UM2 magazine n°8 février 2014

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UM2, le magazine universitaire au cœur de science vous invite à une plongée au cœur de l'Université Montpellier 2.
Dans ce numéro :
- Dossier : l'UM2 à la pointe du numérique
- Recherche : Jack, le robot-plongeur au service des archéologues, les matériaux de pointe made in UM2 ou encore l'impact du réchauffement climatique sur la biodiversité
- Patrimoine : l'herbier livre ses secrets
- Formation : naissance de la Faculté d'Éducation
- International : l'UM2 construit l'Euroméditerranée
- Au cœur du campus : une résidence d'artiste sur l'art des formes et un magazine télé en direct des campus
Ce rendez-vous trimestriel vous permet de découvrir l'UM2 dans toute sa diversité. Entrez dans les coulisses de l'Université grâce à la rubrique "Au cœur du campus" et faites connaissance avec ceux qui font l'université dans "A l'honneur à l'UM2". Découvrez également le cœur de sciences de l'UM2 en vous plongeant dans "L'écho des labos". Ce magazine vous propose chaque trimestre un focus sur les formations, l'innovation et les relations internationales
Publié le : mercredi 5 février 2014
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Le magazine universitaire au cœur de science
Numéro 8 Février 2014
Desmatériaux depointe nésà l'UM2
LaFaculté d'Éducation formelesenseignants
Unrobotau service desseloguchéo ar
DISPONIBLE EN TÉLÉCHARGEMENT SUR www.univmontp2.fr scribd.com/um2_montpellier
l' UM2à la pointe  numérique du
Université Montpellier 2IESCESNC ET HCETUQINSE  N°8 - 02.2014 MONTPELLIER| LANGUEDOCROUSSILLON| SUD DEFRANCE
 Sommaire Dossier 4 L'UM2 à la pointe du numérique
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Au cœur du campus Art des formes En direct des campus
À l’honneur à l’UM2 Bernard Gil, Docteur Honoris Causa de l’Université Meijo de Nagoya Claude Sardet, Prix Rosen de la Fondation pour la Recherche Médicale Danielle Laurencin, médaille de bronze CNRS Sarah Grivot, un nez né à l’UM2 Maxime Derex planche sur l’évolution de la culture
Vie des labos 12  Un robot au service des archéologues  Le réchauffement climatique bouleverse la biodiversité
UM2 N°8 - FÉVRIER 2014
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Michel Robert RÉDACTRICE EN CHEF Aline Périault, aline.periault@univ-montp2.fr Tél. +33 (0)4 67 14 92 87 A COLLABORÉ À CE NUMÉRO Philippe Raymond CONCEPTION & MISE EN PAGE Olivier Piau, Agropolis Productions
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IMPRESSION Offset Deux Mille (France) UNIVERSITÉ MONTPELLIER 2 Sciences et Techniques Place Eugène Bataillon 34095 MontpellierCEDEX5 Tél. +33 (0)4 67 14 30 30 communication@univ-montp2.fr www.univ-montp2.fr Tirage :2.500 ex. Dépôt légal :février 2014 ISSN :2259-874X Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses représentants est illicite (art. A du Code de la Propriété Intellectuelle).
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International  Rapprocher les deux rives
Formation  La Faculté d’Éducation, une composante spécialisée dans la formation des enseignants
Innovation  Des matériaux de pointe nés à l'UM2
Patrimoine 22  L'herbier livre ses secrets
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Publications
1, 2, 3... taguez ! LeQR code, vous connaissez ? Ce drôle de carré permet, à partir de votre téléphone, d'accéder directement à du contenu électronique (page Internet, vidéo, contenu multimédia...) sans avoir besoin de saisir l'adresse correspondante. Muni de votre téléphone équipé d’un appareil photo et d’une application (gratuite) de lecture (QR Readeren anglais), Qrafter (iPhone), Goggles (Android), QR Code Scanner Pro (Blackberry), Bing (Windows Phone), trois étapes suffi sent : 1. lancerl'application, 2. photographierle Qrcode, 3. lirele contenu.
 Édito
Innoveretervprseér avec lemuniqérue
Le numérique et sa vague d’innovations sont vecteurs de profonds changements dans les produits, les services et les usages, la production, les organisations ou les mises en ré-seaux.
De la génération de programmes, compilateurs, images, sons, jeux et autres « objets numériques » aux nouveaux outils comme les big-data et les cartographies de connaissances, cette source d’idées nouvelles pose néanmoins en retour des questions de nature philosophique, comme abordé par Stéphane Vial selon« com-prendre comment le numérique change la perception que l’homme a du monde et de lui-même », ou d’ordre économique, comme évoqué par Jeremy Rifkin dans« com-e prendre comment le numérique produit la 3 révolution industrielle ».
L’acquisition d’une culture numérique est devenue indispensable, afi n d’appréhender ces mutations, le rôle de ces interfaces évolutives dans leur lien entre une activité de pensée et sa matérialisation dans les pratiques au travers d’objets numériques.
Les compétences déployées à l’Université Montpellier 2 lui permettent ainsi de jouer un rôle central pour innover dans le numérique et avec le numérique, pour diffuser les savoirs et savoir-faire liés aux nouveaux dispositifs qui en résultent. Elle s’appuie aussi sur les atouts présents dans notre région : organismes de recherche et autres établis-sements, start-up créatives, soutien des collectivités, etc.
Une des innovations pédagogiques dues au numérique réside dans le déploiement pro-gressif des « MOOCs » (Massive Online Open Courses, cours en ligne ouverts et mas-sifs) qui sont présentés dans le dossier de ce numéro d’UM2, le magazine universitaire au cœur de science.
Véritable potentiel pour les universités, ces nouvelles formes d’enseignement exigent toutefois là aussi une réfl exion en amont pour développer des stratégies pédagogiques concertées et adaptées. Il convient en effet de s’interroger sur l’encadrement des étu-diants pour lutter contre l’échec à l’université, la place de ces nouveaux cours au regard des heures de présence effective, le rôle des enseignants autour de ces outils nais-sants, ou encore l’anticipation des effets à moyen et long termes sur l’élaboration et la transmission de la connaissance.
Michel Robert, Président de l’Université Montpellier 2 - Sciences et Techniques
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 Dossier
  L' UM2à la pointe  numérique du
La révolution numérique                                    est enmarche Les accès à Internet se démultiplient, en place de plateformes de ressources défi. Elle y parvient en s’efforçant d’of-les réseaux sociaux sont devenus incon- numériques… frir des parcours plus personnalisés, et tournables, les terminaux nomades de en s’ouvrant à d’autres horizons et à type tablette ou mobile explosent : la Aujourd’hui toutes les composantes d’autres publics comme l’international révolution numérique est aujourd’hui une d’enseignement de l’établissement ex- ou la formation tout au long de la vie… réalité palpable. ploitent les usages du numérique dans Restons connectés.leurs formation et dans leurs pratiques Une mutation qui porte un véritable défi pédagogiques. Pour appuyer cette révo-pour les universités : intégrer le numé- lution douce et assurer un développe-David Cassagne, rique au cœur de l’enseignement et de ment harmonieux du numérique, l'UM2 a Vice-président la recherche. instauré des dispositifs d'accompagne-délégué au numérique ment et de formation des enseignants, Véritable pionnière en la matière, l’Uni- des personnels et des étudiants. versité Montpellier 2 développe depuis de nombreuses années une stratégie Le Département des Usages du Numé-globale de développement du numérique rique assure un accompagnement direct au service de la pédagogie. En 2012, des enseignants « à la demande » et des l’UM2 a mis en place un comité dédié sessions de formation sur les usages du aux Technologies de l’Information et de numérique à destination des enseignants la Communication pour l’Enseignement et personnels. En 2013, 200 personnes comprenant des représentants de toutes ont ainsi été formées sur des thèmes les composantes pour développer cette variés : utilisation des plateformes pé-stratégie du numérique en liaison avec dagogiques, conception de ressources les conseils centraux. multimédia, animations interactives, visio et webconférence… Une stratégie qui a donné lieu à plusieurs actions phares qui vous sont détaillées Face à un public exigeant et en constante dans ce dossier :MOOC évolution,en ligne sur la à l’ère de la fameuse « Gé-plateforme France Université Numérique, nération C » (connectée), l’Université WebTV, opérationiPad@Polytech Montpellier 2 se devait de relever ce, mise 4 N°8 - 02.2014
VEC PLUS d’un millier de vidéos à son actif, l’UM2 se danAs l’utilisation de l’audiovisuel au positionne comme un leader service de la pédagogie. Un patrimoine numérique qui démultiplie les publics et booste la diffusion des savoirs.
Comment utiliser au mieux tout le po-tentiel du numérique pour booster le rayonnement de l’université ? À l’UM2, la réponse passe par l’audiovisuel. Mis au service de la pédagogie, il permet de mieux diffuser les savoirs et de proposer des formules d’apprentissages novatrices et complémentaires des enseignements traditionnels.
« Le patrimoine numérique de l’université, ce sont près de 1 150 vidéos réalisées par l’établissement », souligne Olivier Agussol, directeur de la Direction du Système d’Information. À la production, une équipe de 4 personnes qui mettent leurs compétences en audiovisuel au ser-vice des étudiants et du rayonnement de l’université.« Nous sommes sollicités par
des enseignants qui souhaitent que leurs cours soient filmés, par des chercheurs qui souhaitent rediffuser des conférences et des congrès scientifiques, mais éga-lement pour réaliser des reportages sur tous les évènements qui marquent la vie du campus »,précise Guilhem Mouton, responsable du Département des Usages du Numérique. L’ensemble de ce patri-moine numérique est diffusé sur la WebTV de l’UM2 qui comptabilise plus de 5 800 visiteurs quotidiens. Mais pour rendre ce contenu plus visible et en faire profiter un public encore plus large, les vidéos made in UM2 sont plébiscitées sur de nombreux autres canaux de diffusion. Un patrimoine numérique d’un millier de vidéos L’université est présente sur la plate-forme France Université Numériquequi propose des MOOCs(Massive Open On-line Courses), des cours en ligne ouverts à tous. Lancée par le Ministère de l’Ensei-gnement Supérieur et de la Recherche en octobre 2013, cette plateforme permet à
tous les publics d’accéder à des cours va-riés et de qualité partout dans le monde. Étudiants et simples internautes peuvent suivre ces cours de manière interactive et collaborative, à leur rythme. L’Université Montpellier 2 fait partie des 10 premiers établissements qui ont été sélectionnés pour offrir les premiers MOOCs. Proposé par deux enseignants de l’IUT de Béziers, le MOOC « Ville durable : être acteur du changement » commence début 2014(lire encadré p.6). Pour assurer le développe-ment et la création de ces cours, l’UM2 a créé un studio MOOC : une équipe professionnelle composée de réalisateurs photo-vidéos, infographistes, informati-ciens et ingénieurs en techno-pédago-gie qui accompagnent les enseignants dans la création et la valorisation de leur MOOC. L’UM2 pionnière de l’enseignement numérique La présence de l’UM2 parmi les pre-mières universités françaises choisies pour diffuser ses cours sur la plateforme
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Dossier
nationale FUN vient récompenser une politique d’investissement dans le numé-rique au service de la pédagogie déve-loppée par l’établissement depuis des années. L’UM2 est déjà présente sur iTunes U, plateforme spécialisée desti-née aux étudiants et au grand public qui permet de consulter et de télécharger librement des documents audio, vidéo ou multimédia issus des universités. Elle est également un acteur incontournable du webmédia étudiantFrance Culture plus « le nouveau rendez-vous des amphis et des campus » lancé l’année dernière qui propose des productions universi-taires en libre accès. Prochain objectif : créer une chaine pédagogique surYou-Tube.Une logique d’hyperdiffusion qui accompagne une révolution en cours, celle du processus d’apprentissage : « désormais les étudiants ont accès à ces ressources numériques chez eux ou sur leurs mobiles, ces nouveaux moyens entraînent un changement des modes d’apprentissage dont nous devons être
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acteur », souligne Olivier Agussol. La pédagogie inversée est en marche Ces nouvelles pratiques risquent-elles de vider les amphis de leurs étudiants ? Aucune crainte selon David Cassagne, vice-président délégué au numérique. « C’est un mode d’enseignement nou-veau qui prend naissance, un ensei-gnement hybride qui allie présentiel et enseignement en ligne ». L’enseignement entre dans l’ère de la pédagogie inver-sée. Plutôt que de dispenser les cours théoriques en présence et de donner aux étudiants des exercices à faire à la maison, les enseignants proposent des ressources numériques à travailler en ligne et profitent des cours pour réaliser des exercices et des projets dans une logique qui met les étudiants en activité et favorise l’interaction avec l’enseignant et entre étudiants. Une révolution numé-rique est en marche et l’UM2 est en tête Chrysta Pélissier au Studio MOOC
Uncours numérique pour deveniracteurdu développement durable Porté par deux enseignants de l’IUT de Béziers : Chrysta Pélissier et Laurent Vassallo, le premier MOOC proposé par l’Université Montpellier 2 s’intitule « Ville durable : être acteur du changement ». Aspects règlementaires, normes applicables à l’environnement, gestion des déchets, lutte contre le changement climatique, lien entre environnement et santé, déplacements. Autant de thèmes abordés qui permettent de mieux appréhender les enjeux du développement durable dans un cadre quotidien, celui de la vie dans la cité. Avec un cours hebdomadaire pendant 6 semaines, composé de ressources numériques auxquelles sont associés des exercices et des productions collaboratives, le MOOC permet à tout le monde de devenir acteur du développement durable.
Les étudiants utilisent l'iPad en cours avec Eleonora Guerrini, enseignante à Polytech
L' iPad au service  de la pédagogie OLYTECH MONTPELLIERlement de casser la fracture numérique. l’iPad per introduit le numérique dans la« Nous sommes certains désormais queplus en p Pt un accès minim res- auxUne opér pédagogie de façon innovantetous nos étudiants, quels que soient leurscours pou en dotant chaque nouvel étudiant d’unmoyens, on um iPad. Une initiative plébiscitée par lessources numériques, indispensables dansles étudia étudiants comme par les enseignants.l’enseignement supérieur aujourd’hui ».Bilan de la
Dynamiser la pédagogie grâce au numé-rique, c’est le défi relevé par Polytech Montpellier. Depuis 2012, l’école a choisi de doter ses futurs ingénieurs d’une ta-blette iPad lors de leur rentrée en première année du cycle d’ingénieur.« La tablette numérique leur appartient pendant tout leur cycle d’étude à Polytech, ce qui leur permet de mieux s’approprier l’outil et de développer leurs propres usages, explique Clément Jonquet, responsable de la cellule iPad.L’idée du projet iPad est d’introduire pro-activement le numérique dans l’enseignement de façon à apprendre à le maîtriser et le valoriser pour la pé-dagogie, plutôt que de le subir ». Pour l’enseignant du département informatique et gestion, cette opération permet éga-
met par exemple d’intégrer de lus de petits exercices dans les r réconcilier théorie et pratique. ation qui crée du dialogue avec nts et les rend plus participatifs. première année :« les étudiants et de nombreux enseignants s’enthousias-La réussite au bout des doigtsment de cette nouvelle pédagogie rendue plus dynamique grâce au numérique ». Mais ce projet représente surtout une petite révolution dans l’enseignement Desplateformes présentiel. En cours, la tablette ouvre pleines deressources des possibilités nouvelles : les futurs ingénieurs sortent leur iPad pour suivre Récupérer les informations sur un une présentation interactive, répondre àcours, télécharger des supports ou des des QCM, annoter les supports péda-présentations de l’enseignant, travailler à la maison, participer à des forums gogiques, réaliser des comptes-rendus d’échange ou à des activités avec co-intégrant du multimédia, et tout ceci peut évaluation entre étudiants… être discuté et analysé en direct avec les étudiants.« Autant de scénarios péda-Grâce aux plateformes pédagogiques gogiques imaginés et développés par les Claroline et Moodle, tous les étudiants de enseignants qui se réunissent régulière-l’Université Montpellier 2 ont accès à des ment en groupe de travail pour dévelop-milliers de ressources numériques pour faciliter leur réussite. per cette nouvelle façon d’enseigner », souligne Clément Jonquet. L’arrivée de
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Au cœur du campus
Art des formes          UNIVERSITÉ MONTPELLIER 2Aurélie parmi les nombreux candidats à L’ accueille en résidence Auréliela résidence d’artiste.« Les connexions Mourier, une plasticienneentre ses recherches et les domaines de venue cultiver son art en terre dela biologie, de l’écologie et de l’évolution sciences.étaient évidentes », précise Mélanie De-biais-Thibaud, chercheuse et enseignante Comment naissent les formes ? Comment au département de biologie-écologie. se crée un arbre, une fleur, une formation Cette spécialiste de la mise en place des rocheuse ? Si la question peut tarauder structures au stade embryonnaire souligne l’artiste dans sa démarche de création, le parallèle entre les questionnements qui elle est aussi au cœur de la probléma- émergent dans l’un et l’autre univers, celui tique scientifique. Avec cette résidence de l’art et celui de la recherche scientifi que. d’artiste sur le campus Triolet, l’Université« Comment produire une œuvre quand on Montpellier 2 a voulu croiser les regards.est plasticien ? Comment se construit une « L’accueil d’artiste en résidence permet structure dans le monde du vivant ? Ces de réaliser des projets d’une nature nou- schémas sont souvent semblables », dit-velle, hybrides nés des échanges entre laelle. La chercheuse et l’artiste ont souhaité création artistique et la recherche scienti-mettre leurs approches en commun au ser-fique », soulignent Anne Doteau et Caro- vice des étudiants qui suivent l’unité d’en-line Dat du pôle culture. seignement « sciences et culture ».« Nous mettons en parallèle le travail d’Aurélie Entre art et rechercheMourier avec les objets biologiques qu’ils scientifiqueétudient, cette approche attise leur curiosité », précise Mélanie Aurélie Mourier développe un travail de Debiais-Thibaud. sculpture à partir de formes pixellisées qu’elle modélise à l’aide d’un logiciel de dessin 3D.« Après avoir classé et reproduit des formes inertes, je souhaite m'intéres-ser aux formes biologiques, mou-vantes »,explique-t-elle. La démarche a séduit le jury qui a c h o i s i
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De l’arborescence à l’« accrétion » Si cette immersion dans l’environnement scientifique lui a permis de rencontrer des dizaines de chercheurs issus de toutes les disciplines, Aurélie Mourier a particuliè-rement puisé son inspiration auprès des spécialistes de la biologie du développe-ment.« Je m’inspire des mécanismes de croissance des organismes pour dévelop-per des générateurs de formes »,souligne l’artiste. Le développement en arbores-cence et en accrétion, un accroissement par agglomération de matière, inspire la plasticienne dans sa création de formes. Pour couronner cette imprégnation dans l’univers scientifique, Aurélie Mourier va produire une sculpture issue de son expé-rience qui sera exposée sur le campus au printemps.
Michel Robert, Président de l'UM2, interviewé par Damien Conaré sur le plateau de Campus Mag
En  direct des campus ACTU scientifique et émission à l’UM2, en avril 2013. première3 universités de Montpellier, de l’IRD, de L’ universitaire de Montpellierla Maison des sciences de l’homme, ainsi Signe d’une synergie qui fonctionne, Cam-a son magazine télé :que du CNRS, de Montpellier SupAgro pus Mag est aujourd’hui autonome et prêt nomade et tous azimuts, Campuset du CROUS. répondre à des sollicitations extérieures. à Mag, ça bouge !« On est désormais capable d’assurer la Début 2013, sans budget mais avec lecouverture d’un événement en direct et Campus Mag ? Un plateau télé nomade plein de motivation, les professionnelsen haute définition »explique Yann Huot, qui change de site pour rester au cœur de de l’audiovisuel et de la communication responsable communication de la COMUE. l’actu. On y a entendu les chercheurs de du réseau font l’inventaire des matériels l’IRD évoquer la découverte d’un mous- et des compétences disponibles, avant Pari réussi après cinq émissions au tique nouveau, ceux du CNRS parler de d’imaginer un plateau télé qui sera pré- compteur ? Pas tout à fait. Si l’aventure poissons élevés sur terre pour mieux sur- senté chaque mois sur un site partenaire s’affirme comme« une vraie réussite vivre en mer. On y a vu Michel Robert différent : Campus Mag-LR est né.technique et humaine », ce magazine ou Anne Fraïsse évoquer l’actualité à TV cherche encore son public. Et de-chaud, croisé une diététicienne de l’UM1,Vie des campus et recherchemain ? Plutôt qu’une chaîne télé régio-accueilli une délégation québécoise de nale, l’équipe Campus Mag imagine l’Université de Sherbrooke, les mousta- Diffusée sur Internet, l’émission s’attache à un centre de ressources audiovisuel chus de "l’Agro's Moustache", les jeu- montrer toute l’actu scientifi que et universi- universitaire mettant à disposition ses dis en musique de l’UM3 ou encore des taire, sur le terrain comme en coulisses. Et compétences, ses moyens de tournage nanosatellitesmade in UM2. de diffusion. Avec un projet qui reste etdonne la parole aux acteurs eux-mêmes : enseignants, chercheurs et étudiants, pour d’actualité : confier les clefs de l’aventure Pari collectif aux étudiants.faire connaître leurs travaux ou leurs assos.L’émission cartographie ainsi un territoire Au départ de l’aventure, une idée simple : dont la vie des campus et la recherche mutualiser les ressources de la commu- scientifique sont les principaux continents. nauté scientifique et universitaire. Porté par la Communauté d'Universités et d'Éta- Impliquée dès les premiers pas, la Web blissements "Sud de France" (COMUE, ex TV de l’UM2 a permis par ses moyens... www.campusmag-lr.tv ... www.webtv.univ-montp2.fr PRES), le projet reçoit le soutien actif des humains et techniques la naissance de la
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À l’honneur à l’UM2
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Bernard Gil, Docteur Honoris Causa de l’Université Meijo de Nagoya
Le 29 novembre 2013,Bernard Gil, direc-teur de recherche au Laboratoire Charles Coulomb, recevait le titre de Docteur Honoris Causa de l’Université Meijo de Nagoya. Cette distinction vient récom-penser ses travaux scientifi ques dans le domaine des semi-conducteurs à large valeur de bande interdite. Ces matériaux sont à la base de la fabrication d’émetteurs de lumières bleues et blanches, diodes électroluminescentes (LEDs) qui sont actuellement de plus en plus utilisées pour l’éclairage domestique. Ils permettent aussi de réaliser des lasers bleus, point de départ de la technologie Blu-ray. Enfi n dans le do-maine sanitaire les émetteurs de lumière ul-traviolette en cours de développement seront particulièrement précieux pour le traitement des eaux, l'éradication de certaines bactéries et de multiples applications médicales. 
Claude Sardet, Prix Rosen de la Fondation pour la Recherche Médicale
Le Prix Raymond Rosen de la Fondation pour la Recherche Médicale, destiné à des chercheurs en cancérologie, a été décerné cette année àClaude Sardetde l'Institut de Génétique Moléculaire de Montpellier (IGMM) pour l'ensemble de sa carrière et ses contributions remar-quables dans ce domaine. À plusieurs reprises au cours de sa carrière, Claude Sardet a contribué à des découvertes sur les facteurs et processus cellulaires im-pliqués dans le contrôle de la prolifération et de la survie des cellules de mammifères. En dehors de son laboratoire, Claude Sardet est fortement impliqué dans l'animation de la communauté scientifique française travail-lant sur les bases fondamentales de la can-cérogénèse. Danielle Laurencin, médaille de bronze CNRS
Chercheuse en chimie moléculaire et chimie des matériaux à l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier (ICGM),Danielle Laurencin a reçu la médaille de bronze 2013 du CNRS. Son travail porte sur la syn-thèse et la caractérisation de matériaux hybrides organique-inorganique pour des applications biomédicales.
Elle s’est notamment penchée sur le déve-loppement de nouvelles voies de formulation de principes actifs contenant du bore, et sur la mise au point de techniques de caractéri-sation de ces molécules au sein de matériaux complexes, en ayant recours en particulier à la spectroscopie de résonance magnétique nucléaire (RMN) à l’état solide. La médaille de bronze récompense le premier travail d'un chercheur, qui fait de lui un spécialiste recon-nu dans son domaine. Cette récompense représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes.
Sarah Grivot, un nez né à l’UM2 Diplômée en 2012 du master Ingénierie des cosmétiques, arômes et parfums, Sarah Grivot été primée au concours a de jeunes parfumeurs du salon Esxence où le jury lui a décerné leNoise choice awards. Parfumeur, c’est le métier qui la faisait rê-ver depuis le collège. Après une licence de chimie, Sarah intègre donc le master Ingé-nierie des cosmétiques, arômes et parfums à l’Université Montpellier 2. Diplôme en poche, elle effectue un stage chez « Les Parfums Berdoues » auteurs des célèbres parfums Chantal Thomas, IKKS, et Jacadi.« C’est là que j’ai appris qu’il y avait un concours de jeunes parfumeurs à Milan à l’occasion de la e 5 édition du salon Esxence », Sa- explique rah. Le thème du concours était l’étoile à cinq branches.Je me suis inspirée du tableau« de Degas "L’étoile" qui représente une jeune ballerine sur scène. C’est un pastel dans les tons ocre, blanc, orange. J’ai imaginé un par-fum poudré, avec du caractère ». Une note de tête composée d’osmanthus, de citron, mandarine et gingembre, un cœur du parfum composé de pêche, narcisse et magnolia et un fond musqué, ambré, poudré qui vaudront à la jeune parfumeuse d’être plébiscitée par le jury qui lui décerne le prix des nez. Une belle performance face à une centaine de concur-rents. L’ancienne étudiante occupe désor-mais un poste de parfumeur junior dans une société Grassoise, Ipra Fragrances.« C’est un métier dans lequel je m’épanouis complè-tement. Le plus beau métier du monde ! ». 
Maxime Derexplanche sur l’évolution de la culture Doctorant à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (Isem),Maxime Derex montré que la capacité d'une a population à innover dépend aussi de sa taille.
Ses travaux lui ont valu une publication dans la prestigieuse revueNature. Sous la direc-tion de Michel Raymond (UM2/CNRS) et Ber-nard Godelle (UM2), Maxime Derex a prouvé par l'expérience l'hypothèse selon laquelle la taille d'une population infl uait directement sur sa capacité à développer une culture com-
plexe. Plus une population est grande, plus elle est capable de transmettre des savoirs et des techniques mais aussi d'innover ; plus elle est petite, plus elle risque de perdre son savoir-faire et de régresser.
« Le développement d'outils ou de tech-niques d'une remarquable complexité a per-mis à notre espèce de coloniser une gamme d'environnements plus large qu'aucune autre espèce de vertébrés n'a pu le faire », explique l’auteur. Un succès largement attribué à la ca-pacité à améliorer progressivement des traits culturels (outils, savoir-faire, technologies...) au fil des générations, un concept connu sous le nom de culture cumulative.« Il a été propo-sé, sans que cela puisse être jusqu'ici validé, que la taille de population joue un rôle dans le maintien et l’évolution de la culture. L'étude publiée dansNaturevient de confirmer cette hypothèse », souligne Maxime Derex.
Référence :Experimental evidence for the infl uence of group size on cultural complexity, Nature,Maxime Derex, Marie-Pauline Beugin, Bernard Godelle & Michel Ray-mond.
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