Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie - compte-rendu ; n°1 ; vol.34, pg 293-432

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L'année psychologique - Année 1933 - Volume 34 - Numéro 1 - Pages 293-432
140 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1933
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II. Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie
In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°1. pp. 293-432.
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II. Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie . In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°1. pp. 293-432.
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'
ANAT.-PHYSIOLOG. NERVEUSE. QUESTIONS GÉNÉRALES 293
convient que la valeur de cette relation n'est guère incontestable.
L'acceptation de cette hypothèse est légitimée néanmoins par sa
grande conformité avec les faits. »
On peut, en partant de ces quelques notions fondamentales,
entrevoir dès maintenant un ensemble .« d'une admirable unité :
les dynamismes mentaux font jouer l'activité volontaire, celle-ci
par son pouvoir de maintien intervient dans les dynamismes sensitifs
qui déterminent les réactions vasculaires, glandulaires, neuromusc
ulaires et du jeu de cette organisation résulte le comportement 'extérieur... »
Les citations de Bühler, Messer, Ach, et surtout de Stout auquel
l'A. se rallie sur bien des points, étayent son développement.
A. G.
78. — CH. M. FRENCH. — Interrelations between psychoanalysis
and the experimental work of Pavlov (Les interrelations entre la
psychanalyse et l'œuvre expérimentale de Pavlov). — Am. J. of P.,
XII, 1933, p. 1165-1203.
Quoique les deux disciplines, ainsi que leurs méthodes, semblent
se trouver aux pôles opposés de la science, l'A. essaye de
trouver des rapports entre elles. En effet, si l'une est analytique,
l'autre est synthétique, si l'une est psychologique l'autre est phy
siologique et organique. Cependant en examinant d'un peu plus
près les deux disciplines, on trouve bientôt un rapport entre l'inhi
bition externe et interne dans le sens de Pavlov et la répression en
psychanalyse. Le processus de sublimation a également son analogue
dans l'inhibition « progressivement différentielle » de la réflexologie
de Pavlov. Une troisième ressemblance existerait entre le rayon
nement de l'excitation provenant d'un désir et le phénomène d'in
duction selon Pavlov. L'A. tire de cette étude une conclusion d'ordre
général, à savoir que les conditions nécessaires pour produire un
processus d'excitation d'une façon générale, sont analogues aux
conditions indispensables pour obtenir le degré d'excitation dans
lequel le processus d'apprentissage devient possible. Ces conditions
sont : 1° un besoin non satisfait ou un conflit ; 2° une intensité de
ce besoin ou de ce désir ne dépassant pas une certaine limite.
J. A.
II. — Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie
1° Questions générales
79. — N. RASHEVSKY. — The theoretical physics of the cell as a
basis for a general physico-chemical theory of organic form (La
physique théorique de la cellule comme fondement d'une théorie
physico-chimique générale des formes organiques). — Protoplasma,
XX, 2, 1934, p. 180-188. ,
L'auteur a consacré toute une série de travaux à un essai de
représentation physico-mathématique des processus biologiques,
croissance, cytotropisme, excitation et inhibition, morphogenèse. 294 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
C'est ce dernier point de vue qui est spécialement envisagé dans cette
nouvelle étude.
Il y a, selbn R., se fondant sur des considérations thermodynam
iques, deux sortes de forces qui peuvent s'exercer dans les relations
entre cellules, l'une d'attraction qui serait l'effet de l'irritabilité, et
l'autre de répulsion, dépendant du métabolisme.
Or, en examinant les formes géométriques diverses qui peuvent
être prises par des agrégats cellulaires — à partir d'une disposition
sphérique — sous l'influence de ces deux forces en jeu dans des
combinaisons variées, R. trouve qu'on obtient en somme les formes
générales que révêtent les organismes dans la nature. H. P.
80. — EFIMOV. — Essai d'application, à titre d'hypothèse de travail,
de quelques lois de la théorie physique des quanta à l'étude de
l'activité et de la fatigue neuro-cérébrale. — Scientia, LIV, 7,
1933, Suppl. français, p. 8-24.
On peut supposer que certaines lois sont applicables à toutes les
branches de la science ; celle qui se trouve à la base de la théorie
physique des quanta appartient à cette catégorie, et peut être appli
quée aux phénomènes de l'activité et de la fatigue neuro-cérébrale.
Un certain nombre de faits, observés par l'auteur plaident en faveur
de cette hypothèse. Lorsque le sujet fait des ergogrammes avec une
hauteur de soulèvement imposée, la fréquence des soulèvements
décroît par bonds, à mesure que le sujet se fatigue. De même, lorsque
la hauteur des soulèvements n'est pas imposée, le travail fourni
décroît par bonds.
Les durées des « bonds » et le travail qui leur correspond se laissent
exprimer en nombres simples. Le tapping test, réalisé par E. montre,
d'après l'auteur, des variations de fréquence que la théorie faisait
pressentir. L'auteur expose également les résultats de recherches
faites sur un travail industriel rapide et continu (fixation du fil
dans une lampe à incandescence). En somme Fauteur croit pouvoir
affirmer que le système nerveux, lors de son activité maxima,
dépense son énergie en portions isolées, c'est-à-dire sous la forme de
quanta. Il ne s'agit pas d'une théorie physique ou neuro-physiolo
gique qui porte sur un mécanisme précis du fonctionnement nerveux
(comme la théorie des neuro-quanta de M. Piéron). Le fait de trouver
une discontinuité et une évolution « par bonds » dans le travail
humain suggère à l'auteur une analogie avec ce qui se passe, à une
tout autre échelle, dans le monde physique. A. C.
81. — S. RAMON Y CAJAL. — Neuronismo o reticularismo. Las
pruebas objetivas de la unidad anatomica de las celulas nerviosas
(Neuronisme ou réticularisme ? Les preuves objectives de Vunité
anatomique des cellules nerveuses). — Ar. de Neurob., XIII, 2,
1933, p. 217-291.
Dans cet important mémoire du grand maître de l'histologie
nerveuse, et où une première partie du travail — qui reste à suivre —
figure seulement, est exposé l'historique de la conception du neurone,
avec les preuves histologiques de l'individualité des éléments cel
lulaires et la discussion des objections faites. Signalons en particulier ANAT.-PHYSIOLOG. NERVEUSE. QUESTIONS GÉNÉRALES 295
l'examen avec nombreuses figures des modalités de terminaisons
périphériques des neurones afférents, cochléaires, vestibulaires et
rétiniens. H. P.
82. — C. JUDSON HERRICK. — The evolution of cerebral loca
lization patterns (L'évolution des schemes de localisation cérébrale).
— Science, LXXVIII, 1933, p. 439-444.
Importante étude de synthèse très condensée de l'auteur dont
les travaux se fondent sur le point de vue phylogénétique, dans
l'interprétation -des données d'anatomie comparée. De grandes dif
férences se rencontrent d'après H. du fait de la prédominance variable
des grands types sensoriels qui ont des caractéristiques fort hété
rogènes suivant que l'emporte l'odorat, l'ouïe ou la vue.
Les odeurs comportent qualités multiples et intensités, mais
non une discrimination spatiale ou temporelle ; les connexions cen
trales des voies olfactives fournissent corrélativement un appareil
lage développé de sommation, avec activation globale non spécifique
des autres systèmes sensori-moteurs.
L'ouïe est un sens essentiellement temporel, avec une localisation
spatiale imparfaite, et, corrélativement, les connexions centrales
du nerf auditif n'impliquent pas de « patterns » spatiaux en relation
avec la destruction des cellules sensorielles du limaçon.
La vision au contraire, sens fondamentalement spatial, manifeste
dans les connexions optiques des localisations très précises.
L'auteur rappelle l'histoire phylogénétique reconstituée du centre
visuel thalamique, le corps genouillé latéral, montrant comment, à
partir d'une zone non spécifique de substance grise centrale s'est
dégagé progressivement un centre présentant des localisations spé
cifiques précises.
Chez le Necturus, type d'amphibien primitif, le thalamus est
petit et encore indifférencié, sa partie dorsale est le précurseur du
thalamus des mammifères ; on y voit les corps cellulaires réunis de
façon dense en couche grise périventriculaire avec des caractères
embryonnaires encore, sans différenciation de noyaux spécialisés.
Les arborisations des dendrites de chaque cellule vont diffuser dans
le champ entier du thalamus sensoriel ; le tractus optique, dans son
ensemble, peut agir sur tous les systèmes du lemniscus (venant de
la moelle, du bulbe, du toit du cerveau). Ce thalamus sensoriel est
donc un noyau diffus ; ce n'est que dans la substance blanche, dans
le groupement des fibres, qu'on peut trouver des champs locaux
d'un « neuropil » par synapses spécifiques. Il y a un groupement
d'arborisations de collatérales du tractus optique qui, sans corps
cellulaires, constitue le système précurseur du corps genouillé latéral.
On distingue, chez le Necturus, trois de ces groupement synap-
tiques ou neuropils.
Chez la grenouille une migration de corps cellulaires (neurotaxis)
se fait vers le neuropil, le champ synaptique central de substance
blanche.
Chez les reptiles le corps genouillé latéral achève de se constituer,
mais sans que se soit encore constitué un faisceau de projection
optique spécifique gagnant un hémisphère cérébral (ou du moins un 296 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tel faisceau se limite encore à quelques fibres, bien peu nombreuses).
Chez les mammifères, le corps genouiUé latéral se différencie :
une partie ventrale reçoit des fibres optiques et le bas du tubercule
quadrijumeau supérieur, assurant des réflexes visuels thalamiques,
sans relation avec l'écorce (homologue du corps genouiUé latéral des
reptiles) ; une partie dorsale nouvelle se constitue qui représente le
noyau spécifique des fibres de projection optique aboutissant à
l'aire 17 de Brodmann (cortex strié occipital) ; très développé chez
les Primates, ce noyau dorsal comprend une localisation extrêmement
fine et précise.
Le thalamus primitif avec ses champs synaptiques diffus, à pr
édominance olfactive en avant, optique et acoustique en d'autres
points, est un appareil d'intégration capital pour le contrôle des
types archaïques d'actions globales, la régulation générale des tissus,
sans localisations fonctionnelles.
Et chez les Amphibiens, au pallium primordial, les trois zones
du neuropil convergent vers un champ unique, sans différenciation.
Le cerveau est caractérisé par les fonctions d'intégration pour
les activités globales, de réactivité locale, et de conditionnement
associatif.
Le progrès comporte à la fois un développement considérable de
l'appareil associatif et du système d'intégration non spécifique d'un
côté, et de la localisation fonctionnelle des champs corticaux en
relation avec les fibres de projection pour le système des réponses
locales, de l'autre. Il y a donc développement de types cellulaires
spécialisés pour les fonctions définies, les « patterns » de comporte
ment stable innés ou acquis avec groupements localisés, et du tissu
non spécifique, labile de structure et de fonction, activé par les
éléments du premier type, où se forment des « patterns » transitoires
dont la fluidité caractérise le fonctionnement dynamique du cerveau.
H. concilie ainsi les thèses opposées sur le fonctionnement global
du cerveau et les localisations fonctionnelles. H. P.
83. — K. S. LAHSLEY. — Integrative functions of the central cortex
(Fonctions intégratives du cortex cérébral). — Physiological
Reviews, XIII, 1, 1933, p. 1-42.
Cette revue, qui fait état de 180 travaux dont un grand nombre
dus à L. lui-même, envisage les questions de méthode, le rôle du
cerveau dans l'apprentissage, le problème de l'action quantitative,
et la facilitation non spécifique. .
La conclusion, conforme aux données des travaux de L., c'est
qu'il y a une mutuelle dépendance des parties du cerveau, dans
laquelle interviendrait moins la spécialisation des structures que la
masse du tissu ; pour certaines fonctions, soit dans la masse entière
du cerveau, soit à l'intérieur de certaines régions, les parties subor
données seraient toutes également capables d'assurer les fonctions
du tout. Et même dans les zones de spécialisation extrême (zones
visuelles ou motrices) des faits d'équivalence s'opposeraient à une
localisation étroite de connexions intercellulaires, et il faudrait
faire intervenir les schemes dynamiques (dynamic patterns) d'orga
nisation comme Bethe en a proposé pour l'organisation spinale. ANAT.-PHYSIOLOG. NERVEUSE. QUESTIONS GÉNÉRALES 297
II est regrettable que L. ne différencie pas plus nettement les
études faites sur des types de mammifères dont la « corticalisation »
suivant l'expression de Dusser de Barenne, est très inégalement
évoluée. Il a lui-même travaillé surtout sur le rat, encore assez peu
« corticalisé » et cela a eu une grande influence sur ses conceptions
générales. H. P.
84. — I. P. PAVLOV. — Die Physiologie der höchsten Nerventät
igkeit (La physiologie de Vactivité nerveuse supérieure.) —
XIVe Congrès intern, de Physiologie. Broch. in-8° de 18 pages,
Tivoli, 1932.
Ce qui caractérise les processus physiologiques centraux dans
l'activité normale des phénomènes cérébraux, c'est le réflexe condi
tionné, liaison temporaire que les psychologues ont appelée l'asso
ciation. Le conditionnement de l'activité supérieure de l'écorce est
assuré par des activités — nutritive, protectrice, etc. — de siège
sous-cortical, instincts, tendances que les psychologues appellent
aussi émotions (?), et qui sont des réflexes complexes inconditionnés.
Les hémisphères cérébraux assurent un élargissement des réflexes
inconditionnés par les réflexes conditionnés, réagissant à des signaux,
et permettant à l'organisme de vivre avec plus de sécurité et de
rectitude dans son milieu.
Né d'une simultanéité entre stimuli indifférents et réaction
réflexe absolue, le réflexe conditionné s'évanouit — du moins moment
anément — quand la répétition de la simultanéité cesse, et si le
stimulus se répète isolé ou associé à d'autres manifestations, le
réflexe s'éteint.
Par ces mécanismes se produit une différenciation, une analyse
du monde extérieur ; et avec les processus combinés d'analyse et de
synthèse se développe une pensée concrète élémentaire. Il s'agit là
de l'activité dite psychique, ou activité nerveuse supérieure.
P. complète cet exposé par le résumé de ses conceptions fondé
sur le travail de son laboratoire sur les processus et les lois de cette
activité, en y comprenant ses recherches sur les névroses.
H. P.
85. — J. G. DUSSER DE BARENNE. — « Corticalisation » of func
tion and functional localization in the cerebral cortex (« Corti
calisation » de fonction et localisation fonctionnelle dans le cortex
cérébral). — Ar. of N., XXX, 1933, p. 884-901.
Il y a, chez les mammifères, suivant les espèces, un inégal degré
de « corticalisation » des fonctions, de transfert vers Pécorce des
centres fonctionnels, et les diverses fonctions, pour une même espèce,
sont inégalement corticalisées, la vision paraissant bien l'être au
maximum chez les mammifères supérieurs : la localisation est précise
et stricte, les atteintes destructives ne comportent pas de récupérat
ion fonctionnelle.
Les recherches de l'auteur sur le cortex sensitif et moteur (en
particulier par les méthodes de strychninisation) indiquent un type
d'organisation corticale moins complet ; la localisation apparaît plus
diffuse, à l'intérieur des grandes subdivisions tout au moins ; les ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 298
perturbations fonctionnelles sont susceptibles de réparation notable ;
il y a une certaine instabilité, une capacité de changement dans les
relations du cortex moteur et de la musculature. H. P.
86. — FR. TILNEY. — Behavior in its relation to the development
of the brain (Le comportement dans son rapport avec le dévelop
pement cérébral). — Bulletin of the Neurological Institute of
New- York, III, 1933, p. 252-358.
Important ensemble de recherches minutieuses sur le rat blanc»
d'où se dégage la différenciation de trois phases de développement.
A la phase embryonnaire, on note d'abord des contractions musc
ulaires limitées, puis des réflexes, enfin des réponses nettes à des
stimulations ; les hémisphères, le mésocéphale et le cervelet sont
encore hors d'état de fonctionner ; il y a au moment de la naissance,
stratification du pallidum et différenciation cellulaire corticale (à
6 couches) débutant dans le bulbe olfactif, et dans le diencéphale.
S'il y a un progrès de la corticale dans les jours
qui suivent la naissance, avec distinction nette de 4 grandes divisions
(bulbaire, paléo, archéo, néo) la structure est encore très primitive.
Il y a à ce moment des fonctions d'adaptation immédiate (respiration,
tétée, reptation, redressement). Puis des réactions s'esquissent
(grattage), les fonctions de nutrition s'affermissent (en relation avec
le développement du corps strié et du cortex olfactif).
Enfin, entre le 5e et le 10e jour, la différenciation corticale se
montre déjà très avancée, et le progrès du comportement s'accélère.
Le cervelet achève son développement avant le néocortex.
Les premiers faisceaux myélinisés au niveau du diencéphale
sont le faisceau olfactif latéral, le faisceau du septum, la commissure
antérieure, la fraction moyenne du centre ovale. H. P.
87. — E. P. MAIOROV. — Les faits les plus complexes de la physio
logie nerveuse supérieure (en russe). — Tr. L. P., V, 1933,
p. 255-320.
Ce travail fut entrepris dans le but de prouver l'existence d'une
conductibilité bilatérale de l'excitation dans les hémisphères céré
braux. Or il fut décidé de produire une connexion d'un point quel
conque du cortex avec deux centres sous-corticaux, notamment :
de lier le point cortical de l'excitant sonore (120 coups de métronome
par minute) d'abord avec le point moteur du sous-cortex (en renfor
çant le métronome par un courant induit) et ensuite avec le centre
alimentaire (en le renforçant par l'alimentation).
L'auteur comptait, que de cette façon le chien lèverait la patte
chaque fois que son excitabilité alimentaire serait augmentée, autre
ment dit, usant d'un terme psychologique, chaque fois que le chien
« voudrait manger ».
Le réflexe conditionnel de défense à 120 coups de métronome fut
élaboré promptement. Ensuite l'auteur élabora une différenciation
à 60 coups du métronome. Puis il aborda la solution du problème
lui-même, c'est-à-dire la formation de la connexion de l'excitant
conditionnel avec un autre centre sous-cortical, notamment le centre
alimentaire. ANAT.-PHYSIOLOG. NERVEUSE. QUESTIONS GÉNÉRALES 299
Cependant il se trouva impossible de renforcer le métronome i20
par l'alimentation, car en même temps on renforçait aussi l'acte
lui-même du soulèvement de la patte, ce qui était absolument inad
missible, par le sens même du travail.
Alors il fut décidé de renforcer, non le métronome 120 mais la
différenciation M60, en calculant que le M60, étant devenu un exci
tant conditionnel, l'excitation communiquée au point cortical du
M60 serait transférée vers le point cortical de M120, grâce à l'irradia
tion, et se manifesterait par le soulèvement de la patte.
Cependant la transformation du M60, en excitant conditionnel
alimentaire se fit avec une grande difficulté et provoqua une série de
phénomènes compliqués du plus grand intérêt :
1) Après que le M60 commença à provoquer une réaction condi
tionnelle alimentaire, une salivation apparut également durant les
intervalles qui suivaient l'application du M120. Ce fait a pu être observé
pendant toute la durée du travail. Ainsi le M120 avait acquis une
double fonction positive — celle d'un excitant de défense et celle
d'un excitant alimentaire ;
2) Un soulèvement de la patte apparut durant les pauses, qui
suivaient l'application du M60, ce qui est facilement expliqué comme
le résultat d'une désinhibition successive, accomplie par l'irradiation
de l'excitation alimentaire du centre alimentaire vers le point cor
tical du M60 ;
3) Le soulèvement de la patte, qui accompagnait le M60, disparut
graduellement, mais en même temps disparut aussi la réaction
conditionnelle alimentaire, évoquée par lui. Désormais, si même elle
avait lieu, bien que très rarement, elle était toujours insignifiante.
Cette difficulté de former un réflexe conditionnel alimentaire du
M60 s'explique de la façon suivante : le M120 qui précédait toujours
le M60 évoquait toujours une induction négative au point du M60,
et cette induction opposait une résistance à l'effet excitateur du ren
forcement alimentaire ;
4) Quand l'application du M120 fut supprimée, le M60 s'affermit
bientôt dans sa valeur alimentaire et donna désormais une bonne
réaction conditionnelle alimentaire. En même temps le M60 évoquait
aussi un abaissement (inhibition) de la patte, qui se soulevait durant
les intervalles entre les deux excitants. On voit que le M60 possédait
une double fonction — une fonction positive (alimentaire) et une
fonction négative (inhibitrice) ;
5) Durant la période où le M120 fut temporairement omis, on
put constater durant les intervalles entre l'application des exci
tants, le renforcement d'un fait, qui auparavant n'avait pu être
observé que de temps en temps, notamment du soulèvement spontané
de la patte et d'une salivation spontanée. Ce phénomène avait lieu
de quinze à vingt fois durant l'intervalle, tout l'entourage de la
chambre expérimentale étant devenu lui-même un excitant condi
tionnel alimentaire. Usant un terme psychologique le chien, voulait
manger « durant les intervalles, en exprimant son désir » par le
soulèvement de la patte.
Or nous pouvons faire les conclusions suivantes :
1) Le même excitant conditionnel peut posséder une double 300 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fonction positive, ce qui prouve l'identité des processus excitateurs,
surgissant de différentes sources, dans notre cas, du centre de
défense et du centre alimentaire sous-corticaux ;
2) Le même excitant conditionnel peut avoir une double fonction,
positive et inhibitrice en même temps ;
3) On peut constater dans ces expériences un cas spécial de
désinhibition de la différenciation motrice, pendant sa post-action,
évoquée par le renforcement alimentaire de la différenciation. On
peut aussi constater une désinhibition de cette différenciation durant
le fonctionnement de l'excitant conditionnel alimentaire ;
4) Les difficultés de la transformation de la différenciation
motrice M60 en un excitant alimentaire positif conditionnel s'expl
iquent par le raffermissement de l'effet inhibiteur du M60, dû à l'induc
tion négative, agissant du point cortical de l'excitant de défense M120 ;
5) Le fait que, de temps en temps, inopinément, durant le cours
de l'intervalle, le chien soulève simultanément la patte de derrière
gauche, salive et se lèche les lèvres, montre que de nouvelles liaisons
corticales, qui n'ont pas été spécialement élaborées, peuvent se
former d'elles-mêmes dans les hémisphères cérébraux du chien.
N. P.
88. — E. L. THORNDIKE. — A theory of the action of the
after-effects of a connection upon it (Une théorie de V action
consécutive d'une connexion sur cette dernière). — Ps. Rev., XL.
5, 1933, p. 434-439.
L'éminent psychologue américain expose sous une forme reman
iée sa conception de l'effet consécutif (ou rétroactif) d'une connexion :
Un état de choses qui satisfait l'animal renforce par son influence
toute activité ou toute condition des neurones (désignée par la
lettre G) sur laquelle son action s'exerce. Les C qui subissent surtout
cette action sont ceux qui étaient récemment ou qui seront pro
chainement en action. Ce sera, en particulier, le cas d'un scheme ou
d'une organisation de neurones qui est affectée par l'action de
l'agent de satisfaction (the satisfier) ; mais, tout spécialement,
l'influence de ce qui satisfait portera sur un groupe plus ou moins-
unitaire de C, auquel cet agent « appartient ».
Th. appelle la réaction inconnue des neurones suscités par l'état
de choses qui satisfait l'animal et qui renforce les connexions affec
tées, « réaction confirmative ». Celle-ci semble dépendre souvent
d'un « contrôle supérieur » qui est exercé sur les neurones par cer
tains besoins ou impulsions de l'animal.
La puissance de la « réaction confirmative » est, d'autre part
relativement indépendante de l'intensité du « producteur » de la
satisfaction.
En ce qui concerne la question de savoir sur quel mécanisme ou
processus la réaction confirmative est fondée, Th. répond que « la
force et le mécanisme de la réaction confirmative, c'est le
et la force du renforcement appliqué à une connexion ». P. K.
89. — I. N. FILIMONOFF. — Ueber die Variabilität der Grosshirn
rindenstruktur. Mitt. I. Allgemeine Betrachtungen (Sur la varia- ANAT.-PHYSIOLOG. NERVEUSE. QUESTIONS GÉNÉRALES 301,
bilité de la structure du cortex cérébral. Comm. I. Considérations
générales). — Mitt. II. Regio occipitalis beim erwachsenen
Menschen (Région O. chez Vhomme adulte). — Mitt. III. R. o. bei
den höheren und niederen Affen (Région O. chez les singes supé
rieurs et inférieurs). — J. für Ps., XLII, 3-4, 1931, p. 210-230,
XLIV, 1-2, 1932, p. 1-96 et XLV, 2-3, 1933, p. 69-137.
F. a entrepris un gros travail d'architectonie comparée ; il se
propose notamment de rechercher les caractères raciaux et ceux des
sujets d'élite, pour ouvrir la voie aux corrélations loco-fonctionnelles
complexes. Il fallait d'abord choisir une bonne technique de mesure
des champs et F. a tâché d'obtenir avec précision, non des dimensions
absolues, mais la grandeur relative des champs d'un hémisphère.
La première application, sur 13 hémisphères humains, montre
que la variabilité des aires cytotectoniques, bien que très grande
dans la région O (F. distingue plusieurs types), n'atteint qu'environ
60 % de celle des circonvolutions ; l'indice de dispersion est de
26 pour le champ 17, contre 44 pour la calcarine.
Examen de 7 hémisphères d'Orang et 6 de Cercopithèques ;
comparaison avec l'homme. La variabilité des proportions macrosco
piques et architectoniques est encore grande chez l'Orang, nettement
moindre chez les singes inférieurs, pour lesquels seuls on pourrait
établir une carte ayant quelque valeur générale. F. donne un tableau
comparatif des dimensions moyennes. Celles qui varient (en gran
deur relative) placent l'Orang tantôt plus près de l'homme (c'est
surtout le cas des rapports macroscopiques), tantôt plus près des
singes inférieurs. Cette variété de relations empêche de regarder
l'orang comme une transition vers l'homme, et F. conclut en faveur
de 2 séries venant d'un tronc commun et évoluant dans 2 direc
tions voisines, les caractéristiques de l'homme étant presque toujours
plus voisines de celles de l'orang, que de celles des singes inférieurs.
Dans quel sens évolue le lobe O ? Par rapport à l'ensemble du
cortex, il diminue ; par rapport à lui, le champ 17 diminue, pendant
que 18 et 19 augmentent. De plus il y a déplacement, surtout du
champ* 17, de la convexité vers le pôle puis la surface médiane, où
le lobe O est operculisé progressivement par le lobe P, l'inverse ayant
lieu dans la zone convexe. G. D.
90. — CARL CENI. — Die Wechselwirkungen zwischen Hirn und
Seelenleben und Innenorganen in ihrer Bedeutung für das Leb^n
(Les influences réciproques entre le cerveau et la vie psychique
ou les organes internes dans leur signification vitale). — Ar. Su.
de Neur., XXJXII, 1, 1933, p. 7-17.
L'auteur résume les résultats de ses recherches expérimentales
de physiologie cérébrale en rapport avec les instincts maternels
chez la poule couveuse et la chienne qui allaite, recherches publiées
dans un grand ouvrage de 1922 déjà très imprégné de théorie (Cf.
An. Ps., XXIV, p. 235-237), et d'autre part ceux de son laboratoire
physiologique de Bologne (de lui-même et de plusieurs de ses élèves)
relatifs à l'influence que des lésions cérébrales exercent, non plus
cette fois sur des instincts, mais sur des fonctions de glandes et
d'organes internes.

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