Anatomo-physiologie nerveuse. Neurologie. - compte-rendu ; n°1 ; vol.21, pg 276-292

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L'année psychologique - Année 1914 - Volume 21 - Numéro 1 - Pages 276-292
17 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1914
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Henri Piéron
Henri Wallon
II. Anatomo-physiologie nerveuse. Neurologie.
In: L'année psychologique. 1914 vol. 21. pp. 276-292.
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Piéron Henri, Wallon Henri. II. Anatomo-physiologie nerveuse. Neurologie. In: L'année psychologique. 1914 vol. 21. pp. 276-
292.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1914_num_21_1_8025^
276 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
II n'y a pas deux catégories opposées de phénomènes, mais le fon
dement du dualisme se trouve dans l'existence indéniable de deux
tendances opposées, et de deux pôles d'attraction. La tendance subjec-
tiviste est celle de l'artiste, du mystique, la tendance objectiviste est
celle de l'homme de science.
Il n'y a de science que dans la mesure où il y a objectivation,
substitution, à des données individuelles, de relations générales; la
psychologie n'échappe pas à cette loi. Elle est la science du comporte
ment des êtres vivants, et peut utiliser plusieurs méthodes, y compris
la méthode introspective, qui n'appartient à la science qu'à la condition
de ne pas être une contemplation mystique, mais de représenter un
effort d'objectivation, aboutissant à des documents verbaux, utilisables
par tous : ces documents nécessitent une critique avisée, se rappelant
qu'une observation unique ne permet pas, à elle seule, de conclusion
générale, mais sachant rapprocher et confronter les observations
individuelles.
Le dualisme fondamental entre le subjectif et l'objectif repose en ,
dernière analyse sur la mémoire ; d'un côté il y a la fugitive réalité
qui ne se répète jamais identique, dans laquelle se complaît l'artiste;
de l'autre il y a la trace déformée, le schéma qui s'enregistre, et aux
quels se plient de multiples phénomènes analogues. La science, qui
organise l'expérience passée pour la technique de vie meilleure, est un
système de souvenirs ; elle continue et complète l'œuvre d'objectiva
tion de la mémoire.
H. P.
GUSTAVE GELEY. — De l'Inconscient au Conscient. — In-8 de
346 pages, 1919. Paris, Alcan.
L'auteur envisage successivement les théories classiques de l'évolu
tion, les conceptions de l'individualité et les théories philosophiques
de l'évolution, avant d'exposer son système sur l'évolution individuelle
et universelle, consistant en un passage de l'inconscient au conscient
dans l'individu et l'univers, et de fournir des conclusions morales sur
le souverain bien.
L'hypothèse du « dynamo-psychisme essentiel s'objectivant en
représentations et passant, de par ces représentations, de l'inconscient
au conscient », suffit à tout comprendre.
L'auteur fonde, en somme, sur le métapsychisme, sa métaphysique
nouvelle.
H. P.
II. — Anatomo-physiologie nerveuse. Neurologie.
GIACOMO PIGHINI. — La Biochimica del Cervello (La biochimie du
cerveau). — In-8 de 162 pages, 1915. Turin, Rosenberg et Sellier.
On trouve dans ce livre cinq conférences faites par l'auteur aux
Instituts cliniques de perfectionnement de Milan, sur la forme et la
constitution physico-chimique des éléments nerveux, sur les consti- NERVEUSE. NEUROLOGIE 277 ANATOMO-PHYSIOLOGIE
tuants chimiques normaux du cerveau, sur l'histochimie et la chimie
pathologique, sur l'énergie nerveuse du protoplasme, et enfin sur les
échanges gazeux du système nerveux, la narcose et le sommeil.
Étant donné l'effort actuel pour ramener à la physico-chimie toute
la physiologie, physiologie cérébrale comprise, il est indispensable
de connaître les données fondamentales, introduction à de nouvelles
recherches, Et, pour cela, les conférences ici réunies sont incontesta
blement utiles; il ne faut pas leur demander l'allure systématique d'un
traité, mais, sous une forme discursive, avec des digressions et des à
côté, elles intéresseront les psychologues et les biologistes.
H. P.
J. DEJERINE. — Séméiologie des affections du système nerveux. —
Gr. in-8 de 1 212 pages, avec 564 figures et des planches hors texte,
1914. Paris, Masson.
Grâce à ce bel ouvrage luxueusement édité, et qui fait le plus grand
honneur à la librairie française, il est possible de profiter de l'immense
expérience qu'avait acquise le regretté Dejerine, et au cours de la
guerre où les neurologistes eurent tant à faire, cette expérience leur a
largement servi.
Certes, dans les conceptions théoriques, certaines vues sont discu
tables, mais le rapprochement constant des données anatomiques et
des symptomatologies cliniques a une valeur qui dépasse singulièr
ement la pratique neurologique : La physiologie du système nerveux de
l'homme ne peut guère être étudiée que grâce à la pathologie, qui
réalise les expériences interdites au physiologiste. Le psychologue, qui
doit s'appuyer directement sur la physiologie nerveuse, aura souvent
à consulter la séméiologie de Dejerine au point de vue du fonctionne
ment des divers appareils de sensibilité générale et spéciale, et du
fonctionnement d'appareils cérébraux plus complexes dont les troubles
se traduisent par les agnosies, les aphasies, les apraxies. Il trouvera,
clairement exposées, les conceptions — aux contours nets — de Deje
rine, et une mine de faits; il trouvera aussi des ßgures schématiques,
dues au talent de Mme Dejerine, et qui lui seront particulièrement
précieuses.
H. P.
G. WINKLER. — Manuel de neurologie, t. I : Anatomie du système
nerveux. — Première partie. In-4 de 435 pages, 1918. Haarlem,
Erven F. Bohn.
Particulièrement originale est cette anatomie nerveuse, conçue dans
un esprit physiologique, à l'usage des neurologistes et des psychiatres
— et par conséquent des psychologues.
C'est « une tentative de grouper en système fonctionnel les voies et
les centres, de localisation diverse, par lesquels les diverses impres
sions sensorielles peuvent se traduire en réactions réflexes », comme
l'expose le sous-titre, l'auteur concevant en effet, et avec raison, ce
système nerveux comme « l'appareil où les impressions sensorielles se ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 278
transforment en mouvements réflexes d'ordre de plus en plus élevé ».
Le psychologue, dit Winkler, se sentira mal disposé en faveur de
l'ouvrage. « fl frissonnera peut-être en constatant qu'on y considère
l'organe central comme une agglomération de plusieurs systèmes
nerveux distincts fonctionnellement et topographiquement, comme
formé d'autant d'appareils qu'il y a d'espèces d'organes terminaux.
« Semblable dissociation lui plaira peu, d'autant plus que la première
partie, actuellement présentée au public, ne comporte guère d'essai
de synthèse, synthèse qu'on n'a cependant jamais perdue de vue. »
Mais cette viendra à son heure. Et le psychologue sera
très heureux de trouver un exposé anatomique complet, bien au cou
rant, non limité à une description, mais prenant, par sa disposition
même, une valeur explicative.
Cette première partie est consacrée à l'appareil olfactif, à l'appareil
optique, à l'appareil sensitivo-motetir et à du goût.
C'est à coup sûr une œuvre importante que réalise l'éminent profes
seur de neurologie et psychiatrie de l'Université d'Utrecht.
H. P.
P. F. SWINDLE. — The peristaltic-like nature of organic responses.
(La nature, d'aspect péristaltique, des réponses organiques). — Am, J.
of Ps., XXX, 2, 1919, p. 187-210.
L'auteur a éprouvé le besoin d'emprunter au péristaltisme intestinal
le qualificatif qui lui a paru convenable pour désigner ce fait auquel il
croit avoir été conduit — mais qui n'est rien moins que démontré —
que, dans une activité continue, par exemple dans une contraction
musculaire persistante, il y a une discontinuité essentielle.
Et il aboutit à une loi d' « induction » à laquelle il attribue une
valeur fondamentale, s'appliquant à la vision, d'après son étude des
images consécutives de longue durée (Am. J. of. Ps., XXVII, 1916,
p. 332) où la dernière image à apparaître après une couleur donnée
est son antagoniste (complémentaire), à tous les autres sens, aux
mouvements, et au comportement en général; il réserve l'expression
physiologique de cette loi, qu'il formule ainsi, pour le moment :
« L'élément initial d'une série — d'association innée — d'éléments
d'une réponse de longue durée conditionne ou induit l'élément le plus
semblable à lui qualitativement; celui-ci à son tour induit le
plus semblable qui n'est pas entré en jeu immédiatement avant lui, et
ainsi jusqu'aux éléments les plus qualitativement dissemblables de
l'élément initial. »
H. P.
GUSTAF FR. GOETHLIN. — Relation entre le fonctionnement et
la structure des éléments nerveux. — Upsala, Läkareförenings
Förhandlingar, XXII, 1917, n° 5.
L'auteur a exposé dans une conférence à la Faculté de Médecine
d'Upsala, ce que nous savons de précis sur le fonctionnement intime ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 279
des éléments nerveux, et il a relié ces faits par quelques hypothèses
intéressantes.
La plus importante de celles-ci consiste à considérer, bien que non
passive et capable de régénérer de l'influx, la fibre nerveuse comme un
câble; ce serait la seule permettant d'expliquer pourquoi la vitesse de
propagation augmente avec le diamètre des fibres. Elle s'accorde tout
à fait avec des données — que Fauteur ne paraît pas connaître (?) — de
Lapicque et Legendre qui ont montré en 1913 que la chronaxie était
fonction du diamètre des fibres : le produit de la chronaxie par le carré
des diamètres est constant; la vitesse fonctionnelle est donc propor
tionnelle à la section de la fibre. C'est bien là une des caractéristiques
des câbles électriques, conformément à la conception de Gôthlin
(Lapicque et Legendre, Relation entre le diamètre des fibres nerveuses
et leur rapidité fonctionnelle. C. R., 8 décembre 1913). Une idée ingé
nieuse encore de l'auteur, c'est de faire appel à la piezoélectricité de
Curie pour expliquer l'excitabilité mécanique des nerfs; il a constaté
en effet que le fluide de la gaine de myéline est un fluide cristallin ;
des déformations atteignant les cristaux de la gaine, régulièrement
orientés, pourraient, dès lors, engendrer une piezoélectricité exci
tatrice.
Peut-être ce processus se rencontre-t-il dans les terminaisons
cutanées destinées à la réception des excitations mécaniques.
H. P.
H. ROUYIÈRE. — Essai sur le fonctionnement de lécorce cérébrale.
— Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie, VIII, 1919,
p. 40-66.
L'auteur tente d'apporter quelque précision dans les hypothèses de
ocalisation des processus psychiques, en envisageant les différentes
jcouches de l'écorce.
Il admet que le psychisme supérieur de Grasset a son siège, non
dans une région du cerveau, mais dans les couches superficielles de
l'écorce, le psychisme inférieur relevant des cellules pyramidales des
couches profondes.
Parmi les données intéressantes de cette étude, signalons l'hypo
thèse relative aux « grains » qui divisent les grandes pyramidales en
deux couches, l'une superficielle et l'autre profonde, et qui ne font
défaut que dans la zone motrice :
L'excitation centripète arrive par des fibres qui se ramifient dans les
couches profondes et moyennes et se terminent dans la zone des grains,
avec, dans ces couches de la sphère visuelle, des cellules étoilées spéci
fiques de rôle évidemment sensoriel. Les grains auraient, d'après
l'auteur, pour fonction, de différencier et séparer les éléments des
sensations, pour transmettre des incitations isolées aux cellules sen
sorielles autour desquelles se ramifie leur prolongement cylindraxile,
par exemple aux cellules visuelles étoilées, ou aux cellules fusiformes
auditives de Cajal, qui n'ont aucune connexion — à la différence des
petites pyramidales des grains — avec les couches superficielles. 280 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
La perception, la mémoire et la reconnaissance seraient le fait des
petites et moyennes pyramidales, des couches plus superficielles.
L'effort de Rouvière est intéressant; il se base sur des conceptions
psychologiques qui sont justes en partie (conservation des traces sen
sorielles) mais qui auraient besoin d'être revisées en certains points
(notion de reconnaissance, par exemple).
H. P.
T. GRAHAM BROWN. — Note on the physiology of the basal ganglia
and mid-brain of the anthropoid ape, especially in reference to the
act of laughter. {Note sur la physiologie des ganglions de base et du cer
veau moyen du singe anthropoïde, particulièrement en rapport avec
l'acte du rire.) — Journal of Physiology, XLIX, 1915, p. 195-207.
Par excitation de zones circonscrites, vers le pôle caudal du thalamus,
on note, chez le chimpanzé décérébré, des modifications caractéris
tiques de la respiration et de la pression sanguine, telles qu'elles
accompagnent des états émotionnels chez l'animal normal : des halète
ments, soupirs, profonde, ou respiration rapide du rire.
Le pôle caudal du thalamus serait donc bien en connexion avec les
activités qui conditionnent l'expression des états émotionnels.
H. P.
CHARLES CHATELIN. Les blessures du cerveau. — G. ROUSSY et
J. LHERMITTE. Les blessures de la moelle et de la queue de cheval.
— H. BOURGEOIS et M. SOURDILLE. Otites et surdités de guerre.
— G. ROUSSY, BOISSEAU et d'OELSNITZ. Traitement des psycho
névroses de guerre. — A. LÉRI. Commotions et émotions de guerre.
F. BABINSKI et FROMENT. Hystérie, Pithiatisme et troublé nerveux
d'ordre réflexe. — Collection Horizon, Paris, Masson.
Voici des précis de la collection devenue justement célèbre
pour les services qu'elle a rendus au cours de la guerre, dans lesquels
on trouvera des renseignements précieux sur les données d'intérêt
psychologique fournies par la pathologie de guerre: perturbations
traumatiques et émotionnelles; atteintes de l'ouïe et de l'appareil
d'équilibration ; troubles de sensibilité par lésion des voies conductrices
de la moelle ; perturbations diverses, sensorielles, motrices, verbales et
mentales, provoquées par les blessures du cerveau. A cet égard, bien
que très brefs, nécessairement, les divers chapitres consacrés par Cha-
telin — qui avait observé plus de 5 000 cas de blessures du crâne avec
son maître Pierre Marie — aux symptômes des lésions des grandes
régions cérébrales, seront lus avec intérêt et avec fruit, en attendant
que l'on dresse d'une façon plus complète l'inventaire des acquisitions
scientifiques de la guerre.
Le livre de Babinski et Froment sera entre les mains de tous ceux
qu'intéresse la passionnante question de l'hystérie, à laquelle Roussy
et ses collaborateurs apportent des documents de première impor
tance, et qui apparaît aux confins du domaine de Léri.
Sur ces problèmes, on a, dans la revue générale dont on a pu goûter ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 281
la belle lucidité et la précision, de notre collaborateur Henri Wallon,
une mise au point de premier ordre, qui pourra servir de guide dans
les controverses des auteurs enchaînés à leurs thèses respectives.
H. P.
ATHANASS1O-BÉNISTY (Mme). — Les lésions de la zone rolandique
par blessure de guerre. — In-8 de 213 pages, 1918. Paris, Vigot.
Cette « contribution à l'étude clinique des localisations cérébrales »,
inspirée par Pierre Marie, est basée sur l'examen d'une centaine de
blessés du crâne atteints dans la région rolandique, et comporte
13 observations. Elle constitue un intéressant apport à l'inventaire des
acquisitions scientifiques de la guerre.
Les localisations sensitives sont, au point de vue psychologique, les
plus intéressantes. Malheureusement l'examen des sensibilités n'a pas
été assez complet et assez précis, comme il en est pour tous les
exanvns de clinique neurologique. Les conclusions principales, au
sujet de ces localisations, sont les suivantes : la zone sensitive occupe
un territoire plus étendu que la zone motrice, sur laquelle elle semble
empiéter. La pariétale ascendante semble particulièrement destinée à la
sensibilité des membres, etsurtout à la représentation corticale des extré
mités distales, les segments proximaux, d'importance inférieure, ayant
une représentation très limitée. Le lobe pariétal paraît consacré à la
sensibilité générale de toute la moitié opposée du corps. La zone sensitivo-
motrice de la main est divisée en deux centres secondaires, l'un pour le
côté interne ou cubital, l'autre pour le côté externe ou radial de la main.
Les troubles du sens de l'orientation dans l'espace sont consécutifs à
des plaies correspondant au lobe pariétal du cerveau; la perte du sens
des attitudes semble plus particulièrement en relation avec les plaies
du gyrus supra-marginal.
On voit'que ces conclusions comportent des données fort intéres
santes; mais certaines ne paraissent pas solidement établies, d'une
part pour l'orientation dans l'espace, notion peu précise, et d'autre en ce qui concerne l'extension de la zone sensitive, du côté de la
frontale ascendante, et surtout dans le lobe pariétal. De» troubles
fonctionnels, atteignant principalement des fonctions fragiles, par
répercussion de lésions plus ou moins strictement localisées, suffisent
à expliquer certaines hypoesthésies par lésion de la région motrice ou
de la région pariétale, sans qu'on place dans ces régions des représent
ations sensitives, qui paraissent limitées à la pariétale ascendante et
à ses confins immédiats.
H. P.
H. PIÉRON. — La question des localisations sensitives de Pécorce
et le syndrome sensitif cortical. — Revue de Médecine, XXVI, 1919,
p. 129-157.
Nous reproduisons ci-dessous les conclusions de ce travail basé sur
les observations publiées au cours de la guerre et sur des observations
personnelles :
« La pathologie de guerre nous a apporté d'importantes données, ^
282 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
parfaitement en accord avec la conception de la représentation sensi
tive du corps sur l'écorce de la pariétale ascendante, exclusivement,
toutes les catégories de sensations ayant leurs centres extrêmement
voisins pour chaque segment somatique, les sensibilités kinesthésiques
et autres sensibilités profondes comme les cutanées.
« Dans cette représentation sensitive, qui correspond, de l'autre côté
de la scissure de Rolando, à la représentation motrice de la frontale
ascendante, il existe des groupements topographiques distincts, bien
que voisins, pour les moitiés préaxiales et postaxiales des membres.
« Les fonctions perceptives— qui exigent une intégrité suffisante du
fonctionnement intellectuel global — impliquent des phénomènes
associatifs s'effectuant au niveau de la sphère sensitive, particulièr
ement fragiles dans les atteintes diffuses.
« Les fonctions sensitives manifestent elles-mêmes une inégale fragil
ité, et, suivant des conditions lésionnelles encore obscures, ces modes
de sensibilité cutanée peuvent être plus ou moins touchés que les
de kinesthésique et profonde, à l'exception de la sensibilité
osseuse vibratoire qui se comporte comme les sensibilités cutanées.
Toutefois, alors que, dans les lésions destructives profondes, l'anes-
thésie est complète — en dehors de la persistance d'une sensibilité
douloureuse atténuée, — au cours des troubles fonctionnels par
atteintes incomplètes, il existe une perturbation généralement plus
intense des sensibilités kinesthésiques articulaire et musculaire (sens
des mouvements et des attitudes, soupèsement), qui se montrent ainsi
les plus fragiles, les autres sensibilités étant atteintes aussi, mais sou
vent à un très faible degré.
« S'il n'existe pas de dissociation réellement pathognomonique, du
moins le syndrome sensitif cortical de Verger-Dejerine correspond-il a
un fait clinique, et s'applique la plupart du temps aux anesthésies
incomplètes par gêne fonctionnelle directe de la sphère sensitive (enfo
ncement osseux, irritation superficielle), ou par répercussion à distance,
comme il s'en produit par exemple au cours des lésions du lobe pariétal
ou de la région prérolandique.
« Le syndrome cortical comporte, au point de vue topographique, une
prédominance de troubles sensitifs aux membres, et particulièrement
aux extrémités, qui possèdent une représentation plus étendue, et par
là même plus exposée, avec parfois une atteinte inégale des régions
externes et internes (moitiés préaxiales et postaxiales).
« En dehors des troubles connexes, du seul point de vue sensitif, c'est
par le comportement de la sensibilité douloureuse, objective et subject
ive, et par la répercussion affective des sensations que le syndrome
thalamique paraît se différencier du syndrome cortical. »
H. P.
E. G. BORING. — Cutaneous sensations after nerve-division (Sensations
cutanées après section nerveuse). Quarterly Journal of experimental
Physiology, X, 1916, p. 1-95.
Répétant une expérience de Head et Rivers, Boring s'est fait pra
tiquer une résection nerveuse, celle de la branche antérieure du nerf ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 283
cutané interne de l'avant-bras, avec enlèvement d'un segment du nerf
et suture.
Contrairement aux conclusions de Head, l'auteur trouve simplement
une anesthésie dans la zone centrale d'innervation, au voisinage du
poignet, avec hypoesthésie périphérique, toutes les formes de sensibil
ité tactile, douloureuse et thermique étant abolies ou diminuées
également, avec persistance seulement de la sensibilité douloureuse
profonde, restée intacte. Au bout de quelques jours, les diverses sensi
bilités reparurent progressivement, tout d'abord dans la zone externe.
H. P.
BELENKY. — Les symptômes sensitifs dans les sections anatomiques
et physiologiques des nerfs périphériques. — Presse médicale,
1916, p. 74-76.
L'auteur signale une dissociation fréquente entre les sensations
d'effleurement et celles de contact ou de piqûre, dissociation qui se
rencontre dans des régions où il y a superposition de territoires
nerveux, comme ceux du médian et du radial, à la main. L'effleure
ment, en effet, excite les poils, dont les bulbes sont innervés par
exemple par le médian, alors que la surface est innervée parle radial;
dès lors, malgré une anesthésie par section du radial, l'effleurement
sur ce territoire mixte sera perçu. De même tfne piqûre toute superf
icielle, n'excitant que la région des fibres sensitives du radial, ne sera
pas sentie, tandis qu'elle le sera quand elle ira plus profondément,
atteignant les fibres du médian.
Dans les expériences de Head, la persistance de la sensibilité
profonde était due à l'intervention du médian, et il n'y aurait pas de
dissociation, selon l'auteur, là où il n'y a pas superposition de
territoires de nerfs différents.
Quand on constate l'hyperesthésie douloureuse au pincement — qui
excite directement par compression les rameaux nerveux, — ou bien
il s'agit de territoires anastomotiques mixtes dans les régions
profondes, ou bien c'est qu'il n'y a pas interruption complète des
nerfs.
Ainsi Belenky s'oppose entièrement à la conception de la sensibilité
protopathique conduite par des fibres sympathiques, étrangères à la
topographie des nerfs périphériques. Mais il faut signaler que certains
faits paraissent difficilement explicables par la seule notion de super
position partielle de territoires nerveux.
En tout cas sa critique du procédé de l'effleurement — une des
méthodes imprécises d'examen, au milieu de bien d'autres, employées
par les neurologistes — est très juste. Et c'est encore l'effleurement
avec l'ouate que préconise Isador H. Goriat dans son étude sur les
signes sensitifs de la régénération des nerfs, inspirée parles concept
ions de Head, et où il signale l'hyperalgésie caractéristique du retour
de la sensibilité douloureuse (Boston medical and surgical Journal,
t. CLXXVI, 1917, p. 192).
H. P. 284 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ANDRÉ-THOMAS. — La sensibilité douloureuse de la peau à la piqûre
et au pincement dans la période de restauration des nerfs sectionnés
après suture ou greffe. — R. N., XXIII (1), 1916, p. 311-313.
ANDRÉ-THOMAS, J. LÉVY-VALENSI et JEAN COURJON. — Sur la
douleur au pincement dans les blessures des nerfs périphériques.
— B. B-, t. LXXX, 1917, p. 872-875.
André-Thomas constate que, dans la restauration, la douleur au
pincement se manifeste alors qu'il n'y a pas encore de par
piqûre. C'est, pense-t-il, que le pincement s'adresse, non seulement
aux appareils terminaux, mais aux fibres sensitives sous-dermiques.
Seulement il signale ensuite avec Lévy-Valensi et Courjon que cette
douleur au pincement peut persister parfois après des sections
nerveuses complètes, alors qu'il ne peut s'agir encore de restauration.
Dans ce cas, le pincement provoque une sensation douloureuse très
spéciale, intense, désagréable, angoissante même, et non localisable.
C'est qu'il doit y avoir conduction de la douleur par des fibres
sympathiques périvasculaires, comme l'admet Head pour cette forme
de sensibilité protopathique.
Le caractère hyperesthésique serait dû à l'absence de l'action inhibi-
trice normale par la sensibilité épicritique.
H. P.
ANDRÉ-THOMAS. — Restauration défectueuse des fibres sensitives.
Topoparesthésies. Synesthésies. — R. N., XXIII (1), 1916, p. 305-
311. — Des erreurs d'aiguillage dans la restauration des fibres
motrices. Parakinésies, Syncinésies. Synergies paradoxales. — Paris
Médical, 7 juillet 1917, p. 33-38.
L'auteur signale certains faits curieux accompagnant la restauration
des nerfs et qui lui paraissent s'expliquer par une erreur d'aiguillage
des fibres régénérées allant innerver d'autres régions que celles aux
quelles elles étaient destinées.
Par exemple des fibres sensitives de la peau vont se perdre dans les
muscles, dont la pression provoque des sensations qui sont apportées
aux territoires cutanés de ces fibres. Dans un cas, les fibres sciatiques
du pied s'égarèrent dans le péroné et les organes génitaux, où les
excitations provoquaient de la douleur dans le talon et les orteils
(topoparesthésies). Des fibres motrices s'égarent aussi, entraînant des
parakinésies; le mouvement voulu n'est pas effectué, et surtout le
mouvement principal qui s'effectue pas voulu.
H. P.
E. CAVAZZANI. — Sur un signe qui accompagne les lésions trauma-
tiques des nerfs périphériques. Anesthésie anisotopique tactother-
e. _ A. I. B., LVX, 1917, p. 307-312.
Il existe des zones cutanées où se manifeste une anesthésie the
rmique au tiède, soit en l'absence complète d'anesthésie tactile, soit

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