Trois études de géographie botanique - article ; n°204 ; vol.36, pg 481-498

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Annales de Géographie - Année 1927 - Volume 36 - Numéro 204 - Pages 481-498
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1927
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Maximilien Sorre
Trois études de géographie botanique
In: Annales de Géographie. 1927, t. 36, n°204. pp. 481-498.
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Sorre Maximilien. Trois études de géographie botanique. In: Annales de Géographie. 1927, t. 36, n°204. pp. 481-498.
doi : 10.3406/geo.1927.9006
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1927_num_36_204_9006204 XXXVr année 15 Novembre 1927 NO
ANNALES
DE
OGRAPHIE
TROIS TUDES DE OGRAPHIE BOTANIQUE
Les études de géographie botanique connaissent depuis quelques
années un véritable renouveau en France et dans les pays expression
fran aise On prend une part active aux controverses méthodolo
giques et excellents travaux dont la thèse de Mr Allorge sur le
Vexin fran ais est le type contribuent la connaissance de la végéta
tion dans notre pays Nous ne tracerons pas un tableau ensemble de
ce mouvement Nous nous attacherons dégager orientation et
montrer la valeur substantielle de trois travaux parus en 1926 celui
de Mr Luquet sur les Monts Dores celui de MMrs de Litardière et
Malcuit sur le massif du Renoso Corse) celui de Mr Gaussen sur la
partie orientale des Pyrénées Il faut au préalable marquer le point
aboutissement des discussions de méthode
Depuis que Mr Pavillard exposé dans cette Revue les progrès de
la nomenclature dans la géographie botanique la controverse est
poursuivie autour des notions essentielles de cette discipline1 Il
des divergences profondes entre les défenseurs des doctrines extrêmes
Elles tiennent autant des conceptions différentes des principes
mêmes de la philosophie naturelle des oppositions de tempéra
ments scientifiques et peut-être pour une part la diversité des
milieux naturels où travaillent les principales écoles Chacun pose les
problèmes sa manière et les résout dans son langage MMrs Pavillard
et Braun-Blanquet ont pourtant construit une doctrine compré-
PAVILLARD Les progrès de la nomenclature dans la géographie botanique An
nales de Géographie XXVII 1918 401-415 infra-paginale abondante
PAVILLARD et BRAU S-BLANQUET Vocabulaire de Sociologie végétale Montpellier
1922 in-8 16 p. 2e éd. 1925
ANN DE OG XXXVI ANN 31 482 ANNALES DE OGRAPHIE
hensive et claire qui rallié bien des suffrages Elle trouve son expres
sion dans le vocabulaire de sociologie végétale dont le professeur de
Montpellier et celui de Zurich ont donné une seconde édition en 1925
On peut ne pas accepter sans réserve on ne saurait ignorer
Ce terme de sociologie végétale appelle une première réflexion
Les phytogéographes ont mis en évidence la fécondité de idée
association pour étude géographique de la végétation On oublie
pas le rôle de Mr Flahault1 Mais les efforts pour préciser cette notion
si complexe ont amené un changement de plan complet Le point de
vue géographique celui de la localisation en rapport avec les condi
tions de milieu est devenu subordonné Ce est plus un des aspects
non le principal une discipline qui organise parallèlement aux
autres branches de la biologie végétale la sociologie végétale ou phy-
tosociologie définie par Harper en J917 la science des sociétés végé
tales ou de la végétation On ne se sent pas le droit de mettre en doute
la légitimité de cette évolution Néanmoins nous devons discerner ici
action de ces tendances centrifuges contre lesquelles la géographie
est constamment en garde
Tout édifice de la sociologie végétale repose sur association2
définie par sa composition spécifique seul critérium indiscutable
Elle fonde toutes ses spéculations sur le groupement végétal non sur
ses conditions extérieures elle pense en bannissant le raisonnement
déductif éviter arbitraire le subjectivisme Il faut donc faire abord
des inventaires floristiques complets des groupements naturels indi
vidus association afin de dégager des types moyens car la
manière de espèce association est un concept abstrait Dan& ces
analyses floristiques on assigne chaque espèce sa valeur selon le
nombre relatif de ses individus abondance) étendue ils couvrent
dominance) la manière dont ils se répartissent dans ensemble du
groupement fréquence) leur disposition les uns par rapport aux
autres sociabilité) selon sa vigueur aussi vitalité) le rythme de ses
manifestations vitales périodicité) son rôle dans la formation et la
conservation du tapis végétal comportement dynamique Du rap
prochement de ces relevés on conclut la constance plus ou moins
FLAHAULT La nomenclature de la géographie botanique Annales de Géogra
phie 1901 260-265 Pour la suite voir PAVILLARD association végétale
unité phytosociologique Montpellier 1921 in-80 11 BibL IBID. Cinq ans de
phytosociologie Montpellier 1922 in-80 30 On fera dans cet article le
plus large usage des travaux de Mr PAVILLABD dont ensemble fournit un excellent
historique critique de la question
Pour organisation la systématique et la chorologie des groupements végétaux
BRAUN-BLANQUET et PAVILLARD Vocabulaire et aussi PAVILLARD Espèces et asso
ciations Essai phytosociotogique Montpellier 1920 in-80 34 BibL IBID. De
la statistique en phytosociologie Montpellier 1923 in-80 35 Bibi. BRAUN-
BLANQUET Essai sur les notions élément et de territoire phy to gèo graphique Archives
des Sciences physiques et naturelles Genève Ve série vol 1919 497-512) TROIS TUDES DE OGRAPHIE BOTANIQUE 483
marquée des espèces leur affinité plus ou moins étroite pour asso
ciation fidélité Il en on ne retrouve jamais en dehors elle
autres qui sont rarement dans autres groupements autres enfin
qui manifestent une préférence pour elle ce sont ses espèces caracté
ristiques Celles qui restent sont les accessoires ou les compagnes
Définir association par ses caractéristiques est opération fonda
mentale
étude des rapports de la végétation avec le milieu ne vient
ensuite Mr Pavillard est allé naguère reléguer dans un
avenir probablement lointain la solution des problèmes ils posent
et déclarer inopportune la recherche des relations causales1 La
station disaient les écologistes engendre association ensemble
des facteurs constituant le milieu commande le groupement végétal
dans sa composition et son aspect Le terme de passage est la forme
biologique Growth-form ou Lïebensform empreinte de adaptation
spécifique sur la plante Rapport une rigueur illusoire Dans une
forêt de hêtres ou de pins de montagne beaucoup de plantes ont
rien voir avec les conditions favorables ces plantes De plus com
ment définir les formes biologiques Et comment les interpréter
Quelle part ferons-nous adaptation et quelle hérédité dans le
port et les habitudes fonctionnelles de la plante Toute cette cri
tique fortement fondée est bien troublante et décevante pour des
géographes attachés au principe de la localisation et de la description
explicatives Heureusement la science ne procède pas toujours dans
sa marche avec cette rigueur logique Nous voyons en 1924 sur un
territoire il est vrai bien connu Mr Braun-Blanquet analyser avec
pénétration quelques-unes des conditions écologiques de la garrigue
montpelliéraine MMrs Pavillard et Allorge rendant compte de la
troisième excursion phytogéographique internationale en Suisse écri
vent que écologie acteur de second plan mais toujours mêlé
action comme le ch ur dans le théâtre antique joué son rôle
dans le programme quotidien Reconnaissons avec eux la nécessité
une analyse expérimentale approfondie uvre de longue haleine
peine ébauchée ici
quelque rang on la place écologie continue donc faire
partie des disciplines phytosociologiques La synécologie éco
logie de association repose abord sur étude de la station milieu
Sur la critique de écologie PAVILLARD travaux cités IBID. Remarques sur
la nomenclature phytogéographique Montpellier 1919 in-80 27 GEO FULLER
Geological concepts and nomenclature Botan gazette LXXI 1921 403-405 bon
résumé On trouvera un exemple concret de la critique des notions écologiques ri
dans Miss ARB ER Water-plants study of aquatic angiosperms Cambridge Univ
Press 1920 in-80 xvi 435 Bibi. Le cas des plantes eau est crucial auteur
dit notamment idée que le type de feuilles submergées se présente comme une
réponse adaptative au milieu appuie sur un examen tout fait inadéquat 171) ANNALES DE OGRAPHIE 484
normal un groupement quelconque Le vocabulaire dit une
manière nuancée Le groupement dépend du milieu qui en parti
culier détermine dans une certaine mesure le port physiognomic
du groupement Puis vient étude de la végétation un point de vue
écologique Une distinction capitale est établie entre unité sociolo-
gique et unité synécologique caractérisées une par sa composition
spécifique autre par son aspect La formation groupement végé
tal de physionomie homogène comprenant des formes biologiques
très diverses réparties en plusieurs strates peut aussi bien corres
pondre une seule association plusieurs associations Sa défini
tion implique adoption préalable un système de formes biolo
giques On est rangé au plus employé celui de Raunkiaer Cela ne
préjuge rien au sujet de sa valeur absolue Mr Pavillard en fait
plusieurs reprises une critique justifiée
Enfin le point de vue évolutif est définitivement intégré dans la
sociologie végétale1 On souvent noté la succession des stades par
lesquels la végétation passe sur un sol vierge avant arriver une
forme définitive2 Les Américains ont systématisé la notion de cycle
évolutif non sans abus de teleologie Clements écrivait en 1905 La
formation est un organisme complexe qui possède des fonctions une
structure et passe par un cycle de développement analogue celui
de la plante Le terme de ce est le groupement final
le Climax groupement stable en équilibre avec les conditions de
milieu où dominent les conditions climatiques Aussi le qualifie-t-on
de groupement climatique final expression qui prête mon sens àia
critique Le géographe est ici sur un terrain familier Le cycle évolutif
de la végétation fait penser ceux du relief le climax la pénéplaine
Il plus une analogie Appuyé sur les travaux des pédologistes
russes Mr Braun-Blanquet parallelise le cycle évolution des sols
tendant vers des types climatiques indépendants de la nature du sub
stratum avec celui de la végétation La tendance évolutive de la
végétation abandonnée elle-même va toujours vers le groupement
climatique final en équilibre avec le climat moyen et le type clima-
-BLANQUET tudes sur la végétation méditerranéenne III Concentration
en ions et calcimétrie du sol de quelques associations de la garigue languedocienne
Bull Soc Bot de Fr. LXXI 1924 639 et 879 PAVILLARD et ALLOKGE La
lile Excursion Phyto gèo graphique Internationale dans Ergebnisse der Internationalen
Pflanzengeograph Exkursion durch die Schweizeralpen 1923 Zurich 1924 225-237
Voir par exemple FLAHATJLT et COMERES Sur la flore de la Camargue et
des alluvions du Rhône Bull Soc Bot de Fr. XLI 1894 37 et suiv. La notion de
climax est impliquée dans toutes les études forestières de Mr FLAHAULT Pour la suite
voir F.-E CLEMENTS Research methods in Ecology Lincoln Neb. 1905 in-80 xvii
332 199 IBID. Plant succession An analysis of the development of vegetation
Washington 1916 in-80 512 BRAUN-BLANC ET Le climax complexe des landes
alpines genisteto-vaccinion du Cantal) dans tudes phytosociologiques en Auvergne
rapport sur une excursion interuniversitaire rédigé dans ARV RNIA Clermont-
Ferrand fase 1926 29 et suiv TROIS TUDES DE OGRAPHIE BOTANIQUE 485
tique du sol en concluons pas il de climax que sur une
pénéplaine car tous ces cycles ont pas le même rythme Reste
que établissement du groupement terminal sur sol climatique ne
peut être con indépendamment des conditions érosion et accu
mulation est-à-dire de évolution du relief1 analyse des succes
sions et la détermination du groupement terminal est au surplus
une uvre délicate Elle veut de esprit de finesse certains groupe
ments édifiés sous action de homme ou des animaux ou en confor
mité avec évolution topographique ou pédologique revêtent une
homogénéité et une individualité remarquables avec un haut degré
de stabilité Certains autres caractérisent aussi bien une évolution
régressive une évolution progressive La plus grande prudence est
de rigueur2
Nous en dirons pas plus Il nous suffit avoir attiré attention
sur quelques points essentiels de la doctrine phytosociologique
II
Les travaux que nous allons présenter abord relèvent de cette
doctrine celui de Mr Luquet surtout3 auteur en réclame en com
men ant il conforme ses idées et son langage ses trois dernières
pages sont une apologie pour la méthode sociologique avec les déve
loppements et les subordinations idées elle comporte Il veut
donner son livre une valeur démonstrative au point de vue des prin
cipes Pour lui le triomphe de association est quelque chose de com
parable adoption de la notion étage en géologie Mr Al-
lorge avait déjà signalé attraction exercée sur les phytosociologues
parle vocabulaire de la géologie stratigraphique
Cela ne empêche pas de commencer par un aper général assez
bref où il définit les conditions ensemble du milieu pour en déduire
quelques caractères de la végétation et même de évolution agricole
et pastorale La pénurie des observations même corrigée par le rai
sonnement analogique ne permet une esquisse du climat Cepen
dant nous voyons bien opposition entre la région basse du versant
oriental plus sèche plus lumineuse et plus chaude où la vigne
Dans cet ordre idées on doit rappeler le livre de Mr KUHNHOLZT-LORDAT Les
dunes du Golfe du Lion 1923
Voir avec quelle prudence en use Mr ALLORGE Les associations végétales du Vexin
fran ais Paris 1922
LUQUET Essai sur la géographie botanique de Auvergne Les associations végé- -li
taies des Monts Dores Saint-Dizier 1926 in-80 266 p. XIX pi phot. carte en cou-
leur 80 000 Th Sciences Paris On lira en même temps avec fruit les études de
UEHLINGER FURRER BRAUN-BLANQUET KUHNHOLZ-LORDAT DENIS FREY OCHSNER
TALLON dans le Excursion en Auvergne cité plus haut Mr LUQUET étudie
que les étages moyen et supérieur laissant de côté étage inférieur chênes) moins
particulier aux Monts Dores 486 ANNALES DE OGRAPHIE
remonte les pentes ensoleillées avec un cortège de plantes xérother-
miques où les moissons prospèrent et le versant occidental battu des
vents pluvieux de Atlantique mais avec des rudesses et des écarts
de régime qui le marquent déjà un cachet continental Humide
venteuse et froide encapuchonnée de brumes sauf lorsque des condi
tions particulières amènent la formation une mer de nuages en des
sous des sommets la région culminale couverte de neige six mois de
année est propice aux plantes alpines diverses altitudes des
nappes d*eau en voie assèchement plus ou moins ralenti selon que
eur origine est liée érosion des glaciers ou activité eruptiver
constituent des milieux biologiques aux caractères spéciaux Comme
partout en montagne la multiplicité des climats locaux est la règle
Mais dans ensemble les conditions de milieu ont favorisé une végéta
tion de type atlantique marquée un caractère montagnard Elles
se sont aussi montrées propices exploitation pastorale
La partie essentielle de la thèse est étude de cette mosaïque de
groupements dont la carte nous offre image complexe non point
confuse car un certain ordre révèle Les cultures en recul devant
la prairie sont représentées par des lambeaux discontinus sur le
versant et surtout sur le versant du massif où elles se cantonnent
presque association Scleranthus annuus race appauvrie du grou
pement Chrysanthemum segetum Allorge accompagne les céréales
seigle et avoine) tandis que celle Polygonùm album et Chenopodium
persicaria signale les cultures sarclées dans la région montagneuse
souvent établies comme les céréales sur un lambeau de prairie En
revanche herbe couvre immenses espaces Les prairies perma
nentes Agrostis capillaris avec la ss ass Cynosurus eristatus
des prairies parquées étalent tout autour des Monts Dores mais sur
tout sur les pentes occidentales leur luxuriant tapis aux couleurs
changeantes avec les saisons Au-dessus plus morcelé le groupe des
associations Nardus stricto étage ses formes de plus en plus riches
en espèces alpines aux sommets où les anémones les gentianes
le narcisse pseudo-narcissus) Leucanthemum Delarbrei aux grandes
capitules Leontod pyrenaicus aux blanches aigrettes composent
de brillants paysages saisonniers ss ass Deschampsia flexuosa
Sur les pentes escarpées prospèrent les touffes puissantes de Cala-
magrostis arundinacea Et dans les combes humides surtout au-
dessus de la limite supérieure des forêts un vigoureux groupement de
grands végétaux herbacés étale ses riches floraisons ass Adenos-
tyles Alliariae Dans tout étage moyen du massif entretenues par
humidité du climat des tourbières tourbières basses Carex et
Joncs tourbières hautes riches en Sphaignes offrent les caractères
de la décadence Aux marges une de ces narses celle de la
Barthe se trouve une station disjointe du Pin crochets toutes TUDES DE OGRAPHIE BOTANIQUE 487 TROIS
les altitudes se rencontrent les landes Les landes hauts genêts
ass Sarothamnus scoparius et ass Genista purgans) les landes
Calluna vulgaris sont les mieux représentées Dans lOuest du massif
la fougère envahit souvent le pâturage dans le Nord-Ouest surtout
la callunaie recouvre la pénéplaine granitique un manteau continu
qui étend aux monts de Millevaches Tandis que association
Sarothamnus reste cantonnée dans étage moyen 800-1 200) la
callunaie élève sur les pentes et prend un caractère alpin Mais
sur les sommets elle occupe moins de place que association Vac-
cinium myrtillus et uliginosum très voisine du groupement vosgien
étudié par Issier Cette dernière pénètre en certains points une autre
association caractérisée par des bruyères et des mousses Empetrum
nigrùm Les groupements forestiers sont représentés par associa
tion Abies alba le plus souvent mélangée de hêtres bien dévelop
pée surtout dans la haute vallée de la Dordogne abondamment
arrosée par celle du Pin sylvestre race Auvergne en voie exten
sion dans Est du massif où elle trouve des conditions favorables
éclairement par les lambeaux épars de celle du Hêtre plus fré
quents dans le Sud du massif enfin par des peuplements artificiels
de Pinus sylvestris et de Picea excelsa
Tous ces groupements végétaux se répartissent entre trois étages
étage inférieur est celui du Chêne Dans les vallées cet arbre remonte
en moyenne 820 Ouest et au Nord du massif
950 Est Déjà ces altitudes il longtemps que les hêtres
ont apparu aux ubacs dans une véritable zone de compétition La
culture de la vigne sur le versant E. hui fort réduite et en
décadence atteignait encore 830 en moyenne il un demi-
siècle étage moyen est celui du Hêtre dont les futaies débutent
vers 730 Ouest 780 Est il va 500 en moyenne
dans la région axiale Il coïncide avec la zone des précipitations abon
dantes des brouillards humides et prolongés sa limite supérieure
il est bordé du côté de Ouest par une bande arbustive où dominent
sorbiers et bouleaux sur le versant ensoleillé par des landes Genista
pur gans correspondant la Rhodoraie des Alpes et des Pyrénées
Les diverses associations de cet étage la Hêtraie exceptée sont
remarquablement instables Un nombre assez élevé de plantes sont
rigoureusement confinées Sauf Est où les cultures ont encore
quelque étendue exploitation pastorale est dès longtemps em
parée de cet étage Vient au-dessus étage alpin où la vigueur et
la fraîcheur de la végétation dénoncent influence atlantique Cer
tains groupements sont exclusivement cantonnés ss ass Sax
fraga Lamottei et Androsace rosea landes bruyères et mousses par
exemple La répartition des landes arbrisseaux nains dominantes
dépend de la durée locale enneigement Les espèces qui le carac- 488 ANNALES DE OGRAPHIE
térisent sont ou bien endémiques ou bien origine alpine ou pyré
néenne ou boréo-arctique Toute cette flore est uniquement sousr
influence des conditions naturelles
Une simple enumeration ne fait pas comprendre la méthode
Essayons de la saisir lorsque Mr Luquet applique une de ces
associations pastorales il étudie avec une évidente prédilection
association Agrostis capillaris Pour en définir les caractères flo-
ristiques il analysé 18 groupements situés en divers points du
massif entre 950 et 200 Dans le tableau synthétique les
espèces sont assemblées suivant leur degré de fidélité avec indication
de leur degré de présence grostis cap laris mérite de donner son
nom association car en même temps elle se rencontre dans tous
les individus elle ne se rencontre que là exclusive elle
offre le maximum de constance Les indications du tableau général
nous permettent de comparer le groupement mont-dorien avec les
types correspondants de arrhenaterion dans le Sud du massif
central Aigoual) dans les Vosges Tanneck gebiet aux Alpes Pel-
voiix Grisons sous-Alpes de Vevey Les différences sont de détaiL
on peut presque parler identité Le retour aux caractères analy
tiques permet de distinguer deux faciès dans le massif mont-dorien
plus humide autre plus sec Le groupement comporte deux
strates la strate muscinale avec un très petit nombre autres espèces-
et la strate herbacée très variée Ses caractères écologiques sont indi
qués dans le tableau le spectre biologique est surtout remarquable
par la proportion élevée des hemicryptophytes Cette formation des
prairies permanentes revêt avril octobre une physionomie chan
geante les narcisses font la beauté de son aspect vernal éclat de&
couleurs lui donne été une richesse singulière en septembre la
colchique automne annonce son déclin Les conditions écologiques
stationnelles sont indiquées pauvreté relative du sol en potasse
absolue en chaux richesse en acide phosphorique teneur en azote
moins élevée que dans les prairies parquées- On notera absence in
dications sur la concentration en ions hydrogène Ces conditions se
trouvent sous la dépendance des pratiques culturales fumure et irri
gation est que en effet association Agrostis capillaris est un
groupement artificiel dont le maintien dépend de action de homme
Cesse-t-elle de se faire sentir évolution vers le groupement terminal
commence On voit Eupteris aquilina envahir agrostidaie puis Saro-
thamnus scoparius qui parfois installe directement puis le coudrier
puis le hêtre climax La prairie grostis cantonnée dans les vallone
Est et au Nord du massif largement étendue au Sud et surtout
Ouest serait susceptible de bien des améliorations une véritable
culture qui favoriserait les bonnes espèces indiquées par auteur
Elle pourrait acquérir une valeur économique bien plus considérable TROIS TUDES DE OGRAPHIE BOTANIQUE 489
la lecture des analyses de Mr Luquet on est frappé du petit
nombre des associations présentant le caractère de la stabilité Ce
trait est un peu inoins marqué dans étage alpin où si association
Vaccinium myrtillus et uliginosum est le seul groupement
climatique final indiscutable le complexe formé par ces landes Vac-
ciniwn et les landes Genista pilosa et Calluna offre un haut degré
de permanence Dans les combes neige la nardaie alpine est elle-
même durable quoique destinée finalement évoluer1 Mais dans
étage moyen qui occupe la plus vaste étendue la plus grande place
est remplie par des groupements dont origine est due action de
homme et des animaux domestiques prolongée durant des millé
naires Groupements correspondant une dégradation profonde du
paysage initial tous les groupements végétaux et pastoraux stades
évolutifs toutes les landes et la saussaie et la corylaie et la bétulaie
et même la pineraie spontanée Même les groupements naturels des
tourbières évoluent quoique plus lentement vers association clima
tique finale celle du hêtre et sur des points très localisés celle du
sapin2 Cependant nous assistons depuis une centaine années
une évolution générale vers les conditions primitives de la végéta
tion régression provoquée par deux causes ordre très différent
un côté la reconstitution artificielle de la forêt de autre exode
des populations
action de homme et de ses auxiliaires est partout présente
déterminante Aussi par la force des choses étude de la végétation
se double-t-elle une étude de géographie humaine Elle constitue
une préface précieuse des travaux comme ceux de Mr Arbos est
un aspect de la thèse de Mr Luquet qui retiendra les géographes Elk-
apporte aussi une contribution utile la connaissance de économie
rationnelle Mais son côté phytosociologique nous préoccupe surtout
ici individualité du district géobotanique formé par les Monts
Dores et le Cantal en dégage fortement ils présentent bien des
ressemblances avec les autres régions décrites ailleurs dans le Massif
Central Aigoual et Forez mais le développement des groupements
lacustres et des tourbières existence un véritable étage alpin leur
confèrent une physionomie propre
Avec la même méthode mais plus sommairement MMrs de Litar-
dière et Malcuit ont étudié les associations du massif de Renoso3
Voir sur ces questions BRAUN-BLANQUET Le climax complexe .. et FUR
BE Remarques sur les successions des forêts ïAuvergne dans le cité plus haut
Mr LUQUET évoqué propos du Hêtre et du Sapin les phénomènes alter
nance bien connus des forestiers en se défendant de se prononcer sur les rapports
originels des deux arbres 173 une étude critique sur un tel sujet serait un haut
intérêt Comment de tels phénomènes peuvent-ils rentrer dans le cadre de la doctrine
des successions
DE LiTAHui RE et MALCUIT Contributions étude phytosociologique de la
Corse Le massil du fienoso Paris 1926 in-80 143 p. carte top 80 000 pl phot

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