Application judiciaires. Criminalité. Délinquence. - compte-rendu ; n°1 ; vol.33, pg 752-763

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L'année psychologique - Année 1932 - Volume 33 - Numéro 1 - Pages 752-763
12 pages
Source : Persée ; Ministère de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche, Direction de l’enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation.
Publié le : vendredi 1 janvier 1932
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c) Application judiciaires. Criminalité. Délinquence.
In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 752-763.
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c) Application judiciaires. Criminalité. Délinquence. In: L'année psychologique. 1932 vol. 33. pp. 752-763.
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_1932_num_33_1_5233752 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
1315. — HANS HAHN. — De la pratique d'une expertise psy
chotechnique d'un film de publicité (en russe). — Sovietskaïa
Psykhotekhnika, V, 1-- , 193 , p. 6.J-&4.
Une maison de produits pharmaceutiques a refusé de payer les
frais d'un film de publicité, qui a été fait sur sa demande. Le repré
sentant de la maison affirmait que le film avait pour résultat la
suppression des commandes. Le film a été alors soumis a une analyse
psychotechnique. On l'a projeté à l'institut de Psychotechnique in
dustrielle (Berlin-Scharlottenburg) devant une salle, composée de
100 spectateurs, appartenant au groupe des acheteurs de l'article en
question.
Une analyse psychologique détaillée des impressions reçues par
ces spectateurs a montré que le film, tout en provoquant chez les
sujets un «jtat d'hilarit-:, ne contribue nullement à la bonne renommée
du produit : le spectateur est amuse par les exagérations et les absurd
ités, qu'on lui montre, mais n'a pas du tout l'impression qu'il s'agit
d'un article vraiment intéressant.
L'auteur conclut qu'une collaboration étroite entre les spécialistes
de la publicité et les psychotechniciens peut être utile, pour la création
des films publicitaires. A. C.
1316. — W. ELIASBERG. — Das Kind als Konsument und Werber.
(L'enfant en tant que consommateur et agent de publicité). — Z.
für ang. Ps., XLIII, 1 -2, 19Î :, p. 83-99.
La population enfantine au-dessous de quinze ans constitue une
importante fraction de la population totale et l'on peut se demander
comment l'enfant intervient dan? la vie économique en tant que
consommateur et en tant qu'intermédiaire entre le producteur et le adulte. Une enquête entreprise par l'A. dans l'industrie
de l'alimentation, du vêtement et dans, les agences de publicité,
semble montrer que les firmes commerciales tiennent compte de
l'influence que l'enfant peut exercer, sinon comme acheteur, du
moins comme intermédiaire et comme consommateur. Certaines
firmes éditent des revues pour les enfants en espérant de cette man
ière attirer les consommateurs adultes, -''autres organisent des prix
pour enfants. La description de quelques procédés couramment
employés conduit l'A. à exprimer le vœu de voir ces procédés soumis
à un contrôle précis afin d'en déterminer la valeur et pouvoir mieux
tenir compte des besoins de la pratique et de la pédagogie. D. W.
c) Applications judiciaires. Criminalité. Délinquence. 1
1317. — EMILIO MIRA LOPEZ. — Manual de Psicologia juridica.
— In-8° de '70 pages. Barcelone, Salvat Editores, 1932.
« La psychologie juridique est la psychologie appliquée à un
meilleur exercice du J roit », d-'clare M. qui souligne que quelques
chapitres seulement de cette discipline récente ont été réellement
abordés, ceux qui ont trait, en ordre chronologique, à la psychologie
1. Voir aussi les n« 1294, 1596. PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE. APPLICATIONS JUDICIAIRES 753
du témoignage, à la révélation criminelle (le Tastbestands-diagnos-
tik), à la compréhension du délit, par découverte de la motivation
psychologique, à la réforme mentale des délinquants, et à la prophyl
axie criminelle par hygiène mentale.
Dans son manuel clair, vivant et informé, M. consacre une intro
duction aux conceptions générales de la psychologie et à ses méthodes,
à l'étude statique de la personnalité humaine (constitution, tempéra
ment, intelligence, caractère, etc.) envisagée comme une unité indi
visible, puis à son étude dynamique (évolution de l'enfance à l'âge
adulte et à la vieillesse), et il présente les données d'un point de vue
original et concret, ne se limitant pas aux attitudes classiques.
Il consacre ensuite, à la psychologie du délit, un chapitre dans lequel
il expose une méthode pour l'étude de l'évolution du jugement moral,
inspirée des tests de Fernald- Jacobson, et traite de la « folie morale »
et du point de vue de l'interprétation psychanalytique.
Les épreuves pour l'obtention de l'aveu, et pour le contrôle de la
sincérité (méthodes de Larson, et de Luria, mpdifiée par l'auteur),
avec la demi-anesthésie et l'enregistrement du/réflexe psychogalva
nique forment la matière du chapitre suivant, précédant à son tour
l'étude psychologique du témoignage (qui est appuyée — cas unique
dans le livre — d'une petite bibliographie, limitée à une douzaine
de travaux).
Psychologue et psychiatre, M. traite avec compétence dans les
chapitres suivants de l'analyse des personnalités psychopathiques
(mythomane, pithiatique, épileptoïde, paranoide, compulsive ou
psychasthénique, schizoide ou hermétique, cycloïde ou maniacod
épressive, et perverse), et de la notion de débilité mentale (avec la
technique des épreuves de Ballard et de Decroly).
Enfin, après un chapitre sur la « psychojurisprudence » testament
aire, M. termine par des considérations utiles sur l'hygiène mentale
du délinquant, indiquant encore des tests qu'il a personnellement
employés pour mieux juger les individus et adapter la prophylaxie
du délit à leurs caractéristiques propres.
Dans sa conclusion, M. montre combien s'impose aujourd'hui la-
nécessité du traitement individuel des délinquants : sur le trône de la
Justice, c'est la Compréhension qui doit maintenant prendre place.
H. P.
1318. — A. LENZ. — Das Wesen der Kriminellen Einzelpersönli
chkeit (La nature de la personnalité criminelle individuelle). —
Viertelj. f. Jug., II, 1932, p. 81-83.
L., qui a succédé à Gross dans la direction de l'Institut de crimi
nologie de Graz, expose les buts et les méthodes de cette science. Il
en fait une étude de la personnalité du criminel considérée dans son
unité (rejet de l'associationnisme), de sa vie consciente et inconsciente
(sans s'inféoder aux doctrines spéciales de Freud et d'Adler). Elle
cherche dans l'enfance et la jeunesse les origines de la personnalité
criminelle. C'est l'étude de la personnalité totale qui peut seule donner
une base scientifique à la détermination des pénalités. P. G.
l'awnée psychologique, xxxiii. 48 .
754 A.NALXSES BIBLIOGRAPHIQUES
1310. — F. DEL GRECO. — II maggior problema de la psicologia
Criminals (Le problème capital de la psychologie criminelle). — Riv.
diPs., XXVÏI, 1,1932, p.-l-ll.
L'A. classe les délinquants-psychopathes en 3 groupes cliniques.
Au premier groupe appartiennent les individus caractérisés par un
arrêt de développement mental, dette intelligence diminuée est sou
vent accompagnée de troubles du caractère : impulsivité épileptoïde
ou méfiance des persécutés. Eans le deuxième groupe, c'est l'insta
bilité mentale qui prévaut. Les individus de ce type sont sujets à
des obnubilations passagères de la conscience, état souvent généra
teur des actes délictueux. Le troisième groupe se compose des déli
rants lucides : des paranoïaques et des déments précoces. Beaucoup
d'entre eux commettent des crimec avant même que leur aliénation
soit devenue manifeste. Au premier de ces types correspond le criminel
né de Lombroso ; au second, le criminel épileptique ; au troisième, le
criminel aliéné. Divers éléments à différents degrés rentrent dans la
constitution de chacun de ces groupes. Leur configuration forme le
caractère prédominant de tel ou tel individu, mais ces éléments pris
ensemble sont un reflet exact de toute la personnalité du criminel.
En général ces composants sont : la constitution : fait psychobiolo
gique, le côté statique de l'individu ; le tempérament : son côté dyna
mique ; le caractère : faisceau de faits biopsychologiques en rapport
immédiat avec le milieu social. Etant donné que pour l'A., le fait
principal dans tout acte criminel est l' « hypertrophie de l'instinct
anti-social » ; l'étude de la personnalité du criminel doit porter, en
même temps que sur sa psychobiologique, sur les mult
iples éléments climatiques, historiques et sociaux, dont l'individu
est la résultante. S. H.
1320. — T. S. GOOD, H. E. FIELD, T. CHRISTIE, JOHN RICK-
MAN, et EDWARD GLOVER, — The Psychology of Crime
(La Psychologie du Crime). — Br. J. of Med. Ps., XII, 3, 1932.
La psychologie du criminel est à l'ordre du jour chez les psychanal
ystes ; les magistrales études d'Alexander et Staub sont en partie
responsables de ce renouveau d'intérêt. Alexander a trouvé que
beaucoup de criminels sont des caractères névrotiques (ce que les psy
chologies appellent des personnalités psychopathiques). Il entend
par là les opposer aux névrosés. Chez ceux-ci, en effet, un défaut de
structure ou de fonction se manifeste par des changements dans
l'appareil psychique du sujet, c'est-à-dire autoplastiquement, alors
que chez les caractères névrotiques, la névrose, au lieu d'être un
corps étranger au moi, a été acceptée par le moi et s'exprime par
l'action, c'est-à-dire alloplastiquement. Mais quelles sont les ten
dances dominantes, et les mécanismes, de ces caractères ? Les
tendances autoprimitives sont généralement fortement alliées aux criminelles, que le criminel commette son crime pour se
faire punir ou vice-versa. Les tendances agressives, naturellement,
prédominent. L'action du criminel paraît être un débouché des pul
sions sans les déformations qu'on observe à la suite du refoulement.
Pourtant certains crimes apparaissent comme de véritables dépla
cements, évitant au criminel un crime plus grave qu'il voudrait PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE. APPLICATIONS JUDICIAIRE» 755
commettre inconsciemment, comme les enfants qui martyrisent un
animal satisfont ainsi par déplacement des phantasmes agressifs
envers, par exemple un frère ou une sœur plus jeunes qui ont usurpé
leur place dans l'affection de la mère. Les cinq auteurs discutent ce
mécanisme et d'autres, par exemple l'élément de persécution (T.
Christie). H. E. Field se préoccupe de la punition légale et de la place,
de la psychologie dans le traitement des criminels. La psychologie
dit-il, a en tous cas dès maintenant le droit absolu de prendre place
parmi les systèmes offerts par les institutions pour traiter les délin
quants ; un commencement dans ce sens est déjà réalisé dans une
institution pénitentiaire d'Angleterre. J. F.-W.
1321. — W. WEBER. — Psychotechnik und Gutachter* ätigkeit
{L'expertise judiciaire et la psychotechnique). — Ind. Psychot., IX,
1, 1932, p. 27-30.
Considérations sur le rôle de la psychotechnique dans le domaine
judiciaire et exposé de différents points de vue adoptés dans cette
matière par les législations allemande et autrichienne. S. H.
1322. — VERNON JONES. — Relation o! economic depression
to delinquency, crime and drunkenness in Massachusetts ( Rapport
entre la crise économique et la délinquence, le crime, V alcoolisme
dans Vétat de Massachussetts). — J. of Soc. Ps., III, 3, 1932, p.
259-', 82.
Cette enquête vise particulièrement la recherche d'une relation
entre le chômage et l'augmentation des délits de gravités diverses :
depuis le crime, jusqu à l'infraction aux lois de prohibition ou con
cernant la circulation.
Une évolution analogue est constatée entre ces deux courants,
chez les adultes (18 ans et au delà), pendant les périodes de dépres
sion économique de 1921, et celle qui a débuté en 1930, tout au moins
en ce qui concerne les assassinats, les vols et actes de brigandage.
Inversement, il y a diminution du nombre des infractions à la police
de la route ; le nombre d'arrestations pour ivresse semble peu in
fluencé par la situation économique.
Par contre, la délinquence juvénile qui évoluait dans le même sens
que chez les adultes pendant les précédentes périodes de chômage,
est en décroissance depuis le début de la crise actuelle ; ceci s'expli
querait par l'effort tenté en Amérique pour une meilleure adaptation
des méthodes éducatives de l'enfance, réalisée par la création de ser
vices sociaux et de maisons de rééducation pour les délinquants.
J. M.
1323. — HERBERTZ. — Zur Psychologie des Untersuchungshäft
lings (La psychologie du détenu préventif). — Ps. Rund., IV, 4, 1932,
p. 162-168.
L'A. préconise une réforme de la procédure de prévention. Le
temps passé en détention préventive des individus coupables d'un
délit et d'autant plus de ceux qui ne le sont pas, a des répercussions
psychologiques très graves. Quelquefois les conséquences psycholor
giques en sont plus graves qu'après la période de la purgation de la
peine. 736 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUE
La détention préventive ne doit être décidée qu'en des cas excep
tionnels quand il y a danger d'évasion ou de récidive de délit. La
détention doit avoir le caractère d'une observation médico-psycholo
gique et non porter le cachet d'une sanction judiciaire. S. H.
1324. — L. M. KARPELES. — A further investigation oî the
Porteus maze Test as a discriminative measure of delinquency
{Nouvelle recherche sur le test de labyrinthes de Porteus comme mesure
discriminative de la délinquence) . — J. of appl. Ps., XVI, 4, 1932,
p. 427-437.
En appliquant les tests de labyrinthes de Porteus et les tests de
Stanford-Binet à deux groupes d'enfants ayant passé par un Bureau
Psychologique, l'un composé présenté des difficultés
d'adaptation sociale, l'autre étant normal sous ce rapport, l'A. a pu
confirmer les résultats des recherches antérieures indiquant une
supériorité des Q. I. d'après Porteus sur les Q. I. de Stanford-Binét
chez les enfants sans troubles de caractère (moyennes 94,3 et 86,2
respectivement), alors qu'il y avait pratiquement égalité des deux
Q. I. dans le groupe des désadaptés (86,0 et 84,6 respectivement).
Les tests de Porteus auraient donc une certaine valeur pour le
dépistage des troubles de caractère. D. W.
1825. — J. W. HAWTHORNE. — A group test for the measu
rement of cruelty-compassion : a proposed means of recognizing
potential criminality (Groupe de tests permettant de mesurer la
« cruauté- compass ion » : moyens proposés pow la reconnaissance de la
criminalité potentielle). — J. of Soc. Ps., III, 2, 1932, p. 189-211.
Ce test comporte 31 séries dans chacune desquelles le sujet doit
classer par ordre de préférence ou de gravité 5 jeux, livres, actes
condamnables, etc. L'un des termes de chaque série est de telle
nature que son choix peut être considéré comme significatif d'une
tendance à la cruauté ; la notation est faite de i à 5, pour chaque
groupe, de sorte que les sujets atteignant le plus faible total sont les
plus attirés par les actes mauvais.
Ce test a été appliqué à des élèves d'Université, des pensionnaires
d'écoles de redressement et asiles d'aliénés ; on ne trouve pas de corré
lation entre la réussite dans ces épreuves et l'intelligence des su
jets (/• calculé entre I. Q. et le test est = 0,02), ni avec leur âge
\r — 0,03) ; mais un rapport très net est observable entre la faiblesse
des points dans les résultats du test et la tendance à la criminalité,
le groupe de sujets paraissant le plus attirés par les actes cruels com
porte en majorité des déficients inculpés de crimes contre des per
sonnes.
Les séries du test sont, à ce point de vue, d'inégale valeur, mais la
validité de quelques-unes est évidente, et de nature à confirmer l'hy
pothèse des A. : la cruauté paraît bien être un des facteurs importants
de la tendance au crime. J. M.
1326. — W. BOVEN. — Morphologie et caractérologie des Délin
quants. —Ar. Su. de Neur., XXIX, 1, 1932, p. 39-60.
Examen chez quatre individus, dans le concret, des caractéris- PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE. APPLICATIONS JUDICIAIRES 757
tiques envisagées suivant différents systèmes (Pende, Mac Auliffe,
et Thooris, Kretschmer, Tullio, etc.). De ces 4 délinquants, l'assassin,
le plus « mauvais » n'a pas de stigmates, et le plus stigmatisé, dégénéré
typique, est un délinquant relativement véniel. Les deux derniers,
débiles, mais fûté et séducteur pour l'un, simplement irascible et
têtu pour l'autre, n'ont pas de stigmates physiques.
11 faut donc se défier de schémas trop simplistes, impliquant corré
lation étroite des signes moraux et physiologiques.
Il y a des étages dans la criminalité, et « chaque strate psychique
a ses stigmates », certains fugitifs, difficiles à saisir.
L'anthropologie, conclut B., doit tabler sur l'ensemble, statique
et dynamique, de l'individu. H. P.
1327. — LOUIS BERMAN. — Crime and the endocrine glands
(Crime et glandes endocrines). — Am. J. of P., XII, 1932, p.
215-238.
Le fonctionnement des glandes endocrines influence fortement
notre conduite et notre vie émotionnelle. La peur, la colère, la haine,
le désir sexuel, la sociabilité et la sympathie sont en rapport étroit
avec le bon et le mauvais fonctionnement de ces glandes. Aussi ce
problème intéresse-t-il autant le psychologue, que l'éducateur,
l'homme de loi autant que le psychiatre. Il y aurait même un rapport
précis entre certains types de criminalité et les troubles de certaines
glandes. Afin d'éclaircir ce rapport, l'auteur a fait des tests endocri
niens à 250 criminels de la prison Sing-Sing et à 196 délinquants
adolescents et juvéniles, et il les a comparés à des groupes analogues
composés d'individus sains et normaux au point de vue moral.
Il conclut qu'au lieu de punir les criminels il vaut mieux les traiter au
point de vue endocrinien, car dans les 2 /3 des cas il a constaté un
déséquilibre ou une déficience des glandes thyroïde, thymique, surré
nale, pituitaire, ou parathyroïde. Ainsi, à la lumière de ces données,
nos conceptions de la justice, de la punition et du crime doivent être
révisées. J. A.
1328. — R. DE SAUSSURE. — Les délinquants psychopathes. —
Ar. Su. deneur., XXX, 1, 1932, p. 183-204.
L'auteur réclame la création d'institutions spéciales pour le relève
ment des psychopathes, faisant fond sur l'apport de la psychanalyse
(situé à la fin d'une rapide revue historique) : Le délit peut être en
effet, d'après lui, assimilé à un symptôme, et l'analyse, en détermi
nant sa valeur symbolique, peut guérir le délinquant psychopathe ;
et, d'autre part, dans une éducation collective, les résultats seront
infiniment supérieurs si l'on procède par les moyens de la psychanal
yse au lieu d'employer purement et simplement les méthodes disci
plinaires. H. P,
1329. — L. VAN BOGAERT. — Les aliénés délinquants tels qu'ils
se présentent à l'asile spécial. — J. de N. et de Ps., XXXII, 4, 1932,
p. 209-234.
Les catégories suivantes sont passées en revue, et soigneusement
étudiées, avec quelques cas particuliers rapportés en détail : alcoo 758 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
liques chroniques, épilep tiques, insuffisants mentaux, fous moraux,
paranoïaques, folie pénitentiaire. L'A., dont les conceptions généreuses
sont bien connues, estime que pour l'aliéné ordinaire, l'admission et
la libération doivent être simplifiées : l'asile doit devenir l'hôpital
pour maladies mentales où l'on entre et d'où l'on sort librement.
Mais le délinquant aliéné reste un danger permanent, dont il faut
protéger la société, de telles mesures ne peuvent donc pas lui être
appliquées, et une barrière doit s'élever, quant à la législation, entre
lui et l'aliéné ordinaire.
Il faut seulement se rendre compte que s'il est d'abord un délin
quant, il est aussi un malade, et s'efforcer en conséquence d'employer
pour adoucir et humaniser son sort une série de moyens dont l'A.
cite quelques-uns en lin d'article. M. F.
1330. — E. HAPKË. — Das Geschlechtsleben der Gefangenen [La
vie sexuelle des prisonniers). — Z. für ang. Ps., XLIII, 3-4, 1932,
p. 271-300.
Les notes publiées par l'A. émanent d'un prisonnier qui a recueilli
les observations sur lui-même et sur ses compagnons de misère.
Il s'en dégage un tableau effarant de misère sexuelle à laquelle les
prisonniers cherchent à remédier par les pratiques très répandues et
poussées à leurs limites extrêmes de masturbation et d'homosexualité.
L'A. de ces notes a l'impression que ces pratiques dépassent les
besoins réels et qu'elles représentent en partie une réaction de défense
contre le sentiment humilié de la dignité humaine. D.W.
1331. — P. COTJRBON et J. TUSQUES. — Anatopisme mental et
délinquance. — An. Méd.-ps., XVI, I, 3, 1932.
Anatopisme signifie une concordance de nos habitudes avec celles
d'un milieu nouveau. L'anatopisme peut être cause de vol aux éta
lages pour des individus habitués à d'autres commerc
iales, par exemple pour des orientaux habitués aux discussions du
bazar et non aux libres manipulations de la marchandise. De leur
part, ce vol ne suppose pas une immoralité plus grande que nombre
de pratiques admises par nos mœurs. H. W.
1332. — E. SEELY, — Jugendliche Mörder (Adolescents meurtriers).
— Viertelj. f. Jug., II, 1932, p. 112-119.
Intéressante étude de la personnalité chez deux meurtriers pré
coces, dont les actes sont peu intelligibles sans une enquête psycholo
gique approfondie. Chez l'un, le crime résulte d'une dépression mor
ale aboutissant à une brusque explosion, chez un intellectuel mal
équilibré, dont la situation domestique est défavorable et dont l'édu
cation a été manquée. L'autre cas est celui d'une personnalité assez
fruste : peu de sensibilité morale, peu d'intérêts intellectuels, enfance
abandonnée, cupidité et paresse conduisant au crime banal.
Dans sa conclusion, l'auteur montre comment l'explication psy
chologique ne conduit pas à « tout pardonner », mais à appliquer les
sanctions appropriées et efficaces. P. G.
1838. — G. C. FERRARI. — The problem of criminality in children PSYCHOLOGIE APPLIQUÉE. APPLICATIONS JUDICIAIRES 759
(Le problème de la criminalité chez les enfants). — J. of Soc. Ps., III,
1,1932, p. 66-79.
Une insuffisance, ou même souvent une absence totale de direction,
dans la satisfaction des instincts, serait l'origine des actes anti-so
ciaux chez les enfants ; aussi le châtiment est-il inutile, sinon pire.
Les méthodes de redressement doivent tendre à replacer l'enfant
dans des conditions de vie saine où son éducation est reprise par la
base. L'expérience de F. lui fait apprécier, parmi lés divers modes
pratiques en Italie, le placement des délinquants auprès d'anormaux,
déficients mentaux. Ils sont ainsi amenés à considérer leurs fautes
comme des erreurs dues à une insuffisance intellectuelle. D'autre part,
leurs bons sentiments s'éveillent en sentant autour d'eux, au lieu
du châtiment vengeur prévu, une volonté d'efforts tendant à leur
réhabilitation ; et souvent de la pitié se fait jour en eux, pour leurs
camarades misérables, premier pas vers une réadaptation sociales.
J. M.
1334. — ANTONINI et CORBERI. — Osservazioni su minori
inquisiti o di condotta irregolare {Observations sur les mineurs tra
duits en justice ou présentant des irtégularités dans leur conduite). —
Riv. di Pp., XXVIII, 2, 1932, p. 85-104.
Les mérites de l'Association Cesare Beccaria dans l'évolution de la
jurisprudence, dans l'amélioration de la procédure et dans l'essor
de la protection des d- linquant? juvéniles, n'ont plus besoin d'être
rappelés. Cette association a mis à la disposition des A. les sujets
dont les cas sont étudiés dans le présent travail. Pour 200 garçons
et 20 filles, des enquêtes minutieuses (antécédents personnels, héré
ditaires, familiaux, mesures anthropométriques, etc.), ont été faites.
La complexité et la multitude des facteurs héréditaires et la diffi
culté d'obtenir des renseignements précis, n'a pas permis auxA.de
pousser leurs études très loin en ce qui concerne cette partie de l'en
quête. L'étude des antécédents personnels et l'examen somatique et
psychologique des sujets, montrent que sur 220 mineurs délinquants
(de 11 à i8 ans), 40 % environ, sont porteurs de quelques ano
malies de fonctionnement du système nerveux, ou font preuve
de perturbations dans leur activité psychique. Les 56 %, sont exempts
de toute anomalie. Le milieu familial a eu, dans la grande majorité
de cas, une influence decisive et néfaste sur le comportement do
l'enfant. Alcool, famille incomplète ou irrégulière se rencontrent
dans un nombre impressionnant de cas (70 %). La diminution du
niveau d'instruction n'est pas en corrélation avec les irrégularités
de la conduite des sujets étudiés. 145 enfants sur 220 avaient une
instruction primaire satisfaisante. Il est à noter pourtant que 41 ,8 %
avaient doublé leurs classes. Lans 8 % des cas à troubles graves du
caractère (l'instabilité n'y est pas comprise) on a retrouvé dans la
grande majorité (88,22 %), les symptômes lombrosiens (hypoalgésie
associée à une hypoestisie morale). Des tableaux intéressants
illustrent en détail les motifs des délits, et indiquent leur rapport
avec le sexe et l'âge, etc. Les facteurs sociaux, jouant un rôle de pre
mier ordre, les A sont d'avis que la prophylaxie de la criminalité
infantile est principalement du ressort de l'assistance sociale. Le 760 AX.U.YSKS BIBLIOGRAPHIQUES.
travail est suivi d'un émouvant appel au travail social de G. C.
Ferrari, adressé à tous ceux que le sort de la jeunesse, avenir de la
Nation, ne laisse pas indifférent. S. H,
1835. — H. D. WILLIAMS. — Causes oî social maladjustement in
Children (Les causes de la mésadaptation sociale chez les enfants). —
Ps. Mon., XLIII, 1, n° 294, 1932, p. 276-300.
Analyse de 400 cas d'enfants délinquants au point de vue psy-
chlogique, médical et sociologique, et classification des fac
teurs rencontrés, avec un bref résumé de dix de ces cas, et une classi
fication des facteurs par ordre d'importance, 217 ayant été énumérés,
mais 6 seulement se rencontrant dans plus de 50 cas (manque de sur
veillance et de discipline 147 fois, influence de camarades dévoyés
147 fois, sottise 112 fois, mauvaises influences du milieu 69 fois,
conflits dans la famille 62 fois, amoralité familiale 62 fois).
Une discipline excessive avec trop de sévérité intervint comme
facteur causal dans 7 cas ; les conflits mentaux ont pu être trouvés
dans 24 cas (dont 16 de nature sexuelle), un complexe d'infériorité 34, des anomalies physiques dans 33, une suggestibilité anor
male dans 26, des défauts d'éducation et d'adaptation profession
nelles 34, etc.
Mais naturellement, dans chaque cas particulier, il y eut conver
gence de facteurs plus ou moins nombreux, le conditionnement étant
presque toujours complexe. H. P.
1336. — TELMA RECA. — Concepto actual de la delincuencia
infantil (Conception actuelle de la delinquence infantile). — Estudio
social del nino delincuente (Etude sociale de V enfant délinquant). —
Rev. de Crim., XIX, 110 et 111, 1932, p. 152-161 et p. 309-316.
Mme le Dr R., après un séjour aux Etats-Unis pour y étudier la
vie sociale des enfants, a présenté, à Buenos-Aires, une thèse sur la
delinquence aux Etats-Unis et en Argentine, et résume, dans cet
article, les principales données sur l'organisation de l'étude pour les
enfants traduits en justice (en particulier, grâce à la Judge Baker
Foundation), et les résultats déjà obtenus. H. P.
1337. — A. REPOND. — Quelques expériences sur la prophylaxie
et la thérapeutique de la délinquance dans l'enîance. — Hyg.
Men., XXVII, 2, 1932, p. 29-34.
L'auteur relate les résultats d'expériences intéressantes sur le tra
itement de la prédélinquence infantile.
Ces expériences indiquent qu'il est possible de réadapter à la réalité
un bon nombre d'enfants, que leurs tendances dyssociales, ou même
nettement antisociales auraient, selon toute probabilité, amenés à
entrer en conflits graves avec la loi. M. H. P.
1338. — HEUYER, M11* SERIN, M™ HORINSON et BAILLE.
— L'orientation professionnelle des jeunes délinquants. — Hyg.
Men., XXVI I, 2, 1932, p. 35-40.
Essai satisfaisant d'orientation professionnelle d'enfants mineurs,
jeunes délinquants, qui permet d'espérer qu'avec une orientation

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