateur
dans le rituel; védique,. identifié à la victime et pouvant, sans doute: les origines, se suicider effectivement par noyade, par le feu oui
même par inanition,- en relation avec Soma et Agni/.
S. Shaked montre à propos du premier homme, Gayômard, com
ment le syncrétisme des traditions iraniennes et sémitiques a abouti,,
soit à leur: harmonisation,, soit seulement; à, un, transfert de, nom,
Gayômard étant; identifié àAdam..
Enfin, Heerma van.Voss interprète un passage du Livre des morts
égyptien, où il est question de Г « étoile unique » qui prépare la résur- ■
rectiondes morts.
Philippe
Jean-Marie Pailler, Bacchanalia. La répression de 186 av. J.-C.àRome
et en Italie, Rome, Ecole française de Rome, 1988, 868, p. 10 p.
d'illustrations (befar; 270).
Le point de départ de ce livre est la confrontation d'une découverte '
archéologique récente et d'un débat historique ancien, celle de la mise
au jour à Bolsena, en Etrurie, entre 1968 et 1973, d'une pièce souter
raine pouvant être interprétée comme un sanctuaire bachique, et le.
dossier du scandale des Bacchanales de 186 av. J.-C. et de sa répression.
Ce dossier, étudié ; par J. -M. Pailler dans une première, partie,
consiste dans deux témoignages : le récit deTite-Live (XXXIX, 8-19)
et une inscription de Tiriolo, dans le Bruttium, document officiel repro
duisant plus ou moins fidèlement le sénatus-consulte de 186. L'auteur
présente et traduit ces deux documents, puis analyse la bibliographie/,
immense, qui leur a été consacrée depuis un siècle. Une deuxième partie,
centrée sur Г « affaire » proprement dite, présente d'abord la réfutation >
Revue de l'Histoire des Religions, ccvn-4/1990 '■
. 420 . Comptes rendus
d'un certain nombre d'idées reçues, et des mises au point, sur une pré
tendue permanence ' en Italie d'un t Liber-Baechus orgiaque, sur les
théories donnant comme origine aux Bacchanales des événements his
toriques précis, ou assimilant; leur : progrès à Rome ■ à l'importation*
d'une « religion orientale », ou encore sur l'influence qu'aurait exercée
Catom sur ; les traditions annalistiques romaines. Puis j;-]VU Pailler,
étudiant les différents sénatus-consultes qui ont réglé l'affaire, s'inter
roge sur les modes de transmission des décisions du Sénat romain aux.
habitants de Vager Teuranus, et sur la foi à accorder aux accusations
portées contre les* bacchants — débordements sexuels en parti
culier — , en notant dans l'inscription de Tirioloun durcissement du
ton par rapport au texte de Tite-Live, qui exprime peut-être l'inquié
tude ? que la diffusion des pratiques- bachiques em Campanie et en
Italie du Sud avait fait naître à Rome ; les mesures oiïlcielles de répres
sion politico-religieuse répondent parfaitement, remarque .1. -M; Pail
ler, au caractère politico-religieux — quoiqu'on en ait dit — du>
mouvement bachique : l'action1 et les paroles du ■, consul * Postumius
« visent à la restauration du "monisme" politique, familial et religieux
de la société romaine un instant menacée par les Bacchanales », ce que
vient appuyer l'analyse de deux mots de Tite-Live s'appliquant aux
cérémonies .- incriminées,- nefas ■. et snlemnis ; selon J.-M.' Pailler, . la
découverte de l'inscription : en Calabre — les mesures de répression-
visaient toute la péninsule italienne — éclaire un thème fréquent dans
le récit de Tite-Live, celui du développement parallèle du « mal » à
Rome et en Italie, avec une insistance particulière sur l'Italie du Sud ;
certaines génies \ romaines, les PostumiV notamment, se sont part
iculièrement illustrées dans cette lutte.
La troisième partie examine quatre aspects de l'affaire : rapports
des cultes de Bacchus et de Cérès, le premier éradiqué de la cité, alors
que le second conserve son caractère national ; confirmation possible
de l'indication de Tite-Live selon laquelle le mal1 bachique avait des
origines étrusques dans les parentés entre Bacchus et le dieu solaire
étrusque Gatha ; présence au ; centre de ; l'affaire : des mulieres • et des
iuuenes, deux catégories sociales marginales, s'expliquant par le fait;
que les femmes, dans ces rituels, servent de « mères » aux jeunes gens
à initier,- mais correspondant aussi au vide d'hommes créé à Rome par
la seconde guerre punique ; rôle donné par.Tite-Live au 'consul Pos
tumius au cœur de la répression, s'expliquant par les traditions de sa;
gens, mais sans doute aussi par l'influence qu'il a lui-même exercée -
sur le récit* livien par l'intermédiaire de Polybe, dans une chaîne de;
traditions dont nous ne possédons que quelques maillons. .
La quatrième partie, enfin, a trait à la postérité des Bacchanales,
et tout d'abord à un événement presque contemporain du scandale,
la découverte des « livres de Numa » sur le Janicule en 181, dont la
destruction paraît à J.-M. Pailler, comme la répression des Bacchanales,
une- tentative pour; protéger la tradition» nationale (romuléenne:et
Bévue de l'Histoire des Religions, ccvii-4/1990 * 5 rendus - 42 P Comptes
antinumaïque dans l'affaire des livres de Numa), répondant à l'essor
simultané au 11e siècle à-Rome du pythagorisme et du dionysisme ;
l'ordre romain réagira de façon comparable lors de la répression de
divers mouvements ? politico-sociaux fortement teintés de religieux .
(guerres serviles, guerre sociale, révolte de Spartacus) ; chaque fois
un culte étranger et secret est réprimé, et la tradition romaine l'em
porte, jusqu'au moment où, avec César, le symbolisme de Dionysos;
est intégré, au terme d'une lente évolution religieuse/ mais aussi poli
tique ; un dernier chapitre traite de la postérité des Bacchanales dans
la Rome impériale, puis dans l'Europe médiévale et moderne/ où elles
servent de stéréotype dans la lutte contre les sorciers de toute espèce.
L'auteur constate, en conclusion, la pérennité du modèle des Bacchan
ales que sa plasticité même rend possible, mais aussi son évolution,
qui lui a fait perdre ses caractères premiers, essentiellement spirituels :
et mystiques, et il s'interroge sur les structures politiques; et cultur
elles qui en ont permis l'éclosion, puis la destruction.
Le propos de J.-M. Pailler est donc, onle voit, exigeant et ambit
ieux. Son enquête combine de façon très intéressante les données de
l'archéologie — il a lui-même beaucoup i travaillé sur le site de Bol-
sena — , avec les témoignages littéraires et épigraphiques. Par exemple,
l'interprétation de la pièce souterraine découverte à Bolsena est sou
mise à un examen archéologique très serré, lui-même confronté ensuite :
aux documents textuels concernant l'histoire des cultes de Bacchus
et de Cérès, et des lieux de ces cultes. Une autre qualité de ce livre est
d'associer la minutie dans les enquêtes de détail à des vues très amples
sur l'histoire politique, religieuse, sociale. Ainsi, la- traduction * dut
récit de Tite-Live, précieuse en l'absence de . traduction ; récente en
français du livre XXXIX, s'accompagne d'une étude de trois mots ou
expressions-clés dus passage- (coniuratio ; Bacchanalia, Bacanal ;
Bacchis iniliari; Bacas adiré), cependant. que l'histoire du culte de
Dionysos-Bacchus dans > les : différentes ■; régions > d'Italie — essentie
llement l'Etrurie, la Campanie, la Grande-Grèce et Rome — , est étu
diée très : largement, . avec toutes ses ■ composantes ■ philosophiques,
politiques et sociales. On saura également gré à l'auteur de n'avoir pas ;
négligé les aspects anthropologiques de l'enquête, par exemple l'étude
du rôle des femmes — mère, tante paternelle, maîtresse, belle-mère du *
consul — dans la vie du jeune Aebutius. Ce livre, en somme; contient
la 4 matière de t plusieurs, ce qui . explique , sans doute les quelques
réserves qu'il > inspire - : certains développements me . paraissent un
peu longs eu égard à leur éloignement du débat central, mais en même-
temps - trop - brièvement traités compte tenu -, de ' l'ampleur des . pro
blèmes qu'ils soulèvent (la signification du personnage de Numa, par
exemple, ou l'utilisation du stéréotype des Bacchanales dans la pol
émique chrétienne). De même l'exposé des dossiers bibliographiques,
en début et en cours de volume, m'a semblé parfois trop long, ou pas
assez centré sur le sujet du livre. Sans doute ces imperfections sont-
Revue de l'Histoire des Religions, ccvn-4/1990
-. , 1 Comptes > rendus « 422
elles le revers des qualités de ce travail; de l'exigence du projet qui a;
animé l'auteur, et de son souci de saisir dans toute sa complexité et ses =
conséquences l'affaire de 186 av. J.-C,
Annie -Dubourdieu.
David Seyfort , Ruegg,- Buddha-nalure, Minď and'; the ; Problem of^
Gradualism in a Comparalive Perspective, . On the : Transmission
and Reception of Buddhism ini India and (Tibety hondon, School
oî, Oriental sand 'African Studies, . University of i London, .1989,*
22 cm,, 220 p., Jordan' Lectures in Comparative Religion,. XIII,.
env. 200 F.
Voici- le • texte - des conférences, Jordan > Lectures r in.: Comparative
Religion, que le Pr Ruegg, bien connu par ses savants travaux sur les;
doctrines du bouddhisme indien tardif,ra faites en:1987 à lasoAS de:
Londres." Le sujet principal en est le grand débat qui opposa « gradua-
listes » et « simultanéistes » ou « instantanéistes » au Concile de Lhasa *
à la fin du vnie siècle.- Cette controverse a déjà suscité une abondante;
littérature chez les orientalistes, en 'particulier Le Concile deLhasa,.
que publia en 1952 le grand sinologue PaurDemiéville: M/ Ruegg en
treprend ici l'étude; en la centrant sur les deux thèmes doctrinaux en
discussion et en examinant le traitement qu'en donnent les traditions
du » bouddhisme indien > et : tibétain, avec références occasionnelles au
brahmanisme; au jaïnisme' et au bouddhisme chinois. Dans les deux-
domaines j umeaux . de la sotériologie et de ' la gnoséologie,- ces deux \
thèmes opposent l'acquisition spontanée, instantanée de la délivrance'
ou de la connaissance salvatrice et leur obtention graduelle au moyens
d'une culture mentale progressive. Cette ■ opposition est très ; proche
de celles qui t existent entre • la concentration mentale enstatique et -,
l'analyse ? intellectuelle; le quiétisme i et l'effort, le cataphatisme et ,
l'apophatisme;. tous ■ présents dans le bouddhisme : sous des • formes ,
propres à celui-ci. Cela conduit M., Ruegg à étudier de près et en pro
fondeur plusieurs des éléments principaux de la doctrine bouddhique/
à plonger en quelque sorte jusqu'à l'essence même de celle-ci et notam
ment de sa métaphysique. .
Dans le premier chapitre (p. 17-55), il traite de la notion bouddhiste .
d'un absolu immanent et du problème qu'elle pose en herméneutique:
religieuse et philosophique." Cet absolu est le « germe de la nature de*
bouddha*» (talhâgaiagarbha) dm Mahâyâna; qui1 est apparemment'
contradictoire avec la négation du « soi » (nairâlmya) et avec la doc
trine de la vacuité (sUnyatâ) de nature propre- (svabhâva). L'auteur
explique que l'on peut résoudre cette difficulté en se fondant unique
ment sur des interprétations bouddhistes et sans avoir recours à une*
influence quelconque du brahmanisme, car ces éléments contradict
oires sont ; profondément enracinés dans un substratum commun à
Revue de l'Histoire des Religions, ccvn-4/1990 ?
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