Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie - compte-rendu ; n°1 ; vol.22, pg 256-276

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L'année psychologique - Année 1920 - Volume 22 - Numéro 1 - Pages 256-276
21 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : jeudi 1 janvier 1920
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II.Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie
In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 256-276.
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II.Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie. In: L'année psychologique. 1920 vol. 22. pp. 256-276.
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nisés en électrons, formeraient les unités fondamentales du monde
physique, et, en d'autres complexes, constitueraient les esprits
individuels.
Cette nouvelle monadolpgie n^que peu de points de contact avec
la psychologie scientifique.
H. P.
FRANK GR ANDJEAN. - La Raison et la Vue. — In-8° de 373 pages, 1920.
Paris, Alcan.
L'auteur s'attaque courageusement à la théorie de la connais
sance, en s'appuyant sur les conceptions de Bergson et d'Henri
Poincaré qu'il rapproche pour en tirer sa thèse, à savoir que les
caractères bergsoniens de la raison, reconstruction statique d'une
réalité en perpétuel devenir, sont dus à la primauté du sens de la
vue : « Non seulement la raison, du moins à l'état de puissance,
a dû précéder la formation de V Homo faber, qui n'est devenu tel
qu'en tant qu'il pouvait raisonner, mais encore la raison elle-même
a été précédée de la vue, sans laquelle la pensée rationnelle n'eût
pas pu naître. On peut donc dire que si l'homme n'avait pas été
doué de la vue, il n'eût jamais raisonné, ni inventé et fabriqué
des- armes et des outils. VHomo videns est antérieur à YHomo faber »
<p. 297). -
La thèse est intéressante, mais, échappant à la vérification, sort
de la science. Et les discussions psychologiques sur les caractères de
la fonction visuelle, — incapable en particulier de percevoir le mou
vement sans participation du sens musculaire, à la suite d'un propre de l'organisme — en tant que 1' « immobilisme de la
raison » serait d'abord l'immobilisme de- la vue, sont trop rapides,
insuffisamment appuyées sur les faits expérimentaux, et de ce fait,
peu probantes. .
il. P.
II. — Anatomo-physiologie nerveuse. Neurologie.
LEONARD THOMPSON TROLAND. — The physical basis of nerve
functions (La base physique des fonctions nerveuses). — Ps. Rev.,
XXVII, 5, 1920, p. 323-350.
L'auteur expose, surtout d'après les travaux de Nernst, Lillie et
Keith Lucas, comment peut se représenter physiquement le fon
ctionnement nerveux, insistant sur le mécanisme de la transmission
synoptique, et rattachant à la conception générale une théorie du til!
fonctionnement des appareils récepteurs, sur le type de celle qu'il
a développée pour la réception visuelle : Les cellules réceptrices
auraient comme caractéristique une polarisation négative, tendant
constamment à dépolariser et à exciter par là les fibres nerveuses,
les stimuli ayantf pour effet d'augmenter pu de diminuer, par un *
ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 257
mécanisme physique ou chimique, cette dépolarisation. Il y aurait
d'ailleurs, dans le système nerveux central des mécanismes de
dépolarisation rythmique analogues expliquant la respiration, le
péristaltisme, etc. Cette théorie physique appliquée à la psychologie
conduit l'auteur à une conception métaphysique générale, le
monisme paraphysique. (Philosoph. Reviev, 1918, 27, 39-62).
H. P.
ÏVWINTREBERT. — Le mouvement sans nerf. — J. de Ps., XVIII,
5, '1924, p. 353-388.
L'auteur a étudié très complètement les phénomènes moteurs
« aneuraux » chez un embryon de vertébré, de Squale : Deux
bandes musculaires symétriques présentent chacune des mouve
ments spontanés autonomes de rythme différent; l'indépendance vis-
à-vis du système nerveux est clairement établie : le curare est sans
action, ainsi que l'ablation des centres bulbo-médullaires, et l'irr
itabilité ne se manifeste que dans les segments musculaires actifs.
Dès que le système nerveux impose son influence dominante, le
dyschronisme des mouvements fait place aune harmonie, qui
montre que la caractéristique du système nerveux est d'assurer
une coordination permettant l'unité d'exécution dans l'organisme
agissant.
Cette étude est en relation avec une série de recherches anté
rieures qui ont mis en évidence, chez les embryons des vertébrés,
l'existence de fonctions de relation non régies par le système ner
veux : l'ectoderme des têtards possède la propriété de recevoir et
de conduire uue excitation sans le concours des nerfs. Il y a, à un
moment donné du développement, une association — qui est la
règle chez les Invertébrés inférieurs comme les Cœlentérés par
exemple — d'un fonctionnement aneural (réception et transmiss
ion) avec un nerveux (réaction). Les fonctions fonctions' — qui sont aneurales sont masquées quand les nerveuses
dominantes— se superposent à elles; on peut alors les révéler encore
au cours de certains stades du développement, en supprimant
les fonctions nerveuses. Cela, joint à la notion des corrélations
humorales, — des réflexes chimiques qui dominent tout l'org
anisme — doit limiter la place faite au système nerveux, beaucoup
trop grande généralement.
H. P.
KEITH LUCAS. — La conduction de l'influx nerveux. — (Publié par
Adrian, traduit par G. Matisse). — In-8° de 125 pages, 1920.
Paris, Gauthier- Yillars.
Le regretté Keith Lucas, mort pendant la guerre dans un acci
dent d'aéroplane, avait préparé la publication d'une série de confé
rences où était exposé l'état de la question de la conduction ner
veuse sur laquelle il avait tant et si bien travaillé. Son élève Adrian
L-'AJiNÉE PSYCHOLOGIQUE. XXII. -9 2*8 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
se chargea de mettre au point et de publier ces pages qui consti
tuent une illustration lumineuse de la méthode scientifique telle
que la conçoit Claude Bernard, et Georges Matisse s'est efforcé de
les rendre accessibles au lecteur français.
On trouvera là des données de fait et des interprétations pru
dentes et constamment appuyées d'expériences sur le fonctionne
ment nerveux périphérique, avec une. démonstration de la « loi du
tout ou rien », fonctionnement périphérique qui devait fournir,
aux yeux de Lucas, une image simplifiée du fonctionnement
central; et de fait il avait préparé — sans avoir eu le temps de
l'achever — un chapitre terminal sur l'inhibition centrale où l'hypo
thèse prenait une plus grande place. Adrian a prudemment reconst
itué l'essentiel de ce chapitre très suggestif.
H. P.
H. RENAULD-CAPART. — Contribution à l'étude du métabolisme
cérébral par la méthode des circulations partielles. — Ar. int.
de Ph., XV-XVI, 1920-1921, p. 235-289 ,441-445, 21-43 et 119-161.
Dans ces très intéressantes recherches, l'auteur montre que le
sang abdominal est nécessaire à la vie des centres nerveux encé
phaliques, et établit que c'est le foie qui est en jeu : En éliminant
le foie de la circulation, il y a atteinte du métabolisme cérébral, et
suppression de la fonction nerveuse, se traduisant d'emblée par/line
insensibilité à la douleur qui permet toute opération sans autre
anesthésie, avec maintien de l'attention et des autres sensibilités.
Le retour du sang hépatique fait reparaître la douleur. Le foie
n'agit pas par fonction antitoxique mais par apport d'un élément
positif, d'une hormone, et peut-être de produits énergétiques : en
effet l'injection d'une très petite quantité de sang défibriné suffit
pour restaurer la fonction abolie par exclusion du foie ; mais cette
substance est détruite par la chaleur.
Comme il y a chromatolyse marquée par exclusion hépatique,
l'auteur pense que la sécrétion interne élaborée par le foie favo
rise la reconstitution continuelle de la substance chromatophije
des neurones nécessaire à leur fonctionnement.
H. P.
R. ANTHONY. — L'évolution des plissements du néopallium, des
mammifères inférieurs au singe et à l'homme. Le plan de descrip
tion du néopallium humain. — B. I. P., XIX, 1919, p. 5-28.
L'auteur, dans cette conférence de vulgarisation, expose un plan
de description du néopallium, élaboré avec de Santa Maria, et
Inspiré des travaux sur l'évolution morphologique ontogénique et
phylogénique.
La notion essentielle consiste dans celle de la différenciation des
fosses et des scissures : il existe une fosse sylvienne qui n'est pas
l'homologue d'un sillon^ mais qui forme un complexe dont les ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 259
limites se trouvent dans les sillons primitifs, supra et pré-sylvien;
elle apparaît de très bonne heure, mais moins tôt que la fosse striée,
ou rétrocalcarine, la plus précoce, du d&près sa limite qui
est un sillon vrai, la scissure calcarine.
H. P.
J.-G. DUSSER DE BARENNE. — Recherches expérimentales sur les
fonctions du système nerveux central faites en particulier sur
deux chats dont le néopallium avait été enlevé. — Arch. néerL.de
Ph., IV, 1, 1919, p. 31-223.
Travail de toute première importance, avec observation systémat
ique, et vérification anatomique soigneuse.
Chez un chat, des deux côtés sont, extirpés les lobes frontaux,
fronto-temporauv et occipitaux, en respectant le rhinencéphale et
les couches optiques.
Chez un second, tout le néopallium est enlevé ainsi que presque
tout le paléopallium et une grande partie de l'arcbipallium; le
thalamus chez cet animal se trouva lésé.
Le premier chat, conservant son thalamus ne présente pas de
rigidité décérébrée; il a des fonctions labyrinthiques normales,
s'équilibre bien, manifeste une activité motrice continue, s'adapte
à éviter les obstacles qui le font d'abord tomber et qu'il perçoit avec
les poils, présente des réactions de déïense, les « réflexes pseudoa
ffectifs » de Sherrington, etc.
Dans les deux cas, la vision est abolie ; il n'y a pas de réaction
motrice aux excitations lumineuses, mais seulement les réflexes
pupillaires et les réflexes d'aveuglement à une lumière incidente.
Chez un des chats, les excitations acoustiques provoquent des
réflexes localisateurs de l'oreille et de la tête et des réactions
motrices : l'animal suit de la tête quelqu'un qui marche. Mais ce
réflexe en vient à disparaître progressivement, ce qui ne permet
pas de conclusion ferme sur son siège sous-cortical.
Les sensibilités profondes paraissent normalement récupérées,
mais non les sensibilités cutanées ; la réaction aux excitations ther
miques ne se produit qu'avec retard, pour des intenses
seulement (vers 0° à 2°5, et vers 60°) et se présente seulement sous
la forme d'une réaction de colère. De même, pour toutes les excita
tions, il n'y a que cette réaction générale (fuite, menace, hérisse
ment, grondements, souffle, etc.) et plus du tout de réactions locales.
Un des chats se lécha le derrière, mais une seule fois.
Les réactions gustatives persistaient : jamais du cervelas imprégné
de quinine ne fut avalé (ce qui arrive pourtant parfois chez un chat
normal qui a faim).
On n'observa plus de manifestation sexuelle, pas de réaction à
tonalité agréable, non plus de « ron ron ».
Mais le premier chat, qui gardait la fonction olfactive, pouvait
prendre spontanément de la nourriture placée à distance; lui qui
avait son thalamus absolument intact, se montrait aussi capable, ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 260
rencontrant une natte ou le voisinage tiède d'un poêle, de s'arrêter
et de se coucher.
Ces derniers faits montrent la persistance d'une vie instinctive
liée à des impressions affectives, et cela permet de penser que ces
expériences de Dusser de Barenne tendent à établir une localisation
sous-corticale, non seulement des réflexes « pseudo-affectifs » mais
de ^affectivité.
* H. P.
K.-S. L ASH LEY. —Studies of cerebral function in Learning (Études
de la fonction cérébrale dans l'apprentissage), — Psycnobiology,
II, 1920, p. 55-435.
Recherches faites sur les rats pour l'apprentissage d'un choix
discriminatif entre compartiments clair et sombre, et d'un par
cours sur double plateforme, après ablations cérébrales diverses.
Le« animaux à lésions frontales ou fronto-pariétales sont plus
actifs qu'à la normale (ce qui est en accord avec la notion d'un rôle
inhibiteur de la région antérieure du cerveau). Les autres lésions
sontvsans effet marqué; pour obtenir une pàrésie, il faut une
lésion simultanée du cortex stimulable à effets moteurs et du corps
strié. .
Au point de vue apprentissage, l'enlèvement d'un hémisphère
des régions occipitales, ou frontales, ou pariétales, ou à la fois
frontales et pariétales, "ne diminue pas la capacité des animaux
pour les plateformes ; pour la discrimination visuelle, elle est
abolie par la double ablation occipitale, mais une réacquisition est
possible, si bien que l'auteur pense que lès lobes occipitaux ne
sont pas nécessaires à l'acquisition des habitudes visuelles.
H. P.
ADOLFO M. SIERRA. — Funciones do loslobulos frontales {Fonctions
des lobes frontaux). — Rev. de Fil., VI, 5, 1920, p. 266-268.
Observation d'un médecin de trente-huit ans qui, au cours d'une
sinusite d'origine grippale, fait un abcès comprimant les extrémités
antérieures des circonvolutions frontales. Avant l'opération —
qui amène une guérison complète — on observe une apraxie
marquée, avec incapacité de se servir.du couteau, de la fourchette,
de la serviette. Les. objets sont reconnus et nommés sans hésita
tion, mais l'évocation des mouvements impliquant leur usage sont
impossibles.
- Ce cas est intéressant en ce qu'il semble bien établir un rôle
important des régions frontales dans les fonctions praxiques.
H. P.
A. FAU VILLE. — Étude sur le phénomène psycho-galvanique chez
la grenouille. — Ar. int. de Ph., XVI, 1, 1921, p. 58-63. NERVEUSE. NEUROLOGIE 261 ANATOMO-PHYSIOLOGIE
L'auteur a obtenu un réflexe médullaire (persistant chez l'animal
décérébré) de diminution de résistance (50 à 300 w après 2 à
3 secondes de latence, sur 15 à 25 000 o») sous l'influence dß chocs
d'induction, coexistant, comme on l'a signalé chez l'homme, avec
une variation de potentiel, constatable au moyen du galvanomètre
d'Einthoven..
Le réflexe disparaît par ligature du nerf seasible. et par action du
curare, de l'atropine, et de la pilocarpine même (qui, portant au
maximum l'activité des glandes, ne permet pas un accroissement
réactionnel).
Les glandes cutanées sécrétant un liquide non polarisé dimi
nueraient la résistance, qui reprendrait sa valeur primitive par
polarisation de la sécrétion.
Rappelons, à ce propos, que, si la réaction est due à un réflexe
médullaire chez la grenouille, elle est d'origine cérébrale chez
l'homme et les mammifères.
HP.
ZEEHANDELAAR. — Ontogenese und Phylogenese der Hinters
trangkerne in Verband mit der Sensibilität (Ontogenèse et Phylo
genese des noyaux des cordons postérieurs en rapport avec la sensib
ilité). — Folia neuro-biologica, XII, 1, 1921, p. 1-134. x
Les noyaux de Goll, en rapport avec les membres postérieurs et
ceux de Burdach, dépendant des membres antérieurs, et très petits
chez le Kangourou, font également défaut chez les poissons, et sont
douteux chez les amphibiens ; dans l'embryon de l'homme, ils appa
raissent au stade de 32 mm. de longueur.
En admettant que la dernière sensibilité apparue doive être la plus
élevée, et celle-ci étant assimilable à la sensibilité gnostique, il en
résulte que les noyaux des cordons postérieurs conditionneraient
la connaissance tactile de l'espace, qui l'emporte sur la sensibilité
« vitale» des cordons latéraux. Ces deux sensibilités distinctes sont
également conscientes. Mais il y a des réflexes primitifs spatiaux
antérieurs à ces sensibilités.
H. P.
'A.-G. GUILLAUME. — Le Sympathique et les Systèmes associés. —
2« édition. In-8° de 395 pages. 1921. Paris, Masson et Gie.
La guerre a contribué à mettre en évidence le rôle capital du
sympathique dans la physio-pathologie; or, il n'y avait en langue
française aucun ouvrage au courant des travaux modernes sur-le
système nerveux de la vie organique. On comprend donc le succès
de la monographie de Guillaume, consacrée à ce qu'il appelle le
« système neuro-glandulaire de la vie organo-végétative » (nutrition
et reproduction), et fondée sur une documentation étendue.
Le rôle de ce système — dont les deux sections, glandulaire et
nerveuse, à parenté embryologique étroite, présentent une inter- ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 262
dépendance de régulation réciproque — est considérable dans le
psychisme; la sensibilité organique, qui relève du sympathique
proprement dit (chaîne ganglionnaire thoracique et noyaux médull
aires) et des parasympathiques (céphalique et sacré), intervient
dans l'équilibre mental et dans les déséquilibres des psychoses, et
toute la vie émotionnelle et affective ne peut être envisagée qu'en
connexion avec le système organique.
On saura donc maintenant où trouver des données — jusqu'ici
confuses et éparses — sur l'anatomie et la physiologie de ce
système méconnu. Mais, s'il vient bien à son heure, le livre rachète
en partie cet incontestable mérite par un défaut corrélatif : il a
été fait très vite; la documentation est hâtive, et le sujet n'est
point mûri ni dominé.
Bien souvent une idée ou une critique est admise sans examen
suffisant. Le chapitre sur les émotions se réduit à un exposé de
la conception de Cannon sans aucune indication sur la discussion
expérimentale qu'elle a suscitée et qui ne permet pas de s'y tenir.
Le problème du mécanisme sympathique du tonus n'est pas même
envisagé sérieusement. Tout ce qui concerne la sensibilité est
incomplet, insuffisant, souvent inexact. L'affirmation (p. 42) que
les faits anatomiques montrent qu'aucune dégénérescence cen
trifuge ne succède à la section de la racine postérieure est absolu
ment contredite par une série d'excellents travaux, en particulier
ceux du regretté Ch. Bonne (1897).
Mais, à coup sûr, mieux valait tout de suite une mise au point
hâtive, puisque nous n'avions rien; elle rendra grand service.
H. P.
J. TINEL. — Les algies sympathiques. Presse médicale, n° 27,
1921, p. 263-265.
L'auteur, dans une brève mise au point, montre, par une série
d'arguments, que les causalgies sont bien d'origine sympathique.
L'irritation des filets sympathiques d'un nerf blessé excite les
centres sympathiques correspondants avec diffusion aux centres
voisins, et les troubles vaso-moteurs et sécrétoires qui en résultent
entretiennent l'irritabilité périphérique, qui elle-même perpétue
l'éréthisme central.
Six observations d'algies sympathiques spontanées ayant bien
l'allure de la causalgie sont rapportées.
/ H. P.
Y. NERI. — Importance sémiologique de l'examen électrique de la
sensibilité cutanée. — R. N., XXVII^ 1, 1920, p. 19-20. ;
L'auteur considère la sensibilité électrique comme une variété
de sensibilité cutanée absolument spécifique (!). Il montre avec
raison l'utilité qu'il y a de comparer l'excitabilité directe des
troncs nerveux et celle des récepteurs cutanés et signale des cas ANATOMO-PHYSIOLOGIE NERVEUSE. NEUROLOGIE 263
de dissociation entre la sensibilité à l'excitation faradique et la
sensibilité douloureuse à l'excitation mécanique; enfin il a noté
dans certains cas (tabes) une hypoesthésie faradique avec hyper-
esthésie galvanique. Mais il n'apporte pas, comme l'a fait Le Dantec,
(voir p. 396) un essai d'analyse expérimentale de ces données.
H. P.
J. BABINSKI et J. JARKOWSKI. — De la surréflectivité hyperal
gésique. — R. N., XXVIII, 5, 1921, p. 433-438.
Les auteurs veulent montrer que la distinction clinique entre
mouvements réflexes et mouvements volontaires est plus complexe
qu'on ne le suppose.
Ils mettent en évidence, dans, trois syndromes de Brown Séquard,
le phénomène suivant : une excitation telle que le pincement de la
peau du côté de la lésion hyperalgésique, sans être suivie de mou
vement de ce côté, donne lieu, du côté opposé, à une réaction
motrice brusque, avec grimaces et inspiration bruyante.
■Les malades déclarent que ces mouvements sont indépendants
de leur volonté, qu'ils ne peuvent pas s'y opposer; et la nature
de la réaction n'a pas le caractère d'une réaction voulue. En effet,
dans un des cas, les mouvements étaient à peu près normaux du
côté excité, et pourtant la réaction n'eut Heu que du côté opposé.
D'autre part, il ne s'agit pas de réflexes de défense, lents, avec
flexion du pied, indépendants des sensations : les réactions sont
brusques et rapides, sans flexion du pied, et liées à l'hyperalgésie,
proportionnelles à l'intensité de la douleur, en régression avec elle.
Il s'agit là d'une surréflectivité hyperalgésique, à siège encéphal
ique, exigeant sans doute une réflectivité physiologique, en
rapport avec l'altération des voies sensitives. Les auteurs né pré
cisent pas davantage. Mais on peut faire intervenir dans un tel
cas la réflectivité « affective » de la région thalamostriée, en
rapport avec la sensibilité protopathique de Head.
H. P.
E. BUYS. —>- Contribution à l'étude du nystagmus de la rotation : .
Rapport entre le stimulus et le réflexe. Durée et intensité du
nystagmus de la rotation uniforme. — B. B., LXXXIII, 27, 1920,
p. 1234-1237/
Recherche avec un nystagmographe, et une rotation uniformé
ment accélérée sur 1, 2 ou 3 tours, (accélérations de 0°8, 1°8, 7°, 33°
et 80°).
Le seuil du nystagmus est inférieur à 0°8 d'accélération, tandis
que le seuil de la sensation est supérieur (chez 2 sujets sur 3) ou
très juste égal à 1°8 d'accélération. Au seuil, il y a sensation simple
de rotation ; il faut une accélération plus grande pour que celle-ci
soit perçue comme telle. Mulder (1908) avait déjà trouvé, pour le
seuil de la sensation, une de 2°. ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 264
Le nystagmus post-rotatoire par arrêt brusque (accélération
négative presque instantanée) a une durée, maxima pour une
rotation de 10 tours (en 20 secondes). Le nystagmus « perrotatoire »
se montre composé de deux éléments dissociables, l'intensité, qui
est fonction de la valeur d'accélération, et la durée, qui dépend
des irrégularités de la rotation, et se montre brève quand la rota-
tation est uniforme.
H. P.
HENRI PIÉRON. — De la dualité de la réponse musculaire dans les
réflexes musculo-tendineux. — J. de Ph., XIX, 1, 1921, p. 36-65,
Les formes et le mécanisme nerveux du tonus. — R N., XXVII,
10, 1920, p. 986-1011.
Un exposé des recherches physiopathologiques sur les réflexes
tendineux permet d'établir que ces réflexes constituent une réponse
d'opposition à l'allongement brusque des muscles, réponse à la
fois clonique"(des cellules motrices des cornes antérieures de la
moelle) et tonique (des cellules autonomes des cornes latérales) et
comportant une synergie régulatrice (relâchement et contraction
tonique) dans les muscles antagonistes. L'analyse myographique
de la réponse donne le moyen d'interroger séparément les cellules
motrices et les cellules autonomes, dont le pouvoir réflexe peut
être exaltée ou aboli de façon indépendante. La possibilité d'inter
roger le system« tonique est particulièrement importante.
Le système est d'ailleurs complexe, et il faut distinguer
trois formes de tonus :
1° Un tonus de repos ou tonus résiduel, qui implique un certain
état de raccourcissement des muscles, faible, peu variable à l'état
normal, et régi par les ganglions de la chaîne sympathique;
2° Un tonus d'attitude, raccourcissement variable en rapport avec
la coordination générale des attitudes segmentaires pour le
maintien de l'équilibre ;
3° Un tonus de soutien, analogue impliqué par
les attitudes volontaires des membres nécessitant une contraction
tétanique.
Les voies cloniques (écorce, voies pyramidales, cornes antérieures
de la- moelle) sont entièrement distinctes des voies motrices
toniques d'attitude et de soutien (cervelet, noyau de Deiters, cor
dons antéro-latéraux, cornes latérales) et sont souvent, en pathol
ogie, très inégalement atteintes.
Dans l'état actuel de nos connaissances, on peut tenter une
schématisation des mécanismes anatomo-physiologiqües impliqués
dans les trois formes de tonus, sous la forme d'un tableau (pf 265).
H. P.
Â. SOUQUES. — Des fonctions du corps strié à propos d'un cas de
maladie de Wilson. — R. N., 27, 8, 1920, p. 785-792. — Rapport
sur les syndromes parkinsoniens. — R, N., 28, 6, 1921, p. 534-

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