L'oued Saoura - article ; n°163 ; vol.30, pg 50-59

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Annales de Géographie - Année 1921 - Volume 30 - Numéro 163 - Pages 50-59
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1921
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E.-F. Gautier
Marcel Larnaude
L'oued Saoura
In: Annales de Géographie. 1921, t. 30, n°163. pp. 50-59.
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Gautier E.-F., Larnaude Marcel. L'oued Saoura. In: Annales de Géographie. 1921, t. 30, n°163. pp. 50-59.
doi : 10.3406/geo.1921.9034
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1921_num_30_163_9034oO
LO ED SAOURA
oued Saoura est un bon type de ces oueds quaternaires qui
sont la caractéristique du Sahara Algérien Pourtant est un cas
extreme plutôt que moyen parmi tous ces magnifiques oueds fos
siles il est certainement celui qui garde le plus de vie
LES CRUES DE LA SAOURA
On trouvera dans une publication précédente de un de nous1 la
photographie une crue de laSaoura àKsabi.Ksabi est àvol oiseau
350 kilomètres de Atlas où vient la Saoura On sait depuis long
temps que oued arrive pousser ses crues quelque deux cents
kilomètres plus loin au Bas-Touat2 Mais ce on moins
remarqué est que les crues de la Saoura sont un phénomène régu
lier annuel Le poste fran ais de Beni-Abbès voit tous les hivers
passer la crue et certaines années plusieurs fois par hiver Geposte
existe depuis une vingtaine on noté la date et avec
quelque imprécision naturellement importance des crues3 On
sait par conséquent en gros que la Saoura des crues régulières
attendues escomptées par agriculture Beaucoup des oasis de la
Saoura vivent sur la nappe eau super cielle alimentée par elles Les
plus violentes sont dévastatrices elles empêchent le développement
des palmeraies enserrées entre erg et la rivière Mais les crues
moyennes permettent étendre les ensemencements le long de la
vallée dans des jardins qui elles manquent ou viennent trop
tard restent stériles
Tous les oueds quaternaires du Sahara algérien sont susceptibles
de couler après un orage est un danger bien connu des caravanes
GAUTIER Sahara algérien Paris 1908 20 pl IX ig 18
La grande crue octobre 1915 aurait atteint le Reggan Celle de mars 1920
est arrêtée 10 km au sud du ksar El Mansour dans le Bouda
Voici une liste des crues de la Saoura Beni-Abbès qui nous été commu
niquée par la DinECTiON DBS Suu
Décembre 1901 mars 1902 février 1903 avril 1904 octobre 190à mars 1906
crue très forte oued aurait coulé sans interruption octobre 190à fin
mai 1906 avec plusieurs crues importantes le rendant infranchissable) avril
septembre novembre 1907 fortes crues) mai 1908 janvier 1909 mai 1910 hau
teur <;au plus de m.) février 1911 mars 1412 avril 1913 septembre 914
octobre 191 crue très violente hauteur eau plus de m.) décembre 1916
février octobre 19 novembre 1918 mars 1920 crue violente hauteur eau
metres) SAOURA 51 ED
qui il est recommandé en cas de temps incertain de ne jamais
camper dans le lit un oued Dans ce pays où le climat désertique
pas eu le temps de brouiller complètement le réseau des vallées
mortes les eaux orage sont immédiatement rassemblées dirigées
et lancées dans un chenal Et ce coup de balai intermittent contribue
maintenir la voie libre
oued Saoura est donc pas complètement différent des autres
Mais est une question de mesure Si on avait des chiffres précis on
verrait certainement que les crues de la Saoura battent tous les
records tous les points de vue
On voit très bien pourquoi oued Saoura par une de ses têtes
qui est oued Guir vient du Grand Atlas marocain Il pas dans
tout le Sahara algérien Hoggar compris un massif montagneux
comparable au Grand Atlas par altitude ailleurs il appartient
déjà plus la zone franchement saharienne une photographie du
Djebel Aïachi 750 m. prise en avion montre des taches de neige
au mois août1 La source du Guir est approximativement au Djebel
Aïachi Toutes proportions gardées et dans une mesure assurément
très faible oued Saonra est un pendant du Nil un et autre font
bénéficier le désert de pluies lointaines tombées hors du domaine
désertique
Il est vrai que deux autres grands oueds prennent leur source sur
le versant méridional du Grand Atlas oued Daoura et oued Draa
Ce sont de très grands oueds en juger par importance de leurs
bassins de réception ils ont chance être plus importants encore
que la Saoura par le volume eau la capacité de crues Mais cette
capacité semble virtuelle sous bénéfice inventaire cependant
puisque le Sahara marocain est encore peu près inconnu2 En tout
cas oued Daoura et oued Draa alimentent au pied même de
Atlas dans les limites politiques du Maroc deux énormes oasis
celles du Tafileit et du Draa avec lesquelles aucun groupe
algériennes ne supporte la comparaison au dire de ceux qui les
ont vues du de Foucault par exemple On peut supposer que les
crues des deux oueds sont en grande partie absorbées par irriga
tion dès leur entrée au désert lin oued comme la Saonra le long
de laquelle les crues filant un élan pénètrent quelque cinq
cents kilomètres dans le désert est probablement un cas unique
dans notre Sahara Apparemment la direction de cette vallée im
mense est influencée par la tectonique et elle est en relation avec
existence une grande faille qui tout le long de oued et de part
BLACH De Mekne aux sources de la Moulouya Annales de Géographie
XXVIII 1919 pl IX 312)
Voir cependant Capitaine -VuaiKn.vs Le Sahara occidental mémoire publié
parla SOCI DE OUHAI HIE Paris 1919 in-8 )2 ED SA OURA
et autre de lui faitaffleurer au même niveau la péne plaine primaire
et les couches crétacées
II LA SEBKHA DE TIMMOUDI
Comme il est naturel imagination des géographes cherché
se représenter ce pu être époque quaternaire la vie intégrale
de ce bel oued fossile On voulu reconstituer son cours et retrouver
son point terminus son embouchure
Or il apparaît bien que vouloir fixer avec précision dans notre
actuel le tracé une rivière quaternaire est une besognejà
peu près impossible2 En effet la pente de la vallée le thalweg ce
Oued Messa.oud Keaoi ErgerRaoui co oudeTimmoudi ebka el Melah Oued Saoura En Cuvette Nahia
Se elte-g elAtcAne Tîmmoudi
atterrissement quaternaires tertiaires Terrains et Devonien moyen Devonien inférieur Silurien
FIG Schéma du cours terminal de la Saoura dans la boutonnière anticlinale
occupée par la Sebkha de Timmoudi et ère el Atchane extrémité méridio
nale ennoyée de la chaîne Ougarta Les deux blocs se font suite.
que nous appelons le fil de eau tant il de eau est cela qui
est le tracé du fleuve est précisément ce qui disparaît en premier
lieu dans le squelette désertique une rivière fossile Le profil de la
vallée est composé de deux éléments sections colmatées et sections
érodées le climat désertique les attaque différemment il creuse et
décape les premières et aide des fins matériaux ainsi arrachés
il empâte les autres
Ce il est possible de faire est de montrer comment se ter
mine hui oued Saoura
La perspective cavalière fig représente la boutonnière anticli
nale de ergelAlchane Elle constitue un gigantesque bassin allongé sur
*> GAUTIEH Sahara algérien chap li et Capitaine OIKHAS ouvr cit.
1S et291-402 Voir GAUTIEH Le choit Tiyri Annales de Géographie XXV 1916 181-
ii LO JED SAO RA
120 km. dont les points les plus bas paraissent être actuellement au
Nord et au Sud oued Saoura pénètre en aval de Ksabi par les
gorges du Foum el Kheneg est exactement le point terminus de
oued puisque là commence sa zone épandage son delta final En
ce point précis il bifurque ou plutôt il trifurque deux branches
peine divergentes vont au Sud elles sortent de la boutonnière anticli-
nale travers deux brèches voisines une de autre elles portent
les noms oued Seïba et oued Messaoud Par oued Messaoud
certaines crues exceptionnelles atteignent le Bas Touat et est de
ce côté-là évidemment il faut chercher la continuation de oued
Saoura quaternaire oued quaternaire avait des destinées ulté
rieures il ne faisait que traverser la boutonnière oued actuel
reste ou du moins la plus grande partie de ses crues en sort
pas cet état de choses est pas très ancien au dire des indigènes
chaque inondation il un demi-siècle atteignait régulièrement le
Bas Touat Mais les sables déposés en aval da Foum el Kheneg ont
fini par former tampon les crues détournées rebroussent chemin
cap pour cap et vont finir en sebkha vers le Nord cette sebkha
on donne souvent le nom de Timmoudi qui est un ksar de la Saoura
est le sens de cette sebkha qui jamais été suffisamment mis en
lumière Elle est aboutissement normal de la Saoura sa principale
embouchure et elle est son uvre
La sebkha de Timmoudi ne ressemble aucune autre sebkha
actuelle Par exemple la sebkha du Grourara sous la falaise de Tim-
un type bien différent Aucune crue parvient jum is
directement Mais dans son immense bassin alimentation on en
tend dire parfois que tel oued oued Seggueur oued arbi
coulé Sa crue est perdue dans le sable du Grand Erg occidental
Alors au boul une huitaine de jours du haut de la falaise de Tim-
mimoun on voit la sebkha de terne elle était devenir scintillante
de cristaux de sel Le sel se dépose par le jeu de la capillarité et de
évaporation grain grain mélangé la terre
la sebkha de Timmoudi le cas est bien différent sur le fond
argile imperméable énorme crue aboutit étale stagne et éva
pore tout entière sur place Et est une crue qui traversé le désert
pendant cinq cents kilomètres on sait que toutes les eaux déser
tiques sont chargées de sels au point être par exemple impropres
Voir dans GAUTIEH Sahara algérien 20 pl IX tig 19 une photo
graphie du tampon de sables qui obstrue le lit de oued la sortie des gorges
Afin éviter le dessèchement de la vallée dans le Bas Touat le SKMVK.K ES
AF AiRES INDIG NES construit dûs 1907 au sortir du Founi el un
barrage qui ferme aux crues la roule du Nord un ranul dû dri iv titioii leur ouvre
un passage vers le Sud au milieu des petites dunes amonccl cs tampon
Détruit dès son achèvement par une crue le syslnuie élargi OncUonno partir
de lit II 54 LO ED SAOURA
alimentation une chaudière Sous le soleil et dans atmosphère
desséchée du Sahara cette masse eau salée évapore en un petit
nombre de jours et pour ainsi dire un coup Le résultat est très
curieux La surface de la sebkha est couverte une épaisse croûte
de sel pur de tout mélange terreux Les variations de la température
font éclater cette croûte en dalles qui montent assaut les unes des
autres Un échantillon détaché une de ces dalles cm épaisseur
La sebkha se comporte peu près comme sous autres climats
un lac gelé la croûte de sel comme une croûte de glace
est du sel gemme bien connu dans la nature mais le sel
gemme est fossile époque actuelle on peut être pas souvent
occasion de le voir se former sous nos yeux
Ce sel en dalles il suffit de se baisser pour ramasser et qui se
transporte dbs de chameau sans emballage en sac est objet un
certain commerce indigène Ce commerce se fait par Timmoudi et
est ainsi que le ksar est trouvé donner son nom la sebkha
Du sel en dalles faisant objet de commerce est un fait très
connu dans autres parties de notre Sahara fran ais Les dalles de
sel de Taoudeni transportées par Tombouctou font objet un com
merce important Si mal connu que soit Taoudeni il est certain que
est une cuvette une sebkha où le sel en dalles est alluvionnaire1
Mais ces alluvions sont quaternaires aucun fleuve actuel aboutit
dans la cuvette idée que le sel de Taoudeni est en relation avec
la zone épandage un oued quaternaire disparu est très naturelle
elle été exprimée déjà On peut imaginer que la cuvette de Taou
deni ait élo le déversoir du Niger ou de oued Saoura lui-même ou
elle ait été le confluent des deux Dans état actuel de nos con
naissances ce sont des suppositions fragiles Mais ce qui est une
hypothèse très plausible très voisine une certitude est que la
sebkha do Taoudeni et celle de Timmoudi sont comparables Tim
moudi qui est sous nos yeux explique Taoudeni qui est fossile Si
on imagino que Taoudeni été jadis le déversoir de la Saoura la
distance entre et Timmoudi 600 km au minimum donne
rait une mesure grossière de la diminution dans abondance des
pluies ft la force des crues depuis le Quaternaire
un autre point du Sahara fran ais où on connaît du sel en dalles
âge quaternaire est le chott eIDjerid2 Les chotts tunisiens dont
le Djorid est une partie sont le déversoir de oued arrar quater
naire Le Sahara quaternaire fut une steppe un pays beaucoup plus
humide que le désert actuel mais non pas abondamment pluvieux et
normalement drainé Ln ce temps-là non plus les oneds aboutis
saient pas la mer
GA TIKB Paliara alf/erien pl
It l*i nu/.ir/ur fi.i/ri.cnle flans t.n Iiinis méridionale Tunis ED SAO RA LOU
La sebkha de Timmoudi déversoir de la Saoura mériterait être
plus connue Il faudrait appuyer les constatations qui précèdent sur
une carte grande échelle Le voisinage de la Saoura et des postes
fran ais donnerait pour la faire toutes les facilités Il deviendrait
alors sans doute possible de voir clair dans un certain nombre obs
curités Quelle est inclinaison de cette pente qui ramène vers le
Nord et vers la sebkha la branche principale du delta épandage
Par quel processus est produit ce renversement de pente Quelle
est la masse eau que les crues amènent bon an mal an dans la
sebkha Quelle est sa teneur en sel Quelle est épaisseur totale
de la croûte de sel gemme Pourrait-on avec ces données conclure
au laps de temps écoulé Mais dès présent il faut insister sur
importance extrême de cette sebkha de Timmoudi est un cas
simple et typique où on voit comment se termine un oued en climat
désertique
Ili OUED ET ERG
Il se pose apropos de oued Saoura autres questions qui appel
leraient aussi une étude détaillée
On vu que depuis le Grand Atlas où elles amassent au
Foum el Kheneg sur près de quatre cents kilomètres les crues lilent
un trait dans un lit profond et net Comment ce phénomène est-il
possible
Une fois sorti des montagnes sur la plus grande partie de son
cours oued est longé sur sa rive gauche par la dune est lui qui
est la bordure occidentale du Grand Erg parler rigoureusement Il
serait ensablé depuis longtemps sans le coup de balai périodique
des crues Mais cet assaut du sable a-t-il duré travers tout le passé
avec la même force avec le même insuccès oued a-l-il toujours
re sur la même position défensive Cette longue lutte a-t-elle une
histoire on puisse essayer de reconstituer
On en entrevoit deux épisodes
un concernerait le passé de la Zousfana est une des têtes de
la Saoura ou du moins oued Saoura porte ce nom de Saoura
partir Igli où oued Guir son confluent avec oued Zous-
fana Le Guir est la rivière principale est lui qui est la vraie
source Mais la Zousfana semée oasis cours eau vive sur cer
taines sections sujette ii de grosses crues est une contribution
importante est la basse Zousfana sur laquelle on veut attirer
attention entre it et Igli plus précisément entre la dernièi
oasis de il lle qui porte le nom de Zaouïa Tahtania une
part et autre part le vieil Igli le ksar ruiné de Taouerda au con-
Iluent avec le Guii Il la une section de la vallée qui contraste ED SAOIJRA 56
vivement avec amont et aval En amont depuis Ksar el Azoudj au
moins la Zousfana taillé son lit qui est très net dans des alluvions
apparemment quaternaires la masse et épaisseur des
sont énormes la vallée des terrasses qui ont jamais été étudiées
elle manifestement une histoire inscrite dans son modelé Dès
on dépasse Zaouïa Tahtania.tout change avec une brusquerie éton
nante Plus alluvions anciennes plus de terrasses Taouerda
sauf en un endroit El Aouedj le puits El Aouedj est dans une
cuvette où se trouvent la fois alluvions anciennes assez maigres et
terrasses mais est le seul point ce il semble sur o0 kilomètres
Partout ailleurs on voit oued est-à-dire quelques touffes de ver
dure enracinées dans un mince cordon alluvions actuelles repo
sant même sur la hammada de calcaire dinantien oued suit le
Terrain atterrisab.nent Erg Carbonifère
tertiaire et quaternaires
Fio Schéma du reliet dans la région du confluent de la Zousfana et du Guir
entre Zaouïa Tahtania et Taouerda montrant une capture hypothétique de la
Zousfana par oued Guir Lesdeux blocs se ont suite Les flèches en traits
pleins indiquentle sens du courant actuel La flèche en traits pointillés indique
ccoulement ancien de la Zousfana.
pied une côte au sens on donne ce mot dans le Bassin de Paris
mais il semble étranger érosion de cette côte il air de avoir
même pas entamé la hammada sur laquelle il coule Taouerda tout
cliange de nouveau on rentre avec la même brusquerie dans le
domaine des vieilles alluvions épaisses où oued coule profondé
ment encaissé entre des terrasses emboîtées une dans autre
cela ne cesse plus au Foum el Kheneg fig
Tout se passe comme si ces sections successives de la vallée
étaient pas du môme âge entre deux sections vieilles une section
jeune La vieille vallée en amont de Zaouïa est celle de la Zousfana
celle en aval de Taouerda est celle du Guir-Saoura Entre les deux
on pourrait dire il pas de vallée au sens morphologique du
mot il simplement une trace de crues cette section intermédiaire
serait une espèce de court-circuit récent Dans le vocabulaire de la
géographie physique il un mot on serait tenté employer LOUED SAOURA 57
celui de capture oued Guir aurait capturé oued Zousfana Mais ce
mot de évoque idée érosion dans nos climats les fleuves
énergiques conquérants arrivent capter les cours eau voisins
Ce ne serait pas ainsi que le Guir aurait capté la Zousfana
La continuation de la vieille Zousfana semble devoir être cherchée
sous erg Dans toute-la palmeraie depuis it Zaouïa
Tahtania erg donne oued un assaut une énergie croissante
il le serre de plus en plus près il envahit Le long du sentier des
caravanes après avoir dépassé le ksar de Bakhii sur la rive gauche
on voit sous la dune une dépression profonde et brusque où poussent
quelques palmiers elle apparence un tron on de méandre
resté découvert On peut supposer que ancienne vallée partir de
Zaouïa conservait sa direction primitive en gros vers le Sud elle
est enfouie hui sous la masse de erg Les crues trouvant ce
chemin obstrué ontdû en prendre unautre.ellesont été rejetées vers
le Sud-Ouest dans leur chenal actuel La capture serait one le résul
tat non pas de érosion régressive mais au contraire du colmatage
Ce sont là évidemment des impressions de passant étude
resterait faire elle donnerait sans doute des résultats très diffé
rents dans le détail du tableau on vient esquisser elle le conûr-
merait sans doute dans les lignes générales
Si la capture de la Zousfana par le Guir sous la poussée de erg
est pas-imaginaire elle chance de être pas un cas isolé Dans le
travail cité du capitaine Augiéras on peut lire le passage suivant
oued Saoura recevait sans doute un certain nombre de petits
affluents actuellement eiîsevelis sous les sables du Grand Erg. En
aval de Timmoudi existait certainement un oued important où se
trouve le groupe des oasis de Tarhouzy. 11 là une
circulation souterraine et eau est presque en surface Il est en
outre intéressant de noter que lors de la grande crue de 1915 le
niveau de eau monta dans tous les puits de Tarhouzy une huitaine
de jours après le passage de eauàKsabi Il là un fait observa
tion qui avait pas encore été signalé Le capitaine Augiéras constaté
un lien entre la crue et le niveau des puisards Taihouzy Or Tarhouzy
est vol oiseau une soixantaine de kilomètres de la Saoura au
milieu de erg Où passe sous les dunes le chenal probable de jonc
tion est-ce que ce chenal Pourrait-on reconstituer son histoire
Tarhouzy est en dehors de tous les chemins on jamais tenté de
expliquer
On entrevoit autres questions analogues où vient eau des
foggara de Guezzim Que signifient les chapelets de puits dans erg
Est de Beni-Abbès de Tametert de Kerzax
Capil tiih AuüiiiiAS ouvi cit. if-lü OüED SAOURA SK
titre hypothèse destinée provoquer des recherches précises
voici ce on imagine Le Grand Erg dans son ensemble serait en
progression très lente vers Ouest de toute sa masse énorme
travers les siècles il aurait refoulé infléchi vers Ouest en attendant
il le rompe le long chenal de crues que nous appelons la Saoura
Il aurait agi par un processus engorgement parle sable aboutissant
des captures hui effacées comme celle qui été décrite
propos delà Saoura Ce formidable assaut poursuivi sans trêve depuis
établissement du climat désertique menace la Saoura dans son
existence même cela est évident Mais provisoirement au moment
où nous sommes la poussée des dunes en resserrant toutes les eaux
dans le même chenal augmente la puissance et la portée de la crue
et donne par conséquent ce chenal la possibilité de mieux se
défendre Et encore une fois on ne donne pas cela comme un fait
mais comme une hypothèse vérifier
IV LA FAUNE AQUATIQUE
Un autre problème annexe concernant histoire de la Saoura ne
pourrait être traité que par un biologiste
Tout le long de oued de Atlas au Touat il une faune
aquatique où le rôle principal eat tenu par les barbeaux Comment
cette faune accommode-t-elle des crues Les du Touat par
exemple qui pullulent dans les foggara peuvent-ils encore mainte
nant par intermédiaire des crues se renouveler avec des recrues
ou du frai entraîné de Atlas ou doit-on les considérer comme une
faune derelide complètement séparée du pays origine
Depuis quelques années la question de la faune aquatique déré-
licte pris de importance Le réseau de Irarrar dans Est du
Sahara algérien ait pendant au de la Saoura dans Ouest Il
est bien plus mort il plus que des crues locales il ne connaît
plus de grande crue unique totale dans un chenal de cinq cents kilo
mètres Or dans ce réseau fossile on retrouvé parfaitement
vivants des poissons du Nil qui travers le désert roule la
Méditerrannée les eaux du centre de Afrique Une faune aquatique
de caractère equatorial survit aux deux extrémités du bassin de
Irarrar quaternaire On connaissait depuis assez longtemps exis
tence de Chrom et de Cyprinodons dans les mares behours des
Zibans et de oued ir Plus récemment cerlaines entre elles Aïn
Zerga et El Bahir au Sud de oasis de Tolga ont recelé la présence
du Ciarias Lazara que Duveyrier et la première mission Flatters
avaient recueilli dans le Tassili des .Bien plus dans les aguel-
Commandant AU VET Les poissons du Sahara alf/érien Bull Sec de
Gfugr Aï ger et de A/riuue du Nord XVIII 1913 696- et Lesmares

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