A. Mosso, Sphygmomanomètre pour mesurer la pression du sang chez l'homme - compte-rendu ; n°1 ; vol.2, pg 582-588

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L'année psychologique - Année 1895 - Volume 2 - Numéro 1 - Pages 582-588
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Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mardi 1 janvier 1895
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Alfred Binet
A. Mosso, Sphygmomanomètre pour mesurer la pression du
sang chez l'homme
In: L'année psychologique. 1895 vol. 2. pp. 582-588.
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Binet Alfred. A. Mosso, Sphygmomanomètre pour mesurer la pression du sang chez l'homme. In: L'année psychologique. 1895
vol. 2. pp. 582-588.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1895_num_2_1_1575582 ANALYSES
de cette diminution de pression, le sang des veines et des artères
est également appelé vers le thorax, ce qui produit une depletion
des organes périphériques. Cet effet mécanique de la pression devrait
donc produire une diminution de volume des membres dans l'inspi
ration, et pour des raisons analogues une augmentation de volume
à l'expiration. Or, c'est le contraire qui se produit chez le chien.
L'auteur admet que la dilatation en inspiration tient à l'accélération
du cœur pendant l'inspiration ; cette accélération augmente la pres
sion du sang, qui distend les capillaires. L'effet s'observe sur le cer
veau, sur le membre antérieur et sur le membre postérieur. Si les
battements du cœur deviennent réguliers, comme dans la chlorofor-
misation, alors l'inspiration produit une diminution de volume, qui
s'explique par l'aspiration du sang vers la poitrine. En somme, il y
a là deux influences, de sens contraire, celle du cœur et celle de
l'aspiration thoraciquc ; suivant les conditions, tantôt l'une l'em
porte, tantôt l'autre.
A. Binet.
A. MOSSO. — Sphygmomanomètre pour mesurer la pression du sang
chez l'homme. Arch, ital. de Biologie, XXIII, fasc. I, II, p. 177.
On a mesuré jusqu'ici la pression du sang dans les artères de
l'homme en cherchant quelle est la pression externe minima qui est
nécessaire pour faire disparaître les pulsations des artères. Vierordt
(1855) employant le levier de son sphygmographe, le chargeait de
poids pour empêcher les pulsations de l'artère radiale1. Marey aug
mentait la pression de l'air dans un récipient clos et en verre où le
bras était plongé, jusqu'à ce que cette pression fit pâlir la couleur de
la main ; ou bien encore, il faisait varier cette pression jusqu'à ce
que les pulsations de la main, transmises à un tambour à levier par
les méthodes graphiques ordinaires, fussent complètement sup
primées2. N. v. Kries, v. Basch, et Waldenburg ont employé des
méthodes qui sont des variantes de celle de Vierordt. Mosso emploi«;
une méthode tout à fait différente ; il mesure avec son sphygmoma
nomètre la pression externe sous laquelle les pulsations des artères
acquièrent leur maximum d'ampleur; il pense qu'à ce moment-là
la contre-pression correspond à la pression du sang. On aurait pu,
à première vue, supposer que plus la contre-pression externe est
forte plus les pulsations seront faibles, et que plus la contre-pression
est faible plus les pulsations seront fortes. Il n'en est rien : si on
fait varier graduellement la pression subie par la main, en allant de
40 millimètres de mercure à HO millimètres, on observe, en
prenant en même temps le graphique des pulsations, que celles-ci
(1) K. Vierordt, Die Lehre vom Arterienpuls. Braunschweig, 1855, p. 164.
(2) Marey, mesure raanométrique de la pression du sang dans les artères
de l'homme. (Travaux du laboratoire, 1876, p. 316.) ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE 583 HISTOLOGIE,
sont petites pour la contre-pression de 40 millimètres, qu'elles
augmentent graduellement d'amplitude à mesure que la contre-
pression augmente, par exemple jusqu'à 60 ou 70 millimètres (le
chiffre exact varie avec les sujets et les conditions d'expérience) et
qu'au delà, quand la contre-pression augmente encore, l'amplitude
diminue ; elle peut être avec une pression de HO aussi petite qu'avec
une pression de 40. Mosso a répété l'expérience avec une membrane
de caoutchouc dont les deux faces subissent une pression, et il a
constaté que c'est quand la pression d'un côté fait équilibre à celle
de Vautre que les pulsations transmises à la membrane par un cœur
artificiel en caoutchouc acquièrent leur maximum d'amplitude. En
ce qui concerne les vaisseaux sanguins, Mosso donne l'explication
suivante de cet effet : « chaque pulsation des artères est limitée par
la résistance que lui opposent l'élasticité et la tonicité des parois de
l'artère. Il s'établit un équilibre entre la. tension des vaisseaux et la
pression interne du sang. Si au moyen d'une force externe, nous
arrivons à contre-balancer la partie de la tension qui se perd pour
distendre les vaisseaux, les oscillations des artères acquerront le
maximum d'ampleur, lorsque la pression interne sera égale à la
pression externe. » Cette explication manque un peu de clarté. Un
peu plus loin, parlant de la contre-épreuve sur la membrane de
caoutchouc, l'auteur dit qu'au moment où la pression et la contre-
pression subies par cette membrane se contre-balancent, la membrane
n'est plus tendue, elle est relâchée : par conséquent, elle ne fait plus
équilibre à la pression interne qui représente la tension du sang
dans les artères et les variations que subit cette pression interne
sont transmises dans leur valeur absolue au sphygmomanomètre.
En tout cas, nous pouvons laisser de côté la question de savoir si
la contre-pression externe coïncidant avec un maximum d'amplitude
des pulsations mesure la pression du sang ; nous pouvons aussi ne
pas trancher la question de savoir pourquoi, quand la contre-pression
égale la pression du sang, les pulsations atteignent leur maximum
d'amplitude. L'importance de la recherche* de Mosso est d'apporter
dans les expériences de sphygmographie une détermination numér
ique : celle de la pression avec laquelle on enregistre les pulsa
tions.
Décrivons en quelques mots l'instrument qu'il a imaginé dans ce
but, le sphygmomanomètre : cet instrument1 (flg. 109) sert à enre
gistrer la pression des doigts; il est formé de tubes métalliques
dans lesquels on introduit les doigts comme on le voit dans la figure.
En versant de l'eau dans le flacon D, on remplit ces tubes d'eau ; les
doigts ne sont pas mouillés, car les ouvertures des tubes sont fermées
par des doigts de gant qui rentrent à l'intérieur des tubes et coiffent
Xi) II est absolument analogue, pour ne pas dire identique, à celui décrit
par Marey dans sa Circulation du sang, p. 450, Paris, 1882. ANALYSES 584
les doigts introduits dans les tubes ; on voit sur le bord externe des
tubes, en a, h, c, d, l'extrémité des doigts de gant. Les tubes sont
fixés sur une plate-forme N 0 q non 1er fondu, et la main du sujet
est dans Fallitii.de indiquée par la figure, le dos de la main tixé au
moyen d'une plaque de métal F arquée et rembourse, qui glisse sur
une colonnetle J et H, et est fixée par une vis M. Un piston métal
lique E qu'on élève et qu'on abaisse au moyen d'une vis K, peut
exercer une pression sur l'eau, qui se transmet par le tube /.; li aux
doigts. L'eau monte dans le tube op, et agit sur le manomètre à
mercure LL, dont le niveau indique exactement la pression d'eau
exercée sur les doigts; en effet chaque fois qu'on abaisse le piston E,
celui-ci repousse le liquide qui remplit l'appareil, et élève le niveau
de la colonne manométrique. Un flotteur r, qui surmonte cette
colonne, est muni d'une plume pouvant écrire sur un cylindre tour
nant les oscillations de la colonne.
Les tracés que Mosso a, recueillis avec son appareil nouveau sont
instructifs ; ils nous montrent d'abord que l'amplitude des pulsaiions
est augmentée par un optimum de pression extérieure (fig. 110). En
outre, l'auteur a employé son sphygmomanomèlre pour enregistrer
des faits déjà connus, comme les rapports entre la respiration et les
oscillations de la pression, question dont nous nous sommes occupés
longuement dans nos recherches de cette année. ANATOMIE KT PHYSIOLOGIE 585 HISTOLOGIE,
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On peut constater sur le tracé do l'auteur (tig. Ill), ainsi duroste que
sur les nôtres, que la dilatation commence avant le eommenecinenl de
80 m m 90 m m
Fig. III. — Tracé de la pression avec oscillations respiratoires. La ligne
supérieure, inscrite en môme temps, avec le pneumographe double de
Marey, indique le tracé de la respiration.
Fig. 112. — Tracé de la pression.
l'expiralion. Signalons aussi à l'allenlion deslecleurs le tracé ;lig. 112)
qui montre les curieux effets produits par un étal prolongé d'expiration. ANATOMIE ET PHYîIOLCGIE 587 HISTOLOGIE,
suivi d'une inspiration pro
fonde ; nous avons noté des
réactions analogues dans nos
tracés. A propos de cette figure,
nous notons en passant une
remarque de Fauteur. « II est
utile de remarquer, dit-il, que,
en A, où la respiration devient
superficielle, et où les mouve
ments ont la moitié de l'am
pleur des précédents, la hau
teur des ondulations respira
toires de la pression n'est pas
modifiée d'une manière cor
respondante. » N'en déplaise
à l'auteur, son tracé lui donne
tort ; l'oscillation correspon
dant à la respiration superfic
ielle est modifiée et diminuée.
Enfin, le tracé 113 montre les
ondulations périodiques de la
pression sanguine que Mosso
attribue au centre vaso-mot
eur.
L'ensemble des graphiques
que le lecteur a sous les yeux
montre ce que donne le sphyg-
momanomètre de Mosso. Cet
appareil a un sérieux avantage
que nous avons déjà indiqué,
il mesure la pression exté
rieure avec laquelle on prend
le tracé ; mais il y a des i
nconvénients ; par suite de son
volume et de sa fixité, il enre
gistre les mouvements invo
lontaires des doigts; de plus,
il ne s'applique qu'aux doigts ;
les tracés sont peu délicats,
comme le montre l'absence
de dicrotisme du pouls ; il
est vraisemblable que les réac
tions rapides et de peu d'am
plitude sont détruites par
l'inertie et la complication
des organes de transmission ; ÖÖÖ ANALYSES
en outre, quand il se produit au cours d'une expérience des change
ments de pression sanguine, l'appareil n'indique pas dans quel sens
ce changement a eu lieu; enfin, les changements de la circulation
capillaire ne peuvent être étudiés qu'artificiellement sous une pres
sion aussi considérable et aussi éloignée de l'état normal.
A. Bl.N'EÏ.
KIESOW (F.). — Versuche mit Mosso's Sphygmomanometer iibey die
durch psychische Erregungen hervorgerufenen Veränderungen des
Blutdrucks beim Menschen. (Expériences avec le sphygmomano-
mètre de Mosso sur les changements de la pression du sang, chez
l'homme, produits par les excitations psychiques^Philos. Stud., XI,
p. 41-61. id. Arch. Ital. de Biologie, XXIII, p. 198-211.
L'auteur s'est propose d'étudier si le travail intellectuel et les
différents sentiments sont accompagnés de changements dans la
pression sanguine, et quels sont ces changements. L'appareil
employé est le sphygmomanomètre de Mosso, représenté sur la
figure 109.
L'auteur a toujours cherché d'abord la pression de l'eau pour
laquelle les amplitudes des pulsations étaient maxima et il faisait
inscrire pendant toute l'expérience les pulsations correspondant, à
cette pression externe ; lorsque à un certain moment on remarque
que l'amplitude devient moindre, on peut en déduire que ou bien
la pression du sang a changé on ne sait pas dans quel sens, ou
l'intensité du pouls est devenue moindre ; voilà des cas que l'auteur
ne distingue pas assez ; il dit dans les différents cas (p. 58 et 59) que
la pression sanguine a diminué, qu'elle a augmenté, que les vai
sseaux sanguins se sont contractés, qu'ils se sont relâchés, etc., mais
de quel fait-il tiré des conclusions pareilles, quels sont les change
ments des courbes qui lui font conclure ceci plutôt que cela, il ne le
dit pas. En somme l'appareil est très compliqué, il donne une courbe
irrégulière, la respiration s'y inscrit, les changements dv volume de
doigts s'y inscrivent aussi, l'intensité des pulsations, enfin la pression
sanguine et puis d'autres causes inconnues s'inscrivent toutes, tous
ces éléments sont compris dans une courbe, et il est, on peut dire,
impossible de les démêler et de dire dans des cas particuliers : ce
changement est dû à la constriction des vaisseaux ; celui-là à un de la pression sanguine, etc. ; l'auteur semble ne pas
avoir remarqué cette complexité du phénomène, les conclusions
qu'il tire des différentes courbes semblent souvent arbitraires.
L'auteur rapporte un certain nombre d'expériences faites avec cet
appareil, où le sujet devait faire certains problèmes, ou bien il était
effrayé spontanément par un bruit très fort, ou bien on lui mettait
sur la langue une substance d'un goût agréable ou désagréable, ou
enfin il devait fixer son attention sur des sensations très faibles, etc.

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