Le haut Cher, sa vallée et son régime. Étude d'hydrographie et d'hydrologie - article ; n°78 ; vol.14, pg 399-423

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Annales de Géographie - Année 1905 - Volume 14 - Numéro 78 - Pages 399-423
25 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1905
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Antoine Vacher
Le haut Cher, sa vallée et son régime. Étude d'hydrographie et
d'hydrologie
In: Annales de Géographie. 1905, t. 14, n°78. pp. 399-423.
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Vacher Antoine. Le haut Cher, sa vallée et son régime. Étude d'hydrographie et d'hydrologie. In: Annales de Géographie. 1905,
t. 14, n°78. pp. 399-423.
doi : 10.3406/geo.1905.2930
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1905_num_14_78_2930399
OGRAPHIE GIONALE
LE HAUT CHER SA VALL ET SON GIME
TUDE HYDROGRAPHIE ET HYDROLOGIE
Le réseau hydrographique formé par le Cher Montiu on et
par ses affluents son histoire et sa vie saisonnière propres aval
de Montiu on le Cher échappe au Massif Central il coule au milieu
une zone effondrée analogue celles où coulent la Loire et Allier
avant entrer dans le Bassin Parisien Montiu on le Cher et
ses affluents par leurs vallées et leur régime appartiennent la péné
plaine hercynienne et la région imperméable des granités des gneiss
et des micaschistes
HYDROGRAPHIE
Dans la ramure touffue de ce réseau hydrographique il faut distin
guer abord les cours eau originels est-à-dire ceux qui sont en
relation directe avec la disposition générale de la surface époque
même de émersion Le drainage du Massif Central par les eaux
courantes tel il existe hui est esquissé dès le Miocène
Déjà cette époque la partie de la pénéplaine où coule le Cher in
clinait en pente douce vers le Nord le rebord NW du Massif Central
ne prend pas en effet contact la fa on un horst avec les couches
sédimentaires du Bassin Parisien Dans le réseau hydrographique
considéré est donc le Cher la Tardes et le cours supérieur de la
Voueize de direction générale S-N que on est en droit de dénommer
cours eau originels Les autres branches du réseau
sont des branches subordonnées ce sont des cours eau dont le tracé
été commandé non plus par la ligne de plus grande pente générale
mais par le tracé des cours eau originels Fig l.
Si outre le Cher la Tardes et la haute Voueize on considère
encore la Creuse toute voisine on remarque la disposition en éventail
des chenaux écoulement on est conduit conclure ils sont nés
DE LA et EMM DE MARGEME Les formes du terrain Paris 1888) 116 400 OGRAPHIE GIONALE
sur une surface structurale en forme de cône surbaissé et ils se
sont dirigés suivant les génératrices du cône1
Cow eau su ordowtes
ecu.i.G ui-téTrw gTieri ec oru iL&ï p7vna res
Cbwv eoa ortguzeis
Parc des coîirs eau ya accident ertLo res
== Poste hydrométrique Sat/on pluvlométrique
FIG Carte hydrographique du bassin du haut Cher
chelle 500000
Une étude plus attentive concentrée sur le Cher et ses affluents
DE LA NOE et EMM DE MARGEKIE OUVr té 121 AtlâS pi fig 99 LE HAUT CHER SA VALL ET SON GIME 401
permet de constater la direction S-N se substitue sur la Tardes
partir du confluent de la Voueize et sur le Cher du poste hydro
métrique du Moulin du Mas la hauteur de Lig neroIIes une
direction 30 au delà le Cher se reprend couler vers le Quant
00
la Voueize après avoir coulé au Gouzon elle tourne vers
pour rejoindre la Tardes
Le profil longitudinal du Cher depuis sa source au pont de
Vallon Allier et celui de la Tardes développés dans un même plan
vertical permettent des constatations un autre ordre fig 2)
ANN DE OG XIVe ANN 26 402 OGRAPHIE GIONALE
Le profil de la Tardes se dessine au-dessous de celui du Cher
Il ensuit que le Cher est moins important que la Tardes car les
cours eau ontune pente autant plus forte que leur importance est
moindre Il faut en bonne logique considérer le Cher au
confluent avec la Tardes comme affluent de la Tardes La nomen
clature est ici en contradiction avec les conditions génétiques de
hydrographie Cette discordance permet de constater par voie indi
recte la tendance eue au Tertiaire le Massif Central ayant
atteint le stade pénéplaine faire retour état de chaîne plissée
Pareil phénomène en et se constate surtout dans les régions
Fia Profil de la Tardes érosion est plus avancée
chelle des longueurs 100 000
hauteurs 1000
montagneuses où la nomenclature ne inarque pas toujours avec net
teté importance relative des cours eau2
Les profils du Cher et de la Tardes ne se raccordent pas tangen-
tiellement au confluent des deux cours eau Ils laissent ainsi
deviner que état de choses actuel représente atténuation un état
de choses antérieur où le Cher se précipitait en cascade dans le thal
weg qui lui est ensuite commun avec la Tardes Cette observation
légitime une double induction le travail des eaux courantes est récent
dans cette partie de aire de drainage du Cher les versants du haut
Cher ont pas fourni au cours eau pour usure de son lit autant
la Tardes pour le même objet ses propres versants Aussi bien
cette dernière induction est-elle du même ordre que celle tirée du
DE LA NO et EMM DE MAKGERIE OUVI cité 62
LA NOE et DE MAROERIE OUVr té 63 m
5i6,m Horizontale de -
О г. О о О D cl CD Oj N LE HAUT CHER SA VALL ET SON GIME 405
aval amont affouiller plus complètement la ligne du thalweg1
Au lieu des profils en long on peut considérer les profils transver
saux et le plan des vallées on aper oit alors que le Cher est profon
dément encaissé entre des plateaux granitiques et schisteux il
décrit une série de méandres et que le lit majeur est tantôt resserré
entre des parois rocheuses tantôt étalé dans de petits bassins où la
rivière ronge la rive concave tandis elle atterrit sur la rive con
vexe parfois on peut constater dans ces bassins la présence un
chenal récemment abandonné2
Quant aux versants ils sont peine fa onnés leurs pentes sont
voisines de la verticale bien on se trouve dans une région
ancienne ils ont allure des versants debout Pour présenter pareil
aspect il faut ils ne soient soumis que depuis une courte période
de temps aux actions météoriques et mécaniques les roches qui les
constituent granités et schistes sont en enet particulièrement sen
sibles ces modes usure
Enfin la carte géologique 80 000 indique en amont de Mont-
lu on3 deux plaques alluvions anciennes localisées sur les plateaux
de la rive gauche du Cher une altitude supérieure 280 m. tandis
que le fond de la vallée ne dépasse pas 210 Des alluvions anciennes
situées de plus faibles altitudes 260 et 274 m.) immédiatement au
de Montiu on forment sur une et autre rive la sortie de la
ville près du village des Iles et dans le faubourg de Saint-Jean deux
larges plaques parfois tranchées verticalement au-dessus du lit de la
rivière On ne peut faire de constatations analogues sur la feuille
Aubusson le long du cours du haut Cher
Ces différents phénomènes nous ont semblé explicables si on les
rapproche des connaissances hui acquises sur la tectonique
de la région Cette région appartient ce que Mr Mouret appelle
secteur centre-ouest du Massif Central ou bien encore plateau UsselL
Le plateau ussel comme tous les autres compartiments du
Massif Central joué par rapport ses voisins même avant le Carbo
nifère Il été ensuite disloqué nouveau pendant la période carbo
nifère Au Tertiaire les conséquences de la poussée alpine se sont
Les éléments aide desquels ont été dressés les profils en long du haut Cher
de la Tardes et les profils grande échelle de certaines parties du thalweg de
ces deux cours eau nous ont été fournis par Mr BARRAT ingénieur des Ponts et
Chaussées Saint-Amand Cher)
11 existe un cas de ce genre au confluent du ruisseau de Ours environ
10 km en amont de Montiu on
Carte géologique détaillée feuille 145 Montiu on)
MOURET Remarques sur la géologie des terrains anciens du Plateau cen
tral de la France Géol de Fr. lile série XXVI 1898 601-612 carte
000000 et coupe pl è) 406 OGRAPHIE GIONALE
étendues lui mais sa limite orientale la faille de Mauriac
les phénomènes volcaniques récents se sont arrêtés
Dans ces conditions il se peut que dès origine les forces tangen-
tielles qui ont bouleversé le géosynclinal alpin lui aient imprimé cette
ondulation grand rayon de courbure qui se traduit par la disposition
en éventail des principaux cours eau qui le sillonnent Mais sur ces
cours eau ce sont essentiellement les dislocations antécarbonifères
et carbonifères qui ont eu une action réflexe La direction de ces acci
dents est double il existe une direction 30-40 et une direction
130-140 perpendiculaires une autre
La plus nettement marquée est la première est celle de la faille
de Mauriac celle des massifs de granulite qui constituent les masses
résistantes de la crête des monts de la Combraille et forment ainsi la
ligne de partage des eaux entre Cher et Allier est encore la direction
de la ligne qui unit les points émergence des sources thermales de
Néris Allier et vaux Creuse On est donc en droit de supposer
que la Tardes et le haut Cher coulant S-N suivant la ligne générale de
plus grande pente ont profité la Tardes partir du confluent de la
Voueize le Cher partir du Moulin du Mas une des lignes de frac
tures du réseau orthogonal signalé plus haut Ainsi expliquerait la
déviation momentanée vers 30 de la Tardes et du Cher
La direction tectonique 130-140 est peut-être moins apparente
au premier aspect On peut cependant la rendre sensible elle est
jalonnée par des filons de quartz entre Biollet et vaux elle est
encore par des lambeaux de grès schistes et tufs orthophyriques du
Culm on rencontre au vaux au et de Chamb Il
est possible de Chamb en particulier une des fractures
parallèles cette direction ait rejoué au Tertiaire de Chamb
en effet étend sur les gneiss une plaque de sédiments oligocènes2
Ces sédiments ou bien sont les témoins un ancien lac oligocène
installé en cet endroit la faveur un affaissement local ou bien ont
été préservés de érosion par un effondrement postérieur leur dépôt
essentiel est que leur présence sans dater exactem ent la disloca
tion puisse en être considérée comme une preuve aspect actuel
des lieux appuie cette hypothèse au comme au en partant de
ce placage sedimentaire les cotes altitude vont en augmentant il
occupe donc une dépression La vallée de la basse Voueize traverse
précisément cette où cette hypothèse plausible la
DE LA NAY Les sources thermales de Néris et vaux
Annales des Mines ix série VII 1895 563-622 et Sur la relation des sources
thermales de Néris et vaux avec les dislocations anciennes du Plateau central
Acad Se. CXX 1893 1288-1290)
Carte géologique détaillée feuille 136 A-ubusson Les dépôts du bassin de
Gouzon sont des sables arkoses et argiles avec gypse qui ne renferment pas de
fossiles et on rapporte hypothétiquement au Tongrien Sannoisien du Bas
sin Parisien) LE HAUT CHER SA VALL ET SON GIME 407
basse Voueize abord été un cours eau subordonné par rapport
la Tardes elle creusé très vite son chenal écoulement dans la zone
effondrée puis elle capté par érosion régressive le cours de la
haute Voueize dirigé au contraire suivant la ligne de plus grande
pente générale
Ainsi établi le réseau hydrographique du haut Cher vieilli et
les principaux cours eau ont dessiné des méandres sur la surface
arasée de la pénéplaine Dans le même temps où achève le travail
de sculpture la poussée alpine continue autre part le plateau Ussel
est affecté un mouvement vertical assez lent les méandres en1
caissent 11 ne semble pas en effet que comme Mr Gosselet in
diqué pour la Meuse traversant Ardenne1 la création des méandres
doive être considérée ici comme concomitante de encaissement des
rivières comme le résultat de inégale dureté des roches et de leur
disposition tectonique
encaissement des chenaux écoulement eu comme conséquence
ouvrir pour le haut Cher et ses affluents un nouveau cycle érosion
Le travail des eaux courantes est un état plus avancé au voisinage
du bassin affaissement où se trouve situé Montiu on car ce bassin
constitué pour les eaux amont un niveau de base local érosion pro
gresse de aval amont il ensuit que dans les parties hautes du
bassin le lit de la rivière principale et plus encore celui des affluents
commencent seulement ressentir les premiers effets du travail de la
régularisation de la pente
Dans le réseau hydrographique du haut Cher si analyse et les
explications précédentes sont exactes on pourrait donc démêler les
traces de la double série accidents qui expliquent architecture de
tout le Massif Central Né au Tertiaire et témoignant des remaniements
opérés la surface de la pénéplaine sous influence des poussées
alpines ce réseau aurait subi aussi action réflexe des dislocations
primaires accessoirement les dernières dislocations alpines auraient
rendu la jeunesse
II HYDROLOGIE ET HYDROMETRIE
ün simple coup iljeté sur la carte du bassin du haut Cher révèle
on se trouve en présence une région imperméable les ruisseaux
sont extrêmement nombreux ils se greffent de part et autre des prin
cipaux chenaux écoulement comme des rameaux sur les branches
maîtresses aspect des eaux elles-mêmes quand elles ne sont pas
troublées avertit aussi que dans la région dominent les roches cris
tallines comme les eaux des rivières morvandelles2 les eaux du haut
GOSSELET Ardenne Mémoires pour servir explication de la Carte géo
logique détaillée de la France Paris 1888) 846 et suivantes
BELGRAND La Seine tudes hydrologiques Paris 1872) 183

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