La géographie botanique de l'Afrique du Nord - article ; n°196 ; vol.35, pg 352-359

De
Publié par

Annales de Géographie - Année 1926 - Volume 35 - Numéro 196 - Pages 352-359
8 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1926
Lecture(s) : 128
Nombre de pages : 9
Voir plus Voir moins

Augustin Bernard
La géographie botanique de l'Afrique du Nord
In: Annales de Géographie. 1926, t. 35, n°196. pp. 352-359.
Citer ce document / Cite this document :
Bernard Augustin. La géographie botanique de l'Afrique du Nord. In: Annales de Géographie. 1926, t. 35, n°196. pp. 352-359.
doi : 10.3406/geo.1926.8470
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1926_num_35_196_8470LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE
DE L'AFRIQUE DU NORD
d'après les travaux récents г
Dans l'Afrique du Nord, la Géographie botanique a de bonne heure
attiré et retenu l'attention 2. Il est peu de contrées en effet où la végéta
tion montre un rapport aussi étroit avec le climat, où les associations
végétales aient un caractère aussi tranché. Les expressions mêmes de
Tell, de steppes et do Sahara, qui reviennent à chaque page dans les
ouvrages consacrés à la Berbérie, traduisent des faits do Géographie
botanique. D'autre part, la végétation spontanée, si altérée qu'elle
soit par le vandalisme des indigènes, n'a été presque nulle part, malgré
les progrès accomplis sous la domination française, complètement rem
placée par la culture, comme dans tant de régions de l'Europe occident
ale. Mais c'est seulement depuis quelques années que la Géographie
botanique a précisé ses méthodes et sa nomenclature. D'ailleurs, tant
que le Maroc demeurait à peu près inconnu, il était bien difficile de se
faire une idée d'ensemble de la phytogéographie de la Berbérie ; nous
étions condamnés à déchiffrer un livre auquel il manquait la moitié des
feuillets.
Ces lacunes de nos connaissances sont maintenant en grande partie
comblées. L'honneur en revient surtout à un botaniste eminent, doué
d'un sens géographique particulièrement remarquable, le Dr R. Maire,
1. Dr René Maire, La végétation des montagnes du Sud-Oranais (B. S. Hist. nat.
Afrique du Nord, VII, 1916, p. 210-292, 14 pi. phot.). — Emile Perrot et L. Gentil,
Sur les productions végétales du Maroc. Paris, Emile Larose, 1921, in-8°, 170 p., 10 pi.
phot. (Coup d'reil sur la végétation du Maroc, par R. Maire, p. 59-71). — J. Gatte-
fossë et E. Jahandiez. Essai de bibliographie botanique marocaine (B, S. Se. Nat. du
Maroc, II, 1922, pp. 71-86). — E. Jahandiez, Contributions à l'élude de la flore du
Maroc {Mém. S. Se. Nat. du Maroc, 1925, 126 p., 9 pi. phot). — Max. Sorre, Observat
ions sur la végétation du Maroc. {Annales de Géographie, XXXIII, 1924, p. 257-266,
1 fig. croquis de la végétation du Maroc, p. 259). — • Henri Humbert, Végétation du
Grand-Atlas marocain oriental {B. S. Ilist. nat. Afrique du Nord, XV, 1924, p. 147-
234, 13 pi. phot.). — Dr René Maire, Études sur la végétation et la flore du Grand Allas
et du Moyen Atlas marocains {Mé.m. S. Se. Nat. du Maroc, VII, 1924, 220 p., 16 pi.
phot.). — Braun-P>lanquet et R. Maire, Études sur la végétation et la flore marocaines
{Ibid., VIII, 1924, p. 241, 1 pi. carto et 10 pi. phot.). — ■ Gouvernement général de
l'Algérie, Direction de l'Agriculture, du Commerce et пе la Colonisation,
Service cartographique, Carie phy to géographique del 'Algérie et de la Tunisie à 1 : 1 500 000,
par le Dr René Maire, Alger, Baconnier, 1926, iu-8°, 45 p. (Index bibliographique
p. 41-43), 30 pi. phot. — R. Maire a bien voulu nous autorisera faire figurer cette
carte dans V Atlas d'Algérie et de Tunisie que nous publions en collaboration avec René
de Flotte-Roquevaire.
2. Voir notamment Trarijt, Les zones botaniques en Algérie {Ass. Fr. Av. Se,
Congrès ďOran, 1888, II, p. 286-294). OGRAPHIE BOTANIQUE DE AFRIQUE DU NORD 353
professeur la Faculté des Sciences Alger qui par ses publications
celles de ses élèves et celles il suscitées autour de lui pris parmi
les phytogéographes une place de premier ordre Il publié récemment
sous les auspices du Gouvernement Général de Algérie une très belle
carte qui jointe ses travaux sur la végétation du Maroc vient point
pour permettre esquisser une synthèse de la géographie botanique
de Afrique du Nord1
FORMATIONS BOTANIQUES
La Berberle tout entière appartient la région méditerranéenne
classique dont le climat est caractérisé par des pluies hivernales et une
période de sécheresse estivale prolongée et dont la végétation clima
tique forestière est composée surtout arbres et arbustes xerophiles
Le Maroc bien il soit baigné par Atlantique fait partie de cette
même région Les cultures indigènes et les groupements végétaux spon
tanés sont dans ensemble essentiellement méditerranéens ou se rat
tachent des groupes méditerranéens
On peut également comprendre dans la région méditerranéenne les
steppes des hauts plateaux et de Atlas saharien dans lesquelles le
climat de type méditerranéen mais plus sec permet encore le dévelop
pement une végétation herbacée et sous-frutescente relativement
abondante passant ailleurs facilement la forêt-steppe dès que le
relief du sol accentuant les condensations deviennent plus abon
dantes
On distingue dans Afrique du Nord des formations forestières
dont les essences dominantes sont les chênes et les résineux des for
mations de broussailles ou frutescentes et des steppiques
Les principales formations forestières sont celles du chêne-liège
Guercus suber du chêne-vert ilex) des chênes feuilles caduques
lusitanica et afares) de orme et du frêne du cèdre de Atlas Ce-
drus libanotica) du pin maritime Pinus pinaster) du pin Alep Pinus
halepensis) des genévriers de Phénicie thurifère et oxycèdre Juni
perus ph nicea thurifera oxycedrus) du thuya de Barbarie Caïlitris
artic lala) de olivier-lentisque de arganier Ar gania sideroxylon)
du gommier Acacia tortilis ou gummifera Il lieu de remarquer
que dans Afrique du Nord il le plus souvent coïncidence entre
formations et les principales associations2
Il est que juste ajouter que les études du Dr MAIRE ont été encouragées parle
maréchal LYAUTEY qui provoqué la réunion au Maroc de la Société botanique de
France en 1921 et facilité la publication des travaux qui rattachent Les géogra
phes qui lui doivent la belle Mission Universitaire octobre 1923 ne sauraient oublier
les services rendus par ce grand colonial
Rappelons on entend par formation botanique un groupement végétal carac
térisé par une physionomie homogène 1-à formation est expression écologique une
association végétale est-à-dire une composition floristique déterminée
ANN DE OG XXXV ANN 23 354 ANNALES DE OGRAPHIE
Le climat et la constitution géologique du sol exercent sur la répar
tition des essences une influence remarquable et assignent chacune
elles une aire bien déterminée On ne saurait ici indiquer en détail
action exercée sur chacune elles par altitude la quantité des pluies
et la nature du terrain Bornons-nous indiquer quelques faits de Géo
graphie botanique particulièrement importants ou qui ont été établis
par les explorations récentes
Le chêne-liège occupe en Berberle deux grandes zones une dans
le Maroc occidental forêt de Mamora et ses annexes) autre sur le
littoral algéro-tunisien de la Kabylie la Kroumirie En Algérie la zone
du liège re oit près un mètre de pluie annuelle au Maroc arbre se
contente une quantité beaucoup plus faible 400 500 millimètres
parce que les brouillards les rosées nocturnes état hygrométrique
élevé compensent en partie la faiblesse des précipitations En Algérie
association du chêne-liège est une futaie basse avec une strate frutes
cente très dense et souvent impénétrable au Maroc association ori
ginelle très dégradée donne dit Mr Maire1 impression un
immense parc saccagé et abandonné on peut circuler partout non
seulement cheval mais en automobile
La formation du cèdre et sa répartition géographique ne sont véri
tablement connues que depuis on pu pénétrer dans le Moyen-Atlas
où le cèdre couvre 300 000 hectares alors il en occupe que 28 OCO
en Algérie et il manque en Tunisie Il fait défaut également dans le
Haut-Atlas-occidental où il est remplacé par le genévrier thurifère
contrairement opinion de Frödin Mr Maire pense2 il jamais
existé son absence est sans doute en rapport avec insuffisance de la
nébulosité plutôt avec celle de la chute de pluie Mr Humbert
retrouvé le cèdre dans le Haut-Atlas oriental PAyachi et on
signalé aussi de Tétouan Targuist sur la chaîne la plus élevée du
Rif où une montagne Djebel Arez porte son nom
Inversement le pin Alep qui couvre immenses espaces en Algé
rie et en Tunisie depuis le littoral la lisière du Sahara qui réussit
vivre dans les terrains les plus mauvais et avec des quantités de
pluie très faibles est plutôt rare au Maroc il ne paraît occuper des
étendues importantes que dans la région de virgation du Moyen-Atlas
et du Haut-Atlas au Sud de Demnat où le regretté inspecteur des forêts
Watier été le premier constater sa présence
Dans les parties les plus élevées des montagnes marocaines Mr Maire
et Mr Humbert contrairement ce avaient cru Hooker et Bail la
suite de deux rapides ascensions ont démontré existence un étage
alpin bien caractérisé et signalé les particularités il présente En
MAIRE ludes sur la végétation et la flore du Grand Atlas ei du Ai oyen Atlas
marocains 52
Ibid 69 LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DE L'AFRIQUE DU NORD 355
Algérie l'étage subalpin seul est représenté, et encore ne l'est-il que sur des
étendues très restreintes. L'étage alpin, qui commence sur le versant Nord
à l'altitude de 3 000-3 150 mètres, formé exclusivement de plantes her
bacées et sous-frutescentes, comprend une proportion d'espèces dites
glaciaires allant jusqu'à 16 p. 100 ; le Haut-Atlas possède une véri
table flore alpine, pauvre, mais bien caractérisée ; il a de véritables
pelouses alpines, comparables à celles des Alpes françaises et suisses.
Quant aux limites altitudinales des diverses formations, elles dif
fèrent naturellement suivant la quantité des pluies, la température, la
nature du sol ; elles ne sont pas identiques au Maroc et en Algérie, ni
dans les chaînes littorales et dans celles qui sont voisines du Sahara, ni une même montagne à l'adret et à l'ubac. D'une façon très génér
ale, on peut cependant indiquer les limites suivantes :
Olivier-lentisque Oàl 000 mètres
Chêne-liège 600 ■ —
Thuya de Barbarie Oài 600
Pin d'Alep 0 à 2 200 —
Chêne-vert 400 à 2 500 —
Chêne-zen 600 à 1 800 —
Genévrier oxycèdre 1 000 à 2 700 — de Phénicie 1 000 à 2 300 —
Cèdre 1 300 à 2 500 —
Genévrier thurifère 1 800 à 3 C0O —
Les formations frutescentes vraies sont, au diro de tous les botan
istes, peu nombreuses dans l'Afrique du Nord, bien que les brouss
ailles y soient en apparence la forme de végétation dominante. Ces
broussailles ne sont, en effet, le plus souvent que des stades de dégradat
ion de formations forestières. C'est ainsi que l'association de l'olivier-
lentisque et celle du chêne-liège passent fréquemment à la brousse à
palmier-nain et à Cistacées, si caractéristique de tant de contrées de la
Berbérie. Peut-être cependant les botanistes exagèrent-ils lorsqu'ils a
ffirment que, partout dans l'Afrique du Nord, cette brousse laissée à
elle-même évoluerait rapidement vers la forêt. Il en est effectivement
ainsi dans les pays bien arrosés ; ceux qui se souviennent de la belle
forêt qui avait surgi à Paris sur les ruines de la Cour des Comptes peu
vent en témoigner. Mais, dans les pays à pluies rares, où la végétation
forestière est à sa limite, lorsqu'elle a été une fois détruite par Г homme,
elle ne se reconstitue plus ou se reconstitue bien lentement et bien diff
icilement. Lorsqu'on revoit, à vingt ou trente années d'intervalle, cer
taines « forêts » qui semblent assez bien protégées, on s'aperçoit que
les « arbres », qui atteignaient la cheville d'un homme, lui viennent tout
au plus jusqu'à la taille. ANNALES DE OGRAPHIE 356
Les botanistes reconnaissent ailleurs dans Afrique du Nord quel
ques groupements broussailleux vraiment climatiques notamment la
brousse jujubier Zizyphus lotus Cette association consiste essentielle
ment en un scrub est-à-dire en broussailles élevées plus ou moins
serrées parsemées de petits arbres ne dépassant pas 5-6 mètres de hau
teur feuilles caduques Elle se développe surtout dans les régions où
les précipitations varient entre 30 et 40 centimètres Elle dû dans
une partie de son aire être associée jadis au pistachier de Atlas ou
betoum Pistacia atlantica qui se développe dans les dayas limoneuses
des hauts plateaux et du Sahara septentrional sous forme de forêt-
parc Les gommiers Acacia gummi er on trouve dans le Sud ma
rocain et dans un district restreint du Sud tunisien Acacia tortilis
forment également une forêt-parc avec broussailles de jujubier
Les formations steppiques qui occupent de si vastes espaces dans
Afrique du Nord sont essentiellement caractérisées par absence de
végétation arborescente ou frutescente la végétation est constituée
exclusivement par des plantes herbacées ou sous-frutescentes croissant
en touffes espacées entre lesquelles on aper oit le sol nu ce sont donc
des formations ouvertes Dans ce climat très continental la végétation
étant interrompue tantôt par le froid tantôt par la sécheresse la steppe
est composée surtout de grandes espèces coriaces adaptées ce rude
milieu La steppe établit en Berberle là où la somme des pluies se
tient entre 200 et 350 millimètres lorsque les précipitations augmen
tent elle est parsemée de buissons puis arbres et passe insensiblement
la brousse et la forêt lorsque les pluies deviennent presque nulles
la steppe passe au désert
On peut distinguer dans Afrique du Nord les steppes alfa Stipa
tenacissima chih Artemisia herba alba) sparte Lygeum spart
et drinn Aristida pungens ce sont des groupements la fois clima
tiques et édaphiques adaptés un climat peu près uniforme ils se
répartissent dans ce climat après les conditions du sol Sur les terrains
salés poussent les salsolacées notamment le guettât Atriplex halimus
Le désert qui caractérise la région saharienne est une steppe végé
tation raréfiée On peut distinguer les oasis caractérisées par le
dattier les dunes et steppes sableuses drinn et Calligonum comosum
les steppes argileuses et caillouteuses Anabasis aretioïdes les steppes
rocheuses ou hamadas les dayas betoums les lits oueds cours
souterrains avec Tamarix articulata
II DOMAINES ET SECTEURS BOTANIQUES
En appuyant sur les données fournies par étude de la végétation
et de la flore on peut diviser la Berberle en un certain nombre de
domaines et de secteurs On ne saurait entrer ici dans le détail des LA OGRAPHIE BOTANIQUE DE AFRIQUE DU NORD 357
caractéristiques de chacune de ces subdivisions on se contentera en
donner une simple enumeration renvoyant pour plus de détails aux
ouvrages déjà signalés où on pourra juger de la richesse des documents
amassés et du soin avec lequel ces divisions ont été tracées
On compte en Berbérie dans la région méditerranéenne cinq grands
domaines botaniques le domaine méditerranéo-lusitanien le domaine
maurétano-atlantique le domaine maurétano-méditerranéen le do
maine maurétano-steppique enfin le domaine des hautes montagnes
atlantiques
Le domaine mediterraneo-lusitanien est confiné ou peu en faut
dans la partie occidentale des massifs littoraux du Maroc entre Té-
touan Larache et le cap Spartel Le c-limat est celui de Algarve et de
Andalousie méridionale territoires avec lesquels cette partie du Maro
les plus proches affinités au point de vue de la flore et de la végéta
tion Les migrations entre ces territoires ont ailleurs été facilitées
par leur connexion ancienne
Le domaine maurétano-atlantique comprend tout le Maroc occidental
exception de la péninsule tingitane et des enclaves du domaine
maurétano-steppique Séparé du reste de Afrique du Nord par la
barrière du Moyen-Atlas il présente des particularités très nettes Ce
domaine très étendu relief très accidenté montre des différences
édaphiques et climatiques considérables différences qui se traduisent
dans la flore et dans ensemble du tapis végétal Quoique exploration
en soit pas complète on peut dès maintenant discerner plusieurs
secteurs Ce sont le secteur du Moyen-Atlas dans lequel étage monta
gnard est caractérisé par le chêne-vert et étage subalpin par le cèdre
le secteur da Haut-Atlas occidental forêts beaucoup moins belles sans
cèdres ni chênes feuilles caduques on trouve un étage méditerra
néen 900-1 300 mètres avec une flore xérophytique très spéciale
Euphorbia resinifera) un étage montagnard ou du chêne-vert 300-
800 mètres) un étage subalpin ou du genévrier thurifère 800-
000 un étage alpin partir de 000 mètres est uneaorte
de péninsule méditerranéenne en pays steppique et désertique les
hauts sommets formant une série îlots subalpins ou alpins plus ou
moins isolés le secteur suburien1 qui dû être boisé mais où domine
actuellement la brousse palmier-nain le secteur salétin ou secteur
du chêne-liège qui étend du Gharb au cap Blanc beaucoup
moins arrosé que le Tell algérien mais dans lequel la sécheresse est en
partie compensée par humidité atmosphérique le secteur de Farga-
nier qui comprend les provinces desDoukkala et des Abda et étend
Anti-Atlas sur une largeur moyenne environ 60 kilomètres
il une végétation méditerranéenne panachée éléments macaroné-
De Subur le Sebou
De la ville dc Salé ANNALES DE OGRAPHIE 358
siens et éléments endémiques affinités tropicales véritables fos
siles vivants dont le plus remarquable est arganier1
Le domaine mauretano-méditerranéen correspond au Tell Algérie et
de Tunisie Il une saison sèche et chaude relativement courte et une
saison humide peu froide la somme annuelle des pluies varie de 400
600 millimètres Il est caractérisé par sa végétation climatique fores
tière étendant depuis le niveau de la mer aux forêts subalpines
des hautes montagnes Les types de végétation et la flore varient beau
coup suivant les conditions climatiques et édaphiques ce qui permet
tracer cinq secteurs le secteur numidien le mieux arrosé de tous
remarquable par le développement énorme du chêne-liège et la présence
de nombreuses plantes ligneuses ou herbacées spéciales il étend Al
ger Bizerte le secteur punique Tunisie septentrionale) peu arrosé
qui contraste vivement avec le précédent et où domine la brousse
jujubier le secteur algérois Alger Ténès moyennement arrosé
où prévalent le pin Alep hiver le lentisque et le palmier-nain
le secteur du Tell méridional climat beaucoup plus continental do-
ni ne du pin Alep et du chêne-vert le secteur oranais peu arrosé
avec thuya brousse palmier-nain et jujubier et au point de vue floris-
tique de nombreuses plantes espagnoles et marocaines il paraît
tendre Ouest au moins Melilla
Le domaine maurétano-steppique par la composition de sa flore se
rattache la région méditerranéenne Il un climat très continental
la saison pluvieuse est très irrégulière et les chutes de pluie atteignent
guère que 300 500 millimètres les températures estivales sont très
élevées les froids hivernaux nettement accusés Ce domaine se subdivise
en sept secteurs le secteur steppique du Maroc méridional compris entre
Oum er Rbia moyen et les pentes du Moyen-Atlas et du Haut-Atlas
il étend au Nord-Est au Tadia ce secteur séparé des steppes
algéro-tunisiennes par des barrières montagneuses importantes est
nettement individualisé des éléments xerophiles très anciens appa
rentés la flore soudanaise sont conservés il est caractérisé par
Acacia gummifera par le scrub jujubier par des irradiations saha
riennes et par la présence de nombreuses espèces endémiques le sec
teur des hauts plateaux algéro-marocains séparé du précédent par
isthme du Maroc central étend du Moyen-Atlas au Hodn ses
immenses étendues sont le domaine par excellence de alfa lorsque le
caractère subdésertique est moins accentué région Oudjda) on
trouve la steppe jujubier parsemée de betoums le secteur des hauts
plateaux constantinois beaucoup mieux arrosé en grande partie cultivé
Il faudra sans doute distinguer ultérieurement un secteur rifain partie centrale
des massifs littoraux du Maroc septentrional avec cèdres et chênes-liège) et peut-être
un secteur du Haut-Atlas oriental transition entre Atlas marocain et Atlas saharien
Algérie les ressemblances étant plutôt avec ce dernier) LA OGRAPHIE BOTANIQUE DE AFRIQUE DU NORD 359
avec quelques lambeaux de forêts de chêne-vert sur les eminences cal
caires et une brousse jujubier le secteur de Atlas saharien qui étend
du Haut-Atlas marocain oriental aux monts de Bou-Saada avec
des forêts-steppes de genévrier de Phénicie et des forêts de pin Alep le
secteur sud-constantino avec des forêts de pin Alep et de chêne-
vert le secteur tunisien fortement envahi par la végétation saha
rienne avec steppes alfa et sur quelques points des lambeaux une
forêt-steppe Acacia tortuis le secteur lib en-step pique enclavé dans
la région saharienne qui étend au Sud de Gabes dans le pays des
Matmalas et se continue dans le Djebel tripolitain
Le domaine des hautes montagnes atlantiques est développé surtout
au Maroc où il comporte un étage alpin en Algérie il est représenté
que par étage subalpin des plus hautes montagnes du Tell du Hodn
et de Auras II des hivers rigoureux pendant lesquels il est couvert
de neige et des étés relativement tempérés Ces conditions spéciales
donnent ce domaine une végétation toute particulière avec de nom
breuses plantes endémiques euro-sibériennes ou alpigènes-circummé-
diterranéennes se présentant comme des reliques étage subalpin est
étage du cèdre en Algérie dans le Moyen-Atlas et dans le Rif du
genévrier thurifère dans le Haut-Atlas occidental étage alpin
pas de végétation arborescente
La région saharienne dans laquelle les périodes humides sont très
irrégulières et très réduites moins de 250 millimètres) une végétation
climatique nulle ou extrêmement pauvre on trouve plus guère que
des groupements édap biques constitués par des espèces spéciales par
ticulièrement résistantes la sécheresse ou réussissant lui échapper
par un développement très rapide Dans la partie septentrionale du
Sahara qui confine la Berbérie la flore est encore composée de plantes
méditerranéennes ou dérivées de types méditerranéens
En somme toute la Berbérie peut être considérée comme apparte
nant une seule et même grande zone botanique dans laquelle la flore
et la végétation vont en appauvrissant mesure que les conditions
naturelles deviennent de moins en moins méditerranéennes de plus en
plus désertiques Il peu unités géographiques mieux caractérisées
au point de vue de la végétation que Afrique du Nord de Tanger
Tunis de Rabat Sfax Agadir Gabes est ce que malgré les
particularités de la végétation marocaine les récentes explorations ont
bien mis en lumière
AUGUSTIN BERNARD

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.