A. Faist, Expériences sur la fusion des sons A. Meinong und St. Witasek, Détermination expérimentale des degrés de fusibilité des sons C. Stumpf, Données nouvelles sur la fusion des sons M. Meyer, La fusion des sons et la théorie de la consonance C. Stumpf, Les non-musiciens et la fusion des sons M. Meyer, Addition à mon travail sur la fusion des sons et la théorie de la consonance C. Stumpf, Replique C. Stumpf und M. Meyer, Déterminations quantitatives sur la pureté des intervalles consonants R. Schulze, Sur l'analyse des sons C. Stumpf, Consonance et dissonance Th. Lipps, Parenteté des sons et leur fusion M. Meyer, Sur les sons de combinaison et quelques phénomènes acoustiques qui s'y rapportent M. Meyer, la théorie des sons de différence et des sensations auditives en général M. Meyer, Sur l'intensité des sons isolés de sons composés M. Meyer, Sur la sensibilité différentielle pour les hauteurs de sons O. Abraham und L. Bruil, Perception des sons el des bruits très courts - compte-rendu ; n°1 ; vol.5, pg 625-645

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L'année psychologique - Année 1898 - Volume 5 - Numéro 1 - Pages 625-645
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : samedi 1 janvier 1898
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Victor HenriA. Faist, Expériences sur la fusion des sons__**__A. Meinong
und St. Witasek, Détermination expérimentale des degrés de
fusibilité des sons__**__C. Stumpf, Données nouvelles sur la
fusion des sons__**__M. Meyer, La fusion des sons et la théorie
de la consonance__**__C. Stumpf, Les non-musiciens et la
fusion des sons__**__M. Meyer, Addition à mon travail sur la
fusion des sons et la théorie de la consonance__**__C. Stumpf,
Replique__**__C. Stumpf und M. Meyer, Déterminations
quantitatives sur la pureté des intervalles consonants__**__R.
Schulze, Sur l'analyse des sons__**__C. Stumpf, Consonance
et dissonance__**__Th. Lipps, Parenteté des sons et leur
fusion__**__M. Meyer, Sur les sons de combinaison et quelques
phénomènes acoustiques qui s'y rapportent__**__M. Meyer, la
théorie des sons de différence et des sensations auditives en
général__**__M. Meyer, Sur l'intensité des sons isolés de sons
composés__**__M. Meyer, Sur la sensibilité différentielle pour
les hauteurs de sons__**__O. Abraham und L. Bruil, Perception
des sons el des bruits très courts
In: L'année psychologique. 1898 vol. 5. pp. 625-645.Citer ce document / Cite this document :
Henri Victor. A. Faist, Expériences sur la fusion des sons__**__A. Meinong und St. Witasek, Détermination expérimentale des
degrés de fusibilité des sons__**__C. Stumpf, Données nouvelles sur la fusion des sons__**__M. Meyer, La fusion des sons et
la théorie de la consonance__**__C. Les non-musiciens et la fusion des Meyer, Addition à mon travail
sur la fusion des sons et la théorie de la consonance__**__C. Stumpf, Replique__**__C. Stumpf und M. Meyer, Déterminations
quantitatives sur la pureté des intervalles consonants__**__R. Schulze, Sur l'analyse des sons__**__C. Stumpf, Consonance et
dissonance__**__Th. Lipps, Parenteté des sons et leur fusion__**__M. Meyer, Sur les sons de combinaison et quelques
phénomènes acoustiques qui s'y rapportent__**__M. Meyer, la théorie des sons de différence et des sensations auditives en
général__**__M. Meyer, Sur l'intensité des sons isolés de sons composés__**__M. Meyer, Sur la sensibilité différentielle pour
les hauteurs de sons__**__O. Abraham und L. Bruil, Perception des sons el des bruits très courts . In: L'année psychologique.
1898 vol. 5. pp. 625-645.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1898_num_5_1_3085Ill
REVUE GÉNÉRALE DES TRAVAUX RÉCENTS
SUR LES SENSATIONS AUDITIVES
1° A. FAIST. — Versuche über Tonverschmelzung {Expériences sur
la fusion des sons). Zeitsch. f. Psych, u. Phys. d. Sinn., vol. XV,
p. 102-132.
2° A. MEINUNG und ST. WITASEK. — Zur experimentellen Bestim
mung der Tonverschmelzungsgrade (Détermination expérimentale
des degrés de fusibilité des sons). Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn., vol. XV,
p. 189-206.
3° C. STUMPF. — Neueres über Tonverschmelzung (Données nouv
elles sur la fusion des sons). Zeit. f. Ph. u. Ph. d. Sinn., vol. XV,
p. 289-304.
4° M. MEYER. — lieber Tonverschmelzung und die Theorie der Gon-
sonanz (La fusion des sons et la théorie de la consonance). Zeit. f.
Ps. u. Ph. d. Sinn., vol. XVII, p. 401-422.
5° C. STUMPF. — Die Unmusikalischen und die Tonverschmelzung
(Les non-musiciens et la fusion des sons). Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn.,
vol. XVII, p. 422-436.
6° M. MEYER. — Nachtrag zu meiner Abhandlung über Tonversch
melzung und die Theorie der Consonanz (Addition à mon travail
sur la fusion des sons et la théorie de la consonance) . Zeit. f. Ph.
u. Ph. d. Sinn , vol. XVIII, p. 274-294.
7° G. STUMPF. Erwiderung (Réplique.) Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn.,
vol. XVIII, p. 294-302.
8° C. STUMPF und M. MEYER. — Maassbestimmungen über die
Reinheit consonanter Intervalle (Déterminations quantitatives sur
la pureté des intervalles consonants). Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn.,
vol. XVIII, p. 321-405.
l'année psychologique, v. 40 626 ANALYSES
9° R. SCHULZE. — Ueber Klanganalyse (Sur l'analyse des sons).
Philosoph. Stud., vol. XIV, p. 471-489.
10° C. STUMPF. — Konsonanz und Dissonanz (Consonance et dis
sonance). Beiträge z. Akustik u. Musikwissensch. fasc. 1, 1898,
p. 108.
11° Tu. LIPPS. — Tonverwandschaft und Tonverschmelzung (Parcn-
lelé des sons et leur fusion). Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn., vol. XIX,
p. 1-41.
12° M. MEYER. — Ueber Kombinationstöne und einige hierzu in
Beziehung stehende akustische Erscheinungen (Sur les sons de
combinaison et quelques phénomènes acoustiques qui s'y rapportent).
Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn., vol. XI, 177-229.
13° M. MEYER. — Zur Theorie der Differenztone und der Gehors-
empfindungen überhaupt (La théorie des sons de difference el des
sensations auditives en général). Zeit. f. Psych, u. Ph. d. Sinn.,
vol. XVI, p. 1-35.
14° M. MEYER. — Ueber die Intensität der Einzeltone zusammeng
esetzter Klange (Sur l'intensité des sons isolés de sons composés).
Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn., vol. XVII, p, 1-15.
15° M. MEYER. — Ueber die Unterschiedsempfindlichkeit fur Ton
höhen nebst einigen Bemerkungen über die Methode der Minimal-
anderungen (Sur la sensibilité différentielle pour les hauteurs de
sons). Zeit. f. Ps. u. Ph. d. Sinn., vol. XVIII, p. 352-373.
16° 0. ABRAHAM und L. BRUHL. — Wahrnehmung Kürzester Tone
und Geräusche (Perception des sons cl des bruits très courts). Zeit,
f. Ps. u. Ph. d. Sinn., vol. XVIII, p. 177-224.
L'étude des sensations auditives est beaucoup plus difficile à faire
que celle des visuelles; en effet, pour faire des expériences
sur les sensations auditives il faut avoir une oreille musicale déve
loppée, il faut connaître la musique théoriquement et pratiquement,
voici des conditions qui sont rarement remplies par des psychologues.
Les études des sensations auditives sont rendues aussi très difficiles
par les différences individuelles; lorsque l'on mélange deux couleurs
et qu'on les montre dans des conditions déterminées à un sujet nor
mal il verra une couleur qui variera peu d'un sujet à l'autre, et de
plus, par comparaison, par juxtaposition, on pourra facilement me
surer ces différences; au contraire, lorsqu'on fait entendre deux sons
simultanés, il y a des sujets qui entendront seulement un son résul
tant, d'autres en entendront deux, d'autres enfin en entendront un
plus grand nombre, les différences individuelles seront en somme
très considérables, de plus il sera très difficile de les mesurer vu qu'on SENSATIONS AUDITIVES 627
ne peut pas faire entendre simultanément les deux sons qu'il s'agit
de comparer, il faudra les faire entendre successivement. Le manie
ment des appareils d'acoustique est aussi plus difficile que celui des
appareils d'optique, il faut tenir compte des réflexions des ondes
sonores sur les parois des tubes et des pièces dans lesquelles on
fait les expériences. Enfin, si on compare la structure anatomique de
l'oreille a celle de l'œil, on voit que la première est de beaucoup plus
compliquée. Toutes ces conditions montrent nettement combien il
est plus difficile d'étudier les sensations auditives que les sensations
visuelles.
Les théories des sensations visuelles ont été développées en grande
partie à la suite des études faites sur les mélanges des couleurs, il
est certain que pour les sensations auditives, l'étude des sensations
qui résultent du mélange de plusieurs sons simultanés doit jouer
le même rôle important; mais ici nous avons encore un fait qui
n'existe pas dans la vision des couleurs, c'est l'importance pratique
pour la musique des sensations provoquées par plusieurs sons simul
tanés : toute la théorie de la consonance et de la dissonance des
intervalles musicauxy est comprise, par conséquent l'étude des sen
sations provoquées par les sons simultanés doit occuper une large
part dans les recherches faites sur les sensations auditives. Nous
voyons en effet que la plupart des travaux que nous analysons ici
se rapportent à cette question générale.
Toutes les conditions que nous avons mentionnées plus haut comme
nécessaires pour l'étude des sensations auditives sont réalisées d'une
manière parfaite au laboratoire de psychologie de Stumpf, à Berlin;
l'installation au point de vue des appareils d'acoustique y est très
complète; de plus, Stumpf est lui-même un musicien de premier
ordre et il a une oreille musicale très développée ; son élève Meyer, qui
a travaillé dans ce laboratoire pendant quatre années, a aussi beau
coup de capacités pour la musique. On sait que Stumpf s'est spécial
isé dans l'étude de la psychologie des sensations auditives, il a com
mencé la publication d'un grand traité, Tonpsychologie , dont deux
volumes ont été publiés, l'un en 1883 (de 425 pages), le second en
1890 (de 582 pages), un grand nombre de questions nouvelles sont
soulevées et résolues dans ces deux volumes, depuis 1890 Stumpf a
continué à étudier expérimentalement et théoriquement les sensa
tions auditives ; il a dirigé une série de recherches qui ont toutes
l'avantage d'être en rapport les unes avec les autres et de se rattacher
à différents points théoriques. Dans d'autres laboratoires on a aussi
essayé d'étudier certaines questions sur l'audition, ces études ont été
entreprises sous l'influence des recherches de Stumpf; nous voyons
que dans la présente revue générale il n'y a que quatre travaux sur
seize qui ne sortent pas du laboratoire de Stumpf. En somme, le
laboratoire de Stumpf à Berlin s'est spécialisé surtout pour l'étude
des sensations auditives, et toute personne qui voudrait faire des 628 ANALYSES
recherches sérieuses sur cette partie de la psychologie devrait ou
bien aller travailler dans ce laboratoire, ou au moins étudier de près
son installation. Les laboratoires allemands ont cette tendance à la
spécialisation qui n'existe pas en France; pour les sensations visuelles,
ce sont les laboratoires de Hering à Leipzig, Kœnig à Berlin et Kries
à Freiburg qui sont les mieux installés; pour l'étude des différentes
questions de psychologie individuelle sur le travail psychique et
physique, on a le laboratoire de Kraepelin à Heidelberg; dans le labo
ratoire de G.-E. Müller à Göttingue on fait surtout des recherches
sur des questions de psychophysique pure, sur la mémoire et sur les
associations; cette spécialisation a de grands avantages puisqu'elle
permet de faire des installations excellentes qui ne pourraient pas
être réalisées sans cela; de plus, comme dans chaque laboratoire
on travaille surtout sur un certain groupe de questions, on arrive
à les approfondir beaucoup plus, il se produit ainsi une division
du travail qui fait avancer la science plus rapidement et plus sûre
ment.
Passons à l'analyse des différents travaux récents sur les sensations
auditives. On sait que l'explication de la consonance et de la diss
onance des sons a soulevé un grand nombre de discussions ; Stumpf
ramène ces phénomènes à la fusion des sons (Tonverschmelzung)
simultanés, cette fusion rend l'analyse d'un ensemble de sons simul
tanés plus ou moins difficile suivant le degré de fusion. Par consé
quent il est intéressant pour la théorie de la consonance de pouvoir
déterminer les degrés de fusion des différents sons simultanés;
cette détermination a été tentée par plusieurs auteurs et elle a con
duit à des discussions assez vives.
L'une des méthodes proposées par Stumpf, pour déterminer le
degré de fusion de deux sons simultanés consiste à faire entendre à
différents sujets ces deux sons simultanément et à leur demander
s'ils entendent un ou sons. Une personne musicale distinguera
facilement, en raison de l'habitude, l'intervalle musical qu'on lui pré
sente, le jugement de cette personne sera influencé par l'habitude,
par conséquent il faudra faire des expériences sur des personnes
non exercées, c'est-à-dire sur des personnes non musiciennes. Cette
méthode a été employée par Faist (1°) au laboratoire de psychologie
de Graz. Les expériences ont été faites sur 12 élèves des deux der
nières classes d'un lycée, on leur faisait entendre deux sons simul
tanés produits par un orgue avec une intensité moyenne et ils
devaient dire s'ils entendaient un son ou deux sons. Toutes les
réponses « un son » ont été considérées comme fausses, on obtient
ainsi pour chaque intervalle un certain nombre de réponses fausses
et d'après l'hypothèse de Stumpf, plus ce sera grand, plus la
fusion des deux sons sera forte. Faist obtient de cette manière la
série suivante : SENSATIONS AUDITIVES 629
Octave 319 rép. fausses. Tierce majeure . . 87 rép. fausses.
Quinte 195 — Sexte majeure. . . 79 —
Duodécime ... 167 — Tritonus 76 —
Octave double. . 157 — Septime mineure . 56 —
Quarte 97 — Tierce . . 55 —
Décime majeure. 94 — Undécime 54 —
Sexte mineure. . 90 Seconde majeure . 42 —
L'auteur discute longuement la place de chacun de ces intervalles,
cette discussion est d'abord très spéciale et puis elle est très fort
ement critiquée par Stumpf dans le travail (3°); nous passons aussi
sur la des lois de la fusion des sons énoncées par Stumpf
et que l'auteur examine en se fondant sur les résultats de ses expé
riences. Stumpf a montré dans une réponse à Faist (3°) que cette cr
itique repose en général sur des malentendus ou sur des nombres
trop faibles d'expériences. Un fait doit être mis en lumière, c'est la
place de la quarte entre la quinte et la tierce, c'est un résultat qui
confirme ceux qui avaient été obtenus par Stumpf et il est import
ant, puisqu'il existe un grand nombre de discussions relativement à
la place que doit occuper la quarte, ces ont, comme
on sait, joué un grand rôle dans l'histoire de la musique.
Meinong et Witassek (2°) ont fait dans le même laboratoire des
expériences très analogues aux précédentes ; les sons étaient produits
soit avec un violon, soit surtout avec un appareil spécial de Stumpf
« Intervallaparat », les expériences étaient faites sur les auteurs eux-
mêmes : on produisait successivement deux intervalles différents et
le sujet jugeait lequel de ces intervalles lui semblait être plus
fusionné, on obtenait de cette manière directement une classifica
tion de différents intervalles d'après leur degré de fusion. Les résul
tats obtenus sont analogues à ceux de Faist, les auteurs rattachent
ces résultats à une théorie nouvelle développée par Ebbinghaus dans
le premier fascicule de sa psychologie et qui est une modification
de la théorie de Helmholz. Nous ne nous arrêterons pas sur ces dis
cussions, qui sont très spéciales.
Stumpf (3°) reprend point par point les résultats obtenus par les
trois auteurs précédents, il discute la valeur de ces résultats, montre
que les critiques adressées par eux aux lois de la fusion des sons,
que Stumpf avait formulées dans le second volume de sa psycholog
ie des sons, ne sont pas assez fondées et enfin arrive à la conclu
sion que l'étude de la fusion pour un aussi grand nombre d'inter
valles n'a qu'un intérêt très secondaire, elle ne trouve son application
ni dans la musique ni dans la psychologie.
Le travail de Meyer{k°) est surtout une étude critique de la méthode
qu'il faut employer pour déterminer les degrés de fusion de deux
sons simultanés. Jusqu'ici les auteurs avaient, suivant le conseil de
Stumpf, fait des expériences sur des personnes non musiciennes ; il
est dangereux, dit Meyer, de résoudre les questions les plus impor- ■
680 ANALYSES
tantes de la musique en se fondant sur des observations données
par des personnes non musiciennes. La méthode consistant à faire
entendre deux sons simultanés et à demander au sujet combien de
sons il entend est aussi défectueuse, puisqu'une personne exercée
dans l'analyse des sons distingue, en plus des deux sons combinés,
une série de sons de différence et d'harmoniques; ces derniers
sons doivent certainement influer sur le jugement des personnes
non musiciennes, de sorte que l'on n'étudie pas du tout le degré de fu
sion de deux sons. L'auteur a essayé deux méthodes nouvelles, mais,
disons-le tout de suite, il n'est pas arrivé à des résultats satisfaisants.
La première méthode essayée par Meyer est celle des temps de
réaction. On fait entendre un ou deux sons et au moment même où
les sons sont produits, un courant électrique est interrompu, de
sorte que le chronoscope de Hipp se met en marche; le sujet doit
décider si c'est un ou plusieurs sons qu'il entend, et il ferme le cou
rant lorsque son jugement est prêt. Les résultats ont été absolument
négatifs; d'abord les variations d'une expérience à l'autre sont trop
fortes, et puis on comprend très bien que si la consonance est par
faite le sujet répondra très vite « un son », de même si la fusion des
deux sons est très faible, il répondra aussi très vite « deux sons »,
par conséquent, dans les deux cas extrêmes on aura les mêmes
temps de réaction; on aurait donc pu déjà a 'priori affirmer que la
méthode des temps de réactions sera insuffisante pour décider les
degrés de fusion de différents sons simultanés. Les expériences
faites par l'auteur devraient par exemple entraîner la conclusion que
dans l'intervalle 4 : 7, les sons sont mieux fusionnés ensemble que les intervalles 4 : 5, 5 : 8 ou 5 : 6, ce qui est contraire à toutes
les observations journalières.
La deuxième méthode consiste à diminuer la durée des deux sons
simultanés et à prier le sujet de dire s'il entend un son ou deux.
Les expériences faites sur une personne musicienne ont donné des
résultats inattendus; voici en effet les nombres des réponses « un
son » et « deux sons » obtenues par les différents intervalles, la
durée des sons étant réduite à un quart de seconde :
TIERCE OCTAVE QUINTE QUARTE TRITONUS
UN SON REPONSES MAJEURE
1 : 2 2 : 3 3 : 4 18 : 25
4 : 5
2 54 Un son . . 10 16 13 22
28 20 16 Deux sons. 40 31 25
Le sujet a dit d'autant plus souvent « deux sons » que le degré de
fusion a été grand, en entendant l'octave il dit 40 fois « deux sons » SENSATIONS AUDITIVES 631
et en entendant la quarte il ne dit que 25 fois « deux sons »; ce
sujet dit qu'il a répondu « deux sons » toutes les fois que les sons
produisaient sur lui une impression harmonique. Il est intéressant
qu'un son simple a été jugé 16 fois sur 70 comme « deux sons ».
En résumé le résultat obtenu avec cette méthode chez les personnes
musiciennes est aussi très incertain.
L'auteur a fait quelques expériences sur des personnes non
musiciennes, seulement il a employé un dispositif spécial, consistant
à faire arriver des sons différents aux deux oreilles, de façon à éviter
la production des de différence et des battements qui peuvent
gêner l'expérience. Les résultats obtenus sur un sujet sont les sui
vants :
2 : 3 1 : 2 0 : H 8 : 11 RÉPONSES
51 32 Un son 35 56
Deux sons .... 8 26 26
» Indéterminé . . . 1 2 5
On voit bien que l'octave et la quinte sont jugées plus souvent
comme un son que les intervalles aussi dissonants que 6 : 11 et 8 : 11 ;
mais il n'y a pas de différence entre la quinte et l'octave. L'au
teur conclut dans ce travail, ainsi que dans le travail 6°, que cette
méthode employée avec les précautions nécessaires sur des per
sonnes non musiciennes peut donner des résultats satisfaisants. Voilà
une conclusion qui se trouve en contradiction avec ce que l'auteur
dit au commencement de son travail 4°.
Après ces expériences vient une discussion très longue des résul
tats obtenus par les différents auteurs. Meyer discute longuement
la définition des personnes non musiciennes ; il ici et surtout
dans le travail 6° ce que l'on appelle analyse d'un ensemble de sons
et essaye de montrer qu'il n'est pas du tout prouvé que la fusion
des sons rend leur analyse plus difficile, comme le veut Stumpf,
que même au contraire plus la fusion de deux sons est forte, plus
leur analyse sera facile. Ce sont des discussions sur lesquelles nous
ne pouvons pas entrer ici par manque de place, puisqu'on ne peut
les rapporter qu'en les suivant de très près et en examinant chaque
point. Stumpf répond dans deux articles (5° et 7°) à cette critique
de Meyer ; nous passons sur cette critique qui est intéressante pour
les spécialistes.
Les expériences faites par Schuhe (9°) au laboratoire de Wundt
se rapprochent de très près de celles de Meyer; ces expériences ont
été faites en 1892 et elles sont rapportées maintenant par l'auteur
sans discussion étendue aux expériences publiées par d'autres
auteurs. Les expériences ont été faites avec des diapasons devant

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