Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie - compte-rendu ; n°2 ; vol.34, pg 433-447

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L'année psychologique - Année 1933 - Volume 34 - Numéro 2 - Pages 433-447
15 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : dimanche 1 janvier 1933
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II. Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie
In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°2. pp. 433-447.
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II. Anatomo-Physiologie nerveuse. Neurologie . In: L'année psychologique. 1933 vol. 34, n°2. pp. 433-447.
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une amélioration est survenue par rééducation). — Ar. of N.,
XXIX, 1933, p. 162-165.
L'un des auteurs s'est attaché à partir de 1906 à la rééducation
d'une femme de 48 ans, aphasique et hémiplégique droite depuis
deux ans à la suite d'une attaque. En 1914, cette femme marchait
avec une canne, et avait recouvré un vocabulaire d'environ 500 mots,
correctement utilisés et assez bien prononcés pour être compris ;
elle n'avait pas réussi à écrire spontanément ni sous dictée, mais
pouvait copier en cursive les mots imprimés.
Morte de pneumonie en 1929 (25 ans après l'ictus), on trouve
à l'autopsie une grande cavité lésionnelle de l'hémisphère gauche
intéressant la 2e et la 3e frontale (cortex compris) jusqu'au corps
strié et à la paroi ventriculaire, le lobe temporal étant resté intact.
Les autres régions et l'hémisphère droit étaient microscopiquement
intacts. Malheureusement les données anatomiques publiées sont
très imprécises, en ce qui concerne la délimitation de la zone atteinte,
et ne fournissent pas de document vraiment utilisable. H. P.
336. — A. ROUQUIER. — Le mécanisme psyeho-physiologique
d'un cas d'aphasie pithiatique. — Enc, XXVIII, 1933, p. 294-301.
Entre l'aphasie organique qui s'accompagne de tous les symp
tômes neurologiques d'une lésion en foyer et l'aphasie véritabl
ement pithiatique, c'est-à-dire exclusivement imputable à la sugges
tion et radicalement curable par contre-suggestion, il y a place pour
une autre sorte d'aphasie qui ne peut être guérie que par rééducation :
tel le cas ici rapporté qui avait débuté en môme temps qu'un état
de stupeur confusionnelle à la suite d'un choc émotif. C'est seulement
en exerçant le malade à coordonner les mouvements nécessaires à
la phonation qu'il a été possible de lui restituer la parole. L'A.
suppose que, s'il était possible de pratiquer en pareil cas un examen
histologique, on constaterait une déformation des cellules pyra
midales de la région motrice. H. W.
337. — H. D. SINGER et A. A. LOW. — Acalculia (Henschen)
(Acalculie de Henschen). — Ar. of N., XXIX, 1933, p. 467-498.
L'incapacité d'accomplir des opérations arithmétiques même
simples accompagne souvent l'aphasie, et Henschen a publié 260 cas
de ce qu'il a appelé 1' « acalculie ».
Les formes pures sont rares.
Les auteurs apportent une observation soigneuse d'un gérant
industriel âgé de 44 ans, trouvé inanimé dans son garage où il dut
être intoxiqué par de l'acide de carbone, n'ayant repris connaissance
qu'au bout de 2 jours et demeuré aveugle 3 semaines, avec amnésie
complète et récupération lente, traité dans un service de maladies
nerveuses.
On note à ce moment des troubles apraxiques ; le malade ne peut
s'habiller lui-même, et il présente un curieux renversement spatial ;
il met sa jambe gauche dans la branche droite du pantalon par
exemple, et il inverse l'ordre des chiffres en écrivant des nombres.
Il ne présente pas de troubles de la sensibilité ou de la réflecti
vité, mais il ne peut lire l'heure, a du mal à trouver le nom des
l'année psychologique, xxxrv 28 434 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
objets, ou à trouver les objets dont on lui donne le nom, ainsi qu'à
indiquer leur usage ; la lecture en revanche est correcte, à cette
réserve près que sont fréquemment prises l'une pour l'autre les
lettres caractérisées surtout par une orientation latérale (le p et le q,
le b et le d). Les phrases, même longues, sont correctement répétées.
L'écriture est plus atteinte ; les mots écrits en orthographe
phonétique. Il n'y a pas d'hémianopsie décelable, et pourtant, quand
le malade constitue des mots avec des lettres d'un alphabet mobile,
il ne prend jamais les lettres qui se trouvent à sa droite.
Les couleurs sont bien nommées et correctement assorties.
Il a dû y avoir de l'agnosie au début, mais passagère (les doigts
n'ayant pas été distingués pendant environ 2 mois).
La série des nombres est bien récitée à l'endroit, mais avec beau
coup d'erreurs dans la récitation à l'envers.
Des séries d'objets sont comptées sans erreur jusqu'à dix, sépa
rées en deux moitiés, mais dès que les dix sont dépassés, les erreurs
surviennent.
Les opérations même les plus simples (5+6 par exemple) sont
impossibles au début, la rééducation ayant amené des progrès, plus
rapides, chose curieuse, pour la multiplication que pour l'addition.
La manipulation de la monnaie a été toutefois possible assez
correctement.
En examinant la perception des nombres (lecture ou copie écrite)
en présentation brève (tachistoscopie) , on s'aperçoit qu'il y a une
grande difficulté. Si les nombres de 2 chiffres sont parfois lus à
la lre, et en tout cas à la 2e présentation, il faut 3 ou 4 expositions
pour les nombres de 3 chiffres, et les nombres de 4 et 5 chiffres ne
sont plus jamais perçus correctement.
Et, pour dire le nombre de points d'un groupe (même limité à
2 ou 3), même après plusieurs présentations, le malade montre une
incapacité complète, celle de saisir, en somme, des entités disconti
nues en un acte de perception unique.
Les mots monosyllabiques de 4 lettres sont lus en 1, 2 ou 3 pré
sentations, mais seulement lettre par lettre, et de droite à gauche,
nouvelle manifestation de l'inversion spatiale. Les mots disyllabiques
ne sont jamais lus après présentations tachistoscopiques répétées.
Les abréviations symboliques sont comprises.
L'écriture des nombres de 2 chiffres sous dictée est correcte.
Au delà, il semble que la synthèse ne se fasse pas ; par exemple
242 dicté est écrit 200 42 ; 2.500 est écrit 2.000 500 (et relu 2.500).
Pour la lecture en laissant un temps illimité, on constate qu'elle
n'est correcte que quand il n'y a pas plus de 3 ou 4 chiffres autres
que les zéros, jusqu'à 6 chiffres (340.000) avec des zéros.
L'estimation des grandeurs est correcte s'il n'y a pas d'opération
arithmétique nécessaire.
La répétition immédiate va jusqu'à 3 mots monosyllabiques et
3 nombres de 2 chiffres:
L'arrangement de lettres et de chiffres manifeste des disposi
tions très désordonnées, la copie des dessins est maladroite.
Les tests intellectuels (définitions, oppositions, synonymes, etc.)
sont très bien réussis. NEURO-PATHOLOGIE 435
En somme cette acalculie est liée à deux troubles, la construction
d'un ensemble avec des parties discontinues et l'atteinte de la struc
turation spatiale (conformément à l'opinion de Lange, voyant dans
l'acalculie un effet de l'atteinte de la catégorie de direction spatiale).
Il eût été intéressant d'avoir des données précises sur la motric
ité oculaire et certaines fonctions visuelles complexes. H. P.
338. — A. JELLINEK. — Beobachtungen bei Amusie and ihre
musikpsychologischen Parallelen (Observations sur Vamusie et
les phénomènes parallèles de la psychologie musicale). — Z. f.
Ps., GXXVIII, 1933, p. 281.
L'amusie produite par des lésions cérébrales offre des troubles
parallèles à ceux qu'on observe à l'état normal chez les débutants
ou dans des passages difficiles : par exemple l'impossibilité de dis
socier la mélodie et les paroles, de chanter la mélodie sur une seule
voyelle, de tenir, sans la répéter, cette voyelle en passant du staccato
au legato, de chanter une mélodie qu'on entend jouer par un instru
ment (alors qu'on peut la reproduire d'après le chant) ; de maintenir
l'égalité du temps, dans des passages de difficulté motrice différente,
ou de varier le temps à volonté, etc. P. G.
339. — J. LHERMITTE et J. O. TRELLES. — Sur l'apraxie pure
constructive. Les troubles de la pensée spatiale et de la somato-
gnosie dans l'apraxie. — Enc, XXVIII, 1933, p. 413-444.
Il est impossible d'opposer radicalement l'apraxie et l'agnosie.
Entre l'apraxie dite idéatoire, dans laquelle certains ne veulent voir
qu'une agnosie d'utilisation, une apractognosie, et Papraxie idéo-
motrice il y a une série d'intermédiaires qui dépendent du niveau
où siège la lésion.
Dans toute apraxie, comme dans l'agnosie, il y a un trouble de la
pensée spatiale. Mais ce trouble ne porte pas sur l'espace extérieur,
sur la perception de l'espace où se localisent les objets, ni sur la
perception des objets elle-même. Il ne touche qu'à la représentation
du corps propre. C'est l'abolition de cette représentation qui rend
impossibles les différents mouvements exécutés volontairement :
mouvements d'imitation, sur commandement, expressifs, descriptifs, transitifs — alors que les fonc
tions motrices en elles-mêmes sont intactes et que les mouvements
automatiques et réflexes demeurent possibles. La lésion dont l'apraxie
dépend paraît intéresser spécifiquement la région pariétale et par
ticulièrement celle du gyrus supramarginalis et du gyrus angularis.
H. W.
340. — J. TARNE AUD. — Les dyskinésies de la parole et du chant.
— Annales d'Otolaryngologie, 1932, p. 864-890.
Les troubles du tonus dans la parole et le chant engendrent des
dyskinésies vocales, troubles phoniques fonctionnels, à distinguer
de ceux qui sont dus à des lésions organiques. L'épreuve d'assourdis
sement de Lombard* qui supprime le contrôle acoustique de la
voix et permet de déceler les aphonies simulées, fournit des rense
ignements importants sur les troubles constatés. •
436 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
L'auteur donne 14 observations de ces dyskinésies fonctionnelles
impliquant une discordance' entre les intentions motrices et le résul
tat, par hypertonicité (raucité de la voix) et hypotonicité.
Ces troubles ont diverses origines (mauvaises habitudes vocales,
fatigue, etc.). H. P.
341. — O. MARGHESANI. — Ueber die Befunde am Sehnerven
bei Stirnhirnerkrankungen (Constatations sur le nerf optique
dans le cas de maladies du lobe frontal). — Ar. für Aug., CVII,
1933, p. 238-250.
Cinq cas de tumeur du lobe frontal, différant par la localisation
ou le stade, montrent que le complexe de symptômes est très variable.
L'atrophie finale du nerf résulte de la compression ; pour le scotome
central du stade initial, l'auteur, qui rappelle les explications pro
posées, n'en trouve aucune satisfaisante. G. D.
342. — L. TO KAY. — Blindheit bei doppelseitiger Mikrogyrie der
Galcarinagegend (Cécité par microgyrie bilatérale de la région
p.' 426-439. calcarine). — Ar. für O., CXXIX, 3, 1933,
Cas d'hérédité alcoolique, cécité très précoce, épilepsie à 5 ans.
Atrophie dissymétrique dans le lobe frontal, et bilatérale dans la
zone calcarine, d'où dégénérescence des radiations optiques, des
tubercules quadrijumeaux antérieurs et du corps genouillé latéral ;
le pulvinar est intact, ce qui confirme qu'il n'est pas un centre visuel
direct mais se trouve seulement traversé par les fibres corticofuges
qui s'épanouissent dans les tubercules quadrijumeaux. G. D.
343. — V. MIASSICHTCHEV et E. YAKOVLEVA. — Du rôle des
eentres subcorticaux dans l'activité neuro-psychique de l'homme
(en russe). — In L'expérimentation psycho-physiologique dans la
clinique des maladies nerveuses et mentales, 1933, p. 24-48.
Des malades parkinsoniens postencéphalitiques ont été soumis
aux tests suivants : ergographe, tapping, rétention de la respiration,
aussi prolongée que possible ; on a procédé également à l'éducation
des réflexes associés (conditionnés) par l'excitation électrique de la
peau, avec enregistrement des réactions motrice, respiratoire et
psychogalvanique. Voici les conclusions de cette étude : les réactions
motrices des parkinsoniens postencéphalitiques sont troublées non
seulement dans la mesure où elles relèvent des facteurs extra-
pyramidaux, mais aussi dans lés cadres des activités attribuées
généralement aux systèmes cortico-pyramidal et frontal ; notamment,
soit les automatismes, soit leur régulation par les fonctions corticales,
sont troublés. La formation des nouvelles réactions expressives et
de défense est sérieusement perturbée ; les fonctions corticales sont
toutefois moins atteintes que les subcorticales ; les plus atteintes,
même si la maladie n'a pas été très grave, sont les réactions végé
tatives, défensives et expressives (respiration, mimique).
E. S.
344. — F. M. R. WALSHE et E. GRAEME ROBERTSON. —
Observations upon the form and nature of the « grasping » move- NEURO-PATHOLOGIE 437
ments and « tonic innervation » seen in certain cases of lesion of
the frontal lobe (Observations sur la forme et la nature des mouve
ments a" agrippement et de V « innervation tonique » aperçus dans
certains cas de lésions du lobe frontal). — Brain, LVI, 1, 1933,
p. 40-70.
Dans les phénomènes groupés sous diverses appellations, réflexe
de saisie, agrippement, innervation tonique, etc., il y a une compo1-
sante réflexe et une autre volitionnelle. La saisie, provoquée par
stimulations visuelles ou tactiles, comme réponse naturelle et effi
cace, constituée par des mouvements adaptés, délicats, contrôlables
(et disparaissant dans la stupeur ou le coma) , représenterait la compos
ante volitionnelle, tandis que la composante réflexe serait bien un
processus d'innervation tonique suscité uniquement par un stimulus
proprioceptif de tension, non contrôlable.
En fait, par extension soudaine passivement subie des doigts,
on obtient cette réponse d'origine non corticale, et qu'il n'est pas
logique d'appeler encore un réflexe de saisie, alors même que les
mouvements coordonnés d'agrippement du premier type ont entièr
ement disparu. H. P.
345. — S. GULLOTTA. — Nuove conoscenze sui fenomeni di pren-
sione 6 SUl negativismo motorio (Nouvelles connaissances sur les
phénomènes de préhension et sur le négativisme moteur). — Riv.
sp. di Fr., LVII, 1933, p. 770-779.1
L'A. rappelle les recherches qui ont été faites depuis Kleist sur
le phénomène de préhension forcée et sur le négativisme moteur qui
l'accompagne. La n'est pas un simple réflexe :
son adaptation varie très exactement avec la nature de l'excitation
qui la provoque ; cette excitation peut être tactile,- auditive ou
visuelle ; le mouvement répond vraiment à un acte de prise de
possession.
Le négativisme moteur est plus qu'une simple « innervation
tonique ». Son intensité augmente avec la distension musculaire.
Ce double phénomène peut résulter de lésions des ganglions, sous-
corticaux mais il peut être aussi causé par l'excision bilatérale de
Faire corticale prémotrice associée ou non à de l'aire
motrice. Il a pour cause la suppression d'un appareil inhibiteur dont
le plan supérieur est cette aire prémotrire de l'écorce (expériences
sur le singe de Fulton, Jacobsen et Kennard). H. W.
346. — R. R. SEARS et L. H. COHEN. — Hysterical anesthesia,
analgesia and astereognosis (Anesthésie hystérique, analgésie
et asiéréosnosie). — Ar. of N., XXIX, 1, 1933, p. 2G0-271.
Une femme présente, à la main gauche, une analgésie et une anes
thésie superficielle complète (sauf pour la sensibilité thermique qui
est conservée) avec astéréognosie totale, tandis que la main droite
est normale. L'astéréognosie s'est accompagnée d'une élévation du
seuil de discrimination tactile au compas et toutes deux ont disparu
en même temps.
La sensibilité à la douleur montre une diminution objective
du côté analgésique (comme dans l'hypnose, et irréalisable volon-* .
438 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
tairement), les accélérations respiratoires causées par les stimula
tions algiques étant moindres que de l'autre côté avec une piqûre
par l'algésimètre à pointe et même nulles avec un choc électrique.
Avec une excitation efficace du côté normal (choc électrique) on
n'a pu engendrer une réaction conditionnelle à la stimulation (contact
avec un tampon d'ouate) de la région anesthésique, mais en revanche,
toujours en l'absence de sensation accusée à cette même stimulation
légère, le réflexe conditionnel a pu être engendré par association
avec une excitation efficace de la même région, atteignant les plans
profonds (pression profonde) et perçue. H. P.
347. — TH. ALAJOUANINE et R. THUREL. — La névralgie faciale
— Sur la pathogénie de la névralgie faciale. — R. N., XL, ir,
5, 1933, p. 650-657 et 658-661.
Relation de 4 observations mettant en évidence une dissociation
de la zone d'excitation algogène et de celle de retentissement dou-
loureux, sans que le parcours des irradiations douloureuses corre
sponde au trajet des troncs nerveux. Cela conduit les auteurs à
admettre, à rencontre de la théorie de l'origine périphérique de la
névralgie faciale celle d'altérations nucléaires ou para-nucléaires de
nature irritative (névralgies faciales apparaissant dans la sclérose en
plaques et la syringomyélie) avec possibilité de lésions destructrices
dans lesquelles domine alors une note sympathique, avec des anes-
thésies objectives, et une phase initiale d'élancements névralgiques
spontanés. Si la neurotomie ou l'alcoolisation périphérique fournit
des guérisons, c'est à cause de l'anesthésie dans la zone d'excitation,
supprimant les causes provocatrices des douleurs (tandis que l'anes
thésie de la zone où sont perçues les est inefficace).
En somme la névralgie faciale est représentée comme une hyper-
excitabilité douloureuse du noyau sensitif du trijumeau. H. P.
348. — J. TINEL, EGK et W. STEWART. — Causalgie de la
main guérie par Pacétyleholine. — R. N., XL, n, 1, 1933, p. 38-43.
Un homme ayant eu l'artère cubitale sectionnée par un morceau
de verre au poignet gauche, puis après quelques jours, au moment de
l'enlèvement d'un drain, ayant subi une hémorragie probable dans le
nerf médian, présente un syndrome causalgique terrible, avec élévation
thermique de ce côté (34°6 contre 31°9 à droite). L'origine vasculaire
du syndrome apparaît du fait que la compression de l'artère humé-
raie fait disparaître les douleurs, qui reviennent exacerbées au
retour du sang. Or, par injections d'acétylcholine journalières, la
guérison est obtenue complètement en 3 semaines, bien que les
symptômes de névrite légère du médian persistent toujours (hyper-
esthésie cutanée et douleurs de pression) ainsi qu'une certaine hyper-
thermie (33°6 contre 32°4).
Il y a là, d'après les auteurs, dissociation instructive de la névrite
et du réflexe vasculaire générateur de la causalgie. La causalgie
serait due à une vaso-dilatation s'accompagnant, facteur décisif,
d'un blocage spasmodique des capillaires, d'où élévation tension-
nelle et distension artérielle douloureuse (comme pour l'aorte dans
l'angine de poitrine). Si l'acétylcholine, vaso-dilatatrice, intervient NEURO-PATHOLOGIE 439
utilement, c'est en rétablissant la perméabilité et l'élasticité des
capillaires. La névrite du médian agirait en exaspérant la sensibilité
des terminaisons nerveuses vaso-sensibles. H. P.
349. — TH. ALAJOUANINE et R. THUREL. — La diplégie faciale
cérébrale. Forme corticale de la paralysie pseudo-bulbaire. —
R. N., XL, n, 4, 1933, p. 441-458.
Cette forme comporte une paralysie exclusivement volontaire
mais complète avec atonie, hyperexcitabilité mécanique, sans le
rire et le pleurer spasmodiques, qui caractérisent les autres formes
pseudo-bulbaires.
L'observation princeps de paralysie pseudo-bulbaire (Magnus,
1837) concernait justement une forme corticale typique.
Les auteurs relatent 3 observations inédites et une déjà publiée
par Thurel (Les pseudo-bulbaires, Paris, 1929).
Dans ces cas, on observe la conservation du bâillement, du
réflexe massétérin, de la déglutition réflexe et de la réaction nauséuse,
de la mimique psycho-syncinétique (rire et pleurer), des clignements
de paupières et de l'occlusion palpébrale dans le sommeil, ainsi que
des mouvements palpébraux accompagnant l'abaissement ou l'él
évation du regard (avec contraction frontale dans le dernier cas).
En revanche tous les mouvements par commande volontaire sont
impossibles : plissement du front, fermeture des paupières, fronce
ment des sourcils, relèvement des ailes du nez, grimaces, gonflement
des joues, mouvements des lèvres, de la langue, de la mâchoire
inférieure, contraction des peauciers du cou et des muscles du ment
on. La mastication et la déglutition volontaires sont abolies (d'où
nécessité de l'alimentation artificielle), ainsi que la parole (aphonie,
paralysie d'articulation). Le réflexe vélopalatin n'est plus obtenu.
De tels cas sont rares, puisqu'ils impliquent une double lésion
à peu près symétrique à droite et à gauche (foyers de ramollissement
successifs dans un des cas personnels des auteurs où, après l'opercule
rolandique à droite, une lésion gauche atteignit le tiers inférieur de
la frontale et de la pariétale ascendantes, ainsi que
rolandique). ' H. P.
350. _ I. S. WECHSLER. — Partial cortical blindness with pre
servation Of Color Vision (Cécité corticale partielle avec maintien
de la vision chromatique). — Archiv of Ophtalmology, IX, 1933,
p. 957.
Un garçon de 13 ans intoxiqué par l'oxyde de carbone dans un
incendie, présente cécité, surdité, mutité. Les pupilles réagissent ;
l'attitude est celle de la rigidité décérébrée. Au bout de 7 mois la
perception de lumière est revenue, l'ouïe et l'odorat sont normaux ;
il y a atteinte intellectuelle, les sensibilités profondes, la stéréognosie,
la discrimination tactile sont diminuées, mais non les sensibilités
cutanées élémentaires.
L'acuité visuelle est très diminuée, mais la vision des couleurs
(surtout dans la région centrale) est précise et rapide.
Au bout d'une année, la vision est fortement améliorée.
Dans cette atteinte cérébrale assez générale, l'intégrité relative ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 440
de la vision des couleurs contraste avec les observations communes
qui décèlent la plus grande fragilité de la perception chromatique.
H. P.
351. — F. R. FORD. — Paroxysmal lacrimation during eating as
a sequel of facial palsy, syndrome of crocodile tears (Lacrymation
paroxystique en mangeant comme séquelle de paralysie faciale :
syndrome des larmes de crocodile). — Ar. of N., XXIX, 1933,
p. 1279-1288.
Ce syndrome décrit en 1928 par Bogorad, a été repris par Kaminsky
et par Kroll en 1929.
L'auteur donne quatre nouvelles observations où, après paralysie
faciale, du larmoiement unilatéral accompagne la mastication et
même l'ingurgitation de liquide. En même temps on constate une
diffusion musculaire faciale généralisée pour un effort limité (comme
le mouvement effectué pour découvrir les dents). Ces réactions dif
fuses sont attribuées à des parcours fautifs de fibres régénérées
après lésion du facial, les fibres du muscle articulaire buccal ayant
été redistribuées à tous les muscles. Ce phénomène s'est maintenu
pendant plusieurs années. Une explication analogue ne peut-elle
valoir pour la*lacrymation ? C'est ce qu'admet l'auteur, supposant
que des fibres glandulaires du facial, qui se rendent normalement à
la glande sous-maxillaire par la corde du tympan ont, en régénérant,
été accompagner les fibres qui, du facial, se rendent aux glandes
lacrymales par l'intermédiaire du ganglion sphéno-palatin et la voie du
nerf zygomatico-temporal ; dès lors les réflexes provoquant la sal
ivation vont en même temps susciter le larmoiement. Et une expli
cation semblable pourrait être donnée du syndrome auriculö-
temporal, où la mastication entraîne de la congestion et de là suda
tion de la tempe. Des filets parotidiens du nerf auriculo-temporal
lésé, au cours de la régénération, iraient accompagner les fibres
sudorales et vaso-dilatatrices de ce nerf, d'où la réponse anormale
aux excitants réflexogènes salivaires.
Il s'agirait là de processus semblables à ceux qu'André-Thomas
a invoqués, dans les voies afférentes, pour l'interprétation de topo-
paresthésies consécutives à des régénérations nerveuses. H. P.
352. — ANDRÉ-THOMAS, H. SCHAEFFER et IVAN BER
TRAND. — Paralysie de l'abaissement du regard, paralysie des
inférogyres, hypertonie des supérogyres et des releveurs des pau
pières. — R. N., XL, il, 5, 1933, p. 535-542.
Observation d'un cas dans lequel l'autopsie a pu être pratiquée,
occasion exceptionnellement rare.
Il s'agit d'un homme de 57 ans qui présente une hémiparésie
gauche discrète avec flexion de la tête, rétraction de la paupière
supérieure, contraction frontale, légère divergence oculaire, mouve
ments normaux d'élévation du regard, avec incapacité d'abaiss
ement au-dessous de l'horizontale (sauf un abaissement très léger
en portant la tête en hypertension et en suivant un doigt). La
convergence est incomplète.
Il y a probablement paralysie réelle de l'abaissement, bien qu'on NEURO-PATHOLOGIE 441
note un spasme hypertonique des muscles élévateurs. A l'autopsie
(la mort étant due à un cancer du pylore) on n'observe rien dans
l'écorce, mais on trouve deux foyers hémorragiques de 3 à 4 mm. de
diamètre, à peu près symétriques, entre le pôle inférieur de l'aqueduc
de Sylvius et la calotte du noyau rouge. Des noyaux de la 3e paire,
il subsiste l'extrémité antérieure du noyau d'Edinger-Westphal.
En outre de petits foyers se trouvent en ligne dans le segment
interne du noyau rouge et toute l'épaisseur de la calotte est conges
tionnée. Enfin à droite, un petit foyer cicatriciel dans le thalamus
interrompt le faisceau de Vicq d'Azyr sans endommager la capsule
interne.
La lésion bilatérale de la calotte doit être responsable dans ce
cas de la paralysie inférogyre (les paralysies verticales du regard
ayant été signalées dans des dégénérations bilatérales des voies
pédonculaires et des lésions de la calotte autour de l'aqueduc de
Sylvius).
Les auteurs pensent que l'interruption des connexions (fibres et
neurones de relais, entre les centres corticaux et les oculomoteurs)
peuvent expliquer les troubles sans nécessité d'intervention de
centres sus-nucléaires assurant les synergies. H. P.
353. — E. DELCOURT-BERNARD. — Frisson fébrile et tempé
rature périphérique. — B. B., ÇXII, 7, 1933, p. 724-726.
On provoque un accès fébrile, qui débute par un frisson violent,
quand on pratique une injection intraveineuse de vaccin anti-
gonococcique.
Un peu avant le frisson, il y a un abaissement brusque de la
température périphérique (constaté sur la main, la cuisse, le dos).
Le frisson éclate soudainement et la baisse périphérique s'accentue,
cependant que montent les températures profondes. Et, vers la fin
du frisson, les températures périphériques s'élèvent à leur tour.
Le refoidissement s'accompagne d'une vaso-constriction, avec
élévation de pression, pâleur, horripilation. On pourrait penser que
c'est ce refroidissement qui déclenche le frisson, mais, en assurant
un échauffement périphérique sous couverture de laine, avec des
bouillottes électriques, donnant une température sous-vestiale de 39°
à 40° (pour une température de 38°). le frisson, atténué toutefois,
se déclenche encore, avec horripilation, tremblements, claquements
des dents. Il y aurait donc, selon l'auteur, à l'origine du frisson,
des troubles d'origine centrale. H. P.
354. — W. HOFFMANN. — Thalamussyndrom auf Grund einer
kleinen Läsion (Syndrome thalnmique causé par une petite lésion).
— J. für Ps., XLV, 4-5, 1933, p. 362-374.
Cas d'une femme de 69 ans, à la suite d'apoplexie à 38 ans. Dans
la moitié droite du corps, douleurs spontanées et légers troubles
sensori-moteurs. Ni parésie ni mouvements involontaires, mais
ataxie de la main droite. Bonne localisation, perception des surfaces,
et cependant astéréognosie classique. Sensibilité tactile et vibra
toire ici excessives, là affaiblies; de même pour la douleur, surtout
ressentie (avec irradiation) dans la main et l'avant-bras et au-dessous

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