Anatomo-physiologie nerveuse. Neurologie - compte-rendu ; n°1 ; vol.20, pg 253-270

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L'année psychologique - Année 1913 - Volume 20 - Numéro 1 - Pages 253-270
18 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : mercredi 1 janvier 1913
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II. Anatomo-physiologie nerveuse. Neurologie
In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 253-270.
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II. Anatomo-physiologie nerveuse. Neurologie. In: L'année psychologique. 1913 vol. 20. pp. 253-270.
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II. — Anatomo-physiologie nerveuse. — Neurologie.
MARCELLE LAPICQUE. — Action de la caféine sur l'excitabilité de
la moelle. — B. B., LXXIV, 1913, p. 32-34.
La notion de chronaxie, de Louis Lapicque, permet de com
prendre comment il peut y avoir direction de l'influx nerveux sans
changement dans les connexions des neurones; mais pour que cette
notion permette aussi d'expliquer le frayage de telle ou telle voie,
le de direction de l'influx par suite d'intervention de
processus nerveux, il faut que la chronaxie d'un neurone soit
modifiable par action nerveuse, c'est là un point tout à fait essentiel.
Or, dans cette communication de Mme Lapicque se trouve mis
en évidence un fait de ce genre.
En effet la caféine modifie la chronaxie des fibres motrices, sans
modifier celle des fibres sensitives, mais cette modification n'a lieu
que si le nerf est en connexion avec la moelle, et les centres par
conséquent : la caféine provoque donc un changement de chronaxie
par l'intermédiaire d'une action nerveuse ; la possibilité de cette
action ainsi démontrée permet dès lors d'envisager le changement
de chronaxie comme le processus impliqué par le frayage, ou l'a
iguillage des voies nerveuses. H. P.
RAYMOND DODGE. — The refractory phase of the protective-wink
reflex : The primary fatigue of a human nervous arc {La phase réfrac-
taire du réflexe protecteur de clignement de l'œil : La fatigue primaire
d'un arc nerveux chez V homme). — Am. J. of Ps., XXIV, 1, 1913, p. 1-8.
Après avoir cherché à étudier la phase réfractaire des réflexes dans
le réflexe patellaire de l'homme et s'être heurté à cette difficulté que
le second stimulus devait s'exercer avant le relâchement du quadri
ceps réagissant, l'auteur s'est attaché, après Zwardemaker et Lanz,
à mesurer la phase réfractaire du réflexe de clignement; et, au lieu
d'employer des stimuli lumineux dont l'action peut être modifiée par
le clignement même, il a fait appel à des stimuli acoustiques pour
être sûr de les produire avec une intensité objective et subjective
constante.
Il a enregistré photographiquement le réflexe en utilisant l'ombre
des cils, sur une plaque se déroulant de façon continue. Dans
ces conditions, au lieu de trouver une phase réfractaire d'au
moins 500 a comme Zwaardemaker et Lanz (la réaction double
n'ayant lieu constamment qu'après 1 seconde), il remarqua déjà
une deuxième réaction pour un stimulus égal après 300 a. D'autre
part, la réaction, d'abord très faible, croît avec l'éloigne-
ment, et il est difficile de préciser la durée d'une phase réfractaire
absolue. 254 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
M. Dodge, s'inspirant de Verworn qui voit dans la phase réfractaire
un phénomène élémentaire de fatigue — ce qui n'est pas sans être
discutable, malgré l'allongement de cette phase dans la narcose,
dans l'épuisement, etc., — lui cherche une signification valable pour
tous les phénomènes nerveux, y compris les phénomènes mentaux.
Il admet que, par répétitions rapides d'un même stimulus, il faut
un accroissement d'intensité pour provoquer un même phénomène
nerveux ou mental, par suite d'une fatigue qui, conformément à
l'opinion de Sherrington, exercerait une influence protectrice, évitant
l'hypertrophie des organes des sens, et, au point de vue mental,
protégeant de Ja monotonie et de l'hyperdéveloppementdes fonctions
spécifiques.
Quoi qu'on puisse penser de ces considérations finalistes, on peut
féliciter vivement M. Dodge de ses intéressants efforts pour rattacher
les phénomènes mentaux aux lois générales des fonctions nerveuses.
H. P.
J. P. PAWLOW. — L'inhibition des réflexes conditionnels. — J. de
Ps., janvier-février 1913, p. 1.
Je prends un excitant conditionnel, par exemple le son d'un
tuyau d'orgue à mille vibrations à la seconde. Grâce à sa brève
coïncidence avec l'alimentation du chien, il provoque maintenant
par lui-même la salive, il est l'excitant conditionnel de la glande.
Je répète le son plusieurs fois au lieu d'une, sans l'accompagner de
nourriture; il perd peu à peu son activité excitante et devient
indifférent pour la glande. Tel est le principal fait d'observation,
fait éminemment psychologique, reposant sur la réduction d'une
association formée par l'habitude et combattue par la déception.
Un autre fait (l'action d'un excitant quelconque, en l'espèce lumière
vive, qui vient supprimer cette inhibition) est, bien nettement, un
phénomène de distraction. Pour interpréter ces constatations,
Pawlow préfère employer le langage neurologique cher à l'école
organiciste russe et encombre l'exposition de ses intéressantes
recherches d'hypothèses stéréologiques qui ne sont, en somme, que
la pénible traduction des communes suppositions psychologiques.
C'est ainsi que le discernement est remplacé par un « analysateur ».
Ce schématisme mécanistique a-t-il l'avantage d'être plus clair?
La lecture de cet article tendrait à prouver le contraire. A-t-il celui
d'être plus simple? A l'inconnu psychologique, il surajoute la
gratuite supposition de mécanismes invérifiés. A-t-il celui d'être
plus vrai? 11 est certainement plus loin des données de l'expérience.
M. Mignard.
G. A. KROLUNITSKY. — La leucocytolyse psychique. — B. B.,
LXXV, 25, 1913, p. 14-16.
Il apparaît normalement, tout de suite après les repas, un pouvoir ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE 255
destructeur des globules blancs dans le sérum sanguin, un pouvoir
de leucocytolyse, qui ne dure pas longtemps, et cède quand se
produit la leucocytose de la digestion.
La leucocytolyse a paru à l'auteur évoluer parallèlement à la
sécrétion gastrique chez les chiens, et, quand il y eut sécrétion
psychique (simple vue de la viande), il se manifesta une leuco
cytolyse fugace, suivie de propriétés anti-leucocytolytiques, comme
dans le processus normal de la digestion.
En associant la vue d'une lumière rouge à la viande, l'auteur a
obtenu encore, au bout de quelque temps, par création du réflexe
associatif, une leucocytolyse passagère suivie d'anti-leucocytolyse
par production de la lumière rouge seule.
Ainsi le système nerveux central sous la forme de l'état psychique
d'appétit — avec transmission associative — agirait sur la rate
productrice de leucocytolysine, et sur le foie, producteur d'anti-
leucocytolysine, suivant le langage qui attribue à des substances
hypothétiques les propriétés constatées dans les liquides de l'org
anisme. H. P.
T. BRAILSFORD ROBERSTON. — Further studies in the chemical
dynamics of the central nervous system. I. The time relations
of a simple voluntary movement (Nouvelles études de dynamique
chimique du système nerveux central. I. Les relations de durée d'un
mouvement volontaire simple). Folia Neuro-biologica, VI, 7, 1912,
p. 553.
On sait que M. Robertson croit pouvoir ramener un très grand
nombre de processus biologiques à une réaction chimique monom
oléculaire autocatalytique (c'est-à-dire où les produits de la
réaction sont accélérateurs de la réaction même), en particulier la
croissance, la fixation des souvenirs, etc.
L'assimilation est basée sur un fondement un peu frêle : la
ressemblance des courbes d'évolution des phénomènes en question
avec les courbes d'autocatalyse, courbes en S, avec accélération
médiane et amortissement terminal.
L'auteur procède cette fois à une nouvelle assimilation de ce
genre : remarquant que, dans des recherches anciennes de Lœb et
von Koranyi, il y avait accélération médiane d'un mouvement, du
tracé d'une ligne droite, les deux moitiés de la ligne étant effectuées
dans le même temps, ce qui s'accorde avec la symétrie constatée la courbe des vitesses, il refit des expériences sur ce mouve
ment, avec inscription automatique, non seulement de la vitesse,
comme dans le dispositif de Lœb, mais encore du départ, de l'arrêt,
et de la longueur de la ligne.
Il put ainsi établir une courbe de vitesses, constatant, à la différence
de ce que semblaient indiquer les expériences de Lœb, que le départ
et l'arrêt sont brusques.
La courbe générale, analogue à celle de Lœb, serait bien une ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 256
courbe de réaction autocataJytique à début lent, avec accélération,
puis ralentissement, et symétrie complète des deux moitiés de la
courbe.
Il reste à expliquer la brusquerie du départ et de l'arrêt.
L'auteur admet qu'il existe dans le système nerveux ou le muscle
une résistance préalable à vaincre ; et il appuie son opinion d'expé
riences dans lesquelles le départ et l'arrêt se faisaient à un signal :
le temps de latence du était très constant, mais le
d'arrêt n'était guère observé, le sujet terminant sa ligne après
l'amortissement progressif terminal symétrique de l'accélération du
départ.
Une autre hypothèse est éliminée par l'auteur, qui impliquerait
un départ avec vitesse imperceptible, mais avec renforcement
volontaire dû à ce que le sujet ne s'apercevrait pas de la réalité du
départ. Notons encore que .le travail mental ralentit dans son
ensemble le processus moteur.
Les déductions de Robertson sont évidemment un peu fragiles. Au
point de vue du fait, déjà, il faut se demander si les conditions de
l'expérience ne déterminent pas la nature du tracé, qui pourrait
avoir une tout autre allure en certains cas; ceci serait à vérifier.
D'autre part la non-obéissance à un signal d'arrêt pour un mouve
ment très court n'est pas pour surprendre, étant donnée la lenteur
relative de l'inhibition. Enfin, en ce qui concerne la forme de la
courbe des vitesses, elle peut tenir aux conditions physiologiques
complexes de la mise en jeu et de l'arrêt des muscles.
H. P.
J. BRAILSFORD ROBERTSON. — Further Studies in the chimical
dynamics of the central nervous system. 2. On the physiological
conditions underlying phenomena of heightened suggestibility,
hypnosis, multiple personality, sleep, etc. (Nouvelles études sur la
dynamique chimique du système nerveux central. 2. Sur les conditions
physiologiques sous-jacentes aux phénomènes de suggestibilité exa
gérée, d'hypnose, de personnalité multiple, de sommeil, etc.). Folia
Neuro-biologica, VII, 4-5, 1913, p. 309-337.
L'auteur considère que le fonctionnement du système nerveux
implique un processus chimique autocatalytique : le coefficient
d'accroissement thermique pour la rapidité du processus
indique en effet qu'il s'agit d'un phénomène chimique ; le fonctio
nnement nerveux d'autre part s'accompagne d'une libération d'aci
des, et les acides sont des agents accélérateurs de certains processus
nerveux.
En outre, M. Brailsford Roberston a tâché de montrer que les lois
de l'acquisition mnémonique correspondaient bien à l'évolution
d'un processus monomoléculaire avec auto catalyse ; à un tel pro
cessus il a rattaché également la loi de Weber, et, plus récemment,
le processus volontaire consistant à tracer une ligne, dont la rapidité ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE 257
— avec accélération, puis ralentissement — suivrait effectivement
l'évolution d'une vitesse de réaction autocatalytique.
Cette fois, il ne vise plus à démontrer son hypothèse; il se con
tente d'en tirer des déductions pour l'appliquer à de nombreux
phénomènes; mais l'application reste assez lâche, et par là moins
féconde.
L'auteur envisage « le creusement des canaux », la « Bahnung »
d'Exner, en la ramenant à des dépôts d'agents autocatalytiques,
accélérateurs, dont la disparition provoque un effacement relatif
des traces, avec amnésie plus ou moins complète, mais dont l'acc
umulation en excès finit par inhiber les réactions, comme cela se
produit dans la fatigue dont relève le sommeil.
L'auteur, en ce qui concerne ce dernier point, paraît ignorer une
série de théories très voisines de celle-là et récemment émises.
L'hypothèse en vient d'ailleurs à dépasser beaucoup l'expérience.
H. P.
D'HOLLANDER. — Recherches anatomiques sur les couches
optiques. — Mémoires de l'Académie de médecine de Belgique,
1913, XXI, 2.
Comme le fait remarquer M. le professeur Van Gehuchten, on a
abordé le névraxe par ses deux extrémités : l'écorce cérébrale et la
moelle épinière.
Les ganglions de la base, de structure complexe, difficilement
accessibles aux lésions expérimentales, constituent, dans l'ensemble
de nos connaissauces sur les autres centres nerveux, une vaste tache
noire.
Le travail du docteur d'Hollander est une contribution import
ante à la connaissance de ces organes. R. S.
Prof. C. WINKLER. — On localised atrophy in the lateral genicu-
late body causing quadrantic hemianopsia of both the right
lower fields of vision {Sur une atrophie localisée du corps genouillé
latéral causant une hémianopsie en quadrant du quart inférieur droit
du champ visuel de chacun des deux yeux). — Folia neuro-biolo-
gica, août 1913, t. VII, fasc. suppl., p. 1-22.
De deux cas d'atrophie du corps genouillé latéral, dont l'un
s'accompagnait d'une hémianopsie en secteur typique, l'auteur tire
les conclusions suivantes :
1° La vision dans la moitié supérieure du champ visuel est pos
sible, malgré la perte totale de toutes les cellules et de toutes les
fibres de la partie médiane (tête) du corps genouillé latéral croisé,
pourvu que les cellules et les fibres de la queue de ce corps
genouillé (origine de la radiation géniculo corticale ventrale) soient
intactes.
2° L'aire visuelle dépasse les limites de l'écorce occipitale.
R. S.
L'ANNÉE PSYCHOLOGIQUE. XX. 17 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 258
C. JUDSON HERRICK. — Some reflections on the origin and signif
icance of the cerebral Cortex (Quelques réflexions sur Vorigine et la
signification de Vécorce cérébrale). — J. of an B., III, 3, 1913,
p. 222-236.
M. Herrick qui, chose rare, est à la fois anatomiste et biologiste
au meilleur sens du mot, cherche à montrer que l'étude du sys
tème nerveux conduit à vérifier cette assertion de quelques psycho-
• logues contemporains, que les unités psychiques ne sont pas des
processus véritablement simples mais déjà des complexus où ren
trent des sensations, des sentiments, des tendances. Et il établit en
effet que l'écorce cérébrale ne peut élaborer des données senso
rielles pures, mais beaucoup plutôt coordonner et intégrer des cir
cuits organiques subcorticaux.
Il donne le schéma — réalisé chez un batracien par exemple —
des réflexes les plus simples, comme celui d'un stimulus auditif
provoquant un mouvement de l'œil, mais montre que le neurone
intercalaire reçoit aussi des stimulations d'autre origine, visuelle
par exemple, qui vont renforcer ou inhiber l'influence auditive.
Le thalamus lui paraît l'organe des associations les plus élevées
chez les vertébrés inférieurs qui, privés d'hémisphères, possèdent
des mécanismes adaptés aux principales circonstances de la vie, et
même des rudiments de mémoire associative.
Des circuits complexes s'y établissent, et le néothalamus d'Edinger
se développe comme un vestibule conduisant au cortex, non les
sensations isolées (sauf dans une certaine mesure pour les sensa
tions visuelles, les impressions des deux yeux arrivant en parti
culier distinctes à l'écorce qui seule en réalise la fusion), car au
cours des étapes de l'influx centripète, bien des connexions se
sont établies, mais un complexus subcortical.
Conformément aux conclusions de Head et Holmes (Brain, 1911)
la vie affective elle-même serait plus thalamique que corticale,, et
ainsi les éléments affectifs se joindraient dans ces circuits sous-
corticaux aux données sensorielles avant que celles-ci parviennent
à l'écorce.
Et les réponses motrices de l'écorce iraient agir sur le même
neurone intercalaire — en relation avec les cellules motrices des
cornes antérieures — que les stimuli sensoriels des ganglions sp
inaux dans leur circuit réflexe.
Ces intéressantes considérations, qui ont évidemment quelque
chose d'un peu aventureux, sont en tout cas basées sur des recher
ches nombreuses et minutieuses de topographie anatomique et his-
tologique effectuées sur le système nerveux central des vertébrés,
et méritent la plus grande attention ; elles paraîtront aux psycho
logues singulièrement suggestives, à côté surtout de tant de tr
avaux descriptifs complètement dépourvus d'idées. H. P. ANATOMO-PHYSIOLOGIË, NERVEUSE 259
VOGT. — L'architecture et les localisations corticales. — (Société de
neurologie de Paris, 13 novembre 1913.) — R. N., 30 novembre 1913,
t. XXI, fasc. 22, p. 637-640.
M. Vogt, poursuivant ses études sur les champs de l'écorce céré
brale, distingue maintenant environ 180 de ces champs ou aires
myélo-architecturales; les limites en sont nettes et brusques;
chacune revêt une structure cytoarchitecturale propre, mais les
différences dans le nombre, la forme, la taille et la disposition
des cellules sont moins frappantes.
Le singe et, à un moindre degré, les lémuriens possèdent un
assez grand nombre de ces champs; ceux que le singe a acquis
proviennent de l'agrandissement et de la subdivision de certains
champs de lémuriens; il en est de même en ce qui concerne le
cerveau humain par rapport au cerveau du singe.
• Par la méthode des excitations, M. Vogt a pu démontrer :
1° Que chaque architecture spéciale est l'expression anatomique
d'une fonction spéciale ; la division architecturale n'est donc pas
poussée trop loin;
2° Cette division est assez détaillée pour couvrir toutes les diff
érences physiologiques trouvées;
3° Les limites trouvées pour la fonction sont linéaires et coïnci
dent avec celles des champs architecturaux.
Chacun de ces champs a la même fonction chez tous les animaux
qui le possèdent. R. S.
ROSE. — Histologische Lokalisation der Grosshirnrinde hei kleinen
Säugetieren (Localisations histologiques de Vécorce cérébrale chez
les petits mammifères). — J. für Ps., 1912, t. XIX, fasc. suppl.,
p. 391-479.
Chez la souris, la musaraigne, la taupe, le cobaye, le hérisson, le
lapin et la chauve-souris, l'architecture cellulaire corticale répond
au type à six couches de Brodmann. On y retrouve les aires de cet
auteur, caractérisées chacune par une architecture cellulaire et
myélinique spéciale; et ces aires sont d'autant plus nombreuses,
dans un même ordre de mammifères, que le cerveau est plus volu
mineux, donc que l'animal est plus grand. R. S.
MAYER. — Mikrometrische Untersuchungen über Zelldichtigkeit
der Grosshirnrinde bei den Affen (Recherches micrométriques sur la
densité cellulaire de Vécole cérébrale des singes). — J. für Ps., 1912,
t. XIX, fasc. 6, p. 233-251.
La densité des cellules nerveuses corticales chez les singes varie
considérablement d'une région à l'autre du cerveau, ainsi que
d'une espèce à l'autre. Cette densité n'est nullement proportionnelle
à l'intelligence de l'espèce animale considérée ni à son rang dans
l'ordre des Primates. R. S. 260 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
BRODMANN. — Vergleichende Flächenmessungen der Grosshirn
rinde mit besonderer Berücksichtigung des Stirnhirns {Mensu
rations comparées de la surface du cerveau et spécialement du lobe
frontal). — Wanderversammlung der südwestdeutschen Neuro
logen und Irrenärzte, 8 juin 1912. J. für Ps., 1912, n° 19.
Il faut distinguer dans le lobe frontal la région précentrale,
purement motrice, et la région frontale proprement dite, de struc
ture toute différente.
La région précentrale est constante dans toute la série des
mammifères.
La région frontale, au contraire, montre les plus grandes varia
tions; elle correspond à 29,6 p. 100 de la surface totale du cerveau
chez l'homme, à 16,9 p. 100 chez le chimpanzé, à 11,3 p. 100 chez
le gibbon, à 7 p. 100 chez le chien, à 2 p. 100 chez le lapin.
La structure caractéristique de la troisième frontale n'existe que
chez l'homme. R. S.
G. P. ZELIONY.— Observation sur des chiens auxquels on a enlevé
les hémisphères cérébraux. — B. B. (Réunion biologique de Saint-
Pétersbourg), LXXIV, 12, 1913, p. 707-708.
Longtemps l'expérience célèbre de Goltz (1892) était restée
unique, ces dernières années, les chiens sans cerveau se sont multi
pliés ; Rothmann en a conservé un trois ans, Zeliony en a pré
senté un vivant depuis plus de quinze mois à la réunion biologique
de Saint-Pétersbourg, après en avoir décérébré trois autres, un qui
vécut trois jours, un autre quatre mois, et le troisième onze mois.
L'étude objective du comportement de ces animaux fournit des
résultats qui concordent bien dans les grandes lignes avec ceux de
Rothmann et ceux de Goltz : les chiens avaient une démarche
ataxique, se heurtant aux objets et ne mangeaient que lorsque la
nourriture touchait leur gueule.
Mais l'auteur se préoccupa spécialement des phénomènes sensor
iels : avec des sons même relativement peu intenses, le chien
dressait les oreilles (le chien de Goltz ne remuait la tête que pour
des sons très violents) ; les excitations gustatives provoquaient des
réactions appropriées, et le chien qui mâchait et avalait la viande
de cheval la rejetait lorsqu'elle était imbibée d'une solution de
quinine ; la sécrétion gastrique, dite psychique, au cours du repas
fictif, persistait. Les excitations lumineuses provoquaient la contrac
tion pupillaire et parfois un mouvement de la tête, qui se détournait.
Enfin le chien retirait la patte placée dans de l'eau chaude ou froide.
Les efforts de M. Zeliony pour provoquer des réflexes condi
tionnels grâce à la vue de la viande, une excitation auditive ou une
excitation de la cavité buccale (par l'acide chlorhydrique) échouè
rent complètement, mais l'auteur ne base pas sur cet insuccès
des conclusions négatives fermes et réserve l'avenir.
H. P. ANATOMO -PHYSIOLOGIE NERVEUSE 261
LUDWIG EDINGER et BERNHARD FISCHER. — Ein Mensch ohne
Gehirn (Un homme sans cerveau). — Pf. A., GLU, 1913, p. 535.
Celte observation est la première d'un anencéphale qui ait vécu
aussi longtemps, près de quatre années : il mourut de tuberculose à
quarante-cinq mois, et, à l'autopsie, on trouva les hémisphères rem
placées par des tumeurs kystiques à parois minces et transparentes,
sans trace, à l'examen histologique, de substance nerveuse. Les
noyaux de base et le cervelet étaient normaux.
Les auteurs insistent sur les différences présentées par cet enfant
sans cerveau avec les chiens dont les observations se sont multipliées,
dues à Goltz, à Pagano, à Rothmann, et — on peut ajouter — à
Zeliony, toutes très concordantes : l'enfant resta toute sa vie con
tracture sans faire effort pour se redresser, sans jamais rien saisir
ou retenir dans ses mains; le visage était tiraillé; il fut nourri
cependant par têtée, puis à la cuiller; il paraissait constamment
et également endormi, mais à partir de la deuxième année, il criait
presque tout le temps. Comme les chiens, l'enfant montra des
réactions olfactives, gustatives, auditives, visuelles (fermeture des
yeux sous l'influence de la lumière). Aucune réaction psychique ne
put être mise en évidence.
Les auteurs concluent que la valeur fonctionnelle du néencéphale
s'accroît dans le règne animal, mais que l'homme est seul à ne pou
voir s'en passer.
Maintenant, une partie des différences du comportement de l'enfant
par rapport aux chiens sans cerveau ne tenait-elle pas à des phéno
mènes d'irritation inflammatoire évités dans des opérations asepti
ques? H. P.
DAVIDSON BLACK. — The study of an atypical cerebral cortex
[Uétude d'une écorce cérébrale atypique). — J. of. c. N., 1913,
t. XXIII, fasc. 5, p. 351-370.
De l'étude d'un cerveau atypique résulte la démonstration de ce
fait que la présence de fibres de projection afférentes, dans une
portion de l'écorce qui en est normalement dépourvue, entraîne la
différenciation des neurones et la croissance considérable de certains
d'entre eux : l'écorce de cette région prend les caractères de
l'écorce de régions normalement pourvues de fibres de projection.
R. S.
BIANCHI. — Recherches récentes sur les fonctions et les relations
anatomiques des lobes frontaux. — Communication au XVIIe Con
grès international de Médecine de Londres, août 1913, Section de
Psychiatrie.
L'étude de quatre cerveaux de singes auxquels on a enlevé les
lobes frontaux montre que ceux-ci sont en rapport avec la zone

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