Révision préliminaire des grands mammifères des gisements du Paléolithique inférieur et moyen de la vallée de la Somme - article ; n°2 ; vol.92, pg 143-154

De
Bulletin de la Société préhistorique française - Année 1995 - Volume 92 - Numéro 2 - Pages 143-154
RÉSUMÉ Une révision préliminaire des faunes de grands mammifères provenant des gisements paléolithiques de la vallée de la Somme a été réalisée à partir des documents fossiles et de l'abondante littérature les concernant. Cette révision nous a permis de préciser la position taxinomique parfois imprécise ou inexacte de la plupart des espèces, d'obtenir des éléments concernant le cadre paléoécologique des niveaux d'où elles proviennent, de proposer une attribution chronologique pour les gisements. Il apparaît ainsi une cohérence dans la succession des cortèges mammaliens permettant de comparer ces faunes avec celles des gisements de référence bien datés. Les paramètres écologiques mis en évidence par ces faunes montrent des milieux très diversifiés, essentiellement en contexte tempéré, moins souvent en contexte glaciaire. Nos interprétations ont été replacées au sein du cadre climatostratigraphique établi pour le système des terrasses de la Somme.
ABSTRACT A preliminary revision of large mammals faunas coming from paleolithic sites of Somme Valley has been realised with fossils records and prolific littérature about these sites. This revision allow to specify the taxonomie position of most species, sometimes imprecise or wrong, to get elements about the paleoecological framework of the archeological levels, to suggest a chronological position for these sites. So, a coherence in the mammalian associations series appear and give possible a comparison between these faunas and those from well know sites. These faunas put in evidence ecological parameters which show very diversified environments, essentially in temperate background and more rarely in glacial background. Our interpretations have been compared with climatostratigra- phic framework established for the Somme terraces system.
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1995
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Patrick Auguste
Révision préliminaire des grands mammifères des gisements du
Paléolithique inférieur et moyen de la vallée de la Somme
In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1995, tome 92, N. 2. pp. 143-154.
Résumé
RÉSUMÉ Une révision préliminaire des faunes de grands mammifères provenant des gisements paléolithiques de la vallée de la
Somme a été réalisée à partir des documents fossiles et de l'abondante littérature les concernant. Cette révision nous a permis
de préciser la position taxinomique parfois imprécise ou inexacte de la plupart des espèces, d'obtenir des éléments concernant le
cadre paléoécologique des niveaux d'où elles proviennent, de proposer une attribution chronologique pour les gisements. Il
apparaît ainsi une cohérence dans la succession des cortèges mammaliens permettant de comparer ces faunes avec celles des
gisements de référence bien datés. Les paramètres écologiques mis en évidence par ces faunes montrent des milieux très
diversifiés, essentiellement en contexte tempéré, moins souvent en contexte glaciaire. Nos interprétations ont été replacées au
sein du cadre climatostratigraphique établi pour le système des terrasses de la Somme.
Abstract
ABSTRACT A preliminary revision of large mammals faunas coming from paleolithic sites of Somme Valley has been realised
with fossils records and prolific littérature about these sites. This revision allow to specify the taxonomie position of most species,
sometimes imprecise or wrong, to get elements about the paleoecological framework of the archeological levels, to suggest a
chronological position for these sites. So, a coherence in the mammalian associations series appear and give possible a
comparison between these faunas and those from well know sites. These faunas put in evidence ecological parameters which
show very diversified environments, essentially in temperate background and more rarely in glacial background. Our
interpretations have been compared with climatostratigra- phic framework established for the Somme terraces system.
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Auguste Patrick. Révision préliminaire des grands mammifères des gisements du Paléolithique inférieur et moyen de la vallée
de la Somme. In: Bulletin de la Société préhistorique française. 1995, tome 92, N. 2. pp. 143-154.
doi : 10.3406/bspf.1995.10002
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1995_num_92_2_10002Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 / TOME 92, n° 2 143
RÉVISION PRÉLIMINAIRE DES GRANDS MAMMIFERES
DES GISEMENTS DU PALÉOLITHIQUE INFÉRIEUR
ET MOYEN DE LA VALLÉE DE LA SOMME
Patrick AUGUSTE
RÉSUMÉ
Une révision préliminaire des
faunes de grands mammifères prove
nant des gisements paléolithiques de
la vallée de la Somme a été réalisée à
partir des documents fossiles et de
l'abondante littérature les concern
Menchecourt ant. Cette révision nous a permis de
préciser la position taxinomique parf
ois imprécise ou inexacte de la plu
part des espèces, d'obtenir des él
éments concernant le cadre
paléoécologique des niveaux d'où
elles proviennent, de proposer une
attribution chronologique pour les g
Saint-Sauveur, Argoeuves isements. Il apparaît ainsi une cohé
rence dans la succession des cor îôntières
Grâce tèges mammaliens permettant de ~-N *Saint-Acheul comparer ces faunes avec celles des 20 j Km gisements de référence bien datés. Cagny
Les paramètres écologiques mis en
évidence par ces faunes montrent
des milieux très diversifiés, essentie
Fig. 1 - Localisation des gisements du Paléolithique inférieur et moyen de la vallée llement en contexte tempéré, moins de la Somme qui ont livré des vestiges de grands mammifères. souvent en glaciaire. Nos
interprétations ont été replacées au
sein du cadre climatostratigraphique
établi pour le système des terrasses ■ CADRE DE L'ÉTUDE de divers ordres (préhistorique, géo
logique, géochronologique), travaux de la Somme.
qui fournissent un cadre chronostra- L'analyse des grands mammifères
tigraphique, paléoécologique et adu gisement de Biache-Saint-Vaast
rchéologique très conséquent. Enfin, ABSTRACT (Pas-de-Calais) nous a permis de
un assez grand nombre de gisemettre en évidence une faune chroA preliminary revision of large ments ont livré des vestiges fau- nologiquement bien calée et ce dans mammals faunas coming from paleol niques de grands mammifères, sujet un contexte stratigraphique corré- ithic sites of Somme Valley has been de notre étude. Fait important et llable avec des séquences de réfrealised with fossils records and prol atent à cette analyse, cette région érence sur une grande échelle (Auific littérature about these sites. This possède des gisements mondialeguste, 1995). L'éloignement de ces revision allow to specify the taxono ment célèbres pour leur apport histoséquences et/ou leur aspect partiel mie position of most species, somet concernant l'enregistrement climato- rique à la science préhistorique (Ab
imes imprecise or wrong, to get el beville, Saint-Acheul,...). sédimentaire et faunique (à l'excepements about the paleoecological tion d'Achenheim) nous a amené à framework of the archeological le Le but de cet article est donc le nous intéresser à un ensemble géo-
vels, to suggest a chronological posi suivant : reprendre toutes les listes graphiquement proche et apparemtion for these sites. So, a coherence fauniques des différents gisements ment continu, celui constitué par les in the mammalian associations series pleistocenes de la vallée de la gisements quaternaires du Bassin de appear and give possible a compari Somme, proposer une révision des la Somme et plus spécifiquement de son between these faunas and those taxons et repréciser la localisation la vallée de la Somme. from well know sites. These faunas stratigraphique de ces faunes au
put in evidence ecological paramet L'intérêt pour cette région est sein des gisements et dans un cadre
ers which show very diversified env multiple. Tout d'abord, celle-ci pré climatostratigraphique général. Seuls
sente sur moins d'une centaine de les gisements du Pleistocene moyen ironments, essentially in temperate
background and more rarely in glacial kilomètres un très grand nombre de et de la première moitié du Pleist
gisements ou de témoins des pé ocene supérieur seront pris en background. Our interpretations have
been compared with climatostratigra- riodes pleistocenes. Ensuite, la vallée compte, soit ceux correspondant au
Paléolithique inférieur et moyen phic framework established for the de la Somme a fait l'objet très r
Somme terraces system. écemment d'une série de synthèses (fig. 1). :
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1969 Bourdier et al., 1974 ; Bi- ■ MATÉRIAUX ET METHODES ■ INVENTAIRE DES FAUNES
quand, 1974 ; Chaline, ; Mu- DE GRANDS MAMMIFÈRES
naut, 1974 a ; Puissegur, 1974 ; DES GISEMENTS DE LA La révision ici présentée des
VALLÉE DE LA SOMME Agache, 1976 a ; Tuffreau, 1987 ; grands mammifères des gisements
Sommé, 1989 ; Antoine, 1990). pleistocenes de la vallée de la Somme
n'est qu'une mise au point prélimi • Grâce
naire. Celle-ci s'est avérée néanmoins • Inventaire et localisation • Généralités indispensable au vu de l'importante des grands mammifères confusion qui régnait dans la liste des La Ferme de Grâce à Montières Seule une dent inférieure d'Équidé taxons classiquement cités et sur leur est actuellement le plus ancien t a été découverte à Grâce. localisation stratigraphique douteuse émoignage des dépôts du Pleistocene
et parfois inexacte. Cette base de tra moyen dans la vallée de la Somme. Liste : Equus stenonis. vail doit donc être considérée avant Ce gisement caractérise la Très tout comme une synthèse préalable Localisation : partie supérieure des Haute Terrasse de la Somme, cor graviers de base (même niveau que avant une étude approfondie de ces respondant à la nappe alluviale IX les artefacts), sommet du 1 0. matériaux. définie par Antoine (1990). Les tr
avaux menés par Bourdier ont permis Deux sources ont été utilisées de mettre en évidence une séquence • Références bibliographiques pour effectuer cette révision : tout stratigraphique présentant une polard'abord l'examen des ossements Bourdier (1969), Bourdier et al. ité magnétique négative, donc antédisponibles dans les collections dé (1974), Agache (1976 a). rieure à la limite Matuyama-Bruhnes ; posées à l'Institut de Paléontologie des Rongeurs et des Mollusques y Humaine et au Musée de l'Homme à ont été découverts ainsi que des Paris ensuite la compilation des do • Contexte paléoécologique et atpièces lithiques qui pourraient être cuments qui nous fournissent des tribution CHRONOLOGIQUE des artefacts ; une analyse palynolo- données concrètes sur lesquelles gique a été également effectuée La séquence enregistrée à Grâce travailler avec sécurité. montre la succession de deux (Agache et Bourdier, 1959 ; Bourdier,
Les collections examinées à
l'I.P.H. et au Musée de l'Homme pro AGE STADE POSITION BIO-CHRONO-STRATIGRAPHIQUE DES ISO. GRAPHIE ZONES TRIE GISEMENTS (CORRÉLALION GRANDS MAMMIFÈRES en Ka viennent des gisements suivants (1) (1) (2) (3) (4) STRATIGRAPHIE, GÊOCHRONOLOGIE) VALLÉE DE LA SOMME FRANCE SEPTENTRIONALE Abbeville (carrières Léon, Carpentier,
de Moulin-Quignon, du Champ de HOLOCÈNE 10 Mars) ; Menchecourt ; Saint-Acheul PALEO. 25 SUP. (carrières Bultel-Tellier) Montières Hénin-sur-Cojeul 26 Boutmy-Muchembled, Tat- Mutzig WEICHSÊ- 60 Achenheim (LR) tegrain ; route de Saveuse) ; Etouvie Beauvais 70 Herraies Cagny-la-Garenne ; Argœuves. Cotte St-Brelade(V)' Mont-Dol .4 Le Rozel Le cadre géologique et climato- 110 PALEO. 5.5 ÉEMIEN stratigraphique le plus récent auquel 130 MOYEN Arques nous nous sommes référé est celui Achenheim (LAS) Cotte St-Brelade(II-III) établi par Antoine (1990, 1993). L'his 190 24 Piègu torique des gisements et leur contexte Bantéga Montières Tourville-la-Rivière SAALIEN Sempigny/ Moru archéologique reprend en grande part Biache-Saint-Vaast* Hoogeven 20 INDUS Menchecourt? 245 Abbeville (Champ de Mars) Vassincourt? ie les travaux de Tuffreau (1987). Les Argoeuves Achenheim (LAM) St-Acheul (Atel. Commont) Grainfollet? données géochronologiques que nous 23 STRATI305 23 Illustration non autorisée à la diffusion MENAPIEN BIOutilisons sont celles de Laurent (1993 Cagny-l'Epinette Cléon? 340 Laurent et al. 1 994). 10 ELSTER Achenheim (LAI) 360 11 22 Cagny-la-Garenne Menez-Drégan? Notre présentation suivra le plan 420 12 suivant : 470 13 — 1 sommaire du 520 R 14 CrB 0 21 PALEO. gisement ; 560 M 15 Crll Ê INF. Abbeville (Carrières Léon 620 R et Carpentier) — 2 : liste faunique établie après 16 I 660 notre révision, avec indication de la
position stratigraphique 690 18 Vissant? 730 — 3 principales références b 19 740 ibliographiques utilisées pour la révi
760 sion faunique
790 — 4 cadre paléoécologique et 22 BAVËLIEN 900 attribution chronologique proposés. Bavel Saint-Prest?
Les gisements ainsi concernés se
ront en fin d'inventaire replacés dans Fig. 2 - Position climatostratigraphique des gisements à faune de la vallée de la un cadre stratigraphique général Somme et comparaison avec les gisements de France septentrionale [(1) Imbrie et
(fig. 2). al., 1984 (2) Zagwijn, 1985 (3) Guérin, 1982 (4) Tuffreau, 1987]. ;
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tier serait comparable à celle de Re- phases froides séparées par un "i geri, Hyaena sp., Cervus elaphus,
nterglaciaire fantôme". La dent de nancourt, soit la Nappe VII d'Antoine Capreolus capreolus, Mustela nivalis,
{op. cit.). C'est en fait de la marne Oryctolagus sp. \'E. stenonis provient du niveau co
rrespondant à la fin de la première blanche d'où provient l'essentiel de — Graviers supérieurs (couche C) : phase froide. la faune classique d'Abbeville. Des
analyses palynologiques ont été e Palaeoloxodon antiquus, MammutCette séquence avec une polarité ffectuées dans ces niveaux et ind hus primigenius archaïque, Elasmo- négative est donc antérieure au Cro- iquent un milieu en mosaïque de therium sp. ?, Equus sp., Cervus elmérien, mais postérieure à l'épisode sylvo-steppe sous un climat tempéré aphus, Capreolus capreolus, Bos de Jaramillo marquant le début du continental (Munaut, 1989 a). La car primigenius ou Bison sp. Bavélien elle se situe donc très pro rière Léon, située dans le même bablement en totalité dans le Bavé- — Champ de Mars (niveaux contexte, a livré quelques artefacts lien entre 900000 et 730000 ans et acheuléens) : et quelques vestiges fauniques compeut être corrélée avec les stades parables à ceux de la marne blanche Palaeoloxodon antiquus, Mammutisotopiques 22 à 20 (Sommé, 1989). de la carrière Carpentier. hus trogontheri, Mammuthus primiElle correspond à la biozone 20. genius, Bison priscus, Hippopotamus Les carrières du Champ de Mars, incognitus, Dicerorhinus mercki, étudiées par Ault du Mesnil (1896), Coelodonta antiquitatis, Bos primigen• Abbeville ont livré également une grande série ius, Equus sp., Equus hydruntinus, d'artefacts ainsi qu'un certain Cervus elaphus, Capreolus capreol• Généralités nombre de vestiges fauniques, sou us, Sus scrofa. vent mélangés avec ceux provenant L'étude des dépôts sédimentaires de la marne blanche de la carrière exploités dans les nombreuses car Carpentier. Le Champ de Mars se • Références bibliographiques rières sur le territoire d'Abbeville r situe en fait dans une terrasse plus emonte à la première moitié du Ault du Mesnil (1896), Commont récente que la Haute Terrasse d'Abb1 9e siècle (travaux de С Picard et de (1909 b, 1910 a), Pontier (1910, eville visible à la carrière Carpentier G. Boucher de Perthes). La succes 1928), Breuil et Koslowski (1931), (Bourdier, 1969, 1974). sion des chercheurs, ainsi que des Breuil (1939), Agache et al. (1963), découvertes très fournies de ves Prat (1968, 1980), Bourdier (1969, tiges lithiques et dans une moindre • Inventaire et localisation 1974), Guérin (1980), Faure (1983, mesure de restes fauniques, ont per des grands mammiferes 1984,1985). mis depuis cette époque d'établir le
cadre stratigraphique des formations Les déterminations anciennes de • Contexte paléoécologique pleistocenes et la position des docu la faune des carrières Carpentier et
ments lithiques et fauniques qui y ont et attribution chronologique du Champ de Mars ont été successi
été extraits (Prestwich, 1860 ; Ault du vement effectuées par Gaudry (Ault La faune provenant des graviers Mesnil, 1889, 1896 ; Commont, du Mesnil, 1896), Boule (Commont, de base, mais surtout de la marne 1906, 1909 b, 1910 a, 1911 ; Pontier, 1910 a) et Pontier (1928). Depuis, blanche, indique un milieu compre1928 ; Breuil et Koslowsky, 1931 ; quelques spécialistes de certains nant des espaces forestiers, des Breuil, 1934, 1939 Aufrère, 1936 a groupes mammaliens ont repris le zones découvertes de type prairie ou et b ; Breuil et al., 1947). La grande matériel encore disponible et ont per steppe, des zones marécageuses ; le confusion qui a régné pendant des mis d'affiner la détermination. Nous climat est tempéré et humide. Cette décennies quant à l'attribution chro- avons également tenter de clarifier la interprétation concorde bien avec nostratigraphique des vestiges a position taxinomique des espèces celle de la palynologie (Munaut, rchéologiques semble être mainte découvertes dans ces carrières. 1989 a), qui met en évidence une nant dépassée, grâce à un certain mosaïque de type sylvo-steppe sous — Carrière Carpentier (et Léon) : nombre de travaux synthétiques sur un climat tempéré plus continental cette localité (Agache et al., 1963 ; — Graviers de base (couche 5) : que l'actuel. Bourdier, 1969, 1974 ; Bourdier et Hippopotamus incognitus, Dicero- Cette constatation rejoint donc Lautridou, 1974 Tuffreau, 1987 ; rhinus etruscus brachycephalus, celle que nous avons effectué à Bia- Antoine, 1990). Equus stenonis. che pour les niveaux fluviatiles, avec La dénomination "Abbeville" r un cortège mammalien différent et — Marne blanche (couche 4) : ecouvre en fait tout un complexe de plus archaïque. Cet élément est donc (partie inférieure) : terrasses et de formations d'âge di important à retenir et tend à indiquer Mammuthus meridionalis, Mam- vers qui doivent être individualisées. une certaine similitude dans les muthus trogontheri archaïque, Pa- Le gisement éponyme de l'industrie conditions écologiques des interglalaeoloxodon antiquus Di- dite "Abbevillien", que rien ne permet ciaires indépendamment de l'âge de en fait de dissocier de l'Acheuléen cerorhinus etruscus brachycephalus, la formation. Hippopotamus incognitus, Sus scrofa (Tuffreau, 1987), est celui de la Carr
ière Carpentier et plus précisément cf. mosbachensis, Equus stenonis, Les graviers supérieurs et le
des niveaux de la marne blanche. Homotherium latidens, Megaloceros champ de Mars semblent caractéri
verticornis, Bison cf. priscus, Bos pri- Cette carrière, étudiée en détail par ser deux phases climatiques dis
Commont (1906, 1910 a), présente migenius, Equus mosbachensis. tinctes : la première phase est repré
une stratigraphie qui montrerait la sentée par des espèces à affinités (Partie supérieure) : forestières et steppiques sous un clsuccession de la Très Haute Ter
Dicerorhinus mercki, Trogonthe- rasse puis de la Haute Terrasse. La imat tempéré ; la deuxième phase
nappe alluviale de la carrière rium cuvieri, Ursus sp., Ursus denin- comprendrait des espèces à affinités Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1 995 / TOME 92, n" 2 146
steppiques plus exclusives sous un carrière de Cagny-la-Garenne est cé • Cagny-Cimetière
climat plus froid. L'absence de détail lèbre grâce aux très nombreux arte
quant à l'origine stratigraphique pré facts acheuléens qui y ont été dé • Généralités cise des vestiges empêche toutefois couverts. Celle-ci montre une
de conclure. stratigraphie assez complexe établie La carrière de Cagny-Cimetière a
à la suite des travaux de Bourdier fait l'objet d'une première série d'obIl est possible de scinder en deux (1969 ; Bourdier et al., 1974 b), servations par Bourdier, ainsi que ensembles biostratigraphiques ces d'Haesaerts (Haesaerts et Dupuis, d'analyses diverses (Bourdier et al., cortèges mammaliens. Une première 1986) et d'Antoine (1990). Des 1974 b ; Jammot, 1974). Des fouilles faune comportant les espèces pro fouilles menées par Tuffreau en 1986 plus récentes entreprises par Tufvenant des graviers de base et de la et 1987 ont permis de préciser la dis freau ont permis de préciser le cadre marne blanche de la carrière Carpen- position des dépôts alluviaux ainsi stratigraphique de la séquence séditier est la plus archaïque. Elle s'a que la localisation des artefacts et de mentaire et de récolter des artefacts pparente très fortement avec les la faune (Tuffreau, 1987). La sé acheuléens ainsi que quelques vesfaunes types du Cromérien définies à quence sédimentaire est particulièr tiges fauniques (Tuffreau, 1980 a et West Runton en Angleterre par ement puissante à la Garenne ; b, 1987). Plusieurs analyses ont pu Stuart (1975). Celle-ci présente éga celle-ci s'inscrit dans le contexte de être effectuées à cette occasion (Mu- lement des affinités très marquées la Moyenne Terrasse II, et la nappe naut, 1980 ; Chaline, 1980 ; Puisse- avec la faune de Voigstedt en All alluviale ayant livré les industries et la gur cité in Tuffreau, 1987). La séemagne, rattachée de même au Cro faune correspond à la Nappe V d'An quence alluviale est attribuée à la mérien type (Stuart, 1981), ainsi toine {op. cit.). Cette nappe s'est fo Moyenne Terrasse II et à la Nappe V qu'avec celle de Stránská Skála en rmée durant une phase interglaciaire d'Antoine, c'est-à-dire en situation République tchèque (Kahlke, 1975), succédant à une période glaciaire, identique à celle de Cagny-la-Gaet celle du niveau principal de Mos- cycle antérieur à l'Elstérien (Tuffreau, renne (Bourdier et al., 1974 ; Haebach en Allemagne {"graues" ; 1987). saerts et Dupuis, 1986). Kahlke, 1961 ; Bruning, 1980). Ce
Cromérien type est mis en corréla
tion avec la palynozone "Cromérien • Inventaire et localisation des • Inventaire et localisation des II" (Turner et West, 1968) et peut être grands mammifères grands mammifères contemporaine du stade isotopique
Liste : Bos primigenius ou Bison Liste : Equus sp., Bos primigenius 15, soit entre 620000 et 560000 ans
priscus, Mammuthus trogontheri, ou Bison priscus, Cervus elaphus, (Imbrie et al., 1984). La faune de la
Equus mosbachensis, Cervidés. Éléphantidé. marne blanche d'Abbeville peut donc
assez aisément être rattachée à la fin Localisation : niveaux F à K. Localisation : cette faune provient de la biozone 20 ou au début de la en partie du cailloutis 12 ou du sombiozone 21. Cette interprétation est met de cette unité stratigraphique. en parfait accord avec les résultats • Références bibliographiques
d'Antoine (1990) et les âges propo
Moigne(1988 b). sés par Laurent (Laurent et al., 1994), • RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
qui donnent une date de 600000 ±
• Contexte paléoécologique 90000 ans. La polarité magnétique Aufrère (1956), Prat (1968), Bourd
et attribution chronologique des sédiments de la marne blanche ier et al. (1974 b), Tuffreau (1987).
est positive, ce qui correspond bien Le contexte sédimentaire et les davec son âge postérieur à la limite iverses analyses effectuées (palynol• Contexte paléoécologique Matuyama-Bruhnes (Laurent, 1 993). ogie, malacologie, étude des Ronet attribution chronologique
geurs et des Insectivores) indiquent Le deuxième ensemble faunique
La faune provient d'une unité str globalement le passage de condireconnu montre des taxons moins
atigraphique qui semble s'être formée tions glaciaires à un épisode temarchaïques que ceux de la marne
sous un climat encore tempéré, mais péré, lui-même suivi par une nouvelle blanche et correspond aux graviers
en début de phase glaciaire. L'asso dégradation climatique (Antoine, supérieurs de la carrière Carpentier
ciation mammalienne évoque bien un 1990). Il est intéressant de noter que, et au Champ de Mars. La composit
milieu ouvert de type steppique qui tout comme à Abbeville et Biache, ion faunique de cet ensemble est at-
pourrait correspondre avec cette i l'épisode tempéré de Cagny-Cimettribuable globalement à une faune
nterprétation. ière montre un paysage en mosaalienne, avec deux groupes dis
saïque de type sylvo-steppe et un tincts. Il peut donc être rapporté aux La position chronologique d'une climat tempéré continental (Munaut, biozones 23 et 24. telle faune peut être celle d'une pé 1988). Il est difficile de conclure à riode correspondant à la fin du com partir de la grande faune, mais plexe cromérien, soit la biozone 22. • Cagny-la-Garenne celle-ci s'inscrirait bien dans ce type Celle-ci s'accorde avec l'attribution de conditions écologiques. climatostratigraphique proposée par • Généralités Antoine pour la Nappe V, c'est-à-dire L'âge des formations considérées
Les gisements de Cagny (la Ga une phase contemporaine des est très probablement comparable à
stades 12 et 11 aux environs de celui de la séquence alluviale de renne, l'Épinette, Cimetière) se s
ituent en fait dans la vallée de l'Avre, 400000 ans. Par ailleurs, cette attr Cagny-la-Garenne, soit les stades 12
ibution est compatible avec les âges et 1 1 aux environs de 400000 ans, affluent de la Somme, mais font par
tie intégrante du système des ter obtenus par Laurent (op. cit.) qui correspondant à la fin du complexe
cromérien et à la biozone 22. rasses de la vallée de la Somme. La sont de 400000 ± 101000 ans. de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 /TOME 92, n° 2 147 Bulletin
sements, c'est-à-dire un milieu de mifères dont la provenance est bien • Cagny-l'Épinette
type sylvo-steppe sous un climat établie.
continental. — Graviers de base : • Généralités
La position chronologique de la Palaeoloxodon antiquus arLa carrière de Cagny-l'Épinette, séquence alluviale de Cagny-l'Épin chaïque, Mammuthus trogontheri- située non loin de celle de ette, correspondant à la Moyenne primigenius ; Cagny-la-Garenne, a livré également Terrasse III, est antérieure par au des industries lithiques dont la posi moins trois cycles glaciaires par rap — Sables fluviatiles (F) : tion stratigraphique demandait à être port au présent, soit plus ancienne Palaeoloxodon antiquus, Equus cf. confirmée (Agache, 1971 ; Bourdier que le Saalien ; elle est par contre mosbachensis, Bos primigenius ou et al., 1974 b). La reprise des fouilles plus récente que la Nappe de la Ga Bison priscus, Cervus elaphus ; par Tuffreau à partir de 1980 a per renne et peut être rapportée au commis de mettre au jour plusieurs n plexe Elstérien/Holsteinien corre — Sables roux (H, "Atelier Commiveaux archéologiques dont certains spondant aux stades 10 et 9, soit ont") : sont par ailleurs fossilifères (Tuffreau entre 360000 et 305000 ans ; les déet al., 1986 ; Tuffreau, 1987). Plu Palaeoloxodon antiquus, Equus cf. pôts principaux provenant des mosbachensis, Bos primigenius ou sieurs analyses ont fourni des info limons fluviatiles semblent s'être dérmations sur le cadre environnement Bison priscus, Cervus elaphus. posés durant une phase tempérée al et climatique (Bourdier et al., corrélable donc avec l'Holsteinien, — Limon du lœss ancien (E) : 1974 b ; Tuffreau et al., 1986 ; entre 340000 et 305000 ans, soit le Bos primigenius, Equus cf. mosbMoigne, 1988 a, 1989 ; Munaut, stade 9 (Haesaerts et Dupuis, 1986 ; 1989 b ; Cordy, 1989). La séquence achensis, Cervus elaphus, Panthera Tuffreau, 1987 ; Antoine, 1990). alluviale de Cagny-l'Épinette se spelaea, Oryctolagus sp. Cette attribution chronologique est place en position de Moyenne Ter en accord avec les datations obte — Cailloutis base du lœss récent : rasse III, directement postérieure à nues par Laurent (op. cit.) qui doncelle de la Garenne ; elle représente Mammuthus primigenius, Coelo- nent un âge de 296000 ± 53000 ans la Nappe IV d'Antoine (Tuffreau et al., donta antiquitatis, Rangifer tarandus, pour ces limons fluviatiles. Les don1982 ; Haesaerts et Dupuis, 1986 ; Equus sp., Bison priscus, Lepus timi- nées fournies par la grande faune Tuffreau, 1987 ; Antoine, 1990). dus, Alopex lagopus. corroborent cette position chrono-
stratigraphique correspondant à la Nous signalerons ici la mention de
biozone 23. Une autre hypothèse qui • Inventaire et localisation restes attribués à Dicerorhinus mercki
vieillirait la séquence d'un cycle cldes grands mammifères par Guérin (1980) et à Hippopotamus
imatique n'est toutefois pas à exclure incognitus par Faure (1 983) ; ces vesListe : Crocuta crocuta sub sp., (Antoine, 1990 ; Tuffreau et Ame- tiges n'ont malheureusement aucune Bos primigenius, Cervus elaphus, lot-van der Heijden, 1992). provenance précise du site concerné Dama dama sub sp., Equus mosba- de Saint-Acheul et ceux-ci sont donc chensis, Éléphantidé (Palaeoloxodon • Saint-Acheul impossible à rattacher à la séquence antiquus ?). sédimentaire connue.
• Généralités Localisation : niveaux H à J.
• Références bibliographiques Le gisement de Saint-Acheul,
• Références bibliographiques éponyme de l'Acheuléen, corres Commont (1909 b, 1912 a et b), pond à plusieurs sites d'âge différent Moigne (1 988 a, 1989). Prat (1968), Bourdier et al. (1974 b), (carrières Fréville, Leclerq, Bultel-Tel- Agache (1976 b). lier ; rue de Cagny) (Commont, 1908, • Contexte paléoécologique 1909 a, 1911 с ; Tuffreau, 1987). Le et attribution chronologique • Contexte paléoécologique plus célèbre d'entre eux est sans
et attribution chronologique aucun doute celui de la carrière Bul- Les différentes analyses palynolo-
tel-Tellier, étudiée par Commont giques, malacologiques, mammalien- Les dépôts fluviatiles de la car
(1909 a, d, e, 1910 b, 1911 c), site nes (petits et grands mammifères) et rière Bultel-Tellier à Saint-Acheul i
qui a livré de très nombreux artefacts ndiquent un milieu mixte de forêts et sédimentologiques effectuées à dont certains appartiennent à ce qui Cagny-l'Épinette permettent de pré d'espaces découverts sous un climat
a été dénommé par la suite "l'Atelier ciser le cadre écologique des occu tempéré, conditions comparables à Commont" (Bordes et Fitte, 1953). pations humaines. Le milieu est ca celles mises en évidence dans les n
Des travaux ultérieurs réalisés par ractérisé par une mosaïque végétale iveaux fluviatiles de Cagny-l'Épinette. Tuffreau et son équipe ont permis de Les sables roux, correspondant très mêlant forêt boréale et steppe sous repréciser la stratigraphie de ce site un climat tempéré continental, don probablement au premier lœss an
(Tuffreau et Fagnart, 1986-1987 ; nées confirmées par les mollusques cien présent à Cagny-la-Garenne
Tuffreau, 1987 ; Antoine, 1990). La et les micromamifères (Bourdier et (Tuffreau, 1987), montrent une faune
séquence alluviale se situe en posial., 1974 b ; Munaut, 1989 b ; Cordy, identique à celle des niveaux précé
tion de Moyenne Terrasse II (Tuffreau 1989). Les grands mammifères amè dents, a priori difficilement compat
et al., 1982). nent également à une interprétation ible avec le milieu très découvert
comparable. L'épisode tempéré de que suppose le dépôt des lœss. La • Inventaire et localisation des faune du limon E du lœss ancien Cagny-l'Épinette s'apparente donc grands mammifères dans ses modalités écologiques à ce peut être rattachée à une faune tem
pérée indiquant un milieu mixte d'esque nous avons déjà rencontré dans La carrière Bultel-Tellier a livré
paces boisés et herbacés. Le caillou- les phases tempérés des autres quelques vestiges de grands ;
;
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1 995 / TOME 92, n° 2 148
tis de la base du lœss récent indique • Inventaire et localisation des total comme le prouve la présence
par contre un milieu franchement dé grands mammifères de très gros animaux, rares ou ab
couvert de type steppique sous un sents des forêts relativement denses. Deux niveaux fossilifères existent à climat plutôt froid. Nous aurions donc plutôt une forêt Menchecourt, ceux-ci contenant des claire. Il est assez difficile à partir des faunes nettement différentes. Une
grands mammifères d'attribuer chro confusion a de ce fait longtemps La faune du lœss indique par
contre un milieu bien plus ouvert et nologiquement les différents niveaux régné quant à l'origine stratigraphique
reconnus à la carrière Bultel-Tellier des différents taxons, confusion qui plus sec, avec la persistance toute
fois de zones boisées, probablement de Saint-Acheul. La totalité de la s concerne également l'industrie lami
équence s'inscrit toutefois dans un naire si particulière découverte dans sous forme de forêts galeries autour
ce gisement et dénommée "Menche- système plus récent que la Nappe de de la Somme ; cet ensemble évoque
courien" par Ault (Commont, 1910 b ; donc bien une steppe plus humide la Garenne (nappe V d'Antoine), don
nées compatibles avec la grande que ses équivalents continentaux acBourdier, 1969).
faune. Le niveau de l'Atelier Com- tuels. — Sables et limons inférieurs flmont dans les sables roux est donc L'attribution chronologique de ces uvio-marins : probablement contemporain du pre deux niveaux pose à l'heure actuelle mier lœss ancien de la Garenne, soit Dicerorhinus mercki, Hippopota un problème. En effet d'après Anun âge compris dans les limites du mus incognitus, Palaeoloxodon anti- toine (1990), la nappe alluviale de stade 8 (305000 à 245000 ans) (Tuf- quus, Trogontherium cuvieri, Cervus Menchecourt est rattachée au Saa- freau, 1987) ; le caractère tempéré elaphus, Rangifer tarandus ? lien, plus précisément au cycle glade la faune nous inciterait à le placer ciaire/interglaciaire contemporain — Lœss jaune : plutôt au début de cette période gla des stades 8 et 7,3 ; selon cette iciaire, postérieur toutefois aux dé Coelodonta antiquitatis, Equus nterprétation, la faune des niveaux flpôts fluviatiles de l'Épinette d'âge sp., Mammuthus phmigenius, Bos uvio-marins serait alors contemporholsteinien, hypothèse soutenue primigenius ou Bison priscus, Cervus aine du stade 7,3 corrélable avec d'ailleurs par Bourdier et al. (1974 b). elaphus, Megaloceros giganteus, l'interstade d'Hoogeven, et la faune Cette séquence sédimentaire et fos Rangifer tarandus ?, Ursus cf. spe- du lœss attribuable au Weichsélien. silifère s'inscrit donc dans trois bio laeus, Panthera spelaea, Crocuta
Une autre hypothèse peut toutezones : la 23 pour les sables fluvia crocuta cf. spelaea.
fois être proposée : la faune des ntiles et pour les sables roux la Signalons ici que le fameux "Daim 24 pour le limon du lœss ancien ; la iveaux fluvio-marins présente en effet de la Somme", Dama somonensis une affinité presque typiquement 26 pour le cailloutis de la base du (Desmarest, 1820), découvert par holsteinienne, ce qui expliquerait son lœss récent. Traullé et mis en évidence par Cuvier cachet très tempéré et humide ; elle
(1808), ne semble bien n'être en fait serait alors contemporaine du stade 9. • Menchecourt qu'une forme synonyme de deux La faune des lœss sus-jacents serait autres Cervidés, ceci à la suite d'une alors saalienne et rattachable aux • Généralités erreur de restauration de l'holotype : stades 8 ou 6. Cette deuxième hypo
la palmure serait celle de R. tarandus Le très célèbre gisement de Men thèse, soutenue en particulier par et la partie basilaire celle de С elchecourt à Abbeville est connu de Bourdier (1969 ; Agache et al., 1963),
aphus (Heintz, 1982, Poplin, 1982, puis le siècle dernier grâce en part nous semble la plus conséquente
cités in van den Brink-Long, 1994). iculier aux travaux de Prestwich d'un point de vue faunique, à cause
L'observation de cette erreur de l(1860). Très souvent confondu et de la présence du Castor T. cuvieri
aboratoire a été effectuée au siècle qui disparait après l'Holsteinien (Kur- mêlé avec les gisements d'Abbeville dernier par Falconer (1868) et réitédes carrières Carpentier et du ten, 1968 Stuart, 1982). Par ailleurs,
rée par la suite. Champ de Mars, le gisement de celle-ci s'accorderait alors avec les
Menchecourt est en fait nettement âges obtenus par Laurent (1993) qui
dissocié d'un point de vue stratigra- sont de 392000 ± 60000 ans pour les • Références bibliographiques phique d'avec ces autres gisements. sables fluvio-marins, date qui inclue
Cuvier (1808), Desmarest (1820), Les coupes classiques du gisement donc la période holsteinienne. Cette
Prestwich (1860), Commont (1911), n'ont toutefois pu être reprises de hypothèse présente néanmoins l'
Aufrère (1936 a et b), Patte (1953), puis la fin du siècle dernier à cause inconvénient d'obliger à décaler le sys
Agache et coll. (1963), Sickenberg de l'arrêt de l'exploitation des carriè tème des nappes alluviales établi par
(1965), Léonardi et Petronio (1976), res, et les travaux postérieurs de Antoine. La présence du Renne dans
Guérin (1980), van den Brink-Long Commont (1910 a et b) n'ont concer ces sables pourrait toutefois indiquer
(1994). né que la partie sommitale de la sé un possible remaniement de niveaux
quence (Aufrère, 1936 a et b). Des plus anciens, ce qui expliquerait la
sondages récents ont permis de re présence du grand Castor. Dans • Contexte paléoécologique préciser la stratigraphie des dépôts l'état actuel des connaissances nous et attribution chronologique (Antoine, 1990). Ceux-ci confirment ne préférons pas trancher et propo
l'importance des dépôts fluvio-mar Le niveau des dépôts fluvio-mar sons les deux hypothèses. Selon la
ins, seul cas connu dans la vallée de ins correspond à une phase inte première hypothèse, les faunes cor
la Somme, niveaux qui contiennent rglaciaire très marquée, ce que respondraient aux biozones 24 et 26,
l'essentiel de la faune classique dé confirme tout à fait la grande faune selon la seconde aux 23 et
crite régulièrement depuis Cuvier. typiquement tempérée et à domi 24, la dernière proposition cadrant le
Ces niveaux sont rapportés à la nante forestière. Cette prédominance mieux avec la définition des bio
Nappe III d'Antoine. du couvert boisé n'est toutefois pas zones concernées. :
;
;
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 /TOME 92, n° 2 149
contemporaine du début du stade 8. • Argœuves est donc celle de la Basse Terrasse,
Un âge compris entre 305000 et mais dans une phase plus récente
245000 ans est donc une estimation que celle d'Argœuves ; elle se situe• Généralités fiable, ce qui correspondrait à la fin de rait au milieu du Saalien et corres
Le gisement d'Argœuves appart la biozone 23 ou au début de la 24. pondrait à la période contemporaine
ient au complexe de la Basse Ter des stades 7,2 et 7,1 (Tuffreau et al.,
rasse de la Somme, tout comme 1981 ; Haesaerts et Dupuis, 1986 ; • Montières-lès-Amiens celui de Montières (carrières Antoine, 1990). La datation des n
Boutmy-Muchembled, carrières Tat- iveaux sableux par Laurent (op. cit.) • Généralités tegrain à Étouvie). Ce gisement donne un âge tout à fait compatible
montre au-dessus de graviers péri- avec cette interprétation, âge qui est La Basse Terrasse de Montières glaciaires des sables fluviatiles saa- de 200000 ± 57000 ans. La faune et est connue depuis longtemps et elle liens surmontés par des dépôts l'industrie sont donc contemporains correspond à la nappe alluviale II, soit weichséliens des industries li- d'une période interglaciaire du stade postérieure à celle mise en évidence thiques moustériennes ont été dé 7 qui serait en l'occurence Bantega, à Argœuves. Celle-ci a été reconnue couvertes dans les graviers, accom aux environs de 200000 ans. Cette essentiellement dans les carrières pagnées peut-être de vestiges faune appartient à la biozone 24. Boutmy-Muchembled et Buhant-Mu-
fauniques (Agache et al., 1963 ; chembled-Tattegrain. Ce sont les Bourdier, 1969 ; Bourdier et al., carrières Boutmy-Muchembled, dont • Caours 1974 b). La nappe alluviale corres une partie est encore accessible (Anpond à la Nappe III d'Antoine. toine, 1990), qui ont livré une faune
qualifiée de "chaude" par Commont • Généralités
• Inventaire et localisation des (1912 a) et une industrie laminaire d L'exploitation de la carrière Bougrands mammifères énommée "Moustérien à faune langer à Caours (vallée du Scardon, chaude". Cette industrie correspond affluent de la Somme) a permis l'oLa position stratigraphique des en fait à un Épi-Acheuléen de faciès bservation de tufs interglaciaires qui quelques vestiges fauniques décou levalloisien (Commont, 1909 a, b, c, ont livré une faune tempérée. Ces tufs verts à Argœuves n'est pas claire, 1912a;Tuffreau, 1987). mais elle pourrait a priori être comp sont surmontés par les lœss weichs
éliens et ils ont été attribués à l'Ée- arable à celle de l'industrie.
• Inventaire et localisation des mien ; des limons fluviatiles situés à la Liste : Coelodonta antiquitatis, grands mammifères base des tufs auraient livré une industEquus cf. steinheimensis. rie levalloisienne à Breuil (Breuil, 1952 ; Liste Hippopotamus incognitas, Localisation : graviers périgla- Patte, 1953 Breuil et Barrai, 1955 ; Palaeoloxodon antiquus, Dicerorhi- Agache et al., 1963 ; Bourdier, 1969). ciaires de base. nus mercki, Equus hydruntinus, La corrélation de ces niveaux avec la Equus sp. (cf. taubachensis ?), Pan- séquence des terrasses de la Somme * Références bibliographiques thera spelaea, Cervus elaphus, Me- est difficile à établir et dans l'état acgaloceros giganteus, Bos primige- tuel des données les tufs de Caours Bourdier (1969), Prat in Bourdier nius, (Bison priscus ?), Ursus arctos. seraient contemporains de la formatet al. (1974 b), Guérin (1980).
ion de la nappe alluviale I mise en Localisation : sables sus-jacents
évidence à Étouvie. aux graviers de base ; niveaux L, K, • Contexte paléoécologique S, T. et attribution chronologique
• Inventaire et localisation
Le contexte écologique des gra des grands mammifères • Références bibliographiques viers périglaciaires est difficile à cer
Liste : Cervus elaphus, Dama ner en détail. Il pourrait correspondre Commont (1909 a, b, c, 1912 a),
dama, Ursus sp., Equus sp., Bos pri- à un milieu très découvert sous un Prat (1968), Faure (1983).
migenius ou Bison priscus. climat froid, mais également à la
phase terminale de la glaciation. Si • Contexte paléoécologique Localisation : niveau des tufs. les deux espèces identifiées provien et attribution chronologique nent bien de ces graviers, un pay
• Références bibliographiques sage steppique et un climat sec et Le cadre écologique des niveaux
continental est mis en évidence, ce sableux à faune a été mis en év Breuil (1952), Patte (1953), Breuil qui correspondrait bien aux condi idence par l'étude malacologique et Barrai (1955), Agache et al. (1963), tions précitées. (Wiist cité in : Commont, 1911, Broquet et Mennessier (1977). 1912 a) ; ce cadre est caractérisé L'âge de ces graviers est saalien, par un climat tempéré et un couvert car ils sont situés en position de • Contexte paléoécologique forestier notable. La grande faune Basse Terrasse et plus récents que la témoigne également d'un climat et attribution chronologique Nappe de l'Épinette, ce qui corres tempéré et d'un milieu en mosaïque pond bien à la Nappe III incluant les Le cadre écologique présent lors de forêts, d'espaces découverts stades 8 et 7,3. Dans ce cadre, la de la formation des tufs de Caours herbeux et de zones marécagfaune peut être rapportée au stade 8, est tempéré et très probablement en euses. hypothèse compatible avec les deux grande partie forestier. La grande
taxons présents, mais elle serait plus La position chronologique de la faune indique bien un contexte tem
récente que celle de l'Atelier Com- nappe alluviale relevée à la carrière péré et un milieu mixte de forêts et
mont de Saint-Acheul qui serait d'espaces herbeux découverts. Boutmy-Muchembled de Montières I
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L'attribution chronologique de ces viale de Saint-Sauveur dans la pé La position chronologique précise
tufs est peu aisée. L'hypothèse clas riode contemporaine des stades 6 et de ces lœss récents est difficile à
sique est celle d'un âge éemien, 5. Les limons fluviatiles sont donc cerner, mais ceux-ci contenant une
compatible avec la grande faune, selon cette interprétation d'âge ée industrie moustérienne et une faune
mien et début weichsélien (Antoine, mais un âge plus ancien correspon pléniglaciaire sont a priori compris
dant à un interglaciaire saalien (7,3 op. cit.). La datation de ces niveaux entre 70000 et 35000 ans, soit le
ou 7,1) n'est pas à exclure a priori. (Laurent et al., 1994) donne un âge Pléniglaciaire inférieur et la majeure
Nous retiendrons donc avec réserve de 95500 ± 4000 ans, âge compat partie du Pléniglaciaire moyen, co
cet âge éemien pour la faune, soit le ible avec l'interprétation proposée. rrespondant au Weichsélien et aux
stade 5,5 compris entre 130000 et La faune correspond au début de la stades isotopiques 4 et 3. Ce cor
1 10000 ans et la biozone 25. biozone 26 et est en parfait accord tège mammalien est typique de la
avec l'âge approximatif avancé pour biozone 26.
les limons fluviatiles de Saint-Sauv
Saint-Sauveur eur.
■ CONCLUSIONS SUR LE • Généralités • Étouvie CADRE ÉCOLOGIQUE ET
CHRONOLOGIQUE DES Le gisement de Saint-Sauveur a
GISEMENTS DE LA VALLÉE livré une séquence sédimentaire qui • Généralités
DE LA SOMME a permis de décrire la stratigraphie et Les carrières d'Etouvie (parfois de mettre en évidence la présence nommées Montières-Étouvy) ont livré La révision préliminaire des d'artefacts et de quelques restes d'abondantes industries lithiques grands mammifères des gisements fauniques. La série alluviale est ratt moustériennes mais presque pas de paléolithiques inférieurs et moyens achée à la Nappe I, soit la Nappe vestiges fauniques. La nappe allu de la vallée de la Somme nous a d'Etouvie (Très Basse Terrasse), d viale d'Etouvie est en position de donc permis de clarifier la position irectement antérieure à la nappe de Très Basse Terrasse et correspond à taxinomique de la plupart des esfond de vallée (Antoine, 1990). Des la nappe directement antérieure à la mollusques et des rongeurs y ont été pèces classiquement mentionnées nappe de fond de vallée, soit la découverts et des analyses palynolo- dans la littérature depuis le siècle
Nappe I, tout comme à Saint-Sau dernier, d'obtenir des éléments giques y ont été effectuées (Munaut, veur (Tuffreau, 1987 ; Antoine, 1990). concernant le cadre paléoécologique 1974 b, 1988). Les travaux de Commont (1909 a et des niveaux d'où ils proviennent, et
c) mais surtout de Breuil (1934 ; de proposer une attribution chrono• Inventaire et localisation Breuil et Koslowski, 1931) et de logique parfois précise. Cette approdes grands mammifères Bourdier (1973 ; Bourdier et al., che repose sur le cadre géologique, 1974 c), ont permis de reconnaître géochronologique et archéologique Liste : Equus cf. germanicus, une stratigraphie montrant une sé établi en particulier par Tuffreau, AnCan is lupus cf. lupus, Bos primige- quence alluviale type surmontée par toine et Laurent et une concordance nius ou Bison priscus. une couverture limoneuse weichsé- entre nos propres interprétations et
Localisation : limon fluviatile, lienne. celles proposées par ces chercheurs
même niveau que l'industrie. apparaît. Des divergences existent
toutefois concernant la position • Inventaire et localisation
chronostratigraphique de certains g• Références bibliographiques des grands mammifères
isements, plus rarement sur les
Liste : Coelodonta antiquitatis, Cette faune mammalienne est i conditions écologiques en vigueur au
Equus cf. germanicus, Mammuthus nédite et provient des sondages effec moment du dépôt.
primigenius, Bison priscus, {Bos pri- tuées en 1988 par Antoine {op. cit.), Une cohérence dans les succesmigenius ?), Rang i fer tarandus. matériel qui nous a été confié pour sions des cortèges mammaliens de étude. Localisation : lœss récent, niveau chaque gisement apparaît nette
à artefacts attribués au Moustérien ment, les associations mamma-
• Contexte paléoécologique de tradition acheuléenne. liennes rattachées aux biozones de
et attribution chronologique Guérin montrant dans la plupart des
cas une certaine homogénéité les • Références bibliographiques Le cadre écologique des limons rendant caractéristiques. Ainsi de la fluviatiles correspond à un climat Commont (1909 a et c), Guérin biozone 20 à la 26, nous assistons tempéré interglaciaire et un milieu (1980), Tuffreau (1987). aux renouvellements fauniques suprobablement forestier, directement rvenant au cours du Pleistocene antérieur à une dégradation clima moyen et supérieur, ce qui permet • Contexte paléoêcologique tique provoquant un déboisement une calibration souvent fiable de ces progressif (Munaut, 1988). La grande et attribution chronologique faunes par rapport à celles d'autres faune montre un milieu ouvert et un La couverture lœssique de la gisements bien datés. Ces renouvelclimat tempéré froid, ce qui indiquer lements fauniques s'inscrivent bien nappe alluviale d'Etouvie caractérise ait plutôt une période de début gla un milieu très découvert et un climat dans le système des terrasses établi ciaire. froid et sec. Les grands mammifères par Antoine, depuis la Nappe IX
De par sa position stratigraphique, provenant de ces lœss confirment jusqu'à la (absence de témoins
le raccordement avec la Nappe I cette interprétation en accentuant pour les Nappes VIII et VI), bien
qu'une divergence existe quant à d'Etouvie place donc la nappe l'aspect continental du climat. I
Bulletin de la SOCIÉTÉ PRÉHISTORIQUE FRANÇAISE 1995 / TOME 92, n° 2 151
l'attribution de la séquence de Men- — Nappe III. Cagny-l'Épinette
checourt ; celle-ci est rattachée à la — Moustérien. — Holsteinien. Nappe III par cet auteur, soit un âge
— 340000 à 305000 ans [296000 Montières saalien pour la faune de la nappe a
± 53000 ans]. lluviale, alors qu'un âge holsteinien * Carrière Boutmy-Muchembled
nous apparaîtrait plus cohérent, mais — stade 9. — milieu du Saalien (Bantega). un éventuel mélange de faunes n'est — biozone 23. — 205000 à 190000 ans [200000 pas à exclure. — Nappe IV. ± 57000 ans].
La récapitulation des données — Acheuléen. — stade 7.1.
géologiques, géochronologiques et — biozone 24. Saint-Acheul biostratigraphiques, ainsi que des
— Nappe II. aspects archéologiques permet de *Carrières Bultel-Tellier, Atelier proposer les positions climatostrati- — Épi-Acheuléen. Commont graphiques ci-dessous.
Caours — début du Saalien.
Grâce — 305000 à 245000 ans. — Éemien (ou milieu du Saalien ?)
— Bavélien. — début du stade 8. — 1 30000 à 1 1 0000 ans (ou 245000
— 900000 à 730000 ans. à 190000 ans?) — biozone 23.
— stade 5.5 (ou 7.3, ou 7.1 ?). — stades 22 à 20. — Nappe IV.
— biozone 25 (ou 24 ?). — biozone 20. — Acheuléen.
— équivalence Nappe (ou II ?). — Nappe IX.
Menchecourt — Moustérien. — éclats ?
*Sables fluvio-marins : Saint-Sauveur Abbeville hypothèse 1 — début Weichsélien. *Carrières Carpentier et Léon, — milieu du Saalien (Hoogeven). — 110000 à 70000 ans [95500 ± marne blanche :
— 230000 à 210000 ans. 4000 ans]. — Cromérien s.s. (Croméhen II). — stade 7.3. — stades 5.4 à 5.1. — 620000 à 560000 ans [600000 — biozone 24. — début biozone 26. ± 90000 ans].
— Nappe I. — Nappe III. — stade 1 5.
— Paléolithique moyen. — Moustérien. — fin biozone 20 ou début 21 .
— Nappe VII. hypothèse 2 Étouvie
— Acheuléen. — Holsteinien. — Weichsélien.
— 340000 à 305000 ans [392000 ± *Champ de Mars : — 70000 à 35000 ans.
60000 ans]. — stades 4 ou 3. — Saalien. — stade 9. — biozone 26. — 305000 à 130000 ans. — biozone 23. — couverture Nappe I. — stades 8 à 6. — Nappe IV. — Moustérien. — fin biozone 23 et 24. — Paléolithique moyen. — Nappe IV ou III. Les paramètres écologiques mis
*lœss — Acheuléen. en évidence par la grande faune sont
dans la quasi-totalité des cas en hypothèse 1 Cagny-la-Garenne concordance avec les interprétations — Weichsélien. proposées par les autres chercheurs. — fin Cromérien. — 110000 à 10000 ans. Les milieux et les climats ainsi carac— 470000 à 360000 ans [400000 térisés montrent une certaine simil— stades 5.4 à 2. ± 101000 ans]. itude dans leurs composantes princi— biozone 26. — stades 1 2 et 1 1 . pales, quel que soit l'âge du niveau
considéré. — biozone 22. hypothèse 2
— Nappe V. — Saalien. Les conditions les plus couram
ment rencontrées sont celles de mi— Acheuléen. — 305000 à 130000 ans. lieux en mosaïque de type sylvo- — stades 8 ou 6. steppe (forêts, steppe ou prairie, Cagny-Cimetière — fin biozone 23 ou 24. marécages), sous un climat tempéré — fin Cromérien. plus continental que l'actuel. C'est le Argœuves — 470000 à 360000 ans. cas pour les marnes blanches d'Ab-
beville, à Cagny-Cimetière, Cagny- — stades 1 2 et 1 1 . — début du Saalien.
l'Épinette, Saint-Acheul (Atelier Comm— biozone 22. — 305000 à 245000 ans. ont), Menchecourt (sables fluvio— Nappe V. — stade 8. marins), Montières (carrière Boutmy-
— Acheuléen. — fin biozone 23 ou début 24. Muchembled), Caours. Ces se-

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