Animaux domestiques et plantes cultivées - article ; n°25 ; vol.6, pg 1-13

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Annales de Géographie - Année 1897 - Volume 6 - Numéro 25 - Pages 1-13
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1897
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M Caullery
Animaux domestiques et plantes cultivées
In: Annales de Géographie. 1897, t. 6, n°25. pp. 1-13.
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Caullery M. Animaux domestiques et plantes cultivées. In: Annales de Géographie. 1897, t. 6, n°25. pp. 1-13.
doi : 10.3406/geo.1897.5544
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1897_num_6_25_5544r.
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ANNALE ** -. -v DE -r ..
OGRAPHIE RALE
ANIMAUX DOMESTIQUES ET PLANTES CULTIV ES
PROPOS UN OUVRAGE CENT
Les animaux domestiques et les plantes cultivées tiennent dans le
domaine de nos connaissances une place par laquelle ils intéressent
la fifis les naturalistes les historiens et les géographes Il leur
été consacré par ces divers spécialistes des travaux importants et en
tout dernier lieu un géographe élève de de Richthofen Eduard
Hahn publié sous le titre Die Haustiere ihre Beziehungen zur
Wirtschaft des Menschen Eine Jeoilraphische une uvre fA
ensemble ou les animaux domestiques sont étudiés dans leur
origine leurs modifications biologiques leur histoire et surtout dans
leur importance économique Hahn tenté de nous retracer
comment où quand et pourquoi chaque animal domestique été
rangé par homme sous sa domination de quels éléments pris dans
la nature ont été formés ces êtres devenus par certains côtés un peu
artificiels quelle influence en exercée leur présence sur les diver
ses civilisations autrefois et sur celles qui en sont filles hui
Cette synthèse répond bien aux besoins du géographe Ces besoins
étaient imparfaitement satis Faits dans les ou vrages antérieurs auxquels
il est pas inutile de nous arrêter quelques instants
Uuelle que soit la tendance particulière un livre sur les animaux
domestiques ou sur les plantes cultivées les données biologiques
Leipzig Duncker Humblot 1896 in-8 o81 p. carte
ANN DE OG VIe ANN RALE OGRAPHIE
doivent en être la base La plupart de ces êtres ont été acquis par
homme et surtout les plus importants une période antérieure
histoire ou peine accessible ases recherches Depuis homme les
transformés etieurgénéalogieperdue ne peut être reconstituée que très
exceptionnellement par la tradition presque toujoursau contraire elle
est avec sûreté par les méthodes biologiques Au reste les natura
listes ont pas négligé de fournir la solution de ce problème très sou
vent fort diff cile mais des plus importants pour eux Il est avec un
déterminisme mieux défini que pour les êtres état de nature un
cas précieux de modification de espèce un exemple intérêt capi-
tal pour étude générale de évolution Il avait donc faire une série
de monographies anatomie comparée pour replacer chaque animal
avec ses diverses races parmi les formes sauvages voisines
De ces travaux un des plus anciens et des plus habilement fouillés
est celui que von Nathusius1 consacré aux races porcines Par des
considérations anatomiquesil montré elles étaient le résultat de
la fusion de deux espèces sauvages une le sanglier de nos régions
Sus scrofa fera Linné autre originaire de Asie orientale Sus indiens
Pallas
Quelques années plus tard Darwin publiait2 les principaux résul
tats de ses vastes recherches sur les variations des animaux et des
plantessous action delà domestication une série de monographies
réunies dans un premier volume il déduisait dans un second les lois
générales de la variation
Depuis Rutimeyer Nehring et beaucoup autres auteurs
ont apporté de nombreuses contributions la connaissance de
rigine de nos animaux domestiques
Ce que Darwin avait fait pour les plantes en même temps que au
tres botanistes Alph de Candolle repris et complété dans son
Origine des plantes développement un chapitre de sa Géo
graphie botanique raisonnéeJ il examiné 249 espèces au point de
vue de leur souche sauvage
Le problème biologique donc été depuis cinquante ans activement
travaillé et il est résolu dans ses grandes lignes origine des espèces
domestiques est montrée un problème des plus complexes La sou
che de beaucoup entre elles existe plus dans la nature actuelle
VON NATHUSIUS Vorstudien flir üeschichte iilid Zacht der Haustiere zunächst
am Schweineschädel Berlin 1864
DARWIN De la variation des animaux et des plantes sous action dc la domes
tication vol. Londres 1868 trad an aise par J.-J MOULINI
Pour les animaux chiens chats cheval anes porcs bêtes bovines moutons
chovrcs lapins pigeons races gallincs canards oies paons dindons pintades
canaris poissons dorés abeilles vers soie de nombreuses plantes
iblioth scienti internationale Paris 1883
1833 DOMESTIQUES ET PLANTES CULTIV ES ANIMAUX
on est exposé souvent prendre faussement pour elle des individus
échappés de la domestication et revenus état sauvage Très fré
quemment elle est pas unique animaux et plantes actuellement aux
mains de homme sont des êtres de synthèse résultat du croisement
répété de plusieurs espèces sauvages voisines La physionomie de
chacun des ancêtres est altérée ula fois par le mélange des sangs et
par Faction du milieu ici très spécial les divers caractères ont pas
varié séparément mais simultanément par une corrélation mystérieuse
entre des parties de Organisme en apparence indépendantes
De ces variations les unes sesout produites subitementetpar bonds
considérables les autres lentement et par degrés insensibles les pre
mières ont dû toujours frapper profondément homme qui pour des
raisons subjectives soit esthétiques soit utilitaires cherché suivant
les cas les faire disparaître en supprimant les individus modifiés ou
les perpétuer en prenant ceux-ci comme reproducteurs La sélection
artificielle donc établi des races partir de ces variations indivi
duelles qui apparaissent aussi sporadiquement dans la vie libre des
espèces Il est remarquer que pour ses divers animaux domestiques
homme conservé certaines modifications parallèles telles sont par
exemple les formes crâne ramassé chien bouledogue bétail niato
etc.) celles pelage laineux tels sont aussi certains changements de
couleurs comme albinisme le mélanisme/dont la fréquence semble
en rapport avec les conditions particulières la domestication
Les variations lentes uvre directe du milieu influent pas moins
profondément sur le faciès par accumulation qui résulte de hérédité
aspect des os des insertions musculaires la longueur des viscères1
etc. sont fortement altérés et ainsi les divers animaux domestiques
acquièrent des caractères parallèles qui les opposent en un ensemble
aux formes sauvages
Beaucoup de traits de cette livrée se perdent ailleurs par le
retour la vie libre et alors reparaît avec le faciès ancien modifié il
est vrai par certains caractères définitivement acquis aspect de la
souche les affinités masquées se révèlent subitement dans ces individus
revenus état sauvage qui par là sonides documents trés.importants
11 donc convergence générale sous action de la domestication
En particulier les modifications qui en résultent pour le squelette
bien étudiées sur les formes actuelles ont permis interprétation de
documents archéologiques très précieux Les plus importants sont
ceux ont fournis les palafittes de la Suisse de Autriche et de Ita
lie septentrionale Les débris animaux des premières ont été étudiés
par Rutimeyer2 Grâce aspect particulier des os des animaux domes-
Chez le porc intestin 14 de longueur au lieu de 10 chez le sanglier
RUTIMEYER Die Fauna der Pfahlbauten Mém de la Soc Heloét Sc
Natur. XIX Zurich 1861 i
I GKOGM.APIIIK (iÉNLIULK.
tiques, liiii mieyer ;i pu distinguer ceux-ci ;iu milieu des restes d'indi
vidus sauvages et refaire leur histoire neudaní la période des pala-
lil.les '. Sans aucun témoignage liislorique , avec une précision parfaite,
i! a \u décroître graduellement l'importance de la chasse clic/, ces
anciennes p< ipulal ions, et grandir en même temps celle de leurs
espèces domestiquée^. Au chien, au bœuf, a la chèvre et au mouton
qui existent dans les dépôts les [tins vieux, viennent s'adjoindre, dans
les couches supérieures, le porc, puis le chat, tandis (pie se multi
plient les laces des espèces plus anciennement soumises.
La souche des diverses espèces domestiques une fois fixée par la
méthode biologique, il y a a déterminer en quel lieu a été faite tout
d'abord leur domestication et comment de ce point de départ elle
s'est propagée. Nous pouvons avoir à ce sujet des indications, si nous
connaissons l'aire d'extension des diverses espèces à. l'élat sauvage,
c'est-à-dire par la géographie zoologique ; mais il faudrait avoir
reconstitué cette donnée pour les premiers âges de l'humanité, depuis
lesquels la distribution des formes vivantes a notablement varié. Or
cette paléontologie tant végétale qu'animale est loin d'être achevée
et. ce que nous en savons ne peut actuellement nous servir que de
documents auxiliaires, d'ailleurs très précieux pour1 la critique de tournis par d'autres méthodes.
К ri elle! , c'est a l'histoire et à la linguistique qu'on a demandé
surtout de révéler la patrie originelle et les diverses étapes des domest
ications et des cultures. Des affinités des mots correspondant à un
même objet dans diverses langues, on peut conclure par quel peuple
l'objet a été connu tout d'abord et transmis aux autres, dependant
l'emploi, d'ailleurs nécessaire, de cette méthode n'est pas sans dan
ger. Les mots du langage vulgaire n'ont, en général, aucune
precision pour désigner les animaux ou les [liantes. Le même être,
suivant les légions d'un pays, a, dans une même langue, des noms
distincts, et inversement h; môme nom s'applique à plusieurs formes
Or, il fandi ait, pour les questions qui nous occupent, une exactitude
rigoureuse dans la dénomination.
Quanta a métliodchistoriqueelle-mème,elle est souvent impuissante
a fixer leptoblème des origines, parce que celles-ci sont généralement,
trop reculées dans le temps. La propagation des cultures ou des a ni -
mauxdomestiqu.es estégalemenl difficile à reconstituer par elle, mais
cependant ellea déjà fourni un grand nombre de résultats que l'on peut
considérer comme acquis. Dans cette direction, l'effort le plus consi
dérable a été fait par von Helm, auteur d'un livre publié en 1S70 sous ce
titre : hii//;ť>'/)/l(i)izmiind Hatishc-fr, in ihri'in L obcrtjimij <i us Asini nacli
I. Les vi'uï'Miix cultivés ont Ие étudiés par <>. Hkkw, Flora (1er l'fnhlhaulcn,
Zurich, lSlili ANIMAUX DOMESTIQUES ET PLANTES CULTIV ES
Griechenland unditalien sowie in das übrige Europa Endépit des cri
tiques très vives que lui ont adressées les botanistes et notamment de
Candolle cet ouvrage restera une source précieuse On peut lui repro
cher de avoir pas eu suffisamment conscience du rôle primordial que
devaient jouer dans une pareille étude les renseignements biologiques
purs et avoir trop subordonné tous ses arguments hypothèse
ethnique alors enfaveur après laquelle Europe aurait re avec des
populations venues de Inde tousles éléments de sa culture il reste
vrai que beaucoup denos animaux domestiqués et de nos plantes culti
vées ont été abord en Orient quelques-uns ont pu être indépen
damment en Europe où ils existaient tout au moins état sauvage
comme le prouve la paléontologie on ne saurait souscrire en tout
cas ce jugement de Hehn qui énoncé dans les conclusions donne
bien idée de sa conception générale Quand les premiers Grecs
débarquèrent dans Italie méridionale les forêts étaient composées
surtout arbres feuilles caduques Les hêtres descendaient plus bas
aujourdhui où ils sont limités aux régions montagneuses. Quel
ques siècles plus tard on aper oit dans les peintures de Pompei les
arbres toujours verts le Launis no ilis olivier le cyprès oléandre.
11 ne peut avoir doute que cette transformation soit uvre de
homme homme avait au contraire sous la main dans Europe
méridionale la matière première des cultures que peut-être il avait
imaginées en Orient en arrivant dans les régions méditerranéennes
il dû trouver encore un certain nombre de plantes et animaux qui
hui ne rencontrent plus mais qui avaient été abondants
époque tertiaire
II
Le livre de Eduard Hahn pas la prétention de se substituer
aux précédents Il est pour les animaux domestiques une mise en
uvre nouvelle des résultats antérieurement acquis accompagnée
de documents nouveaux ou qui avaient pas encore été associés
une synthèse Ce qui le distingue surtout est que la charpente qui
assemble toutes ces données est géographique Il donc deux points
examiner les faits et le système
Je ne étendrai pas sur les premiers Dans trente-six chapitres
monographiques2 auteur reprend pour chaque animal les résultats
obtenus par les naturalistes Darwin Nathusius Rutimeyer Nehring
et autres
6e édition avec des observations ENGI.ER Berlin 1894
Chien uf bantang os gaur et gayal yak buffle chèvre
mouton âne mulet cheval porc chameau chat lapin furet renne lama cobaye
oie cygne canard poule pintade paon faisan dindon pigeon serin perruche
autruche cormoran carpe cyprin doré macropode ver soie abeille OGRAPHIE RALE
origine zoologique de animal ses variations état domes
tique sont exposées avec précision La partie historique est riche
de la connaissance de nombreux textes Enfin pour chaque cas
il été fait une étude de extension actuelle de la domestication
des divers usages auxquels est employé animal de son rôle dans
chaque civilisation est là de la géographie économique proprement
dite
La conception géographique est ailleurs mise en relief dès
abord non seulement par le titre du livre mais par ordre même des
matières Une introduction rappelle les notions générales qui seront
utiles chaque instant dans le cours de ouvrage puis viennent ces
monographies rangées non pas dans ordre zoologique mais dans
celui que détermine importance relative des animaux aux points de
vue économique et historique Ceux qui ont été domestiqués les pre
miers ont eu une influence capitale sur le développement ultérieur des
civilisations humaines est donc histoire de ces premières domes
tications il faut reconstituer avec le plus de soin
Un animal peut être considéré comme domestique quand il vit en
captivité et reproduit Cette dernière condition est des plus diffi
ciles obtenir Nombre espèces capturées état sauvage vivent
entre les mains de homme apprivoisent mais deviennent immé
diatement stériles Les recherches histologiques ont montré il
avait presque toujours une altération profonde une dégénérescence
des tissus génitaux Ce retentissement intense de la captivité sur les
organes sexuels explique le petit nombre espèces domestiquées jus
nos jours est seulement après avoir résolu cette difficulté que
homme peut par hérédité conserver et accumuler les modifica
tions il obtenues sur les individus
La domestication des animaux ne fut pas une acquisition rapide
mais le résultat essais fort longs et souvent infructueux Si
homme les tenta et les répéta ce ne fut probablement pas avec
la conscience du résultat final Il essaya pas la domestication
des premières espèces avec un dessein utilisation déterminée Telles
il les prit dans la nature elles ne pouvaient le servir homme
captura des animaux la chasse et les conserva pour en faire des
compagnons Et pour les perpétuer il se trouva immédiatement arrêté
par leur infécondité Or Darwin mis en évidence la tendance très
générale des animaux captifs se croiser avec des individus espèces
ou de races voisines de préférence leurs congénères Beaucoup des
premiers cas de fécondité sousia domination de homme durent être
de semblables croisements facilités par le mode de viedespopulations
ces époques anciennes hui encore chez les peuples peu civi
lisés les croisements entre animaux domestiques et espèces sauvages
voisines sont fréquents Darwin cite exemple des Indiens qui crois ent IMAUX DOMESTIQUES ET PLANTES CULTIV ES
fréquemment leur chien avec le chacal Ces premiers croisements
devaient avoir pour résultat de fournir homme rapidement des
produits différents de ce il trouvait dans la nature et en stimulant
sa curiosité de le pousser dans la voie de la sélection artificielle Ainsi
explique également origine polyphylétique de la plupart de nos
espèces domestiques actuelles
Cette tendance hybridation importante pour histoire de la do
mestication est éminemment aussi pour en expliquer le perfection
nement et extension Cette importance pas été suffisamment com
prise ce jour Hahn revient dans les diverses parties de
son livre sur la nécessité de réaliser des croisements entre nos
espèces actuellement domestiquées et les formes sauvages voisines
Les animaux de grande taille en effet sont en voie de disparition
rapideet si on ne peut les utiliser ici àpeu années beaucoup seront
irrémédiablement perdus tel estie cas du bison en Amérique et on
en pourrait citer beaucoup autres Aussi Hahn préconise-t-il
ardemment intervention de tat lui seul la stabilité et la conti
nuité nécessaires pour conduire ces expériences
Quel ait été le mobile de homme lors des premières domesti
cations il obtint celles-ci furent une influence considérable sur
les débuts de la civilisation est là vérité sur laquelle il est
pas besoin insister Il importe donc essentiellement de rechercher
il est possible quelles espèces humanité est attachées en premier
lieu
Nous sommes réduits sur ce point des hypothèses des vraisem
blances car les documents authentiques les plus anciens où nous
trouvons des animaux domestiques nous offrent simultanément comme
dans les palafittes de Suisse le uf la chèvre le chien et la brebis
nous sommes déjà assez loin des origines
Par la variété de ses races universalité de son extension par
antiquité des documents où nous en trouvons la trace le chien
paraît le plus ancien animal domestique Il est sorti du croisement de
plusieurs espèces sauvages Il est resté le plus souvent un simple
compagnon de homme Il été utilisé que rarement
Le uf aurait été après Hahn le premier animal qui ait
acquis une réelle importance économique et son histoire par suite
une portée considérable Son origine doit remonter aux temps où
hommecessa être exclusivement chasseur oupêcheurpour commen
cer cultiver le sol Comment peut-on imaginer cette domestication
après Hahn elle aurait été la conséquence idées religieuses
Chez les peuples primitifs la Lune fut une des divinités les plus
universellement adorées elle présidait àia fécondité et la croissance 1
des êtres Or dans la plupart des mythologies elle est représentée avec
desattributs empruntés la vache Il dut se faire une association idées OGRAPHIE RALE
entre le croissant lunaire et les cornes du uf qui par suite aurait été
de très bonne heure animal consacré ladeesse celui on lui sacri
fiait homme aurait été ainsi poussé parquer tout abord des ufs
sauvages en vue de ces sacrifices et le passage se serait fait graduellement
de cet état semi-libre la domestication complète sans que la fécondité
fût supprimée hui encore certaines populations de Assam
les Kukies et les Mishmis possèdent des troupeaux un bovidé par
ticulier le Gayal ils emploient ni pour son lait ni comme bête
de trait ou de charge et qui est plutôt apprivoisé que domestiqué Ces
peuples font paître leurs troupeaux dans le voisinage des animaux
sauvages et leur donnent en abondance des blocs de sel Les individus qui se mêlent au troupeau habituent progressivement
au sel et accoutument graduellement au voisinage et la pré
sence de homme Nous avons peut-être chez ces populations restées
encore très primitives une image de ce que fut origine la domes
tication du uf Peu peu animal fut utilisé une part comme
animal de trait de autre pour le lait de la vache usage de sa
viande serait venu en dernier lieu Cette évolution se serait faite sous
influence idées religieuses Dans le fait même que est le uf
non le taureau ni la génisse qui partout est attelé la charrue Hahn
voit encore la trace idées religieuses Je ai pu entrer dans le détail
des divers arguments fournis par auteur ai voulu seulement
exposer son hypothèse
Le uf une fois domestiqué et utilisé autres animaux furent
soumis par homme pour la lactation la chèvre et la brebis pour le
trait et le transport âne et plus tard le chameau et le cheval Le
sanglier seul été domestiqué exclusivement pour sa viande Tous
ces animaux étaient état sauvage habitants une même zone ils
ont dû eire introduits dans la civilisation par un même groupe de races
et leur ensemble forme une unité
Ces hypothèses sont ailleurs intimement liées celles que fait
auteur sur les formes économiques successives de humanité On
souvent admis que homme fut abord pêcheur et chasseur puis
pâtre nomade et de là arriva peu peu état sédentaire réclamé par
agriculture Hahn ne croit pas cette succession Le pâtre repré
sente pour lui un stade de différenciation ultime une spécialisation
qui est postérieure agriculture espèce bovine estia plus ancienne
productrice de lait or le uf est élément ni principal ni primitif
des troupeaux chez les peuples pasteurs leurs animaux les plus im
portants sont la chèvre et la brebis puis le cheval et le chameau Les
nomades typiques ne représentent pas une forme indépendante il
leur faut nécessairement des relations avec des peuples sédentaires
qui leur fournissent les produits de agriculture ils se sont diffé
renciés aux dépens de ces derniers aurait donc précédé ANIMAUX DOMESTIQUES ET PLANTES CULTIVER
la vie nomade mais une agriculture très différente de ce que nous
désignons généralement par ce mot Ces conditions primitives
pouvons les retrouver actuellement ou tout au moins nous pouvons
après état actuel de certaines régions reconstituer la série des
stades qui ont précédé notre agriculture européenne Le critérium de
dislinction de ces étapes successives sera précisément le rôle
jouent les animaux domestiques
En déjà Hahn avait donné dans les eiermann Mittei
lungen une carte montrant la répartition des divers modes exploita
tion du sol Il jointe son livre et la dernière partie de celui-ci en
est un commentaire Après avoir analysé origine de chaque animal
domestique son histoire ses rapports actuels avec homme il exa
mine les divers groupements existants définit leurs caractères
essentiels et étudie leur répartition est la partie vraiment
synthétique du livre celle qui marque le mieux son esprit géogra
phique
Ce qui succède état de chasseur ou de pêcheur est non état
de pasteur mais un commencement de vie sédentaire où naît la
culture du sol homme se nourrit en partie des produits végétaux
il obtient aide un travail plus ou moins considérable Il
ce moment aucune utilisation des animaux domestiques pour cette
mise en valeur de la terre homme la travaille lui-même Hahn
groupe tous les cas où cette condition est réalisée sous le nom de
Hackbau ou culture la houe vrai dire il attache ce groupe
ment une individualité il oppose autres ensembles il fait
remarquer que par une série de transitions Hackbau passe des pra
tiques les plus rudimentaires des procédés de cultare-fcnïs erfec-
tionnés Elle couvre hui encore énormes espaces dans
Afrique tropicale et Amérique du Sud Les tubercules Manioc
Yam Batate etc. jouent un rôle considérable et est eux que
homme apprit probablement cultiver tout abord puis vint
exploitation des arbres fruitiers une fa on générale les céréales
sont peu ou point représentées Il ne faut pas oublier cependant que
est Hackbau que nous devons le maïs et le riz Les peuples qui
la pratiquent possèdent presque tous comme animaux domestiques
la poule et le porc en Afrique la chèvre En Amérique ils ont domes
tiqué le dindon un canard particulier Anas moschaia et le cobaye
le lama ils possèdent également jamais été employé aux tra
vaux agricoles
Suivant la fa on dont se perfectionne VHackbau elle aboutit des
états définitifs différents Les Européens dans les pays tropicaux en
ont créé un sous-type celui des plantations canne sucre café Sur
divers points de latérre elle est élevée un degré de perfectionnement
extrême une forme de culture que on peut considérer comme une

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