Le relief du Beaujolais - article ; n°52 ; vol.10, pg 318-329

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Annales de Géographie - Année 1901 - Volume 10 - Numéro 52 - Pages 318-329
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1901
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Paul Privat-Deschanel
Le relief du Beaujolais
In: Annales de Géographie. 1901, t. 10, n°52. pp. 318-329.
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Privat-Deschanel Paul. Le relief du Beaujolais. In: Annales de Géographie. 1901, t. 10, n°52. pp. 318-329.
doi : 10.3406/geo.1901.4998
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1901_num_10_52_4998318 OGRAPHIE GIONALE
LE RELIEF Dû BEAUJOLAIS1
Premier article
Vu de la Dombes le Beaujolais apparaît par delà un mince ruban
de plaines et de bas plateaux comme une longue et haute chaîne aux
cimes arrondies et aux échancrures peu profondes On impression
une véritable barrière montagneuse continue rectiligne et sans cou
pures
Cet aspect est dû effondrement de la vallée de la Saône dont les
failles bordières ont laissé en surélévation brusque la montagne beau-
jolaise celle-ci se présente ainsi comme une muraille
Mais on pénètre dans intérieur du pays aspect change et
la régularité fait place une extrême confusion On se trouve subite
ment transporté sur un plateau très accidenté sans doute mais dont
les sommets ne paraissent faire partie aucun alignement on
découvre point de chaînes La carte 80000 et surtout la carte
100000 rendent bien ce paysage fortement mamelonné plutôt que
montagneux
Le groupe du Beaujolais dit Grüner ressemble moins un
assemblage ordinaire de vallons et de crêtes un plateau irréguliè
rement ondulé coupé de gorges sinueuses et profondes2 Cette com
plication cette incertitude dans les lignes directrices est signalée éga
lement par Mr Gallois3 Elle frappe tous les voyageurs et laisse un
souvenir de fatigue et de monotonie qui pas peu contribué
maintenir le Beaujolais en dehors des itinéraires des touristes
indécision de la topographie laissé le champ libre aux hypo
thèses des géologues et des géographes qui se sont efforcés de décou
vrir dans le désordre apparent des cimes des alignements réguliers
des chaînes proprement dites Le relief beaujolais qui ne impose
pas il besoin être interprété avant être décrit sans cela on
exposerait prendre comme éléments de description des unités qui
existent point dans la nature4
Cette étude fait partie un travail plus étendu sur le Beaujolais qui paraîtra
prochainement Il est indispensable pour la suivre avoir sous les yeux la carte
topographique et la carte géologique détaillée 80 000 feuilles de Bourg et de
Roanne surtout puis celles de Lyon Montbrison Ma on et Charolles)
GR NER Description et minéralogique du département de la Loire
Paris 1857 in-8 18
GALLOIS Ma onnais Charol is Beaujolais Lyonnais Ann de Géog. ill
1893-1894 202)
Cela est si vrai que le nom même de Monts du Beaujolais est appliqué par LI-: RELIEF DU BEAUJOLAIS.
А. — INTERPRETATION m HELIEF, SES CAUSES.
La première lontalivo d'interprétation de l'orographie beaujolaise
est celle de (Jruner, (jiii consacra quelques pages à cette question1. Il
s'inspire des theories, 1res en vogue de son lemps, qu'Élie de Beau-
nu ml avail exposées dans sa Aulicc sur /ex sijs/rnies de montagnes. Pour
lui. une chaîne s'individualise par son alignement el se date par sa
direction; toute chaîne indépendante peut se représenter par une ligne,
droit*1, avec laquelle elle concorde sur toute sa longueur; chaque
direction particulière, déiinic pur l'angle qu'elle fait avec le Nord vrai,
correspond à un soulèvement différent et est l'indice d'un système
montagneux absolument distinct des autres. La conséquence est que
toutes les chaînes parallèles font partie du même système et datent de
la même époque.
Justice a été l'aile des théories de (.îruner, par les travaux de
MM1S Marcel Bertrand et Michel-Lévy-; une nouvelle discussion serait
superlluo et nous ne nous y attarderons pas. M1' Michel-Lévy, notam
ment, en ce qui concerne la région beaujolaise, a reconstitué dans ses
grandes lignes l'histoire géologique, et expliqué l'évolution des formes
géographiques du pays.
Par deux fois les mouvements du sol se sont employés à créer un
relief; mais presque toutes les traces des plissements hercyniens ont
été effacées, durant le long cycle d'érosion des temps secondaires; il
les géographes et les cartographes à, des parties différentes de ce massif compli
que. En général ou appelle ainsi (L. Gallois, art. cité, les hauteurs qui séparent
les affluents de la, Loire de ceux (te la Saône, c'est-à-dire les montagnes situées à
l'W. de ГЛ/.ergues. Mais certains auteurs (Juaxxe, Géographie du déparlement du
Rhône, p. 2-3; lîoux. Eludes géologiques sur les Monta Lyonnais, p. 11), estimant
que la chaîne principale est à l'E. de ГЛ/.ergues, reservent exclusivement à cette
région le nom de Monts du lieaujolais. Cette appellation est même étendue, dans
un troisième système suivi par la carte à 1 : 200 O0O du Service géographique de
l'armée, à la masse montagneuse 1res confuse qui s'étend entre la Rrevenne et la
Turdine et que Mr Gallois considère comme lyonnaise. Quant à Gkunlk, il englobe
dans les monts du Beaujolais le Nord des Monts du Lyonnais el jusqu'au Mont d'Or!
La nécessité d'une interprétation orographique est loin d'être spéciale au
lieaujolais. Nous rappelons seulement, pour ne pas sortir de la région, le cas des
Monts Lyonnais 'Cf. Ghuxkk. p. П-21 : Ronx, p. 11-15 el 45-50'.
II ne faut d'ailleurs pas se dissimuler que les résultats obtenus, justifies par
l'histoire géologique, et rationnels en tant qu'expression do l'évolution totale des
formes superficielles, auront toujours, pour qui se borne à considérer le présent,
quelque chose d'un peu artiliciel. Les habitants du pays ignorent les chaînes ; ils
n'ont pas donné du noms particuliers aux différentes parties de leurs montagnes,
en dehors des sommets isolés et bien individualisés. L'habitant de Ville franche qui se
rend a Larnure ou à Valsonne dit seulement qu'il va, « dans la montagne «.C'est là
un exempli' entre tant d'antres de cet instinct populaire qui sait traduire très exac
tement par des mots l'aspect d'une région.
t. Ghunkh, p. П-!Н).
2. Voir la discussion des idées de Giítner dans Л. Michel-Lévy, Le Morvu7i el
.ses attache* avec le Massif central [Ann. de Géog., Vil, 1898, p. 413-415). GEOGRAPHIE GIONALE 320
en est resté avec orientation générale NE des affleurements gèo
logiques que de courts chaînons réduits état de collines De même
les failles permo-triasiques consécutives aux refoulements carboni
fères ont laissé en surélévation que quelques massifs NW Les
mouvements alpins ont fait une seconde tentative en même temps que
de grandes failles limitaient un socle élevé celui-ci se bombait suivant
une direction N.-S Ce était pas précisément une chaîne Mais un
résultat important était acquis le sens des érosions futures était
désormais déterminé
est érosion qui modelé le sol sculpté des chaînes en un mot
fait le pays1 Favorisée par un ruissellement intense qui est en partie
conservé nos jours elle découpé un massif étoile où des
contreforts divergent dans toutes les directions mais eu égard aux
cassures tertiaires plus particulièrement dans la direction N.-S De là
les pseudo-chaînes beaujolaises très irrégulières dans le détail comme
tout ce qui résulte de action des eaux superficielles mais dans en
semble orientées N.-S Ce ne sont donc pas des chaînes indépendantes
mais des fragments longitudinaux une chaîne primordiale Des ali
gnements préexistants ont pas comme le croyait Grüner imposé
aux cours eau leur direction ce sont en général les cours eau qui
ont créé les alignements montagneux
Telle été uvre de érosion dans les régions où les dislocations
du sol ont guidée Mais dans les districts peu failles et constitués sur
de grandes étendues par les mêmes roches toujours très dures les
eaux ne pouvant dessiner de chaînes parce elles agissaient de la
même manière dans tous les sens ont fa onné de vastes plateaux aux
croupes larges et arrondies
Toutes ces actions superposées en même temps que le conflit per
manent entre le sol prédisposé se laisser entamer suivant la direc
tion NE. et érosion tendant entailler du au S. devaient pro
duire et ont produit en effet le relief très confus que nous avons
signalé ce résultat concouru aussi uniformité des roches qui
pour être minéralogiquementtrès différentes en possèdent pas moins
par leur nature propre ou par suite du métamorphisme les mêmes
caractères physiques et ont toutes eu la même attitude vis-à-vis des
agents créateurs ou modificateurs du relief égale dureté de ces roches
dit Mr Gallois leur donne une allure tranquille De là vien-
est Mr MICHEL-LEW qui le premier appelé attention sur le rôle prépon
dérant de érosion dans la formation du relief beaujolais sans faire ce point
de vue une étude détaillée du pays Ce savant estime ailleurs que les lignes
dominantes de orographie sont dues aux soulèvements tertiaires Ann de Géog.
VII 1898 412 Peut-être serait-il plus précis de dire que les mouvements ter
tiaires ont déterminé la direction générale mais non les formes de détail des
chaînes actuelles
GALLOIS Ann de Géog. III 1893-1894 208) LE RELIEF DU BEAUJOLAIS 321
nen certains contrastes qui étonnent et embarrassent la physionomie
usée et comme senile des pays très anciens et les hauteurs considé
rables les torrents aux fortes pentes les rapides les cascatelles le
ruissellement mal régularisé des pays jeunes
Le Beaujolais est ainsi un pays de montagnes plutôt que de chaînes
de montagnes un Hochland très accidenté dont le dessin définitif
est encore en voie exécution Mais érosion détruit en même temps
elle sculpte et comme dans les roches dures et homogènes elle
agit plus énergiquement sur les sommets que dans les vallées1 le
Beaujolais qui pas pu acquérir encore de chaînes bien nettes de
relief bien défini paraît destiné en avoir jamais
DESCRIPTION OROGRAPHIQUE
Haut-Beaujolais
Il résulte de ce qui précède que pour bien juger du relief beaujo
lais il faut gravir une des cimes bordières du massif étoile central ou
massif du Saint-Rigaud Le Saint-Rigaud lui-même bien que point
culminant 1012 m.) est trop boisé pour offrir du pays une vue en
semble mais la Roche Ajoux 973 m.) dont les entassements de
tufs dominent les forêts est un incomparable observatoire
De là le regard embrasse le dédale des cimes du Haut-Beaujolais
Grâce aux profondes coupures des vallées on voit les chaînes paral
lèles allonger vers le et aller comme buter contre les monts du
Lyonnais qui barrent horizon et dont les alignements NE révèlent
il le moins exercé une région orographiquement tout autre
étalent les plateaux de Chauffailles du Roannais etdeNeulize leur
platitude exagérée par leur position inférieure accuse un contraste
violent avec les hautes chaînes la vallée de la Saône effondre
brusquement en donnant de ce côté au haut pays beaujolais des limites
très nettes
Partons du massif du Saint-Rigaud est un paquet de schistes pré
cambriens et carbonifères dont une partie transformée en cornes vertes
et très dure est encore consolidée par des orthophyres et de puissants
filons microgranulitiques apparition par failles dece lambeau ancien
explique la présence en ce point un massif particulièrement résis
tant Quatre cimes en marquent les angles au le Saint-Rigaud
1012 m.) le Monne 1000 m.)2 les deux sommets les plus élevés
DE LAPPAKENT Les Mouvements de ecorce terrestre Bull Soc qéol de Fr.
sér. XV 1887 219)
On écrit aussi Mone Monnet Le Boussivre Boucivre Boussièvre Boussm-
vre) qui culmine 004 dans le massif de Tarare doit être après histoire
géologique plutôt rattaché au Lyonnais
ANN DE GEOG Xe ANN 2l 322 OGRAPHIE GIONALE
du Beaujolais au SE le Tourvéon 953 m.) au SW la Roche Ajoux
973 m. Le Monne est sur les schistes le Saint-Rigaud et le Tourvéo
doivent leur existence des filons de microgranulite la Roche Ajoux
formée de tufs conservé sa hauteur relative que grâce quelques
porphyres et appui que lui prete le reste du massif Le sommet
Ajoux est un de ces entassements de blocs rocheux auxquels dans le
pays on donne le nom de chirats la forme du Tourvéon est celle un
cône très régulier le Monne et le Saint-Rigaud ont aspect arrondi des
montagnes de roches dures non schisteuses
Si résistant que fût ce ud orographique les érosions ont
entamé le travail régressif des cours eau creusé presque jus
au ur du massif de profondes vallées Les sources du Sornin
de Ardières et de la branche orientale de Azergues sont moins
de km de distance En raison même de la dureté des roches les
vallons sont étroits et encaissés et simulent parfois des gorges est
une exception dans le Beaujolais laquelle la présence de schistes
incomplètement métamorphisés est sans doute pas étrangère
Adossés au massif de Saint-Rigaud divergent dans toutes les di
rections de puissants contreforts entre lesquels courent Ardières
les trois Grosnes le Sornin et ses affluents le Mussye et le Botoret
enfin les branches supérieures de Azergues Les vallées de ces
cours eau sauf la partie moyenne de celle de Ardières qui est en
rapport avec un faisceau de failles permo-triasiques NW.1 sont des
vallées érosion elles se sont ouvertes dans les terrains les moins
résistants alors que les chaînons qui les séparent suivent de préfé
rence les affleurements de roches dures On peut remarquer en outre
que les vallées sont plus profondes et plus encaissées du côté de la
Saône que du côté de la Loire est que la Saône est en même temps
une moindre distance une altitude plus basse que la Loire le
travail de ses affluents été plus actif De la Roche Ajoux le regard
per oit très bien la différence des deux versants
Sur la rive gauche de Ardières dominant les Ardillats au et le
vallon de la Grosne occidentale avec Monsols au N. un premier chaî
non court vers Le mont Chonay atteint 758 Il incline ensuite
vers le SE. sous influence des failles et de érosion de Ardières
Il porte dans cette partie le nom de montagne Avenas Trois som
mets de 847 850 et 894 limitent une sorte de cirque où la
Grosne orientale prend sa source Tout ce chaînon est formé de tufs
la montagne Avenas conservé une grande hauteur parce que les
tufs sont consolidés par des porphyres et ont été longtemps proté-
MICHEL-L VY Ann de Géog. VII 1898 413 LE RELIEF DU BEAUJOLAIS 323
gês par les grès triasiques dont il reste des lambeaux sur les trois
sommets
De ce premier contrefort du massif de Saint-Rigaud partent les
chaînes parallèles qui se continuant jusque dans le Ma onnais sépa
rent la Grosne occidentale la Grosne orientale et la Mauvaise Ces trois
cours eau se sont creusé des lits dans les granités et les tufs dont les
affleurements en bandes NE et NNE expliquent la direction des
vallées Au contraire ce sont des microgranulites des tufs durcis par
des orthophyres et même le long de la Mauvaise des diorites et des
cornes vertes qui constituent les hauteurs Entre les deux Grosnes le
mont Chétail atteint que 694 mais au-dessus de la Mauvaise et de
Vauxrenardla montagne des guillettes porte 845 son sommet
couronné de grès triasique
Au delà de la Mauvaise les collines granitiques qui portent les
vignobles de Régnié Lantignié Villié-Morgon Chiroubles Fleurie
Chenas sont le reste de la clef de voûte érodée de anticlinal paléo-
zoïque dont elles ont gardé la direction franchement NE Comme
il arrive le plus souvent aux régions granitiques un peu étendues ces
collines sont assez déprimées et bien que faisant le pendant de la
montagne des guillettes atteignent pas 500
Revenons au massif du Saint-Rigaud Les contreforts qui en déta
chent vers le NW tournent vite un relief extraordinairement confus
Deux causes très opposées concourent suivant les lieux ce résultat
Entre la Grosne occidentale et le Sornin le pays est haché de
failles et déchiré par de nombreux filons très allongés toutes les
roches apparaissent sur de petites étendues et dans le plus complet
désordre tufs orthophyres schistes carbonifères schistes granu-
litiques amphibolites diorites granités porphyres microgranuli-
tiques etc.2 La branche la plus occidentale de la Grosne ainsi que le
Pelot se sont ouvert vers le NNE et le NE. principales directions des
affleurements un passage travers les tufs et les granités Au contraire
te mont de Charouze dans les diorites conserve 643 altitude
Au reste élévation générale se maintient bien on trouve 752
au de Saint-Igny-de-Vers est que dans cette région com
mence paraître immense coulée porphyrique qui couvre tout
du massif beaujolais Les microgranulites se continuent en promon
toires sur la rive droite du Sornin par les buttes de Chatenay 653 m.
et de Montmélard 773 m.) qui dominent de haut les monotones pla-
On écrit aussi Aiguillettes
Il là les restes très disloqués un fragment anticlinal est que le
grand synclinal carbonifère du Beaujolais ne formait pas une cuvette unique il
comportait plusieurs plis secondaires Cf MICHEL-L VY Ann de Géog. VII 1898
416 et LE VKBRIER Note sur les formations géologiques du Forez et du Roanmais
Bull Services Carte ol de la Fr. II 1890-1891 41-42) OGRAPHIE GIONALE 324
teaux granitiques du Charol is La résistance de ces roches donné de
ce côté comme bordure au Beaujolais une véritable falaise
Sur la rive gauche du Sornin et sur le cours supérieur de ses
affluents le Mussye et le Botoret est au contraire uniformité du
sol qui est la cause de incertitude du relief On est ici dans les
microgranulites que leur dureté rendues rebelles érosion en
même temps que leur homogénéité pas permis action des eaux
de exercer dans un sens plutôt que dans un autre Il en est résulté
un plateau très élevé où pointent au hasard des sommets indépen
dants les uns des autres et sensiblement de même altitude est le
haut pays de Chauffailles La dernière masse porphyrique le mont
Dun 739 et domine de 400 les coteaux de la Clayette et les
herbages du Lias charol is Ici encore grâce la microgranulite le
Beaujolais se termine sur le Sornin presque en falaise
Le massif du Saint-Rigaud est limité au SW. au pied de la Roche
Ajoux par la peu profonde mais large coupure du col des Echar-
meaux qui 718 altitude donne passage la route de Beaujeu
Chauîïailles et Charlieu et sous lequel on creusé un tunnel pour
la ligne de Lamure Paray-le-Monial
De autre côté du col commencent trois des chaînes dont la direc
tion N.-S et le sensible parallélisme donnent toute cette partie du
Haut-Beaujolais un caractère propre Leur rattachement au centre du
massif se fait une manière assez compliquée car la microgranulite
qui constitue entièrement le sol de ce pays est très mal prêtée un
dessin orographique nettement différencié
Il abord une arête montagneuse orientée NW. qui étend
du Bois duFavre au-dessus deRanchal au-dessus de Belleroche
entre Azergues occidentale et le Botoret elle est peine entamée par
le col qui 763 altitude laisse passer la route des Echarmeaux
Belmont est le chaînon de Belleroche de Grüner
Du Bois du Favre partent la chaîne entre Azergues et Rhins
une ligne très irrégulière de hauteurs mais dont ensemble des
sine un demi-cercle dont la convexité est tournée vers le et dont
se détachent vers le la chaîne entre Rhins et Trambouze et celle
qui borde la rive droite de cette dernière rivière
La chaîne de montagnes située entre Azergues et le Rhins que
Grüner appelle chaîne des Mollières et laquelle on donne le plus
souvent le nom de monts du Beaujolais est dans son ensemble la
plus haute et la moins échancrée de tout le pays Vue des vallées elle
présente vraiment aspect une muraille aidé par des failles longi
tudinales le travail des cours eau surtout des affluents de la Saône
dont le niveau de base est relativement bas 170 environ) en LE RELIEF DU BEAUJOLAIS 325
effet rongée fortement et rendue très étroite Les pentes particulière
ment sont escarpées les forêts de pins qui les couvrent les
torrents qui les descendent par une succession de petites cascades font
songer aux Vosges il là une région unique la seule véritablement
pittoresque du Beaujolais La beauté comme la hauteur et intégrité
de cette chaîne sont dues la microgranulite qui si on met part
quelques lambeaux de schistes carbonifères au-dessus de Saint-
Bonnet-le-Troncy et de Azergues la constitue entiè
rement
Cette arête montagneuse se confond avec la ligne de partage entre
les bassins de la Loire et de la Saône qui en suit exactement la crête
parfois très rétrécie est ainsi que le toit de église des Sauvages
déverse les eaux pluviales sur un et autre versant Et pourtant il
pas là proprement parler de chaîne maîtresse de dorsale Les
montagnes de ne le cèdent guère en effet celles de les unes
et les autres ne sont que des morceaux isolés par érosion de an
cienne ligne de faîte anticlinal tertiaire hui disparu
Les sommets dépassent tous 750 et approchent en général de
900 Ce sont en allant du au le Bois du Favre 898 m.) formé
une coulée de porphyre pétrosiliceux le BoisdePramenoux1 912m.)
point culminant de la chaîne le long Bois des Mollières 899 m.) au-
dessus de Avray les hauteurs qui dominent Valsonne
et les Sauvages 866 m. Même la partie carbonifère bien soutenue
par les masses avoisinantes et consolidée par des filons de microgra
nulite se maintient fort élevée elle une cime 860
Les cols ouvrent très haut et il passe généralement que des
sentiers Les deux seuls qui soient fréquentés sont ceux des Sauvages
725 m. et du Pin Bouchain 764 m.) que franchissent les deux routes
de Tarare Roanne une par Amplepuis et Thizy autre par Saint-
Symphorien-de-Lay Sous les Sauvages la ligne de Paris Lyon par
le Bourbonnais coupe la montagne par un tunnel de km. auquel il
faut accéder par des rampes de 27 mm par mètre
La chaîne dans ensemble une direction N.-S. pourtant dans sa
partie septentrionale elle incline un peu vers le NW. non comme le
croyait Grüner par suite un soulèvement indépendant mais parce
que sa base été peu peu rongée par le Rhins dont le cours est
déterminé par le contact des porphyres et des tufs
Les vallées longitudinales du Rhins et de Azergues sont trop
rapprochées pour avoir permis importants contreforts de se déve
lopper Vers le seulement lorsque Azergues prenant la direction
SE. éloigne des montagnes deux chaînons se détachent oblique
ment de la chaîne principale et enferment entre eux la vallée du
On écrit aussi Pramenou 326 OGRAPHIE GIONALE
Soanan La branche septentrionale doit aux schistes cornés ses alti
tudes de 854 au dessus de Saint-Apollinaire et de 710m au M1
Chatard qui domine Ternand La branche méridionale courant entre
le Soanan et la Turdine forme les montagnes de Tarare qui au-dessus
de cette ville atteignent 719 dans les diorites et les cornes vertes
puis abaissent rapidement vers la dépression granitique des Olmes
ala une chute brusque de 300 qui estundes meilleurs exemples
que on puisse donner de influence de la nature des roches sur le
détail du relief
Du Bois du Favre se détache vers le NW une ligne de hauteurs
qui tournant W. puis au SW. enserrent les hautes vallées du
Rhins et de la Trambouze On peut leur donner les noms de Mt Pinay
et de Bois de Rotecorde suivant la nomenclature de Grüner Le
M1 Pinay domine 822 les sources du Rhins le bois de Rote-
corde un sommet 792 Ce sont donc des hauteurs notables le
col de la Bûche où passe la route de Cours Belmont et Chauffailles
ne ouvre 700 Mais ce ne sont pas de véritables montagnes
elles ne sont guère que le rebord méridional mis en relief par le tra
vail du Rhins et de la Trambouze du haut plateau de Chauffailles dont
la pente générale est au NW Entièrement constituées par les micro-
granulites elles envoient vers le et le NW. entre les innombrables
ruisseaux de ce pays très arrosé des contreforts confus et toujours
puissants que leur dureté relativement bien conservés et qui domi
nent les régions granitiques de la rive gauche du Sornin
Vers le au contraire les roches devenant plus variées les
rivières en suivant parfois le contact de couches inégalement résis
tantes ont creusé des vallées très nettes et par suite délimité des
chaînes bien définies ce sont celles qui descendent vers le S. une
part entre le Rhins et la Trambouze autre part sur la rive droite de
cette dernière Elles ont pas beaucoup apparence parce que les
vallées sont hautes le niveau de base des cours eau étant aux
environs de 260 Roanne 264 m. Mais la variété des terrains leur
permis de se laisser entamer fortement par les eaux et elles contras
tent par leurs échancrures et leurs nombreux sommets indépendants
et bien isolés avec la muraille régulière et continue qui les sépare de
Azergues
La chaîne entre Rhins et Trambouze commence au Mt Pinay
822 m.) et se dirige vers le dans la microgranulite et les tufs con
solidés par de nombreux filons porphyriques Aussi est-elle assez
élevée au Bois du Replat elle atteint 742 alternance fréquente de
roches inégale résistance rendu la ligne de faîte très flexueuse
Après le Bois du Replat elle se divise en deux branches séparées par
la Dérioule La branche orientale qui au-dessus de la Chapelle-de-

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