Schémas d'études et modèles de communication - article ; n°1 ; vol.24, pg 31-43

De
Communication et langages - Année 1974 - Volume 24 - Numéro 1 - Pages 31-43
Conçu comme un « vade-mecum » comportant un texte de présentation, un lexique, une bibliographie thématique, une histoire et un carnet d'adresses du chercheur, « Introduction à la communication », publié aux éditions Téma, est un ouvrage qui répond à un besoin précis. Le besoin de ceux qui, s'intéressant à la communication et aux mass media, en arrivent à perdre pied devant l'explosion des technologies nouvelles, l'envahissement d'un jargon qui, pour être voué à la communication, n'en est pas moins hermétique et la floraison d'idées et de concepts, neufs, dont on ignore, a priori, s'ils sont des vérités prophétiques ou des gadgets mondains. Nous reproduisons ici quelques pages et des dessins à travers lesquels l'auteur cherche à faire le point sur l'évolution historique des schémas et des modèles qui permettent d'étudier et de comprendre les phénomènes de communication.
Michaël Bühler a fait des études de psychologie ainsi que de journalisme à Strasbourg, puis à Montréal. Il a poursuivi des recherches dans le domaine de la perception de l'image et en a publié les résultats. Actuellement, il est consultant en psychologie.
13 pages
Publié le : mardi 1 janvier 1974
Lecture(s) : 270
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Nombre de pages : 14
Voir plus Voir moins

Michael Buhler
Schémas d'études et modèles de communication
In: Communication et langages. N°24, 1974. pp. 31-43.
Résumé
Conçu comme un « vade-mecum » comportant un texte de présentation, un lexique, une bibliographie thématique, une histoire et
un carnet d'adresses du chercheur, « Introduction à la communication », publié aux éditions Téma, est un ouvrage qui répond à
un besoin précis. Le besoin de ceux qui, s'intéressant à la et aux mass media, en arrivent à perdre pied devant
l'explosion des technologies nouvelles, l'envahissement d'un jargon qui, pour être voué à la communication, n'en est pas moins
hermétique et la floraison d'idées et de concepts, neufs, dont on ignore, a priori, s'ils sont des vérités prophétiques ou des
gadgets mondains. Nous reproduisons ici quelques pages et des dessins à travers lesquels l'auteur cherche à faire le point sur
l'évolution historique des schémas et des modèles qui permettent d'étudier et de comprendre les phénomènes de
communication.
Michaël Bühler a fait des études de psychologie ainsi que de journalisme à Strasbourg, puis à Montréal. Il a poursuivi des
recherches dans le domaine de la perception de l'image et en a publié les résultats. Actuellement, il est consultant en
psychologie.
Citer ce document / Cite this document :
Buhler Michael. Schémas d'études et modèles de communication. In: Communication et langages. N°24, 1974. pp. 31-43.
doi : 10.3406/colan.1974.4152
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/colan_0336-1500_1974_num_24_1_4152SCHÉMAS D'ÉTUDES
ET MODÈLES
DE COMMUNICATION
par Michael Biihler
Conçu comme un « vade-mecum » comportant un texte de présentation, un
lexique, une bibliographie thématique, une histoire et un carnet d'adresses
du chercheur, « Introduction à la communication », publié aux éditions Téma,
est un ouvrage qui répond à un besoin précis. Le besoin de ceux qui,
s'intéressant à la communication et aux mass media, en arrivent à perdre
pied devant l'explosion des technologies nouvelles, l'envahissement d'un ja
rgon qui, pour être voué à la communication, n'en est pas moins hermét
ique et la floraison d'idées et de concepts, neufs, dont on ignore,
a priori, s'ils sont des vérités prophétiques ou des gadgets mondains.
Nous reproduisons ici quelques pages et des dessins à travers lesquels
l'auteur cherche à faire le point sur l'évolution historique des schémas et
des modèles qui permettent d'étudier et de comprendre les phénomènes de
communication.
Michaël Biihler a fait des études de psychologie ainsi que de journalisme
à Strasbourg, puis à Montréal. Il a poursuivi des recherches dans le domaine
de la perception de l'image et en a publié les résultats. Actuellement, il
est consultant en psychologie.
Théoriques ou appliquées, les recherches dans le domaine des
communications passent nécessairement par la notion de sché
ma d'étude, et même de modèle. Dans les schémas d'étude,
les chercheurs visualisent les éléments qu'ils sont arrivés à
abstraire : ils isolent les fonctions définissables et les relient
par de simples lignes. Le modèle dépasse le stade de la simple
représentation, car il vise la compréhension de l 'interaction
des diverses et principales fonctions ou composantes. C'est
une mise en équation, et la communication devrait se mettre
à fonctionner comme le décrit le modèle. ,
Historiquement, divers modèles ont vu le jour et se trouvent
actuellement en compétition. Chacun d'eux a l'ambition plus
ou moins avouée d'éliminer les autres par son haut degré de
généralité. En fait, l'utopique modèle unique, général, irrépro
chable, idéal devient de plus en plus difficile à décrire et à
visualiser sous la forme contraignante des carrés, cercles et
flèches, représentations plus ou moins réussies d'un mélange
d'être humains qui commandent ou obéissent, d'idées qui cir- Schémas d'études et modèles
culent, de machineries qui ne se bloquent jamais. Ces divers
modèles vieillissent et survivent parallèlement avec plus1 ou
moins de succès. Tous restent valables dans la perspective
des études1 qui ont conduit à leur élaboration, mais cette coexis
tence nous amène à restituer leur validité et leur utilisation.
Le modèle de Shannon (1947) est le schéma d'un ingénieur
décrivant un phénomène sous l'angle de la mécanique solli
citée et de la fiabilité de la « quincaillerie » capable de véhi
culer avec le maximum de fidélité n'importe quel type de mes
sage. Ce schéma atteint pourtant le plus haut degré de sim
plicité et de généralité.
Dans une perspective sociologique et dans la foulée d'une
tradition expérimentale de style behavioriste, le schéma linéaire
de Lasswell (1948) donne la priorité aux études de l'effet et
à ce qui doit en être la cause principale, c'est-à-dire le mes
sage. Ce schéma d'étude garde toute sa valeur pour l'étude
de la communication politique, de la propagande et aussi de
la publicité. Il a été complété et reformulé par Gerbner (1956)
et Braddock (1958). D'autres théoriciens l'ont violemment cr
itiqué et remanié : nous ne citerons ici que Pierre Schaeffer et
Marshall McLuhan.
Katz et Lazarsfeld (1955) ont redessiné l'élément récepteur
du schéma : leur découverte après l'enquête dans la ville de
Decatur, dans le Middle West, montre que la perception, la
sélection et l'organisation des messages passent le plus souvent
par un intermédiaire : le leader d'opinion, personnage fortement
intégré autour duquel gravitent les1 membres du groupe. Katz
Masse anonyme homogène Impact limité Emetteur
Impact Guides
d'opinion amplifié B Emetteur sur les Groupes Relais
Situation A : schéma classique de la diffusion massive. B : modèle des modifications apportées au message
par les relais d'opinion. Ces modifications comportent, d'une part,
le laminage du message et, d'autre part,
l'amplification des nouvelles retenues. Communication 33
et Lazarsfeld distinguent essentiellement la famille, les rela
tions de voisinage et le milieu de travail comme groupes dans
lesquels1 viennent se réamplifier les messages1. Cette décou
verte constitue un apport essentiel portant un coup fatal à
la notion de «public de masse» indifférencié, dans lequel les
individus récepteurs se comporteraient comme des atomes tous
identiques dans une pâte homogène. Plus récernment, Fried-
mann et Souchon (1971) trouvent une explication du laminage
des messages, à l'émission comme à la réception, en propo
sant un schéma où figurent un certain nombre de grilles, de
tamis, de filtres, qui expliqueraient les distorsions1 extraordi
naires observées dans tous les systèmes1 de diffusion de l'i
nformation 2.
Nous tenterons d'expliquer un modèle général de la commun
ication, dû à Westley et McLean (1957), dans lequel trois
aspects nous paraissent sensiblement nouveaux :
— la notion d'intentionnalité de la sélection et de la trans
mission des messages ;
— la distinction entre auteur et médiateur, qui prend, de nos
jours, une importance fondamentale ;
"— la boucle de réponse (« feedback ») , qui se trouve tim
idement représentée en pointillé sur le dessin original, en 1957.
Après cette date, on assiste, aux Etats-Unis, à une profusion
de schémas explicatifs de la communication, essentiellement
fonction des études1 expérimentales (Osgood, Wright, Doob,
Fearing). Il faut attendre 1967 et 1970 pour voir proposer en
France de nouveaux modèles capables de renouveler la notion
et de lui redonner un second souffle.
Pierre Schaeffer, un professionnel, pose le problème de la com
munication en insistant sur la « machine à communiquer »
éléments1 de son schéma concernent (1970). Quatre des cinq
au premier chef « les hommes qui émettent » au sens le plus
large. Dans l'usine émettrice, il détecte le personnage cent
ral : le médiateur, l 'homme-orchestre, la clé de voûte de tout
système de communication, quelle que soit la taille du groupe
récepteur.
Nous1 chercherons aussi à renouveler le cycle cybernétique
d'Abraham Moles (1967) qui nous semble le modèle le plus
accompli permettant de rendre compte à la fois de la dyna
mique différentielle des civilisations, d'une part, et de l'inser
tion de la culture au niveau des individus, d'autre part. Notre
tentative distingue dans ce circuit fermé un cycle long et un
1. Voir E. Katz et P. Lazarsfeld : Personal Influence (Glencoe/Illinois, Free
Press, 1955).
2. Voir G. Friedmann et M. Souchon : « Communication sociale et commu-
nicateurs », in Cahiers de l'Institut de science économique appliquée (1971, 5,
1571-1585). l
1
1
Schémas d'études et modèles
cycle court, dont les1 vitesses de rotation sont fort différentes :
de l'ordre de la journée en ce qui concerne l'information, manne
quotidienne des mass media (cycle court) ; de l'ordre de plu
sieurs années éventuellement pour les œuvres culturelles
empruntant le cycle long.
MODELE DE LA THEORIE DE L'INFORMATION (1947) 3
Dérivé des processus de communication électronique, le modèle
de communication de la théorie de l'information est dû à Shan
non. Il paraît pour la première fois dans deux articles du Bell
System Technical Journal, en 1947 et 1948. Ce modèle est suf
fisamment général pour en permettre l'application dans divers
domaines: biologique, psychologique, social, linguistique; il
peut même être appliqué au domaine des1 machines. Histor
iquement, on peut dire qu'il s'agit du résultat de la pensée de
divers ingénieurs et inventeurs cherchant à fournir une base
à une science générale liée aux systèmes (« general systems
theory »).
Le modèle proposé doit pouvoir véhiculer n'importe quel mes
sage indépendamment de sa signification. Cinq éléments sont
représentés dans ce système :
— une source d'information produisant des messages à commun
iquer ;
— un transmetteur (émetteur) capable de coder et de moduler
le message en une forme transmissible, le signal ;
— un canal ou media, matériel physique assurant le transport
du signal ;
— un récepteur capable de décoder le signal afin de reconst
ruire et de retrouver le message original ;
— une destination, personne ou chose à laquelle le message
est adressé.
BRUIT SEMANTIQUE RECEPTEUR SEMANTIQUE
1
SOURCE DE TRANSMETTEUR RECEPTEUR DESTINATION L'INFORMATION
Illustration non autorisée à la diffusion MESSAGE SIGNAL EMIS SIGNAL REÇU MESSAGE
SOURCE DE BRUIT
ENGINEERING NOISE Schéma de Shannon
complété par Weaver (1947).
3. Références : C. Shannon et W. Weaver, The Mathematical Theory of
Communication (University of Illinois Press, 1949). Communication 35
Le bruit (« noise source » ou, mieux, « engineering noise »} est
un élément physique perturbateur, brouillant et parasitant le
signal au cours de sa transmission. S'il est pratiquement
impossible d'éliminer totalement cet inconvénient, on peut
néanmoins considérer comme très1 satisfaisant un système de
communication dont le niveau de bruit n'atteint pas le seuil
de perception.
A côté de ce bruit physique, Weaver, un linguistique qui se
situe par conséquent à d'autres niveaux de la communication,
a introduit les notions de bruit sémantique, perturbation et
distorsion de la signification qui s'insère entre la source et le
transmetteur, et de récepteur sémantique qui, après le déco
dage physique du signal, procède à un second décodage tenant
compte des caractéristiques sémantiques statistiques1 du mes
sage et des capacités statistiques de la totalité
ou de tel sous-groupe du public que l'on veut atteindre.
On trouve donc bien dans un tel modèle le souci essentiel des
ingénieurs : celui de retrouver à l'autre bout d'une chaîne de
communication un message aussi peu altéré que possible. Nous
remarquerons enfin que ce schéma ne comporte pas de boucle
de retour, de « feedback », très souvent attribuée à la théorie
de l'information. Mais il ne faut pas oublier que pour les
cybernéticiens une voie de communication fonctionne néces
sairement dans les deux sens, contrairement à la voie de trans
mission à sens unique.
LE MODELE DESCRIPTIF DE LASSWELL (1948) 4
Lasswell a le grand mérite d'avoir posé clairement les éléments
entrant en jeu dans un processus de communication. C'est la
fameuse question-programme des cinq W :
WHO says QUI dit
WHAT through QUOI par
WHAT CHANNELS to QUELS CANAUX à
WHOM with QUI avec
WHAT EFFECT ? QUEL EFFET ?
Cette formulation lapidaire ne doit pas étonner. Les premières
recherches de Lasswell remontent aux années 1920 ; ses goûts
et les nécessités des études sur la propagande pendant la
guerre l'ont essentiellement porté à J'analys'e de la communic
ation politique. Les formules d'Aristote et de Quintilien
l'avaient pourtant précédé, mais, semble-t-il avec moins de
bonheur5.
4. Références : H.D. Lasswell, « The Structure and Function of Communicat
ion in Society », in L. Bryson : The Communication of Ideas (New York,
Harper and Row, 1948, p. 37-51).
5. « Quis, Quid, Ubi, Quibus auxiliis, Cur, Quomodo, Quando ? » Voir Marcus
Fabius Quintilien (1er siècle ap. J.-C.) : De institutione oratoria (« Sur la
formation de l'orateur »). Schémas d'études et modèles
Situation relevant A QUI des sciences humaines QUI
récepteur
PAR QUEL CANAL
Situation proche
des sciences physiques DIT QUOI AVEC QUELS EFFETS
message - influence
stimulus réponse
Représentation possible de la question-programme de Lasswell.
Analyse de l'émetteur, du contenu, des canaux, des audiences,
de l'effet : cinq pôles autour desquels vont se situer pratique
ment toutes les recherches ; les variables une fois répertoriées
et situées, la machine méthodologique de base de toute
recherche en communication était mise sur s'es rails.
Nous soulignerons pourtant la linéarité du système, et nous
ne pouvons nous empêcher d'y voir un développement du
concept behavioriste stimulus/répons'e ou message/influence
qui avait guidé les premières études sur la communication.
Richard Braddock a reformulé en la complétant la question pr
ogramme de Lasswell6:
WHO says QUI dit
WHAT to QUOI à
WHOM under QUI dans
WHAT CIRCUMSTANCES QUELLES CIRCONSTANCES
through dans
WHAT MEDIUM for QUEL CANAL avec PURPOSE with BUT et
WHAT EFFECT QUEL EFFET
II nous1 faut remarquer que ce morcellement du problème, si
séduisant fût-il, a particulièrement vieilli ; cette représentation
a beaucoup perdu de sa valeur opérationnelle par sa trop grande
simplicité même. Cette schématisation abusive s'est trouvée
ébranlée sous les1 coups répétés de certains théoriciens qui
souvent appuient leurs affirmations par l'expérience :
— Paul Lazarsfeld faisait remarquer qu'il ne faut pas grossir
l'importance de l'effet ;
— Marshall McLuhan soutient depuis près1 de deux décennies
que les frontières entre le media et le message sont floues
6. Voir R. Braddock : « An Extension of the Lasswel Formula », in Journal
of Communication (1958, 8, 88-93). Communication 37
— plus récemment, Jean Cloutier, de l'université de Montréal,
cherche à dessiner un s'chéma intégrant les plus récents acquis
de la technologie de communication (photo, vidéo, etc.) dans
une structure qui n'est plus celle de la communication de
masse, l'homme devient EMEREC, émetteur-récepteur. « QUI »
et « A QUI » se confondent dans le même individu7.
MODELE DE WESTLEY-MCLEAN (1957) 8
Quatre éléments fondamentaux sont en présence dans ce
modèle :
— X1, X2, X3... sont des messages, formes abstraites et trans-
missïbles des objets et des événements qui leur ont donné
naissance ;
— A (« advocacy role ») : l'auteur, le communicateur, une per
sonnalité ou un système social sélectionnant et transmettant
des messages intentionnellement ;
— B (« behaviorial system roles ») : récepteur, public, une per
sonnalité ou un système social demandant et utilisant des info
rmations de son environnement en vue de répondre à ses
besoins et de solutionner ses propres problèmes ;
feedback BA
XI
feedback CA
X3
ADVOCACY ROLE CHANNEL ROLE BEHAVIORAL SYSTEMS RC
X4
A c B
X5 MEDIATEUR
XN
Schéma d'après B.H. Westley et M.S. McLean Jr : «A Conceptual Model
for Communications Research», in Journalism Quarterly (1957, 34, 1, 31-38).
— C (« channel role ») : « canalisateur », médiateur, agent au
service de B (public) pour sélectionner et transmettre inte
ntionnellement l'information hors de la portée immédiate de B.
7. Voir J. Cloutier : « La communication audio-scripto-visuelle », in Commun
ication et langages n° 19.
8. Références : b.H. Westley et M.S. McLean Jr., « A Conceptual Model
for Communications Research », in Journalism Quarterly (1957, 34, 1, 31-38). Schémas d'études et modèles
La figure reprise ici constitue le modèle le plus élaboré appli
cable à une situation de communication de masse ; l'auteur (A)
recueille des messages X1, X2, X3... pour en suggérer une
forme X', dégrossie et travaillée, au médiateur C qui fera par
venir au public B le produit fini X". Dans le produit fini peuvent
s'intégrer des informations brutes1 X4 ou X5 qui seront parve
nues au médiateur sans autre transformation, déformation ou
interprétation. Ces derniers messages auront tout simplement
été retenus1 et transmis parce que le médiateur C sait qu'ils
vont satisfaire la demande ou résoudre un problème du
public B.
Les boucles de rétroaction, « feedbacks » de B sur C, de B
sur réactions1 A, de spontanées C sur A, remontent et/ou ces ce opinions flux de que transmission. le communica- Ces
teur (A) et/ou le médiateur (C) chercheront à recueillir don
neront la mesure de l'effet du message transmis. Il faut dire
que les publics (B) disposent de plusieurs médiateurs (C)
parmi lesquels ils feront leur choix (entre plusieurs journaux,
par exemple). Ce diagramme constitue, comme nous l'avons
dit, le stade le plus élaboré, résultat de la combinaison de
trois modèles plus simples.
Dans le premier modèle, des messages (X) parviennent à un
récepteur (B). Exemple: Je vois des flammes sortant de la
maison du voisin.
X-*B
Dans le deuxième modèle, l'auteur (A) envoie des messages
sous forme d'opinion de A concernant un événement X vers un
public B avec l'intention de modifier la perception que ce public
peut avoir au sujet de cet événement X. Par exemple, le dis
cours1 direct :
X-»A->B
Dans le troisième modèle, le médiateur (C) transmet au public
(B) des messages (X) hors de la portée de ce public (B). Le
médiateur va donc agir comme « gatekeeper », filtrant ce qui
lui parvient tout en offrant à B un environnement élargi et sur
mesure :
Xs -» C -> B
Le quatrième modèle est le schéma complet représenté ici :
Xs -> A -* C ->B
La valeur heuristique d'un tel modèle, suffisamment général,
dépasse très largement celui de Lasswell sur trois points
essentiels :
— l'origine de la communication est constituée par des événe
ments ou objets qui peuvent ou non être retenus en vue de
leur transmission, alors que le « QUI » de Lasswell impliquait
nécessairement une intentionnelle ; Communication 39
— la boucle de retour est introduite ici, ce qui donne enfin
la possibilité de remonter la chaîne communicationnelle ;
— ces deux chercheurs sont les premiers à distinguer auteur
et médiateur.
LE TRIANGLE DE LA COMMUNICATION
DE PIERRE SCHAEFFER (1970) '
Polytechnicien, auteur dramatique, romancier, inventeur de la
musique concrète, Pierre Schaeffer préside aux destinées du
Service de la recherche, cet enfant terrible, cet atelier à
l'échelle du centième de cette machine à communiquer appelée
O.R.T.F.
D'emblée, Schaeffer adopte une optique de professionnel cher
chant à situer sa position dans le système de diffusion ; il
commence par dessiner un triangle « visible » avec à chaque
angle, respectivement: l'auteur, le médiateur (producteur et
réalisateur), le public. Un élément humain, pas seulement res
ponsable du bon fonctionnement de la machinerie technique,
se trouve donc en interface entre l'auteur et son public. Pierre
Schaeffer, médiateur, a vécu dans son travail quotidien ce pas
sage obligé de la communication de masse.
Mais, au-delà de l'écran, les pôles sont beaucoup plus nom
breux ; occuper cette position stratégique de médiateur n'est
pas sans poser de problèmes. Un second triangle, caché celui-
là, fait composer le médiateur avec un pôle détenant le « pou
voir » (ce sont les milieux autorisés sur notre schéma, inspiré
de celui de P. Schaeffer) et un pôle de responsable de l'appar
eil de diffusion (ce sont les milieux de la programmation) .
Curieux triangle devenu carré, rectangle ou parallélogramme,
prenant toute sa signification par cet homme-orchestre situé
à l'intersection des diagonales, le médiateur.
GROUPES AUTORISES GROUPE DE LA PROGRAMMATION
AUTEUR PUBLIC
Les «carrés tordus» d'après Pierre Schaeffer (1970).
9. Références : P. Schaeffer, Machines à communiquer ; tome I, « La Genèse
des simulacres » (Paris, Seuil, 1970, pp. 45-78).

Les commentaires (1)
Écrire un nouveau message

17/1000 caractères maximum.

palmarin1990

sui tres ravi interessant

lundi 7 avril 2014 - 22:57